Qui veut faire taire les troubadours ?
« -C’est quand même bien la première fois que Kervin manque le début d’un repas !…
-Ne vous inquiétez pas, Dame Galantine, il aura vite fait de rattraper son retard dès qu’il…
-Biiizz Biiii Biiiz
-Guimly !
-Il est arrivé quelque chose à Kervin ! Maître Guillaume, votre épée !… Vite !… »
Le récit commence sur un bûcher. Un troubadour et un conteur d’histoires réclament la justice du Roi. Un homme s’en réclamant, impitoyable, ordonne l’embrasement. Cachés, impuissants, un elfe et un nain observent la scène. Plus tard, chez Messire Guillaume, le propriétaire des lieux et Percevan s’entraînent au combat sous les chants mélodieux (hum !) de Kervin. Le barde va finir ses vocalises dans la forêt…où il se fait enlever. C’est Guimly, son petit « fourreux » qui revient alerter Percevan. Avec Blanche et Guillaume, ils se rendent sur place. Personne ! Sauf l’elfe et le nain qui leur apprennent que le responsable de la disparition est un certain Foulques.

Foulques veut effacer tout ce qui fait l’âme des hommes : légendes, croyances, musiques… Aussi puissant qu’il soit, le coupable n’impressionne pas Percevan qui part à la recherche de son ami. Alertée par l’elfe de l’importance du danger, Blanche lui emboîte le pas. Comme tous ceux dont l’existence n’est que futilités et amusements, comme tous ceux qui n’apportent rien au trésor et sont donc inutiles pour le royaume. Kervin risque les flammes de l’enfer. Percevan le retrouvera-t-il à temps ? Foulques a débarqué depuis que la lumière renvoyée par les miroirs du ciel a changé. Cette lumière participe à l’équilibre du monde. Quelqu’un a interchangé leur position et tout risque de basculer dans les ténèbres.

Voilà quarante-cinq ans que Percevan est apparu dans les pages du mythique mensuel Gomme aux éditions Glénat. Après être passé chez divers éditeurs, le héros revient chez Akileos avec cette nouveauté qui accompagne la réédition des deux précédentes aventures parues aux éditions du Tiroir : La magicienne des eaux profondes et La couronne du crépuscule, présentées avec de toutes nouvelles couvertures.
Philippe Luguy a depuis toutes ces années un trait d’une régularité et d’une finesse exemplaire. Sous les couleurs respectueuses de l’univers de Cecilia Formicola, Luguy prend un plaisir non dissimulé à ne pas lâcher son héros, et, comme à son habitude, invite des guests dans de la figuration comme René Hausmann ou Régis Loisel. Les scenarii de Jean Léturgie restent dans une cohérence qui ne peut pas décevoir les fans de la première heure. Percevan est la série idéale pour que les jeunes lecteurs découvrent ce type de fantasy et pour montrer aux autres qu’il y avait, et qu’il y a toujours, une vie avant les Terres d’Arran.

Héros d’éternels retours, gageons que celui-ci soit pour Percevan celui de parutions régulières de l’une des meilleures séries d’heroïc-fantasy classique tous publics. Balkis, Mortepierre et Polémic en seraient les premiers réjouis, les fidèles de la série comprendront.
Série : Percevan
Tome : 18 – Les miroirs du ciel
Genre : Heroïc-Fantasy
Scénario : Jean Léturgie
Dessins : Philippe Luguy
Couleurs : Cecilia Formicola
Éditeur : Akileos
ISBN : 9782355747595
Nombre de pages : 48
Prix : 15 €



