La vengeance est un plat qui se mange froid
« -Edmond Dantès, au nom de la loi, je vous arrête ! Je suis porteur d’un mandat à votre nom.
-Mais pourquoi ?
-Je l’ignore, monsieur. Votre premier interrogatoire vous l’apprendra.
-Enfin, monsieur, il y a forcément méprise !
-S’il y a méprise, monsieur, elle sera promptement réparée.
-Soyez tranquille. L’erreur va s’expliquer, et probablement que je n’irai même pas jusqu’à la prison. Nous reprendrons la fête demain, là où nous l’avons interrompue. Je reviendrai très vite, chère Mercédès.
-Je t’attendrai, mon Edmond. »
Février 1815, un bateau accoste à Marseille. A son bord, le jeune Edmond Dantès, second du Capitaine, se réjouit à l’idée de revoir son vieux père et sa bien-aimée Mercédès. Dans quelques temps, il va se fiancer, puis se marier. Pour le prochain voyage, Dantès est promu Capitaine, une distinction. Alors que Mercédès éconduit Fernand, un de ses nombreux prétendants, Edmond la retrouve. A la terrasse d’un café, deux de ses amis proposent un plan à Fernand. Et si Dantès, qui a accosté à l’île d’Elbe pendant son voyage, était dénoncé au procureur comme agent bonapartiste ? Il serait mis hors-jeu et la voie serait libre auprès de sa belle. Quelques jours plus tard, le piège se referme sur le pauvre malheureux.

Edmond Dantès a beau clamer son innocence auprès du substitut du procureur, il est arrêté et emprisonné dans la forteresse du château d’If. Peu de temps après, le retour de Napoléon de l’île d’Elbe et la fuite de Louis XVIII n’y feront rien. Dantès reste enfermé. Il y restera longtemps… très longtemps… En prison, il rencontre l’Abbé Faria, détenu depuis 1811. Ils vont passer des années à tenter de creuser un tunnel pour s’évader. Avant de mourir, l’homme d’Eglise confie un secret à son camarade de détention. Le Cardinal Spada a enfoui un trésor sur l’île de Monte-Cristo, entre la Corse et l’île d’Elbe. Faria mort, Dantès prend la place de son cadavre et parvient enfin à s’évader, quatorze ans après son incarcération. Le trésor caché fera de lui le Comte de Monte-Cristo. Cette identité nouvelle pourrait être l’instrument de sa vengeance.

Patrick Mallet adapte le roman d’Alexandre Dumas. Le film avec Pierre Niney ayant eu tant de succès, on entend la voix de l’acteur dans les phylactères du personnage principal. Alors que certaines adaptations littéraires privilégient les récitatifs pour garder le côté prose, celle-ci met en exergue les dialogues entre les personnages. Mallet se fait metteur en scène. Loin des révolutions espagnoles et des chroniques sociales qui font l’originalité de sa bibliographie, Bruno Loth s’approprie le destin de Dantès dans son graphisme « crayon » et les couleurs aussi « crayon » de son fils Corentin.

A l’heure où la jeunesse s’éloigne de la lecture romanesque, la bande dessinée a l’avantage de mettre à disposition de grands, de très grands classiques avec le plus grand respect pour l’œuvre originelle. Evadez-vous donc tous avec celui qui deviendra le Comte de Monte-Cristo.
Titre : Le Comte de Monte-Cristo – Intégrale
Genre : Aventure
Scénario : Patrick Mallet
Dessins : Bruno Loth
Couleurs : Corentin Loth
D’après : Alexandre Dumas
Éditeur : Delcourt
Collection : Ex-Libris
ISBN : 9782413095187
Nombre de pages : 112
Prix : 20,50 €



