Un poète et deux oiseaux
« -Aurais-tu un amant ? Je te rappelle que tu es ma femme !
-Mais je ne suis pas ta possession ! Je te demande juste de me faire confiance.
-Et moi je te demande de me répondre !
-Je t’assure ! Il n’y a rien que tu n’aies besoin de savoir. »
Le torchon brûle entre Cécile et son époux Guillaume de Saint-Béryl. Il doute de la fidélité de sa femme, sauf que les lettres qu’il a trouvées étaient destinées à son amie Céleste. Cécile ne l’avouera pas car elle a en fait la promesse au duc de Noailles. Cécile décide de laisser son mari à sa crise de jalousie et de partir quelques jours chez son amie Madame de Pompignan. Quelques jours plus tard, lors d’une soirée, Cécile fait la connaissance d’un poète charmeur disant s’appeler Théodore, comme le poète Théodore Agrippa d’Aubigné, que Guillaume prend aussitôt pour son amant. Il n’en est rien. L’homme s’appelle Théodore Muguet. C’est l’imprimeur du roi. Le lendemain, il fait visiter à Cécile l’imprimerie et son impressionnante bibliothèque. Elle ne sait pas encore qu’elle vient de pénétrer dans l’antre d’un complot qui se fomente contre le Roi.

L’épisode suivant met à l’honneur Fénelon. Son traité pour l’éducation des filles de 1687 a inspiré plus d’une éducation princière. Neuf ans plus tard, l’ami de Cécile est en disgrâce, mais elle ne compte pas le laisser tomber. Eloigné de la cour, il est reclus à l’archevêché de Cambrai. Ce n’est pas un exil, mais ça y ressemble quand même un peu. Pour Guillaume de Saint-Béryl, les décisions royales ne se discutent pas. Pour Cécile, le souverain serait influencé par Bossuet. Qu’à cela ne tienne, elle va aller le rencontrer pour plaider sa cause. L’aigle de Meaux reste implacable. Ceux qui se croient au-dessus des lois de Dieu sont des ennemis de l’Eglise et du Roi. Bref, Cécile profite d’une mission royale de son époux pour aller voir Fénelon, alias le cygne de Cambrai. Philosophe sur sa situation, ce dernier lui propose d’être la première lectrice de son roman pour l’instant inachevé : Les aventures de Télémaque. Entre les lignes, Cécile y lit une proposition politique pour le pays. Ça ne plairait pas à tout le monde. Fénelon devrait faire preuve de discrétion. Qu’elle se rassure, il n’a pas l’intention de le publier. Mais voilà, le manuscrit va être dérobé.

Avec ces douzième et treizième épisodes, Complots à Versailles est une série qui affirme dorénavant sa position de classique. Sur les pas d’Annie Jay, Carbone et Cee Cee Mia ont parfaitement compris comment captiver les lecteurs tout en respectant on ne peut mieux le titre même de la série. Le mot « Complot » n’est jamais oublié. C’est exactement ce à quoi il fallait veiller. En puisant anecdotes et personnages dans la grande Histoire de France, les scénaristes font enfin comprendre et apprendre les dessous et les à-côtés de la cour du Roi. Si tout un chacun connaît Bossuet et Fénelon, Théodore Muguet n’est pas resté dans les annales mais l’imprimeur-libraire a bel et bien existé. Les personnages dessinés par RobertaPierpaoli et Mara Angelilli montrent de plus en plus de régularité, gagnent en naturel, même les « réels » qui ne sont pas caricaturaux. Un peu moins de raideur dans les décors et ce serait parfait.

Il se passe toujours quelque chose à Versailles et aux alentours. Les comploteurs en tous genres ne prennent pas de vacances. Cécile de Saint-Béryl n’est pas prête de se reposer.
Série : Complots à Versailles
Tomes : 12 – L’imprimeur du roi / 13 – Le cygne de Cambrai
Genre : Aventure historique
Dessins & Couleurs : RobertaPierpaoli & Mara Angelilli
Scénario : Carbone & Cee Cee Mia
D’après : Annie Jay
Éditeur : Jungle
Collection : Miss Jungle
ISBN : 978282224-7351/-8198
Nombre de pages : 56
Prix : 13,50 €



