Cuba, île de sérénité
« -Je file chez Alfonso.
-Pas sûr qu’il te laisse lui parler…
-Je ne veux pas lui parler. Je veux juste vérifier si tout va bien !
-Et mon père ?
-Ton père, toujours ton père !… Tu nous emmerdes à la fin ! S’il y en a un ici qui ne risque rien, c’est lui. Arrête de t’inquiéter ! »
Cuba 1958. Concepcion, la starlette compagne d’Ernesto Ochoa dit « l’ambassadeur », qui roule pour Franco en éliminant les républicains réfugiés à Cuba, a été enlevée par Lily, John et José n’ont pas d’autre choix que d’accepter, sinon Arnaldo et sa secrétaire Chiquita sont morts. Arnaldo, c’est le père de Lily Valdès Turner, jeune étudiante américano-cubaine dans un collège de Miami qui vient de perdre sa mère et qui est venue retrouver son père pour les vacances. Ce dernier est au cœur d’un chantage organisé par Don Alfonso, le boss des paris sportifs à qui Arnaldo devrait 50 000 $. Afin d’éponger la dette, Alfonso a demandé à l’agence Valdès d’organiser le rapt de la chérie de son grand rival.

Arnaldo Valdès tient une agence de détectives privés. Ce sont deux d’entre eux qui sont venus accueillir Lily sur le port : John Botia, ex-agent de la CIA, et José Cojones, un cubain un brin roublard. A la tête de l’Etat, le dictateur Fulgencio Batista dirige le pays avec l’aide de l’argent américain. Sa police politique, « la muerte », est sans scrupules : traquer, arrêter, mutiler et faire disparaître sont ses spécialités. Le caillou dans la chaussure de Batista s’appelle Fidel Castro. Le rebelle marche sur La Havane et compte bien renverser le dictateur. Entre la CIA et les camps mafieux opposés, corruption, alliances, tortures et attentats sont le lot courant de la vie quotidienne à Cuba.

S’il y a bien une histoire dans laquelle on n’a pas le temps de s’ennuyer, c’est bien Havana Split. Frédéric Brrémaud écrit une histoire haletante dramatiquement drôle. Le dynamisme de Pulp Fiction, le second degré de l’arme fatale, la musicalité de Buena Vista Social Club, les références des auteurs sont nombreuses pour cette aventure qui n’a rien à envier à Emilia Perez. La véritable découverte de la série est sa dessinatrice Vic Macioci. Des décors somptueux, des scènes d’action époustouflantes, Macioci nous offre du très grand spectacle sous les couleurs de Maggie. C’est parfois trash mais toujours fun.

Bienvenue à Cuba ! Comme de nombreux personnages, vous n’en reviendrez pas, mais pas pour les mêmes raisons. L’une des toutes meilleures séries d’action du moment.
Série : Havana Split
Tome : 2 – Tropicana
Genre : Espionnage
Scénario : Frédéric Brrémaud
Dessins : Vic Macioci
Couleurs : Maggie
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808512015
Nombre de pages : 96
Prix : 16,50 €



