Duels au sommet sur circuit mythique
« -Tu es encore resté collé au téléphone avec un client radin qui négociait tes factures ?
-Non, Ken. Cette fois, c’est Ford. Ils veulent battre Ferrari au Mans.
-Battre Ferrari ?!… Et ils croient à Dearborn qu’ils peuvent les dominer sur leur propre terrain ?
-Non. Mais toi et moi, on peut y arriver. »
Maranello 1963, dans le fief de la Scuderria Ferrari, Enzo, le Commandatore, peste. Il envoie valser la proposition de rachat de son entreprise par Ford. Hors de question qu’il ne maîtrise pas le budget et les choix sportifs de son écurie. Henry Ford est furieux. A Dearborn, il annonce qu’il va prendre Ferrari à son propre jeu et frapper là où ça fait mal : au Mans. Le programme « Total performance » est lancé. Ford va tout faire pour remporter les 500 miles d’Indianapolis, le championnat du monde de Formule 1 et les 24 heures du Mans. Rien que ça. Pour le Mans, la conception du prototype a pris du retard, mais Henry Ford investira ce qu’il faut. 1964, après des premiers essais pas vraiment fructueux, la Ford GT40 est au départ sur le circuit de la Sarthe. Chez Ferrari, la 330P, qui a fait le meilleur temps des essais, est sur la piste. Attention, 5 secondes !… C’est parti !

Juin 1965, Ford met en course sa MK II, une bombe de 450 chevaux avec une vitesse de pointe de 345 km/h. la stratégie est claire : jouer les lièvres pour faire casser les Ferrari. Parmi ses pilotes, un certain Bruce McLaren. Chez le cheval cabré, on a rigidifié le châssis de la 330P dans une version 2 et installé un moteur 4 litres de 410 CV. Cette année, c’est une Ford en pôle sur la ligne de départ. Pendant que les pilotes se battent sur l’asphalte, dans les paddocks, certains reçoivent des propositions indécentes ressemblant fortement à du chantage. Alors, est-ce vraiment le meilleur qui gagnera ?
Juin 1966, Henry Ford est au Mans, le sourire aux lèvres. Il vient de discuter avec le président Pompidou de l’implantation d’une usine en France. Ses MK II occupent les quatre premières places. Le patron découvre les voitures de ses adversaires Porsche, Matra, Alpine, … La course commence. Tiens, il y a Tintin dans les spectateurs. Depuis l’Italie, Enzo Ferrari donne ses ordres par téléphone.

En 1967, pour le quatrième duel Ford-Ferrari, 350 000 spectateurs assistent à la course du siècle. Chacune des deux équipes aligne pas moins de sept automobiles ! Il va y avoir de la tôle froissée.
Pour cette édition anniversaire Le Mans 1966-2026, un récit inédit de 8 pages complète l’album, faisant office de prequel. Riverside 62 raconte la rencontre décisive entre Ken Miles, un pilote et ingénieur anglais hors pair, et Carroll Shelby, concepteur d’une Cobra dont il semble avoir trouvé le conducteur idéal.

Le scénariste Denis Bernard transforme une histoire de course automobile en véritable suspens. On se prend au jeu de vibrer à l’idée de savoir qui va gagner chacune des compétitions. Aux dessins, Christian Papazoglakis et Robert Paquet travaillent leurs véhicules avec la même finesse et élégance que chez Graton. Avec une telle équipe, on peut se dire : « Au Mans, de 64 à 67, j’y étais ! »
Série : 24 heures du Mans
Tome : 1964-1967 : le duel Ferrari-Ford
Genre : Automobile
Scénario : Denis Bernard
Dessins : Christian Papazoglakis & Robert Paquet
Couleurs : Tanja Cinna, Christian Papazoglakis & Robert Paquet
Éditeur : Glénat
Collection : Plein gaz
ISBN : 9782344076125
Nombre de pages : 56
Prix : 15,50 €



