Aux sources de la bête
« -Pas fâché d’avoir bouclé cette journée à la télé ! Et mêêêêrde ! Mais il est con, lui, ou quoi ?!
BOM
-Ouf ! Ce n’est qu’un animal. Son cœur bat ! Il est juste assommé. Allez, hop, mon z’ami. En voiture, Simone. S’il ronfle, c’est qu’il respire. Et s’il trépasse, je le ferai empailler… »
A ses origines, le Chat cherche un auteur capable de le dessiner. Il le confie à son psy. « Je suis totalement persuadé de pouvoir me hisser au niveau des plus grands héros de BD, mais je suis très mauvais en dessin. » Lequel lui rétorque : « Avez-vous pensé à vous faire dessiner par quelqu’un d’autre ? » Après s’être adressé à un amateur, le Chat décide de toquer chez les grands : Morris, Peyo, puis Schuiten déclinent l’offre. Puis, idée lumineuse, pourquoi ne pas faire appel au créateur de Tintin ? Hergé est hospitalisé. Bien que les visites soient interdites, il y va. On vous laisse découvrir comment l’entretien se passe. Toujours est-il, qu’en repartant, le Chat est tamponné par une voiture. Le conducteur ramène l’animal blessé à la maison. C’est la première rencontre entre le Chat… et Philippe Geluck.

C’est ainsi que commence leur collaboration dans le quotidien belge Le Soir. Nous sommes en 1983 et les tous premiers dessins sont publiés. Ils sont réédités dans cet album. Tout ce qu’il dit est drôle. Et quand ce n’est pas drôle, c’est exceptionnel. Pour faire rire les lecteurs, le Chat est prêt à tout faire, mais pas n’importe quoi. On mesure à quel point, depuis 1983, le graphisme de l’auteur a évolué. Ces prémisses côtoient de nouveaux strips et cartoons tous plus poilants (de chats !) les uns que les autres.

« Sur une auto, les roues avant se situent à l’avant, mais ce sont aussi celles qui arrivent avant les autres. Et si on va par-là, les roues arrière pourraient aussi s’appeler les roues après. Sauf lorsque le véhicule recule. Et dans ce cas, les roues après deviennent les roues avant. » C’est clair, non ? « Dans la série « C’est pas tombé loin », voici les propositions du jour : le bourbier de Séville, les horreurs boréales, les huiles britanniques, les dogues de Venise, le guide du moutard, le parmesan européen, un carnet de frites, les demoiselles de Roquefort et Olida on ice. » Outre aphorismes, détournements et jeux de mots dans la bouche du Chat et qui vont jusqu’aux pages de garde, Geluck excelle dans les détournements d’images d’illustrations anciennes : souvenez-vous des disques d’or des Bee Gees.

Chaque album du Chat est une occasion en or de jouer avec le verbe et de réfléchir sur le sens de la vie. Qui plus est, le Chat ose tout, même s’il y a des choses qu’on ne peut plus en dire en 2025, comme par exemple : « Bonne année 2024 ! ».
Série : Le chat
Tome : 25 – L’origine du Chat
Genre : Humour
Scénario & Dessins : Philippe Geluck
Couleurs : Serge Dehaes
Éditeur : Casterman
ISBN : 9782203290693
Nombre de pages : 48
Prix : 12,95 €



