Gladiator
« -Ensuite, il a planté son glaive dans la gueule du fauve.
-Ton futur mari a failli périr, ma belle !
-Hihihi. Voyons Drusilla ! Tu va encore me faire rougir !
-Tu es beaucoup trop sérieuse, Luna !
-Ne laissepas passer ta chance. Tempus fugit. »
Pompéi, été 79. Le gladiateur Victorius est acclamé dans les arènes de la ville. Gloire à Victorius ! Sans suspens, il terrasse son adversaire. Dans le public, les femmes n’ont d’yeux que pour lui. C’est un dieu, mais c’est aussi un homme. Parmi elles, Luna est en pamoison. Elle n’ose pas, comme d’autres lui donner rendez-vous à la caserne. Mais ce genre de courtisanes, il les éconduit sans ambages. De retour chez elle, Luna raconte à la vieille Drusilla les exploits du divin Victorius, au visage aussi doux et beau que son âme est généreuse. Préparatrice d’huiles de massage, elle imagine l’homme inaccessible. Ce n’est pas l’avis de Drusilla qui l’encourage à lui montrer sa valeur. Il n’a apparemment pas de fiancée. Il y a peut-être une carte à jouer.

Histoire d’amour sur fond de décor historique, Victorius est le deuxième volume d’une collection d’albums indépendants. Après Assa, l’aventure d’une esclave amoureuse du fils de Probus, un notable de la ville, à qui une autre femme est promise, Victorius est une autre love story improbable. On y retrouve des personnages secondaires de la première histoire. Ceux qui l’ont lu apprécieront les clins d’œil ; les autres ne seront nullement handicapés. Avec la caution historique de l’historienne Fabienne Pigière, Rudi Miel montre la sauvagerie d’une époque révolue, où certains hommes étaient des pions ou des objets pour les autres. Malgré une fin métaphorique pour laquelle on se dit : « Non, mais ils n’ont pas osé quand même !? », Pompéi est une immersion 2000 ans en arrière.

« Invaincu dans l’arène, Victorius est un véritable demi-dieu » Si un dieu n’est que demi, c’est qu’il a une faille. Le gladiateur doit vivre avec. Qu’elle est-elle ? L’éruption du Vésuve permettra-t-il à son histoire d’amour d’être vécue ? L’auteur qui tire principalement son épingle du jeu de la série est le dessinateur Paolo Grella. Dans un amphithéâtre impitoyable, il montre toute la sauvagerie, toute la barbarie plus humaine qu’animale. Les couleurs tièdes contribuent à l’immersion. Le dessinateur a poussé la mise en abime jusqu’à utiliser de la véritable cendre volcanique pour les scènes d’éruption. Dans le cahier historique final, pendant que l’on en apprend plus sur la vie d’une ville comme Pompéi en ces temps-là, les illustrations grand format montrent les qualités de peintre du dessinateur.

Avec une rigueur historique certaine, Pompéi réunira les amateurs des univers antiques de Jacques Martin et d’Enrico Marini. Il y a un album de Jonathan de Cosey qui s’appelle « Et la montagne chantera pour toi ». Ça aurait pu être le titre de cette histoire.
Série : Pompéi
Tome : 2 – Victorius
Genre : Histoire
Scénario : Rudi Miel & Fabienne Pigière
Dessins & Couleurs : Paolo Grella
Éditeur : Anspach
ISBN : 9782931105566
Nombre de pages : 56
Prix : 16,50 €



