Boxeuse cherche adversaire
« -Ça va pas, Colette ?
-Je suis trop petite et trop légère. Je fais même pas le poids mi-mouche !
-Pour les tournois des minimes, t’es dans le poids réglementaire.
-Oui, mais y’a pas de boxeuses dans ma catégorie.
-Si y en a pas, faut les chercher. »
Elle s’appelle Colette. Elle a quatorze ans et a perdu sa sœur jumelle Lison. Sa mère la saoule pour qu’elle fasse de la danse comme sa sœur en faisait, mais elle préfère la boxe. Elle cohabite avec son ombre qui lui parle depuis la mort de sa sœur. Harcelée par Astrid, la caïd du collège, elle a ainsi des armes pour se défendre. Elle prend sa vie en mains et avance coûte que coûte. Si sa mère n’est pas ravie, son père, lui, soutient ses choix. Grâce à ce sport, elle montre à ses parents que la perte de sa sœur ne l’empêche pas d’avancer. A présent, c’est l’heure de son tout premier combat sur le ring.

Pour avoir de l’endurance, le jogging est le meilleur entraînement. Pas facile de suivre le groupe, mais elle va leur montrer qu’elle a de la ressource. Coachée par son ombre, Colette trouve la motivation. Sur le ring, on rentre bien le menton, on ne quitte pas son adversaire des yeux, on garde la bonne distance, on reste en mouvement en équilibre sur ses appuis, et on varie les coups : direct arrière, crochet, uppercut, et on reprend l’enchaînement. L’entraîneur met aussi en avant les interdits pour être au clair sur ce qui est permis ou pas. Pas question de toucher l’adversaire sans appui au sol ni de parler en boxant, entre autres… A présent, Colette veut participer à des tournois, mais y a-t-il des boxeuses de son âge dans sa catégorie de poids ? Monika lui propose de distribuer et coller des affichettes dans des lieux stratégiques pour en trouver.

Avec émotion (une scène d’Halloween à arracher des larmes), tendresse et détermination, les aventures de Colette, alias Mi-Mouche, poursuivent leur exploration de l’adolescence meurtrie qui se fait une place dans la société en général et dans son propre cercle en particulier. Véro Cazot brise les codes en mettant en scène une jeune fille dans le milieu de la boxe. Etre là où l’on ne nous attend pas et montrer qu’on y a toute légitimité : voilà le propos. Ici, c’est la pratique d’un sport dans lequel il pourrait être improbable d’y trouver une collégienne, mais on pourrait décliner le principe, comme un ado qui ferait de la danse. N’est-ce pas, Elias ? Dessinée et colorisée par une Carole Maurel dont les personnages ont des yeux qui disent tout, Mi-Mouche prouve que chacun a le droit de prendre place où il le désire. Faire ses choix et les assumer au-delà du regard et des a priori des autres, quelle leçon !

Mi-Mouche s’adresse tout autant aux ados qu’aux adultes. Il y est question de sport, mais aussi de deuil que chacun gère non pas comme il veut mais comme il peut. La série aide à comprendre ceux qui restent et recentre sur l’importance de s’occuper des vivants et de les laisser faire leur choix, sans pour autant ne jamais tomber dans l’oubli. Le premier cycle de Mi-Mouche se termine, mais un second est annoncé. Qui que l’on soit, Colette est la coach de vie qu’il faut suivre.
Série : Mi-mouche
Tome : 3 – Deux sœurs sur le ring
Genre : Emotion
Scénario : Véro Cazot
Dessins & Couleurs : Carole Maurel
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808513661
Nombre de pages : 64
Prix : 13,50 €



