Un story-board, des aventures
« -Allez, je sonne et je lui donne mon cadeau ! Rien ne pourra me faire reculer. Oups ! Je fais une crise de spasmophilie là, non… ? Non, ça va, je sens le bout de mon nez. Ouf ! Donc, je sonne et je lui dis que je l’aime. »
A l’origine, Au coin de ma rue est un spectacle de théâtre de rue signé Vincent Zabus et Nicolas Turon. A présent, Au coin de ma rue est une collection d’histoires courtes, chacune dessinée par un auteur différent, mais reposant toutes sur le même story-board muet. Une seule mise en scène, mais plusieurs récits, drôles, dramatiques ou étranges. C’est Jean-Louis Tripp qui a dessiné le story-board qui a servi de base à l’aventure de cet homme mystérieux devant sa maison. L’exercice est digne de l’Oubapo, ouvroir de bande dessinée potentiel, initié par L’Association, en écho à l’Oulipo, ouvroir de littérature potentielle, fondé en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais et l’écrivain Raymond Queneau. Si Etienne Lécroart est le maître du genre en BD, Georges Pérec a donné ses lettres de noblesse au jeu avec La disparition, court roman écrit sans la lettre « e ».

Qui d’autre que le poète François Ravard pouvait mettre en scène un Maladroit sentimental ? Sonner et dire que l’on aime, c’est peut-être ce qu’il y a de plus difficile à faire au monde. Qui y a-t-il Derrière la porte ? De retour de prison, comment sera accueilli le détenu de Vincent Bailly ? Dans les mains de Nicolas Debon, Le fils du menuisier se souvient du secret de son père. Un médecin annonce une bien mauvaise nouvelle. Que va-t-il rester de nous si l’on doit mourir demain, que faire de ses derniers moments, se demande le personnage croqué par Benoît Feroumont ? Ginette la bicyclette retrouve son champion avec Mayana Itoïz.

Dessinée par Denis Bodart, Le figurant est l’histoire d’un acteur qui peut tout jouer car il n’a rien de particulier. Dans l’ambiance particulière d’Alexandre Clérisse, L’espion parviendra-t-il à accomplir sa mission ? « Il ne rentre pas ce soir » chantait Eddy Mitchell. Les auteurs reprennent la problématique de la chanson. Thomas Campi, l’un des plus fidèles complices de Vincent Zabus, dessine la difficile descente aux enfers morale d’un employé, qui avait soi-disant de l’or dans les doigts, licencié pour raisons économiques. Comment annoncer ça à la famille ? Le petit Pierre, sous les crayons de Nicoby, parle à son lui adulte et fait le point sur ce qu’il est devenu, avec ce regard nostalgique sur l’enfance et les rêves qu’elle ne devrait jamais emporter quand on grandit. Il n’est jamais trop tard… D’autres histoires complètent cet album chorale que l’on vous laisse découvrir au fil des actes.

Le théâtre a nourri la BD. Zabus promet que l’inverse est au programme. Au coin de ma rue entre avec panache dans le grand manuel des exercices de style en bande dessinée.
Titre : Au coin de ma rue
Genre : Emotion
Scénario : Vincent Zabus & Nicolas Turon
Storyboard : Jean-Louis Tripp
Dessins & Couleurs : Ravard, Bailly, Feroumont, Debon, Bodart, Clérisse, Itoïz, Cruchaudet, Zanzim, Nicoby, Campi, Dumontheuil, Gonzalez, Merveille, Revel
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9791034777105
Nombre de pages : 104
Prix : 20,50 €



