La cuisine en coulisses
« -Tu me pèses tout au gramme près et tu vérifies la facture !
-Ok !
-J’ai pas entendu « Oui, chef » !
-Oui, chef ! »
Avant de diriger le petit resto de campagne « A la bonne descente », à Saint-Pistol-les-Roubières, le chef Oscar Belmanger a eu une belle carrière. Paul, journaliste culinaire au Bigaro, l’a reconnu. Ensemble, ils vont revenir sur la vie et l’œuvre du cuistot. Tout a commencé alors qu’il était minot, avec Henriette, sa grand-mère. C’est elle qui a créé ce routier dans lequel il travaille aujourd’hui. Comment et pourquoi à son âge, avec le trajet professionnel qu’il a parcouru, est-il revenu à ce point de départ ? Paul se méfie des journaleux. Il exige de relire le papier du rédacteur avant publication. Ça ne va pas l’empêcher de se lâcher et de tout tout tout lui raconter.

Mamie Rillettes, comme il l’appelait, a été la première femme de sa vie. Brunoise, duxelles ou salpicon ? Elle lui inculque le vocabulaire, les techniques de coupe et les astuces quand on émince un oignon ou qu’on se brûle. Elle lui apprend les saisons, avec le potager de Tonton Roger, les champignons, les herbes aromatiques, …. Elle exacerbe ses cinq sens. Grâce à elle, à 13 ans, il trouve sa vocation : il veut être cuisinier… au grand dam de ses parents. Puisqu’il veut leur gâcher la vie, il partira en apprentissage ! Oscar débarque à Dijon, chez Maurice Toublanc, deux semaines au restaurant alternent avec une semaine à l’école. Il découvre la vie d’une brigade. On ne dit pas « Ok », mais « Oui, chef ! ». Petit à petit, Oscar gravit les échelons, pas toujours par le chemin le plus simple, et apprend à concilier, tant bien que mal, vie professionnelle et vie privée.

On ne peut pas être cuisinier sans être passionné. C’est la leçon que l’on tire de cet album. Serge-Antoine Quéron a été chef-cuisinier mais, lui, a eu la révélation à seulement 30 ans. Il dirigera une brigade de dix personnes, puis un restaurant. La vie d’Oscar est très librement inspirée de ce qu’il a vécu. On découvre les coulisses d’un métier exigeant, épuisant, éreintant, mais tellement gratifiant. Passé à la moulinette Cestac qui co-scénarise l’album, ça donne un récit de vie aussi passionnant que drôle. De la même manière qu’elle se raconte dans « Le démon… », Florence Cestac instille son humour inégalable pour faire d’un destin somme toute classique pour les gens de la profession une comédie dramatique où l’on pleure et où l’on rit, avec ses peines et avec ses joies, pour au final n’en retenir que le positif.

Top chef, Master chef, depuis quelques années, la cuisine est devenue très médiatique. Mais connaît-on l’envers des fourneaux ? Oui, chef ! Un maestro aux pianos nous dévoile tout. Oui, cheffe ! Une maestro nous sert le plat. Florence Cestac, une autrice trois étoiles.
Titre : Oui, chef ! Un maestro aux pianos
Genre : Biopic fictionnel
Scénario : Serge-Antoine Quéron &Florence Cestac
Dessins & Couleurs : Florence Cestac
Éditeur : Dargaud
ISBN : 9782205216479
Nombre de pages : 64
Prix : 17,50 €



