Avenue des CHRONIQUES
- Mi-mouche 3 – Deux sœurs sur le ringpar Laurent Lafourcade
Boxeuse cherche adversaire
« -Ça va pas, Colette ?
-Je suis trop petite et trop légère. Je fais même pas le poids mi-mouche !
-Pour les tournois des minimes, t’es dans le poids réglementaire.
-Oui, mais y’a pas de boxeuses dans ma catégorie.
-Si y en a pas, faut les chercher. »
Elle s’appelle Colette. Elle a quatorze ans et a perdu sa sœur jumelle Lison. Sa mère la saoule pour qu’elle fasse de la danse comme sa sœur en faisait, mais elle préfère la boxe. Elle cohabite avec son ombre qui lui parle depuis la mort de sa sœur. Harcelée par Astrid, la caïd du collège, elle a ainsi des armes pour se défendre. Elle prend sa vie en mains et avance coûte que coûte. Si sa mère n’est pas ravie, son père, lui, soutient ses choix. Grâce à ce sport, elle montre à ses parents que la perte de sa sœur ne l’empêche pas d’avancer. A présent, c’est l’heure de son tout premier combat sur le ring.

© Cazot, Maurel – Dupuis Pour avoir de l’endurance, le jogging est le meilleur entraînement. Pas facile de suivre le groupe, mais elle va leur montrer qu’elle a de la ressource. Coachée par son ombre, Colette trouve la motivation. Sur le ring, on rentre bien le menton, on ne quitte pas son adversaire des yeux, on garde la bonne distance, on reste en mouvement en équilibre sur ses appuis, et on varie les coups : direct arrière, crochet, uppercut, et on reprend l’enchaînement. L’entraîneur met aussi en avant les interdits pour être au clair sur ce qui est permis ou pas. Pas question de toucher l’adversaire sans appui au sol ni de parler en boxant, entre autres… A présent, Colette veut participer à des tournois, mais y a-t-il des boxeuses de son âge dans sa catégorie de poids ? Monika lui propose de distribuer et coller des affichettes dans des lieux stratégiques pour en trouver.

© Cazot, Maurel – Dupuis Avec émotion (une scène d’Halloween à arracher des larmes), tendresse et détermination, les aventures de Colette, alias Mi-Mouche, poursuivent leur exploration de l’adolescence meurtrie qui se fait une place dans la société en général et dans son propre cercle en particulier. Véro Cazot brise les codes en mettant en scène une jeune fille dans le milieu de la boxe. Etre là où l’on ne nous attend pas et montrer qu’on y a toute légitimité : voilà le propos. Ici, c’est la pratique d’un sport dans lequel il pourrait être improbable d’y trouver une collégienne, mais on pourrait décliner le principe, comme un ado qui ferait de la danse. N’est-ce pas, Elias ? Dessinée et colorisée par une Carole Maurel dont les personnages ont des yeux qui disent tout, Mi-Mouche prouve que chacun a le droit de prendre place où il le désire. Faire ses choix et les assumer au-delà du regard et des a priori des autres, quelle leçon !

© Cazot, Maurel – Dupuis Mi-Mouche s’adresse tout autant aux ados qu’aux adultes. Il y est question de sport, mais aussi de deuil que chacun gère non pas comme il veut mais comme il peut. La série aide à comprendre ceux qui restent et recentre sur l’importance de s’occuper des vivants et de les laisser faire leur choix, sans pour autant ne jamais tomber dans l’oubli. Le premier cycle de Mi-Mouche se termine, mais un second est annoncé. Qui que l’on soit, Colette est la coach de vie qu’il faut suivre.
Série : Mi-mouche
Tome : 3 – Deux sœurs sur le ring
Genre : Emotion
Scénario : Véro Cazot
Dessins & Couleurs : Carole Maurel
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808513661
Nombre de pages : 64
Prix : 13,50 €
- Le jour où… 10 – Le jour où elle a marché dans ses pas / Intégrale 1 (Tomes 1 à 3)par Laurent Lafourcade
Chemins de vie
« -Tu veux vraiment aller par là ? Tu es sûre ?
-Ben… Où tu veux que j’aille ?
-Il y a d’autres chemins.
-Où ? Je ne les vois pas.
-Ce n’est pas parce que tu ne les vois pas qu’ils n’existent pas.
-Et comment je fais pour prendre un chemin que je ne vois pas ?
-Aaah, tout le problème est là. Pour commencer, demande-toi pourquoi il y a des chemins que tu vois et d’autres que tu ne vois pas. »
Léa se remémore le chemin de sa vie. Il y a vingt ans, elle menait une existence tout ce qu’il y a de plus classique, ou tout ce qui semble classique dans une vie de mère de famille au XXIème siècle, avec les clichés qui correspondent : aller chercher les enfants à l’école, leur donner à goûter, les devoirs, le bain, préparer le repas, papa qui rentre après la bataille, maman qui couche les enfants pendant que papa, qui, lui, a eu une grosse journée après son boulot et sa séance à la salle de sport, se colle devant la télé. Ensuite, ils vont s’engueuler. Léa s’est confiée à son psy qui, grâce à un conte taoïste, lui apprend comment elle et son époux pourront dialoguer. Au fil du temps, et notamment grâce à ses amies de La passe-livres, librairie salon de thé, et un renard philosophe, Léa comprend qu’elle a construit sa vie en se préoccupant des autres et de ce qu’ils pensent d’elle. Et si elle apprenait à devenir elle-même ?

© BeKa, Marko, Cosson – Bamboo Parallèlement à ce dixième tome, pour fêter comme il se doit les dix ans de cette série feel good à succès, les éditions Bamboo publient en format moyen le premier tome de l’intégrale. Celui-ci réunit les trois premiers volumes. Quand est sorti le one shot Le jour où le bus est parti sans elle, les auteurs étaient loin d’imaginer que le succès serait tel. Aujourd’hui, la série peut se targuer d’avoir atteint 400 000 exemplaires vendus. Le stage de développement personnel de Clémentine, pour une histoire de bus raté, va prendre une tournure qu’elle ne pouvait imaginer. Cela lui permettra de prendre son envol dans le deuxième tome où elle apprendra à devenir maîtresse de ses choix, et c’est en ne faisant pas Compostelle qu’elle découvrira la liberté de ne pas suivre les chemins balisés.



La série Le jour où… dépasse largement son objectif de départ. On y retrouve le genre de récits que l’on peut lire si l’on se pose des questions sur sa vie, et pour nous aider à avancer, mais ce sont aussi des histoires qui invitent à un retour sur soi, même si on n’avait pas de questionnement au préalable. La lecture du Jour où… fait du bien à plus d’un titre : se reconsidérer, s’assumer, s’estimer, prendre le temps. Au fil des volumes, la série est devenue de plus en plus introspective. Le dixième épisode clôt un cycle et en ouvre un nouveau. Le couple BeKa y synthétise dix ans de pérégrinations sur les chemins du Jour où… Marcheur invétéré dans les montagnes basques, Marko les accompagne dans ces vies avec la souplesse physique et morale de sa ligne claire, réhaussée par les couleurs somptueuses de Maëlla Cosson, lumineuses dans le tome 10 mais malheureusement un peu ternies par la qualité du papier de l’intégrale.

© BeKa, Marko, Cosson – Bamboo Série de one shots dans lesquels certains personnages reviennent, les tomes peuvent se lire indépendamment et dans n’importe quel ordre. Moins coûteux et plus efficace que des séances chez le psy, Le jour où… devrait être remboursé par la sécurité sociale. Les auteurs ne s’imaginent pas le bien qu’ils font aux lecteurs en leur apprenant tout simplement à vivre en pleine conscience de soi.


Série : Le jour où…
Tome : 10 – Le jour où elle a marché dans ses pas
Genre : Emotion
Scénario : BeKa
Dessins : Marko
Couleurs : Maëla Cosson
Éditeur : Bamboo
ISBN : 9791041117871
Nombre de pages : 56
Prix : 16,90 €
Série : Le jour où…
Tome : Intégrale 1 (Tomes 1 à 3)
Genre : Emotion
Scénario : BeKa
Dessins : Marko
Couleurs : Maëla Cosson
Éditeur : Bamboo
ISBN : 9791041112135
Nombre de pages : 216
Prix : 24,90 €
- Amériquespar Laurent Lafourcade
Il y a 250 ans, l’indépendance
« -Alors, Monsieur Deane, racontez-nous quelles nouvelles nous apportez-vous d’Amérique ?
-Hélas, Monsieur le Comte, tout va mal… Les fils de la liberté ont allumé la flamme de la révolte. »
1781, au beau milieu de l’Atlantique, le Franklin fait route vers l’Europe, plombé par le rêve américain abandonné du chevalier Charles-François du Buysson qui a hâte de retrouver son pays natal pour terminer l’œuvre qu’il a entreprise en relatant son périple et ainsi honorer la mémoire de ceux qui n’en sont pas revenus. Il ne reste que quelques jours avant d’aborder les côtes françaises quand le navire est attaqué par un pavillon anglais. Afin de comprendre le comment du pourquoi de la situation du chevalier, remontons cinq plus tôt, en 1776, dans les salons parisiens de la haute société. A l’abri des espions anglais, Monsieur Deane, un émissaire du congrès américain, est reçu chez Monsieur de Brogue. Du Buysson et La Fayette font partie des invités. Deane n’apporte pas de bonnes nouvelles. Là-bas, la révolte gronde. Les colons américains sont déterminés à défendre leurs droits et à se libérer du joug de la couronne britannique en acquérant leur indépendance.

© Paturaud, Gil – Daniel Maghen Pour les treize colonies, la bataille est inégale. Les combattants manquent de nourriture, de vêtements et d’armes. Un petit coup de main de la France serait le bienvenu. Benjamin Franklin est déjà venu plaider la cause des insurgés auprès du roi. Il n’a obtenu que des promesses. Pourtant, combattre aux côtés des rebelles serait l’occasion de prendre une revanche sur l’ennemi anglais. Proche du roi de France, La Fayette va parvenir à affréter un navire pour rejoindre l’Amérique. Du Buysson propose son courage et son épée. C’est un tout autre monde qu’ils vont découvrir de l’autre côté de l’océan. Les paysages luxuriants qui les accueillent cachent les meurtrissures d’une nation aux balbutiements de sa construction.

© Paturaud, Gil – Daniel Maghen A l’occasion des 250 ans de la proclamation d’indépendance des Etats-Unis, Amériques revient sur la douloureuse accession à la « liberté » des treize colonies d’origine. Par le prisme du chevalier Du Buysson, le lecteur est plongé en immersion. C’est une femme qui lui servira de guide. D’origine française, Gabrielle de Souvigny n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Loin d’être une caution féminine, elle est tout sauf une potiche. Bien sûr, Gabrielle et Charles-François vont avoir des sentiments l’un pour l’autre, de l’estime et du respect. La scénariste Esther Gil ne tombe jamais dans le piège de la bluette et préserve l’intimité de ses personnages au service d’un récit dont les faits historiques sont mis en exergue. Après Victor Hugo Aux frontières de l’exil et Mata-Hari, la scénariste retrouve pour la troisième fois son dessinateur Laurent Paturaud. Tant au niveau de l’intrigue que du dessin, ils signent ensemble un album que ne renierait pas Patrick Prugne, spécialiste de l’époque. Mention spéciale au dossier complémentaire qui dévoile des archives inestimables.

© Paturaud, Gil – Daniel Maghen On sait que les combats seront rudes et que la France ne recueillera pas la monnaie de sa pièce. A lire en réseau avec l’excellent La Fayette Le Marquis et la révolution américaine paru chez Dunod Graphic, Amériques est un voyage dans le temps historique qui montre qu’il n’y a pas besoin d’écrire des histoires quand l’Histoire avec un grand H nous en sert sur un plateau. Trop souvent éclipsé dans les livres au profit de La Fayette, Du Buysson méritait de retrouver une place de premier plan.
Titre : Amériques
Genre : Histoire
Scénario : Esther Gil
Dessins & Couleurs : Laurent Paturaud
Éditeur : Daniel Maghen
ISBN : 9782356742575
Nombre de pages : 96
Prix : 19,50 €
- La Fayette Le Marquis et la révolution américainepar Laurent Lafourcade
Un français outre-Atlantique
« -Vous engager dans cette guerre américaine ? Avez-vous perdu la raison ?
-Je dois soutenir cette cause, Adrienne. Elle est juste et noble ! Franklin a besoin de soldats pour sa guerre, et il ne peut pas rencontrer Sa Majesté.
-C’est justement parce que le Roi refuse de l’écouter que votre engagement ressemble à de la trahison ! Vous êtes un officier français, vous devez obéir au Roi, même si la cause américaine est juste !
-Je sers une armée qui ne combat rien ! J’espère un autre destin que celui de mourir d’ennui dans les salons parisiens ! »
Il était une fois un jeune marquis français qui rêvait d’autre chose que la vie d’aristocrate qui lui était promise. Il était une fois… Les contes commencent par Il était une fois… Mais ici, nous ne sommes pas dans un conte, mais dans la vraie vie, celle il y a 250 ans de Gilbert du Motier, alias le marquis de La Fayette. De l’autre côté de l’Atlantique, les treize colonies qui constituent ce qui s’appellera plus tard les Etats-Unis d’Amérique font sécession. Elles se rebellent contre l’Angleterre qui les a fondées en vue d’acquérir leur indépendance. Afin d’affaiblir l’ennemi britannique, si la France allait leur donner un petit coup de main ? La Fayette a 17 ans. Avec la fougue de sa jeunesse, il saute sur l’occasion pour aller combattre aux côtés des américains. C’est le début de l’Aventure de sa vie, avec un A majuscule.

© Marlier, Faure – Dunod Graphic La biographie, ou le biopic comme on dit au cinéma, est un genre fort exploité en bande dessinée. Il y en a des très fidèles, d’autres se permettent des digressions. Il y en a des contemplatives, d’autres bavardes. Bref, l’exercice de style est loin d’être chose aisée. Rares sont les scénaristes qui relèvent le défi de manière aussi brillante que Thomas Marlier. Dans Le Marquis et la révolution américaine, il se concentre sur le rôle de Gilbert du Motier dans la guerre d’indépendance des Etats-Unis, dans leur émancipation par rapport à la couronne britannique. On comprend bien des choses sur la genèse des Etats-Unis. On s’étonne que la France n’en ait pas tiré plus profit. C’est comme si on était, c’est tout simplement passionnant. Ça questionne même sur les relations franco-américaines actuelles et on se dit, quand on entend certaines de ses déclarations, que Donald Trump ferait bien de lire cet album pour se rafraîchir la mémoire.

© Marlier, Faure – Dunod Graphic Au dessin, l’illustratrice Romane Faure réalise son premier album dans un style original. Issue du cinéma d’animation, l’autrice met en scène le marquis comme s’il était la tête d’affiche d’un blockbuster. Il y a très peu de traits dans ses dessins, juste l’essentiel. Il n’en fallait pas plus. Tout est prêt pour que l’album serve de story board à un éventuel film. Quelques rares codes mangas dynamisent les événements, en particulier dans les attitudes de surprise des acteurs. La mise en couleurs de Romane Faure est tout aussi remarquable. Elle travaille par tons, plutôt pastels, sombres pour les scènes de guerre, criards pour les quelques scènes de cour royale.

© Marlier, Faure – Dunod Graphic Sans y prendre garde, même si on croit ne pas être particulièrement intéressé par le sujet, on se laisse happer par le destin hors du commun du jeune aristocrate pour l’accompagner tout au long de sa carrière. Quand il s’agit de raconter de tels destins, pas besoin de faire appel à son imagination, il suffit de consulter les livres d’Histoire. La Fayette Le Marquis et la révolution américaine est un exemple de biographie dessinée.
Titre : La Fayette Le Marquis et la révolution américaine
Genre : Biopic
Scénario : Thomas Marlier
Dessins & Couleurs : Romane Faure
Éditeur : Dunod Graphic
ISBN : 9782100891726
Nombre de pages : 128
Prix : 22,90 €
- Le Comte de Monte-Cristo – Intégralepar Laurent Lafourcade
La vengeance est un plat qui se mange froid
« -Edmond Dantès, au nom de la loi, je vous arrête ! Je suis porteur d’un mandat à votre nom.
-Mais pourquoi ?
-Je l’ignore, monsieur. Votre premier interrogatoire vous l’apprendra.
-Enfin, monsieur, il y a forcément méprise !
-S’il y a méprise, monsieur, elle sera promptement réparée.
-Soyez tranquille. L’erreur va s’expliquer, et probablement que je n’irai même pas jusqu’à la prison. Nous reprendrons la fête demain, là où nous l’avons interrompue. Je reviendrai très vite, chère Mercédès.
-Je t’attendrai, mon Edmond. »
Février 1815, un bateau accoste à Marseille. A son bord, le jeune Edmond Dantès, second du Capitaine, se réjouit à l’idée de revoir son vieux père et sa bien-aimée Mercédès. Dans quelques temps, il va se fiancer, puis se marier. Pour le prochain voyage, Dantès est promu Capitaine, une distinction. Alors que Mercédès éconduit Fernand, un de ses nombreux prétendants, Edmond la retrouve. A la terrasse d’un café, deux de ses amis proposent un plan à Fernand. Et si Dantès, qui a accosté à l’île d’Elbe pendant son voyage, était dénoncé au procureur comme agent bonapartiste ? Il serait mis hors-jeu et la voie serait libre auprès de sa belle. Quelques jours plus tard, le piège se referme sur le pauvre malheureux.

© Loth, Mallet, Loth – Delcourt Edmond Dantès a beau clamer son innocence auprès du substitut du procureur, il est arrêté et emprisonné dans la forteresse du château d’If. Peu de temps après, le retour de Napoléon de l’île d’Elbe et la fuite de Louis XVIII n’y feront rien. Dantès reste enfermé. Il y restera longtemps… très longtemps… En prison, il rencontre l’Abbé Faria, détenu depuis 1811. Ils vont passer des années à tenter de creuser un tunnel pour s’évader. Avant de mourir, l’homme d’Eglise confie un secret à son camarade de détention. Le Cardinal Spada a enfoui un trésor sur l’île de Monte-Cristo, entre la Corse et l’île d’Elbe. Faria mort, Dantès prend la place de son cadavre et parvient enfin à s’évader, quatorze ans après son incarcération. Le trésor caché fera de lui le Comte de Monte-Cristo. Cette identité nouvelle pourrait être l’instrument de sa vengeance.

© Loth, Mallet, Loth – Delcourt Patrick Mallet adapte le roman d’Alexandre Dumas. Le film avec Pierre Niney ayant eu tant de succès, on entend la voix de l’acteur dans les phylactères du personnage principal. Alors que certaines adaptations littéraires privilégient les récitatifs pour garder le côté prose, celle-ci met en exergue les dialogues entre les personnages. Mallet se fait metteur en scène. Loin des révolutions espagnoles et des chroniques sociales qui font l’originalité de sa bibliographie, Bruno Loth s’approprie le destin de Dantès dans son graphisme « crayon » et les couleurs aussi « crayon » de son fils Corentin.

© Loth, Mallet, Loth – Delcourt A l’heure où la jeunesse s’éloigne de la lecture romanesque, la bande dessinée a l’avantage de mettre à disposition de grands, de très grands classiques avec le plus grand respect pour l’œuvre originelle. Evadez-vous donc tous avec celui qui deviendra le Comte de Monte-Cristo.
Titre : Le Comte de Monte-Cristo – Intégrale
Genre : Aventure
Scénario : Patrick Mallet
Dessins : Bruno Loth
Couleurs : Corentin Loth
D’après : Alexandre Dumas
Éditeur : Delcourt
Collection : Ex-Libris
ISBN : 9782413095187
Nombre de pages : 112
Prix : 20,50 €
- Yoko Tsuno 32 – L’intelligence intemporellepar Laurent Lafourcade
Mission spatiale
« -Enregistrement sur image fixe… Khâny !…
-Yoko… Visite secrète cette nuit… Veillez à protection mentale maximale… »
Alors que le père d’Emilia arrive en hydravion à Glasgow et repart avec sa fille, en fin d’après-midi, Yoko reçoit un message codé de Khâny sur son ordinateur annonçant sa visite secrète et demandant une protection mentale maximale. Quelques heures plus tard, une navette vinéenne se pose sur l’esplanade du cottage. En sortent Poky et Khâny. Cette dernière apprend à Yoko qu’un vaisseau, moteurs coupés, ne contenant que de l’énergie et quelques robots de service, se dirige vers l’orbite terrestre. Khâny a voulu l’examiner de près avec Myna, mais la petite robot s’y refuse sans la présence de Yoko. C’est pour cela qu’elles sont venues la chercher. Les fantômes qui hantent l’Ecosse ont leur histoire, mais ceux qui sillonnent l’espace ne livrent leurs secrets que si on les séduit.

© Leloup – Dupuis Pour cette trente-deuxième aventure de sa fille plus qu’adoptive, Leloup convoque de nombreux personnages qui ont fait l’histoire de la série. Le casting est cinq étoiles. Pour cela, et conformément à son habitude d’alternance avec les péripéties terrestres, il fallait partir dans l’espace pour profiter de toute la technologie vinéenne. Si, n’ayant aucune raison de partir, Emilia est envoyée épauler son père en mission dès le début, ce n’est pas de la compagnie qui va manquer à Yoko. Khâny va déclencher les hostilités en voulant explorer un vaisseau caché derrière la lune. Myna, la petite robot, a un rôle déterminant. Les afficionados ne cacheront pas leur plaisir de retrouver Akina, Poky, Syrby, Yvâ et surtout… surtout… Vic et Pol. Comme un écho aux Titans et ses mantes géantes, ce sont des fourmis démesurées qui sont ici mises en scène. Et lorsque Yoko passe devant la lune, on pense à un certain reporter à la houpette sur lequel Roger Leloup a travaillé.

© Leloup – Dupuis On ne mène pas une série depuis plus de cinquante ans par hasard. Leloup a toujours l’intelligence (naturelle) de ne pas laisser sa série dans la naphtaline. Le créateur avance avec son temps. Aujourd’hui, il s’inquiète de l’utilisation de l’intelligence artificielle. Pouvant être utilisée autant pour faire le bien que le mal, Leloup la compare aux drones, jouets innocents employés sur les champs de bataille. Il voit en ces dérives la maladie humaine de la domination.
Chez Dupuis, il reste peu de séries de plus de 30 ans. Cédric, L’agent 212, Jérôme K.Jérôme Bloche en font partie. En remontant encore le temps, Les Tuniques Bleues et Yoko Tsuno sont les derniers dinosaures. Alors, lorsque l’on ouvre un nouvel album de Willy Lambil ou de Roger Leloup, même si graphiquement l’âge entraîne quelques petites imperfections, on ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au cœur en pensant à tout ce qu’ils nous ont offert.

© Leloup – Dupuis A 92 ans, Roger Leloup démarre un trente-troisième album de Yoko Tsuno. Il déclare : « La vie a été généreuse avec moi. Ne serait-ce que parce qu’elle m’a offert la grande chance de croiser Yoko… » Et nous, lecteurs, en plus, de croiser Roger.
Série : Yoko Tsuno
Tome : 32 – L’intelligence intemporelle
Genre : Aventure
Scénario & Dessins : Roger Leloup
Couleurs : Leonardo
Éditeur : Dupuis
ISBN : 978280850…
Nombre de pages : 48
Prix : 12,50 €
- L’Odyssée d’après le récit d’Homère 1 – Ulyssepar Laurent Lafourcade
Aventure fondatrice
« -Ulysse, te souviens-tu du serment de Tyndare ? Celui qui nous lie, toi, Agamemnon, Nestor… et moi.
-Je m’en souviens, Ménélas.
-Ma femme, Hélène, a été enlevée par le Prince Pâris de Troie ! Tu dois te joindre à nous pour lecombattre ! Nous partons en guerre !
-La guerre ne laisse rien intact.
-Je ne te demande pas d’aimer la guerre. Je te demande de respecter ta parole. »
« Je reviendrai, c’est une promesse. » Voici ce que déclare Ulysse à Pénélope avant de partir guerroyer à Troie. Tous deux ignoraient que l’absence serait si longue. Une vingtaine d’années plus tard, pour éviter de se remarier afin de donner à Ithaque un nouveau roi, car elle a toujours l’espoir d’un retour, Pénélope défait la nuit le linceul qu’elle coud le jour. Chez les dieux, on s’écharpe. Alors que Zeus estime qu’il est temps de décréter le retour d’Ulysse parmi les siens, Poséidon reste furieux que le mortel ait aveuglé son fils le Cyclope. Qu’à cela ne tienne, Zeus ordonne à Hermès, son fidèle chevalier, de dire à Calypso, la nymphe qui le retient prisonnier sur son île, de rendre sa liberté à Ulysse.

© Labourot, L’Hermenier, Perdriset, Sauvêtre – Bamboo Quelques jours plus tard, l’exilé prend la mer. C’est sans compter sur la colère de Poséidon qui lui inflige une tempête. Echoué sur l’île des Phéaciens, Ulysse raconte au roi Alkinoos les péripéties de son retour interminable au pays depuis la Guerre de Troie : la ruse pour échapper à Polyphème, l’île des géants, les compagnons transformés en pourceaux par Circé, le breuvage de Tirésias,… Le père de Télémaque a subi tous les outrages et toutes les avanies. Il a dû faire montre de ruse, de force et de patience pour surmonter les embûches successives mises en travers de son chemin.

© Labourot, L’Hermenier, Perdriset, Sauvêtre – Bamboo L’Odyssée d’Ulysse est peut-être l’une des histoires qui a été le plus souvent adaptée. Si Ulysse 31 a tout appris aux enfants des années 80 dans une relecture space-opera, la version originale d’Homère est mise en bande dessinée avec le plus de fidélité possible. Maxe L’Hermenier propose en un diptyque une synthèse éducative de l’histoire qui permettra à bien des collégiens de survoler le livre au programme de la classe de 6°. L’essentiel y est, sous le trait de plus en plus maîtrisé d’un Thomas Labourot, qui marche sur les pas de Kenny Ruiz, qui a tâté du sujet avec la série Télémaque. Labourot ne cesse de progresser, faisant à présent partie des tous meilleurs dans son style. Aidé par les couleurs qu’il co-réalise avec Luc Perdriset et Anne-Lise Sauvêtre, le dessinateur chapitre les séquences dans des tons distincts. Un cahier pédagogique avec des infos et des quizz clôt le livre.

© Labourot, L’Hermenier, Perdriset, Sauvêtre – Bamboo Cette Odyssée inaugure le tout nouveau label Nootilus des éditions Bamboo, dont le nom a été choisi en hommage au sous-marin du Capitaine Nemo. L’objectif est de rendre les grandes œuvres accessibles, vivantes et désirables. Ce dernier mot a le mérite d’être ambitieux. Les enseignants pourront ainsi transmettre les classiques sans les figer. Entre le film de Christopher Nolan et cette adaptation en BD, L’Odyssée prouve une nouvelle fois, si c’était nécessaire, qu’elle est un récit inestimable.
Série : L’Odyssée d’après le récit d’Homère
Tome : 1 – Ulysse
Genre : Mythologie
Scénario : Maxe L’Hermenier
Dessins & Couleurs : Thomas Labourot
Couleurs : Thomas Labourot, Luc Perdriset & Anne-Lise Sauvêtre
D’après : Homère
Éditeur : Bamboo
Collection : Nootilus
ISBN : 9791041120604
Nombre de pages : 64
Prix : 16,90 €
- 24 heures du Mans – 1964-1967 : le duel Ferrari-Fordpar Laurent Lafourcade
Duels au sommet sur circuit mythique
« -Tu es encore resté collé au téléphone avec un client radin qui négociait tes factures ?
-Non, Ken. Cette fois, c’est Ford. Ils veulent battre Ferrari au Mans.
-Battre Ferrari ?!… Et ils croient à Dearborn qu’ils peuvent les dominer sur leur propre terrain ?
-Non. Mais toi et moi, on peut y arriver. »
Maranello 1963, dans le fief de la Scuderria Ferrari, Enzo, le Commandatore, peste. Il envoie valser la proposition de rachat de son entreprise par Ford. Hors de question qu’il ne maîtrise pas le budget et les choix sportifs de son écurie. Henry Ford est furieux. A Dearborn, il annonce qu’il va prendre Ferrari à son propre jeu et frapper là où ça fait mal : au Mans. Le programme « Total performance » est lancé. Ford va tout faire pour remporter les 500 miles d’Indianapolis, le championnat du monde de Formule 1 et les 24 heures du Mans. Rien que ça. Pour le Mans, la conception du prototype a pris du retard, mais Henry Ford investira ce qu’il faut. 1964, après des premiers essais pas vraiment fructueux, la Ford GT40 est au départ sur le circuit de la Sarthe. Chez Ferrari, la 330P, qui a fait le meilleur temps des essais, est sur la piste. Attention, 5 secondes !… C’est parti !

© Bernard, Papazoglakis, Paquet, Cinna – Glénat Juin 1965, Ford met en course sa MK II, une bombe de 450 chevaux avec une vitesse de pointe de 345 km/h. la stratégie est claire : jouer les lièvres pour faire casser les Ferrari. Parmi ses pilotes, un certain Bruce McLaren. Chez le cheval cabré, on a rigidifié le châssis de la 330P dans une version 2 et installé un moteur 4 litres de 410 CV. Cette année, c’est une Ford en pôle sur la ligne de départ. Pendant que les pilotes se battent sur l’asphalte, dans les paddocks, certains reçoivent des propositions indécentes ressemblant fortement à du chantage. Alors, est-ce vraiment le meilleur qui gagnera ?
Juin 1966, Henry Ford est au Mans, le sourire aux lèvres. Il vient de discuter avec le président Pompidou de l’implantation d’une usine en France. Ses MK II occupent les quatre premières places. Le patron découvre les voitures de ses adversaires Porsche, Matra, Alpine, … La course commence. Tiens, il y a Tintin dans les spectateurs. Depuis l’Italie, Enzo Ferrari donne ses ordres par téléphone.

© Bernard, Papazoglakis, Paquet, Cinna – Glénat En 1967, pour le quatrième duel Ford-Ferrari, 350 000 spectateurs assistent à la course du siècle. Chacune des deux équipes aligne pas moins de sept automobiles ! Il va y avoir de la tôle froissée.
Pour cette édition anniversaire Le Mans 1966-2026, un récit inédit de 8 pages complète l’album, faisant office de prequel. Riverside 62 raconte la rencontre décisive entre Ken Miles, un pilote et ingénieur anglais hors pair, et Carroll Shelby, concepteur d’une Cobra dont il semble avoir trouvé le conducteur idéal.

© Bernard, Papazoglakis, Paquet, Cinna – Glénat Le scénariste Denis Bernard transforme une histoire de course automobile en véritable suspens. On se prend au jeu de vibrer à l’idée de savoir qui va gagner chacune des compétitions. Aux dessins, Christian Papazoglakis et Robert Paquet travaillent leurs véhicules avec la même finesse et élégance que chez Graton. Avec une telle équipe, on peut se dire : « Au Mans, de 64 à 67, j’y étais ! »
Série : 24 heures du Mans
Tome : 1964-1967 : le duel Ferrari-Ford
Genre : Automobile
Scénario : Denis Bernard
Dessins : Christian Papazoglakis & Robert Paquet
Couleurs : Tanja Cinna, Christian Papazoglakis & Robert Paquet
Éditeur : Glénat
Collection : Plein gaz
ISBN : 9782344076125
Nombre de pages : 56
Prix : 15,50 €
- Percevan 18 – Les miroirs du cielpar Laurent Lafourcade
Qui veut faire taire les troubadours ?
« -C’est quand même bien la première fois que Kervin manque le début d’un repas !…
-Ne vous inquiétez pas, Dame Galantine, il aura vite fait de rattraper son retard dès qu’il…
-Biiizz Biiii Biiiz
-Guimly !
-Il est arrivé quelque chose à Kervin ! Maître Guillaume, votre épée !… Vite !… »
Le récit commence sur un bûcher. Un troubadour et un conteur d’histoires réclament la justice du Roi. Un homme s’en réclamant, impitoyable, ordonne l’embrasement. Cachés, impuissants, un elfe et un nain observent la scène. Plus tard, chez Messire Guillaume, le propriétaire des lieux et Percevan s’entraînent au combat sous les chants mélodieux (hum !) de Kervin. Le barde va finir ses vocalises dans la forêt…où il se fait enlever. C’est Guimly, son petit « fourreux » qui revient alerter Percevan. Avec Blanche et Guillaume, ils se rendent sur place. Personne ! Sauf l’elfe et le nain qui leur apprennent que le responsable de la disparition est un certain Foulques.

© Luguy, Léturgie, Formicola – Akileos Foulques veut effacer tout ce qui fait l’âme des hommes : légendes, croyances, musiques… Aussi puissant qu’il soit, le coupable n’impressionne pas Percevan qui part à la recherche de son ami. Alertée par l’elfe de l’importance du danger, Blanche lui emboîte le pas. Comme tous ceux dont l’existence n’est que futilités et amusements, comme tous ceux qui n’apportent rien au trésor et sont donc inutiles pour le royaume. Kervin risque les flammes de l’enfer. Percevan le retrouvera-t-il à temps ? Foulques a débarqué depuis que la lumière renvoyée par les miroirs du ciel a changé. Cette lumière participe à l’équilibre du monde. Quelqu’un a interchangé leur position et tout risque de basculer dans les ténèbres.

© Luguy, Léturgie, Formicola – Akileos Voilà quarante-cinq ans que Percevan est apparu dans les pages du mythique mensuel Gomme aux éditions Glénat. Après être passé chez divers éditeurs, le héros revient chez Akileos avec cette nouveauté qui accompagne la réédition des deux précédentes aventures parues aux éditions du Tiroir : La magicienne des eaux profondes et La couronne du crépuscule, présentées avec de toutes nouvelles couvertures.
Philippe Luguy a depuis toutes ces années un trait d’une régularité et d’une finesse exemplaire. Sous les couleurs respectueuses de l’univers de Cecilia Formicola, Luguy prend un plaisir non dissimulé à ne pas lâcher son héros, et, comme à son habitude, invite des guests dans de la figuration comme René Hausmann ou Régis Loisel. Les scenarii de Jean Léturgie restent dans une cohérence qui ne peut pas décevoir les fans de la première heure. Percevan est la série idéale pour que les jeunes lecteurs découvrent ce type de fantasy et pour montrer aux autres qu’il y avait, et qu’il y a toujours, une vie avant les Terres d’Arran.

© Luguy, Léturgie, Formicola – Akileos Héros d’éternels retours, gageons que celui-ci soit pour Percevan celui de parutions régulières de l’une des meilleures séries d’heroïc-fantasy classique tous publics. Balkis, Mortepierre et Polémic en seraient les premiers réjouis, les fidèles de la série comprendront.
Série : Percevan
Tome : 18 – Les miroirs du ciel
Genre : Heroïc-Fantasy
Scénario : Jean Léturgie
Dessins : Philippe Luguy
Couleurs : Cecilia Formicola
Éditeur : Akileos
ISBN : 9782355747595
Nombre de pages : 48
Prix : 15 €
- Petit Poilu 33 – Deux butés sinon rien !par Laurent Lafourcade
Partager et goûter
« Il est petit, il est poilu. C’est Petit Poilu ! Le v’là parti de bon matin. Le v’là parti et tout va bien. Mais ?… Que se passe-t-il ? ça se bouscule et tout bascule ! »
Aujourd’hui, ce n’est pas son réveil qui a sorti Petit Poilu du lit, c’est un éternuement de son chat en pleine figure. Qu’à cela ne tienne, il faut de toute façon partir à l’école. Quelques fraises gobées et un bisou de maman et c’est le départ. Comme d’habitude, il n’y arrivera jamais car il va se passer quelque chose sur la route. Il trouve un foulard vert et le noue autour de son cou, comme un cow-boy. L’herbe laisse place à un sol plus aride. Quel est donc cette chose verte qui sonne comme un grelot ? C’est un serpent à sonnette ! Il attaque Petit Poilu ! Mais non, il le transporte dans un nouveau monde et le dépose sur le dos d’un cheval. C’est parti, à bride abattue !

© Bailly, Fraipont – Dupuis L’aventurier de fortune arrive devant un ranch. Sur le perron, deux bébés cow-boys le voient débarquer d’un œil torve. Après les présentations avec Tête-de-bois et Tête-de-mule, il est invité à entrer pour jouer tous ensemble avec des petits animaux de bois. Lorsque Petit Poilu s’empare d’un cheval de bois, ça fâche les hôtes. Manifestement, ils ne sont pas d’accord pour tout partager. Penaud, l’invité s’en va sur le cheval avec lequel il était arrivé. Les deux bébés cow-boys le poursuivent à dos de cochon et l’attrapent au lasso pour le ramener à la maison. Que lui veulent-ils ? Finiront-ils par s’entendre avec Petit Poilu ? Ce dernier parviendra-t-il à rentrer chez lui pour retrouver ses parents chéris ?

© Bailly, Fraipont – Dupuis Il y a toujours un peu de pédagogie si ce n’est une leçon de morale dans les albums de Petit Poilu. Ici, il est question de partage et d’acceptation que l’autre n’ait pas la même envie que soi. Tête-de-bois et Tête-de-mule, le garçon et la fille, sont aussi butés et têtus l’un que l’autre. Ils sont paradoxaux car ils veulent que Petit Poilu joue avec eux mais ne veulent pas qu’il utilise tous leurs jouets. A l’inverse, quand Petit Poilu va vouloir leur faire goûter ses babas, ils vont être rebutés par la nouveauté et préférer les cookies dont ils ont l’habitude. Les enfants sont souvent méfiants face à la nouveauté. La nourriture, c’est comme les doudous, on est rassurés par ce qu’on connaît. Alors, Petit Poilu incite ses petits lecteurs à la découverte.

© Bailly, Fraipont – Dupuis Céline Fraipont et Pierre Bailly tiennent avec Petit Poilu le classique de la bande dessinée sans paroles pour les plus jeunes. Comme on le dit chaque fois, si vous passez à côté d’une série comme celle-ci, c’est que vous êtes malheureusement devenus adultes. Et ça, c’est grave parce que ça ne se soigne pas.
Série : Petit Poilu
Tome : 33 – Deux butés sinon rien !
Genre : Aventure fantastique
Scénario : Céline Fraipont
Dessins & Couleurs : Pierre Bailly
Éditeur : Dupuis
Collection : Première BD
ISBN : 9782808514583
Nombre de pages : 32
Prix : 10,95 €
- Normandie Juin 44 T.11 – Opération Fortitudepar Laurent Lafourcade
Le plus gros mensonge de l’Histoire
« -Alors comme ça, tu travailles pour les allemands !
-Oui… Enfin, non…
-Tu bosses pour l’Abwehr, oui ou non ?
-Ben, non… Enfin, si… Mais c’est pour…
-Je te conseille d’être plus clair !
-Moi, ce que je veux, c’est travailler pour les Alliés, pour ceux qui défendent la liberté ! »
Tout commence en janvier 1941, à Madrid. Dans une Espagne déclarée neutre, la capitale est la ville des espions et des complots de toutes sortes. Travaillant pour les nazis qui ne sont pas sa « tasse de thé », Juan Pujol Garcia propose aux services britanniques d’être un agent double. Militant pacifiste de la liberté, il souhaite se rendre utile, mais son statut ne prête pas de premier abord à la plus grande confiance. Pour les allemands, sous le nom Arabel, il est un agent de l’Abwehr qui lui propose une mission en Angleterre qu’il effectue depuis l’Espagne. Il donne de fausses informations et parvient à éviter de se faire griller. Le MI5 repère son manège et voit enfin en lui une possible recrue infiltrée.

© Bournier, Djian, Russo, Moreau – Orep Embauché, Juan Pujol Garcia devient Garbo. Il travaillera à la BBC comme traducteur d’espagnol et continuera à fournir de fausses informations aux nazis. Quelques mois plus tard, à Berlin, Hitler réunit son Etat-Major. Il s’attend à un débarquement en Europe de l’Ouest. La question est de savoir où. Il pense que ce sera dans le Nord de la France, là où la côte est la plus proche de l’Angleterre. A Londres, Churchill réclame de l’audace et de l’imagination. Il va falloir tout faire pour conforter Hitler dans son idée et détourner son attention de la Normandie le plus longtemps possible. Garbo va bien réussir à lui faire avaler n’importe quoi. L’opération Fortitude est lancée.

© Bournier, Djian, Russo, Moreau – Orep Les éditions Orep racontent l’Histoire du débarquement en Normandie dans ses moindres détails. Après cinq tomes consacrés chacun à l’une des cinq plages des événements (Omaha Beach, Utah Beach, Gold Beach, Sword Beach et Juno Beach), après cinq volumes sur la bataille de Normandie (de la poche de Falaise-Chambois à l’arrivée de la deuxième division blindée du Général Leclerc), Opération Fortitude démarre un nouveau cycle consacré aux opérations militaires et secrètes. A travers l’un des plus gros mensonges de l’Histoire, Opération Fortitude expose le rôle d’un homme de l’ombre dont le rôle fut crucial : l’agent double catalan Juan Pujol Garcia. L’espion prendra tous les risques, jusqu’au dernier moment, proposant à Eisenhower d’annoncer trop tardivement pour se retourner que le débarquement aura lieu en Normandie.
Dans les films et les romans, on est souvent au cœur de l’action. Ici, c’est comme si on était invités dans les coulisses. Que ce soit les scénaristes, le confirmé Jean-Blaise Djian et l’experte Isabelle Bournier, ou le dessinateur, le méticuleux Fabrizio Russo, avec les couleurs de Catherine Moreau, tous font que l’immersion est totale. L’anecdote la plus cocasse reste celle des chars gonflables, un canular tellement improbable qu’on se demande encore comment ça a pu marcher. Comme souvent, plus c’est gros, plus ça passe.

© Bournier, Djian, Russo, Moreau – Orep Il n’y aura jamais trop d’albums sur les guerres mondiales. Avec des aventures non pas réalistes mais réelles, les éditions Orep apportent leurs pierres à l’édifice dans le devoir de mémoire.
Série : Normandie Juin 44
Tome : 11 – Opération Fortitude
Collection : Opérations militaires et secrètes
Genre : Histoire
Scénario : Isabelle Bournier & Jean-Blaise Djian
Dessins : Fabrizio Russo
Couleurs : Catherine Moreau
Dossier : Isabelle Bournier
Éditeur : Orep
ISBN : 9782815110426
Nombre de pages : 64
Prix : 14,90 €
- Supernova 1par Laurent Lafourcade
Huissier malgré tout
« -Mes chers sujets, nous sommes réunis aujourd’hui pour accueillir en notre sein de nouveaux défenseurs de la justice sacrée. Les futurs élus rejoindront les rangs de nos institutions au service de notre royaume. »
Le concours d’entrée à la milice est terminé. Les participants ont été priés de rejoindre l’accueil pour connaître les résultats. Archie fait partie des nommés. Quelques jours plus tard, la désillusion sera grande quand son nom ne sera pas prononcé par la générale Kalt, dirigeante de la section d’intervention, afin d’intégrer les rangs des forces de l’ordre. Cette section est le bras armé de la justice. Ses membres sont les premiers à répondre aux menaces et à protéger les citoyens. Par défaut, Archie intègre la section d’administration. Il devient huissier. La déception passée, il prend son rôle très au sérieux, tout en faisant preuve d’empathie avec les contribuables lorsqu’il le juge judicieux. Tout va changer pour lui le jour où il va assister à un attentat dans une gare. Ça va être pour lui le déclic d’une remise en question.

Ce jour-là, Archie comprend qu’il y a une différence entre obéir et servir. La loi n’est pas toujours juste. Il essaye de le faire comprendre à son supérieur qui se refuse le luxe d’une position utopiste. Heureusement, Archie peut compter sur le soutien de ses camarades enrôlés par la milice, et en particulier Ava. Comme ses congénères, Ava bénéficie des propriétés extraordinaires des pépites d’or qui poussent les capacités des corps au-delà de leurs limites. Archie va rapidement pouvoir le constater de ses yeux vus. Si lui ne peut pas bénéficier de ces super-pouvoirs, il a une qualité, l’humanité, et va, au fil de ses dossiers, apprendre à devenir moins naïf et se rendre compte qu’il faut se méfier des apparences.

D’après le Petit Larousse, une supernova est une étoile massive ayant atteint un stade avancé de son évolution, qui explose et se manifeste temporairement par un éclat considérablement plus élevé, et par extension c’est ce phénomène lui-même. Dans ce manga, supernova peut aussi bien désigner le pouvoir acquis par ceux qui font régner l’ordre que la prise de conscience d’Archie. L’avenir dira ce qui brille le plus.
Animateur sur Boruto, My hero academia et L’attaque des titans, character designer sur l’anime Dreamland, Nicolas Jaffré signe son premier manga. Il met en scène ni un héros, ni un anti-héros, mais un héros en devenir, un parcours atypique pour un personnage principal de série qui, de spectateur fataliste va acquérir un rôle stratégique tout simplement en s’affirmant, en prenant conscience de lui-même. Il ne force pas le destin mais se l’approprie.

Encore une fois, les éditions Kana font un travail remarquable en portant à bout de bras le manga francophone. Avec plus ou moins de succès, la maison a l’audace d’essayer. Supernova risque bien d’y briller.
Série : Supernova
Tome : 1
Genre : Fantastique
Scénario & Dessins : Nicolas Jaffré
Éditeur : Kana
ISBN : 9782505141969
Nombre de pages : 208
Prix : 8,10 €
- Pompéi 2 – Victoriuspar Laurent Lafourcade
Gladiator
« -Ensuite, il a planté son glaive dans la gueule du fauve.
-Ton futur mari a failli périr, ma belle !
-Hihihi. Voyons Drusilla ! Tu va encore me faire rougir !
-Tu es beaucoup trop sérieuse, Luna !
-Ne laissepas passer ta chance. Tempus fugit. »
Pompéi, été 79. Le gladiateur Victorius est acclamé dans les arènes de la ville. Gloire à Victorius ! Sans suspens, il terrasse son adversaire. Dans le public, les femmes n’ont d’yeux que pour lui. C’est un dieu, mais c’est aussi un homme. Parmi elles, Luna est en pamoison. Elle n’ose pas, comme d’autres lui donner rendez-vous à la caserne. Mais ce genre de courtisanes, il les éconduit sans ambages. De retour chez elle, Luna raconte à la vieille Drusilla les exploits du divin Victorius, au visage aussi doux et beau que son âme est généreuse. Préparatrice d’huiles de massage, elle imagine l’homme inaccessible. Ce n’est pas l’avis de Drusilla qui l’encourage à lui montrer sa valeur. Il n’a apparemment pas de fiancée. Il y a peut-être une carte à jouer.

© Miel, Pigière, Grella – Anspach Histoire d’amour sur fond de décor historique, Victorius est le deuxième volume d’une collection d’albums indépendants. Après Assa, l’aventure d’une esclave amoureuse du fils de Probus, un notable de la ville, à qui une autre femme est promise, Victorius est une autre love story improbable. On y retrouve des personnages secondaires de la première histoire. Ceux qui l’ont lu apprécieront les clins d’œil ; les autres ne seront nullement handicapés. Avec la caution historique de l’historienne Fabienne Pigière, Rudi Miel montre la sauvagerie d’une époque révolue, où certains hommes étaient des pions ou des objets pour les autres. Malgré une fin métaphorique pour laquelle on se dit : « Non, mais ils n’ont pas osé quand même !? », Pompéi est une immersion 2000 ans en arrière.

© Miel, Pigière, Grella – Anspach « Invaincu dans l’arène, Victorius est un véritable demi-dieu » Si un dieu n’est que demi, c’est qu’il a une faille. Le gladiateur doit vivre avec. Qu’elle est-elle ? L’éruption du Vésuve permettra-t-il à son histoire d’amour d’être vécue ? L’auteur qui tire principalement son épingle du jeu de la série est le dessinateur Paolo Grella. Dans un amphithéâtre impitoyable, il montre toute la sauvagerie, toute la barbarie plus humaine qu’animale. Les couleurs tièdes contribuent à l’immersion. Le dessinateur a poussé la mise en abime jusqu’à utiliser de la véritable cendre volcanique pour les scènes d’éruption. Dans le cahier historique final, pendant que l’on en apprend plus sur la vie d’une ville comme Pompéi en ces temps-là, les illustrations grand format montrent les qualités de peintre du dessinateur.

© Miel, Pigière, Grella – Anspach Avec une rigueur historique certaine, Pompéi réunira les amateurs des univers antiques de Jacques Martin et d’Enrico Marini. Il y a un album de Jonathan de Cosey qui s’appelle « Et la montagne chantera pour toi ». Ça aurait pu être le titre de cette histoire.
Série : Pompéi
Tome : 2 – Victorius
Genre : Histoire
Scénario : Rudi Miel & Fabienne Pigière
Dessins & Couleurs : Paolo Grella
Éditeur : Anspach
ISBN : 9782931105566
Nombre de pages : 56
Prix : 16,50 €
- Complots à Versailles 12 – L’imprimeur du roi / 13 – Le cygne de Cambraipar Laurent Lafourcade
Un poète et deux oiseaux
« -Aurais-tu un amant ? Je te rappelle que tu es ma femme !
-Mais je ne suis pas ta possession ! Je te demande juste de me faire confiance.
-Et moi je te demande de me répondre !
-Je t’assure ! Il n’y a rien que tu n’aies besoin de savoir. »
Le torchon brûle entre Cécile et son époux Guillaume de Saint-Béryl. Il doute de la fidélité de sa femme, sauf que les lettres qu’il a trouvées étaient destinées à son amie Céleste. Cécile ne l’avouera pas car elle a en fait la promesse au duc de Noailles. Cécile décide de laisser son mari à sa crise de jalousie et de partir quelques jours chez son amie Madame de Pompignan. Quelques jours plus tard, lors d’une soirée, Cécile fait la connaissance d’un poète charmeur disant s’appeler Théodore, comme le poète Théodore Agrippa d’Aubigné, que Guillaume prend aussitôt pour son amant. Il n’en est rien. L’homme s’appelle Théodore Muguet. C’est l’imprimeur du roi. Le lendemain, il fait visiter à Cécile l’imprimerie et son impressionnante bibliothèque. Elle ne sait pas encore qu’elle vient de pénétrer dans l’antre d’un complot qui se fomente contre le Roi.

© Carbone, Cee Cee Mia, Pierpaoli, Angelilli – Jungle L’épisode suivant met à l’honneur Fénelon. Son traité pour l’éducation des filles de 1687 a inspiré plus d’une éducation princière. Neuf ans plus tard, l’ami de Cécile est en disgrâce, mais elle ne compte pas le laisser tomber. Eloigné de la cour, il est reclus à l’archevêché de Cambrai. Ce n’est pas un exil, mais ça y ressemble quand même un peu. Pour Guillaume de Saint-Béryl, les décisions royales ne se discutent pas. Pour Cécile, le souverain serait influencé par Bossuet. Qu’à cela ne tienne, elle va aller le rencontrer pour plaider sa cause. L’aigle de Meaux reste implacable. Ceux qui se croient au-dessus des lois de Dieu sont des ennemis de l’Eglise et du Roi. Bref, Cécile profite d’une mission royale de son époux pour aller voir Fénelon, alias le cygne de Cambrai. Philosophe sur sa situation, ce dernier lui propose d’être la première lectrice de son roman pour l’instant inachevé : Les aventures de Télémaque. Entre les lignes, Cécile y lit une proposition politique pour le pays. Ça ne plairait pas à tout le monde. Fénelon devrait faire preuve de discrétion. Qu’elle se rassure, il n’a pas l’intention de le publier. Mais voilà, le manuscrit va être dérobé.

© Carbone, Cee Cee Mia, Pierpaoli, Angelilli – Jungle Avec ces douzième et treizième épisodes, Complots à Versailles est une série qui affirme dorénavant sa position de classique. Sur les pas d’Annie Jay, Carbone et Cee Cee Mia ont parfaitement compris comment captiver les lecteurs tout en respectant on ne peut mieux le titre même de la série. Le mot « Complot » n’est jamais oublié. C’est exactement ce à quoi il fallait veiller. En puisant anecdotes et personnages dans la grande Histoire de France, les scénaristes font enfin comprendre et apprendre les dessous et les à-côtés de la cour du Roi. Si tout un chacun connaît Bossuet et Fénelon, Théodore Muguet n’est pas resté dans les annales mais l’imprimeur-libraire a bel et bien existé. Les personnages dessinés par RobertaPierpaoli et Mara Angelilli montrent de plus en plus de régularité, gagnent en naturel, même les « réels » qui ne sont pas caricaturaux. Un peu moins de raideur dans les décors et ce serait parfait.

© Carbone, Cee Cee Mia, Pierpaoli, Angelilli – Jungle Il se passe toujours quelque chose à Versailles et aux alentours. Les comploteurs en tous genres ne prennent pas de vacances. Cécile de Saint-Béryl n’est pas prête de se reposer.
Série : Complots à Versailles
Tomes : 12 – L’imprimeur du roi / 13 – Le cygne de Cambrai
Genre : Aventure historique
Dessins & Couleurs : RobertaPierpaoli & Mara Angelilli
Scénario : Carbone & Cee Cee Mia
D’après : Annie Jay
Éditeur : Jungle
Collection : Miss Jungle
ISBN : 978282224-7351/-8198
Nombre de pages : 56
Prix : 13,50 €
- Togninapar Laurent Lafourcade
L’histoire d’un portrait
« -Qu’espérez-vous en venant ici, madame ?
-Comment cela ?
-J’ai bien compris que vous étiez douée et que vous étiez une personne exceptionnelle… Alors ma question est simple… Qu’espérez-vous de moi qui ne suis douée que pour créer le trouble et la rumeur sur mon passage ? »
Mars 1538, un enfant est embarqué dans une cage sur un navire qui quitte les îles Canaries. L’enfant s’appelle Pierre Gonzalvès et a la particularité d’avoir le visage intégralement recouvert de poils, aujourd’hui maladie rare, autrefois curiosité. Quelques années plus tard, en 1594, Tognina, l’une de ses filles, doit servir de modèle à Lavinia Fontana, une artiste peintre qui a été élève de Michel-Ange. Pourquoi veut-elle peindre le visage d’une personne seulement douée pour semer le trouble et la rumeur sur son passage ? L’artiste tente de trouver les mots pour se justifier auprès de son modèle. Elle n’est pas laide. Lavinia essaye juste de saisir la réalité. Elle promet à la jeune fille d’extraire ce qu’il y a de plus beau sur son visage. Ça prendra du temps, mais Tognina finira par accepter.

© Corbeyran, Colline – Glénat La relation entre les deux femmes aura des hauts et des bas. L’une comme l’autre, elles vont apprendre à se connaître, dans l’acceptation de soi. Atteinte d’hypertrichose, comme son père et d’autres membres de sa fratrie, Tognina a du mal à ne pas se voir en bête de foire aux yeux des autres. Lavinia va lui prouver le contraire.
Après le remarquable Les yeux doux, Corbeyran et Michel Colline proposent un deuxième one shot à mille lieux du précédent. Ils passent d’une uchronie futuriste à un témoignage du passé, d’une politique-fiction à une réflexion sur l’art et la beauté. La mise en scène est théâtrale. Même si l’on croise quelques figurants, la pièce pourrait se jouer sur scène avec seulement deux personnages. Corbeyran sert le livret sur un plateau, mettant en avant ses talents de dialoguistes, car ce sont eux qui font le sel de la rencontre.

© Corbeyran, Colline – Glénat Il fallait la délicatesse du trait d’un Michel Colline pour relever le défi de la transposition en dessins de ce face-à-face féminin. Et l’on finit par transposer la question à propos de l’objet qu’est un album de bande dessinée. Qu’est-ce qui est plus beau ? Une planche aux dessins minutieux et fouillés ou une autre sans décor où l’important est ce qu’il se dit, ce qu’il s’échange ? La réponse est ici.
Une question se pose sur la couverture. On ne peut pas dire qu’elle soit facile d’accès, mais elle invite à découvrir un livre qui se mérite. Lui permettra-t-elle de trouver son public ? C’est en tous cas celle que l’on comprend qu’il fallait faire quand on lit l’album. Les yeux du modèle transpercent son visage. Ils appellent le lecteur à entrer dans son histoire.

© Corbeyran, Colline – Glénat Si vous voulez voir le tableau original de Lavinia Fontana, il se trouve au musée des Beaux-Arts dans le château de Blois. Tognina est basée sur des faits réels. Par son biais, Corbeyran et Colline donnent une leçon d’amitié, de tolérance, d’acceptation et d’art.
Titre : Tognina
Genre : Biopic
Scénario : Corbeyran
Dessins & Couleurs : Michel Colline
Éditeur : Glénat
Collection : 1000 feuilles
ISBN : 9782344067116
Nombre de pages : 144
Prix : 20 €
- Les petits mythos présentent L’Atlantidepar Laurent Lafourcade
Tout sur le continent perdu
« -Les Mythos, vous savez que l’histoire de l’Atlantide provient d’un conte égyptien ? Mon frère Osiris m’a tout raconté !
-Jamais de la vie ! Ça vient des Etrusques, c’est bien connu !
-Dans tes rêves ; Velch… Des contes comme celui-là, on en a des caisses en Gaule !
-Laisse tomber, Sucellos… Tout a été créé chez nous, les nordiques !
-C’est le problème avec l’Atlantide… Il y a tellement de versions qu’à la fin, on n’y comprend plus rien… »
Ah, l’Atlantide, le continent disparu ! Que de légendes tournent autour de ce mythe ! Afin d’y voir plus clair, après les mythologies nordique, égyptienne et les jeux antiques, les Petits Mythos racontent tout sur l’Atlantide. Totor, Athéna, Hercule et Ulysse accostent sur l’île. Ils vont la visiter et rencontrer leurs habitants, dont les rois du pays : Eumélos et Atlas. Attention, le propriétaire des lieux est méfiant. Poséidon est capable d’envoyer des tempêtes titanesques. Mais attention encore, punir, n’est pas anéantir. Le Dieu est-il seulement capable de le comprendre ?

© Cazenove, Bloz, Marshall, Amouriq, Mirabelle – Bamboo La version historique est signée du philosophe Platon. Dans le Timée, il évoque l’Atlantide pour vanter la puissance militaire de l’armée athénienne. Il fait disparaître l’île, engloutie après des tremblements de terre et des cataclysmes. Mais le récit de Platon a des problèmes de chronologie quant aux dates évoquées. Dans la version inachevée du Critias, Platon aborde le sujet par le biais du mythe, dans un parallèle fantastique. L’Atlantide y est un archipel. Les Atlantes sont d’ingénieux architectes. On apprend qu’un conte égyptien a d’énormes similitudes avec le récit de Platon, avant de découvrir d’autres cités et continents disparus à travers le monde. Si au Moyen-Âge le mythe n’intéresse personne, au XIXème siècle, l’engouement redémarre. Les nazis cherchent un lien avec la race aryenne. Même le célèbre Commandant Cousteau va partir à la recherche de l’origine du mythe.

© Cazenove, Bloz, Marshall, Amouriq, Mirabelle – Bamboo Comme pour les hors-séries précédents, la mythographe Amandine Marshall apporte son éclairage d’experte. Ni mythe, ni réalité disparue, elle félicite Platon d’avoir semé le doute dans l’esprit de ses contemporains et de toutes les générations qui ont suivi. Les héros de Jacobs s’en souviennent. Ainsi est née la légende. Christophe Cazenove ajoute son humour à la sauce. Mais attention, il n’imagine pas un gag sur une anecdote mythologique mais l’inverse. Il trouve le gag et greffe l’information ensuite. Comme pour le volume sur la mythologie égyptienne, Bloz prend la place de Larbier. Il s’est appuyé sur les recherches et la documentation de ses co-auteurs pour éviter de s’éparpiller, le sujet invitant à plus d’imagination et de fantaisie que le précédent.

© Cazenove, Bloz, Marshall, Amouriq, Mirabelle – Bamboo On apprend beaucoup en s’amusant avec les Petits Mythos, on apprend encore plus avec les Petits Mythos présentent, qui devient une véritable collection spin-off parallèle. L’Atlantide n’aura plus de secrets pour vous. Blake et Mortimer peuvent le lire s’ils veulent se renseigner.
Série : Les petits mythos
Tome : HS – Les petits mythos présentent L’Atlantide
Genre : Humour instructif
Textes : Amandine Marshall
Scénario : Christophe Cazenove
Dessins : Bloz
Couleurs : Alexandre Amouriq & Mirabelle
Éditeur : Bamboo
ISBN : 9791041120062
Nombre de pages : 48
Prix : 11,90 €
- Lino Ventura et l’œil de verrepar Laurent Lafourcade
De catcheur à acteur
« -Alors, ça s’est bien passée ?
-Non. Il m’a signé le contrat.
-Mais tu n’as pas essayé le coup du million ?
-Si, mais il a dit oui quand même. Odette, dans quel pétrin je me suis fourré… »
Monsieur Ventura sort d’un hôtel. Merlin, un journaliste, l’attend dans le hall d’entrée pour l’interviewer sur sa carrière. Ils avaient rendez-vous mais l’acteur est un peu pressé. Il s’en excuse mais ça n’empêche pas le reporter de l’accompagner. Le dialogue peut commencer. Si Lino est devenu acteur, il l’avoue, c’est vraiment le fruit du hasard. Immigré italien, il est catcheur de profession. A 34 ans, marié et père de deux enfants, pourquoi serait-il allé faire ce métier ? Recommandé par une connaissance, il a passé un bout d’essai et a été engagé par le réalisateur Jacques Becker pour le rôle d’Angelo dans Touchez pas au grisbi. On lui avait proposé 100 000 francs. Il a exigé un million. Il était persuadé que ce serait refusé et qu’il retournerait à ses matchs de catch. Contre toute attente, il les a eus. Sa carrière cinématographique a démarré et ne s’arrêtera plus.

© Oiry, Le Gouëfflec – Glénat Au fil de la journée, Merlin suit Ventura et revient avec lui sur les souvenirs marquants de sa vie. Pour José Giovanni, Gabin est un grand comédien de métier, mais Lino est un acteur naturel. A de rares exceptions près, il ne regarde jamais ses films. Il refuse les rôles de personnages qu’il ne pourrait être. Il aime les personnages inquiets, car, déserteur italien, il s’est caché jusqu’à la fin de la guerre. En 1969, il joue l’un de ses rôles les plus marquants, celui du résistant Philippe Gerbier dans L’armée des ombres de Jean-Pierre Melville, avec qui il se fâchera, le cinéaste étant méprisant, cassant et hautain. Même si Lino ne le souhaite pas, Merlin parvient à le faire causer d’amitié, ses meilleurs amis étant ceux ayant le privilège de manger à la cuisine : Brassens, Brel ou encore l’académicien Michel Droit.

© Oiry, Le Gouëfflec – Glénat Arnaud Le Gouëfflec scénarise une biographie incroyablement émouvante. L’œil de verre, c’est celui de la caméra. Lino Ventura était l’un des acteurs les plus gentils du cinéma français. C’est mon cousin Jacques Brizzio, décorateur de cinéma, qui me l’avait dit. Ça transparaît dans toutes ses interviews, tout autant que dans ce livre. L’homme est d’une incroyable sobriété. Il choisit ses rôles avec minutie. On découvre son intimité, l’amour fidèle pour sa femme Odette, et celui pour Linda, sa troisième fille, handicapée, pour qui il fondera l’association Perce-Neige. Merlin pose à Lino Ventura toutes les questions dont les lecteurs auraient voulu avoir les réponses. Il est leur porte-parole. La mise en scène est telle que l’on a l’impression d’avoir passé un moment privilégié avec l’acteur. Aux dessins, Pascal Oiry offre à Lino une image physique et morale la plus fidèle possible à la réalité. La mise en couleurs délicate remet les événements dans leur époque.

© Oiry, Le Gouëfflec – Glénat Lino Ventura et l’œil de verre est l’un des meilleurs biopics qui aient été faits, toutes célébrités confondues, en bande dessinée. Arnaud Le Gouëfflec et Pascal Oiry rendent ici un vibrant hommage à un acteur phare du cinéma français.
Titre : Lino Ventura et l’œil de verre
Genre : Biopic
Scénario : Arnaud Le Gouëfflec
Dessins & couleurs : Stéphane Oiry
Éditeur : Glénat
Collection : BD poches
ISBN : 9782344076064
Nombre de pages : 136
Prix : 10 €
- Saint-Tropez expliqué à ceux qui disent Saint-Trop’par Laurent Lafourcade
Do you do you do you
« -Pour moi, c’est ici qu’on comprend pourquoi mon pays est le plus beau du monde.
-T’as tellement raison !
-D’où t’es tropézienne, toi ? T’es même pas née là ! »
Sur les hauteurs de Saint-Tropez, Alix admire la vue accompagnée d’un coq et d’un chien. Si elle n’y est pas née, elle vient dans cette ville tous les ans depuis soixante ans. Il y a tant à dire sur Saint-Tropez. Elle va tout raconter, mais le côté historique, la mémoire, la tradition, c’est le coq qui va s’en charger. Tout commence au premier millénaire, à Héraclea, l’ancien nom de la cité, sur la plage du Pilon, avec l’arrivée sur une barque depuis Pise, en Italie, du cadavre étêté du chevalier Torpès. C’est Néron qui l’a fait décapiter parce qu’il refusait de renoncer à sa foi. Les gens du village lui ont offert une sépulture et élevé une chapelle en sa mémoire. Neuf siècles plus tard, les sarrasins laisseront des toits de tuiles roses. Cinq siècles encore après, les génois modèleront la ville telle qu’on la connaît de nos jours. Au fil du temps, le golfe devient une place stratégique.

© Girod de l’Ain, Doisneau – Bayard Graphic Alix, journaliste de métier, reprend ensuite la parole à partir du XVIIIème siècle. Les premières célébrités entrent en scène : l’écrivain Guy de Maupassant, le peintre Paul Signac, l’autrice Colette, puis plus récemment l’icône Brigitte Bardot. Le deuxième chapitre est consacré à un personnage extraordinaire : Paulo, qui n’est autre que le grand-père d’Alix. Nous sommes dans les années 60. Les mini-jupes fleurissent et le Gendarme n’a pas encore été tourné. A l’époque, on sortait en famille, les vieux avec les jeunes. Paul et Nanette, Papy et Mamy, vivent au Mas de Gaou, une luxueuse villa en bord de mer avec piscine, qu’ils ont eux-mêmes faite construire. Nanette est d’une classe incroyable. Paul est dragueur, volage, dépensier mais généreux. Joueur de pétanque, le pilier de bar est connu de tous. Alix raconte toute sa vie tropézienne, jusqu’à son décès.

© Girod de l’Ain, Doisneau – Bayard Graphic Le troisième chapitre est consacré au Saint-Tropez d’aujourd’hui. Alix accueille sur place Cyril Doisneau, le dessinateur de l’album. Né à Nantes, ayant vécu au Québec puis aux îles de la Madeleine dans le Golfe du Saint-Laurent, autre ambiance, il découvre la ville-star. La journaliste lui sert de guide touristique. Il va acheter des sandales tropéziennes et goûter les tartes du même nom de toutes les pâtisseries possibles et imaginables. En trois parties distinctes, Alix Girod de l’Ain et Cyril Doisneau racontent la grande et la petite histoire de la ville. On garde une tendresse toute particulière pour le chapitre consacré à son grand-père. On s’y rend compte que les véritables stars ne sont pas celles qui passent à la télé ou au ciné, mais celles, comme lui, qui donnent une âme à la ville.

© Girod de l’Ain, Doisneau – Bayard Graphic Plus jamais vous ne direz Saint-Trop’. Saint-Tropez expliqué à ceux qui disent Saint-Trop’ rend à la ville le charme profond qu’elle mérite, loin de la superficialité du star system.
Titre : Saint-Tropez expliqué à ceux qui disent Saint-Trop’
Genre : Reportage
Scénario : Alix Girod de l’Ain
Dessins & Couleurs : Cyril Doisneau
Éditeur : Bayard Graphic
ISBN : 9782227502918
Nombre de pages : 120
Prix : 23 €
- La cuisine des ogres 2 – Une vie de vaurienpar Laurent Lafourcade
La trahison ou l’exil
« -Brûle-Pourpoint t’a éconduit trop vite à mon goût… Il ne faut pas lui en vouloir, elle n’a pas mon flair. Et contrairement à elle, j’ai apprécié ton audace. Après tout, rien ne devrait être impossible à qui s’en donne les moyens, n’est-ce pas ? Demain, tu participeras à une de ses expéditions matutinales. Si tu prouves ton mérite, je te prendrai alors à l’essai comme marmiton… Qu’en dis-tu ?
-V… Vous êtes trop bon, Maître La Grignotte !! Ve ne vous décevrai pas !! »
Un couple d’aristocrates batifole sur une barque dans l’eau d’un lac quand des mains monstrueuses sortent des flots pour faire basculer l’embarcation. On n’entendra plus parler d’eux.
Dans la cuisine des ogres, Brèche-dent, un jeune bouquetin, est assigné à la plonge. Il est né sur les rives du lac à vaisselle, donc il y reste ! Affublé d’un défaut de prononciation, il est le rejeton d’une korrigane délurée et d’un père aux origines pas très bien déterminées. Ami de Trois-Fois-Morte, Brèche-dent habite avec elle, celle qui a réussi à éviter de devenir un repas des ogres et les a entraînés vers un autre mode d’alimentation, sans marmot dans les recettes.

© Vehlmann, Andreae – Rue de Sèvres Brèche-dent a peur de n’avoir aucun talent. Sa vieille mère aurait-elle raison ? Pour être fixé, il va bien falloir qu’il se décide à tenter sa chance. Le bouquetin essaye de se faire engager par Madame Brûle-Pourpoint qui l’éconduit dans un premier temps. C’est alors que, ayant apprécié son audace, La Grignotte, l’Ogre-en-chef de la brigade Tout-Sucre, le rappelle. Demain, il participera à une expédition matutinale. Si Brèche-dent prouve son mérite, il sera pris à l’essai comme marmiton. Il part donc avec une Brûle-Pourpoint austère afin de trouver l’ingrédient nécessaire au prochain dessert de La Grignotte. De retour, l’apprenti est embauché. Mais son chef va lui demander l’impossible : dérober une recette à Trois-Fois-Morte, sinon il finira comme confiserie dans un bocal. La trahison, c’est trop pour lui. Il préfère l’exil.

© Vehlmann, Andreae – Rue de Sèvres Ce deuxième épisode de La cuisine des ogres met à l’honneur la loyauté. Brèche-dent est prêt à tout pour faire son apprentissage de commis de cuisine… sauf à trahir son amie. Quand va lui être demandé ce choix cornélien, il ne va pas se poser beaucoup de questions. Trahir, non, mais mourir non plus. Il fait son baluchon et quitte tout. C’est alors que commence sa vie de vaurien dans laquelle il devra survivre et échapper à sa sanction. Fabien Vehlmann ne va pas le laisser seul dans ses pérégrinations. Il lui adjoint un alter ego, un Jiminy Cricket, en la personne de Chrysostome, un cloporte colporteur, qui lui sera d’un grand secours, il parle plusieurs langues étrangères. Ce n’est pas le seul écho à l’œuvre de Carlo Collodi. A l’instar de Pinocchio, Brèche-dent lui aussi devra trouver le moyen de sortir de l’estomac d’un cétacé. De la vouivre ondoyante au navire magique reliant les caravansérails d’Orient aux comptoirs caribéens, Jean-Baptiste Andreae enchante ce conte avec son dessin fantastique et ses couleurs merveilleuses.

© Vehlmann, Andreae – Rue de Sèvres La cuisine des ogres est un plat concocté par deux auteurs qui ont tout compris de la stratégie de ceux qui ont traversé les temps comme Charles Perrault ou les frères Grimm. De la tendresse, de la cruauté, une quête initiatique, susciter de la haine pour certains personnages et de la compassion pour d’autres, espérer, trembler, les ingrédients sont prêts. Il n’y a plus qu’à déguster.
Série : La cuisine des ogres
Tome : 2 – Une vie de vaurien
Genre : Conte cruel
Scénario : Fabien Vehlmann
Dessins & Couleurs : Jean-Baptiste Andreae
Éditeur : Rue de Sèvres
ISBN : 9782810208173
Nombre de pages : 80
Prix : 20 €
- Obscurius 1 – Lucypar Laurent Lafourcade
Paris outragée… pas libérée
« -A notre survie ! Et à ce drôle de monde qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos et l’anarchie ! Vous avez une idée de la nature de ces choses qui vous ont attaquée ?
-Pas la moindre… Je n’en avais jamais vu de semblables !
-Moi non plus… C’est bien ce qui m’inquiète… J’ai l’impression qu’on n’est pas au bout de nos peines ! »
Le ciel est rouge sur Paris. Lucy est appelée car ça a recommencé. Un de ses collègues a le cerveau en train de se faire bousiller par un ectoplasme qui tente de pénétrer dans son corps. Telle une exorciste, elle l’en débarrasse, mais il ne sera malheureusement plus jamais le même. Dans une capitale postapocalyptique peuplée de démons, les humains doivent se serrer les coudes pour survivre. On ne peut pas s’habituer à marcher au milieu des fantômes. C’est une nouvelle réalité. Tentant d’échapper à de monstrueuses créatures en pleine rue, Lucy est sauvée par Stan, un baroudeur luttant contre l’invasion et fort intrigué par le comportement inhabituel des bêtes qui se sont attaquées à Lucy. Si elles avaient vraiment voulu la tuer, elles y seraient parvenues.

© Lins, Corbeyran, Marques – Soleil Lucy et Stan, l’exorciste et le sorcier, ne sont pas au bout de leurs peines. Depuis trois semaines, un immeuble est en flammes, sans qu’il ne s’écroule et sans que l’incendie ne se propage aux bâtiments voisins. Alors que sur place Stan parlemente avec Maëlle qui semble avoir quelque chose à récupérer à l’intérieur, Lucy est ramenée par Fred. Elle retrouve chez elle ses compagnons de galère, pas réjouis qu’elle ait conduit un étranger chez eux. En représailles, la jeune femme se paye une semaine de confinement. C’est l’occasion pour elle de revenir sur les origines du mal. Tout a commencé il y a à peine un an quand les premiers cas de contamination sont apparus et ont entraîné un confinement, mais cela n’a pas endigué la pandémie.

© Lins, Corbeyran, Marques – Soleil Obscurum per obscurius. Ce qui est obscur s’explique par plus obscur encore. Obscurius, le nouveau diptyque scénarisé par Corbeyran est certainement l’histoire la plus engagée qu’il ait signée. Sous couvert d’invasion fantastique qui se précise dans un duel démoniaque, le récit n’est autre qu’une relecture de la crise mondiale de Covid-19. Véritable problématique sanitaire ou stratégie politique organisée ? On devine en filigrane la position de l’auteur. Obscur a été le confinement, plus obscure est encore son origine, plus obscures sont les intentions cachées. Dessinateur chez Marvel, entre autres sur Deadpool et sur Wolverine, Alex Lins met tout son talent américain au service de Paris. On remarque en particulier l’étendue de ses techniques sur la page de titre avec un portrait crayonnée de Lucy. Natalia Marques montre pourquoi une coloriste doit être considérée comme une autrice à part entière : les effets de flamme, la gangue de Notre-Dame, un ciel inhabituel, … Il devrait être obligatoire pour les éditeurs, comme le fait le groupe Delcourt-Soleil à juste titre depuis des années, de mentionner le ou la coloriste en couverture.

© Lins, Corbeyran, Marques – Soleil Si l’on a pu longtemps se demander pourquoi les univers créés en BD ne se développaient plus (ou très peu) sur une longue haleine, on comprend la stratégie Corbeyran, qui, à l’image des grands réalisateurs, change d’univers à chaque récit. Avec des histoires en one shot diptyque ou triptyque, aussi diverses que Les Yeux doux, Exsangue, Neige de sang, Sideshow et tant d’autres, il créé une collection d’anthologie, une Twilight zone, dont Obscurius occupe une place de choix.
Série : Obscurius
Tome : 1 – Lucy
Genre : Fantastique
Scénario : Corbeyran
Dessins : Alex Lins
Couleurs : Natalia Marques
Éditeur : Soleil
ISBN : 9782302090880
Nombre de pages : 72
Prix : 17,50 €
- Extrême Droite : le grand périlpar Laurent Lafourcade
Une main de fer dans un gant de fer
« -Une future victoire assez logique pour des observateurs avertis…
-La vraie question est plutôt qui va affronter le RN au second tour ? »
Depuis plusieurs mois, la victoire du Rassemblement National est annoncée comme possible aux prochaines élections présidentielles de 2027. Une progression constante dans cette élection depuis 2007, un réseau d’élus locaux et de députés conséquent, des ressources financières importantes, le soutien de milliardaires médiatiques, le RN solidifie ses bases et compte ratisser large, du côté des Républicains et même des Macronistes, dont certains seraient ravis de collaborer… euh… coopérer avec eux, à l’image de coalitions du même style dans d’autres pays européens comme l’Italie ou la Suède, entre autres. Comment va s’organiser ce parti d’Extrême-Droite s’il arrive au pouvoir ? Comment la politique française en est-elle déjà arrivée à cette situation ? Extrême Droite : le grand péril explique tout.

© Tommy, Palheta – Rue de l’Echiquier Devenu le Rassemblement National en 2018, c’est en 1972 qu’est fondé le Front National par d’anciens chefs et militants fascistes ayant collaboré avec les nazis, des groupes néofascistes d’après-guerre, des négationnistes et des antisémites. Dirigé pendant une quarantaine d’années par Jean-Marie Le Pen, le FN a formé les dirigeants actuels. Le scénariste Ugo Palheta revient à la source pour expliquer la mutation du FN au RN. Le FN connaît son premier succès électoral aux municipales de 1983, sous la présidence socialiste de François Mitterrand. La lutte contre l’immigration devient leur cheval de bataille. Européennes de 84, législatives de 86, la percée se confirme. Malgré la scission avec une partie de son électorat absorbé par son ancien allié Bruno Mégret, Jean-Marie Le Pen créé la surprise en 2002 en accédant au deuxième tour de l’élection présidentielle face à Jacques Chirac, à cause de la division de la Gauche. Un élan antifasciste sauvera la mise au second tour, ré-installant le président sortant à sa place. En 2011, Jean-Marie s’efface au profit de sa fille Marine, les cadres du parti la préférant à Bruno Gollnisch. Celle-ci entame alors une tentative de dédiabolisation du parti. 2024, les élections européennes marquent l’émergence du nouveau poulain du parti, un certain Jordan Bardella, qui séduit la jeunesse et l’électorat de droite.

© Tommy, Palheta – Rue de l’Echiquier Avec les dessins simples et explicatifs de Tommy, Ugo Palheta poursuit l’histoire du parti avec le projet et l’idéologie du RN, et on va voir que rien n’a vraiment changé depuis cinquante ans. L’égalité n’est pas leur cheval de bataille, mais ils le font croire, avec la complicité de médias financés par de grands patrons comme Vincent Bolloré. Marine Le Pen adopte une stratégie de dédiabolisation en « tuant le père ». L’exclusion de Jean-Marie du parti après de nouveaux propos négationnistes n’est pas anodine. Acquérir de nouveaux électeurs en choyant les xénophobes de la première heure, voilà la difficulté et l’objectif du RN. Le parti affirme pouvoir offrir des solutions aux problèmes sociaux des différentes classes. Des déçus du socialisme le rejoignent. Avec Jordan Bardella, le Rassemblement National montre qu’on peut être jeune, d’extrême-droite et le revendiquer.

© Tommy, Palheta – Rue de l’Echiquier Extrême Droite : le grand péril est un livre objectif et factuel sur l’Histoire passée et présente d’un parti politique fondé sur la haine. Les stratégies de leurs dirigeants sont explicitées et l’on comprend que rien n’est innocent. Pour ceux qui hésiteraient encore ou tout simplement pour parfaire sa culture politique, à lire avant de se rendre dans l’isoloir.
Titre : Extrême Droite : le grand péril
Genre : Enquête journalistique
Scénario : Ugo Palheta
Dessins : Tommy
Éditeur : Rue de l’Echiquier
ISBN : 978374256061
Nombre de pages : 112
Prix : 17,90 €
- Kaïju n°8 16par Laurent Lafourcade
Le dernier combat
« -Le… Le n°8 reprend le combat ! Comment est-ce possible ? Alors que ses signes vitaux s’étaient éteints !
-Un miracle… Je ne vois pas d’autre mot… Cependant, la situation est encore loin d’avoir tourné à notre avantage !
-En termes de puissance, l’adversaire le dépasse largement… »
Le bras de fer entre les Kaïjus numéros 8 et 9 en est à son paroxysme. Kafka va-t-il enfin parvenir à anéantir le monstre avide de destruction ? En termes de puissance, l’adversaire le dépasse largement. C’est dans l’enfant qu’il était que Kafka va aller puiser la force nécessaire au combat. Gamin, il a donné l’alerte. Si à l’époque il avait été un commandant stylé avec un potentiel de combat élevé, il aurait pu éviter la destruction de la maison familiale. Il veut que l’enfant qu’il était soit fier de l’adulte qu’il est devenu. C’est pour cela qu’il ne lâchera rien dans la bagarre. Pour cela, le n°8 va se métamorphoser dans une morphologie qui n’avait encore jamais été observée. Le grand Kaïju de Meireki va-t-il numéroter ses abattis ?

KAIJU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto All rights reserved
© Matsumoto – CrunchyrollC’est le grand final de la série de Naoya Matsumoto. Pour cette occasion, le mangaka revient dans les interchapitres sur quelques secrets de fabrication. Il a travaillé le look de n°8 autour du thème de la rancune, en veillant à ne pas tomber dans l’esthétique Yôkaï, en cherchant le bon équilibre avec des éléments propres aux Kaïjus. On apprend que dans une première version, il portait le n°9, mais, en japonais, le chiffre 9 (« Ku ») est un homophone de souffrance, de douleur. Afin d’éviter de lui donner une image sombre, Matsumoto s’est donc rabattu sur le 8. Dans ce dernier volume, le héros se métamorphose en une version plus claire, plus lumineuse, contrastant avec son apparence sombre. L’auteur a voulu ainsi symboliser la paix que fait Kafka avec lui-même, la guérison de son enfance meurtrie.

KAIJU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto All rights reserved
© Matsumoto – CrunchyrollEn seize tomes et une adaptation en anime, Kaïju n°8 est l’une des séries phares des années 2020. Comment un ancien nettoyeur de ville devient le héros de tout un peuple ? C’est ce que l’on apprend dans cette quête de soi qui montre comment les blessures d’enfance peuvent parfois parvenir à se soigner. Sous couvert d’une histoire de monstres, Matsumoto démontre comment on peut puiser sa puissance au fond de soi. C’est une véritable thérapie. L’histoire est close mais la fin reste ouverte. A chacun d’imaginer comment les personnages pourront continuer leur route. A chacun de découvrir comment il peut trouver la solution à ses problèmes au plus profond de lui-même.

KAIJU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto All rights reserved
© Matsumoto – CrunchyrollDans un dernier volume dense et sans aucun moment de répit, Kaïju n°8 se clôt avec lyrisme et profondeur. Un vrai blockbuster manga.
Série : Kaïju n°8
Tome : 16
Genre : Shonen
Scénario & Dessins : Naoya Matsumoto
Éditeur : Crunchyroll
ISBN : 9782820353443
Nombre de pages : …
Prix : 7,15 €
- The strange house 4 / The strange pictures 2par Laurent Lafourcade
Rites mortels
« -Allons voir ce qu’il y a en haut…
-Je passe devant.
-Hein ?
-C’est dangereux. Et il y a peut-être quelque chose que vous ne voudriez pas voir. »
Dans la maison familiale des Katabuchi, Yanaoka et Yuzuki cherchent à résoudre l’énigme de la mort du cousin de cette dernière, il y a treize ans déjà. D’après Kurihara, architecte enquêteur, la maison cacherait un judicieux stratagème expliquant la mort du petit garçon. Comme dans les maisons de Tokyo et Saitama, la bâtisse aurait une pièce cachée, un espace dissimulé entre deux paires de fusuma immobiles, ces cloisons spécifiques des maisons traditionnelles nippones, placés de part et d’autre d’un passage étroit. Grâce à un passage secret dissimulé derrière l’autel dans le couloir, le meurtrier pouvait rejoindre l’antre de ses crimes. C’est en explorant la maison que les deux visiteurs vont être surpris par Keita, le mari de la sœur de Yuzuki.

© 2024 Uketsu, Kyo Ayano. All rights reserved
First published in Japan in 2024 by Ichijinsha Inc., Tokyo
© Kana 2026Quand on n’a pas à faire à de strange houses, ce sont des strange pictures qui aiguisent les sens des Sherlock en herbe. Yûta aime beaucoup dessiner, mais un jour, il va faire un dessin étrange. La maîtresse convoque sa mère pour lui en parler. L’enfant s’est représenté avec elle au pied d’un immeuble dans lequel il fait un étrange gribouillis gris. Il n’a pas voulu expliquer sa démarche à son enseignante. D’après la maman, l’endroit barbouillé serait leur appartement. Quelque chose lui aurait-il fait peur ou l’aurait contrarié ? La veille, il s’est fait gronder parce qu’il a dessiné sur le parquet. Il n’a peut-être pas compris pourquoi ? Bon, la maîtresse sera vigilante. En rentrant chez eux, la mère fait accélérer le pas à son fils. Elle s’est rendu compte qu’ils étaient suivis.

© 2024 Uketsu, Aibakikou. All rights reserved
First published by Futabasha Oublishers Ltd.
© Kana 2026Uketsu confirme sa position de roi du mystère. Avec ce quatrième tome, The Strange House, adapté par Kyo Ayano, fait un énorme bond en avant dans la résolution de l’énigme. Les personnages font une rencontre décisive qui va leur donner la raison de la perpétration des meurtres. Plus que surprenantes, les révélations vont être bouleversantes. Comment réagir quand on a des assassins dans la famille ? On est quasi dans une histoire de secte privée.

© 2024 Uketsu, Kyo Ayano. All rights reserved
First published in Japan in 2024 by Ichijinsha Inc., Tokyo
© Kana 2026Pendant ce temps, mis en scène par Kikô Aiba, The Strange Pictures en est encore au début de ses secrets. La mère de Yûta est sa maman adoptive, la seconde épouse de son père veuf, lui aussi décédé. Bien qu’avec beaucoup d’affection, la relation entre eux s’en ressent fatalement. Uketsu aimant brouiller les pistes, un twist final rebat les cartes.

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First published by Futabasha Oublishers Ltd.
© Kana 2026Uketsu s’affirme comme un émule pointu de Sir Arthur Conan Doyle et d’Agatha Christie. Que ce soient les maisons ou les images qui soient étranges, on est tout autant captivés par les unes que par les autres. Très très addictif.


Série : The strange house
Tome : 4
Genre : Thriller
Scénario : Uketsu
Dessins : Kyo Ayano
Éditeur : Kana
ISBN : 9782505144533
Nombre de pages : 174
Prix : 7,90 €
Série : The strange pictures
Tome : 2
Genre : Thriller
Scénario : Uketsu
Dessins : Kikô Aiba
Éditeur : Kana
ISBN : 9782505144519
Nombre de pages : 174
Prix : 7,90 €
- Placid et Muzo 80 anspar Laurent Lafourcade
Un ours et un renard dans l’Histoire de la BD
« -La gloire nous attend. Prêt ? En avant !
-A qui va-t-on faire sérénade ?
-Vous n’y êtes pas, camarade ! Dans un moment d’inspiration, j’ai écrit cette chanson. Là, le la je te donnerai, et tu n’auras qu’à la chanter ! »
Placid et Muzo sont deux compagnons inséparables. Le premier est un ours, le second un renard. Animaux anthropomorphes, il leur arrive des tas d’aventures humoristiques, tantôt simples gags, tantôt à la poursuite de bandits. Il faut dire que les compères ont un certain sens de la justice. On leur vole le gros lot : ils arrêtent le bandit et le conduisent sous les verrous. Le neveu de King Kong ne fera pas mieux quand plus tard il tentera de les éliminer. On ne lutte pas contre des adversaires de poids de la trempe de nos deux héros…surtout un. Côté humour, lancer de poids, arrachage de dents, course cycliste et neveux perturbateurs sont au programme. On aura même droit à un voyage dans le temps. Rêve ou réalité ?

© Arnal, Olivier – Vaillant Les éditions Vaillant, ressuscitées depuis quelques années maintenant, fêtent les 80 ans d’un duo de héros qui, peu de lecteurs s’en souviennent, étaient là avant le chien Pif du même José Cabrero Arnal et qui plus tard leur volera la vedette. Dans ce fascicule broché de 100 pages, on nous dit tout sur ces personnages qui furent les premières véritables mascottes de l’éditeur. Ils naissent en 1946. Sur des textes de Pierre Olivier et Cabrero Arnal et des dessins de ce dernier, leur tout premier album paraît l’année suivante. Il est réédité ici en intégralité parmi d’autres surprises.

© Arnal, Olivier – Vaillant Entre 1947 et 1951, le duo est publié dans plusieurs titres de presse du groupe de L’Humanité. A partir de 1949, le plus souvent, les dialogues sont écrits en vers. Ça donne un côté très Lafontaine aux situations. Autre originalité, Arnal n’hésite pas à se mettre en abime dans la série. Autre étrangeté d’époque, on pouvait boire et fumer allégrement. Pas de commission de censure. Des gags de différentes époques sont reproduits, alternées avec des illustrations de couvertures.
L’album est bourré d’anecdotes. On lit parfois un humour très daté. On découvre que d’une semaine à l’autre les personnages sont passées de mains à cinq doigts à seulement quatre, comme dans le monde du dessin animé. Une photo du stand Vaillant à la fête de l’Huma, une autre d’une caravane publicitaire du Tour de France 1949 floquée Placid et Muzo, une série de buvards d’écoliers, les traductions étrangères : les curiosités sont nombreuses. Puis vient le moment du passage de témoin avec les assistants et les repreneurs : Roger Mas, Jacques Nicolaou, Michel Motti et, entre autres, Mircea Arapu qui rédige toute une partie du dossier historique de ce livre.

© Arnal, Olivier – Vaillant Eclipsés par Pif, on ne mesure pas l’importance de Placid et Muzo dans la grande histoire de la bande dessinée. Justice leur est ici rendue. Et ils n’ont pas dit leur dernier mot. Pif le mag est toujours vivant. Placid et Muzo for ever.
Titre : Placid et Muzo 80 ans
Genre : Humour & Ouvrage d’étude
Scénario : Pierre Olivier
Dessins : José Cabrero Arnal
Textes : Jean-Luc Muller &Mircea Arapu
Éditeur : Vaillant
Collection : Pif Paf Pop Culture
ISSN : 27784932
Nombre de pages : 100
Prix : 9,95 €
- Sakamoto Days 22 – Tenkyu vs Shinpar Laurent Lafourcade
Affrontements présents et passés
« -Jusqu’à la dernière seconde, j’ai voulu croire que j’étais capable de respecter la vie humaine. Mais j’avais tort. Rien ne m’empêche de te tuer, rien ! J’ai enfin compris que ma place n’est pas aux côtés de ceux que j’aime. C’est dur à avaler mais c’est comme ça. »
Dans la prison de la FJA, Shin et ses compagnons tentent de mettre l’oracle Atari en sécurité. Mais Tenkyu les retrouve et leur barre la route. Attrapant la jeune devin par les cheveux, il lui demande ce qu’il est censé faire pour retourner auprès de ses amis. Elle le renvoie à sa réalité en lui assénant que la personnalité de son boss ne veut pas de lui. Et impossible qu’elle utilise sa chance pour l’aider car elle a épuisé toute sa bonne fortune. Qu’à cela ne tienne. Tenkyu a l’intention d’obtenir ce qu’il veut par la force. Shin demande à Heisuke et les siens de fuir et d’annoncer à Monsieur Sakamoto qu’il démissionne. Il va reprendre son job d’assassin pour affronter Tenkyu.

SAKAMOTO DAYS © 2020 by Yuto Suzuki/SHUEISHA Inc.
© 2026, éditions GlénatDans la deuxième partie du volume, on découvre comment Shin et Taro Sakamoto se sont rencontrés pour la première fois, il y a quelques années déjà, bien avant que le tueur ne se reconvertisse dans le commerce en devenant patron de supérette. Ce dernier avait 19 ans, Shin à peine 13. Sakamoto allait le sauver d’un bien mauvais pas. S’étant débrouillé tout seul depuis bien longtemps, Shin, déjà télépathe, était à la recherche de son père. Ils allaient le retrouver ensemble, sauf que le papa est la cible que Sakamoto est chargé d’abattre. A bord d’un paquebot de luxe, le patriarche est un dangereux chef de gang. Reconnaîtra-t-il sa progéniture ? Sakamoto ira-t-il au bout de sa mission ?

SAKAMOTO DAYS © 2020 by Yuto Suzuki/SHUEISHA Inc.
© 2026, éditions GlénatYuto Suzuki découpe ce vingt-deuxième épisode de Sakamoto Days en deux parties distinctes, qui sont toutes deux deux affrontements de tous les dangers. Tenkyu fait partie de la bande de Slur. Génie du tir à l’arc, il n’a aucune empathie ce qui le rend impitoyable. Une fois sa série terminée, le mangaka a l’intention de se lancer dans la muscu pour prendre de la masse et avoir le même physique que lui. L’autre méchantissime s’appelle Tasuku Ando. Le père de Shin est aussi impitoyable que son fils est loyal. L’homme ne fait pas par les sentiments, capable d’abattre un homme à terre à bout portant. Ce n’est pas une croisière de tout repos dans laquelle il embarque ceux qui le traque. La croisière ne s’amuse pas vraiment.

SAKAMOTO DAYS © 2020 by Yuto Suzuki/SHUEISHA Inc.
© 2026, éditions GlénatFaut-il aller jusqu’à commettre l’irréparable ? Telle est la question soulevée par les agissements de Shin, que ce soit dans le passé, ou bien dans le présent. Sakamoto Days est une série d’action, de justice et de résilience. Encore faut-il que ses héros parviennent à conjuguer tout cela.
Série : Sakamoto Days
Tome : 22 – Tenkyu vs Shin
Genre : Thriller/Polar
Scénario & Dessins : Yuto Suzuki
Éditeur : Glénat
ISBN : 9782344068649
Nombre de pages : 192
Prix : 7,20 €
- Folklore 3 – La cuisine jusqu’aux étoilespar Laurent Lafourcade
Top Chef
« -Maintenant, je vais te dire pourquoi le chef trois étoiles que je suis vient te rendre visite dans ta modeste demeure : j’ai besoin de toi ! »
Macha Melnikov est plongeuse au Lyubov, le plus grand restaurant de la mégapole Bäbel. Même pas commis de cuisine, comment une subalterne peut-elle oser donner des conseils au sous-chef Pavel sur la confection de ses koundioumis ? Le cuistot n’apprécie guère mais la met au défi. Qu’ils préparent chacun les leurs de leur côté, la brigade les départagera. Si elle perd, elle est virée. C’est alors que débarque Boris Zarkov, le plus grand chef qui soit. C’est lui qui décidera du vainqueur. Rien ne va se passer comme prévu, et pourtant, quelques jours plus tard, le chef aux trois étoiles propose à Macha d’être sa partenaire sur le prestigieux concours du « Couteau étoilé ».

© Clément, Montel, Peña, Grelin – Dargaud Originaire de Chtouchtchie dans la région de Sovianov, Macha est issue d’une famille de paysans pauvres cultivant du blotch, une céréale qui permet la fabrication de farine. Vivant avec sa grand-mère, sa sœur et ses parents, ils n’ont jamais manqué de rien, tout du moins d’amour. Exploités par leurs propriétaires les Rimonov, ces derniers épongeront les dettes de tous les miséreux du village le jour où un Rimonov mangera à la table d’un Melnikov et se délectera, sinon ils chercheront de nouveaux exploitants. S’ils font ça, les paysans sont condamnés. Après un apprentissage avec sa Babushka, Macha se rend en ville retrouver Yvan, un ami pâtissier muet, qui la pistonne pour un job dans un restaurant. Elle ne pensait pas se retrouver à la vaisselle… Heureusement qu’un concours de circonstances l’a mise devant les fourneaux.

© Clément, Montel, Peña, Grelin – Dargaud A travers le monde, chaque adolescent doit un jour accomplir son Folklore. Matérialisée par l’apparition d’une clef magique, cette coutume signe le début de l’émancipation de l’enfant qui doit partir en voyage pour trouver sa propre voie dans la vie. Le jeune appelé se soumet alors à un rite d’apprentissage au sein de Bäbel, capitale cosmopolite et cité de tous les possibles, afin de déterminer quelle sera sa place parmi les autres. Dans ce nouvel épisode indépendant de la série concept de Loïc Clément et Anne Montel, une jeune cuisinière doit faire ses preuves pour montrer ses talents. Comme dans toute société, a fortiori composée de castes définies, ça ne va pas être chose aisée. Mais Macha est plus que déterminée.

© Clément, Montel, Peña, Grelin – Dargaud Nancy Peña entre tout naturellement dans la charte du graphisme animalier tendance Anne Montel, harmonisé dans la collection avec les couleurs de Grelin. Loïc Clément poursuit l’exploration du passage de l’adolescence à l’âge adulte dans un défi culinaire sous tension. Folklore joue son spectacle sur la musique de la vie.
Série : Folkore
Tome : 3 – La cuisine jusqu’aux étoiles
Genre : Aventure fantastique
Scénario : Loïc Clément
Dessins : Nancy Peña
Couleurs : Grelin
D’après l’univers de : Anne Montel & Loïc Clément
Éditeur : Dargaud
ISBN : 9782205202854
Nombre de pages : 56
Prix : 17,50 €
- Chocochat & moi 4 – Un territoire au poil / Patty Télépathe 2 – Panique à New-York ! / Simone se bastonne 2 – Le vent en poulpepar Laurent Lafourcade
Chats, pensées et crustacés
« -Je prends deux belles tranches de pain. Que je tartine d’un peu de beurre rance. Puis j’ajoute un beau gros poisson qui sent bon la marée. Ensuite trois souris pour le côté croustillant et frais. C’est important. Et comme assaisonnement une petite pluie de croquettes ! Goût pigeon fumé, mes préférés ! Et voilà ! Mon méga sandwich du midi ! Et toi, Lulu ? Tu as quoi pour le déjeuner ?
-La nausée… »
Lulu est un petit garçon adopté par une famille de chats. Dans ce monde, l’animal domestique, c’est lui. Pourtant, le chasseur, le prédateur sans pitié, le fauve de l’obscurité qui se faufile la nuit pour traquer sa proie, c’est Chocochat, le félin le plus dangereux du monde, ou tout du moins le plus drôle. Même son paquet de croquettes il le chasse. Même s’il fait un détour pour aller à l’école afin d’éviter le territoire de Jean-Chat et Chat-Edouard, il ne manquera pas de passer devant la boulangerie pour un second p’tit déj comme des chocolatines à la souris. Pour Lulu, c’est moins surprenant que d’en trouver dans le pop-corn. Et quand ce n’est pas à la souris, un petit casse-croûte au piaf, c’est pas mal non plus. Du grenier de l’école au nouvel arbre à chat à la maison, Lulu et Chocochat ne vont pas manquer d’occupations.

© Arlène, Öckto Lambert – Bayard Jeunesse De son côté, Patty, la gamine télépathe, est en voyage à New-York avec ses parents. Tout y est démesuré. C’est haut, c’est grand, c’est beaucoup, c’est énorme ! Patty va même retrouver sa meilleure copine Lina, qui va l’aider à traduire en français les pensées américaines, ainsi que l’étrange savant qui a découvert son superpouvoir. Après quelques jours aux USA avec ses musées, ses parcs et ses braqueurs, retour au pays pour la petite famille. Maman repart travailler sur sa plateforme pétrolière et Patty reste avec son papa au foyer, encombrée parfois par son don de déchiffrer les pensées de tout un chacun, comme celles de cette infâme boulangère malhonnête. Tout ça finira par une adoption à la maison, plus craquante que les viennoiseries de la commerçante.

© Lewis Trondheim – Bayard Direction sous-marine avec Simone, la crevette boxeuse. Même dans les profondeurs marines il y a un camping dans la nature pour partir en vacances en famille. Ça dépayse. Mais tout le monde connaît le spot secret, particulièrement typique pour les poissons-vaches gardés par le féroce poisson-chien. Simone et sa sœur Sibylle vont ensuite adopter en cachette une holothurie, une espèce de ver vraiment trop chou. Elle adore les chips d’algue goût plancton rôti et va s’avérer très très très vorace. La fête foraine est l’occasion pour Simone d’enfin faire parler ses poings, avant d’affronter le psychopathe des abysses. Notre crevette arrive ensuite au carnaval déguisée… non… habillée en boxeuse, comme son idole Lucas Prince. Ce crétin de César a eu la même idée. Octogone ! Ils vont régler ça sur le ring. Le gagnant pourra garder son costume, le perdant se déguise en poisson-clown. A moins que quelque chose ne vienne changer la règle. Un stage de survie vient finir ce cycle d’aventures de Simone.

© Long, Schmauch – BD Kids Chats, pensées et crustacés, des gags, un grand récit découpé en gags, des histoires courtes humoristiques, voici le programme de ces trois albums de l’excellente collection BD Kids, à ne surtout pas réserver qu’aux Kids. Chocochat et moi, Patty télépathe et Simone se bastonne sont trois séries qui respirent l’humour et la tendresse.



Série : Chocochat & moi
Tome : 4 – Un territoire au poil
Genre : Humour
Scénario : Alexandre Arlène
Dessins & Couleurs : Fabien Öckto Lambert
Éditeur : Bayard Jeunesse
Collection : BD Kids
ISBN : 9791036384448
Nombre de pages : 56
Prix : 9,40 €
Série : Patty Télépathe
Tome : 2 – Panique à New-York !
Genre : Humour télépathe
Scénario, Dessins & Couleurs : Lewis Trondheim
Éditeur : Bayard jeunesse
Collection : BD Kids
ISBN : 9791036390081
Nombre de pages : 68
Prix : 10,50 €
Série : Simone se bastonne
Tome : 2 – Le vent en poulpe
Genre : Humour sous-marin
Scénario : Anne Schmauch
Dessins & Couleurs : Guillaume Long
Éditeur : Milan
Collection : BD Kids
ISBN : 9791036366116
Nombre de pages : 64
Prix : 10,50 €
- L’île au trésor – Intégralepar Laurent Lafourcade
Pirates un jour, pirates toujours
« -Vous avez, je suppose, entendu parler de Flint ?
-Si j’en ai entendu parler !! Barbe-Noire était un ange comparé à Flint.
-Les espagnols en avaient si peur que, parfois, je dois l’avouer, j’ai été fier qu’il soit anglais !! J’ai vu, de mes yeux vu, ses huniers, au large de la Trinité, et le lâche fils d’ivrogne qui était notre Capitaine fila se réfugier à Port-Espagne.
-Imaginons que j’ai entre les mains le secret de l’endroit où se cache le trésor de Flint ; pensez-vous que ce trésor soit considérable ?
-Et plus que ça, Monsieur !! Si vous avez ce secret dont vous parlez, je fais affréter un navire au port de Bristol et je vous emmène, vous et Hawkins, à la recherche de ce trésor. »
Angleterre, XVIIème siècle. Un homme grand et fort s’avance vers l’auberge de l’Amiral Benbow, faisant porter derrière lui un coffre de marin. Le jeune Jim Hawkins et ses parents l’accueillent dans leur établissement où il s’installe. Si un jour, Jim aperçoit un marin unijambiste, il devra immédiatement l’avertir. Quelques mois plus tard, arrive un étranger manifestement à la recherche de Bill, c’est le nom du pirate réfugié chez les Hawkins. Il le fait fuir avant d’avoir une attaque. Alité, l’homme avoue à Jim qu’il était second du Capitaine Flint et qu’on en veut à son coffre. Il demande au garçon de continuer à ouvrir l’œil. Ils feront moitié-moitié. Parole d’honneur. Ça ne va pas être si simple. D’autant plus que Bill meurt. Jim trouve une carte au trésor. L’aventure va commencer.

© Simon, Chauvel – Delcourt Une expédition se monte. A bord de l’Hispaniola, Jim Hawkins est du voyage. Le Capitaine Smollet est au commandement. Le chevalier Trelawney et le Docteur Livesey embarquent à bord, ainsi que Long john Silver et son perroquet, le marin unijambiste si longtemps attendu. Des vivres, de la poudre et des armes, la goélette est prête à partir. A l’aube, l’ancre est levée, les voiles se gonflent, la traversée démarre. Après quelques jours de voyage, l’équipage atteint les côtes de l’île. Jim se demande comment ça va se passer car il a surpris une conversation dans laquelle il a appris que Long John Silver s’apprêterait à la faire à l’envers.

© Simon, Chauvel – Delcourt David Chauvel adapte le célébrissime roman culte de Robert Louis Stevenson. Si les succédanés ont été nombreux, il y a eu au final assez peu de transpositions du livre comparativement à la notoriété de l’histoire. Il faut dire que s’attaquer à un tel monument expose aux pires critiques. En développant son histoire sur 137 planches et en utilisant de nombreux récitatifs permettant de conserver le côté littéraire de l’œuvre, Chauvel conserve l’essence du récit qui reste détaillé. Il prend le temps de développer chacun des personnages, même si Jim Hawkins reste le véritable héros. La ligne claire de Fred Simon donne à l’aventure le côté tout public qu’elle mérite.

© Simon, Chauvel – Delcourt Aventure avec un « A » majuscule, L’île au trésor a fait rêver, fait rêver et fera encore rêver tout un tas de lecteurs de toutes générations. Cette excellente adaptation en bande dessinée contribue à l’aura du mythe. Allez, reprenons une lampée de bon vieux rhum !
Titre : L’île au trésor – Intégrale
Genre : Aventure
Scénario : David Chauvel
Dessins : Fred Simon
Couleurs : Jean-Luc Simon
D’après : Robert Louis Stevenson
Éditeur : Delcourt
Collection : Ex-Libris
ISBN : 9782413095163
Nombre de pages : 144
Prix : 25 €
- D-Gray Man 29 – L’autre Bookman Jr.par Laurent Lafourcade
Le passé remonte à la surface
« -Où est-elle ? Sa tombe.
-Quoi ?
-Tu veux bien que j’aille vérifier… si Mana Walker est vraiment mort ? »
Une attaque a eu lieu au cirque. La police découvre un enfant endormi dans la neige. C’est Allen. S’il reste muet devant les forces de l’ordre, l’enfant est sûr qu’il est un monstre. Le retour de Mana le réconforte et lui redonne le sourire. Etonnamment, celui-ci ne semble pas se souvenir qu’il recherchait son frère Néah. Allen craint que ce ne soit lui-même et son bras monstrueux qui aient causé cette amnésie. Mana confond le petit garçon avec son chien. Peu importe, Allen restera à ses côtés… jusqu’à sa mort. Aujourd’hui adulte, alors qu’il vient de raconter toute son histoire à Yû Kanda, Allen se sent coupable du décès de Mana, parce qu’il a détruit son âme, et à cause de quoi il a invoqué le Comte Millénaire. Yû Kanda veut savoir où est la tombe de Mana…afin de vérifier s’il est vraiment mort.

© 2004 by Katsura Hoshino © 2026, Editions Glénat Yû Kanda ne veut pas remettre en cause ce que lui raconte Allen, mais la vérité est peut-être autre que les faits qu’il a vécus. Le Comte Millénaire était aux trousses de Mana. Cross Marian, complice du 14ème, veillait sur lui, au point de vouloir tuer Allen. Mana se trouvait donc à mi-chemin entre les deux camps de la guerre sainte. Si Mana dissimulait quelque chose, ça pourrait certainement être utile à Allen pour affronter le 14ème. A présent, une mission attend Allen. Il doit se rendre à la librairie Zoogle dont deux pigeons et une chouette ornent l’enseigne. Le maître des lieux attend son hôte mais Allen devra prouver son identité s’il veut connaître la vérité sur la guerre sainte. Comment faire alors qu’il n’a plus Timcanpy pour l’accompagner ? Pendant ce temps, Yû Kanda et Tiedoll sont partis vérifier si le corps de Mana est bien dans sa tombe et Apocryphos tente d’expliquer au clan Noé qu’ils ont faux sur toute la ligne.

© 2004 by Katsura Hoshino © 2026, Editions Glénat Trois ans qu’on avait quitté l’univers de D-Gray Man… Que c’est long. On est largement récompensé par ce nouveau volume dans lequel, depuis très longtemps, l’action avance à grands pas. Hoshino Katsura semble en très grande forme créative et on s’en réjouit. Espérons que ce soit pareil niveau santé. La mangaka fait les rappels nécessaires pour que l’on ne soit pas perdu dans l’histoire. Après la fin des flashbacks, on se retrouve dans le temps présent. Mention spéciale à l’enseigne de la librairie Zoogle qui est magnifique.

© 2004 by Katsura Hoshino © 2026, Editions Glénat Jusqu’où iront les Noé ? Les exorcistes parviendront-ils à ramener la paix ? Le Comte Millénaire reste dans l’ombre pendant que ses complices mènent la danse. Si le destin le veut, tout le monde se retrouvera. Espérons que ce ne soit pas dans trois ans.
Série : D-Gray Man
Tome : 29 – L’autre Bookman Jr.
Genre : Fantastique
Scénario & Dessins : Katsura Hoshino
Éditeur : Glénat
ISBN : 9782344064924
Nombre de pages : 256
Prix : 7,90 €
- Les enfants de la résistance 10 – La guerre n’est pas finiepar Laurent Lafourcade
La bataille finale commence !
« -Où reste Eusèbe ? Avec tous ces sabotages, il y a des soldats partout !
-Patience !… Vu ce qui se passe, il devait aller voir si les nouveaux messages sont arrivés de Londres.
-Et toi ? Tu arrives à imaginer ce qui se passe ? C’est le débarquement !
-Pas vraiment. J’ai juste l’impression qu’il se déroule quelque chose d’incroyable. D’historique ! »
Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, près de Pontain l’Ecluse, un petit groupe de résistants s’apprête à plastiquer un relais de communication. Ils cherchent où il se trouve. Rue Auguste Petit. Mais c’est où ? Elle a été rebaptisée Rue du Maréchal Pétain, par Rumieau, le sous-préfet de Guerchin. Une fois trouvé, en avant les pétards ! Au même moment, Eusèbe retrouve François et Lisa. Il revient avec de nouveaux messages arrivés de Londres. C’est le débarquement. La bataille finale commence. Ce serait idiot qu’il arrive malheur maintenant aux « enfants de la résistance » après quatre années de lutte.

© Ers, Dugomier – Le Lombard Alors que les alliés posent le pied sur les côtes normandes dans des affrontements sanglants, pour les petits villages de France, la lutte est loin d’être terminée. A la radio anglaise, la voix d’Eisenhower annonçant la bonne nouvelle réjouit la population qui réfrène ses manifestations de joie car l’occupant est encore là. La peur allait changer de camp, mais il faudra encore être patient. L’action des forces de résistance allait devoir s’amplifier face à un ennemi aux abois prêt aux représailles, prêt à redoubler d’horreur et de violence pour montrer qu’il n’est pas encore abattu. Instituteur, le père d’Eusèbe conseille à ses élèves de rester prudents. Son rôle est de les protéger. Il a repris préventivement ses cours de défense passive de 1940. Quant à sa femme, elle est prête à prendre tous les risques pour apporter sa pierre à l’édifice.

© Ers, Dugomier – Le Lombard Ce dixième épisode est un tournant dans l’aventure des Enfants de la Résistance. Alors que dans l’imaginaire collectif le 6 juin 1944, date du débarquement, montre la fin du cauchemar, le chemin jusqu’à la libération totale de la France sera long et douloureux. Vincent Dugomier et Benoît Ers le montrent en détails dans cet album : il va être encore plus difficile de survivre dans ces derniers jours de lutte. En parallèle aux actions de Lisa, Eusèbe et François, plus que jamais dans leurs rôles, les auteurs intercalent ce qu’il se passe au niveau national, avec par exemple le massacre d’Oradour-sur-Glane ou l’entrée du Général de Gaulle à Bayeux.
Les enfants de la Résistance est une série dont on parle beaucoup du scénario mais finalement peu du dessin, c’est pourquoi il est important de souligner la qualité du graphisme de Benoît Ers dont la ligne claire et le réalisme souple se solidifient d’épisode en épisode, que ce soit dans les scènes tendues de dialogues ou dans les grandes représentations de guerre.

© Ers, Dugomier – Le Lombard Forts du succès du film de Christophe Barratier (dont la suite est en préparation), Les enfants de la Résistance ne s’arrêteront pas avec l’Armistice qui approche. Ils raconteront aussi l’Après-Guerre et la restauration de la République. En attendant, il est encore l’heure du débarquement. La guerre n’est pas finie.
Série : Les enfants de la résistance
Tome : 10 – La guerre n’est pas finie
Genre : Histoire
Scénario : Vincent Dugomier
Dessins & Couleurs : Benoît Ers
Éditeur : Le Lombard
ISBN : 9782808216937
Nombre de pages : 56
Prix : 12,50 €
- Silence 7par Laurent Lafourcade
Rencontres sur rails
« -C’est ça, l’aventure. C’est pas que des beaux paysages et des nuits paisibles à la belle étoiel !
-Je suis à deux doigts de regretter l’entraînement d’Ové…
-Lame… Arrête de parler s’il te plaît… Tu dis n’importe quoi…
-Vous qui voulez du changement, relier Haut-Fort à Racignole est une étape cruciale ! »
Lame, Ocelle et Merle viennent de quitter Haut-Fort, en route pour Racignole, dans l’espoir de retrouver le soleil. La route en chemin de fer est semée d’embûches. La voie est constamment obstruée et il faut la dégager sans se faire repérer par les monstres. Avant le début de la longue nuit, le bois de Racignole était réputé sur tout le continent. La ville était un immense carrefour culturel. C’est alors qu’une dame blanche s’installe dans un wagon et ordonne le redémarrage du train. Amie ou ennemie ? Il faut parfois savoir prendre des risques de confiance. Plus loin, c’est une étrange forêt d’arbres pas comme les autres qui va intriguer l’équipée. Une nuée de monstres affolés s’en échappe. En y pénétrant, Lame va faire une rencontre hors du commun.

© Vornière – Kana C’est le petit cœur de Merle qui va être tout tourneboulé dans ce septième volume de Silence. Le moinillon s’isole sous prétexte de prendre des notes sur leur rencontre avec la dame blanche. Il tente en fait de refouler un sentiment nocif pour son esprit et son corps. Il cherche à se reconcentrer sur ses psaumes mais il en pince pour Ocelle. Est-ce réciproque ? Ecoutera-t-il son cœur ou sa raison ? Ça tombe bien, ils partent tous les deux dans la nature pour faire des réserves d’eau pendant que Lame et Passim installent des pièges autour du train. Merle va-t-il franchir le pas ?

© Vornière – Kana Le mangaka continue de parsemer l’aventure de légendes des différents coins du pays. On connaît tous la légende de la dame blanche que Yoann Vornière utilise ici. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il existe plusieurs versions quant aux intentions du personnage. Moins célèbre, on découvre la légende du Karnabo, une créature des Ardennes, à la peau sombre et rugueuse et dont le visage est entre l’humain et l’animal. Plus moderne, avec le mécha de Jibé, Vornière fait écho aux sculptures métalliques telles le grand éléphant de l’île de Nantes ou le Minotaure des Halles de Toulouse.

© Vornière – Kana Souvent dans les mangas un trombinoscope des principaux personnages et un court résumé remettent les choses en place en début de volume. Aurélien Vornière, lui, adopte une méthode inédite avec une double page de dialogues, illustrée par des dessins enfantins, où des enfants, en voix off, posent des questions à un narrateur qui leur lit l’histoire, comme une mise en abime du créateur et de sa création. Pour les collectionneurs, à noter qu’il existe une édition avec une jaquette alternative signée Konata, dessinatrice de Kohva, aux éditions Glénat.
Le voyage de Merle et ses compagnons pour éclaircir le monde se poursuit. Nouveaux dangers, nouvelle communauté, le manga français est de plus en plus puissant.
Série : Silence
Tome : 7
Genre : Fantastique
Scénario & Dessins : Yoann Vornière
Éditeur : Kana
ISBN : 9782505144182
Nombre de pages : 200
Prix : 7,90 €
- Show-Ha Shoten ! 9par Laurent Lafourcade
Duos inattendus
« -C’est pareil que la première fois que je les ai vus ! Ils se lancent dans une longue intro pour forcer un changement d’ambiance dans la salle. Quel passage en force impressionnant !
-Ils ont montré leur style tout en faisant attention de ne pas perdre le public en route.
-C’est comme dans la vidéo qu’on a vue ! Ça va commencer maintenant ! »
Le grand concours du Kôshien du rire est en pleine phase finale. Le duo « Rising » tente de prendre la première place aux « Jacqueteurs » qui viennent tout juste de la ravir à « Pantoufle de verre brisée ». « Rising », c’est Bunta Harigane et Atsushi Ban. C’est ce dernier qui est le champion de l’année du concours « Questions pour un comique » de la classe. Il convainc son camarade de lycée, qui a passé son temps de la compétition à faire l’andouille, de faire équipe avec lui. Les voici à présent face au public du Kôshien. Ils semblent parvenir à se mettre les spectateurs les plus réticents dans leur poche. Sera-ce suffisant pour passer devant ? S’ils y parviennent, rien n’est gagné. D’autres duos sont encore au programme dont « Aller simple pour les cieux ».

Show-Ha Shoten ! © 2021 by Akinari Asakura, Takeshi Obata
© Akinari, Takeshi – Kana 2026Auparavant, sera-ce l’heure de gloire de « Shiba inus en tournée mondiale » ? Un passionné plein de fougue et un gars blanc comme neige. Ces élèves de première année inconnus au bataillon sont de vrais outsiders. Ils comptent bien montrer qui ils sont vraiment. Yô Onozuka et Shunsei Mimomi se sont rencontrés sur un terrain de volley-ball. Onozuka, leader du groupe, n’avait pas vu d’un très bon œil l’arrivée dans le club de Mimomi, le fils du coach. Celui-ci fait office de manager. Son programme diététique ne va pas plaire à tout le monde. Au fil des mois, les deux antagonistes vont apprendre à se connaître, à se comprendre, tant et si bien qu’ils se retrouvent aujourd’hui côte-à-côte pour faire rire toute une salle.

Show-Ha Shoten ! © 2021 by Akinari Asakura, Takeshi Obata
© Akinari, Takeshi – Kana 2026Entre les chapitres, le scénariste Akinari Asakura poursuit l’historique de la genèse de « Show-ha shoten ». Fan de la première heure de Takeshi Obata (On le rappelle dessinateur de Death Note), il n’imaginait pas que ce serait son idole qui dessinerait son histoire. Il ne voyait pas comment c’était possible. Quand il l’a appris, il n’a pas fermé l’œil de la nuit. Toujours est-il que ça l’a boosté car pas question de proposer un travail bâclé à un mangaka de sa trempe. Plus tard, quand ils vont se rencontrer en chair et en os, Asakura décrit toute l’émotion qui le transforme en petit garçon face à un dieu vivant.

Show-Ha Shoten ! © 2021 by Akinari Asakura, Takeshi Obata
© Akinari, Takeshi – Kana 2026Azemichi Shijima et Taiyô Hicashikata vont avoir du fil à retordre pour gagner le concours. Les deux lycéens d’« Aller simple pour les cieux » voient leurs adversaires défiler. Qui emportera l’adhésion du public ?
Série : Show-Ha Shoten !
Tome : 9
Genre : Shonen
Scénario : Akinari Asakura
Dessins : Takeshi Obata
Éditeur : Kana
ISBN : 9782505144168
Nombre de pages : 196
Prix : 7,30 €
- Becky Stillborn 3 – Le nourrisson des cendrespar Laurent Lafourcade
Affrontements démoniaques
« -Rebecca Stillborn n’est plus et pourtant c’est un nouvel échec !! Je suis si las de cette non-existence…
-Remerciez plutôt le ciel… Becky encore vivante, c’est ma vengeance que je savourerais en ce moment.
-Ah ah ah !! Vous m’en voulez toujours depuis la faillite de ce petit rituel !! Pourtant au lieu de sacrifiée et morte, vous êtes éternelle. «
Avant de se plonger dans la dernière partie de la trilogie Becky Stillborn, un petit rappel est nécessaire. L’histoire commence dans le Sud de l’Angleterre, à Brighton, en 1886. Lady Stillborn découvre les cadavres décharnés de son oncle et de ses domestiques. Si maintenant l’horreur touche les aristos, les affaires se compliquent. Rebecca Stillborn, dite Becky, enquête aux côtés de l’inspecteur Isaac Jack, adepte des combats à mains nues dans les tripots des faubourgs et porté sur l’alcool depuis qu’il a perdu sa femme et le bébé qu’elle portait dans des conditions particulièrement macabres. Après l’incendie de la maison du tonton, Becky, interrogée par un juge virulent, doit répondre à cinq chefs d’accusation : importation de produits non approuvés par l’autorité de médecine britannique, administration de substances non autorisées, expérimentation sur des êtres humains, erreur médicale et homicide. Avec un petit coup de pouce de ses pouvoirs qu’elle ne maîtrise pas complètement, elle parvient à sortir de ce mauvais pas pour reprendre son enquête, avant que Jack, sous influence démoniaque, ne l’arrête dans son élan.

© Michel – Inanna Ce dernier épisode débute en 1888 à Whitechapel, un an après les événements précédents. On y retrouve l’inspecteur devant le cadavre d’une prostituée. D’Isaac Jack à Jack the ripper, il n’y a qu’un pas. Personne n’est qui l’on croyait qu’il était, et l’on va apprendre à se méfier des apparences. On pensait que l’énigme trouverait sa source dans les faubourgs de Londres ou de Brighton, on découvre qu’il faut remonter au IIIème siècle avant Jésus-Christ en Mésopotamie, quand une sorte de prêtre sacrifie un lapin devant une gamine enchaînée. Vingt-deux mille ans plus tard, les deux ennemis se font face pour un jeu d’échecs démoniaque. Ces deux là tirent bien des ficelles. Alors que tout le monde pensait Becky Stillborn six pieds sous terre, cette dernière compte bien en profiter pour déjouer les manigances politico-démoniaques qui se trament dans l’Angleterre victorienne.

© Michel – Inanna La trilogie Becky Stillborn est un excellent polar fantastique finement construit, machiavélique, aux rebondissements constants et aux virages imprévisibles. Les amateurs de thriller et de fantastique se retrouveront dans cette histoire digne des meilleurs scénarios du genre, dont Jean Dufaux était l’un des chantres dans les années 80-90. On sent qu’Arnaud Michel en a sous le coude et on regrette que certains indices ne soient pas plus développés, comme l’événement dans l’antique Mésopotamie. Le scénariste détourne le mythe de Jack l’éventreur. Régis Loisel l’avait magistralement fait dans Peter Pan. Arnaud Michel propose une version très différente, inédite, et tout aussi originale. Au fil des tomes, le style graphique de l’auteur s’est affiné et enrichi, avec quelques planches incroyables comme par exemple celles de la fuite de Becky de la soirée ou de l’accident de carrosse, aux découpages exemplaires. D’autres séquences sont en doubles planches avec incrustations. Aucun détail n’est négligé.

© Michel – Inanna En trois tomes, grâce à Becky Stillborn, paru chez de micro-éditeurs, on a assisté à la naissance d’un solide auteur de bandes dessinées. Si avec cette « carte de visite », Arnaud Michel ne signe pas chez une grande major, c’est à n’y rien comprendre.
Série : Becky Stillborn
Tome : 3 – Le nourrisson des cendres
Genre : Polar fantastique
Scénario, Dessins & Couleurs : Arnaud Michel
Éditeur : Inanna
ISBN : 9791097349783
Nombre de pages : 80
Prix : 17 €
- Marta et les bandits 1par Laurent Lafourcade
Jadis, la Corse…
« -Regarde, Ursulina ! On a des truites !
-C’est très bien ! Va les donner à Calasima, il les préparera pendant qu’on va à la messe.
-Pas la messe !
-Allez vous préparer ! J’ai sorti vos habits du dimanche.
-Et pourquoi Calasima il est pas obligé d’aller à la messe, lui ?
-Parce que quand on est adulte on peut décider de ses croyances. Et quand on est enfant on écoute Ursulina ! »
Fin XIXème, quelque part au cœur de la vallée du Niolu, en Corse, des lavandières nettoient du linge dans le courant de la rivière pendant qu’en amont deux enfants pleins de boue se lavent. L’eau sale coule jusqu’aux femmes furieuses que leur linge soit à nouveau souillé. Tout ça fait bien rigoler les gosses qui s’enfuient de l’autre côté du cours d’eau en leur tirant la langue. Marta et Léon rentrent au village avec le butin de leur pêche. Leur amie Ghjuvanna leur donne un panier de « frappe », des gâteaux corses qui font le délice des gourmands de tous âges. A la maison, Ursulina les envoie mettre leurs habits du dimanche pour la messe… à leur grande joie.

Marta a une douze ans et c’est son anniversaire. Elle est une enfant trouvée. Au retour de la célébration, une surprise l’attend à la maison. Ses oncles sont de retour au village. Ses parents lui offrent une jolie robe et un superbe livre de Robert Louis Stevenson : L’île au trésor. Les tontons ont un cadeau bien spécial : un grand couteau ayant appartenu à un bandit du Sud qu’ils ont attrapé le mois précédent. La soirée s’annonce passionnante car ils vont leur raconter comment. Marta a douze ans, elle n’est plus une petite fille, avec toutes les conséquences que cela engendre. Sa vie risque de changer, mais elle n’a pas l’intention qu’on lui dicte son destin.

Après les déboires de la famille Bughjardelli dans Back to paese qu’elle va poursuivre en parallèle, Léa Maurizi est de retour avec une nouvelle série tendre et historique. Trouvant sa source dans la vie de Marthe Piarchi, femme bandit qui vécut dans la région de Bocognano à la fin du XIXème siècle, Marta et les bandits est inspirée de cette Calamity Jane. Léa Maurizi y a insufflé des éléments de son histoire familiale, un de ses ancêtres ayant pris le maquis. Toute la genèse de l’histoire est détaillée dans le cahier graphique en fin d’album, aux côtés des travaux préparatoires dévoilant les méthodes de travail de l’autrice. Dans son style graphique, l’autrice dépeint des décors dans une somptueuse esthétique « naïve ». Le village de Casamaccioli en 1884 est particulièrement touchant. L’ensemble de l’album a été réalisé sur tablette graphique, ce qui a permis à la dessinatrice de tester avec succès quelques effets informatiques comme les décors flous dans certains arrière-plans mettant en valeur les personnages.

Marta et les pirates est un véritable dépaysement dans l’espace et dans le temps, un retour aux sources qui fleure bon les histoires du soir et la déconnexion. Les chanceux qui habitent l’île ou qui l’ont visité sentiront même les herbes du maquis. Dans les milieux intellectuels, on appellerait ça l’album de la maturité, c’est tout simplement l’excellent premier tome d’une trilogie au cœur de la Corse profonde dans un temps jadis magnifiquement dépeint aussi bien dans le fond que dans la forme.
Série : Marta et les bandits
Tome : 1
Genre : Aventure
Scénario, Dessin & Couleurs : Léa Maurizi
Éditeur : Corsica Comix
Collection : Orizon Grafic
ISBN : 9791092481341
Nombre de pages : 80
Prix : 20 €
© Maurizi – Corsica Comix
- 100 bucket list of the dead 19par Laurent Lafourcade
Omelette de zombies
« -Je crois que c’est la première fois que je visite cet endroit.
-Moi aussi.
-Y a des pandas, vous croyez ?!
-Moi, je veux faire une sieste avec les capybaras…
-Bienvenue au Safari Park ! »
Après avoir bien profité des sources chaudes, Akira Tendô propose à ses amis d’aller chevaucher des autruches. C’est le point 48 sur sa bucket list des choses à faire avant de se faire mordre par un zombie. Mais est-ce que dans le monde tel qu’il est devenu les autruches n’ont-elles pas toutes été zombifiées ? Pas sûr du tout. C’est l’animal le plus rapide après le guépard, elles sont capables de repérer des intrus à plus de 10 km et s’adaptent à de grandes amplitudes de températures. C’est la crème des oiseaux. Elles ont forcément survécu à la pandémie. Nos amis vont aller s’en assurer au Safari Park.

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© KANA 2026Dès la boutique de souvenirs à l’entrée, ils sont attaqués par un animal zombifié : un ratel, pas plus grand que 25 cm mais hargneux comme ce n’est pas permis. Ils sont sauvés par l’arrivée inattendue d’une guerrière chevauchant un tigre. Nora Miike était soigneuse dans le territoire des fauves du parc. La pandémie a touché le zoo et beaucoup d’animaux sont morts, transformés en zombies. Ceux qui ont pu s’échapper à l’extérieur des grilles ont reconstruit un écosystème et prospèrent dans la nature comme si les hommes n’avaient jamais existé. Vivant seule sur place, Nora veille à ce que les animaux contaminés restent cloîtrés, mais ils s’attaquent parfois au grillage. Quant aux autruches, sont-elles saines et sauves pour qu’Akira accomplisse son vœu ?

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© KANA 2026En filigrane de cet épisode, Haro Aso et Kotaro Takata traitent d’un sujet que l’on n’aurait jamais pensé évoqué dans cette série : le cyberharcèlement. Si Nora est si proche du règne animal et déteste tant le genre humain, c’est parce qu’elle a subi enfant cette maltraitance ignoble qui peut faire des dégâts irréparables. La haine sur les réseaux sociaux se répand comme une traînée de poudre, comme une apocalypse zombie. Les mangakas dénoncent ce scandale sociétal qu’il est si complexe à soigner et à endiguer. Ils invitent fortement à se débarrasser de nos smartphones. Au fond, le but de la série ne serait pas de prôner un retour à la nature et à l’essentiel ? Plus que jamais, 100 bucket list of the dead est humoristiquement intelligente.

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© KANA 2026Si finalement les zombies parviennent même à nous donner des leçons de vie en nous faisant réfléchir sur notre condition, que demander de plus ?
Série : 100 bucket list of the dead
Tome : 19
Genre : Zombies
Scénario : Haro Aso
Dessins : Kotaro Takata
Éditeur : Kana
Collection : Big Kana
ISBN : 9782505144472
Nombre de pages : 160
Prix : 7,90 €
- Les nouvelles aventures de Max Beaumont 1 – Imbroglio Météopar Laurent Lafourcade
Le temps devient fou
« -Eh bien, je peux vous dire qu’ensuite, je n’ai raté aucune de vos aventures. Je dois même vous avouer que si je fais ce métier aujourd’hui, c’est grâce à vous.ma vocation est venue à la lecture de vos reportages. Bon. Pour le moment, je travaille au journal « Le Clairon ». Donc, niveau aventure, c’est plutôt limité.
-Il faut dire que le monde a bien changé. Le temps n’est plus vraiment au journalisme d’aventure, Monsieur Saumier.
-Faites-mi plaisir, appelez-moi Simon. »
Simon Saumier est tout excité. C’est la première fois qu’il rencontre son idole Max Beaumont, écrivain aventurier. Ecrivant un article sur Max, Simon lui a donné rendez-vous à la terrasse d’un café afin de le prendre en photo pour illustrer son papier. Alors qu’ils font connaissance, Simon se fait arracher son appareil photo par un type en jogging que tous les deux se mettent à poursuivre. Après une course effrénée, l’appareil tombe à l’eau. Pour les truands, la mission semble accomplie. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que Simon avait retiré la carte-mémoire. Plus tard, en portant un exemplaire du journal Le Clairon dans lequel est publiée l’interview, sur la photo de l’écrivain, au fond, on aperçoit le voleur qui regarde l’objectif. Il a certainement remarqué qu’il a été pris et c’est pour cela qu’il a voulu mettre la main sur l’appareil.

© Nicoby, Jousselin, Croix – Dupuis Max Beaumont héberge Rose, sa jeune voisine. Il a longtemps été son baby-sitter. Sa mère ayant un travail très prenant et ne voulant pas que sa fille reste seule, une chambre pour elle a été aménagée chez Max. Avec son drone, elle a l’œil sur tout. Le trio décide d’aller chez Simon pour voir si sur son ordinateur il n’aurait pas d’autres photos du bandit. C’est là qu’ils surprennent un cambrioleur en flagrant délit. Celui-ci s’échappe avec le fruit de son larcin dans une étonnante tornade à l’intérieur même de l’appartement du journaliste. Il pleut dans son salon ! Quel imbroglio météo !

© Nicoby, Jousselin, Croix – Dupuis Le retour du Masque Rouge, Le réveil du Volcamata, Le signe Vaudou, Opération Jaguar, Piège pour un kidnapping, … Voici quelques-uns des livres-enquêtes à succès du célèbre Max Beaumont, véritable émule d’Henri Vernes. Avec lui et ses nouvelles aventures, Nicoby et Pascal Jousselin rendent hommage à la bande dessinée d’aventure tous publics des années 60-70-80 qui a fait et qui fait encore l’ADN du journal Spirou. A l’instar de Gil Jourdan-Libellule-Crouton, ces faussement nouvelles aventures mettent en scène un trio : Simon, le jeune journaliste fan inconditionnel, Max, le vieux briscard toujours vert, au look Amicalement vôtre, et Rose, la lycéenne à la pointe de la technologie. Pour s’ancrer dans la temporalité, Nicoby a utilisé une plume Atome, pas simple à dompter mais outil de nombreux dessinateurs de l’âge d’or. Il y a quelques années, l’histoire aurait été dessinée par Will et Tif et Tondu auraient mené l’enquête.

© Nicoby, Jousselin, Croix – Dupuis Sans nostalgie mais avec hommage, Les nouvelles aventures de Max Beaumont sont inscrites dans l’air du temps, celui des problèmes météorologiques. Il ne faut plus appeler ce genre de séries de la bande dessinée à Papa, mais de la bande dessinée à fistons. Intergénérationnel.
Série : Les nouvelles aventures de Max Beaumont
Tome : 1 – Imbroglio Météo
Genre : Polar humoristique
Scénario : Pascal Jousselin
Dessins : Nicoby
Couleurs : Laurence Croix
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808514323
Nombre de pages : 56
Prix : 12,95 €
- Le réseau Papillon 11 – Fragiles libertéspar Laurent Lafourcade
Une bataille de gagnée mais pas encore la guerre
« -Toi non plus, tu n’arrives pas à dormir ? Toujours le même cauchemar ?
-Oui…
-A la guerre, il y a deux façons de s’en sortir… Boire ou faire une trêve.
-Je ne bois pas.
-Alors ce sera la trêve. Je vais en parler au Général.
-Mais… La guerre ? Je veux combattre.
-Il faut parfois se reposer pour être plus combatif. Et ce n’est pas de la lâcheté. »
Novembre 1944, les combats se poursuivent sur le front de l’Est alors que les américains ont débarqué depuis bientôt six mois. Arnaud vient encore de faire un cauchemar. Il tient le coup en pensant à sa fiancée Elise, logée à Paris pour ses études dans une famille qui espère encore que les allemands ne soient pas vaincus. La cohabitation n’est pas facile. Au village, Gaston et François sont regardés de travers parce qu’ils soutiennent Anne et Karl. Blessé, Gaston pense à Elise. Il trouve qu’elle l’oublie depuis qu’elle est partie à la capitale. En Angleterre, Edmond poursuit son entraînement de pilote. Il semble maintenant fin prêt et se trouve affecté à l’unité N°8 Pathfinder. Une première mission s’annonce pour lui. Pendant ce temps, Churchill et De Gaulle affinent leur stratégie de victoire.

© Otéro, Dumanche, Schmitt – Jungle Le 11 Novembre est la date de commémoration de l’armistice de 1918. A Paris, la flamme du souvenir brûle hors la présence de l’ennemi, mais la guerre n’est pas finie. Arnaud vient de retrouver Elise. Ils vont à la place de la Concorde voir le défilé auquel participent les troupes coloniales françaises. Ils passent toute la soirée ensemble. Demain, il repart à la guerre. De retour chez elle, Elise découvre une lettre de Gaston qui se languit d’elle. Elle est Catherine entre Jules et Jim. Au village, entre adjoint collabo et femme tondue, le retour à la vie ne se fait pas dans la sérénité.

© Otéro, Dumanche, Schmitt – Jungle « Tous les allemands ne sont pas pour Hitler et sa folie. » C’est l’une des leçons que l’on retient de ce onzième tome du Réseau Papillon. Les enfants ont bien grandi depuis le début de la guerre. Ce sont à présent de jeunes adultes, comme le tout jeune Pierre Georges, alias le Colonel Fabien, célèbre résistant communiste, qui trouve la mort à seulement 25 ans dans les combats pour la libération de l’Alsace, en manipulant une mine. Sur le même front, c’est ici Arnaud qui évacue son corps sur un brancard. Pendant que Hitler revient à Berlin pour sa dernière demeure, Edmond atteint la Pologne. Il ne s’attend certainement pas à ce qu’il va voir. Nicolas Otéro et Franck Dumanche, avec son co-scénariste Michel-Yves Schmitt, ont éparpillé le Réseau Papillon afin que chacun soit le témoin de faits historiques ou quotidiens d’une époque sombre dont les premières éclaircies commencent à poindre.

© Otéro, Dumanche, Schmitt – Jungle Alors que le chevalier du gai demandait dans la chanson aux Compagnons de la Marjolaine s’il y avait une fille à marier, les membres du réseau Papillon ont pour certains trouvé la leur, mais elle, a-t-elle fait son choix ? Malgré tout, pour eux et les autres, il faut poursuivre le combat.
Série : Le réseau Papillon
Tome : 11 – Fragiles libertés
Genre : Aventure historique
Dessins : Nicolas Otéro
Scénario : Franck Dumanche & Michel-Yves Schmitt
Couleurs : 1ver2anes
Éditeur : Jungle
ISBN : 9782822248150
Nombre de pages : 56
Prix : 12,95 €
- XIII 30 – So help me God !par Laurent Lafourcade
Doubles jeux
« -Maintenant que nous avons ce Tadine, peaufinons notre plan, Jason. Le peuple est au bord de la révolte à cause de ces piètres communicants.
-Cette rhétorique provocatrice est aussi une façon pour notre président de s’imposer auprès de la population comme l’homme fort du président… et de l’avenir. Il cherche à tenir à l’écart quiconque pourrait lui faire de l’ombre.
-Je suis bien de cet avis. Il me défie et il est temps que ça s’arrête. Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre les élections de novembre pour reprendre la main. »
Dans l’avion qui le ramène de Guantanamo avec Tadine, nouvelle recrue spécialisée en piratage informatique, Jason Mac Lane manque de se faire jeter par-dessus bord par la Capitaine Spark qu’il parvient lui-même à éjecter par la porte de la carlingue. Survolant la mer et bien équipée, la tueuse s’en sort bien. Peu après, l’appareil atterrit à Andrews, dans le Maryland, où XIII retrouve son épouse Janet Fitzsimmons. Pas dupe, il annonce à Sheperd, le secrétaire d’Etat à la défense, que sa sbire est descendue plus vite que prévu. Alors que tirant, ou croyant tirer les ficelles, Janet compte installer Jason à la communication de la Maison-Blanche en tant que vice-président, le chef d’Etat, le président Allerton, et son secrétaire d’Etat ont bien l’intention de l’en empêcher. Pour eux, l’élimination de Mac Lane est la priorité.

© Sente, Jigounov, Tatti – Dargaud Ce que Janet ignore, c’est que XIII n’est plus sous l’influence de la puce qui lui a été implantée dans le cerveau. Lui, fait tout pour le lui cacher. Avec l’aide de Tadine, son but est de permettre une triche par votes électroniques, puis de dénoncer le scandale. Au même moment, Spark regagne le continent et contacte le Général Carrington. « Elle est vraiment bien, cette petite Jo Spark. Ça ne m’étonne pas que Jason lui fasse confiance. » Il se pourrait que Jason ait tout compris et soit « de retour du côté des gentils ».

© Sente, Jigounov, Tatti – Dargaud Il ne faut pas se mentir, même si la série XIII n’est plus ce qu’elle était, il faut avouer que, quand on les lit avec concentration, les scenarii d’Yves Sente sont tracés au cordeau. C’est tiré par les cheveux, c’est vrai, mais après tout Tom Cruise saute bien d’un avion à l’autre à plus de 60 ans et on est admiratif. Les nouvelles aventures de Jason MacLane sont de la politique-fiction tellement improbable qu’on ne serait pas étonné que ça se passe comme ça dans la vraie vie, avec tout ce que l’on nous cache. Après le diptyque précédent qui montrait un XIII dans un rôle de pantin fadasse, on retrouve la malignité et la force du personnage, à l’instar du dessinateur Iouri Jigounov qui lui aussi profite de ce regain de vitalité, sous les couleurs fidèles qu’il co-réalise avec Bruno Tatti.

© Sente, Jigounov, Tatti – Dargaud Dans la vie, un marionnettiste reste toujours le maître de son pantin. Dans XIII, ça ne se passe jamais aussi facilement. Entre doubles jeux et manipulateurs, même Dieu aurait du mal à aider quiconque. So help me, XIII !
Série : XIII
Tome : 30 – So help me god !
Genre : Thriller
Scénario : Yves Sente
Dessins : Iouri Jigounov
Couleurs : Bruno Tatti & Iouri Jigounov
Éditeur : Dargaud
ISBN : 9782505140450
Nombre de pages : 48
Prix : 13,50 €
- Office & Humans 2 – « Start-up extension”par Laurent Lafourcade
Rôles de jeu
« -Salut, les amis ! Entrez !
-J’ai trop hâte de tester enfin les règles « Compagnon » ! Est-ce qu’on peut d’abord montrer à Zurg ta photocopieuse ?
-Carrément. Mais on traîne pas, hein… »
Pas question de perdre du temps. Le jeu de rôles va bientôt commencer. L’aventure du jour se déroule dans une entreprise de nettoyage. Les personnages vont être tirés au sort. Il y a un directeur qui vient d’arriver, un agent d’entretien expérimenté et un agent débutant niveau 1. Les joueurs lancent chacun un dé à dix faces. Plus le résultat sera haut, meilleure sera la fonction du gameur. Ensuite, on relance les dés pour définir leur intelligence et leur compétence. Communication, délégation, programmation, networking, investissement ? Que va choisir chacun des concurrents. Mais, dites, un jeu de rôles qui se déroule dans une entreprise, ce n’est pas très dépaysant… Pour nous, humains, non, mais quand les joueurs sont des dragons, ça peut l’faire !

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© MismaDans Office & Humans, le concept est inversé. Les dragons lancent les dés et choisissent en fonction la destinée des personnages qu’ils incarnent. On commence par une réunion dans la salle de pause. Le boss envoie Anna, une employée, nettoyer le magasin de fournitures de bureau, mais il va falloir évaluer la situation économique de la boîte. Henry est missionné sur d’autres lieux. Le patron lui-même va mettre la main à la pâte avant de passer à la banque. Au fil des indications du maître de jeu, un dragon rouge à deux têtes, les trois dragons joueurs tentent de diriger leurs personnages dans la bonne direction et de leur faire prendre les bonnes décisions, en fonction du hasard des lancers de dés, bien sûr.

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© MismaAprès l’entreprise de nettoyage, une deuxième histoire met en scène « Le combat des commerciaux ». Cette fois-ci, pas de maître de jeu. Dans la caverne du chaos, on joue avec des cartes. On choisit des decks et la partie peut commencer. On les mélange et sept cartes sont distribuées à chacun. Les dragons incarnent des commerciaux voisins qui essaient de faire gagner un max à leurs boîtes respectives et encaisser des commissions. Attention à la carte « Café renversé sur ordinateur » ! Peut-être que la carte « Collégien en stage » sera d’un grand secours pour aider à la campagne publicitaire.

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© MismaSi Anouk Ricard était finlandaise, elle s’appelerait Roope Eronen. L’idée d’inverser le concept du jeu de rôles entre humains et dragons est un coup de génie. Ce deuxième volume de Office & Humans est l’un des albums les plus drôles (et les plus rôles) de l’année. Un regard sur le monde de l’entreprise comme on n’en avait jamais vu.
Série : Office & Humans
Tome : 2 -« Start-up extension”
Genre : Humour
Scénario, Dessins & Couleurs : Roope Eronen
Éditeur : Misma
ISBN : 9782494740235
Nombre de pages : 180
Prix : 18 €
- Idéfix et les irréductibles 9 – Goudurix fait le murpar Laurent Lafourcade
Illustrations, poissons et restauration
« -Mon gé… gé… général !!! C’est a… affreux !!!
-Quoi encore !?
-Euh…. En fait… Ce serait bien que… Hum…
-Vous veniez voir par vous-même ! »
A Lutèce, la nuit, un mystérieux caricaturiste parsème les murs de la ville de dessins raillant le général Labienus et son chat Monnalisa, inversant les rôles entre les deux, faisant de l’un l’animal de compagnie de l’autre. Sous un masque à la V pour Vendetta, l’auteur des illustrations fait hurler de rire la populace, mais pas du tout le gradé romain qui demande illico presto l’arrestation du perturbateur. Celui-ci n’est autre que le jeune Goudurix, qui rencontrera plus tard les deux gaulois les plus célèbres du monde dans Astérix et les Normands. Sous la pression de Labienus et les huées des lutéciens, Goudurix est condamné à réaliser une fresque à la gloire du général. Mais une astuce des irréductibles risque de changer la donne.

© Fenech, Airault, Viaud, Coulon, Clerc, Serrano – Albert René
Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2026 Les éditions Albert René/Goscinny-UderzoUn Arquebus, ça va… Plus, bonjour les dégâts. Dans la deuxième histoire, Ordralfabétix se fait arnaquer par un margoulin qui lui revend une cargaison de poissons qui était destinée à Monnalisa. Déçue de ne pouvoir profiter de la poiscaille et outrée de ce qui était arrivé au poissonnier, mis sous les verrous par des centurions romains, Baratine alerte les irréductibles. Ordralfabétix est condamné à affronter le meilleur gladiateur dans les arènes. S’il est innocent, les dieux le laisseront gagner. Pas si simple que ça. Tout le monde va y voir double dans cette histoire, à cause ou grâce à une nouvelle potion du hibou Voldenuix.

© Fenech, Airault, Viaud, Coulon, Clerc, Serrano – Albert René
Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2026 Les éditions Albert René/Goscinny-UderzoLa Pomdofine de la discorde est le troisième et dernier récit de ce volume entièrement dessiné par un impeccable Philippe Fenech. La potée Arverne à la saucisse de Tolosa débarque à Lutèce grâce à la carriole-food (ancêtre du truck-food) de Pomdofine. Les lutéciens se régalent, les centurions aussi. C’est meilleur que la ration du légionnaire. Pomdofine, la cuisinière, se vante de la qualité de ses matières premières par rapport aux produits avariés des romains, de quoi énerver Labienus. Ce dernier tente de lui mettre des bâtons dans les roues, sous l’œil complice du préfet Pleindastus qui a l’idée de mettre en place un chariot romain pour montrer leur supériorité. Y a-t-il de la place pour plusieurs chariots-cantines à Lutèce ?

© Fenech, Airault, Viaud, Coulon, Clerc, Serrano – Albert René
Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2026 Les éditions Albert René/Goscinny-UderzoAvec neuf albums et 1,5 millions d’exemplaires dans le monde en 23 langues, dont presque le tiers en français, Idéfix et les Irréductibles trottine bien gaillardement derrière Astérix
Série : Idéfix et les irréductibles
Tome : 9 – Goudurix fait le mur
Genre : Aventures humoristiques
Scénario : Suaëna Airault, Sébastien Viaud, Yves Coulon, Philippe Clerc & Olivier Serrano
Dessins : Philippe Fenech
D’après : René Goscinny & Albert Uderzo
Éditeur : Albert René
ISBN : 9782864977537
Nombre de pages : 72
Prix : 8,99 €
- Kujô l’implacable 13par Laurent Lafourcade
Sombres arrangements
« -Que me voulez-vous, Maître Sôraku ? C’est Maître Kujô qui assure ma défense. Puis-je vous demander de partir ?
-C’est dans votre intérêt de m’écouter, Monsieur Ikeo. Vous n’êtes pas au courant de la mauvaise réputation de Maître Kujô, n’est-ce pas ? C’est un avocat véreux entièrement à la solde des criminels. »
Selon la psychologie morale, l’homme possède trois niveaux de moralité. Le premier consiste à définir sa conduite morale de sorte à éviter les risques de sanction, le deuxième à respecter les lois et les conventions, le troisième à prendre ses propres décisions en se basant sur sa propre conscience. C’est vers ce dernier niveau que l’homme devrait tendre, mais il ne le fait pas car la plupart d’entre eux se laisse influencer par ceux qui gueulent le plus fort. Le fait de respecter les lois n’avance à rien parce que les règles sont faites pour avantager ceux qui les font. C’est ce qui est mis en évidence dans ce manga, dur, âpre, malheureusement réaliste. Il faut des gens comme Kujô pour mettre des grains de sable dans cet engrenage dirigé par l’argent.

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© KANA 2026Concernant l’affaire de l’hôpital général, Ikeo, le secrétaire général, se voit proposer une grosse somme pour porter le chapeau du scandale financier, celui des fraudes aux subventions lors de la crise Covid. En détention provisoire, l’homme refuse le chantage et préfère que son dossier reste entre les mains du cabinet de Kujô. Pour ce dernier, le seul moyen de rebâtir les valeurs de l’entreprise sur de bonnes fondations est d’écarter complètement le directeur actuel de l’hôpital de Shirasu, lui aussi en détention. Pendant qu’en coulisses, c’est une bataille d’avocats qui se met en place, en surface, à l’hôpital, il faut redonner confiance aux malades et aux investisseurs. Un super-docteur pourrait-il redorer le blason de l’institution ?

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© KANA 2026Une fois réglé le prix de la vie, c’est une autre affaire qui va occuper le cabinet Kujô. Yakushimae est une jeune femme qui aide les anciens criminels à se réinsérer dans la société, en les aidant à trouver un logement ou un travail. Elle leur file un coup de main pour remplir les demandes d’aide. On lui reproche parfois cette aide apportée aux criminels. Le jour où elle va être victime d’attouchements sexuels lors d’un massage qui aurait dû être anodin et qu’il va falloir se poser la question s’il faut porter plainte ou pas, tous ses principes vont voler en éclats. Perturbée, déterminée malgré le paradoxe par rapport à sa mission d’aide aux repris de justice, il va lui falloir toute l’aide de la psychologie Kujô pour arriver à prendre la bonne décision adéquate.

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© KANA 2026S’habitue-t-on aux affaires traitées par le cabinet Kujô ? Peut-être prend-on tout simplement conscience de la violence du monde dans lequel on vit. Reflet de la société et réflexion sur la justice, le manga de Shôhei Manabe est encore plus puissant que ce que l’on pourrait croire.
Série : Kujô l’implacable
Tome : 13
Genre : Thriller/Polar
Scénario & Dessins : Shôhei Manabe
Éditeur : Kana
Collection : Big Kana
ISBN : 9782505142171
Nombre de pages : 192
Prix : 8,10 €
- Suzie et Morue 1 – Des vacances archidémoniaquespar Laurent Lafourcade
Chihuahua Holidays
« -Bonnes vacances, les enfants ! N’oubliez pas de réviser votre vocabulaire pour les dictées de la rentrée.
-Tu veux venir jouer aux jeux vidéo à la maison ?
-J’aurais adoré mais on part toute la semaine au bord du lac avec ma mère… »
C’est l’heure des vacances à l’école Chihuahua. Suzie, la petite fille cyclope, n’a pas l’air ravie de partir au bord du lac avec sa mère Clarissa. A chaque fois, c’est pareil, elle organise des balades à la voile, des pique-niques et des parties de cache-cache. Sauf que cette fois-ci, ça ne va pas être pareil puisque le nouvel amoureux de maman et sa fille vont venir avec elles. La gamine s’appelle Morue. Elle est tout ce qu’il y a de plus humaine… presque… En fait, c’est une sirène mais elle ne sait pas se transformer en sirène. Léon, son père, lui, est un Sphinx. Il a toujours des énigmes. Tous les quatre vont donc passer quelques jours dans le calme et la sérénité, loin du monde et de l’agitation, dans la plus pure sérénité bucolique. T’as qu’à croire !

© Obion, Trondheim – Bayard Jeunesse Pendant que les adultes amoureux partent faire un tour du lac, dans les airs (et oui, quand on est Sphinx, on a des ailes), les enfants découvrent la nature. Elles remontent du fond du lac une luxrave aquatique. Les luxraves sont des spécialistes du langage. Mais elles peuvent parfois porter sur les nerfs, dans ce cas-là… Bref. Morue est férue de magie noire. Elle a trouvé un livre dans une grotte. Il explique comment faire parler des carcasses de poulet, faire tomber des gens malades, et surtout invoquer des démons. On peut choisir celui que l’on veut et lui demander les sorts de sa spécialité. Ça va être l’occasion d’occuper les journées pendant que le papa de l’une et la maman de l’autre roucoulent.

© Obion, Trondheim – Bayard Jeunesse Spin off de L’école Chihuahua, Suzie et Morue est un album de gags à quatre mains, en forme de cadavre exquis comme la série-mère. Si les quatre tomes de L’école Chihuahua réunissaient quatre auteurs (Trondheim, Obion, Nob et Jousselin), les deux premiers sont les seuls rescapés de l’aventure. Obion et Trondheim se passent la main pour faire avancer l’aventure. C’est frais et mignon, extrêmement poétique, et témoigne du savoir-faire d’auteurs confirmés. Les graphismes de l’un et de l’autre sont assortis, comme s’ils étaient naturellement faits pour se répondre. Chaque gag est un strip au format carré. Comme dans une construction, c’est l’imbriquement de l’ensemble qui fait la solidité du produit fini.

© Obion, Trondheim – Bayard Jeunesse Dans l’air du temps, la famille recomposée de Suzie et Morue va parler à plus d’un enfant et à plus d’un parent. Après L’école Chihuahua et Patty télépathe, seul ou avec des camarades de jeu, Lewis Trondheim se positionne en valeur sûre de la collection BD Kids.
Série : Suzie et Morue
Tome : 1 – Des vacances archidémoniaques
Genre : Humour
Scénario, Dessins & Couleurs : Obion & Lewis Trondheim
Éditeur : Bayard Jeunesse
Collection : BD Kids
ISBN : 9791036390937
Nombre de pages : 72
Prix : 10,50 €
- Cohen contre l’intelligencepar Laurent Lafourcade
Lutter contre l’IA
« -C’est quoi, cette merde ?
-Maman, c’est l’industrie française. Ça s’appelle l’intelligence. Tu peux lui parler. »
Auteur maudit ne parvenant pas à signer de succès, Pierre Cohen a deux préoccupations auxquelles il tente de survivre dans la vie : sa mère, centenaire dépressive en excellente santé, et l’intelligence artificielle. En fait, pour l’instant, l’intelligence artificielle, il s’en fout un peu. Il sait à peine utiliser un ordinateur et un smartphone, mais le jour où Bella Lugosa, ministre déléguée à l’industrie, va l’appeler, il va se retrouver au cœur du sujet. L’écrivain se serait plutôt attendu à un coup de fil du ministre de la culture, mais non. Quelques jours plus tard, entourée d’experts, l’aguichante femme d’Etat présente à Pierre Cohen un robot dotée d’intelligence artificielle. Elle lui demande de le trimballer dans tous les cercles intellectuels qu’il fréquente pour le cultiver, et prendre ainsi une longueur d’avance dans la technologie par rapport aux américains et aux chinois. Ah, oui ! Il devra aussi l’amener chez sa mère. Cohen accepte la mission.

© Sfar, Rabarot – Seuil Pendant que le philosophe et la ministre font l’amour, l’intelligence a bien des déboires avec la centenaire. Les ingénieurs travaillant sur la technologie vont devoir remettre leurs travaux en question. Bella Lugosa exige de Pierre Cohen qu’il retrouve une intelligence artificielle pour la France. Après avoir récupéré son chien chez la femme de sa vie (l’homme semble adepte de l’amour libre), il retrouve ses amis dans un café. Il y a le peintre Seabearstein, professeur aux Beaux-Arts, et le dessinateur Joann Sfar. Plus loin, à une table, le peu recommandable Jacques Merenda, alias Le Niçois, lit le journal devant un verre en fumant un cigare. A l’évocation de l’intelligence artificielle, le débat est lancé. Sfar annonce la couleur : pour l’auteur de BD, c’est de la merde, et il faut la craindre. En tant que prof, Seaberstein vit un enfer. S’immisçant dans la conversation, le politicien véreux de Nice y voit la fin de la démocratie.

© Sfar, Rabarot – Seuil Avec Cohen contre l’intelligence ou comment survivre à l’IA ?, Joann Sfar met en garde contre une pandémie technologique qui semble inéluctable. Judéité, famille et téléréalité sont également au rendez-vous. Le nom de la ministre, Bella Lugosa, n’est pas anodin. Il fait écho à Béla Lugosi, acteur célèbre pour avoir incarné le Comte Dracula dans le film de Tod Browning en 1931. La politicienne, lancée dans la course mondiale à l’IA, est comparée à ce suceur de sang qui aspire le contenu de ses victimes. A l’heure où les ordinateurs écrivent ou dessinent à la manière de, à l’heure où Spotify propose plus de contenu composé avec de l’IA que de compositions humaines, Sfar tente d’alerter et de désamorcer une bombe prête à nous exploser à la figure. Ecrivains, musiciens, les artistes doivent à présent le justifier quand ils n’utilisent pas l’IA dans leurs créations. Et on n’en est qu’aux balbutiements. En se mettant en abime dans cet album, Sfar montre son inquiétude, notamment en tant qu’auteur de BD. Nous, consommateurs, sommes le dernier rempart pour la subsistance de l’Art « fait main ». C’est en cela que nous devons être vigilants.

© Sfar, Rabarot – Seuil Lutter contre l’intelligence artificielle dans un livre fait à la main est la meilleure démonstration qui pouvait être faite. Philosophe des temps modernes, Sfar met en garde avec son humour et sa verve graphique. Si après ça, vous ne vous en méfiez pas…
Titre : Cohen contre l’intelligence ou comment survire à l’IA ?
Genre : Réflexion philosophique
Scénario & Dessins : Joann Sfar
Couleurs : Isabelle Rabarot
Éditeur : Seuil
ISBN : 9782021560190
Nombre de pages : 184
Prix : 26 €
- Henri-Désiré Landrupar Laurent Lafourcade
Noir et blanc pour Barbe-Bleue
« -Messieurs les jurés !! Permettez-moi, en quelques mots, de dresser son portrait… Cynique comédien et menteur professionnel ! Ce triste individu a été condamné à sept reprises entre 1900 et 1912 pour escroquerie, puis en 1914 condamné de nouveau à quatre ans de prison, toujours pour escroquerie… Prison qu’il ne fera pas, car bien entendu ce fourbe avait pris la fuite !! C’est le 12 avril, et grâce à la perspicacité de l’Inspecteur Riboulet et du brigadier Belin que la justice s’empare à nouveau de ce monstre !… Landru !! »
Novembre 1921. Le tribunal est plein à craquer pour assister au procès du siècle, celui d’un homme accusé d’avoir assassiné onze dames et siphonné leur fortune, celui d’Henri Désiré Landru. Après deux ans et demi d’instruction, les preuves sont accablantes. On a retrouvé dans la cuisinière de sa villa de Gambais des objets calcinés provenant de vêtements féminins, puis dans son jardin des débris de restes humains parmi des cendres. Preuve supplémentaire, dans un carnet, l’accusé notait les noms et lieux de rendez-vous de ses futures victimes et inventoriait scrupuleusement ses dépenses, comme l’achat de scies qui lui serviront à découper les corps. Enfin, lorsqu’il se rendait dans sa maison de campagne avec chacune de ses conquêtes, il achetait systématiquement deux billets aller et un billet retour. « Il leur a promis les flammes de l’amour, les malheureuses, elles n’auront eu droit qu’à celles de son fourneau !! »

© Chabouté – Vents d’Ouest 1915, c’était la guerre des tranchées. Fuyant l’horreur indicible, indescriptible, un soldat s’échappe. Le déserteur doit rester caché. Son projet est de fuir en Amérique avec son épouse Hélène restée à Paris. Pour cela, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Il lui demande d’en trouver par n’importe quel moyen. C’est ainsi qu’ils vont prendre au piège un séducteur patenté, un volage homme marié, père d’une famille de quatre enfants. Repérant le manège de double vie de l’escroc, Hélène se laisse séduire et invitée à Gambais. Landru devient la victime du déserteur et de sa femme qui vont le faire chanter. Sa mission : inviter des femmes dans la villa de campagne et leur faire croire qu’elles ont commis un meurtre qui les oblige à quitter le pays avec leur fortune.

© Chabouté – Vents d’Ouest Chabouté propose une toute nouvelle version de l’histoire de Landru dans un « What if ? » d’une malignité incroyable. Et si Landru était une victime ? Et s’il n’était qu’un séducteur volage, un simple mari trompeur et pas un assassin ? Et s’il ignorait ce qu’il advenait des femmes qu’il invitait, ici de force ? Chabouté transforme la trajectoire d’un assassin en une conséquence directe de la tragédie de 14-18. Dans des planches explosives, l’auteur nous entraîne au cœur des tranchées. On n’avait pas été autant en immersion depuis les albums de Tardi. Là où l’auteur de Varlot soldat travaillait en niveaux de gris, Chabouté dessine de grands aplats noirs qu’il maîtrise de façon impressionnante.

© Chabouté – Vents d’Ouest On croyait connaître par cœur la « carrière » de Henri-Désiré Landru. Chabouté rebat les cartes dans un album inattendu remis en valeur dans la collection BD poches de l’éditeur.
One shot : Henri-Désiré Landru
Genre : Biopic
Scénario & Dessins : Chabouté
Éditeur : Vents d’Ouest
Collection : BD poches
ISBN : 9782749310589
Nombre de pages : 144
Prix : 10 €
- Darwin’s incident 10par Laurent Lafourcade
Cauchemars
« -Omelas… Pour toi, le monde entier est ton ennemi. Mais je sais que tu peux coopérer même avec tes ennemis si vous avez un objectif commun… C’était le cas avec l’Ala, n’est-ce pas ? N’aimerais-tu pas discuter avec Grossman ? »
Réveillé de son coma après avoir été retrouvé mourant dans la montagne, Omelas est un brin énervé. Seule une discussion avec le professeur Grossman pourrait le calmer. La conscience de ce dernier a été téléchargée dans un stockage de données sur ADN qui est conservé dans son propre cerveau, ultra protégé. Il est cependant possible d’accéder à sa conscience par une « porte de derrière » pour les cas d’urgence grâce à une clef d’authentification biométrique. Pour pouvoir le faire, les deux frères humanzees doivent apparaître simultanément devant les yeux du professeur.

© 2026 Shun Umezawa/Kodansha Ltd.
© KANA 2026De son côté, Lucy, qui, on le rappelle, est enceinte, a fait un rêve très étrange dans lequel elle a vu le professeur Grossman, plus jeune, dans un endroit qui ressemblait à un labyrinthe. Elle a l’étrange sensation que ce songe ne semblait pas être le fruit de son imagination. Lucy voudrait revoir Omelas qui, pense-t-elle à raison, veut que Grossman assume la responsabilité de l’avoir créé. Actuellement caché, le scientifique est sous la protection du FBI. Charlie préférerait que Lucy ne se mette pas en danger. C’est lui qui partira avec Phil à la recherche de son frère.

© 2026 Shun Umezawa/Kodansha Ltd.
© KANA 2026Avec ce dixième tome, la série de Shun Umezawa franchit deux tournants. L’un est philosophique. Charlie est en pleine introspection. Il ne comprend pas pourquoi il ne ressent ni tristesse, ni colère comme les êtres humains. Ses gênes ne sont-ils pas conçus pour ça ? Il craint que cette incapacité à ressentir des émotions fortes ne l’éloigne de Lucy. Le second tournant est fantastique au travers des rêves de Lucy. Quelle est donc cette chose sombre et floue qui rôde dans ses songes ? A part ça, la spirale de la violence poursuit son chemin avec l’ALA et avec l’apparition d’un nouveau personnage, le vieux Don Marquez « Silencio » et sa petite moustache à la Stan Lee dont la principale source de revenus vient de la drogue et des armes.

© 2026 Shun Umezawa/Kodansha Ltd.
© KANA 2026Avec son excellente adaptation en anime, Darwin’s incident semble boostée. Le manga est l’une des toutes meilleures séries de la décennie.
Série : Darwin’s incident
Tome : 10
Genre : Anticipation
Scénario & Dessins : Shun Umezawa
Éditeur : Kana
Collection : Big Kana
ISBN : 978505144229
Nombre de pages : 160
Prix : 7,90 €
- The Marshal King 1par Laurent Lafourcade
La generation des desperados
« -Tiens ? Marshal, regardez ! Il y a quelque chose dans le désert… On dirait que ça vient par ici.
-Mmh ? C’est quoi, ça ? Un homme ? Pourquoi il se trimballe avec un cercueil géant ?! »
Cette génération-ci était celle des desperados. Le grand M. Godspeed est le hors-la-loi qui règne sur ce désert depuis des siècles et des siècles. Ou plutôt : régnait. Car voilà, la légende aux « bras d’or », qui a amassé une fortune colossale, est mort. Son fils Jim traîne un cercueil géant avec la dépouille de son père qu’il vient de flinguer. Gare à qui voudrait se l’approprier, et avec elle les dix millions de dollars promis. Personne dans l’Ouest n’est de taille contre Jim Godspeed. Ce dernier vient s’inscrire à l’académie de formation des Marshals fédéraux de l’Ouest, un établissement d’élite fréquenté par les enfants de Marshals et d’officiers des rangers. Avec le passif de son père, les autres élèves risquent de lui faire la peau. Sauf qu’il existe un passe-droit spécial : liquider un bandit et en apporter la preuve. C’est justement ce que vient de faire le candidat en ramenant le cadavre de son père.

The Marshal King © 2025 by Boichi
© 2026 Bamboo éditionLa prime, Jim s’en fout. Ce qu’il veut, c’est intégrer la formation pour régler leurs comptes aux bandits. Il est temps pour lui d’entamer sa nouvelle vie d’étudiant. Ça ne va pas être facile de se faire sa place. Heureusement, il pourra compter sur Agera Dutch Schaefer, chargée de son accueil, et sur Mira Abigail Black, nouvelle arrivée elle aussi, fille de Century Black, le légendaire Marshal en chef. Jim et Mira ont un point commun : ils ne répondent plus de rien lorsqu’ils dégainent. Quoi de mieux que de se tester en duel pour faire connaissance ? Si la belle semble très sûre d’elle, Jim va lui mettre les points sur les « i », ou plutôt tracer sa balle à la culotte. Incroyable ! Maintenant que chacun sait à qui il a à faire, les cours peuvent commencer.

The Marshal King © 2025 by Boichi
© 2026 Bamboo éditionOn en a lu des westerns qui punchaient dès le départ, mais il faut dire que celui-ci est bien au-dessus du panier. The Marshal King est un western steampunk à l’action complètement démesurée. Ça commence par une attaque de train en bonne et due forme dont on ne voit pourtant pas l’aboutissement. Des armes et des machines plus époustouflantes les unes que les autres montrant l’ingéniosité de l’auteur, Boichi, venu de Corée du Sud, bien connu chez Doki-Doki puisqu’il y a commencé sa carrière européenne avec Sun-Ken Rock. Son plus grand succès à ce jour est Dr.Stone avec vingt millions d’exemplaires vendus. Boichi a pensé The Marshal King comme un projet conçu d’emblée pour la scène mondiale. C’est ainsi qu’est sortie du coffre aux trésors de son cœur ce western spaghetti.

The Marshal King © 2025 by Boichi
© 2026 Bamboo éditionBoichi intègre une mythologie steampunk dans un univers western. L’œuvre est cinématographique. Vous vouliez du grand, du très grand spectacle dans un manga ? Voici The Marshal King.
Série : The Marshal King
Tome : 1
Genre : Western steampunk
Scénario & Dessins : Boichi
Éditeur : Bamboo
Collection : Doki Doki
ISBN : 9791041120611
Nombre de pages : 192
Prix : 7,95 €
- Oneira L’ère des souverains 2 – Le spectre d’antanpar Laurent Lafourcade
Apprentissage et cauchemars
« -Membres du Salice, si j’ai exigé votre présence aujourd’hui, c’est parce que nos alliés du royaume de Martel courent un grave danger. De terribles attaques ont eu lieu à nos frontières avec Martel, et j’estime qu’il est de notre devoir de venir en aide à nos voisins, qui se trouvent actuellement dans l’impasse. »
A Alba, le roi Carol, du royaume voisin de Martel, vient demander de l’aide au conseil du Salice dirigé par Octavian. Depuis plusieurs semaines, les districts Nord du pays ont subi diverses attaques d’une créature immense qui disparaît mystérieusement après avoir tout dévasté. Le pays aurait pu régler l’affaire sans demander de l’aide, mais voilà, le monstre a enlevé la bien-aimée fille du roi. Malgré le fait qu’Huvi reproche au roi de ne pas être intervenu pour sauver les populations du Nord, le conseil accepte de l’aider, avec un certain opportunisme de la part d’Octavian. Arane, qui mène une enquête à Maindemortis, pas loin de Menor, pourrait faire d’une pierre deux coups en se joignant à Nikolas pour retrouver la piste de Saladin et des jumelles.

© 2026 Federica Di Meo (Arancia Studio) – Cab – KANA Le Comte Varen Jonas, pendant qu’il profitait de l’hospitalité du Salice, a dupé tout le monde en reformant pendant ce temps une armée de cauchemars à Bar Tolmay. Un cauchemar serait-il assez intelligent et puissant pour avoir constitué une horde ? Sans aucun doute, mais il va falloir le vérifier. Pendant que certains vont aller au front, Venus se rend à Lydie parfaire son apprentissage sous la bienveillante protection d’Ovide. Ça va aussi être l’occasion pour elle de découvrir Fhadline et l’histoire de sa lignée. Au même moment, au cœur du bois d’Elden, une bête sort de sa léthargie.

© 2026 Federica Di Meo (Arancia Studio) – Cab – KANA Cab et Federica Di Meo tiennent toutes leurs promesses pour ce deuxième tome du deuxième cycle d’Oneira. En fin de volume, un long entretien avec les auteurs nous en apprend plus sur eux. Si Fede ne se sent pas l’étoffe d’une épeire dans ce monde, Cab se verrait bien conteur, remarquant que c’est ce qu’il fait déjà. Comme scénario, Cab fournit à sa dessinatrice comme un script de film, avec des dialogues très détaillés et des suggestions de plans, qu’elle peut modifier si elle trouve quelque chose qui fonctionne mieux pour optimiser la narration. Les auteurs y reviennent sur la place des femmes dans leur manga et dans le genre.

© 2026 Federica Di Meo (Arancia Studio) – Cab – KANA L’univers d’Oneira est dense. Un trombinoscope des personnages en début de tome serait à présent bienvenu. Avec Oneira, la Manga Dark Fantasy européenne a de beaux jours devant elle.
Série : Oneira L’ère des souverains
Tome : 2 – Le spectre d’antan
Genre : Dark Fantasy
Scénario : Cab
Dessins : Federica Di Meo
Éditeur : Kana
Collection : Dark Kana
ISBN : 978250512…
Nombre de pages : 192
Prix : 8,10 €
- La collection Gaston – Tome 1par Laurent Lafourcade
La naissance du gaffeur
« -Chers lecteurs de Spirou, on m’a chargé de vous annoncer une bonne nouvelle : répondant à la demande de nombreux lecteurs, le journal publiera désormais les aventures de Gaston dès la semaine prochaine donc ceux que la chose intéresse vibreront au récit des exploits admirables de notre héros sans emploi… C’est aux crayons finement inspirés de Jidéhem et de Franquin que nous devons cette fresque sublime ! »
C’est furax que Fantasio sort de son bureau. En tant qu’éditorialiste au journal de Spirou, il annonce l’arrivée d’un nouveau personnage soi-disant exceptionnel. T’as qu’à croire. Le nouvel employé va lui ficher d’entrée une pointe dans le pied en voulant ramasser les papiers. C’est ballot, il a raté la boulette… et en a commis une. Au fil des semaines, Gaston va sans cesse faire péter des câbles à son patron. Il vaut mieux être seul que mal accompagné, mais c’est trop tard. Va falloir faire avec ! Entre expériences, gaffes et travail… non, pas travail…, Gaston squatte les locaux de la rédaction au grand dam de ses collègues de bureaux. Ce premier recueil chronologique se termine par une série de gags publicitaires au profit de la limonade belge Piedbœuf présentés sous leur forme originale.

© Franquin, Jidéhem – Hachette/Dupuis Présentons quand même Gaston pour donner une envie de lecture aux novices de la série. Gaston Lagaffe est un garçon à tout faire qui travaille dans l’immeuble des éditions Dupuis éditant entre autres le beau journal de Spirou. Inventeur invétéré et gaffeur patenté, il est un boulet attachant pour tous ses collègues de travail, avec en premier lieu Fantasio, son supérieur hiérarchique, que Gaston fait constamment sortir de ses gonds et qui sera ensuite remplacé par Prunelle lorsque Franquin abandonnera Spirou, mais ça on le verra bien plus tard. Au fil des albums, apparaîtront sa collègue Mam’zelle Jeanne, transie d’amour pour lui, Monsieur de Mesmaeker et ses éternels contrats qu’il ne réussira jamais à faire signer, et, pour ne citer que les plus célèbres l’agent Longtarin et son carnet de contredanses.

© Franquin, Jidéhem – Hachette/Dupuis 2,50 € pour ce tome 1, qui dit mieux ? Dans un cahier complémentaire de 16 pages, on revient sur la numérotation des albums au fil des différentes éditions, des mythiques demi-albums à la collection actuelle. La vie et l’œuvre de Franquin sont racontés dans Les premiers pas d’un dessinateur. Avant un portfolio final, on nous explique comment un personnage sans emploi débarquant à l’improviste dans les pages d’animation du journal de Spirou est devenu un (anti-)héros de bande dessinée.
Depuis fin juillet, Hachette collection a lancé cette édition luxueuse grand format à dos toilé. Les lecteurs pourront acheter les albums chez leur marchand de journaux, mais les abonnés bénéficient de cadeaux considérables (tirés à part, album Bravo les brothers, recueils de Monstres et t-shirt). Un nouveau volume avec un dossier exclusif paraîtra tous les quinze jours, jusqu’à la reprise fort honorable de Delac, avant de terminer par la série Modeste et Pompon.

© Franquin, Jidéhem – Hachette/Dupuis Pour un chroniqueur BD, faire un papier sur Franquin, c’est comme si un fidèle écrivait sur Dieu. Cette collection est une madeleine de Proust pour les uns et la meilleure façon de découvrir Lagaffe pour les autres…s’il en reste encore. Si de nouveaux lecteurs découvrent Gaston grâce à ces rééditions, Hachette et Dupuis auront réussi leur pari.
Série : La collection Gaston
Tome : Tome 1
Genre : Humour
Dessins & Scénario : Franquin, avec la participation de Jidéhem
Éditeur : Hachette/Dupuis
Nombre de pages : 64
Prix : 2,50 €
- Seccotine 1 – Mystère à Champignacpar Laurent Lafourcade
Une journaliste à la campagne
« -Bonjour ! C’est pour…
-Et s’ils viennent chez moi, ces abrutis, je m’en fous, je sors la carabine !
-Il me faut un carnet de timbres.
-Tu leur achètes bien des granules, hein, aux abrutis !
-Et alors ? Ça ne les autorise pas…
-Des timbres, s’il vous plaît !
-Pas de conneries, les gars, le GSC fait des rondes tous les soirs. Demandez à Alfred pour les rejoindre…
-UN CARNET DE TIMBRES ! NOM DE NOM !
-Faut pas vous énerver comme ça, ma p’tite dame, c’est un endroit tranquille ici… »
Un camion de déménagement arrive près d’une maison isolée de Champignac. La nouvelle locataire des lieux l’attendait avec impatience. Elle va pouvoir poursuivre son installation avec les cartons amenés. Cette impatiente, nous la connaissons bien, elle s’appelle Seccotine et est journaliste pour le Moustique. Elle ne restera pas longtemps seule. Un chat noir s’incruste dans la maison. Le lendemain, la jeune femme blonde part faire quelques emplettes à vélo dans le bourg. Sur Radio Champignac, le journal annonce que des bêtes ont disparu dans plusieurs fermes du canton. Au bar, on ne parle que de ça. Seul Dupilon, ce poivrot, ne semble pas préoccupé par l’affaire. A la boulangerie, le sujet divise les clients. Une vieille dame se sent plus en sécurité grâce au GSC, le groupe pour la sécurité de Champignac, que d’autres jugent fasciste. Seccotine apprend que ce fameux GSC est constitué de fermiers et de chasseurs de Champignac se relayant pour surveiller les fermes la nuit. Ils ne sont pas très copains avec les employés hippies vegans d’Arthur Nature, fabricant des granulés bio, accusés de libérer les bêtes.

© Elric, Guerrive – Dupuis De retour chez elle, Seccotine reçoit un appel de Spirou qui lui propose de réaliser un reportage sur ce sujet pour la semaine suivante, ce qu’elle accepte évidemment. Elle commence par aller visiter l’usine de granulés. Pour Colette qui la guide, les fermiers du GSC enlèvent leurs propres bêtes pour toucher l’argent des assurances. Pour Alfred, l’épicier, le GSC n’a rien à voir avec ça. Il invite Seccotine à l’accompagner pour une ronde le soir-même. La journaliste va remarquer ce soir-là que c’est peut-être sur une toute autre piste qu’il allait falloir partir. Le lendemain, en se rendant au château de Champignac afin de récupérer l’ordinateur qu’elle a laissé chez le comte après l’affaire Korallion, elle se trouve aux prises avec un mystérieux cambrioleur.

© Elric, Guerrive – Dupuis Après Zorglub et le Comte de Champignac, c’est au tour de Seccotine d’avoir sa propre série. Elric connaît bien l’univers de Spirou puisqu’il a dessiné La baie des cochons, et en prépare actuellement un autre. Quant à Sophie Guerrive, elle est déjà au co-scénario de la série principale avec Benjamin Abitan pour Olivier Schwartz. Des échos y sont d’ailleurs faits puisque l’action se passe après l’affaire Korallion racontée dans La mort de Spirou et La mémoire du futur. Les lecteurs fidèles apprécieront la relation. Guerrive aborde des thèmes d’actualité, comme l’auto-justice ou le « terrorisme » vegan, bien que le sujet soit traité ici de manière beaucoup moins violente que dans un manga comme Darwin’s incident. Elric dépouille un brin son trait. On aurait aimé parfois un peu plus de densité dans les décors. Ce n’est pas gênant en soi. La part belle est faite à l’intrigue.

© Elric, Guerrive – Dupuis Après être apparue dans La corne de rhinocéros et avoir connu la gloire grâce à son reportage du Nid des Marsupilamis, Seccotine est enfin l’héroïne de sa série. Avec cet angle plutôt polar, le Spirou-verse se développe encore un peu plus.
Série : Seccotine
Tome : 1 – Mystère à Champignac
Genre : Aventure
Scénario : Sophie Guerrive
Dessins & Couleurs : Elric
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808506830
Nombre de pages : 64
Prix : 13,50 €
- Shiba inu rooms 2 & 3par Laurent Lafourcade
Ames canines, âmes câlines
« -Bonjour, M’sieur Momose !
-Oh, bonjour.
-On m’a dit que votre fille avait quitté le nid pour emménager seule.
-Oui. Le lycée correspondant à ses souhaits était hélas trop loin de la maison. Mais le pire, c’est qu’elle s’est dégoté un appartement hanté ! »
En changeant de lycée, Kôri Momose a dû se trouver un nouvel appartement…sauf que celui-ci est hanté par l’esprit d’un chien, un shiba. Il s’appelle Muu, ne peut pas quitter les lieux et, derrière un regard sévère, demande une grande dose d’affection. Problème : s’il est trop câliné, son esprit rejoint le paradis. Mais d’après les mediums, il leur faut profiter le plus longtemps possible de cette « vie intermédiaire ». Entre Muu et Kôri, une relation d’amitié s’installe, dont il faut gérer le bon dosage. L’esprit ne pouvant quitter l’appartement, Kôri a la géniale idée d’organiser une rencontre en visio entre Muu et les esprits shibas de l’appartement 102. Il y en a sept ! Cajou, Caramel, Cannelle, Ombre, Charbon, Chantilly et Flocon deviennent les nouveaux amis virtuels de Muu. Ça le sociabilise un peu, mais ça ne remplace pas les vrais jeux qu’il voudrait faire avec sa nouvelle maîtresse.

Shibatsuki Bukken © 2024 by Esu Oomori
© 2026 Bamboo éditionLes journées de Kôri sont rythmées par son emploi du temps au lycée. Pas question pour elle de rater l’année scolaire. Elles sont longues pour le petit chien, ces journées. Alors qu’un mur invisible l’empêchait de sortir de l’appartement, voilà pas qu’un beau jour il parvient à passer à travers. Comment cela a-t-il pu se passer ? Va-t-il parvenir aussi à faire une escapade en dehors de l’immeuble ou est-il quand même enfermé dans le bâtiment ? L’exploration le dira. Il y aura peut-être besoin des goodies mediumniques de Mayo Moon High. Toujours est-il que cette possibilité va donner à Muu une bouffée d’oxygène et lui permettre de varier ses journées de solitude. Tiens ? Il pourrait peut-être rencontrer en chair et en nonos ses amis virtuels du 102.

Shibatsuki Bukken © 2024 by Esu Oomori
© 2026 Bamboo éditionAu fil des chapitres, avec Kôri, on fait connaissance des habitants des différents appartements. On connaissait Kazuko Laproprio, au nom approprié, propriétaire de la résidence, et Ittestu Sanada, l’apprenti boulanger du 201. On découvre Nukumi Shibai, le maître des 7 shibas du 102, la masquée Yume Hanazono, la lookée Roza Kyôgoku ou encore Yoiko Sakamori, la charmante locataire du 203. Les shibas qui hantent son appartement sont Croquette et Popo, deux petits choux à la très forte personnalité. Quelques scènes en flash-back, nous permettent d’en apprendre plus sur le passé et la personnalité de Kôri, adolescente en marge pas toujours comprise par ses camarades. Et le comble de Muu, vous ne devinerez jamais ce que c’est : il a peur des fantômes !

Shibatsuki Bukken © 2024 by Esu Oomori
© 2026 Bamboo éditionEsu Oomori développe un manga fantastique animalier qui sort des sentiers battus. La personnalité bien caractéristique des shibas est mêlée à une vraie histoire fantastique qui explore aussi bien leurs âmes que celles des humains. C’est une série que l’on découvre pour son côté animal et que l’on poursuit pour son côté original.


Série : Shiba inu rooms
Tomes : 2 & 3
Genre : Animalier
Scénario & Dessins : Esu Oomori
Éditeur : Bamboo
Collection : Doki Doki
ISBN : 9791041119-493/-578
Nombre de pages : 200
Prix : 7,95 €
- Havana Split 2 – Tropicanapar Laurent Lafourcade
Cuba, île de sérénité
« -Je file chez Alfonso.
-Pas sûr qu’il te laisse lui parler…
-Je ne veux pas lui parler. Je veux juste vérifier si tout va bien !
-Et mon père ?
-Ton père, toujours ton père !… Tu nous emmerdes à la fin ! S’il y en a un ici qui ne risque rien, c’est lui. Arrête de t’inquiéter ! »
Cuba 1958. Concepcion, la starlette compagne d’Ernesto Ochoa dit « l’ambassadeur », qui roule pour Franco en éliminant les républicains réfugiés à Cuba, a été enlevée par Lily, John et José n’ont pas d’autre choix que d’accepter, sinon Arnaldo et sa secrétaire Chiquita sont morts. Arnaldo, c’est le père de Lily Valdès Turner, jeune étudiante américano-cubaine dans un collège de Miami qui vient de perdre sa mère et qui est venue retrouver son père pour les vacances. Ce dernier est au cœur d’un chantage organisé par Don Alfonso, le boss des paris sportifs à qui Arnaldo devrait 50 000 $. Afin d’éponger la dette, Alfonso a demandé à l’agence Valdès d’organiser le rapt de la chérie de son grand rival.

© Brrémaud, Macioci, Maggie – Dupuis Arnaldo Valdès tient une agence de détectives privés. Ce sont deux d’entre eux qui sont venus accueillir Lily sur le port : John Botia, ex-agent de la CIA, et José Cojones, un cubain un brin roublard. A la tête de l’Etat, le dictateur Fulgencio Batista dirige le pays avec l’aide de l’argent américain. Sa police politique, « la muerte », est sans scrupules : traquer, arrêter, mutiler et faire disparaître sont ses spécialités. Le caillou dans la chaussure de Batista s’appelle Fidel Castro. Le rebelle marche sur La Havane et compte bien renverser le dictateur. Entre la CIA et les camps mafieux opposés, corruption, alliances, tortures et attentats sont le lot courant de la vie quotidienne à Cuba.

© Brrémaud, Macioci, Maggie – Dupuis S’il y a bien une histoire dans laquelle on n’a pas le temps de s’ennuyer, c’est bien Havana Split. Frédéric Brrémaud écrit une histoire haletante dramatiquement drôle. Le dynamisme de Pulp Fiction, le second degré de l’arme fatale, la musicalité de Buena Vista Social Club, les références des auteurs sont nombreuses pour cette aventure qui n’a rien à envier à Emilia Perez. La véritable découverte de la série est sa dessinatrice Vic Macioci. Des décors somptueux, des scènes d’action époustouflantes, Macioci nous offre du très grand spectacle sous les couleurs de Maggie. C’est parfois trash mais toujours fun.

© Brrémaud, Macioci, Maggie – Dupuis Bienvenue à Cuba ! Comme de nombreux personnages, vous n’en reviendrez pas, mais pas pour les mêmes raisons. L’une des toutes meilleures séries d’action du moment.
Série : Havana Split
Tome : 2 – Tropicana
Genre : Espionnage
Scénario : Frédéric Brrémaud
Dessins : Vic Macioci
Couleurs : Maggie
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808512015
Nombre de pages : 96
Prix : 16,50 €
- Mamie Luger 1 – La tentation du mâlepar Laurent Lafourcade
102 ans et toutes ses balles
« -Madame Gavignol, vous savez pourquoi vous êtes là ?
-Pour avoir tiré des coups de pétoire ?
-Plus exactement du tir de 22, sur les forces de police et dans le fessier du voisin, notaire de surcroît…
-T’es bien tatillon, j’fais pas autant dans l’détail…
-J’vois ça. Vous comprenez qu’on ne tire pas sur les gens… ?
-On voit que t’as pas fait la guerre, toi ! »
2016, banlieue de Saint-Flour, une mamie de 102 ans est arrêtée par la police. Elle est en garde à vue après avoir tiré sur son voisin. Elle l’a pris pour un gitan. C’est pourtant difficile à confondre avec un rom un type avec un peignoir en satin. Actuellement au bloc opératoire, Berthe Gavignol risque gros s’il dépose plainte. L’inspecteur Ventura, rien à voir avec Lino, interroge la vieille dame. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas au bout de ses surprises. Au fil de la journée, le flic va découvrir que ça ne date pas d’aujourd’hui le fait que Berthe ait la gâchette facile. Pour tout comprendre, il faut remonter en 1914, année de la naissance de l’inculpée.

© Kéramidas – Casterman Berthe n’a pas deux ans lorsque son père meurt dans les tranchées. Sa mère ne tardant pas à le rejoindre, la gamine sera élevée par sa grand-mère Nana, dont la spécialité était de fabriquer de la gnôle dans la cave, gérant ses dettes en soulevant sa jupe. En 1942, Berthe assassine un boche qui tente de la violer. Elle l’enterre à la cave et récupère son Luger. C’est peut-être ça qui a banalisé la violence chez elle. Des meurtres, elle en commettra d’autres. Mais il faut dire que sa vie n’a pas été facile. Alors, quand il y a à peine quelques heures, elle recueille chez elle un couple de fugitif, c’est normal que leur histoire l’émeuve. Le voisin n’avait qu’à pas s’en mêler.

© Kéramidas – Casterman Nicolas Kéramidas adapte le roman à succès de Benoît Philippon. Polar humoristique décalé, Mamie Luger est l’histoire d’une écorchée de la vie qu’une succession d’événements a endurcie et lui a donné une autre échelle de valeurs que pour le commun des mortels. On n’attendait pas Kéramidas dans un tel genre, la chronique quotidienne gore. De l’hémoglobine en veux-tu en voilà, on est en plein slasher movie. Pourtant, on excuse tout à Berthe qui a passé sa vie à accumuler les mauvaises rencontres, avec une vie privée on ne peut plus déprimante. Elle s’en est pourtant bien sortie pour avoir une telle pêche à 102 ans. Féministe avant l’heure, s’il y avait plus de Berthe, le monde serait moins patriarcal.

© Kéramidas – Casterman La tentation du mâle est la première partie de l’adaptation de Mamie Luger. La gent masculine saura-t-elle trouver grâce à ses yeux dans L’amour aux trousses ? Pour ceux qui ne peuvent attendre, le roman est toujours disponible. Sinon, attendait la suite, si bien dynamisée et dynamitée par Nicolas Kéramidas.
Série : Mamie Luger
Tome : 1 – La tentation du mâle
Genre : Thriller / Polar
Scénario, Dessins & Couleurs : Nicolas Kéramidas
D’après : Benoît Philippon
Éditeur : Casterman
ISBN : 9782203281813
Nombre de pages : 80
Prix : 18 €
- Nelson 28 – Piégé comme un ratpar Laurent Lafourcade
Diableries naturelles contre Intelligence artificielle
« -Vous représentez l’humour du passé ! Vous êtes viré !
-Alors j’aimerais bien savoir qui représente l’humour du futur !
-Moi-même. Assisté par une intelligence artificielle. »
Nelson qui se fait virer par les éditions Dupuis pour être remplacé par une Intelligence Artificielle, vous y croyez, vous ? Par bonheur, ce n’est pas près d’arriver. En couverture de ce vingt-huitième album, il tente de chaparder des petits-beurre, de les manger à même le paquet. Piégé comme un rat ! Quelqu’un, certainement Julie, a placé une tapette à souris à l’intérieur. Le diablotin se retrouve avec la langue coincée. Aïe ! Ça fait mal ! Les biscuits n’auront plus jamais la même saveur pour lui : le nutriscore Nelson, ça va jusqu’à N ! Tout ça ne va pas l’empêcher d’être en méga forme pour quarante-six planches de strips, au grand dam de Floyd, Hubert, Julie et autres victimes de passage.

© Bertschy – Dupuis Ce n’est même pas Nelson qui va faire la première bêtise du recueil. Dolorès, la sœur de Julie, n’a pas trouvé de meilleure idée que de kidnapper un coq des Galapagos dans un zoo. Et elle l’a planqué… dans la salle de bain de Julie ! Pour elle, elle n’a rien fait de mal. Le volatile n’avait rien à faire dans un zoo. L’espèce est protégée. L’oiseau va mettre des déjections partout, des crottes que Floyd va confondre avec des cornflakes au chocolat. Dolorès a l’intention de le remettre dans son milieu naturel à l’autre bout du monde. Avec Nelson dans les parages, cela sera-t-il réalisable ?

© Bertschy – Dupuis De son côté, pas vraiment acharné au travail, Hubert, de retour de vacances, n’a qu’une idée : briller à la soirée costumée. Le déguisement de Superman ne lui est pas très seyant. Le miroir doit être déformant. Celui du bonhomme Michelin n’a pas l’air de l’attirer. Trop proche de l’original ? Une grosse abeille ! Ha, ça oui, ça sort de l’ordinaire. Vera de Scoubidou ou Blanche-Neige ? Que va choisir Julie ? En tous cas, celui qui va le plus se marrer, c’est Nelson, dans son smoking, parce que « tenue de soirée », ça ne veut pas dire « soirée déguisée ». Il y en a qui vont se faire remarquer devant le patron !

© Bertschy – Dupuis Quand on a du Nelson dans le strip européen, à quoi bon importer les américains ? S’ils ont été longtemps les plus forts dans le genre, Bertschy montre une fois de plus tout le potentiel qu’il a avec son diablotin toujours au top de sa forme.
Série : Nelson
Tome : 28 – Piégé comme un rat
Genre : Humour diabolique
Scénario, Dessins & Couleurs : Bertschy
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808514644
Nombre de pages : 48
Prix : 12,50 €
- La patrouille du Faucon 6 – Feu à Uzèspar Laurent Lafourcade
Le Sud en flammes
« -Alors les scouts, on s’amuse bien ?
-Scouts toujours !
-On vient d’Uzès à pied sous le soleil. On avait un peu chaud…
-Cha che chent que vous avez eu chaud…
-Scouts toujours !
-Très drôle. »
Charlie et ses camarades scouts de la patrouille du Faucon sont en visite dans le Sud de la France à Uzès. La place principale s’appelle la place aux herbes car c’est depuis toujours la place du marché. La ville, très ancienne, date de l’Antiquité. Les romains l’ont développée sous le nom d’Ucetia. Ils ont capté l’eau de l’Eure grâce à un aqueduc de 50 kilomètres qui a permis d’irriguer Nîmes. C’est ensuite l’industrie du textile qui a fait la fortune de la ville. Les négociants firent construire de beaux hôtels particuliers. Un site à visiter est le duché, le château du XIème siècle du Duc qui régnait autrefois sur la ville. Il y en a toujours un, mais c’est devenu un titre honorifique depuis la révolution française. La visite se poursuit avec la cathédrale romane de Saint-Théodorit et son clocher rond unique en France : la tour Fenestrelle.

© Vivier, Vinci, Costes – Plein vent Après ce tour en ville, les scouts se dirigent vers Lussan, à quelques kilomètres de là. En se rafraîchissant à la fontaine, ils sont pris à partie par trois jeunes en scooters. Ne se laissant pas impressionner, les scouts mettent l’un de leurs assaillants dans l’eau. Entre les deux groupes, la guerre est déclarée. Le soir même, alors qu’ils s’apprêtaient à s’installer pour une nuit à la belle étoile près du château d’Allègre, les voici menacés par trois jeunes encagoulés armés de torches enflammées. Dans les broussailles sèches, le feu ne tarde pas à se propager. Ce sont les mêmes individus que l’après-midi. Comment les scouts, qui ne connaissent pas la région, vont-ils parvenir à échapper aux flammes ?

© Vivier, Vinci, Costes – Plein vent Alors que chaque été le pays est en proie à des incendies de plus en plus nombreux souvent causés par des négligences, cette aventure de la patrouille du Faucon est une mise en garde écologique. La bêtise humaine, pour rester poli, est la cause des problèmes. Comme dans chacune de leurs histoires, l’union faisant la force, la solidarité va être la solution face au drame. Le scénariste Jean-François Vivier mêle contexte historique et problématique contemporaine. La patrouille du Faucon est de ces albums qu’il fait bon amener sur son lieu de vacances pour profiter de leurs visites guidées. Après les orages, ce sont les flammes qui permettent à Jean Claudio Vinci de montrer le dynamisme de son graphisme, sous les couleurs ici on ne peut plus chaudes de Joël Costes. Le coloriste représente les différents moments d’une journée de manière incroyablement immersive. On pourrait presque mettre un thermomètre pour avoir la température.

© Vivier, Vinci, Costes – Plein vent Scouts, toujours prêts ! Après le massif de la Grande Chartreuse, les grottes de Rocamadour, le Château de Versailles, le Mont Saint-Michel et le Haut-Koenigsbourg, les voici à Uzès, dans le Sud, dans un nouveau site remarquable de France.
Série : La patrouille du Faucon
Tome : 6 – Feu à Uzès
Genre : Aventure scoute
Scénario : Jean-François Vivier
Dessins : Jean-Claudio Vinci
Couleurs : Joël Costes
Éditeur : Plein vent
ISBN : 9782384881536
Nombre de pages : 48
Prix : 15,90 €
- Post Mortempar Laurent Lafourcade
Les autopsies du Docteur Boxho
« -Bon, on est bien d’accord. Tu me suis. Tu poses tes questions. Mais tu ne me saoules pas. Et surtout, tu restes discret. Pas de photos.
-Ok. T’inquiète, je suis pro ! Pro, je te dis…
-Voilà. Pro, c’est ça. »
Pour son nouvel album de BD, Pierre quitte l’Amérique d’Autant en emporte le vent pour la Belgique d’autant en emportent les autopsies. Il rejoint le célèbre médecin légiste Philippe Boxho à Liège pour le suivre pendant quelques jours au cœur de son métier. Il ne faut pas traîner, un corps les attend sur une scène de crime, a priori tué par balle. Il a un trou dans la poitrine. Il y a l’orifice d’entrée mais impossible de trouver la sortie. On va l’ouvrir de tous les côtés pour trouver la balle. Le cadavre est allongé sur le ventre en salle d’autopsie. Un enquêteur, un photographe scientifique et un assistant du légiste sont présents. Il va falloir poser son cerveau de côté pour ne pas tomber dans l’émotion et s’accrocher le cœur et l’estomac bien fort pour ne pas tomber dans les pommes. C’est parti.

© Alary, Boxho – Kennes Les incisions au scalpel permettent de soulever les peaux. On détache ensuite les masses musculaires. Le Docteur fait ça en toute sérénité, mais le dessinateur ferait déjà bien une pause. Et ils n’en sont pas encore au moment de la trépanation où l’on découpe le crâne pour voir l’état du cerveau. Au fil des jours, le légiste va lui apprendre les rudiments du métier et lui raconter tout un tas d’anecdotes aussi glauques et cocasses les unes que les autres. La cause d’un décès n’est pas toujours celle que l’on croit, comme pour ce type qui a tenté de se suicider en se pendant et en se tirant une balle dans la tête en même temps. Il se loupe et meurt le crâne fracassé par terre. Une expérience sexuelle avec un manche à balai qui tourne mal prête à sourire tandis que la découverte des cadavres de deux sœurs âgées blotties l’une contre l’autre est un grand moment d’émotion.

© Alary, Boxho – Kennes On connaît Philippe Boxho pour ses participations régulières aux Grosses têtes sur RTL et au podcast Legend. Grâce à Pierre Alary, on découvre son quotidien et son travail au plus près des cadavres. Si le médecin semble stoïque en exerçant sa profession, c’est qu’il a appris à prendre du recul et à se blinder. On imagine comment les débuts du « reportage » de l’auteur ont dû être difficiles. Il rend représentables des scènes qui auraient été insupportables en photographies. On a quand même parfois des haut-le-cœur à certains moments, mais on s’accroche tellement Boxho est un passionnant pédagogue dans ses explications. Il exerce un métier nécessaire. Il n’est pas un super-héros. La scène finale démontre avec une émotion non dissimulée qu’il est un homme comme les autres.

© Alary, Boxho – Kennes Post Mortem, un corps a encore tant de choses à raconter, que ce soit pour la justice ou pour avoir une explication du décès. Philippe Boxho et Pierre Alary décomplexent le rapport à la mort, ou tout du moins aux cadavres dans un étonnant album de BD qui pourrait ne pas être qu’un one shot.
Titre : Post Mortem
Genre : Reportage
Scénario : Philippe Boxho & Pierre Alary
Dessins & Couleurs : Pierre Alary
Éditeur : Kennes
ISBN : 9782931300633
Nombre de pages : 112
Prix : 22 €
- Le fils du yétipar Laurent Lafourcade
Les larmes d’une vie
« -Qu’est-ce que vous faites là, Monsieur ?! Sortez vite ! Qu’est-ce que vous portez ?
-Mes… Mes albums photos…
-Jetez ça et quittez l’immeuble !! »
Une semaine extravagante ! A la suite d’un incendie dans son immeuble, Didier ne se doutait pas qu’il allait passer une semaine extravagante synonyme de grand bouleversement dans sa vie. Tout commence une nuit par l’explosion de la verrière du dernier étage à cause d’un feu sur le palier du cinquième. Les pompiers arrivent. Il faut évacuer. Mais d’abord, prendre ce que l’on ne voudrait surtout pas voir brûler. Didier attrape ses albums de photos. Les habitants se retrouvent sur le trottoir pendant que, en dix petites minutes, les pompiers anéantissent l’incendie. Chacun va pouvoir rentrer chez soi.

© Tronchet – Casterman Le lendemain, en regardant les photographies, le jeune homme remarque que sur chacune d’entre elles il composait un personnage, un joyeux drille avec un masque de clown. Pour cacher quoi ? Et son père, qui fixe toujours l’objectif avec un regard d’acier, comment se fait-il que sur un cliché pris trop tôt il ait un regard de désarroi, celui qu’il cachait à sa famille, trois semaines avant sa mort ? L’étalage de mensonges des albums, cette imposture méthodique, provoque chez Didier une telle sensation de dégoût qu’il décide de les mettre à la poubelle. Plus tard, par la fenêtre, il remarque qu’une voisine les récupère. C’est le début pour le héros d’une semaine d’introspection : la mort d’un ami (mais lequel ?), une visite chez sa sœur, les moments de partage avec son neveu, le retour vers le passé, et surtout la recherche spirituelle du père.

© Tronchet – Casterman Dans cet album autobiographique paru avant L’année fantôme et Le cahier à spirale et réédité pour la première fois en couleurs, Didier Tronchet commençait son analyse familiale et l’étude de ses rapports avec son père. Dans une postface indispensable, l’auteur écrit une lettre ouverte au yéti, celui de Tintin au Tibet en personne, qu’il a rencontré à ses 8 ans, une trace profonde au fond de lui. Tronchet voyait en lui la figure paternelle qui lui avait été arrachée. L’homme des neiges, que l’on ne peut qualifier d’abominable, a fait ainsi office d’image lisible et rassurante sur l’abstraction, le non-dit et le gouffre affectif de la disparition prématurée du papa du dessinateur.

© Tronchet – Casterman Quand un événement anodin, ici un incendie pas grave, est le déclencheur d’un voyage de huit jours permettant d’en apprendre tant sur soi, ça donne Le fils du yéti, partage oh combien émouvant d’un auteur dans l’intimité de sa vie avec, comme sait si bien le faire Tronchet, autant d’humour que de tendresse.
Titre : Le fils du yéti
Genre : Biographie
Scénario, Dessins & couleurs : Didier Tronchet
Éditeur : Casterman
ISBN : 9782203300118
Nombre de pages : 208
Prix : 26 €
- Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic 1 – La boutique carnivorepar Laurent Lafourcade
Les échoppes ont de l’appétit !
« -Gus, j’imagine que tu as adoré le cours sur les boutiques !?
-Ben, tu me connais, dès qu’on parle des boutiques de la rue Fracastic, je rêve…
-Brrr, pour moi, c’est juste un lieu dangereux.
-Mais c’est aussi plein de magie et de mondes mystérieux à découvrir.
-Où tout est compliqué à comprendre.
-C’est pas si compliqué que ça en a l’air. »
Quelque part dans la rue Fracastic, Edna, une jeune femme, cherche son chemin. Attention, il y a des brouviacs qui rôdent. Elle vient chercher un enfant dans la fosse quand les racines d’une boutique la préviennent qu’elle est suivie. Elle se débarrasse de sa carte et file se cacher dans une boutique morte. Au moins, elle ne pourra pas en être recrachée. Pendant ce temps, son frère Gus rentre de cours avec Elwige. Il rêve de devenir fracassien comme sa sœur, ou plutôt même chalandeur afin de découvrir les mondes que renferment les boutiques. Il explique à son amie tout ce qu’elle doit savoir sur les boutiques de la rue Fracastic d’où viennent tous les ingrédients servant à créer les potions magiques. Chaque boutique est vivante et cache un monde unique qui produit un ingrédient unique : écailles ou œufs de dragons, larmes de sirènes, …

© Pien, Carbone, Guirao – Dupuis Arrivé chez lui, Gus trouve son père inquiet. Ne voulant pas le préoccuper, il envoie son fils réviser. Quelques instants après, Miss Sparrow ramène sa mère à la maison, dans un sale état. Elle l’a trouvée chancelante au marché Trocastic, revenant de la rue Fracastic où elle a été attaquée par un brouviac alors qu’elle cherchait sa fille. Miss Sparrow, magicière, lui prépare une potion pour la requinquer, pendant que Gus se demande pourquoi il ne parvient pas à contacter sa sœur Edna. Il va vite apprendre qu’elle serait l’otage d’une boutique carnivore. C’est décidé, il ne va pas la laisser y croupir et part à sa recherche, emportant avec lui des fioles de sang bleu de magicier, accompagné par Lou et Nina, deux jeunes chalandeurs.

© Pien, Carbone, Guirao – Dupuis L’univers des boutiques fantastiques de la rue Fracastic est une idée de Sydélia Guirao, scénariste pour le monde du spectacle et l’audiovisuel. C’est Carbone qui s’est chargée de structurer l’histoire et de l’adapter à la narration BD. Hortense Pien dessine cette aventure dans un découpage hors du commun, relevant des défis complexes comme dessiner des magasins vivants. L’autrice est nourrie de steampunk, d’époque victorienne et des films des studios Ghibli. Elle avoue son admiration pour Alessandro Barbucci. Venant de l’animation, elle dynamise le récit en immergeant les lecteurs dans l’action et ne négligeant aucun arrière-plan. Bref, c’est aussi beau que bien, donc que demander de plus ?

© Pien, Carbone, Guirao – Dupuis Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic est l’une des créations les plus originales tant au niveau du scénario que du dessin que l’on découvre dans la collection tous publics chez Dupuis depuis La boîte à musique, dessinée par Gijé avec la même Carbone.
Série : Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic
Tome : 1 – La boutique carnivore
Genre : Aventure fantastique
Scénario : Carbone & Sydélia Guirao
Dessins & Couleurs : Hortense Pien
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808511421
Nombre de pages : 64
Prix : 13,50 €
- Mimo – Les dinosaures de l’apocalypsepar Laurent Lafourcade
Mauvais temps pour les dinos
« -Hey ! C’est vous qui pillez nos terres ?
-Yop ! Ce sont bien ces loustics ! Je reconnais leur stupide ornement de cou. Ils ont tous le même. Alors… On refuse de partager la nourriture ? On vole ses voisins ? On saccage la nature ?
-N… Non… Enfin oui… Mais… De toute façon, votre monde est foutu ! Notre chef l’a lu dans le bruit de la pluie et les dessins des feuilles mortes : un gros caillou va tomber du ciel et anéantir le monde dans lequel vous vivez !
-Ouais… Le ciel t’est déjà tombé sur le crâne, toi, pas besoin d’attendre. »
Mimo l’ornithomimosaure et ses camarades reviennent de leur lointain périple. Quelques écorces remplies d’insectes et de vers appétissants réjouissent difficilement leurs estomacs affamés. Alors que Boris se vante de ses exploits, Mimo, Hector et Jean-Claude s’éclipsent de la fête à la recherche de larves plus consistantes. La clairière qui était leur garde-manger a été dévastée par les nouveaux voisins arrivés il y a une lune. Ils décident d’aller les rencontrer. C’est ainsi que Mimo tombe sous le charme de Mimolette, une femelle de la même espèce que lui. Si entre les deux, tout semble idyllique, entre les anciens habitants des marais et les nouveaux arrivants « survivalistes » les incidents se multiplient.

© Dethan, Mazan – Eidola Mimolette est déçue du comportement des siens. Mimo n’est pas le seul à batifoler. Hector lui aussi est tombé sous le charme d’une femelle de son espèce. C’est un changement météorologique qui va réunir tout le monde. Virgule, le ptérosaure, annonce la tempête du siècle. La pluie commence à tomber. Le vent souffle en bourrasques au milieu des arbres. Ce n’est pourtant pas le mauvais temps qui inquiète Elvis et ses survivalistes, c’est la chute du « grand caillou » qui leur fait peur. Pourtant, il va falloir se rendre à l’évidence : l’orage gronde et des trombes d’eau s’abattent et gonflent les eaux de la rivière qui devient en crue. C’est la panique chez les dinosaures.

© Dethan, Mazan – Eidola Les grosses bêbêtes de Dethan et Mazan sont de retour pour une immersion dans leur époque. Les histoires de séduction ne sont que prétexte à découvrir comment vivaient les grosses bêtes. Dans un cahier complémentaire rédigé par Ronan Allain, on apprend que dix-sept campagnes de fouilles se sont déjà déroulées dans les carrières Audoin en Charentes depuis 2010. Grâce à elles, on en sait plus sur les catastrophes climatiques d’il y a 140 millions d’années. La taphonomie est la science qui étudie les lois de l’enfouissement permettant d’analyser les os selon leur état de conservation. Les scientifiques qui y travaillent font figure d’enquêteurs dans des cold cases. Et si l’on veut aller encore plus loin dans ce passionnant travail de paléontologue, le blog du Petit carnet paléo de Mazan dévoile encore plus de coulisses.

© Dethan, Mazan – Eidola « Le petit Pierre a 5 ans quand il déclare vouloir devenir un paléontologue émérite et c’est en illustrant le catalogue de son mini-musée de fossiles qu’il se découvre la passion du dessin. » C’est ainsi qu’est né l’engouement de Mazan pour le sujet. Grâce à Mimo, peut-être qu’un jeune lecteur suivra le même chemin.
Série : Mimo
Tome : Les dinosaures de l’apocalypse
Genre : Aventure documentaire
Scénario : Isabelle Dethan
Dessins & Couleurs : Pierre Mazan
Texte pédagogique : Ronan Allain
Éditeur : Eidola
ISBN : 9791090093584
Nombre de pages : 56
Prix : 16 €
- Donjon Antipodes +10004 – Un projet qui se tramepar Laurent Lafourcade
Où es-tu, mon fils ?
« -Je ne l’ai pas vu depuis deux jours… Ni lui, ni ses amis…
-C’est quoi, ces cartes ?
-C’est un secret.
-Un secret avec mon fils ?
-Votre fils a des secrets pour vous ? »
Tommy, le fils de Rubéus Khan, a disparu. Atlas et Bernard de Vaucanson affirment n’être au courant de rien, ni le professeur Cormor à qui Rubéus parvient à faire cracher le morceau. Tommy et ses amis seraient allés voir le démon Kalador pour lui demander des flammes de vie. Il prétend l’en avoir dissuadé. Les enfants sont partis vers le Nord-Est. Rubéus part les retrouver, la tête de Cormor sous le bras. Ils embarquent à bord d’un Golem XIV, un robot géant issu des usines Vaucanson. Mais à quoi servent les flammes de vie que les disparus sont partis quérir ? Tout simplement à créer des robots doués de conscience pour gérer Vaucanson et apporter le bien et la justice impartiale.

© Trondheim, Sfar, Vince, Walter – Delcourt Pendant ce temps, Bernard de Vaucanson découvre par sa secrétaire la légende du Donjon. Aux âges reculés du Potron-Minet, l’anarchie régnait depuis la chute de la grande cité d’Antipolis… Un petit suzerain eut l’idée de transformer son château en lieu d’aventures. Alors que ses pairs ne pensaient qu’aux combats, le duc fit fortune grâce à son projet. Conte ou réalité ? Tommy serait-il parti là-bas pour chercher un trésor ? Rien ne l’indique. Bernard et sa secrétaire prennent à leur tour un mécanoïde et se lancent aux trousses de Rubéus Khan et de son fils. Rendez-vous dans les profondeurs de la Terre.

© Trondheim, Sfar, Vince, Walter – Delcourt Alors que Donjon Antipodes – longtemps bloqué à deux albums annonce son retour, Donjon Antipodes + poursuit son bonhomme de chemin et deviendrait même la série la plus intéressante de la saga à ce stade. Ce « projet qui se trame » est en fait le développement de l’Intelligence Artificielle. Joann Sfar et Lewis Trondheim offrent une mise en garde donjonesque du projet qui semble inquiéter à juste titre les auteurs. Les éditions Delcourt prennent le problème à bras le corps, non pas par le biais de la création comme d’autres éditeurs qui indiquent que leurs livres sont faits sans recours à l’IA, mais dans le sens du pillage des œuvres, en indiquant en fin d’album : « La fouille de textes et de données est interdite conformément à la Directive (UE) 2019/790. Ce livre ne peut être reproduit ni utilisé à des fins d’entraînement de systèmes d’intelligence artificielle, sans accord préalable des ayants droit. ». C’est dit.

© Trondheim, Sfar, Vince, Walter – Delcourt Un Donjon de conte de fées pourrait-il renaître dans des mains qui ne seraient peut-être pas capables de le maîtriser ? Tout est l’enjeu de ces Antipodes dans lesquels Walter aux couleurs, Vince aux dessins et Sfar et Trondheim au scénario sont les maîtres de jeu de cette heroïc-fantasy d’anticipation.
Série : Donjon Antipodes +
Tome : 10004 – Un projet qui se trame
Genre : Heroïc-Fantasy
Scénario : Joann Sfar & Lewis Trondheim
Dessins : Vince
Couleurs : Walter
Éditeur : Delcourt
Collection : Humour de rire
ISBN : 9782413089414
Nombre de pages : 48
Prix : 11,95 €
- Le chat 25 – L’origine du Chatpar Laurent Lafourcade
Aux sources de la bête
« -Pas fâché d’avoir bouclé cette journée à la télé ! Et mêêêêrde ! Mais il est con, lui, ou quoi ?!
BOM
-Ouf ! Ce n’est qu’un animal. Son cœur bat ! Il est juste assommé. Allez, hop, mon z’ami. En voiture, Simone. S’il ronfle, c’est qu’il respire. Et s’il trépasse, je le ferai empailler… »
A ses origines, le Chat cherche un auteur capable de le dessiner. Il le confie à son psy. « Je suis totalement persuadé de pouvoir me hisser au niveau des plus grands héros de BD, mais je suis très mauvais en dessin. » Lequel lui rétorque : « Avez-vous pensé à vous faire dessiner par quelqu’un d’autre ? » Après s’être adressé à un amateur, le Chat décide de toquer chez les grands : Morris, Peyo, puis Schuiten déclinent l’offre. Puis, idée lumineuse, pourquoi ne pas faire appel au créateur de Tintin ? Hergé est hospitalisé. Bien que les visites soient interdites, il y va. On vous laisse découvrir comment l’entretien se passe. Toujours est-il, qu’en repartant, le Chat est tamponné par une voiture. Le conducteur ramène l’animal blessé à la maison. C’est la première rencontre entre le Chat… et Philippe Geluck.

© Geluck, Dehaes – Casterman C’est ainsi que commence leur collaboration dans le quotidien belge Le Soir. Nous sommes en 1983 et les tous premiers dessins sont publiés. Ils sont réédités dans cet album. Tout ce qu’il dit est drôle. Et quand ce n’est pas drôle, c’est exceptionnel. Pour faire rire les lecteurs, le Chat est prêt à tout faire, mais pas n’importe quoi. On mesure à quel point, depuis 1983, le graphisme de l’auteur a évolué. Ces prémisses côtoient de nouveaux strips et cartoons tous plus poilants (de chats !) les uns que les autres.

© Geluck, Dehaes – Casterman « Sur une auto, les roues avant se situent à l’avant, mais ce sont aussi celles qui arrivent avant les autres. Et si on va par-là, les roues arrière pourraient aussi s’appeler les roues après. Sauf lorsque le véhicule recule. Et dans ce cas, les roues après deviennent les roues avant. » C’est clair, non ? « Dans la série « C’est pas tombé loin », voici les propositions du jour : le bourbier de Séville, les horreurs boréales, les huiles britanniques, les dogues de Venise, le guide du moutard, le parmesan européen, un carnet de frites, les demoiselles de Roquefort et Olida on ice. » Outre aphorismes, détournements et jeux de mots dans la bouche du Chat et qui vont jusqu’aux pages de garde, Geluck excelle dans les détournements d’images d’illustrations anciennes : souvenez-vous des disques d’or des Bee Gees.

© Geluck, Dehaes – Casterman Chaque album du Chat est une occasion en or de jouer avec le verbe et de réfléchir sur le sens de la vie. Qui plus est, le Chat ose tout, même s’il y a des choses qu’on ne peut plus en dire en 2025, comme par exemple : « Bonne année 2024 ! ».
Série : Le chat
Tome : 25 – L’origine du Chat
Genre : Humour
Scénario & Dessins : Philippe Geluck
Couleurs : Serge Dehaes
Éditeur : Casterman
ISBN : 9782203290693
Nombre de pages : 48
Prix : 12,95 €
- Une grande aventure des p’tits diables 2 – La maison infernale !par Laurent Lafourcade
Tom & Nina contre le Croque-Mioches
« -Ça va pas de crier comme ça ?! Qu’est-ce qui vous arrive encore ?!
-C’est Tom, il dit qu’il a vu quelque chose d’horrible !!!
-Quoi ? Tu as vu ton agenda et tous les devoirs que tu as à faire ?!! Et tu t’es dit Rhaaa ! Horreur ! Tout ça à faire et je n’ai pas commencé ! Vite, filons au travail !!!
-Mais non, un vrai truc horrible ! »
Grippy est un chat vraiment intrépide. Après une tentative ratée de rapt de cookies dans la cuisine familiale, sa curiosité, ou plutôt sa gourmandise, l’entraîne à prendre des risques. Il fouille dans un sac posé sur le trottoir et le voici capturé par… Cannibal Jo !!! Tom a assisté à toute la scène avec une longue vue depuis la cabane dans l’arbre du jardin. Il court prévenir l’alien, sa sœur, qui pense aussitôt qu’une chose atroce, ignoble et horrifique vient de se produire. Son frère se serait-il regardé dans un miroir ? Il a vu qu’il n’avait pas de cerveau ? Non, pire que ça : leur voisin l’ogre, le bouffeur d’enfants, le croque-mioches, a enlevé leur chat ! S’ils ne le sauvent pas, Grippy va finir dans l’estomac de Cannibal Jo !

© Dutto, Bekaert – Soleil Pendant que leurs parents sont partis faire les courses, armés d’un pistolet en plastique, Tom et Nina partent à la rescousse du félin. Ils franchissent les grilles du manoir du kidnappeur, traversent la forêt maléfique qui l’entoure, adoucissent le molosse Morphal avec la chanson du générique de Kapitaine Kourage, puis pénètrent dans l’antre de Cannibal Jo. Contre toute attente, l’habitant leur propose une collation, avec des cookies de Jo, les meilleurs cookies pour les meilleurs enfants. Pendant que leur hôte vérifie si Grippy ne serait pas caché dans le garde-manger, les enfants s’éclipsent et commencent à farfouiller dans la maison, ce qui ne va pas être du tout du goût du propriétaire des lieux. Tom et Nina vont-ils ressortir vivants, avec leur chat, de la maison infernale ?

© Dutto, Bekaert – Soleil Deuxième grande aventure des p’tits diables et le moins que l’on puisse dire c’est qu’Olivier Dutto a trouvé la bonne formule. Les personnages, les situations, les gags ne perdent rien de leur saveur. Là où Roba n’avait fait qu’un coup d’essai avec Boule et Bill globe-trotters, Dutto persiste et confirme. Benoit Bekaert accentue le diabolicisme et l’infernalité de la bâtisse avec ses couleurs ombrées. Il sait choisir les séries sur lesquelles il travaille, faisant ainsi partie des rarissimes coloristes grâce auxquels on peut acheter un album sur son nom. Dutto soigne l’habillage jusqu’aux pages de gardes, les unes pastiches de films et séries, les autres Museum familial.

© Dutto, Bekaert – Soleil Plus jamais vous ne laisserez votre chat traîner seul dans la rue, ni ne mangerez des cookies comme avant. La maison infernale des p’tits diables, à côté, n’importe quel manoir hanté, c’est de la gnognotte.
Série : Une grande aventure des p’tits diables
Tome : 2 – La maison infernale !
Genre : Humour fraternel
Scénario & Dessins : Olivier Dutto
Couleurs : Benoît Bekaert
Éditeur : Soleil
ISBN : 9782302103016
Nombre de pages : 48
Prix : 11,50 €
- Aventurosaure 7 – Le miroir Zoïkapar Laurent Lafourcade
Face à son reflet
« -Encore toi !!!
-Je t’attendais, Rex ! Cette fois, tu ne pourras pas m’échapper ! »
Au temple Ninjaptor, très loin sous terre, tous les enfants que Tyratops a pétrifiés en un seul morceau ont été rassemblés pour être protégés. Le titan qui se dirige par ici ne risque pas de trouver la cachette. Inquiet, Cory se confie au commandant Vilas. Ce n’est pas normal que Cira ne soit toujours pas rentrée. Des éclaireurs ont été envoyés à sa recherche. Patchy, quant à elle, va mieux. De son côté, Rex se réveille dans une sorte de temple. Il est présenté au monarque des lieux. Le jeune dinosaure lui rappelle quelqu’un. Pour avoir une chance de vaincre Tyratops, Rex va devoir passer l’épreuve du miroir sacré.

© Paré-Sorel – Presses aventure S’il y avait un tout petit quelque chose que l’on pouvait reprocher aux épisodes précédents d’Aventurosaure, ce serait peut-être la vitesse de lecture. Emportés par l’histoire, on dévorait très vite (trop ?) chacun des volumes. Pour ce septième tome, Julien Paré-Sorel densifie très conséquemment son histoire. Qui plus est, l’auteur travaille ses dialogues en conséquence. Aventurosaure est avant tout une quête initiatique. Cet épisode marque un tournant dans l’histoire. C’est celui de la maturité pour les personnages, Rex en particulier, pour l’auteur, et pour une grande partie des lecteurs de la série.

© Paré-Sorel – Presses aventure En parallèle à son activité d’auteur de bande dessinée, julien Paré-Sorel propose des ateliers scolaires. Dessiner un dinosaure à l’ère du numérique permet d’improviser un tout nouveau personnage sur support virtuel. On apprend à dessiner à l’ordinateur. Visuels à l’appui, l’auteur peut également montrer aux élèves comment créer une BD. Un troisième atelier montre comment inventer un personnage intéressant et charismatique que l’on aura envie de mettre en scène. Sur le site julienparesorel.com, on peut se rendre concrètement compte de la façon dont se déroulent ces interventions. Avec son graphisme ligne claire épais, le dessinateur possède un langage universel immédiat captable par les élèves dès l’école primaire.

© Paré-Sorel – Presses aventure Avec Le miroir Zoïka, Aventurosaure se positionne définitivement comme le fer de lance de la bande dessinée québécoise tous publics pour conquérir le monde. Il aurait été dommage que l’ancien continent se prive des aventures de Rex.
https://www.facebook.com/reel/1573022034026751
Série : Aventurosaure
Tome : 7 – Le miroir Zoïka
Genre : Jurassic Fantasy
Scénario, Dessins & Couleurs : Julien Paré-Sorel
Éditeur : Presses aventure
ISBN : 9782898452048
Nombre de pages : 64
Prix : 12,90 €
- Minor Arcana 2 – La roue de la fortunepar Laurent Lafourcade
L’œil de l’avenir
« -Attends. Tu en as rêvé ? Comment ça, « rêvé » ?
-Je ne sais pas, mais… Ecoute, je voudrais juste savoir quel était le rapport entre papi et cet hôtel.
-Ça, je n’en ai aucune idée.
-Pourquoi tu ne veux jamais parler de lui ?! Et qu’est-ce qui s’est passé entre vous, d’ailleurs, merde ? »
Quand elle était petite, Theresa et son grand-père étaient inséparables, pendant que sa mère préférait les soirées entre amis. Aujourd’hui, la jeune femme, qui n’arrête pas de rêver d’un hôtel, tombe sur une photo de son grand-père devant ce bâtiment, l’Edgewater, qui a été détruit il y a déjà vingt ans. Elle questionne sa mère Vickie à ce sujet. Cette dernière reste muette. Pour elle, c’est de l’histoire ancienne. Pas la peine de remuer le passé. Entre la voyante atteinte d’un cancer et sa fille le torchon brûle. « Si c’est si horrible de vivre avec moi, tu devrais peut-être rentrer chez toi. » Avant de quitter Limberlost, Theresa se rend chez Alex, son ex. En touchant la main de son fils Henry, Theresa a la vision d’un donjon, dans lequel elle se voit, enfant, avec son grand-père. Tout ça va décider Theresa à arrêter de fuir à la poursuite d’elle-ne-sait-quoi. Elle reste pour attendre qu’« il » vienne à elle.

© Lemire, Caldonici, Delpeche – Delcourt Dans l’attente, Theresa propose des séances de voyance gratuites. Alors que le Lieutenant Brad lui demande de l’aider dans une affaire, Vickie fait la connaissance de Miles Oakley, un gars qui fait du porte-à-porte. Il est membre du comité qui essaie d’empêcher l’implantation d’une centrale électrique. Il faisait partie du groupe les Hardknockers dont il était bassiste. Elle l’a vu une douzaine de fois en concert dans les années 90. Tandis qu’ils vont fricoter ensemble, le flic montre à Theresa un symbole taggué sur un mur : un œil dans un triangle inversé. Ce signe fleurit dans tout le Comté depuis deux ou trois ans, bien avant que la jeune femme ne revienne.

© Lemire, Caldonici, Delpeche – Delcourt Après un premier volume où il était seul aux manettes, Jeff Lemire s’adjoint les services d’une dessinatrice Letizia Carbonici et d’un coloriste Patricio Delpeche, afin d’assurer le rythme mensuel de parution. Très attaché au graphisme et à la colorisation aquarelle, l’auteur a tenu à trouver des artistes qui respecteraient son cahier des charges. Rencontrée dans une convention, Carbonici était son premier choix. Lemire reste seul scénariste et directeur artistique, tout en co-dessinant. On peut remarquer dans les croquis de l’autrice que son style était légèrement différent. On mesure ainsi les efforts faits pour entrer dans les chaussons du créateur.

© Lemire, Caldonici, Delpeche – Delcourt A Limberlost, on est presque perdu dans les limbes. Le nom de la ville n’est pas anodin. Les arcanes mineurs de Jeff Lemire en font une série majeure. Alors qu’on s’apprête à en apprendre vraiment plus sur son grand-père Budd, les visions de Theresa n’ont pas fini de soulever des questions.
Série : Minor Arcana
Tome : 2 – La roue de la fortune
Genre : Fantastique
Scénario : Jeff Lemire
Dessins : Jeff Lemire & Letizia Carbonici
Couleurs : Patricio Delpeche & Jeff Lemire
Éditeur : Delcourt
Collection : Contrebande
ISBN : 9782413091424
Nombre de pages : 144
Prix : 17,50 €
- Les sœurs Grémillet 9 – Le jeu des masquespar Laurent Lafourcade
Origami, Nô et voyageur de la nuit
« -Ah !
-Et ça, c’est censé être quoi ?
-On dirait un origami géant.
-Qui a bien pu avoir l’idée de poser un truc pareil au milieu de nulle part ? Et surtout, pourquoi ? »
C’est une belle nuit étoilée. Sur le toit, Sarah voit arriver de grands équidés. Sur le premier, un être masqué lui propose de le rejoindre pour faire un tour. « C’est une nuit beaucoup trop magique pour se contenter de la regarder… » Qui est-il ? Est-ce important de le savoir ? la scène est interrompue par la sonnerie du téléphone. Ce n’était qu’un rêve. Sarah retrouve sa mère et ses sœurs au petit déjeuner. Maman part en réunion. Les filles vont devoir aller à l’école à pied. Il fait un temps magnifique. Les collégiennes traversent les ruelles avant de tomber sur l’origami géant d’une grenouille d’au moins cinq mètres sur une place.

© Di Gregorio, Barbucci – Dupuis Il y a déjà plein de photos d’elle sur le net. Est-ce un message d’extra-terrestres ? Est-ce la signature d’un serial killer ? Au collège, les spéculations vont bon train. Pendant que Sarah dessine son rêve en regardant les basketteurs, Cassiopée a cours de théâtre. Aujourd’hui, les élèves vont explorer une œuvre classique du théâtre Nô. Cassiopée est volontaire pour incarner le rôle d’une femme possédée par l’esprit de l’ancienne maîtresse de son mari. Elle doit porter un masque. C’est l’une des particularités du Nô. La nuit suivante, le rêve de Sarah se poursuit là où il s’était arrêté. Elle voit sans être vue. L’être masqué lui propose d’aller chercher au plus profond de son âme. Ça la réveille. Elle sort sur le balcon et aperçoit un nouvel animal géant en origami. Cette fois-ci, c’est un taureau.

© Di Gregorio, Barbucci – Dupuis Qui est derrière tout ça ? Les sœurs Grémillet ont hâte de le découvrir. Voici un nouveau mystère à élucider. Avec Le jeu des masques, même si l’on pense à présent bien les connaître, on va encore découvrir quelques petits secrets des personnalités du trio. Lucille, l’amoureuse des animaux, va faire des infidélités à Yurei en éduquant un petit chien. C’est l’occasion de voir Dad et Bébérénice en figuration dans le parc municipal. Sarah, d’habitude impulsive, va montrer, ou peut-être même découvrir, sa sensibilité. Cassiopée, qui se rêve autrice, va se révéler dans l’interprétation. Giovanni Di Gregorio et Alessandro Barbucci frôlent comme à leur habitude le fantastique. Les lecteurs fidèles savent qu’il y a une explication à tout dans Les sœurs Grémillet. Mais parfois on n’a pas envie d’y croire et on préfère rêver.

© Di Gregorio, Barbucci – Dupuis C’est tendre et c’est beau. Alors que l’actualité internationale est on ne peut plus anxiogène, Les sœurs Grémillet est la meilleure résilience à la réalité. On ne s’en lassera jamais.
Série : Les sœurs Grémillet
Tome : 9 – Le jeu des masques
Genre : Aventure émotion
Scénario : Giovanni Di Gregorio & Alessandro Barbucci
Dessins & Couleurs : Alessandro Barbucci
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808516426
Nombre de pages : 72
Prix : 15,50 €
- Mon ami Pierrotpar Laurent Lafourcade
Amours magiques
« -Qu’est-ce qui t’a pris d’aller à cette fête ?
-Père, je…
-Tais-toi ! Tu fais honte à toute notre famille ! A notre nom ! Tant que tu ne l’auras pas retrouvée, tu n’es plus mon fils ! Je te déshérite et te bannis de la cité ! Comment oses-tu inventer cette histoire de sorcier !? Hors de ma vue !
-Je la retrouverai, je le jure. »
Promise au mariage avec Berthier de l’Eau, le fils du Comte, Cléa rêve d’un avenir qu’elle aurait décidé. Le jeune homme est beau, certes. Qui plus est, il n’est pas méchant et serait même avenant. Cléa a rencontré la veille un saltimbanque dans la rue. Il lui a demandé de tirer une carte, mais le tour n’est pas allé plus loin car il fallait rentrer. Or, la même carte tombe de la manche de Berthier. Quelle est donc cette sorcellerie ? Le soir, dans sa chambre, Cléa a la surprise de voir apparaître Pierrot, le magicien de la rue, qui lui prouve que la magie existe bel et bien. Il l’invite à sortir des cases pour voir le monde sous un autre angle. C’est si fou et beau. Pour Cléa, c’est la liberté.

© Bishop – Glénat Pour la première fois, la jeune femme a des papillons dans le ventre. Elle est en train de tomber sous le charme de Pierrot, qui l’invite le lendemain à la fête de la Lune. Pour y aller, il faut oser, elle demande à Berthier de l’y conduire. C’est masqué que le jeu amoureux va commencer. Pierrot enlève la belle sous les yeux de son rival. Dans la forêt, Cléa découvre Bernard, l’arbre-maison du magicien, et Schrödinger, ni hibou ni chat, à la fois mort et vivant, heureux et triste, silencieux et bruyant. Loin de dire son dernier mot, Berthier file à bride abattue dans la forêt pour tenter de récupérer Cléa. Qu’il prenne garde aux alliances qu’il serait enclin à conclure. La sorcellerie est une maîtresse dangereuse.

© Bishop – Glénat Jim Bishop est de ces auteurs comme Gaëlle Genniller dont chaque album est un envoûtement amoureux. Mon ami Pierrot est une réflexion sur la passion amoureuse et le libre-arbitre dans le choix de son destin. A une époque où les mariages dans la noblesse étaient imposés, Cléa fait figure de rebelle. A l’inverse de nombreux contes, les sentiments ne sont pas ici manichéens. Cléa se rend compte que Pierrot joue trouble jeu. Berthier veut récupérer sa promise mais n’endosse jamais le costume de forceur. Il affirme sa présence et son désir de conquête, avec de dangereuses complicités magiques. Au fil du récit, les faux semblants vont laisser place aux véritables émotions. Tout le monde y laissera des plumes. L’adolescence apprend la passion et ses ravages.

© Bishop – Glénat Avec ce conte qu’auraient pu écrire Charles Perrault ou les frères Grimm avec la cruauté sous-jacente qui émanait de leurs œuvres, Jim Bishop montre que l’époque du succès de ce type de récits est loin de s’éteindre. La chandelle de Mon ami Pierrot luit ici de toute la splendeur des flammes éternelles.
One shot : Mon ami Pierrot
Genre : Fantastique
Scénario, Dessins & Couleurs : Jim Bishop
Éditeur : Glénat
Collection : BD poches
ISBN : 9782344076057
Nombre de pages : 264
Prix : 10 €
- Nessie 1 – Au pied du volcanpar Laurent Lafourcade
Jurassic kids
« -Toba, la montagne qui fume… Elle saigne ! Il faut rejoindre nos parents !
-Oui, on se reverra plus tard… Cessez de faire du bruit avec vos têtes, vous deux ! Ça m’inquiète encore plus…
-Aaah… La terre se déchire !!! »
Un troupeau de dinosaures végétariens avance en procession. Au loin, un volcan fume. Les adultes dirigent et ferment le convoi. Les enfants s’entraident lorsque l’un d’entre eux est en difficulté. Tria, le petit tricératops, et Nessie, la jeune diplodocus, viennent de remettre l’un de leurs camarades bloqué sur le dos dans le bon sens. Juste après, un petit ptéranodon tente de dompter ses ailes qu’il ne parvient pas à synchroniser. Il se prend un arbre. Lui, ce qu’il voudrait, c’est vivre dans l’eau, mais on veut toujours être ce que l’on n’est pas. La maman de Nessie rappelle sa file à l’ordre, lui demandant de ne pas rester à l’écart du troupeau. La nature est peuplée de dangers.

© Crisse, Besson – Dupuis Donner des conseils à des enfants, c’est souvent peine perdue pour les parents. Nessie et ses amis vont rapidement se trouver distraits de leur chemin par leur curiosité. Le volcan, la montagne qui fume, se met à saigner. C’est une véritable éruption volcanique qui déchire la terre. Après un glissement de terrain, les jeunes dinos se trouvent coincés sur un éperon rocheux, en compagnie d’un T-Rex assommé par des roches qui risque de ne pas tarder à se réveiller. S’ils ne trouvent pas le moyen de s’en sortir, ils pourraient se retrouver dans les crocs du méchant carnivore à dos-rouge.

© Crisse, Besson – Dupuis Le duo magique Didier Crisse et Fred Besson lance une nouvelle série, pour une catégorie de lecteurs juste au-dessus de Jusqu’au récif, dont deux volumes sont déjà parus aux éditions de La Gouttière. Dans un graphisme tout aussi coloré et kawaï, c’est une vraie grande aventure que vivent Nessie et ses amis. Rien à voir avec le Loch Ness, le prénom pourrait être trompeur (sauf s’il y avait vraiment un diplodocus dans le lac écossais). On est à l’époque du Jurassique. Avant quelques jeux, le livre est complété par une mini-encyclopédie qui détaille les fiches d’identité de différentes bêtes rencontrées dans l’histoire, comme Spiny, le spinosaure, seul carnivore aux dents toutes droites, ou les jumeaux parasaurolophus avec leur longue crête sur la tête et leur bec de canard…sauf qu’ils pèsent trois tonnes !

© Crisse, Besson – Dupuis Nessie intègre la petite collection jeunesse des éditions Dupuis et risque fort de devenir une valeur sûre au même titre que Nelson et Animal Jack.
Série : Nessie
Tome : 1 – Au pied du volcan
Genre : Aventure animalière
Scénario & Storyboard : Didier Crisse
Dessins & Couleurs : Fred Besson
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808512640
Nombre de pages : 104
Prix : 11,50 €
- Fils de bourge Le doux printemps 1936par Laurent Lafourcade
Le crapaud et la libellule
« -Bande de cons !
-Ils ne sont pas cons.
-Ah oui ? Toi, tu as le droit d’être là ?
-Bien sûr.
-Pourquoi ?
-Je suis né ici. Je suis comme eux.
-Comme eux ? Vous êtes qui ou quoi ?
-Ben, on est des rouges. »
1935, Gramont. C’est la fin de l’été. Jacques Bompierre est le nouveau sous-directeur de l’usine de papier. Il habite une villa cossue avec son épouse et ses enfants, François et Sophie, deux grands adolescents. Un poil fasciste sur les bords, l’homme ne cherche pas à être aimé, ni des 900 employés de l’entreprise, ni de son fils, qu’il moleste allègrement à coups de ceinturon. Dans quelques jours, c’est la rentrée. Dans neuf mois, au mois de Mai, il y aura des élections. Pour le moment, l’usine est en grève. Le monde entier subit le contre-coup du krach économique de 1929 aux Etats-Unis. Un piquet de grève ne laisse entrer que les voitures de la direction et le personnel non gréviste. Hors de question pour la direction d’acheter la paix sociale. Une hausse des salaires est inenvisageable. Elle détruirait les profits au bénéfice de la concurrence.

© Stalner – Bamboo François profite des derniers jours de liberté pour explorer la campagne à vélo. Alors qu’il tente de gravir une falaise à mains nues, un groupe de jeunes lui lance des cailloux, lui intimant l’ordre de quitter leur territoire. En redescendant, il fait la connaissance des « rouges », tous communistes, fils d’ouvriers depuis plusieurs générations, des générations de soumissions aux patrons. Seul Paul va au lycée, les autres travaillent déjà à l’usine ou dans les champs. François se garde bien de leur dire que son père est membre de la direction. Alors que la colère gronde sur le site de l’usine à papier, l’affrontement risque de se reproduire au sein des jeunes de la ville.

© Stalner – Bamboo Eric Stalner signe une chronique sociale historique sur fond de violences familiales. François est de ces héros à la Fabien M. dont le destin est bousculé par le contexte historique. Il est une libellule qui cherche à s’émanciper du joug du crapaud son père. Parviendra-t-il à voler de ses propres ailes ? Réussira-t-il à créer une cohésion entre les classes sociales ? Gravira-t-il la falaise jusqu’à son sommet ? L’un comme l’autre de ces combats ne peut se faire sans conviction. Il est juste dommage que Stalner résume en quelques planches ce qu’il arrivera à plusieurs des personnages pendant la guerre qui va arriver. Ça aurait fait une belle et grande saga.

© Stalner – Bamboo Après avoir été le roi des séries courtes dans les années 90 et 2000, Eric Stalner est devenu la valeur sûre des one shots. A la manière d’un cinéaste qu’on aime, c’est un auteur à qui l’on peut faire confiance les yeux fermés.
Titre : Fils de bourge Le doux printemps 1936
Genre : Drame
Scénario, Dessin & couleurs : Eric Stalner
Éditeur : Bamboo
Collection : Grand Angle
ISBN : 9791041117789
Pages : 80
Prix : 18,90 €
- Frnck 11 – Deuxième chance par Laurent Lafourcade
Pas de réseaux sociaux et on ne s’ennuie pas !
« -Où est-ce qu’on est ???
-Toujours au même endroit ! La vraie question, c’est quand on est ? »
De retour dans la préhistoire, Franck et ses compagnons viennent tenter de sauver Kenza et Chipolata de la destruction due à l’astéroïde. Les voici donc quelques temps avant le moment fatal, avant qu’eux-mêmes n’aient pu regagner le XXIème siècle. Ils ne sont pas seuls puisque Wanda Zelewski et son assistante sont pour la première fois du voyage. Coincés dans un lac à quelques mètres de volcans en éruptions, ils ne voient leur salut qu’à un vol de ptéranodons que Franck attire avec un appeau. Le répit est de courte durée. Heureusement, l’objet impossible leur fait faire un nouveau bond dans le passé. Faudrait pas que ça déchire le continuum espace-temps. Trop tard. C’est fait, c’est fait. Les voici quelques années plus tôt. Profitant d’un moment d’inattention, Wanda et son acolyte filent avec la machine à voyager dans le temps. Se lançant à leur recherche, les rescapés aperçoivent une jeune Kenza, ainsi qu’un Franck ado qui dort dans une grotte du sommeil du juste. Il va falloir rester discret… et agir.

© Cossu, Bocquet, Guillo – Dupuis Pour ceux qui n’auraient pas suivi les épisodes précédents, Franck est un ado orphelin projeté dans une préhistoire au milieu d’une tribu s’exprimant avec des mots sans voyelles. Franck devient Frnck et leur apprend petit à petit un langage plus universel. Au fil du temps, et de l’espace-temps, Franck va réaliser que des gens qu’il connaissait ne sont pas qui il croyait. Il va se rencontrer et rencontrer l’amour grâce à Kenza, avant de revenir dans son siècle mais malheureusement sans elle. A présent, il veut la retrouver. Mais cela sera-t-il possible sans bouleverser le cours de l’histoire ?

© Cossu, Bocquet, Guillo – Dupuis Pour cette avant-dernière aventure, les auteurs mettent les petits plats dans les grands. Plus que jamais, Frnck relève du blockbuster. Olivier Bocquet écrit une aventure haletante sans aucun temps mort. Petite parenthèse, c’est rigolo parce que, tout comme Soda que le scénariste a repris, il manque deux doigts à Franck, mais on sait maintenant pourquoi. Bref, on en prend ici plein les yeux avec les dessins de Brice Cossu et les couleurs de Yoann Guillo. Comme à Hollywood, on en a pour son argent. C’est assez rare pour le souligner dans une série dite classique, tous publics. Deux passages sont particulièrement remarquables : la succession des moments où les visiteurs de notre siècle avaient peur de s’ennuyer, et surtout, la scène dans laquelle deux dinos volants se disputent Franck pour leur repas.

© Cossu, Bocquet, Guillo – Dupuis Il ne reste malheureusement plus qu’un épisode pour conclure la saga inter-époques de Frnck. On est déjà triste de le quitter. Ce n’est pas encore fait. Les auteurs ne veulent pas tirer en longueur et c’est tout à leur honneur. C’est certainement grâce à ça que la série va devenir culte.
Série : Frnck
Tome : 11 – Deuxième chance
Genre : Aventure
Scénario : Olivier Bocquet
Dessins : Brice Cossu
Couleurs : Yoann Guillo
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808511926
Nombre de pages : 64
Prix : 12,95 €
- Jusqu’au récif 2 – Marée bassepar Laurent Lafourcade
Le piaf et l’hippocampe
« -Tu veux que je te suive, c’est ça ? Tu vas vite ! Ça a l’air important. Oh… Un jeune hippocampe. Il a l’air inquiet. Quoi encore ? Bin oui, la mer se retire. Ça va être marée basse. Mince… L’eau s’échappe de la flaque ! »
Tchip, le petit oiseau, aime bien quand tout est calme. Il prend le soleil sur un rocher au bord de l’eau, se laissant fouetter le visage par une douce bise et des embruns caressants. Tic, Tic, Tic ! Un bernard-l’hermite vient se faire entendre. Tchip comprend qu’il faut le suivre. Il va vite, ça a l’air important. Le crustacé l’amène près d’une flaque dans laquelle un jeune hippocampe est retenu prisonnier. La mer se retire. Ça va être marée basse. L’eau s’échappe de la flaque et l’hippocampe risque de se retrouver coincé, sans eau, ce qui lui serait fatal. Tchip parviendra-t-il à le sortir de ce bien mauvais pas ?

© Crisse, Besson – La Gouttière L’union fait la force. C’est ce que l’on apprend en lisant ce deuxième tome de Jusqu’au récif. Après avoir été d’un grand secours pour Ecaille, un bébé tortue, c’est donc un cheval de mer qui va avoir besoin de Tchip. Voyant que ce dernier ne s’en sortirait pas tout seul, Tic-Tac, le bernard-l’hermite, plonge dans l’océan pour aller chercher Ecaille. Ça va être compliqué. La flaque se bouche avec encore moins d’eau. Soudain, une ombre se dresse au-dessus de l’équipe de sauveteur. C’est un varan et son regard n’est pas des plus sympathiques.

© Crisse, Besson – La Gouttière Didier Crisse et Fred Besson signent encore une fois un album aussi beau que bien, et prouvent, si c’était encore nécessaire, qu’ils savent aussi bien s’adresser aux adultes, qu’aux ados et ici aux plus petits, avec le même respect que pour leurs aînés. C’est assez rare pour le souligner. Les valeurs d’entraide sont mises en exergue pour montrer qu’en groupe on est plus forts. Une faune variée est présentée. Si les oiseaux et les tortues sont bien connus de tous, les jeunes lecteurs découvriront peut-être pour la première fois un hippocampe, un bernard-l’hermite et un varan, tout ça dans une fraîcheur marine de bon aloi en période de canicule.

© Crisse, Besson – La Gouttière Cette deuxième vague des aventures de Tchip est aussi belle que la première, surfant sur un océan kawaï que l’on espère rapidement retrouver.
Série : Jusqu’au récif
Tome : 2 – Marée basse
Genre : Aventure animalière
Scénario & Storyboard : Didier Crisse
Dessins & Couleurs : Fred Besson
Éditeur : La Gouttière
ISBN : 9782357961500
Nombre de pages : 32
Prix : 10,70 €
- To your eternity 25par Laurent Lafourcade
Le sens de la vie
« -Bravo… Cette fois, on a réussi à tous les attraper, n’est-ce pas ? Quel plaisir de vous rencontrer, général. Je me présente : Rabbit Dee, division de l’assainissement urbain ! Attendez… Le grand Imm serait déjà mort ? »
Alors que, lié à la poupée, Eibel cherche à sauver les compagnons de Imm, prisonniers de sortes de fleurs, Rabbit Dee apporte la Black Pyramid Bombe, arme anti-Imm capable de faire voler en éclats une montagne toute entière. Elle pourrait lui servir au cas où Imm deviendrait incontrôlable. Aidée du crabe, la poupée tente de libérer ses amis. Un à un, ils reprennent vie pour mener tous ensemble le combat, dont bien sûr Bonshen Nicoli La Tasty Peach Uralius (dont c’est malheureusement la dernière fois que l’on prend plaisir à énoncer son patronyme en entier). Soudain, Kaibara Cybernetics annonce la fin de ses services et remercie ses « clients » pour leur fidélité. Les knockers ont franchi une ligne rouge. Dehors, c’est une pluie mortelle. Dedans, le combat fait rage. Cinq cents ans de batailles ne vont quand même pas se terminer dans la douleur et dans les larmes ?

© Oima – Pika Forcément, il reste des lecteurs qui ne connaissent pas la série. Il y a des mangas d’aventure comme One Piece, des thrillers comme Monster, des suspens, de l’humour et tous les genres possibles et imaginables. Dire que l’on n’aime pas les mangas, c’est comme dire que l’on n’aime pas le cinéma. Comme dans tout type de littérature, tous les thèmes sont abordés. Si malgré tout, vous êtes réfractaire au media, lisez To your eternity. Cette histoire sensible, émouvante, poignante vous fera changer d’avis. Ce récit est une réflexion sur le sens de la vie et l’immortalité. Yoshitoki Oima signe l’un des meilleurs shônens de tous les temps. Le magazine Animeland ne s’est pas trompé en l’élisant meilleure série du genre en 2017. Neuf ans après, elle a confirmé son statut.

© Oima – Pika Autour d’Imm, gravite toute une galaxie de personnages attachants ou détestables. Dans une diversité d’époques, d’un Moyen-Âge à du contemporain, Imm est un être immortel envoyé sur Terre pour y collecter des informations. Au fil de ses aventures, il peut prendre à loisir les apparences des gens qu’il croise…une fois qu’ils sont morts. Cela lui permet de devenir un loup, un ours, une enfant, un jeune homme masqué (la liste s’allonge au fil des chapitres) pour se tirer de situations compliquées dans lesquelles il pourrait se trouver. Imm est pourchassé par des Knockers, entités cherchant à dérober ses métamorphoses. L’immortel est guidé par l’observateur, maître encapuchonné qui le conduit dans sa quête.

© Oima – Pika To your eternity émeut aux larmes. Ce final invite à réfléchir au sens de la vie, à l’amitié, aux souvenirs, aux regrets, à l’intérêt, ou pas, de la vie éternelle sur Terre. En 25 tomes et près de 5000 planches, Yoshitoki Oima a écrit une œuvre hors du commun dont voici la conclusion. Par définition, l’immortalité n’a pas de fin. Par son sens, son lyrisme et sa beauté, la série ne cessera jamais d’accompagner ceux qui ont eu la chance de la lire.
Série : To your eternity
Tome : 25
Genre : Fantastique émouvant
Scénario & Dessins : Yoshitoki Oima
Éditeur : Pika
ISBN : 9791043304156
Nombre de pages : 208
Prix : 7,20 €
- Les nouvelles enquêtes du commissaire Raffini 1 – La poupée sans têtepar Laurent Lafourcade
Cinéma sans trucage
« -Comment se passait le tournage ?
-Comme tous les tournages. Heureusement y a Lino. Avec lui, tout se passe toujours bien.
-Dites-moi, en tant que commissaire Maigret…
-Occasionnel, cher confrère…
-…vous y croyez à l’accident ?
-Non. L’histoire ne tient pas debout. On ne mélange pas les balles comme ça. La gamine, on l’a tuée volontairement !… Et j’espère que vous allez rapidement le choper, le foutu salopard qui a fait le coup ! »
Le train d’Amsterdam approche de la gare parisienne. A l’intérieur, les voyageurs commencent à rassembler leurs bagages. Mylène se remaquille puis referme son sac dans lequel on peut apercevoir une poupée. En quittant son compartiment, elle remarque deux hommes se dirigeant vers elle. Elle prend ses jambes à son cou et s’enfuit. Ils la poursuivent sur les rails, puis la retrouvent dans un hangar désaffecté où des complices à elle lui tirent dessus afin qu’elle ne soit pas capturée vivante par la police. Mylène était agent de liaison, passeuse entre la France et les Pays-Bas, transférant des diamants dissimulés sur elle ou dans des poupées. Tout cela est l’extrait d’un film en tournage avec Jean Gabin et Lino Ventura. Le problème, c’est que l’actrice qui tenait le rôle de Mylène est vraiment morte. C’était une balle réelle dans le revolver fourni par l’accessoiriste.

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir Le réalisateur et producteur du film montre les rushs du tournage au Commissaire Raffini et à sa nouvelle collègue l’inspectrice Renaud, qui l’accompagne depuis le départ en retraite de l’inspecteur Morlaine. Pendant que Raffini part interroger les deux acteurs stars Gabin et Ventura, son acolyte se charge de Raturin, le comédien qui tenait l’arme du crime. Raffini va rapidement se rendre compte que la petite n’est pas une gamine à protéger mais bel et bien une collègue qui a du flair et de la ressource. Ce n’est pas elle qui va tourner de l’œil à la vue d’un cadavre. Si le film s’appelle La poupée sans tête, elle, elle l’a bel et bien sur les épaules.

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir En 1980, paraissait aux Humanoïdes associés un album aujourd’hui devenu culte signé Rodolphe et Jacques Ferrandez : L’homme au Bigos. Il deviendra plus tard le premier tome des enquêtes du commissaire Raffini. Celui qui n’a pas encore connu le succès avec Carnets d’Orient dessine les quatre premiers tomes avant de passer la main à Christian Maucler. Rodolphe prend le costume de Simenon. Les enquêtes ont la saveur de celles de Maigret, avec un peu plus de peps quand même, ce n’est pas difficile. Quarante-six ans et neuf éditeurs différents plus tard, un record, le policier est toujours au rendez-vous, avec une nouvelle associée, féminisation des personnages principaux oblige.

© Rodolphe, Maucler – Le Tiroir Après Scapola, les éditions du Tiroir permettent à Raffini de revenir pour de nouvelles enquêtes, dans son jus du début des années 70-80. Rien n’est plus efficace que le classique.
Série : Les nouvelles enquêtes du commissaire Raffini
Tome : 1 – La poupée sans tête
Genre : Polar
Scénario : Rodolphe
Dessins & Couleurs : Christian Maucler
Éditeur : Le Tiroir
ISBN : 9782931251423
Nombre de pages : 48
Prix : 16 €
- Le pépèrepar Laurent Lafourcade
…faut pas le titiller !
« -Hé, c’est pas ton petit vieux, là ?
-Si, si. C’est lui. Hé, mais c’est mon pépère ! Comment y va, mon pépère ?
-Vanessa ! Quelle coïncidence ! Je pensais justement à vous. Je ne vous ai pas croisée depuis un moment ! »
Bordeaux, place Saint-Michel, un dimanche matin, un vieil homme qui regarde des disques sur un marché aux puces se fait bousculer par un drôle de type qui le traite de démon. Une jeune femme vole à la rescousse de l’agressé, le pépère, qui repart chez lui, un vinyle abimé sous le bras. Il l’a quand même acheté, ça faisait tellement longtemps qu’il le cherchait. Arrivé à son domicile, il se revoit une cinquantaine d’années plus tôt, célibataire dans la petite maison héritée de ses parents. Ce jour-là, une dame d’une agence immobilière sonna à sa porte. Elle contacte les propriétaires du quartier pour des projets d’aménagement et de revalorisation du secteur. Elle visite et critique l’endroit, ce qui va rapidement faire bouillir le Pépère. Le porte-manteau de l’entrée s’en souviendra. Après le dîner devant Les jeux de 20 heures, il faudra enterrer le cadavre.

© Moynot – Glénat De retour de nos jours, Sacha colle aux basques de Vanessa et voudrait bien la ramener chez lui. Après un refus catégorique, elle va se laisser convaincre quand il va faire fuir un mec un peu trop pressant sur elle. C’est gagné, elle vient dans son camion, à côté du camp des bulgares, sous la passerelle Eiffel. Vanessa, c’est elle qui a sauvé le pépère au marché l’autre jour. Leurs routes vont se recroiser au Carrefour City. Décidément, ils étaient faits pour se rencontrer ou pas… Entre un couple de paumés, camés, vivant d’arnaques et de squats, et un vieillard d’apparence innocente au passé plus que trouble, qui va prendre le dessus ?

© Moynot – Glénat Dans les années 80, la comédie sombre, très sombre, était portée par des auteurs comme Golo et Frank, avec Rampeau ou La variante du dragon, album culte. Depuis les années 90, Emmanuel Moynot est devenu le meilleur auteur dans le genre. Bonne fête maman, Qu’elle crève la charogne, A quoi tu penses ont marqué ses débuts. Il s’est depuis diversifié avec des adaptations littéraires et de l’humour philosophique très décalé. Avec Le pépère, il revient à ses premières amours et ce qu’il sait faire de mieux. Pascal Rabaté le confirme dans sa préface : noir, c’est noir, mais chez Moynot, il y a toujours l’espoir de trouver plus noir. Le récit est tout autant tragique, pathétique que drôle. Jusqu’au final digne des meilleures conclusions d’Alfred Hitchcock, les personnages ne peuvent pas se douter de ce qui les attend.

© Moynot – Glénat Délicieuse perle noire, Le pépère confirme la position d’auteur majeur d’Emmanuel Moynot qui mérite amplement une grande consécration pour l’ensemble de son œuvre.
Titre : Le pépère
Genre : Polar
Scénario, Dessins & Couleurs : Emmanuel Moynot
Éditeur : Glénat
Collection : 1000 feuilles
ISBN : 9782331091414
Nombre de pages : 80
Prix : 19 €
- Ray Ringo 2 – La captivepar Laurent Lafourcade
Dans les griffes du diable
« -Où l’as-tu trouvé ?
-Par terre… Tout près du lièvre. Un coup de chance extraordinaire !
-La chaleur de l’animal a dû faire fondre la fine couche de neige à cet endroit… Sans ça, tu serais passé à côté sans le voir…
-C’est bien possible…. Vous êtes sûr que c’est bien le sien ?
-Certain…. C’est moi qui le lui avais offert… »
Black Hills, Hiver 1862. Alors qu’il chassait tout simplement le lièvre dans la plaine enneigé, Jerry trouve un médaillon qu’il ramène à Ray Ringo. Pas de doute, c’est bien le pendentif avec le trèfle à quatre feuilles qu’il avait offert à Lean avant sa disparition. Les ravisseurs ne doivent pas être loin. Quelques mois plus tôt, un groupe d’indiens Shoshones a attaqué la carriole dans laquelle sa famille mormone la retenait. Ils ont tous été massacrés, sauf elle, prise sous la coupe de Nayati. Au camp fortifié, le Cinquième Régiment de Cavalerie des Tuniques Bleues fait halte avant de rejoindre les troupes du Major General McClellan. Ray y retrouve le sous-lieutenant George Armstrong Custer, un de ses anciens camarades de West Point. Si ce dernier est un homme de guerre qui trouve que les conflits permettent d’occuper les hommes, Ray n’a qu’une idée en tête : sortir sa fiancée des griffes indiennes.

© Surzhenko, Corbeyran – Le Lombard Au camp de la tribu Shoshone, Lean apprend les coutumes en vigueur. Elle se définit en femme libre. Elle ne cherche ni à tuer, ni à blesser personne. Elle réclame au chef du village la liberté que ses hommes lui ont volé. Celui-ci la trouve fière et aussi brave qu’un guerrier. Il lui accorde la faveur de ses bonnes grâces en lui offrant sa coiffe. Elle découvre également le véritable visage de Nayati. Ray Ringo ne le sait pas encore, mais il a intérêt à faire vite parce que la cruauté de Nayati peut atteindre des sommets insoupçonnés.

© Surzhenko, Corbeyran – Le Lombard Deuxième épisode du revival de Ray Ringo et le moins que l’on puisse dire c’est que Corbeyran et Surzhenko n’épargnent rien à leur héros. On serait à deux doigts de leur en vouloir un petit peu. Lors de sa quête, Ray Ringo croise la route d’un personnage historique de la Guerre de Sécession. George Custer a réellement existé. Né dans l’Ohio en 1839, il mourra à la célèbre bataille de Little Big Horn. A la manière dont Goscinny le faisait dans le domaine de l’humour avec Lucky Luke, Corbeyran crédibilise le récit avec un acteur de la vraie vie. Au dessin et aux couleurs, Roman Surzhenko assure de plus en plus. Il faut cesser de le prendre pour un sous-Rosinski ou un sous-Swolf sous prétexte qu’il a poursuivi leurs séries. Tant au niveau du dessin que du scénario, l’album est remarquable par son final où plus de huit planches silencieuses portent aux nues un drame hors du commun.

© Surzhenko, Corbeyran – Le Lombard Avec cette reprise de Ray Ringo, Corbeyran et Surzhenko cassent les codes de la bande dessinée populaire de qualité, tout simplement en lui mettant un « P » majuscule.
Série : Ray Ringo
Tome : 2 – La captive
Genre : Western
Scénario : Corbeyran
Dessins & Couleurs : Roman Surzhenko
D’après : William Vance
Éditeur : Le Lombard
ISBN : 9782808217392
Nombre de pages : 56
Prix : 15,95 €
- Jusqu’à la nuit tombéepar Laurent Lafourcade
Le deuil impossible
« -C’est rare de voir des gens en cette saison. Z’êtes de passage ?
-Plus ou moins… Ma famille a une maison ici et je venais passer mes étés à Orpierre quand j’étais gamin…
-Oh ? Je connais toutes les familles, c’est quoi votre nom ?
-Saraoui.
-Je… C’est terrible ce qui est arrivé… Ça nous a tous…
-Ouais, j’imagine. Sur ce, bonne fin d’après-midi. »
David, la trentaine, arrive dans le petit village d’Orpierre, à flanc de montagne. Sa compagne lui envoie un SMS, lui souhaitant de trouver ce qu’il cherche. L’endroit semble désert. Il n’y a pas un chat dans les rues. Il ouvre la porte d’une maison dont il possède la clef. Au moment où il l’entre dans la serrure, il se voit enfant, en 1997, avec ses parents et sa sœur jumelle. Ils viennent pour les vacances retrouver leur cousin et leur cousine. Au fil de ses pérégrinations dans le village, les souvenirs d’enfance remontent à la surface. Quand l’épicière lui demande son nom et qu’il lui dit, le visage de la vendeuse se ferme. Elle évoque un drame. David ne surenchérit pas et s’en va.

© Lahbari, Heroguer – Delcourt Les jours passent et, dans la solitude d’une maison restée dans son jus, les souvenirs se précisent. Les rares rencontres transforment les gens à la manière de l’épicière. Ceux-ci manifestent de l’empathie pour le visiteur du temps. David prend le chemin des bois. Arrivé à la rivière, il se souvient des pieds dans l’eau où il fallait éviter les cailloux coupants. Ça, c’était l’été. Le gris de l’automne n’égaye pas la nostalgie. C’était il y a vingt-cinq ans. Vingt-cinq ans que quelqu’un a disparu de la vie de David. Qui ? Comment ? Pourquoi ? Qu’attend David de ce voyage ? Est-ce que des réponses lui apporteront un soulagement ?

© Lahbari, Heroguer – Delcourt La collection Une case en moins des éditions Delcourt dirigée par Davy Mourier accueille des histoires inclassables. Jusqu’à la nuit tombée est une histoire de deuil et de résilience. Quand l’on perd quelqu’un de proche, une expression détestable est « faire son deuil ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Rien ! Est-ce qu’on a envie à un moment d’aller mieux ? Non, pas forcément, même si une dictature sociale voudrait l’imposer. « Tu n’es plus là où tu étais, tu es partout là où je suis. » Cette phrase de Victor Hugo montre comment les morts nous accompagnent. David va recevoir un conseil inattendu, une requête même, venue de la seule personne qui pouvait se permettre de le conseiller. Philippe Lahbari signe un scénario émouvant au final réconfortant. Lauréat du concours découvertes jeunes talents 2018 de Quai des bulles, Quentin Heroguer a un trait qui peut sembler frais mais qui fait pénétrer à l’intérieur des âmes de ses personnages aux grands yeux en amandes.

© Lahbari, Heroguer – Delcourt Jusqu’à la tombée de la nuit, je me souviendrai de toi. Jusqu’à la tombée de la nuit, je revivrai ces moments avec toi. Jusqu’à la tombée de la nuit est une histoire qui apprend à gérer… autant que faire se peut.
Titre : Jusqu’à la nuit tombée
Genre : Emotion
Scénario : Philippr Lahbari
Dessins & Couleurs : Quentin Heroguer
Éditeur : Delcourt
Collection : Une case en moins
ISBN : 9782413083016
Nombre de pages : 96
Prix : 18,50 €
- Léonard 57 – Génialement vôtre !par Laurent Lafourcade
Pas de repos pour Disciple !
« -Un génie ! Je suis un génie ! Disciple, ça y est ! J’ai enfiun conçu l’invention ultime !!! Tilt 5700, le robot capable de tout inventer !
-Mais, Maître, si votre robot, là, il invente tout, à quoi vous servirez alors ? »
Si Léonard met au point un robot qui invente tout, à quoi va-t-il servir dorénavant ? C’est Basile, son fidèle disciple, qui le lui fait remarquer. Alors, le génie se ravise. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Et puis, le cerveau de Léonard est bien assez développé pour tout inventer lui-même. Dans cet album, nous allons assister pêle-mêle à l’avènement du cheval mécanique, de la friteuse sans huile, du bain à bulles (non pas du bain à bulles), du rouleau-compresseur, du test d’intelligence, de l’éphéméride à blagues, de l’ordre des léonardins, du robot éplucheur d’oignons, du nettoyeur de plages et de bien d’autres joyeusetés.

© Turk, Zidrou, Kaël – Le Lombard Mais alors que Léonard et Disciple ont été un duo pendant de nombreuses années, depuis quelques temps, la maisonnée regroupe une véritable famille, avec Mathurine, mais aussi Mozzarella, la fille adoptive du génie. Ce n’est qu’une fois qu’elle est partie à l’école que le maître s’occupe de son business et de son assistant. La gamine apporte de la tendresse à la série, mais aussi du bon sens. Son père vient la chercher en automobile à l’école alors qu’il n’y a qu’un quart d’heure à faire à pied. Elle va lui faire prendre conscience que le progrès n’est pas toujours un mieux.

© Turk, Zidrou, Kaël – Le Lombard Anastasio et Fratello ne vont pas faire ailleurs leurs larcins. Reconvertis en ferrailleurs, ils ne devraient pas se servir dans n’importe quel hangar. Comme d’habitude, Raoul Chatigré poursuit ses commentaires. Bernadette la souris reste une spectatrice avisée et Yorick le crâne complète le décor. Le point d’orgue de l’album met du « Désordre dans les ordres ». Basile et Léonard partent dans la campagne trouver un terrain idéal pour fonder un monastère. La bure, toujours la bure ! Le Disciple va découvrir la joie de tous les offices nocturnes, ainsi que du réveil aux matines. En bon génie, Léonard va certainement trouver l’intérêt de ce rassemblement en congrégation.

© Turk, Zidrou, Kaël – Le Lombard L’association Turk/Zidrou prouve que le mix d’une génération d’auteurs à une autre peut donner un réel souffle nouveau à la bande dessinée franco-belge dite classique. Léonard en est la preuve.
Série : Léonard
Tome : 57 – Génialement vôtre !
Genre : Humour ingénieux
Scénario : Zidrou
Dessins : Turk
Couleurs : Kaël
Éditeur : Le Lombard
ISBN : 9782808215084
Nombre de pages : 48
Prix : 12,95 €
- Tokyo Cannabis 7par Laurent Lafourcade
La zizanie
« -Tout à l’heure, il leur a carrément pété la gueule… Mori, qui c’est ce gars ?!
-Moi obéir ordres de Mori. C’est tout.
-T’as un putain de sacré pote, Mori ! Y a pas à dire, t’es vraiment un bon !!
-Enfuis-toi ! Les Kurobe ont vu ton visage… C’est trop dangereux pour toi de rester à Tokyo !! »
Deux membres du clan Kurobe transportant un kilo de cannabis se font dérober leur marchandise en pleine rue. Un kilo de Mick X, il y en a pour dix millions de yens ! C’est Morio qui est l’initiative de ce coup d’éclat. Aidé par Fong et Miyamoto, ils viennent de marquer un point décisif. Seul problème, les Kurobe ont vu le visage de Miyamoto. Trop dangereux pour lui de rester à Tokyo. Il faut qu’il parte. Il ne sera ainsi plus possible de faire le lien entre ce vol et Morio. La Mick X est la concurrente de la Super Mick X que produit le fleuriste. Fong se demande pourquoi un homme bon comme Morio, qui en plus n’en fume pas, produit du cannabis, et qu’il ne veut plus jamais voir des adolescents toucher de la Mick X. Tout ça est paradoxal… mais d’une part il a besoin d’argent et d’autre part, quand on met un doigt dans l’engrenage du trafic de drogue, il est difficile d’en sortir.

© 2022 by Yuto Inai / Coamix
© Inai – Kana 2026L’objectif de Morio est de semer la zizanie entre les clans Kurobe et Bad Dog en faisant croire à Shimizu que ce sont les Bad Dog qui ont commis le larcin. Leur boss Gozu devient la cible des Kurobe. Sous la torture, parviendra-t-il à convaincre son meilleur ennemi qu’il n’y est pour rien ? Ses phalanges vont s’en souvenir. Pendant qu’ils règlent leurs comptes entre eux, Morio doit poursuivre son business. Il s’oriente vers les Omega, dont l’un des membres, Junkie Joe, est un vrai accro, un type prêt à tout pour du bon cannabis. C’est lui qui gère les ventes. Mais un autre personnage vient faire son apparition : Merry, la spécialiste en e-liquide des Omega.

© 2022 by Yuto Inai / Coamix
© Inai – Kana 2026Si les joints de cannabis sont déjà nocifs, avec le e-liquide, les trafiquants peuvent faire n’importe quoi. En effet, si le liquide est obtenu par extraction des divers composants de la plante, ils sont ensuite combinés et ajustés pour obtenir le liquide final. Il est possible d’isoler le THC ou le CBD, de retirer certaines substances et d’en ajouter d’autres. Comme pour les cocktails, on peut faire des dosages forts, mais ils ne seront pas forcément les plus addictifs. La Mick X et la Super Mick X contiennent une grande quantité de THC et leurs substances sont parfaitement dosées. Yûto Inai poursuit la dénonciation d’un business hors de contrôle des forces de l’ordre en montrant comment les trafiquants font avaler les pires saloperies à leurs clients, tout en en consommant eux-mêmes.

© 2022 by Yuto Inai / Coamix
© Inai – Kana 2026Morio a la main verte et joue avec le rouge-feu dans un thriller noir où l’avenir ne semble rose pour personne. Tokyo Cannabis est plus addictif que l’objet de son sujet.
Série : Tokyo Cannabis
Tome : 7
Genre : Seinen Thriller
Scénario & Dessins : Yûto Inai
Éditeur : Kana
ISBN : 9782505142188
Nombre de pages : 160
Prix : 7,90 €
- Bêtes comme nouspar Laurent Lafourcade
Le miroir de l’humanité
« -Tu crois vraiment que je ne t’ai pas vu faire le beau toute la soirée devant cette petite pimbêche ?
-Hein ? Quoi ? Moi faire le beau ? Mais absolument pas, Louloute ! Où vas-tu chercher une idée pareille ? »
Un couple court dans les eaux d’une plage paradisiaque, s’embrasse et s’enlace, avant de, quelques semaines plus tard, rejoindre la civilisation. Le reportage « humanier » n’a pas l’air de passionner Monsieur tortue marine qui ferait mieux, selon les conseils de sa femme qui fait la vaisselle, d’aller se coucher. Les voyages en classe business, ce n’est plus ce que c’était. Les castors voyageant dans l’avion vont s’en rendre compte quand on va leur servir du sapin au lieu du chêne. Ça a beaucoup baissé. Une pieuvre joue de la guitare devant une foule en délire. Jimmy Hendrix peut aller se rhabiller. Elle maîtrise. Pas comme ce serpent dépité de ne pas posséder autant de membres.

© Mo/CDM – Fluide glacial Quand on fait partie du monde escargot, il faut faire preuve de patience, de beaucoup de patience. M’enfin, l’échelle du temps ne semble pas être la même chez eux et chez les autres. Sur la table d’opération, ce patient gastéropode doit se faire intuber. Vite, il faut aller chercher le matériel nécessaire ! Attraper une mouche avec des baguettes, pour un escargot, il va lui falloir de la complicité. Le plan sera parfait pour donner l’illusion au prof de karaté que la situation est maîtrisée. On va même assister au tournage d’un film olé olé pour bestioles à coquilles. Le réalisateur va mettre plusieurs jours à tourner la scène. L’ouverture des soldes vaut son pesant de bave. Il n’y aura pas besoin de repasser la scène au ralenti. Quant à l’incendie à New-York, pas de panique, Supersnail est en route.

© Mo/CDM – Fluide glacial Couronné du prix Gotlib 2024, Mo/CDM est de retour avec des animaux à la place des jeunes et des vieux de Gen War. Nos amis à poil, à plumes et à écailles en prennent pour leur grade, ou plutôt, on observe à travers eux ce que nous sommes. Quelques cartoons alternent avec les gags en une planche. Ça pulse et ça percute. Assistez à un repas chez les chauves-souris, à une séance de yoga bovine, à un baptême de plongée pour poissons, à des vacances au soleil pour ours polaires, ou encore à un retour de soirée de requin marteau éméché. Mo/CDM aligne les albums plus marrants les uns que les autres. Celui-ci ne déroge pas à la règle.

© Mo/CDM – Fluide glacial Bêtes comme nous, tout est dit dans le titre. On dit que les animaux sont intelligents. En fait, ils sont aussi couillons que les humains. A mi-chemin entre le reportage animalier et le précis sociologique, l’album n’a au final qu’un seul but : nous faire marrer dans un miroir de ce que nous sommes.
Titre : Bêtes comme nous
Genre : Humour
Scénario, Dessins & Couleurs : Mo/CDM
Éditeur : Fluide glacial
ISBN : 9791038209657
Nombre de pages : 56
Prix : 13,90 €
- Cinq Avril 4 – Le berceau des nationspar Laurent Lafourcade
La mère assassinée
« -Notre mère s’appelait Pacifica Brandani… Une jeune noble d’Urbino oubliée de tous. Elle est morte très jeune. Elle était l’amante de notre père, Julien de Médicis. Nous sommes donc des bâtards…
-Pour la première fois, ma mère n’est ni reine, ni princesse. Mon frère, je serais tenté de te croire ! »
1532. A Rome, au Vatican, commandée par sa Sainteté, une statue de l’Apollon printanier destinée à la bibliothèque papale vient d’être livrée. C’est une supercherie. Il s’agit de Cinq Avril soigneusement maquillé qui cherchait à s’infiltrer afin de trouver le livre de Copernic, ce savant polonais qui prétend que le Soleil est au centre de l’univers. Il est repéré mais parvient à s’enfuir. Le livre est en fait sa monnaie d’échange auprès de Sordi pour pouvoir récupérer Ariane, détenue en otage. Pendant que Sordi découvre les théories saugrenues de Copernic, Cinq Avril apprend qu’il a un frère en la personne du cardinal Ippolito de Médicis. Personnellement et mondialement, de grands bouleversements sont à l’ordre du jour.

© Monin, Duval, Bussi – Dupuis Pendant ce temps, à la cour du Roi de France à Amboise, le monarque apprend que la bulle papale offre de nouvelles terres au Portugal et à l’Espagne, et rien à la France ! Il faut négocier avec Clément VII. Le Cardinal Ippolito serait le médiateur idéal, surtout si on lui propose en échange un portrait de sa mère Mona Lisa. C’est donc aussi celle de Cinq Avril ?! En tous cas, le tableau révèlerait où le corps de leur mère assassinée repose. Direction le pont de Laterina pour tout savoir. Elle serait noyée au fond de l’Arno. Pour Ariane, le grand destin promis à Cinq Avril est celui de l’épouser après avoir récupéré le livre échangé à Sordi, déchiffré le codex de Léonard de Vinci et pacifié l’Europe. Facile ! En vérité, ça va être encore plus compliqué, au rythme des révélations.

© Monin, Duval, Bussi – Dupuis Fin de la série Cinq Avril, Le berceau des nations dévoile les origines du héros dans un partage du monde sans précédent dans lequel Donald Trump à l’époque aurait mis tout le monde d’accord. Géographie et théologie sont remises en cause. Cinq Avril-XIII même combat, plus les révélations approchent plus l’intrigue se complexifie. Heureusement, toutes les énigmes seront résolues. Michel Bussi et Fred Duval auront co-construit un récit que ne renierait pas Dan Brown. Le graphisme réaliste souple de Noë Monin a enfin pu trouver l’écrin qu’il mérite depuis plusieurs années. L’album se clôt par un court récit paru dans Spirou, prequel à toute l’aventure qui donne envie de se replonger dans l’ensemble depuis le début.

© Monin, Duval, Bussi – Dupuis Le fabuleux destin de Cinq Avril est un polar en costumes à lire d’une traite. On ne peut pas dire que la série ait bénéficié d’une publicité importante, malgré le nom de Michel Bussi. Pourtant, par la minutie de son scénario, intelligent et dynamique, et un dessin franco-belge aux frontières du manga, ça vaut le coup de bloquer la date.
Série : Cinq Avril
Tome : 4 – Le berceau des nations
Genre : Cape & Epée
Scénario : Fred Duval & Michel Bussi
Dessins : Noë Monin
Couleurs : Antoine Lapasset
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808509121
Nombre de pages : 96
Prix : 16,50 €
- Undark All about the new invisible power 1par Laurent Lafourcade
Les nuits noires peuvent s’éclairer
« -Tu ne dois pas utiliser tes pouvoirs pour des bêtises pareilles !
-Je n’ai rien fait ! J’étais énervée et les fenêtres se sont brisées toutes seules !
-Si quelqu’un apprend notre secret, on risque d’être séparées, tu en as conscience ?
-Oh non ! Tout sauf ça…
-On est d’accord. Tu dois apprendre à gérer tes émotions. »
Maria et An sont orphelines. Les deux sœurs vivent seules. Leur mère est morte depuis sept ans déjà. Maria vient de commencer le lycée et An n’est encore qu’en CM2. Elles vivent dans la misère mais parviennent quand même à joindre les deux bouts. Si An fait montre d’un optimisme à toute épreuve, elle ne sait pas que pour y arriver son aînée se prostitue. Depuis la tempête magnétique causée par un objet céleste, une « Supernova obscure », une épidémie d’un rhume un peu bizarre contamine la population, dont les deux sœurs. En rentrant à la maison après son « travail », Maria découvre An dans sa chambre en pleine lévitation. Le lendemain, la fièvre a disparu et An prend conscience de ses superpouvoirs.

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© 2026, Vega SAS, pour l’édition françaiseMaria aussi a acquis des pouvoirs. Mais si An s’amuse à contrôler les objets à distance, la grande préfère s’en passer. Quand un de ses « clients » lui demande de rencontrer sa petite sœur pour un million, l’avocat va vite regretter son offre. Le pédophile voit son bras se casser à distance. Sans s’en rendre compte, Maria a utilisé son don. Elle va dorénavant profiter de ce cadeau des dieux. Parallèlement, la protection de l’enfance va mettre son nez dans la vie des deux mineures. Placée en foyer, l’enfance d’An s’achève. Même si tout le monde est gentil, au bout de six mois, elle décide de fuguer afin de retrouver sa sœur.

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© 2026, Vega SAS, pour l’édition françaiseUndark, tout sur un nouveau pouvoir invisible, est une histoire d’amour et de sororité. Ode à l’enfance et à son innocence, la série dénonce les odieux fortunés qui pensent que tout s’achète, même l’indicible. Dans un graphisme à la fois classique et élégant, Akili raconte le destin de ces deux sœurs dans un Sans Famille 3.0 avec des scènes aussi poignantes que dans le roman d’Hector Malot. Tout comme Rémi, An soutient le lecteur par son optimisme à toute épreuve. Après sa fugue, elle va rencontrer d’autres jeunes, eux aussi dotés de pouvoirs, qui vont l’aider dans sa quête. Akili enveloppe les scènes de pouvoirs d’un lyrisme certain, comme dans le saut d’un immeuble à un autre où les personnages se détachent sur un décor flou.

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© 2026, Vega SAS, pour l’édition françaiseAlors que de nombreux mangas Undark délayent l’action et les événements, sans être speed, Undark n’y va pas par quatre chemins. On est tout de suite dans le cœur du sujet. Dérangeant, fascinant et mystérieux.
Série : Undark All about the new invisible power
Tome : 1
Genre : Fantastique
Scénario & Dessins : Akili
Éditeur : Vega
ISBN : 9782808702751
Nombre de pages : 192
Prix : 8,35 €
- Les Héricornes 4 – L’ombre du passépar Laurent Lafourcade
Les souvenirs enfouis
« -Les mages m’ont fait perdre trop de temps. Je n’ai pas pu mettre la main sur ces héritières. Elles sont déjà trop loin, et moi je suis trop vieille. Allons chercher les autres ! »
Avant d’arriver au temple d’Aurora, les héricornes Yzandre, Rama et Orya ont encore le marais de la perdition à traverser. Les filles sont sans leurs licornes car les Nympheas Monetias, les nénuphars qui parsèment les eaux, les rendent folles. Elles doivent avancer à pied. Nell, Céleste et Ketys, quant à elles, font un sacré détour pour éviter la sorcière. Le périple va être l’occasion pour Nell de raconter sa rencontre avec Nunki, sa licorne invisible. Pendant ce temps, les orcons installent leur camp où leur maîtresse Luna demande à Yas de lui insérer une larve de transmemia dans une de ses oreilles afin qu’elle y fasse sa chrysalide accélérée, la ressortir, capturer le papillon qui en naît puis le relâcher pour qu’il atteigne sa cible. C’est le dernier moyen pour mettre la main sur les héricornes.

© Toussaint, Alvarez – Le Lombard Héritière du royaume de Lémuria, Luna fait tout pour empêcher les héricornes d’atteindre le temple de la déesse Aurora. Elle a été maudite par la déesse Aurora pour avoir dérobé sa magie et un œuf de Licorne. Aujourd’hui, elle est Luna des Orcons, la sorcière, grand-tante de Céleste. Elle est le modèle d’Orthense qui veut en tous points lui ressembler. Celle-ci a pris son apparence et sa place à Lémuria depuis cent ans et personne, non personne, ne s’est aperçu de la supercherie. Il lui arrive même d’oublier elle-même qui elle est vraiment. Sa licorne est une licorne des bois, au pouvoir de régénérescence qui peut même faire repousser un membre perdu.

© Toussaint, Alvarez – Le Lombard Est-ce la fin du voyage pour les héritières dans ce quatrième volume des Héricornes ? Ce n’est en tous cas pas du tout la fin de la série de Kid Toussaint et Veronica Alvarez. Entre présent, passé, pouvoirs et métamorphoses, un petit retour dans les tomes précédents sera le bienvenu pour remettre toute l’histoire en place, ainsi que les rapports des personnages les uns avec les autres. Même si chaque volume est complété par des fiches personnages, une petite encyclopédie en forme de Fandom serait de bon aloi pour l’avoir à côté de soi quand on lit la série. En effet, loin de prendre ses lecteurs pour des idiots, Kid Toussaint construit un scénario aux ramifications multiples qui fait marcher le cerveau bien comme il faut. Veronica Alvarez dessine et colorise le tout dans un trait envoûtant, d’apparence girly, mais pas réservé aux filles.

© Toussaint, Alvarez – Le Lombard Les souvenirs du passé mènent les héricornes vers les temples de la déesse Aurora. S’y retrouveront-elles toutes sans que les orcons ne leur mettent des bâtons dans les roues, ou plutôt sous les sabots ? Vous le saurez dans « L’ombre du passé » !
Série : Les Héricornes
Tome : 4 – L’ombre du passé
Genre : Heroïc-Fantasy
Scénario : Kid Toussaint
Dessins & Couleurs : Veronica Alvarez
Éditeur : Le Lombard
ISBN : 9782808217743
Nombre de pages : 80
Prix : 14,45 €
- Les chants du cygne noir 1par Laurent Lafourcade
Space Opera
« -Ah, je savais bien que ça te ferait de l’effet ! Comme quand j’étais dans la « marchande » et qu’on levait les voiles pour partir en mer ! Sauf que là… on ne part pas en mer… »
En 1877, la conquête de l’espace est en plein essor grâce à l’invention d’un moteur révolutionnaire. Français et anglais s’affrontent pour conquérir Vénus pendant que les allemands occupent Mars. C’est au tour de Jupiter de faire l’objet de toutes les convoitises. Sur Terre, le Pendjab est sous l’emprise de l’Empire britannique. Benesh assiste à l’assassinat de son frère Amir. Le visage de son bourreau colonisateur se grave dans sa tête. Elle n’aura qu’un objectif : le venger. A Rangoon, trois ans plus tard, déguisée en garçon, Benesh, qui se fait appeler Ben, se fait engager sur le Prince of Wales, le plus beau, le plus grand paquebot de la White Star. Servir à son bord est un privilège dont tout le monde rêve.

© Alice – Rue de Sèvres Le Prince of Wales n’est pas un simple paquebot destiné à transporter ses clients d’un continent à un autre. Non, l’appareil est un vaisseau interstellaire. On ne largue pas les amarres pour naviguer mais pour décoller direction Jupiter. Ben va devoir se faire sa place dans les rangs du personnel. Pas toujours évident quand il faut cacher son identité. Loïc lui donnera les conseils nécessaires. Comme plus tard sur le Titanic (nous sommes au XIXème siècle), les pauvres jouent aux dès dans les cales pendant que les riches s’affrontent au bridge dans les luxueux salons. Parmi eux, à la table du Capitaine, dîne le baron Cockburn, douze ans en Inde, trois rébellions écrasées. Une carrière politique toute tracée se dessine devant lui. Mais il a des morts sur la conscience… dont Amir !

© Alice – Rue de Sèvres Dans le cosmos, il y a trois sortes d’êtres : les vivants, les morts et les pirates. Ben découvre que l’espace-océan de l’Ether est loin d’être pacifique. La ceinture d’astéroïdes est peuplée de dangers dont le Cygne Noir. Alex Alice développe l’univers du Château des étoiles dans un manga haletant pour l’instant prévu en trois volumes. Si les lecteurs du Château seront sensibles aux échos à la série-mère, comme la présence de Loïc, nul besoin de l’avoir lue. Ces chants sont totalement indépendants. Alex Alice a lu Jules Verne et Katsuhiro Otomo. Il a vu Albator et le Titanic de James Cameron. En excellent raconteur d’histoires, il mêle ses influences dans un scénario original avec une mise en scène époustouflante et une mise en forme manga qui dynamise le récit.

© Alice – Rue de Sèvres Le Cygne Noir est le nouvel Arcadia. Ben est la nouvelle Princesse Saphir. Avec Les chants du Cygne Noir, Alex Alice fait la démonstration qu’il n’y a plus de frontières entre le manga et la bande dessinée franco-belge. Embarquez à bord, vous n’en descendrez pas.
Série : Les chants du Cygne Noir
Tome : 1
Genre : Steampunk
Scénario & Dessins : Alex Alice
Éditeur : Rue de Sèvres
ISBN : 9782810210893
Nombre de pages : 216
Prix : 13,90 €
- Un espoir sans papierspar Laurent Lafourcade
Une rencontre improbable
« -Qui va là ?!!!
-Aaahhhh m’chi !!!!
-Ma parole, se mettre dans cet état-là pour un rat qui ne fait pas 20 centimètres !! Ouste du balai !!! Tu ne vas quand même pas essayer de m’assommer avec ça, gamin ?!
-P… P… Pardon, madame…
-Depuis quand tu me donnes du madame, Daniel ?
-Je… je ne comprends pas…
-Daniel, ça fait des jours que ton père et moi, on te cherche ! »
Un boat people fait naufrage au large de l’île d’Aix. La plupart des passagers périssent dans la tempête. Entendant des bruits dans sa grange, Sidonie, retraitée solitaire, y découvre un migrant effrayé par un rat. Elle croit reconnaître en lui son fils Daniel et lui ordonne de rentrer à la maison. Profitant de la méprise, Ahmed la suit. La vieille dame semble complètement déboussolée. Il tente de la convaincre qu’il n’est pas celui qu’elle croit. C’est peine perdue. A table, Sidonie attend même que son mari rentre. Le fils risque de se faire disputer. Endeuillée, elle souffre d’une absence qu’elle réfute. Plutôt que d’aggraver son chagrin, Ahmed va l’écouter, l’accompagner, sans l’approuver mais sans la contredire non plus.

© Espé, Chabbert, Battistutta – Dupuis Leur quotidien va être bousculé le jour où la Mairie va venir faire un tour des habitations pour un état des lieux après la tempête. Quand Sidonie parle du retour de son fils Daniel, ça met la puce à l’oreille. Il a fugué à 15-16 ans au début des années 90. La gendarmerie va donc venir sur place et découvrir Ahmed qu’ils embarquent pendant que le SAMU prend en charge Sidonie. Direction le continent pour tous les deux : une maison de repos pour l’une, l’aide sociale à l’enfance car il a un statut de mineur pour l’autre. L’un comme l’autre vont-ils s’adapter à leurs nouvelles vies ?

© Espé, Chabbert, Battistutta – Dupuis Ingrid Chabbert raconte le quotidien poignant d’un migrant perdu dans un monde soi-disant civilisé. Comme des milliers d’autres, Ahmed a quitté un enfer pour une jungle. La scénariste pointe les failles de l’administration et le rôle déterminant des associations d’aide aux migrants, en l’occurrence ici lorsqu’ils sont mineurs. Ahmed et Sidonie forment un duo improbable. Ils sont tous les deux en extrême souffrance, en deuil d’une famille ou d’un pays. Ils écrivent une histoire d’amour, une histoire d’amitié, une histoire dans laquelle les liens internationaux et intergénérationnels tissent la foi en la nature humaine. Sous les couleurs mauvais temps d’Aretha Battistutta comme la météo dans le ciel et les esprits, Espé s’affirme une fois de plus comme un dessinateur rapide et solide. Contrairement à d’autres, ses planches sont vraiment abouties sans que les décors ne soient négligés. Espé est l’un des rares auteurs à être aussi crédible dans la comédie que dans le drame, avec ici en prime un torrent de tendresse.

© Espé, Chabbert, Battistutta – Dupuis Dédié à toutes celles et ceux qui, chaque jour, tiennent le terrain face à la souffrance, aux obstacles et à la haine qui progresse, à celles et ceux qui refusent de détourner le regard et pour qui le mot solidarité n’est pas un slogan, mais un combat et une valeur, Un espoir sans papiers est une tempête d’émotion et de solidarité.
Titre : Un espoir sans papiers
Genre : Emotion
Scénario : Ingrid Chabbert
Dessin : Espé
Couleurs : Aretha Battistutta
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808507349
Pages : 104
Prix : 21,50 €
- La drôle de guerre de Papi et Lucien 5 – Opération : Débarquement !par Laurent Lafourcade
Les grandes retrouvailles
« -Il faut à tout prix garder secrets jusqu’au bout la date et le lieu du débarquement !
-Attendez… Chut…
-Général !
-Cette façon de me tenir à l’écart est inadmissible ! La Résistance française a toute sa place dans les combats pour vaincre le nazisme, et… »
1944. Alors qu’à Londres, Churchill et son état-major déploient leurs plans sans forcément y associer le Général de Gaulle et la Résistance française. Dans le Vercors, Papi et Lucien apprennent que le père de ce dernier, André, a été arrêté par la Gestapo qui compte bien le faire parler. Pas question de le laisser dans la panade. Le duo part à sa rescousse. Lucien bricole un téléphone portable en couplant un combiné avec une radio ce qui permet d’être joints partout. En plus, on peut écouter de la musique. Papi suggère qu’on pourrait y ajouter un appareil photo. Quel taquineur !

© Téhem, Erre – Auzou Pendant ce temps, André est conduit par Helmut, le teigneux ennemi, auprès du général Rommel, chargé de la défense des plages contre un risque de débarquement ennemi. Tout ce petit monde se rend donc à Lyon, capitale des Gaules abritant le siège de la Gestapo. Ils ne vont pas y rester longtemps et se retrouver tous en Normandie. Nous sommes le 5 juin 1944. Les nazis déploient des kilomètres de fil de fer barbelé. Toute la famille se fait coincer par Helmut. Retenus dans un bunker aux premières loges, dès l’aube, ils aperçoivent des petits points au loin sur la mer. Le vent de la guerre va peut-être bientôt changer de sens. C’est le jour le plus long.

© Téhem, Erre – Auzou Et voilà ! On a suivi la drôle de guerre de Papi et Lucien de 1940 à 1944 et c’était bien drôle, aussi marrant qu’instructif. En fin d’album, un court dossier historique replace quelques cases à côté d’explications. On nous confirme les relations complexes entre De Gaulle et ses alliés. On prend conscience que le D-day ne fut que le premier jour d’un long combat. On accompagne les commandos Kieffer, les 177 soldats français participant au débarquement. On assiste à la défaite des généraux nazis et l’entrée de la deuxième division blindée du général Leclerc dans Paris. On apprend que jusqu’au bout l’ennemi a tenté de remplir des trains de déportés.

© Téhem, Erre – Auzou Avec les dessins tous publics de Tehem, le professeur Fabrice Erre permet d’apprendre en s’amusant. Si avec ça les élèves qui n’écoutent rien en cours d’Histoire ne s’intéressent pas à la guerre, les enseignants peuvent rendre leurs tabliers. Mais avant tout, La drôle de guerre de Papi et Lucien est l’une des meilleures séries historico-comiques du moment dans la plus pure tradition franco-belge.
Série : La drôle de guerre de Papi et Lucien
Tome : 5 – Opération : Débarquement !
Genre : Aventure historique
Scénario : Fabrice Erre
Dessins & Couleurs : Téhem
Éditeur : Auzou
ISBN : 9791039566001
Nombre de pages : 56
Prix : 12,95 €
- La fragilité des hommespar Laurent Lafourcade
Glanage théâtral
« -Dans le temps, on faisait du théâtre dans cette salle. Des Mouaisiens jouaient et ceux qui ne jouaient pas venaient voir les autres.
-Et alors ?
-Et alors, mais c’est génial ! T’imagines l’ambiance !! Moi, je veux relancer l’idée, redonner un peu de vie à ce putain de village ! François… T’as pas l’impression de te faire chier dans la vie, toi ? Moi, je me fais vraiment chier. »
La ville de Mouais est une toute petite commune du centre de la France. Seuls ses habitants la connaissent. Pourtant, c’est elle, la ville, qui va les raconter, ses habitants. Les jeunes sont partis travailler ailleurs. Les vieux sont morts. Ceux qui restent, ce sont ceux qui ont oublié de partir. Parmi eux, il y a François Sauvage, célibataire d’âge moyen mais de grande taille. Il retrouve ses amis au bar du village comme Michel, qui se remémore avec nostalgie du temps où ils faisaient du théâtre dans une salle attenante. Michel se fait chier (sic). Il veut relancer cette activité, redonner un peu de vie à ce putain de village (sic). Il fait jurer à son ami François de l’aider à le faire. François jure. Michel meurt, bêtement ; il est tombé dans l’escalier. François n’a pas d’autre choix que de tenir sa promesse.

© Nicoby, Zabus, Jeanneau, Ory, Ory – Dargaud Quand Fanny, une jeune femme, débarque dans la ville pour six semaines d’atelier théâtre, François commence par lui dire qu’elle peut rentrer chez elle, vues les circonstances, avant de se raviser, l’esprit de Michel lui ayant rappelé son engagement. Fanny et François vont donc s’atteler à recueillir la parole des habitants dans l’ehpad, au bistro ou chez eux. La vie de chacun va devenir une bribe de la pièce qu’ils vont créer ensemble. Les souvenirs sont des histoires. Un mari résistant, un mariage enfermant, un enfant non reconnu,… Avec ce projet, les habitants prennent conscience que l’écriture de soi les fait voir leur vie autrement, comme si l’idée de se montrer aux autres les amenait à se regarder enfin vraiment.

© Nicoby, Zabus, Jeanneau, Ory, Ory – Dargaud Le théâtre de rue a changé la vie de Vincent Zabus. Ancien prof de français en lycée, il a démissionné pour haranguer les foules dans des festivals de théâtre. Ça fait maintenant 25 ans qu’il fait du théâtre de rue, pratiquant notamment le glanage théâtral, comme le font Fanny et François, en bousculant des vies en les plaçant sous les feux de la rampe. En postface, le comédien scénariste raconte quelques anecdotes en concluant poétiquement : « Le théâtre de rue porte notre regard sur des fleurs de pavé si familières qu’on en avait oublié la beauté. ». Qui mieux que Nicoby pouvait dessiner une histoire de théâtre ? Même si, au théâtre, le décor fait partie du jeu, ce sont les comédiens qui doivent être mis en évidence. Nicoby n’est pas un décoriste. C’est un dessinateur d’émotions. Les yeux simples, noirs et petits de ses personnages font tellement passer. C’est tout autant incroyable qu’étonnant. Accompagnées par Pierre Jeanneau, Laurence et Salomé Ory poursuivent la voie de la colorisation qu’empruntait le regretté Pascal Ory, coloriste fidèle de Nicoby.

© Nicoby, Zabus, Jeanneau, Ory, Ory – Dargaud Décidément, après les Mémoires d’un garçon agité, Vincent Zabus scénarise un nouvel album d’une sensibilité qui n’appartient qu’à lui. Dans le genre, il est le meilleur. Soutenue par le dessin de Nicoby, avec La fragilité des hommes, le théâtre est porté au pinacle par la bande dessinée, et vice versa.
Titre : La fragilité des hommes
Genre : Emotion
Scénario : Vincent Zabus
Dessins : Nicoby
Couleurs : Pierre Jeanneau, Laurence & Salomé Ory
Éditeur : Dargaud
ISBN : 9782205212815
Nombre de pages : 128
Prix : 23,50 €
- Extrême L’histoire du groupe militaire de haute montagnepar Laurent Lafourcade
50 ans à dompter les sommets
« -Ouvrir à notre tour un ou deux nouveaux itinéraires sur le Shishapangma est vraiment un projet passionnant !
-Oui, mais difficile avec ces couloirs et éperons mixtes, ne l’oublions pas !
-Mais quelle belle mise en jambes pour se préparer au K2 ! »
Tibet, septembre 2003. Le Shishapangma, l’un des quatorze sommets de plus de 8000 mètres, est l’objectif du groupe militaire de haute-montagne, le GMHM, dont fait partie le Capitaine Antoine de Choudens. Guide et moniteur de ski, il décide de constituer une cordée de choc avec notamment le lieutenant Philippe « Goup’s » Renard, avec qui il a déjà vaincu le Mont Blanc par sa face la plus difficile. Avant la montée dure, trois jours de trekking sont nécessaires pour atteindre le camp de base qui est quand même situé à 5300 mètres d’altitude. Ils vont passer par le versant sud, où soleil et neige dure seront au programme.

© Pradelle, Stoffel, Bertorello – Plein vent Les alpinistes montent par étapes pour s’acclimater au fur et à mesure. Les corps sont mis à rude épreuve, devant produire plus de globules rouges afin de pallier le manque d’oxygène. Deux groupes de deux binômes optent pour des stratégies différentes. Ils ne vont pas suivre exactement le même chemin. Antoine et Goup’s prennent les piégeuses arêtes himalayennes, sous l’œil bienveillant de Thomas, le chef d’expédition. Les membres de ce défi montagnard ne savent pas encore que tous ne vont pas rentrer.

© Pradelle, Stoffel, Bertorello – Plein vent Retour en 1976 à Chamonix. Une dizaine de militaires crée le GMHM, groupe militaire de haute-montagne. Depuis, la compagnie a réalisé avec succès de multiples expéditions en Himalaya, dans les pôles, aux Kerguelen et dans bien d’autres endroits du globe. Les scénaristes Yvon Bertorello et Eric Stoffel proposent une immersion au cœur de ces exploits, avec ces hommes pour qui l’on vibre, avec qui l’on transpire, avec qui l’on soufre. Nous ne sommes pas dans une fiction. Dans la vraie vie, les histoires ne finissent pas toujours bien. Les tentatives d’exploits se paient parfois cher, très cher, trop cher. Le dessinateur Bruno Pradelle dépeint des montagnes incroyables. Les visages de ses personnages sont un brin trop photographiques. L’auteur aurait dû se lâcher un peu plus, quitte à ce que les protagonistes soient moins ressemblants aux véritables personnes. Tout cela a au moins le mérite de faire la part belle aux décors, on le redit, exceptionnels.

© Pradelle, Stoffel, Bertorello – Plein vent Publié à l’occasion des 50 ans du groupe militaire de haute-montagne, Extrême est une impressionnante immersion mettant à l’honneur ces hommes dont la vocation est de pousser toujours plus loin les limites des capacités humaines.
One shot : Extrême L’histoire du groupe militaire de haute montagne
Genre : Histoire
Scénario : Eric Stoffel & Yvon Bertorello
Dessins & Couleurs : Bruno Pradelle
Éditeur : Plein vent
ISBN : 9782384881505
Nombre de pages : 64
Prix : 17,90 €
- Super Mario Manga Adventures – Best selectionpar Laurent Lafourcade
Z’avez d’mandé l’plombier ?
« -Nous sommes arrivés sur une île paradisiaque, Mario !
-Oui, je bondis de joie !!!
-Arrête !
-Où est la princesse ?
-Elle n’est plus là ?
-Bonjour Mario et Luigi !
-Hein ?!?
-La voix de Bowser !
-Peach est à moi ! Elle est retenue prisonnière dans mon château ! »
Quand il a publié le premier épisode de Super Mario dans Corocoro Comic, Yukio Sawada n’imaginait pas que 35 ans plus tard il aurait une aura rayonnant dans le monde entier. Pour la première fois, un best of retrace la carrière du personnage, avec une couverture écho au tout premier tome sorti. Il y en a eu 59 entre 2001 et 2023. Ici, les toutes premières histoires côtoient des épisodes inédits, avec en cadeau un autocollant du blason doré du Corocoro, du nom du magazine dans lequel le plombier est né. Après la reproduction de l’ensemble des couvertures (en tout petit format mini rikiki qu’il faut une loupe), c’est parti pour des Super Mario Manga Adventures ! Trois chapitres : les débuts, les histoires préférées de l’auteur, puis les inédits. Ils sont intercalés de reproductions de shikishis, cartons illustrés servant généralement pour les dédicaces, avant de finir par une interview de l’auteur.

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© 2026 Yukio Sawada
© 2026 Editions Soleil, Groupe DelcourtLes débuts : En arrivant à Dino Land, sur l’île des Yoshi, Mario et Luigi apprennent que la princesse Peach a été kidnappée ! Bowser l’emmène en balade ou quoi ? Mario, à toi de jouer ! Peach est prisonnière dans le château de Bowser, annonce une radio aux deux frères avant de s’auto-détruire. Avant de la sauver, quoi de mieux que de se préparer une petite omelette ? Avec un œuf de dino d’où sort une bestiole, ça va être compliqué. Mais voilà qu’arrivent des sbires du méchant kidnappeur, qui a aussi volé des œufs. Et comment se rendre au château ? On pourrait toujours prendre un tuyau ! Va y avoir des combats à mener avant d’arriver sur place. Ça, ce sont les débuts de Mario, imprimés en bleu sur un papier jaunâtre, comme dans son jus de l’époque.

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© 2026 Yukio Sawada
© 2026 Editions Soleil, Groupe DelcourtL’auteur présente ensuite trois de ses épisodes favoris : Yoshi quitte la maison, Courage Luigi, et Mario vs Browser la bataille des chefs, trois comédies bien déjantées. Enfin, la dernière partie propose trois histoires inédites en volume relié, publiées uniquement en magazines. Il va y avoir une grosse baston au château de Bowser. Il n’avait qu’à pas enlever pour une énième de fois Peach. Mallow, qui déclenche des averses quand il pleure, sera un allié de poids. Plus surprenant, Bowser va se faire jeter de son antre par un nouvel ennemi. Enfin, en guise de final, un jour de fête avec Mario, ça vous dit ?

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© 2026 Yukio Sawada
© 2026 Editions Soleil, Groupe DelcourtOn ne présente plus Super Mario, stars de jeux vidéo et de cinéma. Il ne faut pas oublier les mangas d’origine. Cette compilation drôle et avec un brin de nostalgie nous rappelle ses premiers pas en Manga, dix ans après sa première apparition dans le jeu d’arcade Donkey Kong. Here we go !
Titre : Super Mario Manga Adventures – Best selection
Genre : Fantastique
Scénario & Dessin : Yukio Sawada
Éditeur : Soleil
ISBN : 9782302108912
Pages : 192
Prix : 9,99 €
- Les vents ovales 3 – Mai 68par Laurent Lafourcade
Une révolution
« -Oui, je suis rassuré… Mais fait quand même attention, Yveline ! On ne sait pas comment ça peut tourner ! Bon, je file de ce pas rassurer tes parents… Hier soir, avec ce qu’ils ont dit à la radio, ta maman se faisait un sang d’encre…
-C’est la rrrévolution, Jacques-Henrrri !
-Hooo, on ne va pas me décapiter tout de suite, si ?
-Hahaha ! Les moujiks entourent déjà le château !
-Calme-toi, mon vieux… C’est une poignée d’étudiants énervés qui font les marioles ! »
1er Mai 1968, le défilé annuel est perturbé par des affrontements entre le service d’ordre de la CGT et les mouvements étudiants qui grondent depuis le mois précédent. L’extrême-droite se mêle au trouble, ainsi que leurs opposants militants maoïstes. Le lendemain, un incendie est déclenché à la Sorbonne. A Nanterre, les étudiants de gauche se préparent à une attaque de la droite dure. C’est d’abord à la répression policière qu’ils devront faire face. Pour tenter de calmer le jeu, le président de Gaulle décide de la fermeture de l’Université de Nanterre à partir du 8 Mai. Depuis la campagne, certains adultes voient ces étudiants gauchistes comme des gens qui sont contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre.

© Horne, Mermilliod, Tripp, Maffre – Dupuis A Larroque et Castelnau-sur-Garonne, dans le Sud-Ouest, Monique n’est pas loin d’accoucher. Entre un père, directeur d’usine, et celui de son futur enfant, instituteur communiste, elle tente de faire tampon. Sa copine Yveline fait ses études à Paris. Ses parents s’inquiètent, elle, pas du tout. Dans ce petit coin du Tarn-et-Garonne, l’amphi des jeunes, c’est le stade. Ils vont voter pour savoir s’ils continuent le rugby de situation. Les gradins deviennent un lieu de débat. En solex ou en 2 CV décapotée, les jeunes avancent avec le slogan « Sous la pelouse la plage ». Etudiants, travailleurs, paysans, rugbymen, même combat ! Ils sont réalistes et demandent l’impossible. Les fleurs peace and love décorent le béton. La révolution aboutira-t-elle à une évolution ?

© Horne, Mermilliod, Tripp, Maffre – Dupuis Fin du triptyque Les vents ovales, Mai 68 montre que l’Histoire avec un grand H, ça ne se passe pas qu’à Paris. Au travers du destin de membres de deux générations, les auteurs nous offrent un voyage dans le temps, une immersion au cœur de la révolte vue par le prisme de la campagne. Aude Mermilliod et Jean-Louis Tripp expliquent que malgré les événements la vie continue malgré tout. C’est inéluctable. La distance avec le cœur de l’action n’empêche pas chacun d’apporter sa pierre à l’édifice. On pourrait penser que le rugby aurait mérité plus de place pour ce final. Il est bel et bien là, sous-jacent, par tout ce qu’apporte une tribune à un match, même si celui-ci ne se joue pas pile sur le terrain d’en face, mais en l’occurrence sur les pavés de la capitale. Sous les couleurs très années 60 de Jérôme Maffre, Horne prend soin de chaque protagoniste, tous témoins de leur temps à leur manière.

© Horne, Mermilliod, Tripp, Maffre – Dupuis L’Histoire, ce n’est pas que ce que l’on apprend dans les livres, c’est aussi ce qu’il se passe dans les âmes. En faisant revivre Mai 68 vu de la Province et du Rugby, Les vents ovales sont une bien belle brise dont les échos résonnent encore aujourd’hui.
Série : Les vents ovales
Tome : 3 – Mai 68
Genre : Chronique de vies
Scénario : Aude Mermilliod & Jean-Louis Tripp
Dessins : Horne
Couleurs : Jérôme Maffre
Éditeur : Dupuis
Collection : Aire Libre
ISBN : 9782808507684
Nombre de pages : 136
Prix : 26 €
- Les omniscients 7 – L’amour du savoirpar Laurent Lafourcade
Intelligences naturelles
« -Bien… Je vais lancer le débat. Ce sera plus facile. Je vous ai tous écoutés… Surtout vous, Albert et Kate, qui avez rencontré les vieux dieux tazmèdes. L’enjeu est clair, les dieux vous obligent à relancer la civilisation tazmède ! Vous devez agir plus vite et avec un meilleur projet que celui de Jimmy avec qui vous êtes en concurrence ! »
Omniscients contre iconoclastes, c’est un duel du temps passé. Tous sont à présent réunis pour s’opposer à Jimmy, l’iconoclaste rebelle qui est en train d’essayer d’embrigader des gens dans ce qu’il appelle la milice des sécateurs afin de faire renaître la civilisation tazmède. Y parviendront-ils avant lui, qui semble avoir toujours une longueur d’avance ? Le chef Tazmède doit posséder le savoir absolu. Omniscients et iconoclastes devront décider qui d’entre eux en deviendra le chef. Ils vont devoir s’entendre malgré leurs différences. Ça ne pourra être ni Diana ni Diego car ils sont de jeunes dieux Tazmèdes envoyés sur Terre par leurs aînés, ni Amber non plus d’après Eduardo car elle aurait triché par amour pour Jimmy. Elle en rigole !

© Dugomier, Castellani, Bekaert, Lapasset – Le Lombard Au centre médical, l’homme venu du passé se porte à merveille. Le tazmède s’adapte parfaitement à la pollution du XXIème siècle. Mais que signifie ce tatouage en forme de flamme qu’il porte derrière l’oreille ? Le professeur Schweitzer est appelé sur place pour l’observer, d’autant plus que l’individu regarde si les gens qui l’auscultent en ont. Leur absence semble l’affoler. Plus tard, sur le chantier de fouilles, l’archéologue Graig Parker fait une découverte absolument incroyable : une petite statuette de crabe vert, stylisation du territoire tazmède. Comment cet objet en jade impérial venant de Birmanie, à 15 000 km d’ici, au-delà des mers et des océans, a-t-il pu se retrouver là ?

© Dugomier, Castellani, Bekaert, Lapasset – Le Lombard Avec le savoir absolu est au cœur du concept, Les omniscients, qui était une série en avance sur son temps, se voit rattrapée par l’IA. Rattrapée, mais pas devancée. Saisissant la balle au bond, le scénariste Vincent Dugomier intègre le concept d’intelligence artificielle à son récit, ou pas quand il s’agit de faire parler un tazmède avec des humains. Avec la conseillère de la présidente, les auteurs abordent le sujet des communautés LGBTQIA+, montrant que la polémique est aussi politique et ne sera vaincue que lorsque la diversité sexuelle et de genre deviendra naturelle pour tous. Il y a encore du chemin à parcourir. En parler dans une BD grand public ne peut qu’aider à ce que les choses deviennent naturelles. La dessinatrice Renata Castellani reste dans un découpage classique avec quelques attitudes manga modernisant le franco-belge traditionnel. Aux couleurs, on retrouve Benoît Bekaert et Antoine Lapasset.

© Dugomier, Castellani, Bekaert, Lapasset – Le Lombard Amour du savoir ou amour du pouvoir ? Il faut savoir pour pouvoir. Mais ce qui va au-delà de tout, c’est bel et bien le pouvoir de l’amour. Entre stratégies et trahison, le bras de fer pour la résurrection de la civilisaton tazmède ne fait que commencer.
Série : Les omniscients
Tome : 7 – L’amour du savoir
Genre : Thriller fantastique
Scénario : Vincent Dugomier
Dessins : Renata Castellani
Couleurs : Benoît Bekaert & Antoine Lapasset
Éditeur : Le Lombard
ISBN : 9782808217774
Nombre de pages : 48
Prix : 13,95 €
- Brindille – Intégralepar Laurent Lafourcade
Entre Jolies ténèbres et Bone
« –Pas de doute, c’est bien toi !
-Reste où tu es ou je te brise le crâne !
-Mais oui, mais oui…
-Et ne t avise pas de me suivre, tu pourrais le regretter !
-Comme tu veux, mais sache que ce monstre voulait te dévorer… Je t’ai sauvé la vie ! Enfin la vie… C’est une façon de parler ! »
Une jeune fille, elfe, fée ou autre être fabuleux, nul ne le sait, est recueillie par le petit peuple de la forêt. Qui est-elle ? Quel est son destin ? Elle en saura plus lorsqu’elle croisera le loup, ce loup ange-gardien qui vient d’empêcher un sanglier de l’attaquer.
Le vieux sage a écouté les vibrations de la pierre. Il ne faut surtout pas que la jeune fille soit attrapée par ses poursuivants. Ailleurs, Brindille, la proie, se réveille échouée et blessée aux abords d’un lac, au cœur d’une forêt inextricable. Elle ne va pas rester longtemps seule. Elle retrouve le loup, le soigne et panse ses plaies. Mais pour sauver son ange-gardien, il faudra affronter les sirènes. Mais vite, la horde arrive…

© Brrémaud, Bertolucci – Vents d’Ouest Brindille est un conte moderne, une quête initiatique. Après une introduction en forme de fuite d’un lieu inconnu, l’histoire commence dans une ambiance bucolique et mignonne. Les personnages semblent tout droit sortis de l’horrifiquement tendre Jolies ténèbres de Vehlmann et Kerascoët. Le récit se poursuit comme un conte d’Hausmann, chantre des histoires de la forêt qui nous manque énormément. Il se conclut sur un champ de bataille où des héros innocents font face à une horde sauvage, sanguinaire et sans pitié. Des contes, des contes, des contes, tout le monde en a lu des milliers. Mais le final de celui-ci, jamais au grand jamais, on ne l’a jamais lu.

© Brrémaud, Bertolucci – Vents d’Ouest Frédéric Brrémaud signe une œuvre forte et personnelle. Le scénariste compile ses influences, ses lectures d’enfance et ses plaisirs de lecteur dans un récit épique. Brrémaud a vu les films de Disney, de Blanche-Neige et les sept nains à Taram et le chaudron magique et a été bercé par les contes de Perrault où l’apparente naïveté cache une cruauté sous-jacente. Il a lu Hector Malot et écouté la voix des conteurs les soirs sans électricité au coin de feux de bois. Et s’il n’a pas fait tout ça, il synthétise dans Brindille tout ce qu’auraient pu être ces réminiscences.
De la même manière, le graphisme de Federico Bertolucci se positionne au centre de confluences. La rondeur des gros nez des petits êtres des bois rencontre le bestiaire qu’il a su créer dans Love, ainsi que les belliqueux guerriers de Jeff Smith dans Bone.

© Brrémaud, Bertolucci – Vents d’Ouest Une première partie magnifique et sauvage, une seconde surprenante et poignante, le diptyque Brindille réunit ici en intégrale forme un récit fantastique dans tous les sens du terme, un récit initiatique qui va jusqu’à redéfinir le sens de la vie.
Titre : Brindille Intégrale
Genre : Fantastique forestier
Scénario : FrédéricBrrémaud
Dessins & Couleurs : FedericoBertolucci
Éditeur : Vents d’Ouest
Collection : Poche
ISBN : 9782344076033
Nombre de pages : 192
Prix : 10 €
- Les cavaliers de l’apocadispe 6 – Les cavaliers de l’apocadispe simplement en vacancespar Laurent Lafourcade
Trois tiers de trio décompressent
« -C’est tellement bien qu’on ait pu s’organiser pour passer nos vacances les uns chez les autres !
-Ils viennent nous chercher bientôt tes grands-parents ?
-Mais ouais ! C’est trop bien la campagne ! »
Les cavaliers de l’apocadispe se sont organisés pour passer leurs vacances ensemble chez leurs grands-parents les uns après les autres. Pour commencer, ils partent en vacances à la campagne. Aujourd’hui, ils débarquent chez les grands-parents d’Olive. C’est juste un peu plus la campagne qu’ailleurs. Papi et Mamie les récupèrent à la gare et c’est parti direction la maison familiale. Le séjour promet de ne pas être de tout repos. Le dîner est déjà au four. On mange au doux son du journal télévisé sans sonotone alors que ça aurait quand même été bien que les ancêtres en aient. La nuit, entre ronflements, tic-tac de l’horloge du salon et chant du coq dès les premières lueurs de l’aube, nos amis vont avoir bien du mal à trouver le sommeil. La balade en forêt de la journée s’annonce épique.

© Libon – Dupuis Etape 2, vacances à la mer chez le pépé et la mémé de Ludo. Jé n’a qu’une envie, c’est de se jeter à l’eau. Le problème de Mamie, c’est qu’elle a toujours peur que son petit-fils se fasse mal. Les pirouettes devront être calmes. Question nourriture, pas de cochonneries du supermarché. Uniquement des bons produits faits maison. Tout va dégénérer quand Olive va se coincer une carte de jeu des 7 familles dans le bec et Jé une paire de tenailles dans les naseaux. Comment cacher ça pour que Mamie ne fasse pas une syncope ?
Les potos finissent par un séjour presque à la montagne. Malheureusement, les grands-parents de Jé ont eu une fuite d’eau dans leur maison et ne peuvent pas les accueillir. Alors, ils vont aller chez le tonton, dans la grande-ville à côté de la montagne, là où il y a un superbe musée du jouet et son guide passionné.

© Libon – Dupuis Entre les voyages, en attendant le nouveau séjour, il ne faut pas perdre pied avec l’école. Les parents de Jé l’obligent à faire un cahier de vacances. Il en a marre, alors, il demande de l’aide à ses copains. Ça assomme et ça pique les yeux. Réviser les maths ou la grammaire avec Mimimi et Lululu, c’est chaud cacao. Heureusement, ils donnent des conseils, que ce soit pour apprendre des locutions conjonctives ou calculer rapidement la trajectoire de rentrée dans l’atmosphère. Il vaut mieux, parce que comme chacun le sait, toutes les vacances finissent par une rentrée, à la grande joie de nos cavaliers de l’apocadispe.

© Libon – Dupuis Pour ce sixième album, Libon innove avec une grande histoire en trois parties. Alors, ne restez pas seuls pour les grandes vacances. Partez avec Jé, Olive et Ludo. A mourir de rire, comme d’hab !
Série : Les cavaliers de l’apocadispe
Tome : 6 – Les cavaliers de l’apocadispe simplement en vacances
Genre : Aventures humoristiques
Scénario, Dessins & Couleurs : Libon
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808514316
Nombre de pages : 64
Prix : 13,50 €
- Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremispar Laurent Lafourcade
4 enfants, 1 chien et des roulettes
« -Il semblerait que nous allons avoir de nouveaux voisins…
-Chic ! J’ai hâte de voir à quoi ils ressemblent !
-J’espère qu’ils seront aussi sympathiques que les Jourdan !
-J’en suis persuadée ! »
C’est les vacances d’été. Garance et Nathanaël sont tout excités à l’idée d’accueillir leurs cousins Apolline et Bruno. Avec eux, ils vont pouvoir vivre des aventures passionnantes et des enquêtes incroyables, à moins que ça ne soit l’inverse. Garance, Nathanaël, Apolline, Bruno,… ? Mais ? Il faut être cinq ! Ah, oui, il y a aussi Attila, le chien de la famille, handicapé du train arrière depuis que Charles Barral, le père de famille, l’avait écrasé en reculant sa voiture dans l’allée de la villa. Bref, pour les enfants, c’est après-midi plage. « Le dernier à l’eau est socialiste ! » L’ambiance est fort bonne et les éclats de rire nombreux. Le soir, à la maison, les nouveaux voisins sont invités pour l’apéritif. Le premier mystère se produisit lorsque Christian Duval, le voisin, parti aux toilettes avec son attaché-case qu’il ne quitte jamais, se trompa certainement volontairement de porte pour se rendre dans le bureau de Charles.

© Fabcaro – 6 pieds sous terre Un deuxième mystère retentit dès la nuit venue. Réveillée par un bruit étrange, Garance entendit des phrases énigmatiques venue de la chambre de ses parents et prononcées par sa mère. Rejointe par Nathanaël, ils conclurent à un cauchemar de leur maman. Ce n’est que le lendemain, alors que les enfants sont repartis à la plage et vont se régaler de glaces exceptionnelles, surtout une, que le papa se rendit compte qu’un dossier très très important avait disparu de son bureau. Mon dieu ! Et dire que pourraient être révélés au monde entier les secrets des raviolis de chez Lidl ! Tout cela n’empêchera pas les enfants de se rendre au vide-greniers et les parents de s’enjailler au bal au son de la Bistouchatte.

© Fabcaro – 6 pieds sous terre Le club des 5 a-t-il trouvé ses successeurs ? Les 6 compagnons vont-ils être mis au rebu ? Le clan des 7 peut-il être à présent dissous ? Les cinq ami.e.s, sont là et fichent un sacré coup de vieux (ou pas) à leurs prédécesseurs. Enid Blyton et Paul-Jacques Bonzon peuvent dormir sur leurs deux oreilles (ou pas). Ils ne sont pas oubliés. Fabcaro les a lus et il s’en rappelle. Il reprend leurs poncifs dans une parodie hilarante où l’on rit de bon cœur. L’auteur raille un style, avec des phrases répétitives en running gags. Il adopte un langage sans filtre comme quand Apolline ne peut pas se baigner parce qu’elle a ses règles. Pour ce qui est des mystères, ce n’est pas le plus important pour Fabcaro. On sait dès la 4 de couv’ que le voisin est le fourbe de l’histoire. Ce qui compte, c’est l’écriture, même quand elle est inclusive pour se payer la tête d’une modernisation des œuvres littéraires. Pour exemple, les livres du Club des 5 ont tous été réédités au présent simple au lieu du passé de narration d’origine, comme si les gamins d’aujourd’hui étaient trop neuneus pour comprendre. Alors que leur éditeur nivelle par le bas, celui de Fabcaro, 6 pieds sous terre, sort tout le monde de ce fatras pour un décalage jouissif.

© Fabcaro – 6 pieds sous terre Si les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis, on n’échappera pas à une grosse poilade. Bien sûr, il vaut mieux avoir les réf’ pour en profiter encore plus. Pour les autres, faites un pas de côté et vous comprendrez tout. Vivement Les cinq ami.e.s à la rescousse, La revanche des cinq ami.e.s ou Le trésor des cinq ami.e.s, à moins que ne soient rééditées les inédites aventures des cinq ami.e.s qui tentent de joindre l’URSAF Limousin, contre les falafels faits maisons ou contre Jean-Luc Lahaye. On n’a plus envie que ça s’arrête.
Titre : Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis
Genre : Parodie
Scénario & Illustrations : Fabcaro
Couleurs : Guillaume Guerse
Éditeur : 6 pieds sous terre
ISBN : 9782352122036
Nombre de pages : 104
Prix : 14 €
- Space Cats 1 – Dans les griffes de l’empirepar Laurent Lafourcade
Chat va pas se passer comme ça !
« -C’est quoi, ce truc ? Euh… Quelqu’un se souvient à quoi sert ce rappel ?
-Eminence ! Eminence ! Un rappel vient de sonner. Il est temps de reprendre contact avec la colonie terrienne…
-La Terre, hmm ? Oui, ça fait déjà sept cents ans. »
L’histoire commence il y a quatorze mille ans lorsqu’un vaisseau spatial s’abîme sur Terre. A son bord, un groupe de chats rescapés explore la planète. Seuls deux d’entre eux tirent leur épingle de la bobine de laine dans ce monde préhistorique hostile : l’agent de liaison Grodo et le Capitaine Pacha. Leurs multiples vies de chats leur permettent de traverser les générations et de tenter d’asservir ces pathétiques mortels que sont les humains. Chez les chats, quand l’un d’entre eux meurt, il renaît aussitôt ailleurs, dans un cycle de neuf mille vies. Il y a de quoi voir venir. De nos jours, dans l’espace profond, un vaisseau félin tente de reprendre contact avec la colonie terrienne, après sept cents ans de silence.

© Clarke, Kid Toussaint, Ced, MiKL – Le Lombard Alors que l’agent Grodo se fait bichonner et n’a aucune intention d’arrêter, le Capitaine Pacha reçoit l’ordre de rédiger un rapport sur la domination féline sur le monde. Il s’annonce excellent. (Lol !) Son éminence décide de faire cap sur la Terre. Ils y seront dans cent ans, juste le temps pour ceux sur place d’organiser leur venue. Les chats terriens n’en sont pas ravis. Ils veulent préserver leur tranquillité. C’est le branle-bas de combat. Pacha et Grodo vont tenter de dissuader leurs acolytes de débarquer en leur faisant peur sur la situation réelle. Ça fait exactement l’effet inverse. Une capsule d’équipement militaire de haute intensité va atterrir plus vite que prévu pour leur prêter main forte. Aïe ! Comment les chats terriens vont-ils se tirer de leurs mensonges ?

© Clarke, Kid Toussaint, Ced, MiKL – Le Lombard Après leur reprise brillante du Marsupilami, le duo de scénaristes Kid Toussaint et Ced se reforme avec sa propre série. En 2016, un faux documentaire diffusé sur le net tentait de faire croire que les chats étaient des extra-terrestres, avant d’avouer qu’avec un montage adéquat on pouvait faire croire ce que l’on voulait. Kid Toussaint et Ced font ici comme c’était vrai. Bien évidemment, avec ces deux-là, on ne va pas rester premier degré. On est plus proche de Mel Brooks que de Stanley Kubrick. Empêtrés dans leur mensonge, les chats terriens vont devoir rivaliser d’ingéniosité pour empêcher leurs congénères de frapper fort. Y parviendront-ils ? Avec les couleurs de MiKL, Clarke envoie son trait jeté et dynamique, si caractéristique, avec des décors relativement dépouillés et un humour intégré que l’on n’avait pas vu depuis Mélusine.

© Clarke, Kid Toussaint, Ced, MiKL – Le Lombard Has been, les Cosmocats ! Les Space cats sont là, et ils sont prêts à dominer le monde. Space cats prouve que la grande aventure BD d’humour et d’action tous publics, quand elle sait se moderniser comme ça, a encore de beaux jours devant elle.
Série : Space Cats
Tome : 1 – Dans les griffes de l’empire
Genre : Aventure fantastique
Scénario : Kid Toussaint & Ced
Dessins : Clarke
Couleurs : MiKL
Éditeur : Le Lombard
ISBN : 9791034770830
Nombre de pages : 64
Prix : 13,50 €
- Léon Les écrits retrouvés de pépépar Laurent Lafourcade
Une vie de marin
« -Eh, petit, tu ne sais pas dire bonjour ?
-Bonjour, monsieur.
-Pas comme ça ! Le salut militaire se fait en portant la main droite les doigts joints à hauteur du bonnet. Pour une première fois, ce n’est pas trop mal ! »
Léon, le grand-père marin de Frédéric Bihel, a toujours écrit. Alors, quand sa tante lui confie les souvenirs de l’intéressé, la vie d’un homme disparu en 1989 à 72 ans, l’auteur de bande dessinée les archive précieusement. C’est quand il apprend que son petit-fils s’appelle Léon que commence à germer l’idée de faire un livre des témoignages de l’aïeul. Repousser, attendre, décaler, fin 2024, Bihel commence l’inventaire des papiers de son grand-père. Le premier souvenir entre les deux hommes date de juillet 1965. Sur une photographie, Léon tient dans ses bras un bébé de cinq mois : c’est Frédéric. C’est cette année-là que le maître principal timonier a fait valoir ses droits à la retraite.

© Bihel – Futuropolis Raconter la vie de quelqu’un, c’est raconter une histoire à partir de fragments, de morceaux… et aussi de ce qu’il manque. Léon était timonier, c’est-à-dire responsable de la barre, sous les ordres du commandant, et matelot breveté chargé de l’envoi des signaux, du sondage et de la veille aux côtés des officiers. Avant cela, il avait commencé à la caserne des Pupilles de la Marine, avant d’intégrer l’école des mousses à Brest, au grand dam de sa mère qui avait peur que la mer lui prenne son fils. Frédéric retrouve toutes les affections de la carrière de son grand-père. En avril 1940, il est à bord du contre-torpilleur Maillé-Brézé qui se fait torpiller. Il en ressortira vivant, au grand soulagement de sa femme, qu’il appelle Mouette, et avec qui il s’est marié deux ans plus tôt. Entretemps, ils sont devenus parents. Pour l’instant, alors que l’armistice est signé, Léon est en convalescence en Angleterre. Pour lui, comme pour tout le monde, ce n’est que le début d’une tragédie qui va durer jusqu’en 1945.

© Bihel – Futuropolis Après Les crayons, Frédéric Bihel poursuit son introspection familiale avec l’histoire de son grand-père qui a vécu une vie de roman. Frédéric est presque un Théodore Poussin à la recherche d’un Léon Capitaine Steene. Comme dans A la recherche de l’homme sauvage, l’auteur ne peut cacher son amour pour Tintin et l’œuvre de Hergé, en voyant dans l’Alidade, chalutier dont Léon fut commandant, l’allure du navire polaire Aurore dans L’étoile mystérieuse. L’album au format carré relève du livre illustré, mi narratif, mi épistolaire. Le dessinateur va même jusqu’à imaginer une rencontre entre son grand-père à l’époque et lui-même. Le trait crayonné grisâtre, avec des contours bleus est la caractéristique du graphisme de Bihel pour ce livre qui est aussi une histoire de guerre à ranger avec les bandes dessinées sur la Seconde Guerre Mondiale. Ce bleu est à la fois le symbole de la mer, de la Marine, des yeux de Léon, mais c’est aussi le bleu du carnet dans lequel Bihel a pris ses notes et celui du stylo plume trouvé au fond d’une des boîtes de souvenirs de Léon.

© Bihel – Futuropolis Léon n’est pas une biographie, c’est le témoignage d’un marin pendant la Seconde Guerre mondiale, mis en image par son petit-fils pour qui il n’est pas un militaire parmi tant d’autres, mais tout simplement Pépé.
One shot : Léon Les écrits retrouvés de pépé
Genre : Biopic
Scénario, Dessin & Couleurs : Frédéric Bihel
Éditeur : Futuropolis
ISBN : 9782754846592
Nombre de pages : 176
Prix : 23 €
- Sangre 5 – Rugleïs l’ogrepar Laurent Lafourcade
Retrouvailles inattendues
« -Vous êtes nouvelle sur Monde Rouge, n’est-ce pas ? Une visite touristique ? Attirée par les jeux ?
-Ça fait b… beaucoup de questions.
-Désolé, je suis un irrécupérable curieux. (…) Je suis un voleur très honnête. D’ailleurs, je vous ai rendu vos pierres. Par contre, si vous avez deux ou trois petites pièces en trop, je veux bien.
-Mhhh… J’ai peut-être un travail pour toi : il me faut quelqu’un qui connaisse bien ce m… monde… »
En soif de vengeance, Sangre poursuit son voyage interplanétaire à la poursuite de celles et ceux qui ont assassiné son frère et son père, et enlevé sa mère. La voici arrivée sur Monde Rouge, une lune orbitant parmi d’autres autour d’une géante gazeuse. Dans ce monde du jeu, on y exploite des minerais métalliques. La surface est inhospitalière. La vie s’est développée dans les failles et anfractuosités de la roche, à l’abri du vent. Sur cette planète, malheur à qui fait montre de violences. Il se trouverait immédiatement dévoré par un essaim d’insectes voraces ne laissant que les os de leur cible. C’est donc sur Monde Rouge que Sangre, accompagnée de Loup, rencontre Lorne, un pickpocket à qui elle demande un coup de main.

© Vergani, Arleston, Poupelin – Soleil La cible de Sangre est Rugleïs l’ogre. Tout lui appartient ici. L’ancien mineur a fait fortune. Il l’a décuplée en investissant dans les casinos et en rachetant les mines. Il ne fréquente pas les lieux de gagne-petit. Si on veut le trouver, c’est au palais des magnificences. Pour l’aborder, la jeune femme joue, et triche pour gagner, ce qui attire l’attention. Elle se retrouve captive du bourreau de sa famille. Elle ne s’attend pas encore à la rencontre inattendue qu’elle va faire, une retrouvaille qu’elle ne pouvait imaginer faire dans de telles conditions et lui démontrant que l’on ne connaît jamais assez les gens, mêmes les plus proches de soi.

© Vergani, Arleston, Poupelin – Soleil Plus rude que les séries d’heroïc-fantasy plus classiques de l’univers Arleston, plus sérieuse aussi, exit les calembours habituels du scénariste, Sangre est un récit à la Kill Bill. Même si l’on sait que l’héroïne s’en sortira toujours et anéantira ses ennemis, la problématique reste toujours de savoir comment. Pour cet épisode, Arleston rivalise d’ingéniosité en imaginant un piège diabolique. Au dessin, Stefano Vergani fait le job. Si les décors étaient un peu plus présents ce serait parfait. Les cases manquent trop souvent de seconds plans, mais, heureusement, peuvent se reposer sur l’assurance de la mise en couleurs de Hugo Poupelin qui les habille.

© Vergani, Arleston, Poupelin – Soleil « Même centenaire, la vengeance garde ses dents de lait. » Sangre a du bien se les brosser parce que la blonde a bien du mordant. Implacable.
Série : Sangre
Tome : 5 – Rugleïs l’ogre
Genre : Héroïc-Fantasy
Scénario : Christophe Arleston
Dessins : Stefano Vergani
Couleurs : Hugo Poupelin
Éditeur : Soleil
ISBN : 9782302102798
Nombre de pages : 60
Prix : 16,50 €
- Pump 2 – Une si belle histoire…par Laurent Lafourcade
L’usurpateur augmente d’un cran
« -Tu es venue dans l’espoir de te faire du fric… Ça, ok, je comprends… Et peut-être que je peux t’aider. Mais dis-moi : pourquoi je le ferais ? Tu crois pouvoir me faire chanter ? Raconter que je ne suis pas Eddie Pump ? Mais qui te croirait ? Tu n’as aucune preuve, et ici tous me connaissent et m’apprécient. Toi, tu es une étrangère tout juste débarquée… Compte tes chances, cousine ! En fait, tu as tout intérêt à ce qu’on fasse alliance… Reste à savoir ce que moi, j’aurais à y gagner…
-Tu veux que je reparte ?
-Pas sûr… Tu peux m’être utile. Laisse-moi le temps de réfléchir… »
Après s’être appropriés les papiers d’un cadavre, Eddie a fait son trou dans cette petite ville où il est à la fois le pote du shérif, le proprio du saloon et le patron d’un bordel. Il bénéficie d’une côte de popularité exceptionnelle. Il s’appelle donc dorénavant Eddie Pump et est censé être le neveu de feu-Clémentine Pump. Venue de Chicago, Elisabeth, alias Betty, elle, est vraiment la nièce de la défunte. Mais elle se fout de sa tante. Ce qui l’intéresse, c’est le pognon. Elle a donc trouvé en Eddie l’acolyte qu’il lui fallait. Va-t-elle le faire chanter ? Peu probable. Pourquoi la population croirait une étrangère ? Eddie lui propose donc une alliance.

© Gnoni, Rodolphe – Anspach Pour un cadavre à cacher et un innocent à faire accuser, les deux font la paire. La dame n’avait qu’à pas se montrer trop dubitative sur l’identité d’Eddie. Rapidement, les complices deviennent amants et leur terrain de jeu va aller au-delà de la ville. En effet, la tante morte était propriétaire d’un hôtel en ruines isolé dans la Vallée des Serpents, aux côtés duquel coule une rivière. Les escrocs de l’Ouest ne vont pas tarder à y voir un nouveau moyen de développer leur business. Pump serait-il en passe de devenir un homme d’affaires ? De Pump à Trump, il n’y a que quelques lettres de différences. Pour ceux qui l’ignoreraient, il y a bel et bien un rapport entre eux.

© Gnoni, Rodolphe – Anspach D’origine allemande, le grand-père de Donald Trump a débarqué aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle alors qu’il n’avait que seize ans. Il ouvre un hôtel-restaurant puis un saloon, avec bordel, pour les chercheurs d’or canadiens du Klondike. C’est Nicolas Anspach, l’éditeur, qui a eu l’idée de suggérer à Rodolphe de s’emparer de cette anecdote pour écrire une fiction totale dans laquelle on retrouverait les mythes fondateurs de la grande histoire de l’Ouest. Le scénariste s’est affranchi de toute contrainte historique par rapport à la famille du président pour signer le destin d’un bonimenteur sans scrupules. Le pas qu’il y a de Trump à Pump vient de Jo, Zette et Jocko, l’autre série de Hergé où les enfants ont eu à faire avec le testament d’un milliardaire nommé M.Pump. Avec son trait entre Mezzomo et Léo, et ses couleurs jaunies par les nuages de poussière sèche, Laurent Gnoni parvient à susciter de l’empathie pour un héros, ou plutôt un personnage principal, qui a tout pour qu’on le déteste.

© Gnoni, Rodolphe – Anspach Une si belle histoire pour un si gentil garçon… Il ne va pas y avoir à beaucoup creuser pour qu’Eddie Pump montre, en cachette, son véritable visage. Le personnage pousse les limites. Pump est un western mâtiné d’escroquerie où tous les coups sont permis, du moment qu’ils ne sont pas faits en surface. Machiavélique.
Série : Pump
Tome : 2 – Une si belle histoire…
Genre : Western
Scénario : Rodolphe
Dessins & Couleurs : Laurent Gnoni
Éditeur : Anspach
ISBN : 9782931105573
Nombre de pages : 48
Prix : 15,50 €
- Petit bonhommepar Laurent Lafourcade
Carpe diem
Sur un grain de poussière, perdu dans l’espace arc-en-ciel, tu connaîtras des joies, des drames, peut-être même le bonheur, dans ces multitudes d’épreuves qui font les êtres humains. Carpe diem, Petit Bonhomme.
Une planète comme une île flottant dans l’espace. Une autre planète, la Terre. Toutes deux sont ravagées par des météores qui dévastent toutes leurs surfaces. Les dinosaures disparaissent et la vie petit à petit retrouve sa place. Mais il va falloir remonter à l’origine des espèces. Sur Terre, du fond des mers, les particules se développent et évoluent. Au fil des siècles, elles gagnent la terre ferme et se métamorphosent jusqu’à une apparence qui ressemble à celle de l’homme. C’est ainsi que l’on découvre un petit bonhomme bleu cueillant une framboise gigantesque et manquant de se faire croquer par des plantes carnivores (ressemblant fortement à celle contre qui le Grand Schtroumpf lutta au début du Cracoucass). Après un véritable parcours du combattant, le petit bonhomme s’en sortira.

© Panaccione, Bacci – Morgen On retrouve notre petit bonhomme quelques jours plus tard, jouant de la musique dans sa tribu insouciante, sur une plage paradisiaque. Tous ces garçons s’amusent sous l’œil furibond du patriarche qui veille au bon déroulement de la vie en communauté. Sur l’autre planète, sous une pluie battante, une tribu d’amazones rouges décide de partir en expédition vers la Terre. En pleine nuit, elles surprennent les petits hommes bleus, les endormant avec des fléchettes hypodermiques un peu spéciales, leur permettant de procréer avec eux pendant qu’ils dorment. Notre petit bonhomme, lui, parvient à fuir, mais il est traqué par une chasseuse. Ce qui s’annonçait comme une poursuite allait se transformer en histoire d’amour.

© Panaccione, Bacci – Morgen Grégory Panaccione et Alexis Bacci signent un pavé entrant dans la cour des plus grandes sagas. La naissance, la vie, l’amour et la mort sont au programme de cette synthèse de la vie. Pas un mot, pas une onomatopée, le récit est muet, un style dans lequel Panaccione excelle. On suit la vie de ce petit bonhomme avec émotion. La façon de vivre des hommes bleus n’est pas sans rappeler celle des Schtroumpfs. Outre le clin d’œil au Cracoucass, on retrouve la marmite de la couverture de La soupe aux Schtroumpfs. Le reste du récit est beaucoup plus dramatique. Les auteurs ne ménagent pas leur peuplade. Panaccione est également un coloriste hors pair. On le remarque dès la couverture. Ça se confirme tout au long de l’album, avec un point d’orgue pour une pluie de deuil.

© Panaccione, Bacci – Morgen Les éditions Morgen confirment leur intention de se faire une place de choix dans le monde de l’édition BD. Fable philosophique sur le sens de la vie, Petit bonhomme est une saga d’amour, d’aventure et d’émotion.
Titre : Petit bonhomme
Genre : Toute une vie
Scénario : Alexis Bacci
Dessins & Couleurs : Grégory Panaccione
Éditeur : Morgen
ISBN : 9782387250292
Nombre de pages : 280
Prix : 27,90 €
- The strange pictures 1par Laurent Lafourcade
Un blog bien mystérieux
« -Je vais te donner une info croustillante. L’autre jour, je suis tombé sur un curieux blog.
-Un blog ?
-A première vue, ça a l’air tout à fait banal, mais ce blog a quelque chose de singulier… ou plutôt d’étrange. Va donc y faire un tour. Frissons garantis, crois-moi ! »
2014. Une ancienne psychologue donne une conférence à des étudiants de faculté. Elle leur présente le dessin d’une fillette. Elle s’est représentée entre une maison sans porte et un arbre aux branches pointues dans lequel niche un oiseau. L’illustration est bourrée de sous-entendus, de sens cachés. Tout cela, elle va l’apprendre à son auditoire. Elle va leur expliquer comment on décortique un anodin dessin d’enfant, comment il révèle une psychologie torturée et une souffrance qui tue. A 11 ans, la gamine qui a réalisé ce dessin a assassiné sa mère.
Le midi, au restaurant universitaire, Kurihara retrouve Sasaki qu’il n’a pas vu depuis un moment. Il l’invite à consulter un curieux blog sur lequel il est tombé. Le soir même, Sasaki se connecte sur le journal intime de Ren Nanashino. Frissons garantis.

© 2024 Uketsu, Aibakikou. All rights reserved
First published by Futabasha Oublishers Ltd.
© Kana 2026De 2008 à 2012, Ren a tenu un blog sur sa vie de famille, sur son couple et la grossesse de son épouse. Il n’y a pas de photo, on lui a dit qu’il était dangereux de publier des informations personnelles sur internet. A la place, il y a des dessins. C’est sa femme Yuki qui les fait. Elle a six ans de plus que lui. Bienvenue dans leur journal intime. La grossesse de Yuki ne se passe pas bien. Le bébé se présente par le siège. Comment va se dérouler l’accouchement ? Yuki fait des dessins que son mari met en ligne. Ils semblent cacher un secret. Sasaki les imprime. En discutant avec Kurihara, il va commencer à comprendre leurs significations.

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© Kana 2026Après The strange house, The strange pictures est la deuxième série lancée par le youtubeur de l’effroi Uketsu. Ce prequel est tout aussi addictif que l’original. On y retrouve Kurihara, encore étudiant, avant qu’il ne devienne architecte. Il était déjà aussi perspicace et attiré par les faits divers qu’aujourd’hui. Uketsu fait monter le suspens en dévoilant des pans de l’énigme tout autant qu’il sème de nouvelles interrogations. Le dernier chapitre relance étrangement la machine, laissant le lecteur encore plus interloqué par les événements. Au dessin, Kikô Aiba intègre les illustrations de Yuki au milieu de son graphisme classique. Il relève le défi que jamais le lecteur ne s’ennuie dans les nombreuses scènes de discussions entre les deux « enquêteurs ».

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© Kana 2026Uketsu surfe-t-il sur le succès de The strange house ? Non, il ouvre une nouvelle porte dans son système narratif. The strange pictures est un manga qu’il est impossible de refermer avant la fin et dont la conclusion est d’une frustration jouissive.
Série : The strange pictures 1
Tome : 1
Genre : Thriller
Scénario : Uketsu
Dessins : Kikô Aiba
Éditeur : Kana
ISBN : 9782505144502
Nombre de pages : 174
Prix : 7,90 €
- La rébellion Histoires du Cordobazopar Laurent Lafourcade
Inside Revolucion
« -Le principal problème vient des syndicalistes…
-Appelez les gouverneurs. Il faut que la CGT reste divisée, c’est compris ? Et éviter que les différents syndicats ne s’unissent.
-C’est déjà le cas à Cordoba, Général. Ils vont manifester ensemble. Et ça, c’est dangereux. »
1966. En Argentine, le gouvernement du général Ongania, arrivé au pouvoir après un coup d’état, vient d’interdire tous les partis politiques. Il compte bien rétablir l’ordre économique, social et politique. Les huit universités du pays sont mises sous tutelle. Les restaurants universitaires et les centres étudiants du pays sont fermés. La dévaluation est annoncée et les salaires gelés. La jeunesse n’a pas l’intention de rester passive. Des manifestations s’organisent dans plusieurs villes, mais la répression est déjà en marche, faisant des victimes. Trois ans plus tard, en mai 1969, un an après qu’en France le peuple ait envahi la rue, en Argentine, la révolution s’annonce sanglante.

© Debiase – iLatina Le général Ongania doit faire face au mouvement de contestation le plus important auquel il n’a jamais été confronté. La CGT appelle à la grève le 30 mai. A Cordoba, elle commencera un jour plus tôt. La police se prépare à venir avec l’artillerie lourde : gaz vomitifs, sirènes à ultrasons, armes de guerre, brigades anti-guerrilla. En face, la stratégie est de constituer différents cortèges afin d’éparpiller la police. Les mécaniciens ont démonté des centaines de roulements à billes à glisser sous les sabots des chevaux de la police montée. Les voisins aident les étudiants en jetant de l’eau bouillante en réponse à la violence policière. Il reste quelques heures pour agir avant que l’armée ne débarque. On cible les banques avec des cocktails Molotov pour effacer les dettes dues aux créanciers. Les heures sanglantes ne vont pas tarder à sonner.

© Debiase – iLatina Ian Debiase a effectué trois ans de recherches pour raconter la révolution du Cordobazo. Il a créé des personnages de fiction pour mettre en scène des anecdotes, elles, véridiques. Le Cordobazo est une révolution solidaire et collective où l’ingéniosité de la jeunesse a dominé, comme le rapt de chats relâchés au milieu des chiens policiers pour les affoler. Chaque chapitre est terrifiant, cocasse ou poignant, comme celui où cette mère écrit à son fils qui est en première ligne. Même les plus jeunes veulent aider leurs aînés, même une mandarine peut-être une arme de guerre, même un cercueil peut-être un endroit salutaire. Dans des couleurs entre le marron et l’orangé, avec quelques touches de bleu-verdâtre pour la nuit, l’auteur construit le récit à la manière de chroniques. L’immersion est confirmée avec les photographies des lieux à côté des dessins en fin d’album.

© Debiase – iLatina « Le Cordobazo est un miroir dans lequel nous regarder pour savoir qui nous avons été, qui nous sommes et qui nous pourrions être. » Avec La Rébellion, Ian Debiase offre un témoignage historique dans lequel les cicatrices de l’Argentine sont encore apparentes.
One shot : La rébellion Histoires du Cordobazo
Genre : Histoire
Scénario, Dessins & Couleurs : Ian Debiase
Éditeur : iLatina
Collection : Novela grafica
ISBN : 9782491042486
Nombre de pages : 160
Prix : 22 €
- Entre fleuve et forêtpar Laurent Lafourcade
Nature vérité
« -Quelle raison aurais-je de partir ? Je suis bien aise ici : la forêt est giboyeuse et le fleuve est généreux avec moi. Seulement… dans quelques temps les eaux vont monter… Il me faudra quitter ce lieu. Alors, ce moment venu, plutôt que de retourner dans la forêt, je monterai sur ce radeau et je partirai sur le fleuve… car, petit animal, je sais vers quelles rives ce grand fleuve me portera. »
Sur la rive d’une rivière en crue, une chasseuse répare des filets de pêche lorsque s’approche, blessé, un marcassin redoublant d’efforts pour tenir debout. C’est elle qui lui a brisé la patte afin de l’empêcher de fuir. Son intention est de le nourrir jusqu’à ce qu’il devienne assez gros et gras pour être mangé. La bête est intriguée par le radeau qu’elle construit. En effet, si la forêt est giboyeuse et le fleuve généreux, dans quelques temps, les eaux vont monter et il lui faudra quitter les lieux. Plutôt que de retourner en forêt, elle prévoit de partir sur le fleuve, espérant atteindre une terre prodigue, une terre de lumière et d’espérance, où elle pourra rencontrer d’autres humains… car pour l’instant, elle est bien solitaire.

© Gardette, Bee – Rue de l’Echiquier Le but de la jeune femme est d’être libre, forte et de maîtriser sa vie. Elle souffre de solitude. Ses rêves, ou plutôt ses cauchemars, le lui rappellent. Arrachée à un cocon protecteur, elle a appris à survivre, à se débrouiller seule. Elle sait à présent se nourrir, faisant de la nature une alliée. La forêt n’a plus de secret pour elle. Elle n’aime rien tant que son silence lorsqu’elle la parcourt pour chasser. Le fleuve, lui, est effrayant par la puissance de ses courants dangereux. C’est pourtant par lui qu’elle voit son salut. Ce qu’elle ignore encore, c’est qu’elle encore tant à apprendre. La nature, personne ne peut décider à sa place.

© Gardette, Bee – Rue de l’Echiquier Entre fleuve et forêt est un petit traité philosophique sur la place de l’être humain dans la nature. Alexandre Gardette, dont c’est ici le premier scénario, raconte l’histoire de cette femme qui, après avoir appris à survivre, continue à apprendre à vivre. On découvre avec elle qu’on ne dispose pas comme on veut de ce que la nature propose. On verra même qu’elle peut influer sur ses choix. On y voit là un écho aux catastrophes climatiques modernes où l’homme subit. Roxanne Bee dessine l’histoire dans un style graphique tous publics, invitant ainsi les plus jeunes à se sentir concernés.

© Gardette, Bee – Rue de l’Echiquier A l’époque des réseaux sociaux, où tout le monde croit être en lien avec la terre entière, Entre fleuve et forêt est une reconnexion avec la vraie vie, une histoire qui fait du bien, préconisant à prendre soin de soi, et nous disant que, finalement, ce que l’on a, au fond, c’est pas si mal que ça.
Titre : Entre fleuve et forêt
Genre : Quête initiatique
Scénario : Alexandre Gardette
Dessins & Couleurs : Roxanne Bee
Éditeur : Rue de l’Echiquier
ISBN : 978374255828
Nombre de pages : 112
Prix : 21,90 €
- Le cabaret Voltairepar Laurent Lafourcade
Le rendez-vous des artistes
« -C’est bien la première fois qu’il faut refuser du monde… Si vous faites ça tous els soirs, on sera bientôt tous riches, Herr Ball…
-Riches ?! Ha ! ha !
-Pourquoi tu ris ?
-Je crois que nous avons réveillé Zurich à l’heure où elle se couche. »
Novembre 1914. Dans un cabaret de Berlin, Emmy Hennings déclame des poèmes d’Arthur Rimbaud, un français, au grand regret d’un gradé revenant blessé du front, qui préfère quand elle chante. De la France, il n’y a qu’une seule chose d’appréciable, c’est le champagne. Attablés, Hugo Ball, le compagnon de l’artiste, et Richard Huelsenbeck, tous deux s’étant rencontrés lors de leurs études en philosophie, déplorent l’injustice de la guerre. Pour Richard, les dirigeants sont pour eux des bourreaux entassant les hommes dans les tranchées avec des grenades à bouffer. Lui qui a entamé des études de médecine ne risque pas de partir au front. Pour Hugo, c’est moins sûr. Durant l’hiver, à Bucarest, deux étudiants, Samuel Rosenstock, que l’on ne connaît pas encore sous le nom de Tristan Tzara, et Marcel Janco, l’un poète, l’autre artiste, rêvent de vivre de leurs arts à Paris. Mais c’est la guerre là-bas.

© Bocquet, Kent – Delcourt Janvier 1916, après quelques expériences pour les uns et pour les autres, Hennings, Ball, Tzara, Janco et d’autres amis comme le peintre Hans Arp, se retrouvent à Zurich. Emmy et Hugo trouvent un lieu où la poésie, la musique et le théâtre pourront s’exprimer. Il s’appellera le Cabaret Voltaire, du nom de ce philosophe des Lumières farouchement opposé à la religion comme institution. Réaction morale à la guerre, ce qui deviendra le mouvement Dada fait d’idéaux culturels et artistiques un programme de variétés à la manière d’un « Candide » du XXème siècle. De février à juin 1916, le lieu devient un rendez-vous d’intellectuels distrayant un public qui se presse. Sur la scène du Cabaret Voltaire, la jeune génération proteste contre l’échec et la banqueroute de la culture européenne qui a conduit à la guerre, dixit Marcel Janco.

© Bocquet, Kent – Delcourt En parallèle aux biographies de femmes illustres qu’il scénarise pour Catel, José-Louis Bocquet met à l’honneur l’un des plus grands mouvements intellectuels qui n’aient jamais existés. Sur le fond, on retrouve son savoir-faire auquel on est habitués. Sur la forme, si le graphisme de Kent reste de la même famille que celui de Catel, il ose des aplats de couleurs, semblant parfois aléatoirement plaqués. Mais tout est pensé. Au fur et à mesure que l’Art sort son épingle du jeu, les couleurs se multiplient, tout en restant dans les pastels sombres. Le trop rare dessinateur de bandes dessinées Kent est un artiste multi-facettes qui aurait eu une place de choix sur les planches du Cabaret Voltaire.

© Bocquet, Kent – Delcourt En seulement cinq mois, le lieu est devenu le rendez-vous des arts. Cinq mois qui ont permis au mouvement Dada de s’inscrire pour l’éternité dans la grande Histoire de l’Art. Dada est un mot choisi au hasard dans le dictionnaire, un mot polysémique. Il va être la marque de la déclaration de guerre à la guerre, la fronde permanente du grand mouvement international de l’art. Le cabaret Voltaire n’est rien autre qu’une mise en abyme de l’Art dans l’Art.
Titre : Le cabaret Voltaire
Genre : Thriller/Polar
Scénario : José-Louis Bocquet
Dessins & Couleurs : Kent
Éditeur : Delcourt
Collection : Encrages
ISBN : 9782413085355
Nombre de pages : 224
Prix : 26,99 €



































































































