L’enfance ne se quitte jamais
« -Regarde à quoi on va jouer : j’ai eu Zelba III en cadeau !
-C’est le plus beau jour de ma vie ! »
Fin des années 80, début des années 90, Super Pixel Boy accompagne sa mère au supermarché. N’ayant aucun intérêt pour les yaourts au bifidus actif, il traîne dans les rayons des jouets et des livres qu’il ne peut pas se payer. Le premier plus beau jour de sa vie arrive le jour où il découvre que le jeu installé sur une borne d’arcade dans l’enseigne, il va pouvoir y jouer chez lui. Quelques mois plus tôt, c’est sur une de ces bornes au fond d’un restaurant à Orthez qu’il jouait à Street Fighter 2.

Dans les jeux vidéo, il arrive souvent que des personnages meurent. Ce n’est pas grave, on peut recommencer la partie. Dans la vraie vie, ce n’est pas pareil. Quand Pépé s’en va, c’est pour toujours. Heureusement, les souvenirs ne s’effacent pas. Pour Pixel Boy, chaque parole le met en lien avec un jeu. Pépé a été champion de boxe. Le gamin songera toujours à Punch out en pensant à lui.
Quand Super Mario World sort en 1992, le scénario est bouleversifiant d’originalité. Bowser kidnappe Peach. Yoshi fait sa première apparition. Le plombier voyage dans sept mondes répartis sur 75 niveaux, et il y a des mondes cachés. Pixel Boy y joue avec son pote Jérôme, mais il n’est pas un peu zarbi, ce Jérôme ?

Il n’y a pas d’âge pour tomber amoureux. Qui n’a pas eu de super copine de rêve ? Au fur et à mesure que Super Pixel Boy se raconte, au fil des jeux qui ont tracé sa route, chaque lecteur va se reconnaître dans l’un ou l’autre de ses moments de vie, que l’on soit geek ou pas.
Au fil des jeux, Loïc Clément, dont Super Pixel Boy est l’avatar non dissimulé, entremêle fiction et réalité. Amitié, amour, deuil, enfance, sentiments et événements trouvent si ce n’est une explication au moins une source dans chacun des souvenirs de gamer. Le scénariste pousse la mise en abime jusqu’à faire rencontrer son lui-enfant à son dessinateur Boris Mirroir, puis son lui-adulte et ses enfants. Le grand fait passer des messages au petit par l’intermédiaire des jeux. Avec Super Pixel Boy, Loïc Clément fait son introspection qu’il va terminer sur un message universel.

Pour ces trois tomes, malheureusement passés trop discrètement dans les librairies, Boris Mirroir a relevé le gant de dessiner la vie de nombreux gamins des années 80-90 à travers celle de son scénariste. Les scènes pixellisées issues des jeux sont toutes réalisées à la main. L’air de rien, Mirroir a effectué un remarquable travail de Titan.
« Dis-moi à quoi tu joues, je te dirai qui tu es. » Ainsi commence la préface de Patrick Hellio, journaliste et auteur spécialisé jeux vidéo et pop culture. A la lecture de cette trilogie qui se termine ici, on sait qu’on est tous un peu Super Pixel Boy.
Série : Super Pixel Boy
Titre : 3 – Sauvé par le pong
Genre : Humour
Scénario : Loïc Clément
Dessins & Couleurs : Boris Mirroir
Éditeur : Delcourt
ISBN : 9782413084792
Nombre de pages : 112
Prix : 19,99 €



