Vianney, sors de ce corps !
« -Il n’est pas tout seul dans sa tête, on dirait.
-Passera pas l’hiver.
-Dès qu’il aura été piqué par une tique, on n’en entendra plus parler. »
XIXème siècle. Dans une forêt du Massachusetts qui se réveille, un loup lit paisiblement au pied d’un arbre lorsqu’il est interrompu par des bruits au loin. Il arrête sa lecture et se rend sur place. Il découvre un homme taillant du bois. Il s’appelle Thoreau. Il dit aux animaux être là en ami… sauf qu’un ami ne coupe pas d’arbres. Il veut seulement construire une cabane pour s’installer ici, vivre librement et ne faire face qu’aux faits essentiels de la vie. Il le fera, mais avec du bois d’arbres déjà morts de vieillesse. Quelques jours plus tard, elle est prête. Voilà Thoreau seul dans les bois, à un mile de tout voisinage, au bord de l’étang de Walden. Va-t-il parvenir à jouir de la nature en toute quiétude avec ses nouveaux amis les animaux ?

Thoreau cultive son potager et arpente les alentours pour mieux connaître les terres. Buttes et vallons n’ont plus de secrets pour lui. Une parcelle semée pour y planter du seigle, voilà quelque chose qui le met hors de lui. L’homme pense profit. Ça va à l’encontre des lois de la nature. Afin de partager la théorie de l’ours qui lui explique comment s’opère la rotation des arbres en forêt, Thoreau se rend en ville, à la bibliothèque. Ce n’est dans aucun bouquin ! Quand l’homme a-t-il rompu avec la nature ? En tous cas, c’est l’été dernier que le garçon a rompu avec Carson, qu’il rencontre aujourd’hui pendant ses recherches et qu’il a abandonnée au profit de la forêt. Elle ne le lui a pas encore pardonné. En sortant de la bibliothèque, Thoreau fait la connaissance de John Muir, écrivain voyageur venu rencontrer le philosophe Emerson. Il n’a pas réussi à l’approcher. Qu’importe, Thoreau l’invite à passer le voir à Walden. Ça pourrait l’intéresser.

Avec le clan de Walden, Catherine Meurisse écrit une contemplation. L’autrice, qui a dû réapprendre à vivre après le drame de Charlie Hebdo, montre une nouvelle vision du monde, transcendant la nature par le biais de Henry David Thoreau, philosophe et naturaliste américain ayant réellement existé, tout comme Ralph Waldo Emerson, chef de file du transcendantalisme qui prône que l’homme peut se transcender au contact de la nature, John Muir, précurseur de la pensée écologique, ainsi que Rachel Carson, biologiste anti pesticides. L’étang de Walden est lui aussi bel et bien réel et est aujourd’hui préservé. Meurisse instille tout son humour dans cette comédie dramatique dans laquelle les protagonistes devront faire face à l’agrandissement d’un barrage sur le lac. La dessinatrice montre ici particulièrement son talent dans la représentation de la nature, avec en particulier des planches finales qui sont chacune de véritables tableaux de maître aux couleurs du temps.

Fable bucolique, signal d’alerte, traité de philosophie, Le clan de Walden est une pépite qu’un chercheur d’or aurait pu trouver sur les rives de ce lac s’il y en avait. Un nouveau chef-d’œuvre signé Catherine Meurisse.
Titre : Le clan de Walden
Genre : Biopic romancé
Scénario, Dessins & Couleurs : Catherine Meurisse
Éditeur : Dargaud
ISBN : 9782205208078
Nombre de pages : 152
Prix : 26,50 €



