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Boulevard BD

L'adresse de toutes les bandes dessinées

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Avenue des CHRONIQUES

  • Show-Ha Shoten ! 9
    par Laurent Lafourcade

    Duos inattendus

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    « -C’est pareil que la première fois que je les ai vus ! Ils se lancent dans une longue intro pour forcer un changement d’ambiance dans la salle. Quel passage en force impressionnant !

    -Ils ont montré leur style tout en faisant attention de ne pas perdre le public en route.

    -C’est comme dans la vidéo qu’on a vue ! Ça va commencer maintenant ! »

    Le grand concours du Kôshien du rire est en pleine phase finale. Le duo « Rising » tente de prendre la première place aux « Jacqueteurs » qui viennent tout juste de la ravir à « Pantoufle de verre brisée ». « Rising », c’est Bunta Harigane et Atsushi Ban. C’est ce dernier qui est le champion de l’année du concours « Questions pour un comique » de la classe. Il convainc son camarade de lycée, qui a passé son temps de la compétition à faire l’andouille, de faire équipe avec lui. Les voici à présent face au public du Kôshien. Ils semblent parvenir à se mettre les spectateurs les plus réticents dans leur poche. Sera-ce suffisant pour passer devant ? S’ils y parviennent, rien n’est gagné. D’autres duos sont encore au programme dont « Aller simple pour les cieux ».

    Show-Ha Shoten ! © 2021 by Akinari Asakura, Takeshi Obata
    © Akinari, Takeshi – Kana 2026

    Auparavant, sera-ce l’heure de gloire de « Shiba inus en tournée mondiale » ? Un passionné plein de fougue et un gars blanc comme neige. Ces élèves de première année inconnus au bataillon sont de vrais outsiders. Ils comptent bien montrer qui ils sont vraiment. Yô Onozuka et Shunsei Mimomi se sont rencontrés sur un terrain de volley-ball. Onozuka, leader du groupe, n’avait pas vu d’un très bon œil l’arrivée dans le club de Mimomi, le fils du coach. Celui-ci fait office de manager. Son programme diététique ne va pas plaire à tout le monde. Au fil des mois, les deux antagonistes vont apprendre à se connaître, à se comprendre, tant et si bien qu’ils se retrouvent aujourd’hui côte-à-côte pour faire rire toute une salle.

    Show-Ha Shoten ! © 2021 by Akinari Asakura, Takeshi Obata
    © Akinari, Takeshi – Kana 2026

    Entre les chapitres, le scénariste Akinari Asakura poursuit l’historique de la genèse de « Show-ha shoten ». Fan de la première heure de Takeshi Obata (On le rappelle dessinateur de Death Note), il n’imaginait pas que ce serait son idole qui dessinerait son histoire. Il ne voyait pas comment c’était possible. Quand il l’a appris, il n’a pas fermé l’œil de la nuit. Toujours est-il que ça l’a boosté car pas question de proposer un travail bâclé à un mangaka de sa trempe. Plus tard, quand ils vont se rencontrer en chair et en os, Asakura décrit toute l’émotion qui le transforme en petit garçon face à un dieu vivant.

    Show-Ha Shoten ! © 2021 by Akinari Asakura, Takeshi Obata
    © Akinari, Takeshi – Kana 2026

    Azemichi Shijima et Taiyô Hicashikata vont avoir du fil à retordre pour gagner le concours. Les deux lycéens d’« Aller simple pour les cieux » voient leurs adversaires défiler. Qui emportera l’adhésion du public ?


    Série : Show-Ha Shoten !

    Tome : 9

    Genre : Shonen

    Scénario : Akinari Asakura

    Dessins : Takeshi Obata

    Éditeur : Kana

    ISBN : 9782505144168

    Nombre de pages : 196

    Prix : 7,30 €


  • Becky Stillborn 3 – Le nourrisson des cendres
    par Laurent Lafourcade

    Affrontements démoniaques

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    « -Rebecca Stillborn n’est plus et pourtant c’est un nouvel échec !! Je suis si las de cette non-existence…

    -Remerciez plutôt le ciel… Becky encore vivante, c’est ma vengeance que je savourerais en ce moment.

    -Ah ah ah !! Vous m’en voulez toujours depuis la faillite de ce petit rituel !! Pourtant au lieu de sacrifiée et morte, vous êtes éternelle. « 

       Avant de se plonger dans la dernière partie de la trilogie Becky Stillborn, un petit rappel est nécessaire. L’histoire commence dans le Sud de l’Angleterre, à Brighton, en 1886. Lady Stillborn découvre les cadavres décharnés de son oncle et de ses domestiques. Si maintenant l’horreur touche les aristos, les affaires se compliquent. Rebecca Stillborn, dite Becky, enquête aux côtés de l’inspecteur Isaac Jack, adepte des combats à mains nues dans les tripots des faubourgs et porté sur l’alcool depuis qu’il a perdu sa femme et le bébé qu’elle portait dans des conditions particulièrement macabres. Après l’incendie de la maison du tonton, Becky, interrogée par un juge virulent, doit répondre à cinq chefs d’accusation : importation de produits non approuvés par l’autorité de médecine britannique, administration de substances non autorisées, expérimentation sur des êtres humains, erreur médicale et homicide. Avec un petit coup de pouce de ses pouvoirs qu’elle ne maîtrise pas complètement, elle parvient à sortir de ce mauvais pas pour reprendre son enquête, avant que Jack, sous influence démoniaque, ne l’arrête dans son élan.

    © Michel – Inanna

    Ce dernier épisode débute en 1888 à Whitechapel, un an après les événements précédents. On y retrouve l’inspecteur devant le cadavre d’une prostituée. D’Isaac Jack à Jack the ripper, il n’y a qu’un pas. Personne n’est qui l’on croyait qu’il était, et l’on va apprendre à se méfier des apparences. On pensait que l’énigme trouverait sa source dans les faubourgs de Londres ou de Brighton, on découvre qu’il faut remonter au IIIème siècle avant Jésus-Christ en Mésopotamie, quand une sorte de prêtre sacrifie un lapin devant une gamine enchaînée. Vingt-deux mille ans plus tard, les deux ennemis se font face pour un jeu d’échecs démoniaque. Ces deux là tirent bien des ficelles. Alors que tout le monde pensait Becky Stillborn six pieds sous terre, cette dernière compte bien en profiter pour déjouer les manigances politico-démoniaques qui se trament dans l’Angleterre victorienne.

    © Michel – Inanna

    La trilogie Becky Stillborn est un excellent polar fantastique finement construit, machiavélique, aux rebondissements constants et aux virages imprévisibles. Les amateurs de thriller et de fantastique se retrouveront dans cette histoire digne des meilleurs scénarios du genre, dont Jean Dufaux était l’un des chantres dans les années 80-90. On sent qu’Arnaud Michel en a sous le coude et on regrette que certains indices ne soient pas plus développés, comme l’événement dans l’antique Mésopotamie. Le scénariste détourne le mythe de Jack l’éventreur. Régis Loisel l’avait magistralement fait dans Peter Pan. Arnaud Michel propose une version très différente, inédite, et tout aussi originale. Au fil des tomes, le style graphique de l’auteur s’est affiné et enrichi, avec quelques planches incroyables comme par exemple celles de la fuite de Becky de la soirée ou de l’accident de carrosse, aux découpages exemplaires. D’autres séquences sont en doubles planches avec incrustations. Aucun détail n’est négligé.

    © Michel – Inanna

    En trois tomes, grâce à Becky Stillborn, paru chez de micro-éditeurs, on a assisté à la naissance d’un solide auteur de bandes dessinées. Si avec cette « carte de visite », Arnaud Michel ne signe pas chez une grande major, c’est à n’y rien comprendre.


    Série : Becky Stillborn

    Tome : 3 – Le nourrisson des cendres

    Genre : Polar fantastique

    Scénario, Dessins & Couleurs : Arnaud Michel

    Éditeur : Inanna

    ISBN : 9791097349783

    Nombre de pages : 80

    Prix : 17 €


  • Marta et les bandits 1
    par Laurent Lafourcade

    Jadis, la Corse…

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    « -Regarde, Ursulina ! On a des truites !

    -C’est très bien ! Va les donner à Calasima, il les préparera pendant qu’on va à la messe.

    -Pas la messe !

    -Allez vous préparer ! J’ai sorti vos habits du dimanche.

    -Et pourquoi Calasima il est pas obligé d’aller à la messe, lui ?

    -Parce que quand on est adulte on peut décider de ses croyances. Et quand on est enfant on écoute Ursulina ! »

    Fin XIXème, quelque part au cœur de la vallée du Niolu, en Corse, des lavandières nettoient du linge dans le courant de la rivière pendant qu’en amont deux enfants pleins de boue se lavent. L’eau sale coule jusqu’aux femmes furieuses que leur linge soit à nouveau souillé. Tout ça fait bien rigoler les gosses qui s’enfuient de l’autre côté du cours d’eau en leur tirant la langue. Marta et Léon rentrent au village avec le butin de leur pêche. Leur amie Ghjuvanna leur donne un panier de « frappe », des gâteaux corses qui font le délice des gourmands de tous âges. A la maison, Ursulina les envoie mettre leurs habits du dimanche pour la messe… à leur grande joie.

    Marta a une douze ans et c’est son anniversaire. Elle est une enfant trouvée. Au retour de la célébration, une surprise l’attend à la maison. Ses oncles sont de retour au village. Ses parents lui offrent une jolie robe et un superbe livre de Robert Louis Stevenson : L’île au trésor. Les tontons ont un cadeau bien spécial : un grand couteau ayant appartenu à un bandit du Sud qu’ils ont attrapé le mois précédent. La soirée s’annonce passionnante car ils vont leur raconter comment. Marta a douze ans, elle n’est plus une petite fille, avec toutes les conséquences que cela engendre. Sa vie risque de changer, mais elle n’a pas l’intention qu’on lui dicte son destin.

    Après les déboires de la famille Bughjardelli dans Back to paese qu’elle va poursuivre en parallèle, Léa Maurizi est de retour avec une nouvelle série tendre et historique. Trouvant sa source dans la vie de Marthe Piarchi, femme bandit qui vécut dans la région de Bocognano à la fin du XIXème siècle, Marta et les bandits est inspirée de cette Calamity Jane. Léa Maurizi y a insufflé des éléments de son histoire familiale, un de ses ancêtres ayant pris le maquis. Toute la genèse de l’histoire est détaillée dans le cahier graphique en fin d’album, aux côtés des travaux préparatoires dévoilant les méthodes de travail de l’autrice. Dans son style graphique, l’autrice dépeint des décors dans une somptueuse esthétique « naïve ». Le village de Casamaccioli en 1884 est particulièrement touchant. L’ensemble de l’album a été réalisé sur tablette graphique, ce qui a permis à la dessinatrice de tester avec succès quelques effets informatiques comme les décors flous dans certains arrière-plans mettant en valeur les personnages.

    Marta et les pirates est un véritable dépaysement dans l’espace et dans le temps, un retour aux sources qui fleure bon les histoires du soir et la déconnexion. Les chanceux qui habitent l’île ou qui l’ont visité sentiront même les herbes du maquis. Dans les milieux intellectuels, on appellerait ça l’album de la maturité, c’est tout simplement l’excellent premier tome d’une trilogie au cœur de la Corse profonde dans un temps jadis magnifiquement dépeint aussi bien dans le fond que dans la forme.


    Série : Marta et les bandits

    Tome : 1

    Genre : Aventure

    Scénario, Dessin & Couleurs : Léa Maurizi

    Éditeur : Corsica Comix

    Collection : Orizon Grafic

    ISBN : 9791092481341

    Nombre de pages : 80

    Prix : 20 €

    © Maurizi – Corsica Comix


  • 100 bucket list of the dead 19
    par Laurent Lafourcade

    Omelette de zombies

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    « -Je crois que c’est la première fois que je visite cet endroit.

    -Moi aussi.

    -Y a des pandas, vous croyez ?!

    -Moi, je veux faire une sieste avec les capybaras…

    -Bienvenue au Safari Park ! »

    Après avoir bien profité des sources chaudes, Akira Tendô propose à ses amis d’aller chevaucher des autruches. C’est le point 48 sur sa bucket list des choses à faire avant de se faire mordre par un zombie. Mais est-ce que dans le monde tel qu’il est devenu les autruches n’ont-elles pas toutes été zombifiées ? Pas sûr du tout. C’est l’animal le plus rapide après le guépard, elles sont capables de repérer des intrus à plus de 10 km et s’adaptent à de grandes amplitudes de températures. C’est la crème des oiseaux. Elles ont forcément survécu à la pandémie. Nos amis vont aller s’en assurer au Safari Park.

    © 2026 Haro ASO, Kotaro TAKATA All right reserved
    © KANA 2026

    Dès la boutique de souvenirs à l’entrée, ils sont attaqués par un animal zombifié : un ratel, pas plus grand que 25 cm mais hargneux comme ce n’est pas permis. Ils sont sauvés par l’arrivée inattendue d’une guerrière chevauchant un tigre. Nora Miike était soigneuse dans le territoire des fauves du parc. La pandémie a touché le zoo et beaucoup d’animaux sont morts, transformés en zombies. Ceux qui ont pu s’échapper à l’extérieur des grilles ont reconstruit un écosystème et prospèrent dans la nature comme si les hommes n’avaient jamais existé. Vivant seule sur place, Nora veille à ce que les animaux contaminés restent cloîtrés, mais ils s’attaquent parfois au grillage. Quant aux autruches, sont-elles saines et sauves pour qu’Akira accomplisse son vœu ?

    © 2026 Haro ASO, Kotaro TAKATA All right reserved
    © KANA 2026

    En filigrane de cet épisode, Haro Aso et Kotaro Takata traitent d’un sujet que l’on n’aurait jamais pensé évoqué dans cette série : le cyberharcèlement. Si Nora est si proche du règne animal et déteste tant le genre humain, c’est parce qu’elle a subi enfant cette maltraitance ignoble qui peut faire des dégâts irréparables. La haine sur les réseaux sociaux se répand comme une traînée de poudre, comme une apocalypse zombie. Les mangakas dénoncent ce scandale sociétal qu’il est si complexe à soigner et à endiguer. Ils invitent fortement à se débarrasser de nos smartphones. Au fond, le but de la série ne serait pas de prôner un retour à la nature et à l’essentiel ? Plus que jamais, 100 bucket list of the dead est humoristiquement intelligente.

    © 2026 Haro ASO, Kotaro TAKATA All right reserved
    © KANA 2026

    Si finalement les zombies parviennent même à nous donner des leçons de vie en nous faisant réfléchir sur notre condition, que demander de plus ?


    Série : 100 bucket list of the dead

    Tome : 19

    Genre : Zombies

    Scénario : Haro Aso

    Dessins : Kotaro Takata

    Éditeur : Kana

    Collection : Big Kana

    ISBN : 9782505144472

    Nombre de pages : 160

    Prix : 7,90 €


  • Les nouvelles aventures de Max Beaumont 1 – Imbroglio Météo
    par Laurent Lafourcade

    Le temps devient fou

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    « -Eh bien, je peux vous dire qu’ensuite, je n’ai raté aucune de vos aventures. Je dois même vous avouer que si je fais ce métier aujourd’hui, c’est grâce à vous.ma vocation est venue à la lecture de vos reportages. Bon. Pour le moment, je travaille au journal « Le Clairon ». Donc, niveau aventure, c’est plutôt limité.

    -Il faut dire que le monde a bien changé. Le temps n’est plus vraiment au journalisme d’aventure, Monsieur Saumier.

    -Faites-mi plaisir, appelez-moi Simon. »

                    Simon Saumier est tout excité. C’est la première fois qu’il rencontre son idole Max Beaumont, écrivain aventurier. Ecrivant un article sur Max, Simon lui a donné rendez-vous à la terrasse d’un café afin de le prendre en photo pour illustrer son papier. Alors qu’ils font connaissance, Simon se fait arracher son appareil photo par un type en jogging que tous les deux se mettent à poursuivre. Après une course effrénée, l’appareil tombe à l’eau. Pour les truands, la mission semble accomplie. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que Simon avait retiré la carte-mémoire. Plus tard, en portant un exemplaire du journal Le Clairon dans lequel est publiée l’interview, sur la photo de l’écrivain, au fond, on aperçoit le voleur qui regarde l’objectif. Il a certainement remarqué qu’il a été pris et c’est pour cela qu’il a voulu mettre la main sur l’appareil.

    © Nicoby, Jousselin, Croix – Dupuis

                    Max Beaumont héberge Rose, sa jeune voisine. Il a longtemps été son baby-sitter. Sa mère ayant un travail très prenant et ne voulant pas que sa fille reste seule, une chambre pour elle a été aménagée chez Max. Avec son drone, elle a l’œil sur tout. Le trio décide d’aller chez Simon pour voir si sur son ordinateur il n’aurait pas d’autres photos du bandit. C’est là qu’ils surprennent un cambrioleur en flagrant délit. Celui-ci s’échappe avec le fruit de son larcin dans une étonnante tornade à l’intérieur même de l’appartement du journaliste. Il pleut dans son salon ! Quel imbroglio météo !

    © Nicoby, Jousselin, Croix – Dupuis

                    Le retour du Masque Rouge, Le réveil du Volcamata, Le signe Vaudou, Opération Jaguar, Piège pour un kidnapping, … Voici quelques-uns des livres-enquêtes à succès du célèbre Max Beaumont, véritable émule d’Henri Vernes. Avec lui et ses nouvelles aventures, Nicoby et Pascal Jousselin rendent hommage à la bande dessinée d’aventure tous publics des années 60-70-80 qui a fait et qui fait encore l’ADN du journal Spirou. A l’instar de Gil Jourdan-Libellule-Crouton, ces faussement nouvelles aventures mettent en scène un trio : Simon, le jeune journaliste fan inconditionnel, Max, le vieux briscard toujours vert, au look Amicalement vôtre, et Rose, la lycéenne à la pointe de la technologie. Pour s’ancrer dans la temporalité, Nicoby a utilisé une plume Atome, pas simple à dompter mais outil de nombreux dessinateurs de l’âge d’or. Il y a quelques années, l’histoire aurait été dessinée par Will et Tif et Tondu auraient mené l’enquête.

    © Nicoby, Jousselin, Croix – Dupuis

                    Sans nostalgie mais avec hommage, Les nouvelles aventures de Max Beaumont sont inscrites dans l’air du temps, celui des problèmes météorologiques. Il ne faut plus appeler ce genre de séries de la bande dessinée à Papa, mais de la bande dessinée à fistons. Intergénérationnel.


    Série : Les nouvelles aventures de Max Beaumont

    Tome : 1 – Imbroglio Météo

    Genre : Polar humoristique

    Scénario : Pascal Jousselin

    Dessins : Nicoby

    Couleurs : Laurence Croix

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808514323

    Nombre de pages : 56

    Prix : 12,95 €


  • Le réseau Papillon 11 – Fragiles libertés
    par Laurent Lafourcade

    Une bataille de gagnée mais pas encore la guerre

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    « -Toi non plus, tu n’arrives pas à dormir ? Toujours le même cauchemar ?

    -Oui…

    -A la guerre, il y a deux façons de s’en sortir… Boire ou faire une trêve.

    -Je ne bois pas.

    -Alors ce sera la trêve. Je vais en parler au Général.

    -Mais… La guerre ? Je veux combattre.

    -Il faut parfois se reposer pour être plus combatif. Et ce n’est pas de la lâcheté. »

                    Novembre 1944, les combats se poursuivent sur le front de l’Est alors que les américains ont débarqué depuis bientôt six mois. Arnaud vient encore de faire un cauchemar. Il tient le coup en pensant à sa fiancée Elise, logée à Paris pour ses études dans une famille qui espère encore que les allemands ne soient pas vaincus. La cohabitation n’est pas facile. Au village, Gaston et François sont regardés de travers parce qu’ils soutiennent Anne et Karl. Blessé, Gaston pense à Elise. Il trouve qu’elle l’oublie depuis qu’elle est partie à la capitale. En Angleterre, Edmond poursuit son entraînement de pilote. Il semble maintenant fin prêt et se trouve affecté à l’unité N°8 Pathfinder. Une première mission s’annonce pour lui. Pendant ce temps, Churchill et De Gaulle affinent leur stratégie de victoire.

    © Otéro, Dumanche, Schmitt – Jungle

                    Le 11 Novembre est la date de commémoration de l’armistice de 1918. A Paris, la flamme du souvenir brûle hors la présence de l’ennemi, mais la guerre n’est pas finie. Arnaud vient de retrouver Elise. Ils vont à la place de la Concorde voir le défilé auquel participent les troupes coloniales françaises. Ils passent toute la soirée ensemble. Demain, il repart à la guerre. De retour chez elle, Elise découvre une lettre de Gaston qui se languit d’elle. Elle est Catherine entre Jules et Jim. Au village, entre adjoint collabo et femme tondue, le retour à la vie ne se fait pas dans la sérénité.

    © Otéro, Dumanche, Schmitt – Jungle

                    « Tous les allemands ne sont pas pour Hitler et sa folie. » C’est l’une des leçons que l’on retient de ce onzième tome du Réseau Papillon. Les enfants ont bien grandi depuis le début de la guerre. Ce sont à présent de jeunes adultes, comme le tout jeune Pierre Georges, alias le Colonel Fabien, célèbre résistant communiste, qui trouve la mort à seulement 25 ans dans les combats pour la libération de l’Alsace, en manipulant une mine. Sur le même front, c’est ici Arnaud qui évacue son corps sur un brancard. Pendant que Hitler revient à Berlin pour sa dernière demeure, Edmond atteint la Pologne. Il ne s’attend certainement pas à ce qu’il va voir. Nicolas Otéro et Franck Dumanche, avec son co-scénariste Michel-Yves Schmitt, ont éparpillé le Réseau Papillon afin que chacun soit le témoin de faits historiques ou quotidiens d’une époque sombre dont les premières éclaircies commencent à poindre.

    © Otéro, Dumanche, Schmitt – Jungle

                    Alors que le chevalier du gai demandait dans la chanson aux Compagnons de la Marjolaine s’il y avait une fille à marier, les membres du réseau Papillon ont pour certains trouvé la leur, mais elle, a-t-elle fait son choix ?  Malgré tout, pour eux et les autres, il faut poursuivre le combat.


    Série : Le réseau Papillon

    Tome : 11 – Fragiles libertés

    Genre : Aventure historique

    Dessins : Nicolas Otéro

    Scénario : Franck Dumanche  & Michel-Yves Schmitt

    Couleurs : 1ver2anes

    Éditeur : Jungle

    ISBN : 9782822248150

    Nombre de pages : 56

    Prix : 12,95 €


  • XIII 30 – So help me God !
    par Laurent Lafourcade

    Doubles jeux

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    « -Maintenant que nous avons ce Tadine, peaufinons notre plan, Jason. Le peuple est au bord de la révolte à cause de ces piètres communicants.

    -Cette rhétorique provocatrice est aussi une façon pour notre président de s’imposer auprès de la population comme l’homme fort du président… et de l’avenir. Il cherche à tenir à l’écart quiconque pourrait lui faire de l’ombre.

    -Je suis bien de cet avis. Il me défie et il est temps que ça s’arrête. Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre les élections de novembre pour reprendre la main. »

    Dans l’avion qui le ramène de Guantanamo avec Tadine, nouvelle recrue spécialisée en piratage informatique, Jason Mac Lane manque de se faire jeter par-dessus bord par la Capitaine Spark qu’il parvient lui-même à éjecter par la porte de la carlingue. Survolant la mer et bien équipée, la tueuse s’en sort bien. Peu après, l’appareil atterrit à Andrews, dans le Maryland, où XIII retrouve son épouse Janet Fitzsimmons. Pas dupe, il annonce à Sheperd, le secrétaire d’Etat à la défense, que sa sbire est descendue plus vite que prévu. Alors que tirant, ou croyant tirer les ficelles, Janet compte installer Jason à la communication de la Maison-Blanche en tant que vice-président, le chef d’Etat, le président Allerton, et son secrétaire d’Etat ont bien l’intention de l’en empêcher. Pour eux, l’élimination de Mac Lane est la priorité.

    © Sente, Jigounov, Tatti – Dargaud

    Ce que Janet ignore, c’est que XIII n’est plus sous l’influence de la puce qui lui a été implantée dans le cerveau. Lui, fait tout pour le lui cacher. Avec l’aide de Tadine, son but est de permettre une triche par votes électroniques, puis de dénoncer le scandale. Au même moment, Spark regagne le continent et contacte le Général Carrington. « Elle est vraiment bien, cette petite Jo Spark. Ça ne m’étonne pas que Jason lui fasse confiance. » Il se pourrait que Jason ait tout compris et soit « de retour du côté des gentils ».

    © Sente, Jigounov, Tatti – Dargaud

    Il ne faut pas se mentir, même si la série XIII n’est plus ce qu’elle était, il faut avouer que, quand on les lit avec concentration, les scenarii d’Yves Sente sont tracés au cordeau. C’est tiré par les cheveux, c’est vrai, mais après tout Tom Cruise saute bien d’un avion à l’autre à plus de 60 ans et on est admiratif. Les nouvelles aventures de Jason MacLane sont de la politique-fiction tellement improbable qu’on ne serait pas étonné que ça se passe comme ça dans la vraie vie, avec tout ce que l’on nous cache. Après le diptyque précédent qui montrait un XIII dans un rôle de pantin fadasse, on retrouve la malignité et la force du personnage, à l’instar du dessinateur Iouri Jigounov qui lui aussi profite de ce regain de vitalité, sous les couleurs fidèles qu’il co-réalise avec Bruno Tatti.

    © Sente, Jigounov, Tatti – Dargaud

    Dans la vie, un marionnettiste reste toujours le maître de son pantin. Dans XIII, ça ne se passe jamais aussi facilement. Entre doubles jeux et manipulateurs, même Dieu aurait du mal à aider quiconque. So help me, XIII !


    Série : XIII

    Tome : 30 – So help me god !

    Genre : Thriller 

    Scénario : Yves Sente

    Dessins : Iouri Jigounov

    Couleurs : Bruno Tatti & Iouri Jigounov

    Éditeur : Dargaud

    ISBN : 9782505140450

    Nombre de pages : 48

    Prix : 13,50 €


  • Office & Humans 2 – « Start-up extension”
    par Laurent Lafourcade

    Rôles de jeu

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    « -Salut, les amis ! Entrez !

    -J’ai trop hâte de tester enfin les règles « Compagnon » ! Est-ce qu’on peut d’abord montrer à Zurg ta photocopieuse ?

    -Carrément. Mais on traîne pas, hein… »

    Pas question de perdre du temps. Le jeu de rôles va bientôt commencer. L’aventure du jour se déroule dans une entreprise de nettoyage. Les personnages vont être tirés au sort. Il y a un directeur qui vient d’arriver, un agent d’entretien expérimenté et un agent débutant niveau 1. Les joueurs lancent chacun un dé à dix faces. Plus le résultat sera haut, meilleure sera la fonction du gameur. Ensuite, on relance les dés pour définir leur intelligence et leur compétence. Communication, délégation, programmation, networking, investissement ? Que va choisir chacun des concurrents. Mais, dites, un jeu de rôles qui se déroule dans une entreprise, ce n’est pas très dépaysant… Pour nous, humains, non, mais quand les joueurs sont des dragons, ça peut l’faire !

    © Roope Eronen 2026
    © Misma

    Dans Office & Humans, le concept est inversé. Les dragons lancent les dés et choisissent en fonction la destinée des personnages qu’ils incarnent. On commence par une réunion dans la salle de pause. Le boss envoie Anna, une employée, nettoyer le magasin de fournitures de bureau, mais il va falloir évaluer la situation économique de la boîte. Henry est missionné sur d’autres lieux. Le patron lui-même va mettre la main à la pâte avant de passer à la banque. Au fil des indications du maître de jeu, un dragon rouge à deux têtes, les trois dragons joueurs tentent de diriger leurs personnages dans la bonne direction et de leur faire prendre les bonnes décisions, en fonction du hasard des lancers de dés, bien sûr.

    © Roope Eronen 2026
    © Misma

    Après l’entreprise de nettoyage, une deuxième histoire met en scène « Le combat des commerciaux ». Cette fois-ci, pas de maître de jeu. Dans la caverne du chaos, on joue avec des cartes. On choisit des decks et la partie peut commencer. On les mélange et sept cartes sont distribuées à chacun. Les dragons incarnent des commerciaux voisins qui essaient de faire gagner un max à leurs boîtes respectives et encaisser des commissions. Attention à la carte « Café renversé sur ordinateur » ! Peut-être que la carte « Collégien en stage » sera d’un grand secours pour aider à la campagne publicitaire.

    © Roope Eronen 2026
    © Misma

    Si Anouk Ricard était finlandaise, elle s’appelerait Roope Eronen. L’idée d’inverser le concept du jeu de rôles entre humains et dragons est un coup de génie. Ce deuxième volume de Office & Humans est l’un des albums les plus drôles (et les plus rôles) de l’année. Un regard sur le monde de l’entreprise comme on n’en avait jamais vu.


    Série : Office & Humans

    Tome : 2 -« Start-up extension”

    Genre : Humour

    Scénario, Dessins & Couleurs : Roope Eronen

    Éditeur : Misma

    ISBN : 9782494740235

    Nombre de pages : 180

    Prix : 18 €


  • Idéfix et les irréductibles 9 – Goudurix fait le mur
    par Laurent Lafourcade

    Illustrations, poissons et restauration

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    « -Mon gé… gé… général !!! C’est a… affreux !!!

    -Quoi encore !?

    -Euh…. En fait… Ce serait bien que… Hum…

    -Vous veniez voir par vous-même ! »

                    A Lutèce, la nuit, un mystérieux caricaturiste parsème les murs de la ville de dessins raillant le général Labienus et son chat Monnalisa, inversant les rôles entre les deux, faisant de l’un l’animal de compagnie de l’autre. Sous un masque à la V pour Vendetta, l’auteur des illustrations fait hurler de rire la populace, mais pas du tout le gradé romain qui demande illico presto l’arrestation du perturbateur. Celui-ci n’est autre que le jeune Goudurix, qui rencontrera plus tard les deux gaulois les plus célèbres du monde dans Astérix et les Normands. Sous la pression de Labienus et les huées des lutéciens, Goudurix est condamné à réaliser une fresque à la gloire du général. Mais une astuce des irréductibles risque de changer la donne.

    © Fenech, Airault, Viaud, Coulon, Clerc, Serrano – Albert René
    Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2026 Les éditions Albert René/Goscinny-Uderzo

                    Un Arquebus, ça va… Plus, bonjour les dégâts. Dans la deuxième histoire, Ordralfabétix se fait arnaquer par un margoulin qui lui revend une cargaison de poissons qui était destinée à Monnalisa. Déçue de ne pouvoir profiter de la poiscaille et outrée de ce qui était arrivé au poissonnier, mis sous les verrous par des centurions romains, Baratine alerte les irréductibles. Ordralfabétix est condamné à affronter le meilleur gladiateur dans les arènes. S’il est innocent, les dieux le laisseront gagner. Pas si simple que ça. Tout le monde va y voir double dans cette histoire, à cause ou grâce à une nouvelle potion du hibou Voldenuix.

    © Fenech, Airault, Viaud, Coulon, Clerc, Serrano – Albert René
    Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2026 Les éditions Albert René/Goscinny-Uderzo

                    La Pomdofine de la discorde est le troisième et dernier récit de ce volume entièrement dessiné par un impeccable Philippe Fenech. La potée Arverne à la saucisse de Tolosa débarque à Lutèce grâce à la carriole-food (ancêtre du truck-food) de Pomdofine. Les lutéciens se régalent, les centurions aussi. C’est meilleur que la ration du légionnaire. Pomdofine, la cuisinière, se vante de la qualité de ses matières premières par rapport aux produits avariés des romains, de quoi énerver Labienus. Ce dernier tente de lui mettre des bâtons dans les roues, sous l’œil complice du préfet Pleindastus qui a l’idée de mettre en place un chariot romain pour montrer leur supériorité. Y a-t-il de la place pour plusieurs chariots-cantines à Lutèce ?

    © Fenech, Airault, Viaud, Coulon, Clerc, Serrano – Albert René
    Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2026 Les éditions Albert René/Goscinny-Uderzo

                    Avec neuf albums et 1,5 millions d’exemplaires dans le monde en 23 langues, dont presque le tiers en français, Idéfix et les Irréductibles trottine bien gaillardement derrière Astérix


    Série : Idéfix et les irréductibles

    Tome : 9 – Goudurix fait le mur

    Genre : Aventures humoristiques

    Scénario : Suaëna Airault, Sébastien Viaud, Yves Coulon, Philippe Clerc & Olivier Serrano

    Dessins : Philippe Fenech

    D’après : René Goscinny & Albert Uderzo

    Éditeur : Albert René

    ISBN : 9782864977537

    Nombre de pages : 72

    Prix : 8,99 €


  • Kujô l’implacable 13
    par Laurent Lafourcade

    Sombres arrangements

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    « -Que me voulez-vous, Maître Sôraku ? C’est Maître Kujô qui assure ma défense. Puis-je vous demander de partir ?

    -C’est dans votre intérêt de m’écouter, Monsieur Ikeo. Vous n’êtes pas au courant de la mauvaise réputation de Maître Kujô, n’est-ce pas ? C’est un avocat véreux entièrement à la solde des criminels. »

    Selon la psychologie morale, l’homme possède trois niveaux de moralité. Le premier consiste à définir sa conduite morale de sorte à éviter les risques de sanction, le deuxième à respecter les lois et les conventions, le troisième à prendre ses propres décisions en se basant sur sa propre conscience. C’est vers ce dernier niveau que l’homme devrait tendre, mais il ne le fait pas car la plupart d’entre eux se laisse influencer par ceux qui gueulent le plus fort. Le fait de respecter les lois n’avance à rien parce que les règles sont faites pour avantager ceux qui les font. C’est ce qui est mis en évidence dans ce manga, dur, âpre, malheureusement réaliste. Il faut des gens comme Kujô pour mettre des grains de sable dans cet engrenage dirigé par l’argent.

    © 2026 Shohei MANABE All rights reserved
    © KANA 2026

    Concernant l’affaire de l’hôpital général, Ikeo, le secrétaire général, se voit proposer une grosse somme pour porter le chapeau du scandale financier, celui des fraudes aux subventions lors de la crise Covid. En détention provisoire, l’homme refuse le chantage et préfère que son dossier reste entre les mains du cabinet de Kujô. Pour ce dernier, le seul moyen de rebâtir les valeurs de l’entreprise sur de bonnes fondations est d’écarter complètement le directeur actuel de l’hôpital de Shirasu, lui aussi en détention. Pendant qu’en coulisses, c’est une bataille d’avocats qui se met en place, en surface, à l’hôpital, il faut redonner confiance aux malades et aux investisseurs. Un super-docteur pourrait-il redorer le blason de l’institution ?

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    © KANA 2026

    Une fois réglé le prix de la vie, c’est une autre affaire qui va occuper le cabinet Kujô. Yakushimae est une jeune femme qui aide les anciens criminels à se réinsérer dans la société, en les aidant à trouver un logement ou un travail. Elle leur file un coup de main pour remplir les demandes d’aide. On lui reproche parfois cette aide apportée aux criminels. Le jour où elle va être victime d’attouchements sexuels lors d’un massage qui aurait dû être anodin et qu’il va falloir se poser la question s’il faut porter plainte ou pas, tous ses principes vont voler en éclats. Perturbée, déterminée malgré le paradoxe par rapport à sa mission d’aide aux repris de justice, il va lui falloir toute l’aide de la psychologie Kujô pour arriver à prendre la bonne décision adéquate.

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    © KANA 2026

    S’habitue-t-on aux affaires traitées par le cabinet Kujô ? Peut-être prend-on tout simplement conscience de la violence du monde dans lequel on vit. Reflet de la société et réflexion sur la justice, le manga de Shôhei Manabe est encore plus puissant que ce que l’on pourrait croire.


    Série : Kujô l’implacable

    Tome : 13

    Genre : Thriller/Polar

    Scénario & Dessins : Shôhei Manabe

    Éditeur : Kana

    Collection : Big Kana

    ISBN : 9782505142171

    Nombre de pages : 192

    Prix : 8,10 €


  • Suzie et Morue 1 – Des vacances archidémoniaques
    par Laurent Lafourcade

    Chihuahua Holidays

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    « -Bonnes vacances, les enfants ! N’oubliez pas de réviser votre vocabulaire pour les dictées de la rentrée.

    -Tu veux venir jouer aux jeux vidéo à la maison ?

    -J’aurais adoré mais on part toute la semaine au bord du lac avec ma mère… »

    C’est l’heure des vacances à l’école Chihuahua. Suzie, la petite fille cyclope, n’a pas l’air ravie de partir au bord du lac avec sa mère Clarissa. A chaque fois, c’est pareil, elle organise des balades à la voile, des pique-niques et des parties de cache-cache. Sauf que cette fois-ci, ça ne va pas être pareil puisque le nouvel amoureux de maman et sa fille vont venir avec elles. La gamine s’appelle Morue. Elle est tout ce qu’il y a de plus humaine… presque… En fait, c’est une sirène mais elle ne sait pas se transformer en sirène. Léon, son père, lui, est un Sphinx. Il a toujours des énigmes. Tous les quatre vont donc passer quelques jours dans le calme et la sérénité, loin du monde et de l’agitation, dans la plus pure sérénité bucolique. T’as qu’à croire !

    © Obion, Trondheim – Bayard Jeunesse

    Pendant que les adultes amoureux partent faire un tour du lac, dans les airs (et oui, quand on est Sphinx, on a des ailes), les enfants découvrent la nature. Elles remontent du fond du lac une luxrave aquatique. Les luxraves sont des spécialistes du langage. Mais elles peuvent parfois porter sur les nerfs, dans ce cas-là… Bref. Morue est férue de magie noire. Elle a trouvé un livre dans une grotte. Il explique comment faire parler des carcasses de poulet, faire tomber des gens malades, et surtout invoquer des démons. On peut choisir celui que l’on veut et lui demander les sorts de sa spécialité. Ça va être l’occasion d’occuper les journées pendant que le papa de l’une et la maman de l’autre roucoulent.

    © Obion, Trondheim – Bayard Jeunesse

    Spin off de L’école Chihuahua, Suzie et Morue est un album de gags à quatre mains, en forme de cadavre exquis comme la série-mère. Si les quatre tomes de L’école Chihuahua réunissaient quatre auteurs (Trondheim, Obion, Nob et Jousselin), les deux premiers sont les seuls rescapés de l’aventure. Obion et Trondheim se passent la main pour faire avancer l’aventure. C’est frais et mignon, extrêmement poétique, et témoigne du savoir-faire d’auteurs confirmés. Les graphismes de l’un et de l’autre sont assortis, comme s’ils étaient naturellement faits pour se répondre. Chaque gag est un strip au format carré. Comme dans une construction, c’est l’imbriquement de l’ensemble qui fait la solidité du produit fini.

    © Obion, Trondheim – Bayard Jeunesse

    Dans l’air du temps, la famille recomposée de Suzie et Morue va parler à plus d’un enfant et à plus d’un parent. Après L’école Chihuahua et Patty télépathe, seul ou avec des camarades de jeu, Lewis Trondheim se positionne en valeur sûre de la collection BD Kids.


    Série : Suzie et Morue

    Tome : 1 – Des vacances archidémoniaques

    Genre : Humour

    Scénario, Dessins & Couleurs : Obion & Lewis Trondheim

    Éditeur : Bayard Jeunesse

    Collection : BD Kids

    ISBN : 9791036390937

    Nombre de pages : 72

    Prix : 10,50 €


  • Cohen contre l’intelligence
    par Laurent Lafourcade

    Lutter contre l’IA

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    « -C’est quoi, cette merde ?

    -Maman, c’est l’industrie française. Ça s’appelle l’intelligence. Tu peux lui parler. »

                    Auteur maudit ne parvenant pas à signer de succès, Pierre Cohen a deux préoccupations auxquelles il tente de survivre dans la vie : sa mère, centenaire dépressive en excellente santé, et l’intelligence artificielle. En fait, pour l’instant, l’intelligence artificielle, il s’en fout un peu. Il sait à peine utiliser un ordinateur et un smartphone, mais le jour où Bella Lugosa, ministre déléguée à l’industrie, va l’appeler, il va se retrouver au cœur du sujet. L’écrivain se serait plutôt attendu à un coup de fil du ministre de la culture, mais non. Quelques jours plus tard, entourée d’experts, l’aguichante femme d’Etat présente à Pierre Cohen un robot dotée d’intelligence artificielle. Elle lui demande de le trimballer dans tous les cercles intellectuels qu’il fréquente pour le cultiver, et prendre ainsi une longueur d’avance dans la technologie par rapport aux américains et aux chinois. Ah, oui ! Il devra aussi l’amener chez sa mère. Cohen accepte la mission.

    © Sfar, Rabarot – Seuil

                    Pendant que le philosophe et la ministre font l’amour, l’intelligence a bien des déboires avec la centenaire. Les ingénieurs travaillant sur la technologie vont devoir remettre leurs travaux en question. Bella Lugosa exige de Pierre Cohen qu’il retrouve une intelligence artificielle pour la France. Après avoir récupéré son chien chez la femme de sa vie (l’homme semble adepte de l’amour libre), il retrouve ses amis dans un café. Il y a le peintre Seabearstein, professeur aux Beaux-Arts, et le dessinateur Joann Sfar. Plus loin, à une table, le peu recommandable Jacques Merenda, alias Le Niçois, lit le journal devant un verre en fumant un cigare. A l’évocation de l’intelligence artificielle, le débat est lancé. Sfar annonce la couleur : pour l’auteur de BD, c’est de la merde, et il faut la craindre. En tant que prof, Seaberstein vit un enfer. S’immisçant dans la conversation, le politicien véreux de Nice y voit la fin de la démocratie.

    © Sfar, Rabarot – Seuil

                    Avec Cohen contre l’intelligence ou comment survivre à l’IA ?, Joann Sfar met en garde contre une pandémie technologique qui semble inéluctable. Judéité, famille et téléréalité sont également au rendez-vous. Le nom de la ministre, Bella Lugosa, n’est pas anodin. Il fait écho à Béla Lugosi, acteur célèbre pour avoir incarné le Comte Dracula dans le film de Tod Browning en 1931. La politicienne, lancée dans la course mondiale à l’IA, est comparée à ce suceur de sang qui aspire le contenu de ses victimes. A l’heure où les ordinateurs écrivent ou dessinent à la manière de, à l’heure où Spotify propose plus de contenu composé avec de l’IA que de compositions humaines, Sfar tente d’alerter et de désamorcer une bombe prête à nous exploser à la figure. Ecrivains, musiciens, les artistes doivent à présent le justifier quand ils n’utilisent pas l’IA dans leurs créations. Et on n’en est qu’aux balbutiements. En se mettant en abime dans cet album, Sfar montre son inquiétude, notamment en tant qu’auteur de BD. Nous, consommateurs, sommes le dernier rempart pour la subsistance de l’Art « fait main ». C’est en cela que nous devons être vigilants.

    © Sfar, Rabarot – Seuil

                    Lutter contre l’intelligence artificielle dans un livre fait à la main est la meilleure démonstration qui pouvait être faite. Philosophe des temps modernes, Sfar met en garde avec son humour et sa verve graphique. Si après ça, vous ne vous en méfiez pas…


    Titre : Cohen contre l’intelligence ou comment survire à l’IA ?

    Genre : Réflexion philosophique

    Scénario & Dessins : Joann Sfar

    Couleurs : Isabelle Rabarot

    Éditeur : Seuil

    ISBN : 9782021560190

    Nombre de pages : 184

    Prix : 26 € 


  • Henri-Désiré Landru
    par Laurent Lafourcade

    Noir et blanc pour Barbe-Bleue

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    « -Messieurs les jurés !! Permettez-moi, en quelques mots, de dresser son portrait… Cynique comédien et menteur professionnel ! Ce triste individu a été condamné à sept reprises entre 1900 et 1912 pour escroquerie, puis en 1914 condamné de nouveau à quatre ans de prison, toujours pour escroquerie… Prison qu’il ne fera pas, car bien entendu ce fourbe avait pris la fuite !! C’est le 12 avril, et grâce à la perspicacité de l’Inspecteur Riboulet et du brigadier Belin que la justice s’empare à nouveau de ce monstre !… Landru !! »

                     Novembre 1921. Le tribunal est plein à craquer pour assister au procès du siècle, celui d’un homme accusé d’avoir assassiné onze dames et siphonné leur fortune, celui d’Henri Désiré Landru. Après deux ans et demi d’instruction, les preuves sont accablantes. On a retrouvé dans la cuisinière de sa villa de Gambais des objets calcinés provenant de vêtements féminins, puis dans son jardin des débris de restes humains parmi des cendres. Preuve supplémentaire, dans un carnet, l’accusé notait les noms et lieux de rendez-vous de ses futures victimes et inventoriait scrupuleusement ses dépenses, comme l’achat de scies qui lui serviront à découper les corps. Enfin, lorsqu’il se rendait dans sa maison de campagne avec chacune de ses conquêtes, il achetait systématiquement deux billets aller et un billet retour. « Il leur a promis les flammes de l’amour, les malheureuses, elles n’auront eu droit qu’à celles de son fourneau !! »

    © Chabouté – Vents d’Ouest

                    1915, c’était la guerre des tranchées. Fuyant l’horreur indicible, indescriptible, un soldat s’échappe. Le déserteur doit rester caché. Son projet est de fuir en Amérique avec son épouse Hélène restée à Paris. Pour cela, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Il lui demande d’en trouver par n’importe quel moyen. C’est ainsi qu’ils vont prendre au piège un séducteur patenté, un volage homme marié, père d’une famille de quatre enfants. Repérant le manège de double vie de l’escroc, Hélène se laisse séduire et invitée à Gambais. Landru devient la victime du déserteur et de sa femme qui vont le faire chanter. Sa mission : inviter des femmes dans la villa de campagne et leur faire croire qu’elles ont commis un meurtre qui les oblige à quitter le pays avec leur fortune.

    © Chabouté – Vents d’Ouest

                    Chabouté propose une toute nouvelle version de l’histoire de Landru dans un « What if ? » d’une malignité incroyable. Et si Landru était une victime ? Et s’il n’était qu’un séducteur volage, un simple mari trompeur et pas un assassin ? Et s’il ignorait ce qu’il advenait des femmes qu’il invitait, ici de force ?  Chabouté transforme la trajectoire d’un assassin en une conséquence directe de la tragédie de 14-18. Dans des planches explosives, l’auteur nous entraîne au cœur des tranchées. On n’avait pas été autant en immersion depuis les albums de Tardi. Là où l’auteur de Varlot soldat travaillait en niveaux de gris, Chabouté dessine de grands aplats noirs qu’il maîtrise de façon impressionnante.

    © Chabouté – Vents d’Ouest

                    On croyait connaître par cœur la « carrière » de Henri-Désiré Landru. Chabouté rebat les cartes dans un album inattendu remis en valeur dans la collection BD poches de l’éditeur.


    One shot : Henri-Désiré Landru

    Genre : Biopic

    Scénario & Dessins : Chabouté

    Éditeur : Vents d’Ouest

    Collection : BD poches

    ISBN : 9782749310589

    Nombre de pages : 144

    Prix : 10 €


  • Darwin’s incident 10
    par Laurent Lafourcade

    Cauchemars

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    « -Omelas… Pour toi, le monde entier est ton ennemi. Mais je sais que tu peux coopérer même avec tes ennemis si vous avez un objectif commun… C’était le cas avec l’Ala, n’est-ce pas ? N’aimerais-tu pas discuter avec Grossman ? »

    Réveillé de son coma après avoir été retrouvé mourant dans la montagne, Omelas est un brin énervé. Seule une discussion avec le professeur Grossman pourrait le calmer. La conscience de ce dernier a été téléchargée dans un stockage de données sur ADN qui est conservé dans son propre cerveau, ultra protégé. Il est cependant possible d’accéder à sa conscience par une « porte de derrière » pour les cas d’urgence grâce à une clef d’authentification biométrique.  Pour pouvoir le faire, les deux frères humanzees doivent apparaître simultanément devant les yeux du professeur.

    © 2026 Shun Umezawa/Kodansha Ltd.
    © KANA 2026

    De son côté, Lucy, qui, on le rappelle, est enceinte, a fait un rêve très étrange dans lequel elle a vu le professeur Grossman, plus jeune, dans un endroit qui ressemblait à un labyrinthe. Elle a l’étrange sensation que ce songe ne semblait pas être le fruit de son imagination. Lucy voudrait revoir Omelas qui, pense-t-elle à raison, veut que Grossman assume la responsabilité de l’avoir créé. Actuellement caché, le scientifique est sous la protection du FBI. Charlie préférerait que Lucy ne se mette pas en danger. C’est lui qui partira avec Phil à la recherche de son frère.

    © 2026 Shun Umezawa/Kodansha Ltd.
    © KANA 2026

    Avec ce dixième tome, la série de Shun Umezawa franchit deux tournants. L’un est philosophique. Charlie est en pleine introspection. Il ne comprend pas pourquoi il ne ressent ni tristesse, ni colère comme les êtres humains. Ses gênes ne sont-ils pas conçus pour ça ? Il craint que cette incapacité à ressentir des émotions fortes ne l’éloigne de Lucy. Le second tournant est fantastique au travers des rêves de Lucy. Quelle est donc cette chose sombre et floue qui rôde dans ses songes ? A part ça, la spirale de la violence poursuit son chemin avec l’ALA et avec l’apparition d’un nouveau personnage, le vieux Don Marquez « Silencio » et sa petite moustache à la Stan Lee dont la principale source de revenus vient de la drogue et des armes.

    © 2026 Shun Umezawa/Kodansha Ltd.
    © KANA 2026

    Avec son excellente adaptation en anime, Darwin’s incident semble boostée. Le manga est l’une des toutes meilleures séries de la décennie.


    Série : Darwin’s incident

    Tome : 10

    Genre : Anticipation

    Scénario & Dessins : Shun Umezawa

    Éditeur : Kana

    Collection : Big Kana

    ISBN : 978505144229

    Nombre de pages : 160

    Prix : 7,90 €


  • The Marshal King 1
    par Laurent Lafourcade

    La generation des desperados

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    « -Tiens ? Marshal, regardez ! Il y a quelque chose dans le désert… On dirait que ça vient par ici.

    -Mmh ? C’est quoi, ça ? Un homme ? Pourquoi il se trimballe avec un cercueil géant ?! »

    Cette génération-ci était celle des desperados. Le grand M. Godspeed est le hors-la-loi qui règne sur ce désert depuis des siècles et des siècles. Ou plutôt : régnait. Car voilà, la légende aux « bras d’or », qui a amassé une fortune colossale, est mort. Son fils Jim traîne un cercueil géant avec la dépouille de son père qu’il vient de flinguer. Gare à qui voudrait se l’approprier, et avec elle les dix millions de dollars promis. Personne dans l’Ouest n’est de taille contre Jim Godspeed.  Ce dernier vient s’inscrire à l’académie de formation des Marshals fédéraux de l’Ouest, un établissement d’élite fréquenté par les enfants de Marshals et d’officiers des rangers. Avec le passif de son père, les autres élèves risquent de lui faire la peau. Sauf qu’il existe un passe-droit spécial : liquider un bandit et en apporter la preuve. C’est justement ce que vient de faire le candidat en ramenant le cadavre de son père.

    The Marshal King © 2025 by Boichi
    © 2026 Bamboo édition

    La prime, Jim s’en fout. Ce qu’il veut, c’est intégrer la formation pour régler leurs comptes aux bandits. Il est temps pour lui d’entamer sa nouvelle vie d’étudiant. Ça ne va pas être facile de se faire sa place. Heureusement, il pourra compter sur Agera Dutch Schaefer, chargée de son accueil, et sur Mira Abigail Black, nouvelle arrivée elle aussi, fille de Century Black, le légendaire Marshal en chef. Jim et Mira ont un point commun : ils ne répondent plus de rien lorsqu’ils dégainent. Quoi de mieux que de se tester en duel pour faire connaissance ? Si la belle semble très sûre d’elle, Jim va lui mettre les points sur les « i », ou plutôt tracer sa balle à la culotte. Incroyable ! Maintenant que chacun sait à qui il a à faire, les cours peuvent commencer.

    The Marshal King © 2025 by Boichi
    © 2026 Bamboo édition

    On en a lu des westerns qui punchaient dès le départ, mais il faut dire que celui-ci est bien au-dessus du panier. The Marshal King est un western steampunk à l’action complètement démesurée. Ça commence par une attaque de train en bonne et due forme dont on ne voit pourtant pas l’aboutissement. Des armes et des machines plus époustouflantes les unes que les autres montrant l’ingéniosité de l’auteur, Boichi, venu de Corée du Sud, bien connu chez Doki-Doki puisqu’il y a commencé sa carrière européenne avec Sun-Ken Rock. Son plus grand succès à ce jour est Dr.Stone avec vingt millions d’exemplaires vendus. Boichi a pensé The Marshal King comme un projet conçu d’emblée pour la scène mondiale. C’est ainsi qu’est sortie du coffre aux trésors de son cœur ce western spaghetti.

    The Marshal King © 2025 by Boichi
    © 2026 Bamboo édition

    Boichi intègre une mythologie steampunk dans un univers western. L’œuvre est cinématographique. Vous vouliez du grand, du très grand spectacle dans un manga ? Voici The Marshal King.


    Série : The Marshal King

    Tome : 1

    Genre : Western steampunk

    Scénario & Dessins : Boichi

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Doki Doki

    ISBN : 9791041120611

    Nombre de pages : 192

    Prix : 7,95 €


  • Oneira L’ère des souverains 2 – Le spectre d’antan
    par Laurent Lafourcade

    Apprentissage et cauchemars

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    « -Membres du Salice, si j’ai exigé votre présence aujourd’hui, c’est parce que nos alliés du royaume de Martel courent un grave danger. De terribles attaques ont eu lieu à nos frontières avec Martel, et j’estime qu’il est de notre devoir de venir en aide à nos voisins, qui se trouvent actuellement dans l’impasse. »

    A Alba, le roi Carol, du royaume voisin de Martel, vient demander de l’aide au conseil du Salice dirigé par Octavian. Depuis plusieurs semaines, les districts Nord du pays ont subi diverses attaques d’une créature immense qui disparaît mystérieusement après avoir tout dévasté. Le pays aurait pu régler l’affaire sans demander de l’aide, mais voilà, le monstre a enlevé la bien-aimée fille du roi. Malgré le fait qu’Huvi reproche au roi de ne pas être intervenu pour sauver les populations du Nord, le conseil accepte de l’aider, avec un certain opportunisme de la part d’Octavian. Arane, qui mène une enquête à Maindemortis, pas loin de Menor, pourrait faire d’une pierre deux coups en se joignant à Nikolas pour retrouver la piste de Saladin et des jumelles.

    © 2026 Federica Di Meo (Arancia Studio) – Cab – KANA

    Le Comte Varen Jonas, pendant qu’il profitait de l’hospitalité du Salice, a dupé tout le monde en reformant pendant ce temps une armée de cauchemars à Bar Tolmay. Un cauchemar serait-il assez intelligent et puissant pour avoir constitué une horde ? Sans aucun doute, mais il va falloir le vérifier. Pendant que certains vont aller au front, Venus se rend à Lydie parfaire son apprentissage sous la bienveillante protection d’Ovide. Ça va aussi être l’occasion pour elle de découvrir Fhadline et l’histoire de sa lignée. Au même moment, au cœur du bois d’Elden, une bête sort de sa léthargie.

    © 2026 Federica Di Meo (Arancia Studio) – Cab – KANA

    Cab et Federica Di Meo tiennent toutes leurs promesses pour ce deuxième tome du deuxième cycle d’Oneira. En fin de volume, un long entretien avec les auteurs nous en apprend plus sur eux. Si Fede ne se sent pas l’étoffe d’une épeire dans ce monde, Cab se verrait bien conteur, remarquant que c’est ce qu’il fait déjà. Comme scénario, Cab fournit à sa dessinatrice comme un script de film, avec des dialogues très détaillés et des suggestions de plans, qu’elle peut modifier si elle trouve quelque chose qui fonctionne mieux pour optimiser la narration. Les auteurs y reviennent sur la place des femmes dans leur manga et dans le genre.

    © 2026 Federica Di Meo (Arancia Studio) – Cab – KANA

    L’univers d’Oneira est dense. Un trombinoscope des personnages en début de tome serait à présent bienvenu. Avec Oneira, la Manga Dark Fantasy européenne a de beaux jours devant elle.


    Série : Oneira L’ère des souverains

    Tome : 2 – Le spectre d’antan

    Genre : Dark Fantasy

    Scénario : Cab

    Dessins : Federica Di Meo

    Éditeur : Kana

    Collection : Dark Kana

    ISBN : 978250512…

    Nombre de pages : 192

    Prix : 8,10 €


  • La collection Gaston – Tome 1
    par Laurent Lafourcade

    La naissance du gaffeur

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    « -Chers lecteurs de Spirou, on m’a chargé de vous annoncer une bonne nouvelle : répondant à la demande de nombreux lecteurs, le journal publiera désormais les aventures de Gaston dès la semaine prochaine donc ceux que la chose intéresse vibreront au récit des exploits admirables de notre héros sans emploi… C’est aux crayons finement inspirés de Jidéhem et de Franquin que nous devons cette fresque sublime ! »

                    C’est furax que Fantasio sort de son bureau. En tant qu’éditorialiste au journal de Spirou, il annonce l’arrivée d’un nouveau personnage soi-disant exceptionnel. T’as qu’à croire. Le nouvel employé va lui ficher d’entrée une pointe dans le pied en voulant ramasser les papiers. C’est ballot, il a raté la boulette… et en a commis une. Au fil des semaines, Gaston va sans cesse faire péter des câbles à son patron. Il vaut mieux être seul que mal accompagné, mais c’est trop tard. Va falloir faire avec ! Entre expériences, gaffes et travail… non, pas travail…, Gaston squatte les locaux de la rédaction au grand dam de ses collègues de bureaux. Ce premier recueil chronologique se termine par une série de gags publicitaires au profit de la limonade belge Piedbœuf présentés sous leur forme originale.

    © Franquin, Jidéhem – Hachette/Dupuis

    Présentons quand même Gaston pour donner une envie de lecture aux novices de la série. Gaston Lagaffe est un garçon à tout faire qui travaille dans l’immeuble des éditions Dupuis éditant entre autres le beau journal de Spirou. Inventeur invétéré et gaffeur patenté, il est un boulet attachant pour tous ses collègues de travail, avec en premier lieu Fantasio, son supérieur hiérarchique, que Gaston fait constamment sortir de ses gonds et qui sera ensuite remplacé par Prunelle lorsque Franquin abandonnera Spirou, mais ça on le verra bien plus tard. Au fil des albums, apparaîtront sa collègue Mam’zelle Jeanne, transie d’amour pour lui, Monsieur de Mesmaeker et ses éternels contrats qu’il ne réussira jamais à faire signer, et, pour ne citer que les plus célèbres l’agent Longtarin et son carnet de contredanses.

    © Franquin, Jidéhem – Hachette/Dupuis

    2,50 € pour ce tome 1, qui dit mieux ? Dans un cahier complémentaire de 16 pages, on revient sur la numérotation des albums au fil des différentes éditions, des mythiques demi-albums à la collection actuelle. La vie et l’œuvre de Franquin sont racontés dans Les premiers pas d’un dessinateur. Avant un portfolio final, on nous explique comment un personnage sans emploi débarquant à l’improviste dans les pages d’animation du journal de Spirou est devenu un (anti-)héros de bande dessinée.

    Depuis fin juillet, Hachette collection a lancé cette édition luxueuse grand format à dos toilé. Les lecteurs pourront acheter les albums chez leur marchand de journaux, mais les abonnés bénéficient de cadeaux considérables (tirés à part, album Bravo les brothers, recueils de Monstres et t-shirt). Un nouveau volume avec un dossier exclusif paraîtra tous les quinze jours, jusqu’à la reprise fort honorable de Delac, avant de terminer par la série Modeste et Pompon.

    © Franquin, Jidéhem – Hachette/Dupuis

                    Pour un chroniqueur BD, faire un papier sur Franquin, c’est comme si un fidèle écrivait sur Dieu. Cette collection est une madeleine de Proust pour les uns et la meilleure façon de découvrir Lagaffe pour les autres…s’il en reste encore. Si de nouveaux lecteurs découvrent Gaston grâce à ces rééditions, Hachette et Dupuis auront réussi leur pari.


    Série : La collection Gaston

    Tome : Tome 1

    Genre : Humour

    Dessins & Scénario : Franquin, avec la participation de Jidéhem

    Éditeur : Hachette/Dupuis 

    Nombre de pages : 64

    Prix : 2,50 € 


  • Seccotine 1 – Mystère à Champignac
    par Laurent Lafourcade

    Une journaliste à la campagne

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    « -Bonjour ! C’est pour…

    -Et s’ils viennent chez moi, ces abrutis, je m’en fous, je sors la carabine !

    -Il me faut un carnet de timbres.

    -Tu leur achètes bien des granules, hein, aux abrutis !

    -Et alors ? Ça ne les autorise pas…

    -Des timbres, s’il vous plaît !

    -Pas de conneries, les gars, le GSC fait des rondes tous les soirs. Demandez à Alfred pour les rejoindre…

    -UN CARNET DE TIMBRES ! NOM DE NOM !

    -Faut pas vous énerver comme ça, ma p’tite dame, c’est un endroit tranquille ici… »

                    Un camion de déménagement arrive près d’une maison isolée de Champignac. La nouvelle locataire des lieux l’attendait avec impatience. Elle va pouvoir poursuivre son installation avec les cartons amenés. Cette impatiente, nous la connaissons bien, elle s’appelle Seccotine et est journaliste pour le Moustique. Elle ne restera pas longtemps seule. Un chat noir s’incruste dans la maison. Le lendemain, la jeune femme blonde part faire quelques emplettes à vélo dans le bourg. Sur Radio Champignac, le journal annonce que des bêtes ont disparu dans plusieurs fermes du canton. Au bar, on ne parle que de ça. Seul Dupilon, ce poivrot, ne semble pas préoccupé par l’affaire. A la boulangerie, le sujet divise les clients. Une vieille dame se sent plus en sécurité grâce au GSC, le groupe pour la sécurité de Champignac, que d’autres jugent fasciste. Seccotine apprend que ce fameux GSC est constitué de fermiers et de chasseurs de Champignac se relayant pour surveiller les fermes la nuit. Ils ne sont pas très copains avec les employés hippies vegans d’Arthur Nature, fabricant des granulés bio, accusés de libérer les bêtes.

    © Elric, Guerrive – Dupuis

                    De retour chez elle, Seccotine reçoit un appel de Spirou qui lui propose de réaliser un reportage sur ce sujet pour la semaine suivante, ce qu’elle accepte évidemment. Elle commence par aller visiter l’usine de granulés. Pour Colette qui la guide, les fermiers du GSC enlèvent leurs propres bêtes pour toucher l’argent des assurances. Pour Alfred, l’épicier, le GSC n’a rien à voir avec ça. Il invite Seccotine à l’accompagner pour une ronde le soir-même. La journaliste va remarquer ce soir-là que c’est peut-être sur une toute autre piste qu’il allait falloir partir. Le lendemain, en se rendant au château de Champignac afin de récupérer l’ordinateur qu’elle a laissé chez le comte après l’affaire Korallion, elle se trouve aux prises avec un mystérieux cambrioleur.

    © Elric, Guerrive – Dupuis

                    Après Zorglub et le Comte de Champignac, c’est au tour de Seccotine d’avoir sa propre série. Elric connaît bien l’univers de Spirou puisqu’il a dessiné La baie des cochons, et en prépare actuellement un autre. Quant à Sophie Guerrive, elle est déjà au co-scénario de la série principale avec Benjamin Abitan pour Olivier Schwartz. Des échos y sont d’ailleurs faits puisque l’action se passe après l’affaire Korallion racontée dans La mort de Spirou et La mémoire du futur. Les lecteurs fidèles apprécieront la relation. Guerrive aborde des thèmes d’actualité, comme l’auto-justice ou le « terrorisme » vegan, bien que le sujet soit traité ici de manière beaucoup moins violente que dans un manga comme Darwin’s incident. Elric dépouille un brin son trait. On aurait aimé parfois un peu plus de densité dans les décors. Ce n’est pas gênant en soi. La part belle est faite à l’intrigue.

    © Elric, Guerrive – Dupuis

                    Après être apparue dans La corne de rhinocéros et avoir connu la gloire grâce à son reportage du Nid des Marsupilamis, Seccotine est enfin l’héroïne de sa série. Avec cet angle plutôt polar, le Spirou-verse se développe encore un peu plus.


    Série : Seccotine

    Tome : 1 – Mystère à Champignac

    Genre : Aventure

    Scénario : Sophie Guerrive

    Dessins & Couleurs : Elric

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808506830

    Nombre de pages : 64

    Prix : 13,50 €


  • Shiba inu rooms 2 & 3
    par Laurent Lafourcade

    Ames canines, âmes câlines

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    « -Bonjour, M’sieur Momose !

    -Oh, bonjour.

    -On m’a dit que votre fille avait quitté le nid pour emménager seule.

    -Oui. Le lycée correspondant à ses souhaits était hélas trop loin de la maison. Mais le pire, c’est qu’elle s’est dégoté un appartement hanté ! »

    En changeant de lycée, Kôri Momose a dû se trouver un nouvel appartement…sauf que celui-ci est hanté par l’esprit d’un chien, un shiba. Il s’appelle Muu, ne peut pas quitter les lieux et, derrière un regard sévère, demande une grande dose d’affection. Problème : s’il est trop câliné, son esprit rejoint le paradis. Mais d’après les mediums, il leur faut profiter le plus longtemps possible de cette « vie intermédiaire ». Entre Muu et Kôri, une relation d’amitié s’installe, dont il faut gérer le bon dosage. L’esprit ne pouvant quitter l’appartement, Kôri a la géniale idée d’organiser une rencontre en visio entre Muu et les esprits shibas de l’appartement 102. Il y en a sept ! Cajou, Caramel, Cannelle, Ombre, Charbon, Chantilly et Flocon deviennent les nouveaux amis virtuels de Muu. Ça le sociabilise un peu, mais ça ne remplace pas les vrais jeux qu’il voudrait faire avec sa nouvelle maîtresse.

    Shibatsuki Bukken © 2024 by Esu Oomori
    © 2026 Bamboo édition

    Les journées de Kôri sont rythmées par son emploi du temps au lycée. Pas question pour elle de rater l’année scolaire. Elles sont longues pour le petit chien, ces journées. Alors qu’un mur invisible l’empêchait de sortir de l’appartement, voilà pas qu’un beau jour il parvient à passer à travers. Comment cela a-t-il pu se passer ? Va-t-il parvenir aussi à faire une escapade en dehors de l’immeuble ou est-il quand même enfermé dans le bâtiment ? L’exploration le dira. Il y aura peut-être besoin des goodies mediumniques de Mayo Moon High. Toujours est-il que cette possibilité va donner à Muu une bouffée d’oxygène et lui permettre de varier ses journées de solitude. Tiens ? Il pourrait peut-être rencontrer en chair et en nonos ses amis virtuels du 102.

    Shibatsuki Bukken © 2024 by Esu Oomori
    © 2026 Bamboo édition

    Au fil des chapitres, avec Kôri, on fait connaissance des habitants des différents appartements. On connaissait Kazuko Laproprio, au nom approprié, propriétaire de la résidence, et Ittestu Sanada, l’apprenti boulanger du 201. On découvre Nukumi Shibai, le maître des 7 shibas du 102, la masquée Yume Hanazono, la lookée Roza Kyôgoku ou encore Yoiko Sakamori, la charmante locataire du 203. Les shibas qui hantent son appartement sont Croquette et Popo, deux petits choux à la très forte personnalité. Quelques scènes en flash-back, nous permettent d’en apprendre plus sur le passé et la personnalité de Kôri, adolescente en marge pas toujours comprise par ses camarades. Et le comble de Muu, vous ne devinerez jamais ce que c’est : il a peur des fantômes !

    Shibatsuki Bukken © 2024 by Esu Oomori
    © 2026 Bamboo édition

    Esu Oomori développe un manga fantastique animalier qui sort des sentiers battus. La personnalité bien caractéristique des shibas est mêlée à une vraie histoire fantastique qui explore aussi bien leurs âmes que celles des humains. C’est une série que l’on découvre pour son côté animal et que l’on poursuit pour son côté original.



    Série : Shiba inu rooms

    Tomes : 2 & 3

    Genre : Animalier

    Scénario & Dessins : Esu Oomori

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Doki Doki

    ISBN : 9791041119-493/-578

    Nombre de pages : 200

    Prix : 7,95 €


  • Havana Split 2 – Tropicana
    par Laurent Lafourcade

    Cuba, île de sérénité

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    « -Je file chez Alfonso.

    -Pas sûr qu’il te laisse lui parler…

    -Je ne veux pas lui parler. Je veux juste vérifier si tout va bien !

    -Et mon père ?

    -Ton père, toujours ton père !… Tu nous emmerdes à la fin ! S’il y en a un ici qui ne risque rien, c’est lui. Arrête de t’inquiéter ! »

    Cuba 1958. Concepcion, la starlette compagne d’Ernesto Ochoa dit « l’ambassadeur », qui roule pour Franco en éliminant les républicains réfugiés à Cuba, a été enlevée par Lily, John et José n’ont pas d’autre choix que d’accepter, sinon Arnaldo et sa secrétaire Chiquita sont morts. Arnaldo, c’est le père de Lily Valdès Turner, jeune étudiante américano-cubaine dans un collège de Miami qui vient de perdre sa mère et qui est venue retrouver son père pour les vacances. Ce dernier est au cœur d’un chantage organisé par Don Alfonso, le boss des paris sportifs à qui Arnaldo devrait 50 000 $. Afin d’éponger la dette, Alfonso a demandé à l’agence Valdès d’organiser le rapt de la chérie de son grand rival.

    © Brrémaud, Macioci, Maggie – Dupuis

    Arnaldo Valdès tient une agence de détectives privés. Ce sont deux d’entre eux qui sont venus accueillir Lily sur le port : John Botia, ex-agent de la CIA, et José Cojones, un cubain un brin roublard. A la tête de l’Etat, le dictateur Fulgencio Batista dirige le pays avec l’aide de l’argent américain. Sa police politique, « la muerte », est sans scrupules : traquer, arrêter, mutiler et faire disparaître sont ses spécialités. Le caillou dans la chaussure de Batista s’appelle Fidel Castro. Le rebelle marche sur La Havane et compte bien renverser le dictateur. Entre la CIA et les camps mafieux opposés, corruption, alliances, tortures et attentats sont le lot courant de la vie quotidienne à Cuba.

    © Brrémaud, Macioci, Maggie – Dupuis

    S’il y a bien une histoire dans laquelle on n’a pas le temps de s’ennuyer, c’est bien Havana Split. Frédéric Brrémaud écrit une histoire haletante dramatiquement drôle. Le dynamisme de Pulp Fiction, le second degré de l’arme fatale, la musicalité de Buena Vista Social Club, les références des auteurs sont nombreuses pour cette aventure qui n’a rien à envier à Emilia Perez. La véritable découverte de la série est sa dessinatrice Vic Macioci. Des décors somptueux, des scènes d’action époustouflantes, Macioci nous offre du très grand spectacle sous les couleurs de Maggie. C’est parfois trash mais toujours fun.

    © Brrémaud, Macioci, Maggie – Dupuis

    Bienvenue à Cuba ! Comme de nombreux personnages, vous n’en reviendrez pas, mais pas pour les mêmes raisons. L’une des toutes meilleures séries d’action du moment.


    Série : Havana Split

    Tome : 2 – Tropicana

    Genre : Espionnage

    Scénario : Frédéric Brrémaud

    Dessins : Vic Macioci

    Couleurs : Maggie

    Éditeur : Dupuis

    ISBN :  9782808512015

    Nombre de pages : 96

    Prix : 16,50 €


  • Mamie Luger 1 – La tentation du mâle
    par Laurent Lafourcade

    102 ans et toutes ses balles

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    « -Madame Gavignol, vous savez pourquoi vous êtes là ?

    -Pour avoir tiré des coups de pétoire ?

    -Plus exactement du tir de 22, sur les forces de police et dans le fessier du voisin, notaire de surcroît…

    -T’es bien tatillon, j’fais pas autant dans l’détail…

    -J’vois ça. Vous comprenez qu’on ne tire pas sur les gens… ?

    -On voit que t’as pas fait la guerre, toi ! »

    2016, banlieue de Saint-Flour, une mamie de 102 ans est arrêtée par la police. Elle est en garde à vue après avoir tiré sur son voisin. Elle l’a pris pour un gitan. C’est pourtant difficile à confondre avec un rom un type avec un peignoir en satin. Actuellement au bloc opératoire, Berthe Gavignol risque gros s’il dépose plainte. L’inspecteur Ventura, rien à voir avec Lino, interroge la vieille dame. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas au bout de ses surprises. Au fil de la journée, le flic va découvrir que ça ne date pas d’aujourd’hui le fait que Berthe ait la gâchette facile. Pour tout comprendre, il faut remonter en 1914, année de la naissance de l’inculpée.

    © Kéramidas – Casterman

    Berthe n’a pas deux ans lorsque son père meurt dans les tranchées. Sa mère ne tardant pas à le rejoindre, la gamine sera élevée par sa grand-mère Nana, dont la spécialité était de fabriquer de la gnôle dans la cave, gérant ses dettes en soulevant sa jupe. En 1942, Berthe assassine un boche qui tente de la violer. Elle l’enterre à la cave et récupère son Luger. C’est peut-être ça qui a banalisé la violence chez elle. Des meurtres, elle en commettra d’autres. Mais il faut dire que sa vie n’a pas été facile. Alors, quand il y a à peine quelques heures, elle recueille chez elle un couple de fugitif, c’est normal que leur histoire l’émeuve. Le voisin n’avait qu’à pas s’en mêler.

    © Kéramidas – Casterman

    Nicolas Kéramidas adapte le roman à succès de Benoît Philippon. Polar humoristique décalé, Mamie Luger est l’histoire d’une écorchée de la vie qu’une succession d’événements a endurcie et lui a donné une autre échelle de valeurs que pour le commun des mortels. On n’attendait pas Kéramidas dans un tel genre, la chronique quotidienne gore. De l’hémoglobine en veux-tu en voilà, on est en plein slasher movie. Pourtant, on excuse tout à Berthe qui a passé sa vie à accumuler les mauvaises rencontres, avec une vie privée on ne peut plus déprimante. Elle s’en est pourtant bien sortie pour avoir une telle pêche à 102 ans. Féministe avant l’heure, s’il y avait plus de Berthe, le monde serait moins patriarcal.

    © Kéramidas – Casterman

    La tentation du mâle est la première partie de l’adaptation de Mamie Luger. La gent masculine saura-t-elle trouver grâce à ses yeux dans L’amour aux trousses ? Pour ceux qui ne peuvent attendre, le roman est toujours disponible. Sinon, attendait la suite, si bien dynamisée et dynamitée par Nicolas Kéramidas.


    Série : Mamie Luger

    Tome : 1 – La tentation du mâle

    Genre : Thriller / Polar

    Scénario, Dessins & Couleurs : Nicolas Kéramidas

    D’après : Benoît Philippon

    Éditeur : Casterman

    ISBN :  9782203281813

    Nombre de pages : 80

    Prix : 18 €


  • Nelson 28 – Piégé comme un rat
    par Laurent Lafourcade

    Diableries naturelles contre Intelligence artificielle

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    « -Vous représentez l’humour du passé ! Vous êtes viré !

    -Alors j’aimerais bien savoir qui représente l’humour du futur !

    -Moi-même. Assisté par une intelligence artificielle. »

                    Nelson qui se fait virer par les éditions Dupuis pour être remplacé par une Intelligence Artificielle, vous y croyez, vous ? Par bonheur, ce n’est pas près d’arriver. En couverture de ce vingt-huitième album, il tente de chaparder des petits-beurre, de les manger à même le paquet. Piégé comme un rat ! Quelqu’un, certainement Julie, a placé une tapette à souris à l’intérieur. Le diablotin se retrouve avec la langue coincée. Aïe ! Ça fait mal ! Les biscuits n’auront plus jamais la même saveur pour lui : le nutriscore Nelson, ça va jusqu’à N ! Tout ça ne va pas l’empêcher d’être en méga forme pour quarante-six planches de strips, au grand dam de Floyd, Hubert, Julie et autres victimes de passage.

    © Bertschy – Dupuis

                    Ce n’est même pas Nelson qui va faire la première bêtise du recueil. Dolorès, la sœur de Julie, n’a pas trouvé de meilleure idée que de kidnapper un coq des Galapagos dans un zoo. Et elle l’a planqué… dans la salle de bain de Julie ! Pour elle, elle n’a rien fait de mal. Le volatile n’avait rien à faire dans un zoo. L’espèce est protégée. L’oiseau va mettre des déjections partout, des crottes que Floyd va confondre avec des cornflakes au chocolat. Dolorès a l’intention de le remettre dans son milieu naturel à l’autre bout du monde. Avec Nelson dans les parages, cela sera-t-il réalisable ?

    © Bertschy – Dupuis

                    De son côté, pas vraiment acharné au travail, Hubert, de retour de vacances, n’a qu’une idée : briller à la soirée costumée. Le déguisement de Superman ne lui est pas très seyant. Le miroir doit être déformant. Celui du bonhomme Michelin n’a pas l’air de l’attirer. Trop proche de l’original ? Une grosse abeille ! Ha, ça oui, ça sort de l’ordinaire. Vera de Scoubidou ou Blanche-Neige ? Que va choisir Julie ? En tous cas, celui qui va le plus se marrer, c’est Nelson, dans son smoking, parce que « tenue de soirée », ça ne veut pas dire « soirée déguisée ». Il y en a qui vont se faire remarquer devant le patron !

    © Bertschy – Dupuis

                    Quand on a du Nelson dans le strip européen, à quoi bon importer les américains ? S’ils ont été longtemps les plus forts dans le genre, Bertschy montre une fois de plus tout le potentiel qu’il a avec son diablotin toujours au top de sa forme.


    Série : Nelson 

    Tome : 28 – Piégé comme un rat

    Genre : Humour diabolique

    Scénario, Dessins & Couleurs : Bertschy

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808514644

    Nombre de pages : 48

    Prix : 12,50 €


  • La patrouille du Faucon 6 – Feu à Uzès
    par Laurent Lafourcade

    Le Sud en flammes

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    « -Alors les scouts, on s’amuse bien ?

    -Scouts toujours !

    -On vient d’Uzès à pied sous le soleil. On avait un peu chaud…

    -Cha che chent que vous avez eu chaud…

    -Scouts toujours !

    -Très drôle. »

                    Charlie et ses camarades scouts de la patrouille du Faucon sont en visite dans le Sud de la France à Uzès. La place principale s’appelle la place aux herbes car c’est depuis toujours la place du marché. La ville, très ancienne, date de l’Antiquité. Les romains l’ont développée sous le nom d’Ucetia. Ils ont capté l’eau de l’Eure grâce à un aqueduc de 50 kilomètres qui a permis d’irriguer Nîmes. C’est ensuite l’industrie du textile qui a fait la fortune de la ville. Les négociants firent construire de beaux hôtels particuliers. Un site à visiter est le duché, le château du XIème siècle du Duc qui régnait autrefois sur la ville. Il y en a toujours un, mais c’est devenu un titre honorifique depuis la révolution française. La visite se poursuit avec la cathédrale romane de Saint-Théodorit et son clocher rond unique en France : la tour Fenestrelle.

    © Vivier, Vinci, Costes – Plein vent

                    Après ce tour en ville, les scouts se dirigent vers Lussan, à quelques kilomètres de là. En se rafraîchissant à la fontaine, ils sont pris à partie par trois jeunes en scooters. Ne se laissant pas impressionner, les scouts mettent l’un de leurs assaillants dans l’eau. Entre les deux groupes, la guerre est déclarée. Le soir même, alors qu’ils s’apprêtaient à s’installer pour une nuit à la belle étoile près du château d’Allègre, les voici menacés par trois jeunes encagoulés armés de torches enflammées. Dans les broussailles sèches, le feu ne tarde pas à se propager. Ce sont les mêmes individus que l’après-midi. Comment les scouts, qui ne connaissent pas la région, vont-ils parvenir à échapper aux flammes ?

    © Vivier, Vinci, Costes – Plein vent

                    Alors que chaque été le pays est en proie à des incendies de plus en plus nombreux souvent causés par des négligences, cette aventure de la patrouille du Faucon est une mise en garde écologique. La bêtise humaine, pour rester poli, est la cause des problèmes. Comme dans chacune de leurs histoires, l’union faisant la force, la solidarité va être la solution face au drame. Le scénariste Jean-François Vivier mêle contexte historique et problématique contemporaine. La patrouille du Faucon est de ces albums qu’il fait bon amener sur son lieu de vacances pour profiter de leurs visites guidées. Après les orages, ce sont les flammes qui permettent à Jean Claudio Vinci de montrer le dynamisme de son graphisme, sous les couleurs ici on ne peut plus chaudes de Joël Costes. Le coloriste représente les différents moments d’une journée de manière incroyablement immersive. On pourrait presque mettre un thermomètre pour avoir la température.

    © Vivier, Vinci, Costes – Plein vent

                    Scouts, toujours prêts ! Après le massif de la Grande Chartreuse, les grottes de Rocamadour, le Château de Versailles, le Mont Saint-Michel et le Haut-Koenigsbourg, les voici à Uzès, dans le Sud, dans un nouveau site remarquable de France.


    Série : La patrouille du Faucon

    Tome : 6 – Feu à Uzès

    Genre : Aventure scoute

    Scénario : Jean-François Vivier

    Dessins : Jean-Claudio Vinci

    Couleurs : Joël Costes

    Éditeur : Plein vent

    ISBN : 9782384881536

    Nombre de pages : 48

    Prix : 15,90 €


  • Post Mortem
    par Laurent Lafourcade

    Les autopsies du Docteur Boxho

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    « -Bon, on est bien d’accord. Tu me suis. Tu poses tes questions. Mais tu ne me saoules pas. Et surtout, tu restes discret. Pas de photos.

    -Ok. T’inquiète, je suis pro ! Pro, je te dis…

    -Voilà. Pro, c’est ça. »

    Pour son nouvel album de BD, Pierre quitte l’Amérique d’Autant en emporte le vent pour la Belgique d’autant en emportent les autopsies. Il rejoint le célèbre médecin légiste Philippe Boxho à Liège pour le suivre pendant quelques jours au cœur de son métier. Il ne faut pas traîner, un corps les attend sur une scène de crime, a priori tué par balle. Il a un trou dans la poitrine. Il y a l’orifice d’entrée mais impossible de trouver la sortie. On va l’ouvrir de tous les côtés pour trouver la balle. Le cadavre est allongé sur le ventre en salle d’autopsie. Un enquêteur, un photographe scientifique et un assistant du légiste sont présents. Il va falloir poser son cerveau de côté pour ne pas tomber dans l’émotion et s’accrocher le cœur et l’estomac bien fort pour ne pas tomber dans les pommes. C’est parti.

    © Alary, Boxho – Kennes

    Les incisions au scalpel permettent de soulever les peaux. On détache ensuite les masses musculaires. Le Docteur fait ça en toute sérénité, mais le dessinateur ferait déjà bien une pause. Et ils n’en sont pas encore au moment de la trépanation où l’on découpe le crâne pour voir l’état du cerveau. Au fil des jours, le légiste va lui apprendre les rudiments du métier et lui raconter tout un tas d’anecdotes aussi glauques et cocasses les unes que les autres. La cause d’un décès n’est pas toujours celle que l’on croit, comme pour ce type qui a tenté de se suicider en se pendant et en se tirant une balle dans la tête en même temps. Il se loupe et meurt le crâne fracassé par terre. Une expérience sexuelle avec un manche à balai qui tourne mal prête à sourire tandis que la découverte des cadavres de deux sœurs âgées blotties l’une contre l’autre est un grand moment d’émotion.

    © Alary, Boxho – Kennes

    On connaît Philippe Boxho pour ses participations régulières aux Grosses têtes sur RTL et au podcast Legend. Grâce à Pierre Alary, on découvre son quotidien et son travail au plus près des cadavres. Si le médecin semble stoïque en exerçant sa profession, c’est qu’il a appris à prendre du recul et à se blinder. On imagine comment les débuts du « reportage » de l’auteur ont dû être difficiles. Il rend représentables des scènes qui auraient été insupportables en photographies. On a quand même parfois des haut-le-cœur à certains moments, mais on s’accroche tellement Boxho est un passionnant pédagogue dans ses explications. Il exerce un métier nécessaire. Il n’est pas un super-héros. La scène finale démontre avec une émotion non dissimulée qu’il est un homme comme les autres.

    © Alary, Boxho – Kennes

    Post Mortem, un corps a encore tant de choses à raconter, que ce soit pour la justice ou pour avoir une explication du décès. Philippe Boxho et Pierre Alary décomplexent le rapport à la mort, ou tout du moins aux cadavres dans un étonnant album de BD qui pourrait ne pas être qu’un one shot.


    Titre : Post Mortem

    Genre : Reportage

    Scénario : Philippe Boxho & Pierre Alary

    Dessins & Couleurs : Pierre Alary

    Éditeur : Kennes

    ISBN : 9782931300633

    Nombre de pages : 112

    Prix : 22 €


  • Le fils du yéti
    par Laurent Lafourcade

    Les larmes d’une vie

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    « -Qu’est-ce que vous faites là, Monsieur ?! Sortez vite ! Qu’est-ce que vous portez ?

    -Mes… Mes albums photos…

    -Jetez ça et quittez l’immeuble !! »

                    Une semaine extravagante ! A la suite d’un incendie dans son immeuble, Didier ne se doutait pas qu’il allait passer une semaine extravagante synonyme de grand bouleversement dans sa vie. Tout commence une nuit par l’explosion de la verrière du dernier étage à cause d’un feu sur le palier du cinquième. Les pompiers arrivent. Il faut évacuer. Mais d’abord, prendre ce que l’on ne voudrait surtout pas voir brûler. Didier attrape ses albums de photos. Les habitants se retrouvent sur le trottoir pendant que, en dix petites minutes, les pompiers anéantissent l’incendie. Chacun va pouvoir rentrer chez soi.

    © Tronchet – Casterman

                     Le lendemain, en regardant les photographies, le jeune homme remarque que sur chacune d’entre elles il composait un personnage, un joyeux drille avec un masque de clown. Pour cacher quoi ? Et son père, qui fixe toujours l’objectif avec un regard d’acier, comment se fait-il que sur un cliché pris trop tôt il ait un regard de désarroi, celui qu’il cachait à sa famille, trois semaines avant sa mort ? L’étalage de mensonges des albums, cette imposture méthodique, provoque chez Didier une telle sensation de dégoût qu’il décide de les mettre à la poubelle. Plus tard, par la fenêtre, il remarque qu’une voisine les récupère. C’est le début pour le héros d’une semaine d’introspection : la mort d’un ami (mais lequel ?), une visite chez sa sœur, les moments de partage avec son neveu, le retour vers le passé, et surtout la recherche spirituelle du père.

    © Tronchet – Casterman

                    Dans cet album autobiographique paru avant L’année fantôme et Le cahier à spirale et réédité pour la première fois en couleurs, Didier Tronchet commençait son analyse familiale et l’étude de ses rapports avec son père. Dans une postface indispensable, l’auteur écrit une lettre ouverte au yéti, celui de Tintin au Tibet en personne, qu’il a rencontré à ses 8 ans, une trace profonde au fond de lui. Tronchet voyait en lui la figure paternelle qui lui avait été arrachée. L’homme des neiges, que l’on ne peut qualifier d’abominable, a fait ainsi office d’image lisible et rassurante sur l’abstraction, le non-dit et le gouffre affectif de la disparition prématurée du papa du dessinateur.

    © Tronchet – Casterman

                    Quand un événement anodin, ici un incendie pas grave, est le déclencheur d’un voyage de huit jours permettant d’en apprendre tant sur soi, ça donne Le fils du yéti, partage oh combien émouvant d’un auteur dans l’intimité de sa vie avec, comme sait si bien le faire Tronchet, autant d’humour que de tendresse.


    Titre : Le fils du yéti

    Genre : Biographie

    Scénario, Dessins & couleurs : Didier Tronchet

    Éditeur : Casterman

    ISBN : 9782203300118

    Nombre de pages : 208

    Prix : 26 €


  • Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic 1 – La boutique carnivore
    par Laurent Lafourcade

    Les échoppes ont de l’appétit !

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    « -Gus, j’imagine que tu as adoré le cours sur les boutiques !?

    -Ben, tu me connais, dès qu’on parle des boutiques de la rue Fracastic, je rêve…

    -Brrr, pour moi, c’est juste un lieu dangereux.

    -Mais c’est aussi plein de magie et de mondes mystérieux à découvrir.

    -Où tout est compliqué à comprendre.

    -C’est pas si compliqué que ça en a l’air. »

                    Quelque part dans la rue Fracastic, Edna, une jeune femme, cherche son chemin. Attention, il y a des brouviacs qui rôdent. Elle vient chercher un enfant dans la fosse quand les racines d’une boutique la préviennent qu’elle est suivie. Elle se débarrasse de sa carte et file se cacher dans une boutique morte. Au moins, elle ne pourra pas en être recrachée. Pendant ce temps, son frère Gus rentre de cours avec Elwige. Il rêve de devenir fracassien comme sa sœur, ou plutôt même chalandeur afin de découvrir les mondes que renferment les boutiques. Il explique à son amie tout ce qu’elle doit savoir sur les boutiques de la rue Fracastic d’où viennent tous les ingrédients servant à créer les potions magiques. Chaque boutique est vivante et cache un monde unique qui produit un ingrédient unique : écailles ou œufs de dragons, larmes de sirènes, …

    © Pien, Carbone, Guirao – Dupuis

                    Arrivé chez lui, Gus trouve son père inquiet. Ne voulant pas le préoccuper, il envoie son fils réviser. Quelques instants après, Miss Sparrow ramène sa mère à la maison, dans un sale état. Elle l’a trouvée chancelante au marché Trocastic, revenant de la rue Fracastic où elle a été attaquée par un brouviac alors qu’elle cherchait sa fille. Miss Sparrow, magicière, lui prépare une potion pour la requinquer, pendant que Gus se demande pourquoi il ne parvient pas à contacter sa sœur Edna. Il va vite apprendre qu’elle serait l’otage d’une boutique carnivore. C’est décidé, il ne va pas la laisser y croupir et part à sa recherche, emportant avec lui des fioles de sang bleu de magicier, accompagné par Lou et Nina, deux jeunes chalandeurs.

    © Pien, Carbone, Guirao – Dupuis

                    L’univers des boutiques fantastiques de la rue Fracastic est une idée de Sydélia Guirao, scénariste pour le monde du spectacle et l’audiovisuel. C’est Carbone qui s’est chargée de structurer l’histoire et de l’adapter à la narration BD. Hortense Pien dessine cette aventure dans un découpage hors du commun, relevant des défis complexes comme dessiner des magasins vivants. L’autrice est nourrie de steampunk, d’époque victorienne et des films des studios Ghibli. Elle avoue son admiration pour Alessandro Barbucci. Venant de l’animation, elle dynamise le récit en immergeant les lecteurs dans l’action et ne négligeant aucun arrière-plan. Bref, c’est aussi beau que bien, donc que demander de plus ?

    © Pien, Carbone, Guirao – Dupuis

                    Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic est l’une des créations les plus originales tant au niveau du scénario que du dessin que l’on découvre dans la collection tous publics chez Dupuis depuis La boîte à musique, dessinée par Gijé avec la même Carbone.


    Série : Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic

    Tome : 1 – La boutique carnivore

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario : Carbone & Sydélia Guirao

    Dessins & Couleurs : Hortense Pien

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808511421

    Nombre de pages : 64

    Prix : 13,50 €


  • Mimo – Les dinosaures de l’apocalypse
    par Laurent Lafourcade

    Mauvais temps pour les dinos

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    « -Hey ! C’est vous qui pillez nos terres ?

    -Yop ! Ce sont bien ces loustics ! Je reconnais leur stupide ornement de cou. Ils ont tous le même. Alors… On refuse de partager la nourriture ? On vole ses voisins ? On saccage la nature ?

    -N… Non… Enfin oui… Mais… De toute façon, votre monde est foutu ! Notre chef l’a lu dans le bruit de la pluie et les dessins des feuilles mortes : un gros caillou va tomber du ciel et anéantir le monde dans lequel vous vivez !

    -Ouais… Le ciel t’est déjà tombé sur le crâne, toi, pas besoin d’attendre. »

    Mimo l’ornithomimosaure et ses camarades reviennent de leur lointain périple. Quelques écorces remplies d’insectes et de vers appétissants réjouissent difficilement leurs estomacs affamés. Alors que Boris se vante de ses exploits, Mimo, Hector et Jean-Claude s’éclipsent de la fête à la recherche de larves plus consistantes. La clairière qui était leur garde-manger a été dévastée par les nouveaux voisins arrivés il y a une lune. Ils décident d’aller les rencontrer. C’est ainsi que Mimo tombe sous le charme de Mimolette, une femelle de la même espèce que lui. Si entre les deux, tout semble idyllique, entre les anciens habitants des marais et les nouveaux arrivants « survivalistes » les incidents se multiplient.

    © Dethan, Mazan – Eidola

    Mimolette est déçue du comportement des siens. Mimo n’est pas le seul à batifoler. Hector lui aussi est tombé sous le charme d’une femelle de son espèce. C’est un changement météorologique qui va réunir tout le monde. Virgule, le ptérosaure, annonce la tempête du siècle. La pluie commence à tomber. Le vent souffle en bourrasques au milieu des arbres. Ce n’est pourtant pas le mauvais temps qui inquiète Elvis et ses survivalistes, c’est la chute du « grand caillou » qui leur fait peur. Pourtant, il va falloir se rendre à l’évidence : l’orage gronde et des trombes d’eau s’abattent et gonflent les eaux de la rivière qui devient en crue. C’est la panique chez les dinosaures.

    © Dethan, Mazan – Eidola

    Les grosses bêbêtes de Dethan et Mazan sont de retour pour une immersion dans leur époque. Les histoires de séduction ne sont que prétexte à découvrir comment vivaient les grosses bêtes. Dans un cahier complémentaire rédigé par Ronan Allain, on apprend que dix-sept campagnes de fouilles se sont déjà déroulées dans les carrières Audoin en Charentes depuis 2010. Grâce à elles, on en sait plus sur les catastrophes climatiques d’il y a 140 millions d’années. La taphonomie est la science qui étudie les lois de l’enfouissement permettant d’analyser les os selon leur état de conservation. Les scientifiques qui y travaillent font figure d’enquêteurs dans des cold cases. Et si l’on veut aller encore plus loin dans ce passionnant travail de paléontologue, le blog du Petit carnet paléo de Mazan dévoile encore plus de coulisses.

    © Dethan, Mazan – Eidola

    « Le petit Pierre a 5 ans quand il déclare vouloir devenir un paléontologue émérite et c’est en illustrant le catalogue de son mini-musée de fossiles qu’il se découvre la passion du dessin. » C’est ainsi qu’est né l’engouement de Mazan pour le sujet. Grâce à Mimo, peut-être qu’un jeune lecteur suivra le même chemin.


    Série : Mimo

    Tome : Les dinosaures de l’apocalypse

    Genre : Aventure documentaire

    Scénario : Isabelle Dethan

    Dessins & Couleurs : Pierre Mazan

    Texte pédagogique : Ronan Allain

    Éditeur : Eidola

    ISBN : 9791090093584

    Nombre de pages : 56

    Prix : 16 €


  • Donjon Antipodes +10004 – Un projet qui se trame
    par Laurent Lafourcade

    Où es-tu, mon fils ?

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    « -Je ne l’ai pas vu depuis deux jours… Ni lui, ni ses amis…

    -C’est quoi, ces cartes ?

    -C’est un secret.

    -Un secret avec mon fils ?

    -Votre fils a des secrets pour vous ? »

                    Tommy, le fils de Rubéus Khan, a disparu. Atlas et Bernard de Vaucanson affirment n’être au courant de rien, ni le professeur Cormor à qui Rubéus parvient à faire cracher le morceau. Tommy et ses amis seraient allés voir le démon Kalador pour lui demander des flammes de vie. Il prétend l’en avoir dissuadé. Les enfants sont partis vers le Nord-Est. Rubéus part les retrouver, la tête de Cormor sous le bras. Ils embarquent à bord d’un Golem XIV, un robot géant issu des usines Vaucanson. Mais à quoi servent les flammes de vie que les disparus sont partis quérir ? Tout simplement à créer des robots doués de conscience pour gérer Vaucanson et apporter le bien et la justice impartiale.

    © Trondheim, Sfar, Vince, Walter – Delcourt

                    Pendant ce temps, Bernard de Vaucanson découvre par sa secrétaire la légende du Donjon. Aux âges reculés du Potron-Minet, l’anarchie régnait depuis la chute de la grande cité d’Antipolis… Un petit suzerain eut l’idée de transformer son château en lieu d’aventures. Alors que ses pairs ne pensaient qu’aux combats, le duc fit fortune grâce à son projet. Conte ou réalité ? Tommy serait-il parti là-bas pour chercher un trésor ? Rien ne l’indique. Bernard et sa secrétaire prennent à leur tour un mécanoïde et se lancent aux trousses de Rubéus Khan et de son fils. Rendez-vous dans les profondeurs de la Terre.

    © Trondheim, Sfar, Vince, Walter – Delcourt

                    Alors que Donjon Antipodes – longtemps bloqué à deux albums annonce son retour, Donjon Antipodes + poursuit son bonhomme de chemin et deviendrait même la série la plus intéressante de la saga à ce stade. Ce « projet qui se trame » est en fait le développement de l’Intelligence Artificielle. Joann Sfar et Lewis Trondheim offrent une mise en garde donjonesque du projet qui semble inquiéter à juste titre les auteurs. Les éditions Delcourt prennent le problème à bras le corps, non pas par le biais de la création comme d’autres éditeurs qui indiquent que leurs livres sont faits sans recours à l’IA, mais dans le sens du pillage des œuvres, en indiquant en fin d’album : « La fouille de textes et de données est interdite conformément à la Directive (UE) 2019/790. Ce livre ne peut être reproduit ni utilisé à des fins d’entraînement de systèmes d’intelligence artificielle, sans accord préalable des ayants droit. ». C’est dit.

    © Trondheim, Sfar, Vince, Walter – Delcourt

                    Un Donjon de conte de fées pourrait-il renaître dans des mains qui ne seraient peut-être pas capables de le maîtriser ? Tout est l’enjeu de ces Antipodes dans lesquels Walter aux couleurs, Vince aux dessins et Sfar et Trondheim au scénario sont les maîtres de jeu de cette heroïc-fantasy d’anticipation.


    Série : Donjon Antipodes +

    Tome : 10004 – Un projet qui se trame

    Genre : Heroïc-Fantasy

    Scénario : Joann Sfar & Lewis Trondheim

    Dessins : Vince

    Couleurs : Walter

    Éditeur : Delcourt

    Collection : Humour de rire

    ISBN : 9782413089414

    Nombre de pages : 48

    Prix : 11,95 €


  • Le chat 25 – L’origine du Chat
    par Laurent Lafourcade

    Aux sources de la bête

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    « -Pas fâché d’avoir bouclé cette journée à la télé ! Et mêêêêrde ! Mais il est con, lui, ou quoi ?!

    BOM

    -Ouf ! Ce n’est qu’un animal. Son cœur bat ! Il est juste assommé. Allez, hop, mon z’ami. En voiture, Simone. S’il ronfle, c’est qu’il respire. Et s’il trépasse, je le ferai empailler… »

                   A ses origines, le Chat cherche un auteur capable de le dessiner. Il le confie à son psy. « Je suis totalement persuadé de pouvoir me hisser au niveau des plus grands héros de BD, mais je suis très mauvais en dessin. » Lequel lui rétorque : « Avez-vous pensé à vous faire dessiner par quelqu’un d’autre ? » Après s’être adressé à un amateur, le Chat décide de toquer chez les grands : Morris, Peyo, puis Schuiten déclinent l’offre. Puis, idée lumineuse, pourquoi ne pas faire appel au créateur de Tintin ? Hergé est hospitalisé. Bien que les visites soient interdites, il y va. On vous laisse découvrir comment l’entretien se passe. Toujours est-il, qu’en repartant, le Chat est tamponné par une voiture. Le conducteur ramène l’animal blessé à la maison. C’est la première rencontre entre le Chat… et Philippe Geluck.

    © Geluck, Dehaes – Casterman

                    C’est ainsi que commence leur collaboration dans le quotidien belge Le Soir. Nous sommes en 1983 et les tous premiers dessins sont publiés. Ils sont réédités dans cet album. Tout ce qu’il dit est drôle. Et quand ce n’est pas drôle, c’est exceptionnel. Pour faire rire les lecteurs, le Chat est prêt à tout faire, mais pas n’importe quoi. On mesure à quel point, depuis 1983, le graphisme de l’auteur a évolué. Ces prémisses côtoient de nouveaux strips et cartoons tous plus poilants (de chats !) les uns que les autres.

    © Geluck, Dehaes – Casterman

                    « Sur une auto, les roues avant se situent à l’avant, mais ce sont aussi celles qui arrivent avant les autres. Et si on va par-là, les roues arrière pourraient aussi s’appeler les roues après. Sauf lorsque le véhicule recule. Et dans ce cas, les roues après deviennent les roues avant. » C’est clair, non ? « Dans la série « C’est pas tombé loin », voici les propositions du jour : le bourbier de Séville, les horreurs boréales, les huiles britanniques, les dogues de Venise, le guide du moutard, le parmesan européen, un carnet de frites, les demoiselles de Roquefort et Olida on ice. » Outre aphorismes, détournements et jeux de mots dans la bouche du Chat et qui vont jusqu’aux pages de garde, Geluck excelle dans les détournements d’images d’illustrations anciennes : souvenez-vous des disques d’or des Bee Gees.

    © Geluck, Dehaes – Casterman

                    Chaque album du Chat est une occasion en or de jouer avec le verbe et de réfléchir sur le sens de la vie. Qui plus est, le Chat ose tout, même s’il y a des choses qu’on ne peut plus en dire en 2025, comme par exemple : « Bonne année 2024 ! ».


    Série : Le chat

    Tome : 25 – L’origine du Chat

    Genre : Humour

    Scénario & Dessins : Philippe Geluck

    Couleurs : Serge Dehaes

    Éditeur : Casterman

    ISBN : 9782203290693

    Nombre de pages : 48

    Prix : 12,95 €


  • Une grande aventure des p’tits diables 2 – La maison infernale !
    par Laurent Lafourcade

    Tom & Nina contre le Croque-Mioches

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    « -Ça va pas de crier comme ça ?! Qu’est-ce qui vous arrive encore ?!

    -C’est Tom, il dit qu’il a vu quelque chose d’horrible !!!

    -Quoi ? Tu as vu ton agenda et tous les devoirs que tu as à faire ?!! Et tu t’es dit Rhaaa ! Horreur ! Tout ça à faire et je n’ai pas commencé ! Vite, filons au travail !!!

    -Mais non, un vrai truc horrible ! »

    Grippy est un chat vraiment intrépide. Après une tentative ratée de rapt de cookies dans la cuisine familiale, sa curiosité, ou plutôt sa gourmandise, l’entraîne à prendre des risques. Il fouille dans un sac posé sur le trottoir et le voici capturé par… Cannibal Jo !!! Tom a assisté à toute la scène avec une longue vue depuis la cabane dans l’arbre du jardin. Il court prévenir l’alien, sa sœur, qui pense aussitôt qu’une chose atroce, ignoble et horrifique vient de se produire. Son frère se serait-il regardé dans un miroir ? Il a vu qu’il n’avait pas de cerveau ?  Non, pire que ça : leur voisin l’ogre, le bouffeur d’enfants, le croque-mioches, a enlevé leur chat ! S’ils ne le sauvent pas, Grippy va finir dans l’estomac de Cannibal Jo !

    © Dutto, Bekaert – Soleil

    Pendant que leurs parents sont partis faire les courses, armés d’un pistolet en plastique, Tom et Nina partent à la rescousse du félin. Ils franchissent les grilles du manoir du kidnappeur, traversent la forêt maléfique qui l’entoure, adoucissent le molosse Morphal avec la chanson du générique de Kapitaine Kourage, puis pénètrent dans l’antre de Cannibal Jo. Contre toute attente, l’habitant leur propose une collation, avec des cookies de Jo, les meilleurs cookies pour les meilleurs enfants. Pendant que leur hôte vérifie si Grippy ne serait pas caché dans le garde-manger, les enfants s’éclipsent et commencent à farfouiller dans la maison, ce qui ne va pas être du tout du goût du propriétaire des lieux. Tom et Nina vont-ils ressortir vivants, avec leur chat, de la maison infernale ?

    © Dutto, Bekaert – Soleil

    Deuxième grande aventure des p’tits diables et le moins que l’on puisse dire c’est qu’Olivier Dutto a trouvé la bonne formule. Les personnages, les situations, les gags ne perdent rien de leur saveur. Là où Roba n’avait fait qu’un coup d’essai avec Boule et Bill globe-trotters, Dutto persiste et confirme. Benoit Bekaert accentue le diabolicisme et l’infernalité de la bâtisse avec ses couleurs ombrées. Il sait choisir les séries sur lesquelles il travaille, faisant ainsi partie des rarissimes coloristes grâce auxquels on peut acheter un album sur son nom. Dutto soigne l’habillage jusqu’aux pages de gardes, les unes pastiches de films et séries, les autres Museum familial.

    © Dutto, Bekaert – Soleil

    Plus jamais vous ne laisserez votre chat traîner seul dans la rue, ni ne mangerez des cookies comme avant. La maison infernale des p’tits diables, à côté, n’importe quel manoir hanté, c’est de la gnognotte.


    Série : Une grande aventure des p’tits diables

    Tome : 2 – La maison infernale !

    Genre : Humour fraternel

    Scénario & Dessins : Olivier Dutto

    Couleurs : Benoît Bekaert

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302103016

    Nombre de pages : 48

    Prix : 11,50 €


  • Aventurosaure 7 – Le miroir Zoïka
    par Laurent Lafourcade

    Face à son reflet

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    « -Encore toi !!!

    -Je t’attendais, Rex ! Cette fois, tu ne pourras pas m’échapper ! » 

    Au temple Ninjaptor, très loin sous terre, tous les enfants que Tyratops a pétrifiés en un seul morceau ont été rassemblés pour être protégés. Le titan qui se dirige par ici ne risque pas de trouver la cachette. Inquiet, Cory se confie au commandant Vilas. Ce n’est pas normal que Cira ne soit toujours pas rentrée. Des éclaireurs ont été envoyés à sa recherche. Patchy, quant à elle, va mieux. De son côté, Rex se réveille dans une sorte de temple. Il est présenté au monarque des lieux. Le jeune dinosaure lui rappelle quelqu’un. Pour avoir une chance de vaincre Tyratops, Rex va devoir passer l’épreuve du miroir sacré.

    © Paré-Sorel – Presses aventure

    S’il y avait un tout petit quelque chose que l’on pouvait reprocher aux épisodes précédents d’Aventurosaure, ce serait peut-être la vitesse de lecture. Emportés par l’histoire, on dévorait très vite (trop ?) chacun des volumes. Pour ce septième tome, Julien Paré-Sorel densifie très conséquemment son histoire. Qui plus est, l’auteur travaille ses dialogues en conséquence. Aventurosaure est avant tout une quête initiatique. Cet épisode marque un tournant dans l’histoire. C’est celui de la maturité pour les personnages, Rex en particulier, pour l’auteur, et pour une grande partie des lecteurs de la série.

    © Paré-Sorel – Presses aventure

    En parallèle à son activité d’auteur de bande dessinée, julien Paré-Sorel propose des ateliers scolaires. Dessiner un dinosaure à l’ère du numérique permet d’improviser un tout nouveau personnage sur support virtuel. On apprend à dessiner à l’ordinateur. Visuels à l’appui, l’auteur peut également montrer aux élèves comment créer une BD. Un troisième atelier montre comment inventer un personnage intéressant et charismatique que l’on aura envie de mettre en scène. Sur le site julienparesorel.com, on peut se rendre concrètement compte de la façon dont se déroulent ces interventions. Avec son graphisme ligne claire épais, le dessinateur possède un langage universel immédiat captable par les élèves dès l’école primaire.

    © Paré-Sorel – Presses aventure

    Avec Le miroir Zoïka, Aventurosaure se positionne définitivement comme le fer de lance de la bande dessinée québécoise tous publics pour conquérir le monde. Il aurait été dommage que l’ancien continent se prive des aventures de Rex.

    https://www.facebook.com/reel/1573022034026751

    Série : Aventurosaure

    Tome : 7 – Le miroir Zoïka

    Genre : Jurassic Fantasy

    Scénario, Dessins & Couleurs : Julien Paré-Sorel

    Éditeur : Presses aventure

    ISBN : 9782898452048

    Nombre de pages : 64

    Prix : 12,90 €


  • Minor Arcana 2 – La roue de la fortune
    par Laurent Lafourcade

    L’œil de l’avenir

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    « -Attends. Tu en as rêvé ? Comment ça, « rêvé » ?

    -Je ne sais pas, mais… Ecoute, je voudrais juste savoir quel était le rapport entre papi et cet hôtel.

    -Ça, je n’en ai aucune idée.

    -Pourquoi tu ne veux jamais parler de lui ?! Et qu’est-ce qui s’est passé entre vous, d’ailleurs, merde ? »

    Quand elle était petite, Theresa et son grand-père étaient inséparables, pendant que sa mère préférait les soirées entre amis. Aujourd’hui, la jeune femme, qui n’arrête pas de rêver d’un hôtel, tombe sur une photo de son grand-père devant ce bâtiment, l’Edgewater, qui a été détruit il y a déjà vingt ans. Elle questionne sa mère Vickie à ce sujet. Cette dernière reste muette. Pour elle, c’est de l’histoire ancienne. Pas la peine de remuer le passé. Entre la voyante atteinte d’un cancer et sa fille le torchon brûle. « Si c’est si horrible de vivre avec moi, tu devrais peut-être rentrer chez toi. » Avant de quitter Limberlost, Theresa se rend chez Alex, son ex. En touchant la main de son fils Henry, Theresa a la vision d’un donjon, dans lequel elle se voit, enfant, avec son grand-père. Tout ça va décider Theresa à arrêter de fuir à la poursuite d’elle-ne-sait-quoi. Elle reste pour attendre qu’« il » vienne à elle.

    © Lemire, Caldonici, Delpeche – Delcourt

    Dans l’attente, Theresa propose des séances de voyance gratuites. Alors que le Lieutenant Brad lui demande de l’aider dans une affaire, Vickie fait la connaissance de Miles Oakley, un gars qui fait du porte-à-porte. Il est membre du comité qui essaie d’empêcher l’implantation d’une centrale électrique. Il faisait partie du groupe les Hardknockers dont il était bassiste. Elle l’a vu une douzaine de fois en concert dans les années 90. Tandis qu’ils vont fricoter ensemble, le flic montre à Theresa un symbole taggué sur un mur : un œil dans un triangle inversé. Ce signe fleurit dans tout le Comté depuis deux ou trois ans, bien avant que la jeune femme ne revienne.

    © Lemire, Caldonici, Delpeche – Delcourt

     Après un premier volume où il était seul aux manettes, Jeff Lemire s’adjoint les services d’une dessinatrice Letizia Carbonici et d’un coloriste Patricio Delpeche, afin d’assurer le rythme mensuel de parution. Très attaché au graphisme et à la colorisation aquarelle, l’auteur a tenu à trouver des artistes qui respecteraient son cahier des charges. Rencontrée dans une convention, Carbonici était son premier choix. Lemire reste seul scénariste et directeur artistique, tout en co-dessinant. On peut remarquer dans les croquis de l’autrice que son style était légèrement différent. On mesure ainsi les efforts faits pour entrer dans les chaussons du créateur.

    © Lemire, Caldonici, Delpeche – Delcourt

    A Limberlost, on est presque perdu dans les limbes. Le nom de la ville n’est pas anodin. Les arcanes mineurs de Jeff Lemire en font une série majeure. Alors qu’on s’apprête à en apprendre vraiment plus sur son grand-père Budd, les visions de Theresa n’ont pas fini de soulever des questions.


    Série : Minor Arcana

    Tome : 2 – La roue de la fortune

    Genre : Fantastique

    Scénario : Jeff Lemire

    Dessins : Jeff Lemire & Letizia Carbonici

    Couleurs : Patricio Delpeche & Jeff Lemire

    Éditeur : Delcourt

    Collection : Contrebande

    ISBN : 9782413091424

    Nombre de pages : 144

    Prix : 17,50 €


  • Les sœurs Grémillet 9 – Le jeu des masques
    par Laurent Lafourcade

    Origami, Nô et voyageur de la nuit

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    « -Ah !

    -Et ça, c’est censé être quoi ?

    -On dirait un origami géant.

    -Qui a bien pu avoir l’idée de poser un truc pareil au milieu de nulle part ? Et surtout, pourquoi ? »

                    C’est une belle nuit étoilée. Sur le toit, Sarah voit arriver de grands équidés. Sur le premier, un être masqué lui propose de le rejoindre pour faire un tour. « C’est une nuit beaucoup trop magique pour se contenter de la regarder… » Qui est-il ? Est-ce important de le savoir ? la scène est interrompue par la sonnerie du téléphone. Ce n’était qu’un rêve. Sarah retrouve sa mère et ses sœurs au petit déjeuner. Maman part en réunion. Les filles vont devoir aller à l’école à pied. Il fait un temps magnifique. Les collégiennes traversent les ruelles avant de tomber sur l’origami géant d’une grenouille d’au moins cinq mètres sur une place.

    © Di Gregorio, Barbucci – Dupuis

                    Il y a déjà plein de photos d’elle sur le net. Est-ce un message d’extra-terrestres ? Est-ce la signature d’un serial killer ? Au collège, les spéculations vont bon train. Pendant que Sarah dessine son rêve en regardant les basketteurs, Cassiopée a cours de théâtre. Aujourd’hui, les élèves vont explorer une œuvre classique du théâtre Nô. Cassiopée est volontaire pour incarner le rôle d’une femme possédée par l’esprit de l’ancienne maîtresse de son mari. Elle doit porter un masque. C’est l’une des particularités du Nô. La nuit suivante, le rêve de Sarah se poursuit là où il s’était arrêté. Elle voit sans être vue. L’être masqué lui propose d’aller chercher au plus profond de son âme. Ça la réveille. Elle sort sur le balcon et aperçoit un nouvel animal géant en origami. Cette fois-ci, c’est un taureau.

    © Di Gregorio, Barbucci – Dupuis

                    Qui est derrière tout ça ? Les sœurs Grémillet ont hâte de le découvrir. Voici un nouveau mystère à élucider. Avec Le jeu des masques, même si l’on pense à présent bien les connaître, on va encore découvrir quelques petits secrets des personnalités du trio. Lucille, l’amoureuse des animaux, va faire des infidélités à Yurei en éduquant un petit chien. C’est l’occasion de voir Dad et Bébérénice en figuration dans le parc municipal. Sarah, d’habitude impulsive, va montrer, ou peut-être même découvrir, sa sensibilité. Cassiopée, qui se rêve autrice, va se révéler dans l’interprétation. Giovanni Di Gregorio et Alessandro Barbucci frôlent comme à leur habitude le fantastique. Les lecteurs fidèles savent qu’il y a une explication à tout dans Les sœurs Grémillet. Mais parfois on n’a pas envie d’y croire et on préfère rêver.

    © Di Gregorio, Barbucci – Dupuis

                    C’est tendre et c’est beau. Alors que l’actualité internationale est on ne peut plus anxiogène, Les sœurs Grémillet est la meilleure résilience à la réalité. On ne s’en lassera jamais.


    Série : Les sœurs Grémillet

    Tome : 9 – Le jeu des masques

    Genre : Aventure émotion

    Scénario : Giovanni Di Gregorio & Alessandro Barbucci

    Dessins & Couleurs : Alessandro Barbucci

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808516426

    Nombre de pages : 72

    Prix : 15,50 €


  • Mon ami Pierrot
    par Laurent Lafourcade

    Amours magiques

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    « -Qu’est-ce qui t’a pris d’aller à cette fête ?

    -Père, je…

    -Tais-toi ! Tu fais honte à toute notre famille ! A notre nom ! Tant que tu ne l’auras pas retrouvée, tu n’es plus mon fils ! Je te déshérite et te bannis de la cité ! Comment oses-tu inventer cette histoire de sorcier !? Hors de ma vue !

    -Je la retrouverai, je le jure. »

                     Promise au mariage avec Berthier de l’Eau, le fils du Comte, Cléa rêve d’un avenir qu’elle aurait décidé. Le jeune homme est beau, certes. Qui plus est, il n’est pas méchant et serait même avenant. Cléa a rencontré la veille un saltimbanque dans la rue. Il lui a demandé de tirer une carte, mais le tour n’est pas allé plus loin car il fallait rentrer. Or, la même carte tombe de la manche de Berthier. Quelle est donc cette sorcellerie ? Le soir, dans sa chambre, Cléa a la surprise de voir apparaître Pierrot, le magicien de la rue, qui lui prouve que la magie existe bel et bien. Il l’invite à sortir des cases pour voir le monde sous un autre angle. C’est si fou et beau. Pour Cléa, c’est la liberté.

    © Bishop – Glénat

                    Pour la première fois, la jeune femme a des papillons dans le ventre. Elle est en train de tomber sous le charme de Pierrot, qui l’invite le lendemain à la fête de la Lune. Pour y aller, il faut oser, elle demande à Berthier de l’y conduire. C’est masqué que le jeu amoureux va commencer. Pierrot enlève la belle sous les yeux de son rival. Dans la forêt, Cléa découvre Bernard, l’arbre-maison du magicien, et Schrödinger, ni hibou ni chat, à la fois mort et vivant, heureux et triste, silencieux et bruyant. Loin de dire son dernier mot, Berthier file à bride abattue dans la forêt pour tenter de récupérer Cléa. Qu’il prenne garde aux alliances qu’il serait enclin à conclure. La sorcellerie est une maîtresse dangereuse.

    © Bishop – Glénat

                    Jim Bishop est de ces auteurs comme Gaëlle Genniller dont chaque album est un envoûtement amoureux. Mon ami Pierrot est une réflexion sur la passion amoureuse et le libre-arbitre dans le choix de son destin. A une époque où les mariages dans la noblesse étaient imposés, Cléa fait figure de rebelle. A l’inverse de nombreux contes, les sentiments ne sont pas ici manichéens. Cléa se rend compte que Pierrot joue trouble jeu. Berthier veut récupérer sa promise mais n’endosse jamais le costume de forceur. Il affirme sa présence et son désir de conquête, avec de dangereuses complicités magiques. Au fil du récit, les faux semblants vont laisser place aux véritables émotions. Tout le monde y laissera des plumes. L’adolescence apprend la passion et ses ravages.

    © Bishop – Glénat

                    Avec ce conte qu’auraient pu écrire Charles Perrault ou les frères Grimm avec la cruauté sous-jacente qui émanait de leurs œuvres, Jim Bishop montre que l’époque du succès de ce type de récits est loin de s’éteindre. La chandelle de Mon ami Pierrot luit ici de toute la splendeur des flammes éternelles. 


    One shot : Mon ami Pierrot

    Genre : Fantastique

    Scénario, Dessins & Couleurs : Jim Bishop

    Éditeur : Glénat

    Collection : BD poches

    ISBN : 9782344076057

    Nombre de pages : 264

    Prix : 10 €


  • Nessie 1 – Au pied du volcan
    par Laurent Lafourcade

    Jurassic kids

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    « -Toba, la montagne qui fume… Elle saigne ! Il faut rejoindre nos parents !

    -Oui, on se reverra plus tard… Cessez de faire du bruit avec vos têtes, vous deux ! Ça m’inquiète encore plus…

    -Aaah… La terre se déchire !!! »       

    Un troupeau de dinosaures végétariens avance en procession. Au loin, un volcan fume. Les adultes dirigent et ferment le convoi. Les enfants s’entraident lorsque l’un d’entre eux est en difficulté. Tria, le petit tricératops, et Nessie, la jeune diplodocus, viennent de remettre l’un de leurs camarades bloqué sur le dos dans le bon sens. Juste après, un petit ptéranodon tente de dompter ses ailes qu’il ne parvient pas à synchroniser. Il se prend un arbre. Lui, ce qu’il voudrait, c’est vivre dans l’eau, mais on veut toujours être ce que l’on n’est pas. La maman de Nessie rappelle sa file à l’ordre, lui demandant de ne pas rester à l’écart du troupeau. La nature est peuplée de dangers.

    © Crisse, Besson – Dupuis

    Donner des conseils à des enfants, c’est souvent peine perdue pour les parents. Nessie et ses amis vont rapidement se trouver distraits de leur chemin par leur curiosité. Le volcan, la montagne qui fume, se met à saigner. C’est une véritable éruption volcanique qui déchire la terre. Après un glissement de terrain, les jeunes dinos se trouvent coincés sur un éperon rocheux, en compagnie d’un T-Rex assommé par des roches qui risque de ne pas tarder à se réveiller. S’ils ne trouvent pas le moyen de s’en sortir, ils pourraient se retrouver dans les crocs du méchant carnivore à dos-rouge.

    © Crisse, Besson – Dupuis

    Le duo magique Didier Crisse et Fred Besson lance une nouvelle série, pour une catégorie de lecteurs juste au-dessus de Jusqu’au récif, dont deux volumes sont déjà parus aux éditions de La Gouttière. Dans un graphisme tout aussi coloré et kawaï, c’est une vraie grande aventure que vivent Nessie et ses amis. Rien à voir avec le Loch Ness, le prénom pourrait être trompeur (sauf s’il y avait vraiment un diplodocus dans le lac écossais). On est à l’époque du Jurassique. Avant quelques jeux, le livre est complété par une mini-encyclopédie qui détaille les fiches d’identité de différentes bêtes rencontrées dans l’histoire, comme Spiny, le spinosaure, seul carnivore aux dents toutes droites, ou les jumeaux parasaurolophus avec leur longue crête sur la tête et leur bec de canard…sauf qu’ils pèsent trois tonnes !

    © Crisse, Besson – Dupuis

    Nessie intègre la petite collection jeunesse des éditions Dupuis et risque fort de devenir une valeur sûre au même titre que Nelson et Animal Jack.


    Série : Nessie

    Tome : 1 – Au pied du volcan

    Genre : Aventure animalière

    Scénario & Storyboard : Didier Crisse

    Dessins & Couleurs : Fred Besson

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808512640

    Nombre de pages : 104

    Prix : 11,50 €


  • Fils de bourge Le doux printemps 1936
    par Laurent Lafourcade

    Le crapaud et la libellule

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    « -Bande de cons !

    -Ils ne sont pas cons.

    -Ah oui ? Toi, tu as le droit d’être là ?

    -Bien sûr.

    -Pourquoi ?

    -Je suis né ici. Je suis comme eux.

    -Comme eux ? Vous êtes qui ou quoi ?

    -Ben, on est des rouges. »

    1935, Gramont. C’est la fin de l’été. Jacques Bompierre est le nouveau sous-directeur de l’usine de papier. Il habite une villa cossue avec son épouse et ses enfants, François et Sophie, deux grands adolescents. Un poil fasciste sur les bords, l’homme ne cherche pas à être aimé, ni des 900 employés de l’entreprise, ni de son fils, qu’il moleste allègrement à coups de ceinturon. Dans quelques jours, c’est la rentrée. Dans neuf mois, au mois de Mai, il y aura des élections. Pour le moment, l’usine est en grève. Le monde entier subit le contre-coup du krach économique de 1929 aux Etats-Unis. Un piquet de grève ne laisse entrer que les voitures de la direction et le personnel non gréviste. Hors de question pour la direction d’acheter la paix sociale. Une hausse des salaires est inenvisageable. Elle détruirait les profits au bénéfice de la concurrence.

    © Stalner – Bamboo

    François profite des derniers jours de liberté pour explorer la campagne à vélo. Alors qu’il tente de gravir une falaise à mains nues, un groupe de jeunes lui lance des cailloux, lui intimant l’ordre de quitter leur territoire. En redescendant, il fait la connaissance des « rouges », tous communistes, fils d’ouvriers depuis plusieurs générations, des générations de soumissions aux patrons. Seul Paul va au lycée, les autres travaillent déjà à l’usine ou dans les champs. François se garde bien de leur dire que son père est membre de la direction. Alors que la colère gronde sur le site de l’usine à papier, l’affrontement risque de se reproduire au sein des jeunes de la ville.

    © Stalner – Bamboo

    Eric Stalner signe une chronique sociale historique sur fond de violences familiales. François est de ces héros à la Fabien M. dont le destin est bousculé par le contexte historique. Il est une libellule qui cherche à s’émanciper du joug du crapaud son père. Parviendra-t-il à voler de ses propres ailes ? Réussira-t-il à créer une cohésion entre les classes sociales ? Gravira-t-il la falaise jusqu’à son sommet ? L’un comme l’autre de ces combats ne peut se faire sans conviction. Il est juste dommage que Stalner résume en quelques planches ce qu’il arrivera à plusieurs des personnages pendant la guerre qui va arriver. Ça aurait fait une belle et grande saga.

    © Stalner – Bamboo

    Après avoir été le roi des séries courtes dans les années 90 et 2000, Eric Stalner est devenu la valeur sûre des one shots. A la manière d’un cinéaste qu’on aime, c’est un auteur à qui l’on peut faire confiance les yeux fermés.


    Titre : Fils de bourge Le doux printemps 1936

    Genre : Drame

    Scénario, Dessin & couleurs : Eric Stalner

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Grand Angle

    ISBN : 9791041117789

    Pages : 80

    Prix : 18,90 €


  • Frnck 11 – Deuxième chance 
    par Laurent Lafourcade

    Pas de réseaux sociaux et on ne s’ennuie pas !

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    « -Où est-ce qu’on est ???

    -Toujours au même endroit ! La vraie question, c’est quand on est ? »

                    De retour dans la préhistoire, Franck et ses compagnons viennent tenter de sauver Kenza et Chipolata de la destruction due à l’astéroïde. Les voici donc quelques temps avant le moment fatal, avant qu’eux-mêmes n’aient pu regagner le XXIème siècle. Ils ne sont pas seuls puisque Wanda Zelewski et son assistante sont pour la première fois du voyage. Coincés dans un lac à quelques mètres de volcans en éruptions, ils ne voient leur salut qu’à un vol de ptéranodons que Franck attire avec un appeau. Le répit est de courte durée. Heureusement, l’objet impossible leur fait faire un nouveau bond dans le passé. Faudrait pas que ça déchire le continuum espace-temps. Trop tard. C’est fait, c’est fait. Les voici quelques années plus tôt. Profitant d’un moment d’inattention, Wanda et son acolyte filent avec la machine à voyager dans le temps. Se lançant à leur recherche, les rescapés aperçoivent une jeune Kenza, ainsi qu’un Franck ado qui dort dans une grotte du sommeil du juste. Il va falloir rester discret… et agir.

    © Cossu, Bocquet, Guillo – Dupuis

                    Pour ceux qui n’auraient pas suivi les épisodes précédents, Franck est un ado orphelin projeté dans une préhistoire au milieu d’une tribu s’exprimant avec des mots sans voyelles. Franck devient Frnck et leur apprend petit à petit un langage plus universel. Au fil du temps, et de l’espace-temps, Franck va réaliser que des gens qu’il connaissait ne sont pas qui il croyait. Il va se rencontrer et rencontrer l’amour grâce à Kenza, avant de revenir dans son siècle mais malheureusement sans elle. A présent, il veut la retrouver. Mais cela sera-t-il possible sans bouleverser le cours de l’histoire ?

    © Cossu, Bocquet, Guillo – Dupuis

                    Pour cette avant-dernière aventure, les auteurs mettent les petits plats dans les grands. Plus que jamais, Frnck relève du blockbuster. Olivier Bocquet écrit une aventure haletante sans aucun temps mort. Petite parenthèse, c’est rigolo parce que, tout comme Soda que le scénariste a repris, il manque deux doigts à Franck, mais on sait maintenant pourquoi. Bref, on en prend ici plein les yeux avec les dessins de Brice Cossu et les couleurs de Yoann Guillo. Comme à Hollywood, on en a pour son argent. C’est assez rare pour le souligner dans une série dite classique, tous publics. Deux passages sont particulièrement remarquables : la succession des moments où les visiteurs de notre siècle avaient peur de s’ennuyer, et surtout, la scène dans laquelle deux dinos volants se disputent Franck pour leur repas.

    © Cossu, Bocquet, Guillo – Dupuis

                    Il ne reste malheureusement plus qu’un épisode pour conclure la saga inter-époques de Frnck. On est déjà triste de le quitter. Ce n’est pas encore fait. Les auteurs ne veulent pas tirer en longueur et c’est tout à leur honneur. C’est certainement grâce à ça que la série va devenir culte.


    Série : Frnck

    Tome : 11 – Deuxième chance

    Genre : Aventure

    Scénario : Olivier Bocquet

    Dessins : Brice Cossu

    Couleurs : Yoann Guillo

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808511926

    Nombre de pages : 64

    Prix : 12,95 €


  • Jusqu’au récif 2 – Marée basse
    par Laurent Lafourcade

    Le piaf et l’hippocampe

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    « -Tu veux que je te suive, c’est ça ? Tu vas vite ! Ça a l’air important. Oh… Un jeune hippocampe. Il a l’air inquiet. Quoi encore ? Bin oui, la mer se retire. Ça va être marée basse. Mince… L’eau s’échappe de la flaque ! »            

    Tchip, le petit oiseau, aime bien quand tout est calme. Il prend le soleil sur un rocher au bord de l’eau, se laissant fouetter le visage par une douce bise et des embruns caressants. Tic, Tic, Tic ! Un bernard-l’hermite vient se faire entendre. Tchip comprend qu’il faut le suivre. Il va vite, ça a l’air important. Le crustacé l’amène près d’une flaque dans laquelle un jeune hippocampe est retenu prisonnier. La mer se retire. Ça va être marée basse. L’eau s’échappe de la flaque et l’hippocampe risque de se retrouver coincé, sans eau, ce qui lui serait fatal. Tchip parviendra-t-il à le sortir de ce bien mauvais pas ?

    © Crisse, Besson – La Gouttière

    L’union fait la force. C’est ce que l’on apprend en lisant ce deuxième tome de Jusqu’au récif. Après avoir été d’un grand secours pour Ecaille, un bébé tortue, c’est donc un cheval de mer qui va avoir besoin de Tchip. Voyant que ce dernier ne s’en sortirait pas tout seul, Tic-Tac, le bernard-l’hermite, plonge dans l’océan pour aller chercher Ecaille. Ça va être compliqué. La flaque se bouche avec encore moins d’eau. Soudain, une ombre se dresse au-dessus de l’équipe de sauveteur. C’est un varan et son regard n’est pas des plus sympathiques.

    © Crisse, Besson – La Gouttière

    Didier Crisse et Fred Besson signent encore une fois un album aussi beau que bien, et prouvent, si c’était encore nécessaire, qu’ils savent aussi bien s’adresser aux adultes, qu’aux ados et ici aux plus petits, avec le même respect que pour leurs aînés. C’est assez rare pour le souligner. Les valeurs d’entraide sont mises en exergue pour montrer qu’en groupe on est plus forts. Une faune variée est présentée. Si les oiseaux et les tortues sont bien connus de tous, les jeunes lecteurs découvriront peut-être pour la première fois un hippocampe, un bernard-l’hermite et un varan, tout ça dans une fraîcheur marine de bon aloi en période de canicule.

    © Crisse, Besson – La Gouttière

    Cette deuxième vague des aventures de Tchip est aussi belle que la première, surfant sur un océan kawaï que l’on espère rapidement retrouver.


    Série : Jusqu’au récif

    Tome : 2 – Marée basse

    Genre : Aventure animalière

    Scénario & Storyboard : Didier Crisse

    Dessins & Couleurs : Fred Besson

    Éditeur : La Gouttière

    ISBN : 9782357961500

    Nombre de pages : 32

    Prix : 10,70 €


  • To your eternity 25
    par Laurent Lafourcade

    Le sens de la vie

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    « -Bravo… Cette fois, on a réussi à tous les attraper, n’est-ce pas ? Quel plaisir de vous rencontrer, général. Je me présente : Rabbit Dee, division de l’assainissement urbain ! Attendez… Le grand Imm serait déjà mort ? »

    Alors que, lié à la poupée, Eibel cherche à sauver les compagnons de Imm, prisonniers de sortes de fleurs, Rabbit Dee apporte la Black Pyramid Bombe, arme anti-Imm capable de faire voler en éclats une montagne toute entière. Elle pourrait lui servir au cas où Imm deviendrait incontrôlable. Aidée du crabe, la poupée tente de libérer ses amis. Un à un, ils reprennent vie pour mener tous ensemble le combat, dont bien sûr Bonshen Nicoli La Tasty Peach Uralius (dont c’est malheureusement la dernière fois que l’on prend plaisir à énoncer son patronyme en entier). Soudain, Kaibara Cybernetics annonce la fin de ses services et remercie ses « clients » pour leur fidélité. Les knockers ont franchi une ligne rouge. Dehors, c’est une pluie mortelle. Dedans, le combat fait rage. Cinq cents ans de batailles ne vont quand même pas se terminer dans la douleur et dans les larmes ?

    © Oima – Pika

    Forcément, il reste des lecteurs qui ne connaissent pas la série. Il y a des mangas d’aventure comme One Piece, des thrillers comme Monster, des suspens, de l’humour et tous les genres possibles et imaginables. Dire que l’on n’aime pas les mangas, c’est comme dire que l’on n’aime pas le cinéma. Comme dans tout type de littérature, tous les thèmes sont abordés. Si malgré tout, vous êtes réfractaire au media, lisez To your eternity. Cette histoire sensible, émouvante, poignante vous fera changer d’avis. Ce récit est une réflexion sur le sens de la vie et l’immortalité. Yoshitoki Oima signe l’un des meilleurs shônens de tous les temps. Le magazine Animeland ne s’est pas trompé en l’élisant meilleure série du genre en 2017. Neuf ans après, elle a confirmé son statut.

    © Oima – Pika

                    Autour d’Imm, gravite toute une galaxie de personnages attachants ou détestables. Dans une diversité d’époques, d’un Moyen-Âge à du contemporain, Imm est un être immortel envoyé sur Terre pour y collecter des informations. Au fil de ses aventures, il peut prendre à loisir les apparences des gens qu’il croise…une fois qu’ils sont morts. Cela lui permet de devenir un loup, un ours, une enfant, un jeune homme masqué (la liste s’allonge au fil des chapitres) pour se tirer de situations compliquées dans lesquelles il pourrait se trouver. Imm est pourchassé par des Knockers, entités cherchant à dérober ses métamorphoses. L’immortel est guidé par l’observateur, maître encapuchonné qui le conduit dans sa quête.

    © Oima – Pika

    To your eternity émeut aux larmes. Ce final invite à réfléchir au sens de la vie, à l’amitié, aux souvenirs, aux regrets, à l’intérêt, ou pas, de la vie éternelle sur Terre. En 25 tomes et près de 5000 planches, Yoshitoki Oima a écrit une œuvre hors du commun dont voici la conclusion. Par définition, l’immortalité n’a pas de fin. Par son sens, son lyrisme et sa beauté, la série ne cessera jamais d’accompagner ceux qui ont eu la chance de la lire.


    Série : To your eternity

    Tome : 25

    Genre : Fantastique émouvant

    Scénario & Dessins : Yoshitoki Oima

    Éditeur : Pika

    ISBN : 9791043304156

    Nombre de pages : 208

    Prix : 7,20 €


  • Les nouvelles enquêtes du commissaire Raffini 1 – La poupée sans tête
    par Laurent Lafourcade

    Cinéma sans trucage

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    « -Comment se passait le tournage ?

    -Comme tous les tournages. Heureusement y a Lino. Avec lui, tout se passe toujours bien.

    -Dites-moi, en tant que commissaire Maigret…

    -Occasionnel, cher confrère…

    -…vous y croyez à l’accident ?

    -Non. L’histoire ne tient pas debout. On ne mélange pas les balles comme ça. La gamine, on l’a tuée volontairement !… Et j’espère que vous allez rapidement le choper, le foutu salopard qui a fait le coup ! »

                    Le train d’Amsterdam approche de la gare parisienne. A l’intérieur, les voyageurs commencent à rassembler leurs bagages. Mylène se remaquille puis referme son sac dans lequel on peut apercevoir une poupée. En quittant son compartiment, elle remarque deux hommes se dirigeant vers elle. Elle prend ses jambes à son cou et s’enfuit. Ils la poursuivent sur les rails, puis la retrouvent dans un hangar désaffecté où des complices à elle lui tirent dessus afin qu’elle ne soit pas capturée vivante par la police. Mylène était agent de liaison, passeuse entre la France et les Pays-Bas, transférant des diamants dissimulés sur elle ou dans des poupées. Tout cela est l’extrait d’un film en tournage avec Jean Gabin et Lino Ventura. Le problème, c’est que l’actrice qui tenait le rôle de Mylène est vraiment morte. C’était une balle réelle dans le revolver fourni par l’accessoiriste.

    © Rodolphe, Maucler – Le Tiroir

                    Le réalisateur et producteur du film montre les rushs du tournage au Commissaire Raffini et à sa nouvelle collègue l’inspectrice Renaud, qui l’accompagne depuis le départ en retraite de l’inspecteur Morlaine. Pendant que Raffini part interroger les deux acteurs stars Gabin et Ventura, son acolyte se charge de Raturin, le comédien qui tenait l’arme du crime. Raffini va rapidement se rendre compte que la petite n’est pas une gamine à protéger mais bel et bien une collègue qui a du flair et de la ressource. Ce n’est pas elle qui va tourner de l’œil à la vue d’un cadavre. Si le film s’appelle La poupée sans tête, elle, elle l’a bel et bien sur les épaules.

    © Rodolphe, Maucler – Le Tiroir

                    En 1980, paraissait aux Humanoïdes associés un album aujourd’hui devenu culte signé Rodolphe et Jacques Ferrandez : L’homme au Bigos. Il deviendra plus tard le premier tome des enquêtes du commissaire Raffini. Celui qui n’a pas encore connu le succès avec Carnets d’Orient dessine les quatre premiers tomes avant de passer la main à Christian Maucler. Rodolphe prend le costume de Simenon. Les enquêtes ont la saveur de celles de Maigret, avec un peu plus de peps quand même, ce n’est pas difficile. Quarante-six ans et neuf éditeurs différents plus tard, un record, le policier est toujours au rendez-vous, avec une nouvelle associée, féminisation des personnages principaux oblige.

    © Rodolphe, Maucler – Le Tiroir

                    Après Scapola, les éditions du Tiroir permettent à Raffini de revenir pour de nouvelles enquêtes, dans son jus du début des années 70-80. Rien n’est plus efficace que le classique.


    Série : Les nouvelles enquêtes du commissaire Raffini

    Tome : 1 – La poupée sans tête

    Genre : Polar

    Scénario : Rodolphe

    Dessins & Couleurs : Christian Maucler

    Éditeur : Le Tiroir

    ISBN : 9782931251423

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16 €


  • Le pépère
    par Laurent Lafourcade

    …faut pas le titiller !

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    « -Hé, c’est pas ton petit vieux, là ?

    -Si, si. C’est lui. Hé, mais c’est mon pépère ! Comment y va, mon pépère ?

    -Vanessa ! Quelle coïncidence ! Je pensais justement à vous. Je ne vous ai pas croisée depuis un moment ! »

    Bordeaux, place Saint-Michel, un dimanche matin, un vieil homme qui regarde des disques sur un marché aux puces se fait bousculer par un drôle de type qui le traite de démon. Une jeune femme vole à la rescousse de l’agressé, le pépère, qui repart chez lui, un vinyle abimé sous le bras. Il l’a quand même acheté, ça faisait tellement longtemps qu’il le cherchait. Arrivé à son domicile, il se revoit une cinquantaine d’années plus tôt, célibataire dans la petite maison héritée de ses parents. Ce jour-là, une dame d’une agence immobilière sonna à sa porte. Elle contacte les propriétaires du quartier pour des projets d’aménagement et de revalorisation du secteur. Elle visite et critique l’endroit, ce qui va rapidement faire bouillir le Pépère. Le porte-manteau de l’entrée s’en souviendra. Après le dîner devant Les jeux de 20 heures, il faudra enterrer le cadavre.

    © Moynot – Glénat

    De retour de nos jours, Sacha colle aux basques de Vanessa et voudrait bien la ramener chez lui. Après un refus catégorique, elle va se laisser convaincre quand il va faire fuir un mec un peu trop pressant sur elle. C’est gagné, elle vient dans son camion, à côté du camp des bulgares, sous la passerelle Eiffel. Vanessa, c’est elle qui a sauvé le pépère au marché l’autre jour. Leurs routes vont se recroiser au Carrefour City. Décidément, ils étaient faits pour se rencontrer ou pas… Entre un couple de paumés, camés, vivant d’arnaques et de squats, et un vieillard d’apparence innocente au passé plus que trouble, qui va prendre le dessus ?

    © Moynot – Glénat

    Dans les années 80, la comédie sombre, très sombre, était portée par des auteurs comme Golo et Frank, avec Rampeau ou La variante du dragon, album culte. Depuis les années 90, Emmanuel Moynot est devenu le meilleur auteur dans le genre. Bonne fête maman, Qu’elle crève la charogne, A quoi tu penses ont marqué ses débuts. Il s’est depuis diversifié avec des adaptations littéraires et de l’humour philosophique très décalé. Avec Le pépère, il revient à ses premières amours et ce qu’il sait faire de mieux. Pascal Rabaté le confirme dans sa préface : noir, c’est noir, mais chez Moynot, il y a toujours l’espoir de trouver plus noir. Le récit est tout autant tragique, pathétique que drôle. Jusqu’au final digne des meilleures conclusions d’Alfred Hitchcock, les personnages ne peuvent pas se douter de ce qui les attend.

    © Moynot – Glénat

    Délicieuse perle noire, Le pépère confirme la position d’auteur majeur d’Emmanuel Moynot qui mérite amplement une grande consécration pour l’ensemble de son œuvre.


    Titre : Le pépère

    Genre : Polar

    Scénario, Dessins & Couleurs : Emmanuel Moynot

    Éditeur : Glénat

    Collection : 1000 feuilles

    ISBN : 9782331091414

    Nombre de pages : 80

    Prix : 19 €


  • Ray Ringo 2 – La captive
    par Laurent Lafourcade

    Dans les griffes du diable

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    « -Où l’as-tu trouvé ?

    -Par terre… Tout près du lièvre. Un coup de chance extraordinaire !

    -La chaleur de l’animal a dû faire fondre la fine couche de neige à cet endroit… Sans ça, tu serais passé à côté sans le voir…

    -C’est bien possible…. Vous êtes sûr que c’est bien le sien ?

    -Certain…. C’est moi qui le lui avais offert… »

    Black Hills, Hiver 1862. Alors qu’il chassait tout simplement le lièvre dans la plaine enneigé, Jerry trouve un médaillon qu’il ramène à Ray Ringo. Pas de doute, c’est bien le pendentif avec le trèfle à quatre feuilles qu’il avait offert à Lean avant sa disparition. Les ravisseurs ne doivent pas être loin. Quelques mois plus tôt, un groupe d’indiens Shoshones a attaqué la carriole dans laquelle sa famille mormone la retenait. Ils ont tous été massacrés, sauf elle, prise sous la coupe de Nayati. Au camp fortifié, le Cinquième Régiment de Cavalerie des Tuniques Bleues fait halte avant de rejoindre les troupes du Major General McClellan. Ray y retrouve le sous-lieutenant George Armstrong Custer, un de ses anciens camarades de West Point. Si ce dernier est un homme de guerre qui trouve que les conflits permettent d’occuper les hommes, Ray n’a qu’une idée en tête : sortir sa fiancée des griffes indiennes.

    © Surzhenko, Corbeyran – Le Lombard

    Au camp de la tribu Shoshone, Lean apprend les coutumes en vigueur. Elle se définit en femme libre. Elle ne cherche ni à tuer, ni à blesser personne. Elle réclame au chef du village la liberté que ses hommes lui ont volé. Celui-ci la trouve fière et aussi brave qu’un guerrier. Il lui accorde la faveur de ses bonnes grâces en lui offrant sa coiffe. Elle découvre également le véritable visage de Nayati. Ray Ringo ne le sait pas encore, mais il a intérêt à faire vite parce que la cruauté de Nayati peut atteindre des sommets insoupçonnés.

    © Surzhenko, Corbeyran – Le Lombard

    Deuxième épisode du revival de Ray Ringo et le moins que l’on puisse dire c’est que Corbeyran et Surzhenko n’épargnent rien à leur héros. On serait à deux doigts de leur en vouloir un petit peu. Lors de sa quête, Ray Ringo croise la route d’un personnage historique de la Guerre de Sécession. George Custer a réellement existé. Né dans l’Ohio en 1839, il mourra à la célèbre bataille de Little Big Horn. A la manière dont Goscinny le faisait dans le domaine de l’humour avec Lucky Luke, Corbeyran crédibilise le récit avec un acteur de la vraie vie. Au dessin et aux couleurs, Roman Surzhenko assure de plus en plus. Il faut cesser de le prendre pour un sous-Rosinski ou un sous-Swolf sous prétexte qu’il a poursuivi leurs séries. Tant au niveau du dessin que du scénario, l’album est remarquable par son final où plus de huit planches silencieuses portent aux nues un drame hors du commun.

    © Surzhenko, Corbeyran – Le Lombard

    Avec cette reprise de Ray Ringo, Corbeyran et Surzhenko cassent les codes de la bande dessinée populaire de qualité, tout simplement en lui mettant un « P » majuscule.


    Série : Ray Ringo

    Tome : 2 – La captive

    Genre : Western 

    Scénario : Corbeyran

    Dessins & Couleurs : Roman Surzhenko

    D’après : William Vance

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808217392

    Nombre de pages : 56

    Prix : 15,95 €


  • Jusqu’à la nuit tombée
    par Laurent Lafourcade

    Le deuil impossible

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    « -C’est rare de voir des gens en cette saison. Z’êtes de passage ?

    -Plus ou moins… Ma famille a une maison ici et je venais passer mes étés à Orpierre quand j’étais gamin…

    -Oh ? Je connais toutes les familles, c’est quoi votre nom ?

    -Saraoui.

    -Je… C’est terrible ce qui est arrivé… Ça nous a tous…

    -Ouais, j’imagine. Sur ce, bonne fin d’après-midi. »

    David, la trentaine, arrive dans le petit village d’Orpierre, à flanc de montagne. Sa compagne lui envoie un SMS, lui souhaitant de trouver ce qu’il cherche. L’endroit semble désert. Il n’y a pas un chat dans les rues. Il ouvre la porte d’une maison dont il possède la clef. Au moment où il l’entre dans la serrure, il se voit enfant, en 1997, avec ses parents et sa sœur jumelle. Ils viennent pour les vacances retrouver leur cousin et leur cousine. Au fil de ses pérégrinations dans le village, les souvenirs d’enfance remontent à la surface. Quand l’épicière lui demande son nom et qu’il lui dit, le visage de la vendeuse se ferme. Elle évoque un drame. David ne surenchérit pas et s’en va.

    © Lahbari, Heroguer – Delcourt

    Les jours passent et, dans la solitude d’une maison restée dans son jus, les souvenirs se précisent. Les rares rencontres transforment les gens à la manière de l’épicière. Ceux-ci manifestent de l’empathie pour le visiteur du temps. David prend le chemin des bois. Arrivé à la rivière, il se souvient des pieds dans l’eau où il fallait éviter les cailloux coupants. Ça, c’était l’été. Le gris de l’automne n’égaye pas la nostalgie. C’était il y a vingt-cinq ans. Vingt-cinq ans que quelqu’un a disparu de la vie de David. Qui ? Comment ? Pourquoi ? Qu’attend David de ce voyage ? Est-ce que des réponses lui apporteront un soulagement ?

    © Lahbari, Heroguer – Delcourt

    La collection Une case en moins des éditions Delcourt dirigée par Davy Mourier accueille des histoires inclassables. Jusqu’à la nuit tombée est une histoire de deuil et de résilience. Quand l’on perd quelqu’un de proche, une expression détestable est « faire son deuil ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Rien ! Est-ce qu’on a envie à un moment d’aller mieux ? Non, pas forcément, même si une dictature sociale voudrait l’imposer. « Tu n’es plus là où tu étais, tu es partout là où je suis. » Cette phrase de Victor Hugo montre comment les morts nous accompagnent. David va recevoir un conseil inattendu, une requête même, venue de la seule personne qui pouvait se permettre de le conseiller. Philippe Lahbari signe un scénario émouvant au final réconfortant. Lauréat du concours découvertes jeunes talents 2018 de Quai des bulles, Quentin Heroguer a un trait qui peut sembler frais mais qui fait pénétrer à l’intérieur des âmes de ses personnages aux grands yeux en amandes.

    © Lahbari, Heroguer – Delcourt

    Jusqu’à la tombée de la nuit, je me souviendrai de toi. Jusqu’à la tombée de la nuit, je revivrai ces moments avec toi. Jusqu’à la tombée de la nuit est une histoire qui apprend à gérer… autant que faire se peut.


    Titre : Jusqu’à la nuit tombée

    Genre : Emotion

    Scénario : Philippr Lahbari

    Dessins & Couleurs : Quentin Heroguer

    Éditeur : Delcourt

    Collection : Une case en moins

    ISBN : 9782413083016

    Nombre de pages : 96

    Prix : 18,50 €


  • Léonard 57 – Génialement vôtre !
    par Laurent Lafourcade

    Pas de repos pour Disciple !

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    « -Un génie ! Je suis un génie ! Disciple, ça y est ! J’ai enfiun conçu l’invention ultime !!! Tilt 5700, le robot capable de tout inventer !

    -Mais, Maître, si votre robot, là, il invente tout, à quoi vous servirez alors ? »

                    Si Léonard met au point un robot qui invente tout, à quoi va-t-il servir dorénavant ? C’est Basile, son fidèle disciple, qui le lui fait remarquer. Alors, le génie se ravise. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Et puis, le cerveau de Léonard est bien assez développé pour tout inventer lui-même. Dans cet album, nous allons assister pêle-mêle à l’avènement du cheval mécanique, de la friteuse sans huile, du bain à bulles (non pas du bain à bulles), du rouleau-compresseur, du test d’intelligence, de l’éphéméride à blagues, de l’ordre des léonardins, du robot éplucheur d’oignons, du nettoyeur de plages et de bien d’autres joyeusetés.

    © Turk, Zidrou, Kaël – Le Lombard

                    Mais alors que Léonard et Disciple ont été un duo pendant de nombreuses années, depuis quelques temps, la maisonnée regroupe une véritable famille, avec Mathurine, mais aussi Mozzarella, la fille adoptive du génie. Ce n’est qu’une fois qu’elle est partie à l’école que le maître s’occupe de son business et de son assistant. La gamine apporte de la tendresse à la série, mais aussi du bon sens. Son père vient la chercher en automobile à l’école alors qu’il n’y a qu’un quart d’heure à faire à pied. Elle va lui faire prendre conscience que le progrès n’est pas toujours un mieux.

    © Turk, Zidrou, Kaël – Le Lombard

    Anastasio et Fratello ne vont pas faire ailleurs leurs larcins. Reconvertis en ferrailleurs, ils ne devraient pas se servir dans n’importe quel hangar. Comme d’habitude, Raoul Chatigré poursuit ses commentaires. Bernadette la souris reste une spectatrice avisée et Yorick le crâne complète le décor. Le point d’orgue de l’album met du « Désordre dans les ordres ». Basile et Léonard partent dans la campagne trouver un terrain idéal pour fonder un monastère. La bure, toujours la bure ! Le Disciple va découvrir la joie de tous les offices nocturnes, ainsi que du réveil aux matines. En bon génie, Léonard va certainement trouver l’intérêt de ce rassemblement en congrégation.

    © Turk, Zidrou, Kaël – Le Lombard

    L’association Turk/Zidrou prouve que le mix d’une génération d’auteurs à une autre peut donner un réel souffle nouveau à la bande dessinée franco-belge dite classique. Léonard en est la preuve. 


    Série : Léonard

    Tome : 57 – Génialement vôtre !

    Genre : Humour ingénieux

    Scénario : Zidrou

    Dessins : Turk

    Couleurs : Kaël

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808215084

    Nombre de pages : 48

    Prix : 12,95 €


  • Tokyo Cannabis 7
    par Laurent Lafourcade

    La zizanie

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    « -Tout à l’heure, il leur a carrément pété la gueule… Mori, qui c’est ce gars ?!

    -Moi obéir ordres de Mori. C’est tout.

    -T’as un putain de sacré pote, Mori ! Y a pas à dire, t’es vraiment un bon !!

    -Enfuis-toi ! Les Kurobe ont vu ton visage… C’est trop dangereux pour toi de rester à Tokyo !! »

    Deux membres du clan Kurobe transportant un kilo de cannabis se font dérober leur marchandise en pleine rue. Un kilo de Mick X, il y en a pour dix millions de yens ! C’est Morio qui est l’initiative de ce coup d’éclat. Aidé par Fong et Miyamoto, ils viennent de marquer un point décisif. Seul problème, les Kurobe ont vu le visage de Miyamoto. Trop dangereux pour lui de rester à Tokyo. Il faut qu’il parte. Il ne sera ainsi plus possible de faire le lien entre ce vol et Morio. La Mick X est la concurrente de la Super Mick X que produit le fleuriste. Fong se demande pourquoi un homme bon comme Morio, qui en plus n’en fume pas, produit du cannabis, et qu’il ne veut plus jamais voir des adolescents toucher de la Mick X. Tout ça est paradoxal… mais d’une part il a besoin d’argent et d’autre part, quand on met un doigt dans l’engrenage du trafic de drogue, il est difficile d’en sortir.

    © 2022 by Yuto Inai / Coamix
    © Inai – Kana 2026

    L’objectif de Morio est de semer la zizanie entre les clans Kurobe et Bad Dog en faisant croire à Shimizu que ce sont les Bad Dog qui ont commis le larcin. Leur boss Gozu devient la cible des Kurobe. Sous la torture, parviendra-t-il à convaincre son meilleur ennemi qu’il n’y est pour rien ? Ses phalanges vont s’en souvenir. Pendant qu’ils règlent leurs comptes entre eux, Morio doit poursuivre son business. Il s’oriente vers les Omega, dont l’un des membres, Junkie Joe, est un vrai accro, un type prêt à tout pour du bon cannabis. C’est lui qui gère les ventes. Mais un autre personnage vient faire son apparition : Merry, la spécialiste en e-liquide des Omega.

    © 2022 by Yuto Inai / Coamix
    © Inai – Kana 2026

    Si les joints de cannabis sont déjà nocifs, avec le e-liquide, les trafiquants peuvent faire n’importe quoi. En effet, si le liquide est obtenu par extraction des divers composants de la plante, ils sont ensuite combinés et ajustés pour obtenir le liquide final. Il est possible d’isoler le THC ou le CBD, de retirer certaines substances et d’en ajouter d’autres. Comme pour les cocktails, on peut faire des dosages forts, mais ils ne seront pas forcément les plus addictifs. La Mick X et la Super Mick X contiennent une grande quantité de THC et leurs substances sont parfaitement dosées. Yûto Inai poursuit la dénonciation d’un business hors de contrôle des forces de l’ordre en montrant comment les trafiquants font avaler les pires saloperies à leurs clients, tout en en consommant eux-mêmes.

    © 2022 by Yuto Inai / Coamix
    © Inai – Kana 2026

    Morio a la main verte et joue avec le rouge-feu dans un thriller noir où l’avenir ne semble rose pour personne. Tokyo Cannabis est plus addictif que l’objet de son sujet.


    Série : Tokyo Cannabis

    Tome : 7

    Genre : Seinen Thriller

    Scénario & Dessins : Yûto Inai

    Éditeur : Kana

    ISBN : 9782505142188

    Nombre de pages : 160

    Prix : 7,90 €


  • Bêtes comme nous
    par Laurent Lafourcade

    Le miroir de l’humanité

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    « -Tu crois vraiment que je ne t’ai pas vu faire le beau toute la soirée devant cette petite pimbêche ?

    -Hein ? Quoi ? Moi faire le beau ? Mais absolument pas, Louloute ! Où vas-tu chercher une idée pareille ? »

    Un couple court dans les eaux d’une plage paradisiaque, s’embrasse et s’enlace, avant de, quelques semaines plus tard, rejoindre la civilisation. Le reportage « humanier » n’a pas l’air de passionner Monsieur tortue marine qui ferait mieux, selon les conseils de sa femme qui fait la vaisselle, d’aller se coucher. Les voyages en classe business, ce n’est plus ce que c’était. Les castors voyageant dans l’avion vont s’en rendre compte quand on va leur servir du sapin au lieu du chêne. Ça a beaucoup baissé. Une pieuvre joue de la guitare devant une foule en délire. Jimmy Hendrix peut aller se rhabiller. Elle maîtrise. Pas comme ce serpent dépité de ne pas posséder autant de membres.

    © Mo/CDM – Fluide glacial

    Quand on fait partie du monde escargot, il faut faire preuve de patience, de beaucoup de patience. M’enfin, l’échelle du temps ne semble pas être la même chez eux et chez les autres. Sur la table d’opération, ce patient gastéropode doit se faire intuber. Vite, il faut aller chercher le matériel nécessaire ! Attraper une mouche avec des baguettes, pour un escargot, il va lui falloir de la complicité. Le plan sera parfait pour donner l’illusion au prof de karaté que la situation est maîtrisée. On va même assister au tournage d’un film olé olé pour bestioles à coquilles. Le réalisateur va mettre plusieurs jours à tourner la scène. L’ouverture des soldes vaut son pesant de bave. Il n’y aura pas besoin de repasser la scène au ralenti. Quant à l’incendie à New-York, pas de panique, Supersnail est en route.

    © Mo/CDM – Fluide glacial

    Couronné du prix Gotlib 2024, Mo/CDM est de retour avec des animaux à la place des jeunes et des vieux de Gen War. Nos amis à poil, à plumes et à écailles en prennent pour leur grade, ou plutôt, on observe à travers eux ce que nous sommes. Quelques cartoons alternent avec les gags en une planche. Ça pulse et ça percute. Assistez à un repas chez les chauves-souris, à une séance de yoga bovine, à un baptême de plongée pour poissons, à des vacances au soleil pour ours polaires, ou encore à un retour de soirée de requin marteau éméché. Mo/CDM aligne les albums plus marrants les uns que les autres. Celui-ci ne déroge pas à la règle.

    © Mo/CDM – Fluide glacial

    Bêtes comme nous, tout est dit dans le titre. On dit que les animaux sont intelligents. En fait, ils sont aussi couillons que les humains. A mi-chemin entre le reportage animalier et le précis sociologique, l’album n’a au final qu’un seul but : nous faire marrer dans un miroir de ce que nous sommes.


    Titre : Bêtes comme nous

    Genre : Humour

    Scénario, Dessins & Couleurs : Mo/CDM

    Éditeur : Fluide glacial

    ISBN : 9791038209657

    Nombre de pages : 56

    Prix : 13,90 €


  • Cinq Avril 4 – Le berceau des nations
    par Laurent Lafourcade

    La mère assassinée

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    « -Notre mère s’appelait Pacifica Brandani… Une jeune noble d’Urbino oubliée de tous. Elle est morte très jeune. Elle était l’amante de notre père, Julien de Médicis. Nous sommes donc des bâtards…

    -Pour la première fois, ma mère n’est ni reine, ni princesse. Mon frère, je serais tenté de te croire ! »

    1532. A Rome, au Vatican, commandée par sa Sainteté, une statue de l’Apollon printanier destinée à la bibliothèque papale vient d’être livrée. C’est une supercherie. Il s’agit de Cinq Avril soigneusement maquillé qui cherchait à s’infiltrer afin de trouver le livre de Copernic, ce savant polonais qui prétend que le Soleil est au centre de l’univers. Il est repéré mais parvient à s’enfuir. Le livre est en fait sa monnaie d’échange auprès de Sordi pour pouvoir récupérer Ariane, détenue en otage. Pendant que Sordi découvre les théories saugrenues de Copernic, Cinq Avril apprend qu’il a un frère en la personne du cardinal Ippolito de Médicis. Personnellement et mondialement, de grands bouleversements sont à l’ordre du jour.

    © Monin, Duval, Bussi – Dupuis

    Pendant ce temps, à la cour du Roi de France à Amboise, le monarque apprend que la bulle papale offre de nouvelles terres au Portugal et à l’Espagne, et rien à la France ! Il faut négocier avec Clément VII. Le Cardinal Ippolito serait le médiateur idéal, surtout si on lui propose en échange un portrait de sa mère Mona Lisa. C’est donc aussi celle de Cinq Avril ?! En tous cas, le tableau révèlerait où le corps de leur mère assassinée repose. Direction le pont de Laterina pour tout savoir. Elle serait noyée au fond de l’Arno. Pour Ariane, le grand destin promis à Cinq Avril est celui de l’épouser après avoir récupéré le livre échangé à Sordi, déchiffré le codex de Léonard de Vinci et pacifié l’Europe. Facile ! En vérité, ça va être encore plus compliqué, au rythme des révélations.

    © Monin, Duval, Bussi – Dupuis

    Fin de la série Cinq Avril, Le berceau des nations dévoile les origines du héros dans un partage du monde sans précédent dans lequel Donald Trump à l’époque aurait mis tout le monde d’accord. Géographie et théologie sont remises en cause. Cinq Avril-XIII même combat, plus les révélations approchent plus l’intrigue se complexifie. Heureusement, toutes les énigmes seront résolues. Michel Bussi et Fred Duval auront co-construit un récit que ne renierait pas Dan Brown. Le graphisme réaliste souple de Noë Monin a enfin pu trouver l’écrin qu’il mérite depuis plusieurs années. L’album se clôt par un court récit paru dans Spirou, prequel à toute l’aventure qui donne envie de se replonger dans l’ensemble depuis le début.

    © Monin, Duval, Bussi – Dupuis

    Le fabuleux destin de Cinq Avril est un polar en costumes à lire d’une traite. On ne peut pas dire que la série ait bénéficié d’une publicité importante, malgré le nom de Michel Bussi. Pourtant, par la minutie de son scénario, intelligent et dynamique, et un dessin franco-belge aux frontières du manga, ça vaut le coup de bloquer la date.


    Série : Cinq Avril

    Tome : 4 – Le berceau des nations

    Genre : Cape & Epée

    Scénario : Fred Duval & Michel Bussi

    Dessins : Noë Monin

    Couleurs : Antoine Lapasset

    Éditeur : Dupuis

    ISBN :  9782808509121

    Nombre de pages : 96

    Prix : 16,50 €


  • Undark All about the new invisible power 1
    par Laurent Lafourcade

    Les nuits noires peuvent s’éclairer

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    « -Tu ne dois pas utiliser tes pouvoirs pour des bêtises pareilles !

    -Je n’ai rien fait ! J’étais énervée et les fenêtres se sont brisées toutes seules !

    -Si quelqu’un apprend notre secret, on risque d’être séparées, tu en as conscience ?

    -Oh non ! Tout sauf ça…

    -On est d’accord. Tu dois apprendre à gérer tes émotions. »

    Maria et An sont orphelines. Les deux sœurs vivent seules. Leur mère est morte depuis sept ans déjà. Maria vient de commencer le lycée et An n’est encore qu’en CM2. Elles vivent dans la misère mais parviennent quand même à joindre les deux bouts. Si An fait montre d’un optimisme à toute épreuve, elle ne sait pas que pour y arriver son aînée se prostitue. Depuis la tempête magnétique causée par un objet céleste, une « Supernova obscure », une épidémie d’un rhume un peu bizarre contamine la population, dont les deux sœurs. En rentrant à la maison après son « travail », Maria découvre An dans sa chambre en pleine lévitation. Le lendemain, la fièvre a disparu et An prend conscience de ses superpouvoirs.

    © 2026 Akili All rights reserved
    © 2026, Vega SAS, pour l’édition française

    Maria aussi a acquis des pouvoirs. Mais si An s’amuse à contrôler les objets à distance, la grande préfère s’en passer. Quand un de ses « clients » lui demande de rencontrer sa petite sœur pour un million, l’avocat va vite regretter son offre. Le pédophile voit son bras se casser à distance. Sans s’en rendre compte, Maria a utilisé son don. Elle va dorénavant profiter de ce cadeau des dieux. Parallèlement, la protection de l’enfance va mettre son nez dans la vie des deux mineures. Placée en foyer, l’enfance d’An s’achève. Même si tout le monde est gentil, au bout de six mois, elle décide de fuguer afin de retrouver sa sœur.

    © 2026 Akili All rights reserved
    © 2026, Vega SAS, pour l’édition française

    Undark, tout sur un nouveau pouvoir invisible, est une histoire d’amour et de sororité. Ode à l’enfance et à son innocence, la série dénonce les odieux fortunés qui pensent que tout s’achète, même l’indicible. Dans un graphisme à la fois classique et élégant, Akili raconte le destin de ces deux sœurs dans un Sans Famille 3.0 avec des scènes aussi poignantes que dans le roman d’Hector Malot. Tout comme Rémi, An soutient le lecteur par son optimisme à toute épreuve. Après sa fugue, elle va rencontrer d’autres jeunes, eux aussi dotés de pouvoirs, qui vont l’aider dans sa quête. Akili enveloppe les scènes de pouvoirs d’un lyrisme certain, comme dans le saut d’un immeuble à un autre où les personnages se détachent sur un décor flou.

    © 2026 Akili All rights reserved
    © 2026, Vega SAS, pour l’édition française

    Alors que de nombreux mangas Undark délayent l’action et les événements, sans être speed, Undark n’y va pas par quatre chemins. On est tout de suite dans le cœur du sujet. Dérangeant, fascinant et mystérieux.


    Série : Undark All about the new invisible power

    Tome : 1

    Genre : Fantastique

    Scénario & Dessins : Akili

    Éditeur : Vega

    ISBN : 9782808702751

    Nombre de pages : 192

    Prix : 8,35 €


  • Les Héricornes 4 – L’ombre du passé
    par Laurent Lafourcade

    Les souvenirs enfouis

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    « -Les mages m’ont fait perdre trop de temps. Je n’ai pas pu mettre la main sur ces héritières. Elles sont déjà trop loin, et moi je suis trop vieille. Allons chercher les autres ! »

    Avant d’arriver au temple d’Aurora, les héricornes Yzandre, Rama et Orya ont encore le marais de la perdition à traverser. Les filles sont sans leurs licornes car les Nympheas Monetias, les nénuphars qui parsèment les eaux, les rendent folles. Elles doivent avancer à pied. Nell, Céleste et Ketys, quant à elles, font un sacré détour pour éviter la sorcière. Le périple va être l’occasion pour Nell de raconter sa rencontre avec Nunki, sa licorne invisible. Pendant ce temps, les orcons installent leur camp où leur maîtresse Luna demande à Yas de lui insérer une larve de transmemia dans une de ses oreilles afin qu’elle y fasse sa chrysalide accélérée, la ressortir, capturer le papillon qui en naît puis le relâcher pour qu’il atteigne sa cible. C’est le dernier moyen pour mettre la main sur les héricornes.

    © Toussaint, Alvarez – Le Lombard

    Héritière du royaume de Lémuria, Luna fait tout pour empêcher les héricornes d’atteindre le temple de la déesse Aurora. Elle a été maudite par la déesse Aurora pour avoir dérobé sa magie et un œuf de Licorne. Aujourd’hui, elle est Luna des Orcons, la sorcière, grand-tante de Céleste. Elle est le modèle d’Orthense qui veut en tous points lui ressembler. Celle-ci a pris son apparence et sa place à Lémuria depuis cent ans et personne, non personne, ne s’est aperçu de la supercherie. Il lui arrive même d’oublier elle-même qui elle est vraiment. Sa licorne est une licorne des bois, au pouvoir de régénérescence qui peut même faire repousser un membre perdu.

    © Toussaint, Alvarez – Le Lombard

    Est-ce la fin du voyage pour les héritières dans ce quatrième volume des Héricornes ? Ce n’est en tous cas pas du tout la fin de la série de Kid Toussaint et Veronica Alvarez. Entre présent, passé, pouvoirs et métamorphoses, un petit retour dans les tomes précédents sera le bienvenu pour remettre toute l’histoire en place, ainsi que les rapports des personnages les uns avec les autres. Même si chaque volume est complété par des fiches personnages, une petite encyclopédie en forme de Fandom serait de bon aloi pour l’avoir à côté de soi quand on lit la série. En effet, loin de prendre ses lecteurs pour des idiots, Kid Toussaint construit un scénario aux ramifications multiples qui fait marcher le cerveau bien comme il faut. Veronica Alvarez dessine et colorise le tout dans un trait envoûtant, d’apparence girly, mais pas réservé aux filles.

    © Toussaint, Alvarez – Le Lombard

    Les souvenirs du passé mènent les héricornes vers les temples de la déesse Aurora. S’y retrouveront-elles toutes sans que les orcons ne leur mettent des bâtons dans les roues, ou plutôt sous les sabots ? Vous le saurez dans « L’ombre du passé » !


    Série : Les Héricornes

    Tome : 4 – L’ombre du passé

    Genre : Heroïc-Fantasy

    Scénario : Kid Toussaint

    Dessins & Couleurs : Veronica Alvarez

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808217743

    Nombre de pages : 80

    Prix : 14,45 €


  • Les chants du cygne noir 1
    par Laurent Lafourcade

    Space Opera

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    « -Ah, je savais bien que ça te ferait de l’effet ! Comme quand j’étais dans la « marchande » et qu’on levait les voiles pour partir en mer ! Sauf que là… on ne part pas en mer… »

    En 1877, la conquête de l’espace est en plein essor grâce à l’invention d’un moteur révolutionnaire. Français et anglais s’affrontent pour conquérir Vénus pendant que les allemands occupent Mars. C’est au tour de Jupiter de faire l’objet de toutes les convoitises. Sur Terre, le Pendjab est sous l’emprise de l’Empire britannique. Benesh assiste à l’assassinat de son frère Amir. Le visage de son bourreau colonisateur se grave dans sa tête. Elle n’aura qu’un objectif : le venger. A Rangoon, trois ans plus tard, déguisée en garçon, Benesh, qui se fait appeler Ben, se fait engager sur le Prince of Wales, le plus beau, le plus grand paquebot de la White Star. Servir à son bord est un privilège dont tout le monde rêve.

    © Alice – Rue de Sèvres

    Le Prince of Wales n’est pas un simple paquebot destiné à transporter ses clients d’un continent à un autre. Non, l’appareil est un vaisseau interstellaire. On ne largue pas les amarres pour naviguer mais pour décoller direction Jupiter. Ben va devoir se faire sa place dans les rangs du personnel. Pas toujours évident quand il faut cacher son identité. Loïc lui donnera les conseils nécessaires. Comme plus tard sur le Titanic (nous sommes au XIXème siècle), les pauvres jouent aux dès dans les cales pendant que les riches s’affrontent au bridge dans les luxueux salons. Parmi eux, à la table du Capitaine, dîne le baron Cockburn, douze ans en Inde, trois rébellions écrasées. Une carrière politique toute tracée se dessine devant lui. Mais il a des morts sur la conscience… dont Amir !

    © Alice – Rue de Sèvres

    Dans le cosmos, il y a trois sortes d’êtres : les vivants, les morts et les pirates. Ben découvre que l’espace-océan de l’Ether est loin d’être pacifique. La ceinture d’astéroïdes est peuplée de dangers dont le Cygne Noir. Alex Alice développe l’univers du Château des étoiles dans un manga haletant pour l’instant prévu en trois volumes. Si les lecteurs du Château seront sensibles aux échos à la série-mère, comme la présence de Loïc, nul besoin de l’avoir lue. Ces chants sont totalement indépendants. Alex Alice a lu Jules Verne et Katsuhiro Otomo. Il a vu Albator et le Titanic de James Cameron. En excellent raconteur d’histoires, il mêle ses influences dans un scénario original avec une mise en scène époustouflante et une mise en forme manga qui dynamise le récit.

    © Alice – Rue de Sèvres

    Le Cygne Noir est le nouvel Arcadia. Ben est la nouvelle Princesse Saphir. Avec Les chants du Cygne Noir, Alex Alice fait la démonstration qu’il n’y a plus de frontières entre le manga et la bande dessinée franco-belge. Embarquez à bord, vous n’en descendrez pas.


    Série : Les chants du Cygne Noir

    Tome : 1

    Genre : Steampunk

    Scénario & Dessins : Alex Alice

    Éditeur : Rue de Sèvres

    ISBN : 9782810210893

    Nombre de pages : 216

    Prix : 13,90 €


  • Un espoir sans papiers
    par Laurent Lafourcade

    Une rencontre improbable

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    « -Qui va là ?!!!

    -Aaahhhh m’chi !!!!

    -Ma parole, se mettre dans cet état-là pour un rat qui ne fait pas 20 centimètres !! Ouste du balai !!! Tu ne vas quand même pas essayer de m’assommer avec ça, gamin ?!

    -P… P… Pardon, madame…

    -Depuis quand tu me donnes du madame, Daniel ?

    -Je… je ne comprends pas…

    -Daniel, ça fait des jours que ton père et moi, on te cherche ! »

    Un boat people fait naufrage au large de l’île d’Aix. La plupart des passagers périssent dans la tempête. Entendant des bruits dans sa grange, Sidonie, retraitée solitaire, y découvre un migrant effrayé par un rat. Elle croit reconnaître en lui son fils Daniel et lui ordonne de rentrer à la maison. Profitant de la méprise, Ahmed la suit. La vieille dame semble complètement déboussolée. Il tente de la convaincre qu’il n’est pas celui qu’elle croit. C’est peine perdue. A table, Sidonie attend même que son mari rentre. Le fils risque de se faire disputer. Endeuillée, elle souffre d’une absence qu’elle réfute. Plutôt que d’aggraver son chagrin, Ahmed va l’écouter, l’accompagner, sans l’approuver mais sans la contredire non plus.

    © Espé, Chabbert, Battistutta – Dupuis

    Leur quotidien va être bousculé le jour où la Mairie va venir faire un tour des habitations pour un état des lieux après la tempête. Quand Sidonie parle du retour de son fils Daniel, ça met la puce à l’oreille. Il a fugué à 15-16 ans au début des années 90. La gendarmerie va donc venir sur place et découvrir Ahmed qu’ils embarquent pendant que le SAMU prend en charge Sidonie. Direction le continent pour tous les deux : une maison de repos pour l’une, l’aide sociale à l’enfance car il a un statut de mineur pour l’autre. L’un comme l’autre vont-ils s’adapter à leurs nouvelles vies ?

    © Espé, Chabbert, Battistutta – Dupuis

    Ingrid Chabbert raconte le quotidien poignant d’un migrant perdu dans un monde soi-disant civilisé. Comme des milliers d’autres, Ahmed a quitté un enfer pour une jungle. La scénariste pointe les failles de l’administration et le rôle déterminant des associations d’aide aux migrants, en l’occurrence ici lorsqu’ils sont mineurs. Ahmed et Sidonie forment un duo improbable. Ils sont tous les deux en extrême souffrance, en deuil d’une famille ou d’un pays. Ils écrivent une histoire d’amour, une histoire d’amitié, une histoire dans laquelle les liens internationaux et intergénérationnels tissent la foi en la nature humaine. Sous les couleurs mauvais temps d’Aretha Battistutta comme la météo dans le ciel et les esprits, Espé s’affirme une fois de plus comme un dessinateur rapide et solide. Contrairement à d’autres, ses planches sont vraiment abouties sans que les décors ne soient négligés. Espé est l’un des rares auteurs à être aussi crédible dans la comédie que dans le drame, avec ici en prime un torrent de tendresse.

    © Espé, Chabbert, Battistutta – Dupuis

    Dédié à toutes celles et ceux qui, chaque jour, tiennent le terrain face à la souffrance, aux obstacles et à la haine qui progresse, à celles et ceux qui refusent de détourner le regard et pour qui le mot solidarité n’est pas un slogan, mais un combat et une valeur, Un espoir sans papiers est une tempête d’émotion et de solidarité.


    Titre : Un espoir sans papiers

    Genre : Emotion

    Scénario : Ingrid Chabbert

    Dessin : Espé

    Couleurs : Aretha Battistutta

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808507349

    Pages : 104

    Prix : 21,50 €


  • La drôle de guerre de Papi et Lucien 5 – Opération : Débarquement !
    par Laurent Lafourcade

    Les grandes retrouvailles

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    « -Il faut à tout prix garder secrets jusqu’au bout la date et le lieu du débarquement !

    -Attendez… Chut…

    -Général !

    -Cette façon de me tenir à l’écart est inadmissible ! La Résistance française a toute sa place dans les combats pour vaincre le nazisme, et… »

                    1944. Alors qu’à Londres, Churchill et son état-major déploient leurs plans sans forcément y associer le Général de Gaulle et la Résistance française. Dans le Vercors, Papi et Lucien apprennent que le père de ce dernier, André, a été arrêté par la Gestapo qui compte bien le faire parler. Pas question de le laisser dans la panade. Le duo part à sa rescousse. Lucien bricole un téléphone portable en couplant un combiné avec une radio ce qui permet d’être joints partout. En plus, on peut écouter de la musique. Papi suggère qu’on pourrait y ajouter un appareil photo. Quel taquineur !

    © Téhem, Erre – Auzou

    Pendant ce temps, André est conduit par Helmut, le teigneux ennemi, auprès du général Rommel, chargé de la défense des plages contre un risque de débarquement ennemi. Tout ce petit monde se rend donc à Lyon, capitale des Gaules abritant le siège de la Gestapo. Ils ne vont pas y rester longtemps et se retrouver tous en Normandie. Nous sommes le 5 juin 1944. Les nazis déploient des kilomètres de fil de fer barbelé. Toute la famille se fait coincer par Helmut. Retenus dans un bunker aux premières loges, dès l’aube, ils aperçoivent des petits points au loin sur la mer. Le vent de la guerre va peut-être bientôt changer de sens. C’est le jour le plus long.

    © Téhem, Erre – Auzou

    Et voilà ! On a suivi la drôle de guerre de Papi et Lucien de 1940 à 1944 et c’était bien drôle, aussi marrant qu’instructif. En fin d’album, un court dossier historique replace quelques cases à côté d’explications. On nous confirme les relations complexes entre De Gaulle et ses alliés. On prend conscience que le D-day ne fut que le premier jour d’un long combat. On accompagne les commandos Kieffer, les 177 soldats français participant au débarquement. On assiste à la défaite des généraux nazis et l’entrée de la deuxième division blindée du général Leclerc dans Paris. On apprend que jusqu’au bout l’ennemi a tenté de remplir des trains de déportés.

    © Téhem, Erre – Auzou

    Avec les dessins tous publics de Tehem, le professeur Fabrice Erre permet d’apprendre en s’amusant. Si avec ça les élèves qui n’écoutent rien en cours d’Histoire ne s’intéressent pas à la guerre, les enseignants peuvent rendre leurs tabliers. Mais avant tout, La drôle de guerre de Papi et Lucien est l’une des meilleures séries historico-comiques du moment dans la plus pure tradition franco-belge.


    Série : La drôle de guerre de Papi et Lucien

    Tome : 5 – Opération : Débarquement !

    Genre : Aventure historique

    Scénario : Fabrice Erre

    Dessins & Couleurs : Téhem

    Éditeur : Auzou

    ISBN : 9791039566001

    Nombre de pages : 56

    Prix : 12,95 €


  • La fragilité des hommes
    par Laurent Lafourcade

    Glanage théâtral

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    « -Dans le temps, on faisait du théâtre dans cette salle. Des Mouaisiens jouaient et ceux qui ne jouaient pas venaient voir les autres.

    -Et alors ?

    -Et alors, mais c’est génial ! T’imagines l’ambiance !! Moi, je veux relancer l’idée, redonner un peu de vie à ce putain de village ! François… T’as pas l’impression de te faire chier dans la vie, toi ? Moi, je me fais vraiment chier. »

    La ville de Mouais est une toute petite commune du centre de la France. Seuls ses habitants la connaissent. Pourtant, c’est elle, la ville, qui va les raconter, ses habitants. Les jeunes sont partis travailler ailleurs. Les vieux sont morts. Ceux qui restent, ce sont ceux qui ont oublié de partir. Parmi eux, il y a François Sauvage, célibataire d’âge moyen mais de grande taille. Il retrouve ses amis au bar du village comme Michel, qui se remémore avec nostalgie du temps où ils faisaient du théâtre dans une salle attenante. Michel se fait chier (sic). Il veut relancer cette activité, redonner un peu de vie à ce putain de village (sic). Il fait jurer à son ami François de l’aider à le faire. François jure. Michel meurt, bêtement ; il est tombé dans l’escalier. François n’a pas d’autre choix que de tenir sa promesse.

    © Nicoby, Zabus, Jeanneau, Ory, Ory – Dargaud

    Quand Fanny, une jeune femme, débarque dans la ville pour six semaines d’atelier théâtre, François commence par lui dire qu’elle peut rentrer chez elle, vues les circonstances, avant de se raviser, l’esprit de Michel lui ayant rappelé son engagement. Fanny et François vont donc s’atteler à recueillir la parole des habitants dans l’ehpad, au bistro ou chez eux. La vie de chacun va devenir une bribe de la pièce qu’ils vont créer ensemble. Les souvenirs sont des histoires. Un mari résistant, un mariage enfermant, un enfant non reconnu,… Avec ce projet, les habitants prennent conscience que l’écriture de soi les fait voir leur vie autrement, comme si l’idée de se montrer aux autres les amenait à se regarder enfin vraiment.

    © Nicoby, Zabus, Jeanneau, Ory, Ory – Dargaud

    Le théâtre de rue a changé la vie de Vincent Zabus. Ancien prof de français en lycée, il a démissionné pour haranguer les foules dans des festivals de théâtre. Ça fait maintenant 25 ans qu’il fait du théâtre de rue, pratiquant notamment le glanage théâtral, comme le font Fanny et François, en bousculant des vies en les plaçant sous les feux de la rampe. En postface, le comédien scénariste raconte quelques anecdotes en concluant poétiquement : « Le théâtre de rue porte notre regard sur des fleurs de pavé si familières qu’on en avait oublié la beauté. ». Qui mieux que Nicoby pouvait dessiner une histoire de théâtre ? Même si, au théâtre, le décor fait partie du jeu, ce sont les comédiens qui doivent être mis en évidence. Nicoby n’est pas un décoriste. C’est un dessinateur d’émotions. Les yeux simples, noirs et petits de ses personnages font tellement passer. C’est tout autant incroyable qu’étonnant. Accompagnées par Pierre Jeanneau, Laurence et Salomé Ory poursuivent la voie de la colorisation qu’empruntait le regretté Pascal Ory, coloriste fidèle de Nicoby.

    © Nicoby, Zabus, Jeanneau, Ory, Ory – Dargaud

    Décidément, après les Mémoires d’un garçon agité, Vincent Zabus scénarise un nouvel album d’une sensibilité qui n’appartient qu’à lui. Dans le genre, il est le meilleur. Soutenue par le dessin de Nicoby, avec La fragilité des hommes, le théâtre est porté au pinacle par la bande dessinée, et vice versa.


    Titre : La fragilité des hommes

    Genre : Emotion

    Scénario : Vincent Zabus

    Dessins : Nicoby

    Couleurs : Pierre Jeanneau, Laurence & Salomé Ory

    Éditeur : Dargaud

    ISBN : 9782205212815

    Nombre de pages : 128

    Prix : 23,50 €


  • Extrême L’histoire du groupe militaire de haute montagne
    par Laurent Lafourcade

    50 ans à dompter les sommets

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    « -Ouvrir à notre tour un ou deux nouveaux itinéraires sur le Shishapangma est vraiment un projet passionnant !

    -Oui, mais difficile avec ces couloirs et éperons mixtes, ne l’oublions pas !

    -Mais quelle belle mise en jambes pour se préparer au K2 ! »

                    Tibet, septembre 2003. Le Shishapangma, l’un des quatorze sommets de plus de 8000 mètres, est l’objectif du groupe militaire de haute-montagne, le GMHM, dont fait partie le Capitaine Antoine de Choudens. Guide et moniteur de ski, il décide de constituer une cordée de choc avec notamment le lieutenant Philippe « Goup’s » Renard, avec qui il a déjà vaincu le Mont Blanc par sa face la plus difficile. Avant la montée dure, trois jours de trekking sont nécessaires pour atteindre le camp de base qui est quand même situé à 5300 mètres d’altitude. Ils vont passer par le versant sud, où soleil et neige dure seront au programme.

    © Pradelle, Stoffel, Bertorello – Plein vent

                    Les alpinistes montent par étapes pour s’acclimater au fur et à mesure. Les corps sont mis à rude épreuve, devant produire plus de globules rouges afin de pallier le manque d’oxygène. Deux groupes de deux binômes optent pour des stratégies différentes. Ils ne vont pas suivre exactement le même chemin. Antoine et Goup’s prennent les piégeuses arêtes himalayennes, sous l’œil bienveillant de Thomas, le chef d’expédition. Les membres de ce défi montagnard ne savent pas encore que tous ne vont pas rentrer.

    © Pradelle, Stoffel, Bertorello – Plein vent

                    Retour en 1976 à Chamonix. Une dizaine de militaires crée le GMHM, groupe militaire de haute-montagne. Depuis, la compagnie a réalisé avec succès de multiples expéditions en Himalaya, dans les pôles, aux Kerguelen et dans bien d’autres endroits du globe. Les scénaristes Yvon Bertorello et Eric Stoffel proposent une immersion au cœur de ces exploits, avec ces hommes pour qui l’on vibre, avec qui l’on transpire, avec qui l’on soufre. Nous ne sommes pas dans une fiction. Dans la vraie vie, les histoires ne finissent pas toujours bien. Les tentatives d’exploits se paient parfois cher, très cher, trop cher. Le dessinateur Bruno Pradelle dépeint des montagnes incroyables. Les visages de ses personnages sont un brin trop photographiques. L’auteur aurait dû se lâcher un peu plus, quitte à ce que les protagonistes soient moins ressemblants aux véritables personnes. Tout cela a au moins le mérite de faire la part belle aux décors, on le redit, exceptionnels.

    © Pradelle, Stoffel, Bertorello – Plein vent

                    Publié à l’occasion des 50 ans du groupe militaire de haute-montagne, Extrême est une impressionnante immersion mettant à l’honneur ces hommes dont la vocation est de pousser toujours plus loin les limites des capacités humaines.


    One shot : Extrême L’histoire du groupe militaire de haute montagne

    Genre : Histoire

    Scénario : Eric Stoffel & Yvon Bertorello

    Dessins & Couleurs : Bruno Pradelle

    Éditeur : Plein vent

    ISBN : 9782384881505

    Nombre de pages : 64

    Prix : 17,90 €


  • Super Mario Manga Adventures – Best selection
    par Laurent Lafourcade

    Z’avez d’mandé l’plombier ?

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    « -Nous sommes arrivés sur une île paradisiaque, Mario !

    -Oui, je bondis de joie !!!

    -Arrête !

    -Où est la princesse ?

    -Elle n’est plus là ?

    -Bonjour Mario et Luigi !

    -Hein ?!?

    -La voix de Bowser !

    -Peach est à moi ! Elle est retenue prisonnière dans mon château ! »

    Quand il a publié le premier épisode de Super Mario dans Corocoro Comic, Yukio Sawada n’imaginait pas que 35 ans plus tard il aurait une aura rayonnant dans le monde entier. Pour la première fois, un best of retrace la carrière du personnage, avec une couverture écho au tout premier tome sorti. Il y en a eu 59 entre 2001 et 2023. Ici, les toutes premières histoires côtoient des épisodes inédits, avec en cadeau un autocollant du blason doré du Corocoro, du nom du magazine dans lequel le plombier est né. Après la reproduction de l’ensemble des couvertures (en tout petit format mini rikiki qu’il faut une loupe), c’est parti pour des Super Mario Manga Adventures ! Trois chapitres : les débuts, les histoires préférées de l’auteur, puis les inédits. Ils sont intercalés de reproductions de shikishis, cartons illustrés servant généralement pour les dédicaces, avant de finir par une interview de l’auteur.

    ©  Nintendo All rights reserved
    © 2026 Yukio Sawada
    © 2026 Editions Soleil, Groupe Delcourt

    Les débuts : En arrivant à Dino Land, sur l’île des Yoshi, Mario et Luigi apprennent que la princesse Peach a été kidnappée ! Bowser l’emmène en balade ou quoi ? Mario, à toi de jouer ! Peach est prisonnière dans le château de Bowser, annonce une radio aux deux frères avant de s’auto-détruire. Avant de la sauver, quoi de mieux que de se préparer une petite omelette ? Avec un œuf de dino d’où sort une bestiole, ça va être compliqué. Mais voilà qu’arrivent des sbires du méchant kidnappeur, qui a aussi volé des œufs. Et comment se rendre au château ? On pourrait toujours prendre un tuyau ! Va y avoir des combats à mener avant d’arriver sur place. Ça, ce sont les débuts de Mario, imprimés en bleu sur un papier jaunâtre, comme dans son jus de l’époque.

    ©  Nintendo All rights reserved
    © 2026 Yukio Sawada
    © 2026 Editions Soleil, Groupe Delcourt

    L’auteur présente ensuite trois de ses épisodes favoris : Yoshi quitte la maison, Courage Luigi, et Mario vs Browser la bataille des chefs, trois comédies bien déjantées. Enfin, la dernière partie propose trois histoires inédites en volume relié, publiées uniquement en magazines. Il va y avoir une grosse baston au château de Bowser. Il n’avait qu’à pas enlever pour une énième de fois Peach. Mallow, qui déclenche des averses quand il pleure, sera un allié de poids. Plus surprenant, Bowser va se faire jeter de son antre par un nouvel ennemi. Enfin, en guise de final, un jour de fête avec Mario, ça vous dit ?

    ©  Nintendo All rights reserved
    © 2026 Yukio Sawada
    © 2026 Editions Soleil, Groupe Delcourt

    On ne présente plus Super Mario, stars de jeux vidéo et de cinéma. Il ne faut pas oublier les mangas d’origine. Cette compilation drôle et avec un brin de nostalgie nous rappelle ses premiers pas en Manga, dix ans après sa première apparition dans le jeu d’arcade Donkey Kong. Here we go !


    Titre : Super Mario Manga Adventures – Best selection

    Genre : Fantastique

    Scénario & Dessin : Yukio Sawada

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302108912

    Pages : 192

    Prix : 9,99 €


  • Les vents ovales 3 – Mai 68
    par Laurent Lafourcade

    Une révolution

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    « -Oui, je suis rassuré… Mais fait quand même attention, Yveline ! On ne sait pas comment ça peut tourner ! Bon, je file de ce pas rassurer tes parents… Hier soir, avec ce qu’ils ont dit à la radio, ta maman se faisait un sang d’encre…

    -C’est la rrrévolution, Jacques-Henrrri !

    -Hooo, on ne va pas me décapiter tout de suite, si ?

    -Hahaha ! Les moujiks entourent déjà le château !

    -Calme-toi, mon vieux… C’est une poignée d’étudiants énervés qui font les marioles ! »

    1er Mai 1968, le défilé annuel est perturbé par des affrontements entre le service d’ordre de la CGT et les mouvements étudiants qui grondent depuis le mois précédent. L’extrême-droite se mêle au trouble, ainsi que leurs opposants militants maoïstes. Le lendemain, un incendie est déclenché à la Sorbonne. A Nanterre, les étudiants de gauche se préparent à une attaque de la droite dure. C’est d’abord à la répression policière qu’ils devront faire face. Pour tenter de calmer le jeu, le président de Gaulle décide de la fermeture de l’Université de Nanterre à partir du 8 Mai. Depuis la campagne, certains adultes voient ces étudiants gauchistes comme des gens qui sont contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre.

    © Horne, Mermilliod, Tripp, Maffre – Dupuis

                    A Larroque et Castelnau-sur-Garonne, dans le Sud-Ouest, Monique n’est pas loin d’accoucher. Entre un père, directeur d’usine, et celui de son futur enfant, instituteur communiste, elle tente de faire tampon. Sa copine Yveline fait ses études à Paris. Ses parents s’inquiètent, elle, pas du tout. Dans ce petit coin du Tarn-et-Garonne, l’amphi des jeunes, c’est le stade. Ils vont voter pour savoir s’ils continuent le rugby de situation. Les gradins deviennent un lieu de débat. En solex ou en 2 CV décapotée, les jeunes avancent avec le slogan « Sous la pelouse la plage ». Etudiants, travailleurs, paysans, rugbymen, même combat ! Ils sont réalistes et demandent l’impossible. Les fleurs peace and love décorent le béton. La révolution aboutira-t-elle à une évolution ?

    © Horne, Mermilliod, Tripp, Maffre – Dupuis

                    Fin du triptyque Les vents ovales, Mai 68 montre que l’Histoire avec un grand H, ça ne se passe pas qu’à Paris. Au travers du destin de membres de deux générations, les auteurs nous offrent un voyage dans le temps, une immersion au cœur de la révolte vue par le prisme de la campagne. Aude Mermilliod et Jean-Louis Tripp expliquent que malgré les événements la vie continue malgré tout. C’est inéluctable. La distance avec le cœur de l’action n’empêche pas chacun d’apporter sa pierre à l’édifice. On pourrait penser que le rugby aurait mérité plus de place pour ce final. Il est bel et bien là, sous-jacent, par tout ce qu’apporte une tribune à un match, même si celui-ci ne se joue pas pile sur le terrain d’en face, mais en l’occurrence sur les pavés de la capitale. Sous les couleurs très années 60 de Jérôme Maffre, Horne prend soin de chaque protagoniste, tous témoins de leur temps à leur manière.

    © Horne, Mermilliod, Tripp, Maffre – Dupuis

                    L’Histoire, ce n’est pas que ce que l’on apprend dans les livres, c’est aussi ce qu’il se passe dans les âmes. En faisant revivre Mai 68 vu de la Province et du Rugby, Les vents ovales sont une bien belle brise dont les échos résonnent encore aujourd’hui.


    Série : Les vents ovales

    Tome : 3 – Mai 68

    Genre : Chronique de vies

    Scénario : Aude Mermilliod & Jean-Louis Tripp

    Dessins : Horne

    Couleurs : Jérôme Maffre

    Éditeur : Dupuis

    Collection : Aire Libre

    ISBN : 9782808507684

    Nombre de pages : 136

    Prix : 26 €


  • Les omniscients 7 – L’amour du savoir
    par Laurent Lafourcade

    Intelligences naturelles

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    « -Bien… Je vais lancer le débat. Ce sera plus facile. Je vous ai tous écoutés… Surtout vous, Albert et Kate, qui avez rencontré les vieux dieux tazmèdes. L’enjeu est clair, les dieux vous obligent à relancer la civilisation tazmède ! Vous devez agir plus vite et avec un meilleur projet que celui de Jimmy avec qui vous êtes en concurrence ! »

    Omniscients contre iconoclastes, c’est un duel du temps passé. Tous sont à présent réunis pour s’opposer à Jimmy, l’iconoclaste rebelle qui est en train d’essayer d’embrigader des gens dans ce qu’il appelle la milice des sécateurs afin de faire renaître la civilisation tazmède. Y parviendront-ils avant lui, qui semble avoir toujours une longueur d’avance ? Le chef Tazmède doit posséder le savoir absolu. Omniscients et iconoclastes devront décider qui d’entre eux en deviendra le chef. Ils vont devoir s’entendre malgré leurs différences. Ça ne pourra être ni Diana ni Diego car ils sont de jeunes dieux Tazmèdes envoyés sur Terre par leurs aînés, ni Amber non plus d’après Eduardo car elle aurait triché par amour pour Jimmy. Elle en rigole !

    © Dugomier, Castellani, Bekaert, Lapasset – Le Lombard

    Au centre médical, l’homme venu du passé se porte à merveille. Le tazmède s’adapte parfaitement à la pollution du XXIème siècle. Mais que signifie ce tatouage en forme de flamme qu’il porte derrière l’oreille ? Le professeur Schweitzer est appelé sur place pour l’observer, d’autant plus que l’individu regarde si les gens qui l’auscultent en ont. Leur absence semble l’affoler. Plus tard, sur le chantier de fouilles, l’archéologue Graig Parker fait une découverte absolument incroyable : une petite statuette de crabe vert, stylisation du territoire tazmède. Comment cet objet en jade impérial venant de Birmanie, à 15 000 km d’ici, au-delà des mers et des océans, a-t-il pu se retrouver là ?

    © Dugomier, Castellani, Bekaert, Lapasset – Le Lombard

    Avec le savoir absolu est au cœur du concept, Les omniscients, qui était une série en avance sur son temps, se voit rattrapée par l’IA. Rattrapée, mais pas devancée. Saisissant la balle au bond, le scénariste Vincent Dugomier intègre le concept d’intelligence artificielle à son récit, ou pas quand il s’agit de faire parler un tazmède avec des humains. Avec la conseillère de la présidente, les auteurs abordent le sujet des communautés LGBTQIA+, montrant que la polémique est aussi politique et ne sera vaincue que lorsque la diversité sexuelle et de genre deviendra naturelle pour tous. Il y a encore du chemin à parcourir. En parler dans une BD grand public ne peut qu’aider à ce que les choses deviennent naturelles. La dessinatrice Renata Castellani reste dans un découpage classique avec quelques attitudes manga modernisant le franco-belge traditionnel. Aux couleurs, on retrouve Benoît Bekaert et Antoine Lapasset.

    © Dugomier, Castellani, Bekaert, Lapasset – Le Lombard

    Amour du savoir ou amour du pouvoir ? Il faut savoir pour pouvoir. Mais ce qui va au-delà de tout, c’est bel et bien le pouvoir de l’amour. Entre stratégies et trahison, le bras de fer pour la résurrection de la civilisaton tazmède ne fait que commencer.


    Série : Les omniscients

    Tome : 7 – L’amour du savoir

    Genre : Thriller fantastique

    Scénario : Vincent Dugomier

    Dessins : Renata Castellani

    Couleurs : Benoît Bekaert & Antoine Lapasset

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808217774

    Nombre de pages : 48

    Prix : 13,95 €


  • Brindille – Intégrale
    par Laurent Lafourcade

    Entre Jolies ténèbres et Bone

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    « –Pas de doute, c’est bien toi !

    -Reste où tu es ou je te brise le crâne !

    -Mais oui, mais oui…

    -Et ne t avise pas de me suivre, tu pourrais le regretter !

    -Comme tu veux, mais sache que ce monstre voulait te dévorer… Je t’ai sauvé la vie ! Enfin la vie… C’est une façon de parler ! »

                    Une jeune fille, elfe, fée ou autre être fabuleux, nul ne le sait, est recueillie par le petit peuple de la forêt. Qui est-elle ? Quel est son destin ? Elle en saura plus lorsqu’elle croisera le loup, ce loup ange-gardien qui vient d’empêcher un sanglier de l’attaquer.

    Le vieux sage a écouté les vibrations de la pierre. Il ne faut surtout pas que la jeune fille soit attrapée par ses poursuivants. Ailleurs, Brindille, la proie, se réveille échouée et blessée aux abords d’un lac, au cœur d’une forêt inextricable. Elle ne va pas rester longtemps seule. Elle retrouve le loup, le soigne et panse ses plaies. Mais pour sauver son ange-gardien, il faudra affronter les sirènes. Mais vite, la horde arrive…

    © Brrémaud, Bertolucci – Vents d’Ouest

                    Brindille est un conte moderne, une quête initiatique. Après une introduction en forme de fuite d’un lieu inconnu, l’histoire commence dans une ambiance bucolique et mignonne. Les personnages semblent tout droit sortis de l’horrifiquement tendre Jolies ténèbres de Vehlmann et Kerascoët. Le récit se poursuit comme un conte d’Hausmann, chantre des histoires de la forêt qui nous manque énormément. Il se conclut sur un champ de bataille où des héros innocents font face à une horde sauvage, sanguinaire et sans pitié. Des contes, des contes, des contes, tout le monde en a lu des milliers. Mais le final de celui-ci, jamais au grand jamais, on ne l’a jamais lu.

    © Brrémaud, Bertolucci – Vents d’Ouest

                    Frédéric Brrémaud signe une œuvre forte et personnelle. Le scénariste compile ses influences, ses lectures d’enfance et ses plaisirs de lecteur dans un récit épique. Brrémaud a vu les films de Disney, de Blanche-Neige et les sept nains à Taram et le chaudron magique et a été bercé par les contes de Perrault où l’apparente naïveté cache une cruauté sous-jacente. Il a lu Hector Malot et écouté la voix des conteurs les soirs sans électricité au coin de feux de bois. Et s’il n’a pas fait tout ça, il synthétise dans Brindille tout ce qu’auraient pu être ces réminiscences.

                    De la même manière, le graphisme de Federico Bertolucci se positionne au centre de confluences. La rondeur des gros nez des petits êtres des bois rencontre le bestiaire qu’il a su créer dans Love, ainsi que les belliqueux guerriers de Jeff Smith dans Bone.

    © Brrémaud, Bertolucci – Vents d’Ouest

                    Une première partie magnifique et sauvage, une seconde surprenante et poignante, le diptyque Brindille réunit ici en intégrale forme un récit fantastique dans tous les sens du terme, un récit initiatique qui va jusqu’à redéfinir le sens de la vie.


    Titre : Brindille Intégrale

    Genre : Fantastique forestier

    Scénario : FrédéricBrrémaud

    Dessins & Couleurs : FedericoBertolucci

    Éditeur : Vents d’Ouest

    Collection : Poche

    ISBN : 9782344076033

    Nombre de pages : 192

    Prix : 10 €


  • Les cavaliers de l’apocadispe 6 – Les cavaliers de l’apocadispe simplement en vacances
    par Laurent Lafourcade

    Trois tiers de trio décompressent

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    « -C’est tellement bien qu’on ait pu s’organiser pour passer nos vacances les uns chez les autres !

    -Ils viennent nous chercher bientôt tes grands-parents ?

    -Mais ouais ! C’est trop bien la campagne ! » 

    Les cavaliers de l’apocadispe se sont organisés pour passer leurs vacances ensemble chez leurs grands-parents les uns après les autres. Pour commencer, ils partent en vacances à la campagne. Aujourd’hui, ils débarquent chez les grands-parents d’Olive. C’est juste un peu plus la campagne qu’ailleurs. Papi et Mamie les récupèrent à la gare et c’est parti direction la maison familiale. Le séjour promet de ne pas être de tout repos. Le dîner est déjà au four. On mange au doux son du journal télévisé sans sonotone alors que ça aurait quand même été bien que les ancêtres en aient. La nuit, entre ronflements, tic-tac de l’horloge du salon et chant du coq dès les premières lueurs de l’aube, nos amis vont avoir bien du mal à trouver le sommeil. La balade en forêt de la journée s’annonce épique.

    © Libon – Dupuis

    Etape 2, vacances à la mer chez le pépé et la mémé de Ludo. Jé n’a qu’une envie, c’est de se jeter à l’eau. Le problème de Mamie, c’est qu’elle a toujours peur que son petit-fils se fasse mal. Les pirouettes devront être calmes. Question nourriture, pas de cochonneries du supermarché. Uniquement des bons produits faits maison. Tout va dégénérer quand Olive va se coincer une carte de jeu des 7 familles dans le bec et Jé une paire de tenailles dans les naseaux. Comment cacher ça pour que Mamie ne fasse pas une syncope ?

    Les potos finissent par un séjour presque à la montagne. Malheureusement, les grands-parents de Jé ont eu une fuite d’eau dans leur maison et ne peuvent pas les accueillir. Alors, ils vont aller chez le tonton, dans la grande-ville à côté de la montagne, là où il y a un superbe musée du jouet et son guide passionné.

    © Libon – Dupuis

    Entre les voyages, en attendant le nouveau séjour, il ne faut pas perdre pied avec l’école. Les parents de Jé l’obligent à faire un cahier de vacances. Il en a marre, alors, il demande de l’aide à ses copains. Ça assomme et ça pique les yeux. Réviser les maths ou la grammaire avec Mimimi et Lululu, c’est chaud cacao. Heureusement, ils donnent des conseils, que ce soit pour apprendre des locutions conjonctives ou calculer rapidement la trajectoire de rentrée dans l’atmosphère. Il vaut mieux, parce que comme chacun le sait, toutes les vacances finissent par une rentrée, à la grande joie de nos cavaliers de l’apocadispe.

    © Libon – Dupuis

    Pour ce sixième album, Libon innove avec une grande histoire en trois parties. Alors, ne restez pas seuls pour les grandes vacances. Partez avec Jé, Olive et Ludo. A mourir de rire, comme d’hab !


    Série : Les cavaliers de l’apocadispe

    Tome : 6 – Les cavaliers de l’apocadispe simplement en vacances

    Genre : Aventures humoristiques

    Scénario, Dessins & Couleurs : Libon

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808514316

    Nombre de pages : 64

    Prix : 13,50 €


  • Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis
    par Laurent Lafourcade

    4 enfants, 1 chien et des roulettes

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    « -Il semblerait que nous allons avoir de nouveaux voisins…

    -Chic ! J’ai hâte de voir à quoi ils ressemblent !

    -J’espère qu’ils seront aussi sympathiques que les Jourdan !

    -J’en suis persuadée ! »

    C’est les vacances d’été. Garance et Nathanaël sont tout excités à l’idée d’accueillir leurs cousins Apolline et Bruno. Avec eux, ils vont pouvoir vivre des aventures passionnantes et des enquêtes incroyables, à moins que ça ne soit l’inverse. Garance, Nathanaël, Apolline, Bruno,… ? Mais ? Il faut être cinq ! Ah, oui, il y a aussi Attila, le chien de la famille, handicapé du train arrière depuis que Charles Barral, le père de famille, l’avait écrasé en reculant sa voiture dans l’allée de la villa. Bref, pour les enfants, c’est après-midi plage. « Le dernier à l’eau est socialiste ! » L’ambiance est fort bonne et les éclats de rire nombreux. Le soir, à la maison, les nouveaux voisins sont invités pour l’apéritif. Le premier mystère se produisit lorsque Christian Duval, le voisin, parti aux toilettes avec son attaché-case qu’il ne quitte jamais, se trompa certainement volontairement de porte pour se rendre dans le bureau de Charles.

    © Fabcaro – 6 pieds sous terre

    Un deuxième mystère retentit dès la nuit venue. Réveillée par un bruit étrange, Garance entendit des phrases énigmatiques venue de la chambre de ses parents et prononcées par sa mère. Rejointe par Nathanaël, ils conclurent à un cauchemar de leur maman. Ce n’est que le lendemain, alors que les enfants sont repartis à la plage et vont se régaler de glaces exceptionnelles, surtout une, que le papa se rendit compte qu’un dossier très très important avait disparu de son bureau. Mon dieu ! Et dire que pourraient être révélés au monde entier les secrets des raviolis de chez Lidl ! Tout cela n’empêchera pas les enfants de se rendre au vide-greniers et les parents de s’enjailler au bal au son de la Bistouchatte.

    © Fabcaro – 6 pieds sous terre

    Le club des 5 a-t-il trouvé ses successeurs ? Les 6 compagnons vont-ils être mis au rebu ? Le clan des 7 peut-il être à présent dissous ? Les cinq ami.e.s, sont là et fichent un sacré coup de vieux (ou pas) à leurs prédécesseurs. Enid Blyton et Paul-Jacques Bonzon peuvent dormir sur leurs deux oreilles (ou pas). Ils ne sont pas oubliés. Fabcaro les a lus et il s’en rappelle. Il reprend leurs poncifs dans une parodie hilarante où l’on rit de bon cœur. L’auteur raille un style, avec des phrases répétitives en running gags. Il adopte un langage sans filtre comme quand Apolline ne peut pas se baigner parce qu’elle a ses règles. Pour ce qui est des mystères, ce n’est pas le plus important pour Fabcaro. On sait dès la 4 de couv’ que le voisin est le fourbe de l’histoire. Ce qui compte, c’est l’écriture, même quand elle est inclusive pour se payer la tête d’une modernisation des œuvres littéraires. Pour exemple, les livres du Club des 5 ont tous été réédités au présent simple au lieu du passé de narration d’origine, comme si les gamins d’aujourd’hui étaient trop neuneus pour comprendre. Alors que leur éditeur nivelle par le bas, celui de Fabcaro, 6 pieds sous terre, sort tout le monde de ce fatras pour un décalage jouissif.

    © Fabcaro – 6 pieds sous terre

    Si les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis, on n’échappera pas à une grosse poilade. Bien sûr, il vaut mieux avoir les réf’ pour en profiter encore plus. Pour les autres, faites un pas de côté et vous comprendrez tout. Vivement Les cinq ami.e.s à la rescousse, La revanche des cinq ami.e.s ou Le trésor des cinq ami.e.s, à moins que ne soient rééditées les inédites aventures des cinq ami.e.s qui tentent de joindre l’URSAF Limousin, contre les falafels faits maisons ou contre Jean-Luc Lahaye. On n’a plus envie que ça s’arrête.


    Titre : Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis

    Genre : Parodie

    Scénario & Illustrations : Fabcaro

    Couleurs : Guillaume Guerse

    Éditeur : 6 pieds sous terre

    ISBN : 9782352122036

    Nombre de pages : 104

    Prix : 14 €


  • Space Cats 1 – Dans les griffes de l’empire
    par Laurent Lafourcade

    Chat va pas se passer comme ça !

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     « -C’est quoi, ce truc ? Euh… Quelqu’un se souvient à quoi sert ce rappel ?

    -Eminence ! Eminence ! Un rappel vient de sonner. Il est temps de reprendre contact avec la colonie terrienne…

    -La Terre, hmm ? Oui, ça fait déjà sept cents ans. »

                    L’histoire commence il y a quatorze mille ans lorsqu’un vaisseau spatial s’abîme sur Terre. A son bord, un groupe de chats rescapés explore la planète. Seuls deux d’entre eux tirent leur épingle de la bobine de laine dans ce monde préhistorique hostile : l’agent de liaison Grodo et le Capitaine Pacha. Leurs multiples vies de chats leur permettent de traverser les générations et de tenter d’asservir ces pathétiques mortels que sont les humains. Chez les chats, quand l’un d’entre eux meurt, il renaît aussitôt ailleurs, dans un cycle de neuf mille vies. Il y a de quoi voir venir. De nos jours, dans l’espace profond, un vaisseau félin tente de reprendre contact avec la colonie terrienne, après sept cents ans de silence.

    © Clarke, Kid Toussaint, Ced, MiKL – Le Lombard

                    Alors que l’agent Grodo se fait bichonner et n’a aucune intention d’arrêter, le Capitaine Pacha reçoit l’ordre de rédiger un rapport sur la domination féline sur le monde. Il s’annonce excellent. (Lol !) Son éminence décide de faire cap sur la Terre. Ils y seront dans cent ans, juste le temps pour ceux sur place d’organiser leur venue. Les chats terriens n’en sont pas ravis. Ils veulent préserver leur tranquillité. C’est le branle-bas de combat. Pacha et Grodo vont tenter de dissuader leurs acolytes de débarquer en leur faisant peur sur la situation réelle. Ça fait exactement l’effet inverse. Une capsule d’équipement militaire de haute intensité va atterrir plus vite que prévu pour leur prêter main forte. Aïe ! Comment les chats terriens vont-ils se tirer de leurs mensonges ?

    © Clarke, Kid Toussaint, Ced, MiKL – Le Lombard

                    Après leur reprise brillante du Marsupilami, le duo de scénaristes Kid Toussaint et Ced se reforme avec sa propre série. En 2016, un faux documentaire diffusé sur le net tentait de faire croire que les chats étaient des extra-terrestres, avant d’avouer qu’avec un montage adéquat on pouvait faire croire ce que l’on voulait. Kid Toussaint et Ced font ici comme c’était vrai. Bien évidemment, avec ces deux-là, on ne va pas rester premier degré. On est plus proche de Mel Brooks que de Stanley Kubrick. Empêtrés dans leur mensonge, les chats terriens vont devoir rivaliser d’ingéniosité pour empêcher leurs congénères de frapper fort. Y parviendront-ils ? Avec les couleurs de MiKL, Clarke envoie son trait jeté et dynamique, si caractéristique, avec des décors relativement dépouillés et un humour intégré que l’on n’avait pas vu depuis Mélusine.

    © Clarke, Kid Toussaint, Ced, MiKL – Le Lombard

                    Has been, les Cosmocats ! Les Space cats sont là, et ils sont prêts à dominer le monde. Space cats prouve que la grande aventure BD d’humour et d’action tous publics, quand elle sait se moderniser comme ça, a encore de beaux jours devant elle.



    Série : Space Cats

    Tome : 1 – Dans les griffes de l’empire

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario : Kid Toussaint & Ced

    Dessins : Clarke

    Couleurs : MiKL

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9791034770830

    Nombre de pages : 64

    Prix : 13,50 €


  • Léon Les écrits retrouvés de pépé
    par Laurent Lafourcade

    Une vie de marin

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    « -Eh, petit, tu ne sais pas dire bonjour ?

    -Bonjour, monsieur.

    -Pas comme ça ! Le salut militaire se fait en portant la main droite les doigts joints à hauteur du bonnet. Pour une première fois, ce n’est pas trop mal ! »

    Léon, le grand-père marin de Frédéric Bihel, a toujours écrit. Alors, quand sa tante lui confie les souvenirs de l’intéressé, la vie d’un homme disparu en 1989 à 72 ans, l’auteur de bande dessinée les archive précieusement. C’est quand il apprend que son petit-fils s’appelle Léon que commence à germer l’idée de faire un livre des témoignages de l’aïeul. Repousser, attendre, décaler, fin 2024, Bihel commence l’inventaire des papiers de son grand-père. Le premier souvenir entre les deux hommes date de juillet 1965. Sur une photographie, Léon tient dans ses bras un bébé de cinq mois : c’est Frédéric. C’est cette année-là que le maître principal timonier a fait valoir ses droits à la retraite.

    © Bihel – Futuropolis

    Raconter la vie de quelqu’un, c’est raconter une histoire à partir de fragments, de morceaux… et aussi de ce qu’il manque. Léon était timonier, c’est-à-dire responsable de la barre, sous les ordres du commandant, et matelot breveté chargé de l’envoi des signaux, du sondage et de la veille aux côtés des officiers. Avant cela, il avait commencé à la caserne des Pupilles de la Marine, avant d’intégrer l’école des mousses à Brest, au grand dam de sa mère qui avait peur que la mer lui prenne son fils. Frédéric retrouve toutes les affections de la carrière de son grand-père. En avril 1940, il est à bord du contre-torpilleur Maillé-Brézé qui se fait torpiller. Il en ressortira vivant, au grand soulagement de sa femme, qu’il appelle Mouette, et avec qui il s’est marié deux ans plus tôt. Entretemps, ils sont devenus parents. Pour l’instant, alors que l’armistice est signé, Léon est en convalescence en Angleterre. Pour lui, comme pour tout le monde, ce n’est que le début d’une tragédie qui va durer jusqu’en 1945.

    © Bihel – Futuropolis

    Après Les crayons, Frédéric Bihel poursuit son introspection familiale avec l’histoire de son grand-père qui a vécu une vie de roman. Frédéric est presque un Théodore Poussin à la recherche d’un Léon Capitaine Steene. Comme dans A la recherche de l’homme sauvage, l’auteur ne peut cacher son amour pour Tintin et l’œuvre de Hergé, en voyant dans l’Alidade, chalutier dont Léon fut commandant, l’allure du navire polaire Aurore dans L’étoile mystérieuse. L’album au format carré relève du livre illustré, mi narratif, mi épistolaire. Le dessinateur va même jusqu’à imaginer une rencontre entre son grand-père à l’époque et lui-même. Le trait crayonné grisâtre, avec des contours bleus est la caractéristique du graphisme de Bihel pour ce livre qui est aussi une histoire de guerre à ranger avec les bandes dessinées sur la Seconde Guerre Mondiale. Ce bleu est à la fois le symbole de la mer, de la Marine, des yeux de Léon, mais c’est aussi le bleu du carnet dans lequel Bihel a pris ses notes et celui du stylo plume trouvé au fond d’une des boîtes de souvenirs de Léon.

    © Bihel – Futuropolis

    Léon n’est pas une biographie, c’est le témoignage d’un marin pendant la Seconde Guerre mondiale, mis en image par son petit-fils pour qui il n’est pas un militaire parmi tant d’autres, mais tout simplement Pépé.


    One shot : Léon Les écrits retrouvés de pépé

    Genre : Biopic

    Scénario, Dessin & Couleurs : Frédéric Bihel

    Éditeur : Futuropolis

    ISBN : 9782754846592

    Nombre de pages : 176

    Prix : 23 €


  • Sangre 5 – Rugleïs l’ogre
    par Laurent Lafourcade

    Retrouvailles inattendues

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    « -Vous êtes nouvelle sur Monde Rouge, n’est-ce pas ? Une visite touristique ? Attirée par les jeux ?

    -Ça fait b… beaucoup de questions.

    -Désolé, je suis un irrécupérable curieux. (…) Je suis un voleur très honnête. D’ailleurs, je vous ai rendu vos pierres. Par contre, si vous avez deux ou trois petites pièces en trop, je veux bien.

    -Mhhh… J’ai peut-être un travail pour toi : il me faut quelqu’un qui connaisse bien ce m… monde… »

    En soif de vengeance, Sangre poursuit son voyage interplanétaire à la poursuite de celles et ceux qui ont assassiné son frère et son père, et enlevé sa mère. La voici arrivée sur Monde Rouge, une lune orbitant parmi d’autres autour d’une géante gazeuse. Dans ce monde du jeu, on y exploite des minerais métalliques. La surface est inhospitalière. La vie s’est développée dans les failles et anfractuosités de la roche, à l’abri du vent. Sur cette planète, malheur à qui fait montre de violences. Il se trouverait immédiatement dévoré par un essaim d’insectes voraces ne laissant que les os de leur cible. C’est donc sur Monde Rouge que Sangre, accompagnée de Loup, rencontre Lorne, un pickpocket à qui elle demande un coup de main.

    © Vergani, Arleston, Poupelin – Soleil

    La cible de Sangre est Rugleïs l’ogre. Tout lui appartient ici. L’ancien mineur a fait fortune. Il l’a décuplée en investissant dans les casinos et en rachetant les mines. Il ne fréquente pas les lieux de gagne-petit. Si on veut le trouver, c’est au palais des magnificences. Pour l’aborder, la jeune femme joue, et triche pour gagner, ce qui attire l’attention. Elle se retrouve captive du bourreau de sa famille. Elle ne s’attend pas encore à la rencontre inattendue qu’elle va faire, une retrouvaille qu’elle ne pouvait imaginer faire dans de telles conditions et lui démontrant que l’on ne connaît jamais assez les gens, mêmes les plus proches de soi.

    © Vergani, Arleston, Poupelin – Soleil

    Plus rude que les séries d’heroïc-fantasy plus classiques de l’univers Arleston, plus sérieuse aussi, exit les calembours habituels du scénariste, Sangre est un récit à la Kill Bill. Même si l’on sait que l’héroïne s’en sortira toujours et anéantira ses ennemis, la problématique reste toujours de savoir comment. Pour cet épisode, Arleston rivalise d’ingéniosité en imaginant un piège diabolique. Au dessin, Stefano Vergani fait le job. Si les décors étaient un peu plus présents ce serait parfait. Les cases manquent trop souvent de seconds plans, mais, heureusement, peuvent se reposer sur l’assurance de la mise en couleurs de Hugo Poupelin qui les habille.

    © Vergani, Arleston, Poupelin – Soleil

    « Même centenaire, la vengeance garde ses dents de lait. » Sangre a du bien se les brosser parce que la blonde a bien du mordant. Implacable.


    Série : Sangre

    Tome : 5 – Rugleïs l’ogre

    Genre : Héroïc-Fantasy

    Scénario : Christophe Arleston

    Dessins : Stefano Vergani

    Couleurs : Hugo Poupelin

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302102798

    Nombre de pages : 60

    Prix : 16,50 €


  • Pump 2 – Une si belle histoire…
    par Laurent Lafourcade

    L’usurpateur augmente d’un cran

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    « -Tu es venue dans l’espoir de te faire du fric… Ça, ok, je comprends… Et peut-être que je peux t’aider. Mais dis-moi : pourquoi je le ferais ? Tu crois pouvoir me faire chanter ? Raconter que je ne suis pas Eddie Pump ? Mais qui te croirait ? Tu n’as aucune preuve, et ici tous me connaissent et m’apprécient. Toi, tu es une étrangère tout juste débarquée… Compte tes chances, cousine ! En fait, tu as tout intérêt à ce qu’on fasse alliance… Reste à savoir ce que moi, j’aurais à y gagner…

    -Tu veux que je reparte ?

    -Pas sûr… Tu peux m’être utile. Laisse-moi le temps de réfléchir… »

    Après s’être appropriés les papiers d’un cadavre, Eddie a fait son trou dans cette petite ville où il est à la fois le pote du shérif, le proprio du saloon et le patron d’un bordel. Il bénéficie d’une côte de popularité exceptionnelle. Il s’appelle donc dorénavant Eddie Pump et est censé être le neveu de feu-Clémentine Pump. Venue de Chicago, Elisabeth, alias Betty, elle, est vraiment la nièce de la défunte. Mais elle se fout de sa tante. Ce qui l’intéresse, c’est le pognon. Elle a donc trouvé en Eddie l’acolyte qu’il lui fallait. Va-t-elle le faire chanter ? Peu probable. Pourquoi la population croirait une étrangère ? Eddie lui propose donc une alliance.

    © Gnoni, Rodolphe – Anspach

    Pour un cadavre à cacher et un innocent à faire accuser, les deux font la paire. La dame n’avait qu’à pas se montrer trop dubitative sur l’identité d’Eddie. Rapidement, les complices deviennent amants et leur terrain de jeu va aller au-delà de la ville. En effet, la tante morte était propriétaire d’un hôtel en ruines isolé dans la Vallée des Serpents, aux côtés duquel coule une rivière. Les escrocs de l’Ouest ne vont pas tarder à y voir un nouveau moyen de développer leur business. Pump serait-il en passe de devenir un homme d’affaires ? De Pump à Trump, il n’y a que quelques lettres de différences. Pour ceux qui l’ignoreraient, il y a bel et bien un rapport entre eux.

    © Gnoni, Rodolphe – Anspach

    D’origine allemande, le grand-père de Donald Trump a débarqué aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle alors qu’il n’avait que seize ans. Il ouvre un hôtel-restaurant puis un saloon, avec bordel, pour les chercheurs d’or canadiens du Klondike. C’est Nicolas Anspach, l’éditeur, qui a eu l’idée de suggérer à Rodolphe de s’emparer de cette anecdote pour écrire une fiction totale dans laquelle on retrouverait les mythes fondateurs de la grande histoire de l’Ouest. Le scénariste s’est affranchi de toute contrainte historique par rapport à la famille du président pour signer le destin d’un bonimenteur sans scrupules. Le pas qu’il y a de Trump à Pump vient de Jo, Zette et Jocko, l’autre série de Hergé où les enfants ont eu à faire avec le testament d’un milliardaire nommé M.Pump. Avec son trait entre Mezzomo et Léo, et ses couleurs jaunies par les nuages de poussière sèche, Laurent Gnoni parvient à susciter de l’empathie pour un héros, ou plutôt un personnage principal, qui a tout pour qu’on le déteste.

    © Gnoni, Rodolphe – Anspach

    Une si belle histoire pour un si gentil garçon… Il ne va pas y avoir à beaucoup creuser pour qu’Eddie Pump montre, en cachette, son véritable visage. Le personnage pousse les limites. Pump est un western mâtiné d’escroquerie où tous les coups sont permis, du moment qu’ils ne sont pas faits en surface. Machiavélique.


    Série : Pump

    Tome : 2 – Une si belle histoire…

    Genre : Western

    Scénario : Rodolphe

    Dessins & Couleurs : Laurent Gnoni

    Éditeur : Anspach

    ISBN : 9782931105573

    Nombre de pages : 48

    Prix : 15,50 €


  • Petit bonhomme
    par Laurent Lafourcade

    Carpe diem

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    Sur un grain de poussière, perdu dans l’espace arc-en-ciel, tu connaîtras des joies, des drames, peut-être même le bonheur, dans ces multitudes d’épreuves qui font les êtres humains. Carpe diem, Petit Bonhomme.

    Une planète comme une île flottant dans l’espace. Une autre planète, la Terre. Toutes deux sont ravagées par des météores qui dévastent toutes leurs surfaces. Les dinosaures disparaissent et la vie petit à petit retrouve sa place. Mais il va falloir remonter à l’origine des espèces. Sur Terre, du fond des mers, les particules se développent et évoluent. Au fil des siècles, elles gagnent la terre ferme et se métamorphosent jusqu’à une apparence qui ressemble à celle de l’homme. C’est ainsi que l’on découvre un petit bonhomme bleu cueillant une framboise gigantesque et manquant de se faire croquer par des plantes carnivores (ressemblant fortement à celle contre qui le Grand Schtroumpf lutta au début du Cracoucass). Après un véritable parcours du combattant, le petit bonhomme s’en sortira.

    © Panaccione, Bacci – Morgen

    On retrouve notre petit bonhomme quelques jours plus tard, jouant de la musique dans sa tribu insouciante, sur une plage paradisiaque. Tous ces garçons s’amusent sous l’œil furibond du patriarche qui veille au bon déroulement de la vie en communauté. Sur l’autre planète, sous une pluie battante, une tribu d’amazones rouges décide de partir en expédition vers la Terre. En pleine nuit, elles surprennent les petits hommes bleus, les endormant avec des fléchettes hypodermiques un peu spéciales, leur permettant de procréer avec eux pendant qu’ils dorment. Notre petit bonhomme, lui, parvient à fuir, mais il est traqué par une chasseuse. Ce qui s’annonçait comme une poursuite allait se transformer en histoire d’amour.

    © Panaccione, Bacci – Morgen

    Grégory Panaccione et Alexis Bacci signent un pavé entrant dans la cour des plus grandes sagas. La naissance, la vie, l’amour et la mort sont au programme de cette synthèse de la vie. Pas un mot, pas une onomatopée, le récit est muet, un style dans lequel Panaccione excelle. On suit la vie de ce petit bonhomme avec émotion. La façon de vivre des hommes bleus n’est pas sans rappeler celle des Schtroumpfs. Outre le clin d’œil au Cracoucass, on retrouve la marmite de la couverture de La soupe aux Schtroumpfs. Le reste du récit est beaucoup plus dramatique. Les auteurs ne ménagent pas leur peuplade. Panaccione est également un coloriste hors pair. On le remarque dès la couverture. Ça se confirme tout au long de l’album, avec un point d’orgue pour une pluie de deuil.

    © Panaccione, Bacci – Morgen

    Les éditions Morgen confirment leur intention de se faire une place de choix dans le monde de l’édition BD. Fable philosophique sur le sens de la vie, Petit bonhomme est une saga d’amour, d’aventure et d’émotion.


    Titre : Petit bonhomme

    Genre : Toute une vie

    Scénario : Alexis Bacci

    Dessins & Couleurs : Grégory Panaccione

    Éditeur : Morgen

    ISBN : 9782387250292

    Nombre de pages : 280

    Prix : 27,90 €


  • The strange pictures 1
    par Laurent Lafourcade

    Un blog bien mystérieux

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    « -Je vais te donner une info croustillante. L’autre jour, je suis tombé sur un curieux blog.

    -Un blog ?

    -A première vue, ça a l’air tout à fait banal, mais ce blog a quelque chose de singulier… ou plutôt d’étrange. Va donc y faire un tour. Frissons garantis, crois-moi ! »

    2014. Une ancienne psychologue donne une conférence à des étudiants de faculté. Elle leur présente le dessin d’une fillette. Elle s’est représentée entre une maison sans porte et un arbre aux branches pointues dans lequel niche un oiseau. L’illustration est bourrée de sous-entendus, de sens cachés. Tout cela, elle va l’apprendre à son auditoire. Elle va leur expliquer comment on décortique un anodin dessin d’enfant, comment il révèle une psychologie torturée et une souffrance qui tue. A 11 ans, la gamine qui a réalisé ce dessin a assassiné sa mère.

    Le midi, au restaurant universitaire, Kurihara retrouve Sasaki qu’il n’a pas vu depuis un moment. Il l’invite à consulter un curieux blog sur lequel il est tombé. Le soir même, Sasaki se connecte sur le journal intime de Ren Nanashino. Frissons garantis.

    © 2024 Uketsu, Aibakikou. All rights reserved 
    First published by Futabasha Oublishers Ltd.
    © Kana 2026

    De 2008 à 2012, Ren a tenu un blog sur sa vie de famille, sur son couple et la grossesse de son épouse. Il n’y a pas de photo, on lui a dit qu’il était dangereux de publier des informations personnelles sur internet. A la place, il y a des dessins. C’est sa femme Yuki qui les fait. Elle a six ans de plus que lui. Bienvenue dans leur journal intime. La grossesse de Yuki ne se passe pas bien. Le bébé se présente par le siège. Comment va se dérouler l’accouchement ? Yuki fait des dessins que son mari met en ligne. Ils semblent cacher un secret. Sasaki les imprime. En discutant avec Kurihara, il va commencer à comprendre leurs significations.

    © 2024 Uketsu, Aibakikou. All rights reserved 
    First published by Futabasha Oublishers Ltd.
    © Kana 2026

    Après The strange house, The strange pictures est la deuxième série lancée par le youtubeur de l’effroi Uketsu. Ce prequel est tout aussi addictif que l’original. On y retrouve Kurihara, encore étudiant, avant qu’il ne devienne architecte. Il était déjà aussi perspicace et attiré par les faits divers qu’aujourd’hui. Uketsu fait monter le suspens en dévoilant des pans de l’énigme tout autant qu’il sème de nouvelles interrogations. Le dernier chapitre relance étrangement la machine, laissant le lecteur encore plus interloqué par les événements. Au dessin, Kikô Aiba intègre les illustrations de Yuki au milieu de son graphisme classique. Il relève le défi que jamais le lecteur ne s’ennuie dans les nombreuses scènes de discussions entre les deux « enquêteurs ».

    © 2024 Uketsu, Aibakikou. All rights reserved 
    First published by Futabasha Oublishers Ltd.
    © Kana 2026

    Uketsu surfe-t-il sur le succès de The strange house ? Non, il ouvre une nouvelle porte dans son système narratif. The strange pictures est un manga qu’il est impossible de refermer avant la fin et dont la conclusion est d’une frustration jouissive.


    Série : The strange pictures 1

    Tome : 1

    Genre : Thriller

    Scénario : Uketsu

    Dessins : Kikô Aiba

    Éditeur : Kana 

    ISBN : 9782505144502

    Nombre de pages : 174

    Prix : 7,90 €


  • La rébellion Histoires du Cordobazo
    par Laurent Lafourcade

    Inside Revolucion

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    « -Le principal problème vient des syndicalistes…

    -Appelez les gouverneurs. Il faut que la CGT reste divisée, c’est compris ? Et éviter que les différents syndicats ne s’unissent.

    -C’est déjà le cas à Cordoba, Général. Ils vont manifester ensemble. Et ça, c’est dangereux. »

    1966. En Argentine, le gouvernement du général Ongania, arrivé au pouvoir après un coup d’état, vient d’interdire tous les partis politiques. Il compte bien rétablir l’ordre économique, social et politique. Les huit universités du pays sont mises sous tutelle. Les restaurants universitaires et les centres étudiants du pays sont fermés. La dévaluation est annoncée et les salaires gelés. La jeunesse n’a pas l’intention de rester passive. Des manifestations s’organisent dans plusieurs villes, mais la répression est déjà en marche, faisant des victimes. Trois ans plus tard, en mai 1969, un an après qu’en France le peuple ait envahi la rue, en Argentine, la révolution s’annonce sanglante.

    © Debiase – iLatina

    Le général Ongania doit faire face au mouvement de contestation le plus important auquel il n’a jamais été confronté. La CGT appelle à la grève le 30 mai. A Cordoba, elle commencera un jour plus tôt. La police se prépare à venir avec l’artillerie lourde : gaz vomitifs, sirènes à ultrasons, armes de guerre, brigades anti-guerrilla. En face, la stratégie est de constituer différents cortèges afin d’éparpiller la police. Les mécaniciens ont démonté des centaines de roulements à billes à glisser sous les sabots des chevaux de la police montée. Les voisins aident les étudiants en jetant de l’eau bouillante en réponse à la violence policière. Il reste quelques heures pour agir avant que l’armée ne débarque. On cible les banques avec des cocktails Molotov pour effacer les dettes dues aux créanciers. Les heures sanglantes ne vont pas tarder à sonner.

    © Debiase – iLatina

    Ian Debiase a effectué trois ans de recherches pour raconter la révolution du Cordobazo. Il a créé des personnages de fiction pour mettre en scène des anecdotes, elles, véridiques. Le Cordobazo est une révolution solidaire et collective où l’ingéniosité de la jeunesse a dominé, comme le rapt de chats relâchés au milieu des chiens policiers pour les affoler. Chaque chapitre est terrifiant, cocasse ou poignant, comme celui où cette mère écrit à son fils qui est en première ligne. Même les plus jeunes veulent aider leurs aînés, même une mandarine peut-être une arme de guerre, même un cercueil peut-être un endroit salutaire. Dans des couleurs entre le marron et l’orangé, avec quelques touches de bleu-verdâtre pour la nuit, l’auteur construit le récit à la manière de chroniques. L’immersion est confirmée avec les photographies des lieux à côté des dessins en fin d’album.

    © Debiase – iLatina

    « Le Cordobazo est un miroir dans lequel nous regarder pour savoir qui nous avons été, qui nous sommes et qui nous pourrions être. » Avec La Rébellion, Ian Debiase offre un témoignage historique dans lequel les cicatrices de l’Argentine sont encore apparentes.


    One shot : La rébellion Histoires du Cordobazo

    Genre : Histoire

    Scénario, Dessins & Couleurs : Ian Debiase

    Éditeur : iLatina

    Collection : Novela grafica

    ISBN : 9782491042486

    Nombre de pages : 160

    Prix : 22 €


  • Entre fleuve et forêt
    par Laurent Lafourcade

    Nature vérité

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    « -Quelle raison aurais-je de partir ? Je suis bien aise ici : la forêt est giboyeuse et le fleuve est généreux avec moi. Seulement… dans quelques temps les eaux vont monter… Il me faudra quitter ce lieu. Alors, ce moment venu, plutôt que de retourner dans la forêt, je monterai sur ce radeau et je partirai sur le fleuve… car, petit animal, je sais vers quelles rives ce grand fleuve me portera. »

    Sur la rive d’une rivière en crue, une chasseuse répare des filets de pêche lorsque s’approche, blessé, un marcassin redoublant d’efforts pour tenir debout. C’est elle qui lui a brisé la patte afin de l’empêcher de fuir. Son intention est de le nourrir jusqu’à ce qu’il devienne assez gros et gras pour être mangé. La bête est intriguée par le radeau qu’elle construit. En effet, si la forêt est giboyeuse et le fleuve généreux, dans quelques temps, les eaux vont monter et il lui faudra quitter les lieux. Plutôt que de retourner en forêt, elle prévoit de partir sur le fleuve, espérant atteindre une terre prodigue, une terre de lumière et d’espérance, où elle pourra rencontrer d’autres humains… car pour l’instant, elle est bien solitaire.

    © Gardette, Bee – Rue de l’Echiquier

    Le but de la jeune femme est d’être libre, forte et de maîtriser sa vie. Elle souffre de solitude. Ses rêves, ou plutôt ses cauchemars, le lui rappellent. Arrachée à un cocon protecteur, elle a appris à survivre, à se débrouiller seule. Elle sait à présent se nourrir, faisant de la nature une alliée. La forêt n’a plus de secret pour elle. Elle n’aime rien tant que son silence lorsqu’elle la parcourt pour chasser. Le fleuve, lui, est effrayant par la puissance de ses courants dangereux. C’est pourtant par lui qu’elle voit son salut. Ce qu’elle ignore encore, c’est qu’elle encore tant à apprendre. La nature, personne ne peut décider à sa place.

    © Gardette, Bee – Rue de l’Echiquier

    Entre fleuve et forêt est un petit traité philosophique sur la place de l’être humain dans la nature. Alexandre Gardette, dont c’est ici le premier scénario, raconte l’histoire de cette femme qui, après avoir appris à survivre, continue à apprendre à vivre. On découvre avec elle qu’on ne dispose pas comme on veut de ce que la nature propose. On verra même qu’elle peut influer sur ses choix. On y voit là un écho aux catastrophes climatiques modernes où l’homme subit. Roxanne Bee dessine l’histoire dans un style graphique tous publics, invitant ainsi les plus jeunes à se sentir concernés.

    © Gardette, Bee – Rue de l’Echiquier

    A l’époque des réseaux sociaux, où tout le monde croit être en lien avec la terre entière, Entre fleuve et forêt est une reconnexion avec la vraie vie, une histoire qui fait du bien, préconisant à prendre soin de soi, et nous disant que, finalement, ce que l’on a, au fond, c’est pas si mal que ça.


    Titre : Entre fleuve et forêt

    Genre : Quête initiatique

    Scénario : Alexandre Gardette

    Dessins & Couleurs : Roxanne Bee

    Éditeur : Rue de l’Echiquier

    ISBN : 978374255828

    Nombre de pages : 112

    Prix : 21,90 €


  • Le cabaret Voltaire
    par Laurent Lafourcade

    Le rendez-vous des artistes

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    « -C’est bien la première fois qu’il faut refuser du monde… Si vous faites ça tous els soirs, on sera bientôt tous riches, Herr Ball…

    -Riches ?! Ha ! ha !

    -Pourquoi tu ris ?

    -Je crois que nous avons réveillé Zurich à l’heure où elle se couche. »

    Novembre 1914. Dans un cabaret de Berlin, Emmy Hennings déclame des poèmes d’Arthur Rimbaud, un français, au grand regret d’un gradé revenant blessé du front, qui préfère quand elle chante. De la France, il n’y a qu’une seule chose d’appréciable, c’est le champagne. Attablés, Hugo Ball, le compagnon de l’artiste, et Richard Huelsenbeck, tous deux s’étant rencontrés lors de leurs études en philosophie, déplorent l’injustice de la guerre. Pour Richard, les dirigeants sont pour eux des bourreaux entassant les hommes dans les tranchées avec des grenades à bouffer. Lui qui a entamé des études de médecine ne risque pas de partir au front. Pour Hugo, c’est moins sûr. Durant l’hiver, à Bucarest, deux étudiants, Samuel Rosenstock, que l’on ne connaît pas encore sous le nom de Tristan Tzara, et Marcel Janco, l’un poète, l’autre artiste, rêvent de vivre de leurs arts à Paris. Mais c’est la guerre là-bas.

    © Bocquet, Kent – Delcourt

    Janvier 1916, après quelques expériences pour les uns et pour les autres, Hennings, Ball, Tzara, Janco et d’autres amis comme le peintre Hans Arp, se retrouvent à Zurich. Emmy et Hugo trouvent un lieu où la poésie, la musique et le théâtre pourront s’exprimer. Il s’appellera le Cabaret Voltaire, du nom de ce philosophe des Lumières farouchement opposé à la religion comme institution. Réaction morale à la guerre, ce qui deviendra le mouvement Dada fait d’idéaux culturels et artistiques un programme de variétés à la manière d’un « Candide » du XXème siècle. De février à juin 1916, le lieu devient un rendez-vous d’intellectuels distrayant un public qui se presse. Sur la scène du Cabaret Voltaire, la jeune génération proteste contre l’échec et la banqueroute de la culture européenne qui a conduit à la guerre, dixit Marcel Janco.

    © Bocquet, Kent – Delcourt

    En parallèle aux biographies de femmes illustres qu’il scénarise pour Catel, José-Louis Bocquet met à l’honneur l’un des plus grands mouvements intellectuels qui n’aient jamais existés. Sur le fond, on retrouve son savoir-faire auquel on est habitués. Sur la forme, si le graphisme de Kent reste de la même famille que celui de Catel, il ose des aplats de couleurs, semblant parfois aléatoirement plaqués. Mais tout est pensé. Au fur et à mesure que l’Art sort son épingle du jeu, les couleurs se multiplient, tout en restant dans les pastels sombres. Le trop rare dessinateur de bandes dessinées Kent est un artiste multi-facettes qui aurait eu une place de choix sur les planches du Cabaret Voltaire.

    © Bocquet, Kent – Delcourt

    En seulement cinq mois, le lieu est devenu le rendez-vous des arts. Cinq mois qui ont permis au mouvement Dada de s’inscrire pour l’éternité dans la grande Histoire de l’Art. Dada est un mot choisi au hasard dans le dictionnaire, un mot polysémique. Il va être la marque de la déclaration de guerre à la guerre, la fronde permanente du grand mouvement international de l’art. Le cabaret Voltaire n’est rien autre qu’une mise en abyme de l’Art dans l’Art.


    Titre : Le cabaret Voltaire

    Genre : Thriller/Polar

    Scénario : José-Louis Bocquet

    Dessins & Couleurs : Kent

    Éditeur : Delcourt

    Collection : Encrages

    ISBN : 9782413085355

    Nombre de pages : 224

    Prix : 26,99 €


  • L’origine de l’humour
    par Laurent Lafourcade

    L’humour, c’est (pas) du sérieux

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    « -Marcel ! Tu es l’élu !

    -C’est quoi cette merde ? Hein… euh… L’élu ?! L’élu de quoi ?! Parce que j’ai pas que ça à foutre, moi… Les carottes ne vont pas s’éplucher toutes seules.

    -Le monde se fait chier, Marcel !! Et il faut une personne pour lui donner le sourire. Une personne comme toi ! »

    Marcel est con. Il est le premier homme sur Terre à avoir glissé sur une peau de banane. Alors, Dieu lui confie une mission : répandre l’humour sur la planète. Sauf que l’humour, Marcel, il ne sait pas ce que c’est. Il va vite l’apprendre, et s’évertuer à l’enseigner à ses congénères. Dieu commence par un exemple en demandant à Marcel de tirer sur son doigt. On devine la suite. De petit chasseur dans un bled paumé au beau milieu de l’âge de pierre, Marcel devient le prophète de l’humour. Même si Dieu ne lui a pas laissé le mode d’emploi, à lui de propager le concept pour faire société autour de cette nouvelle notion.

    © Mab, Drac, Takaku – Fluide glacial

    Au début, sur les conseils avisés de sa mère, il met une tenue appropriée. Ça ne va pas forcément le faire. Dans l’humour, l’essentiel, c’est la chute. Encore faut-il la comprendre. Confronté à une tribu d’irréductibles réfractaires à comprendre quoi que ce soit, c’est compliqué. Le rire n’est pas une science exacte. Celui des filles est parfois plus subtil. Cynthia vient de se séparer. Voilà un bon moyen pour Marcel de démontrer comment l’humour peut dédramatiser une situation, ou pas. Femme qui rit à moitié dans son lit, c’est pas toujours vrai. Pour Marcel, si ça se fait, c’est grâce à une plante à rigoler. On voit ensuite comment l’humour envahit la vie, de la mort, à la naissance. C’est pas dans l’ordre, mais y a-t-il une logique dans l’humour ?

    © Mab, Drac, Takaku – Fluide glacial

    Après Et ils eurent beaucoup d’emmerdes !, raillant les fins des traditionnels contes de fées, Mab est de retour pour une analyse déstructurée de l’origine de l’humour. Du singe mangeant une banane, évoluant en homme qui glisse sur sa peau, tout est dit sur la couverture. Mab l’annonce dès la préface. Cette histoire est tirée d’une histoire fausse, même si les événements décrits dans cet album se sont déroulés en Eurasie il y a environ 12 000 ans. Sous les couleurs de Drac et Reiko Takaku, Mab alterne histoires courtes « gros nez » comme dans la BD humoristique tout ce qu’il y a de plus classique et scènes de vie préhistoriques sépias. En plus de faire rire, Mab montre qu’il n’y a pas d’humour sans émotion avec un final plein de tendresse.

    © Mab, Drac, Takaku – Fluide glacial

    Il y a un début à tout. Alors, pourquoi pas à l’humour ? Avec cette mise en abyme, L’origine de l’humour est fluidesquement drôle.


    Titre : L’origine de l’humour

    Genre : Humour

    Scénario & Dessins : Mab

    Couleurs : Drac & Reiko Takaku

    Éditeur : Fluide glacial

    ISBN : 9791038208384

    Nombre de pages : 56

    Prix : 13,90 €


  • CAC 3D – Encyclopédie des figurines de collection Jeux vidéo & Manga
    par Laurent Lafourcade

    « Parfaitement inutiles et totalement indispensables »

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    « Si j’explore encore, avec une nostalgie constante, le cinéma et la musique des années 80/90 tout en continuant de participer à la rédaction d’ouvrages consacrés aux jeux vidéo dits de « l’âge d’or », je n’avais pas encore pris conscience jusqu’ici de l’importance grandissante des figurines et de leurs côtes ! » (Vincent Zimmermann)

                    Vincent Zimmermann est un journaliste spécialisé dans les jeux vidéo de l’âge d’or. Dans sa finement pensée préface, il analyse l’évolution de ce que l’on peut appeler la collectionnite au fil des générations. Nos parents collectionnaient les voitures Dinky Toys, les vinyles, les affiches de cinéma et les bandes-dessinées franco-belges. La génération suivante est plus empreinte de virtualité, la « pop culture » ayant créé une forme de consommation visuelle de comics, films et jeux vidéos, puis les mangas. Les figurines sont donc la prise de conscience concrète de toutes ces histoires ingurgitées. Nostalgie et transmission intergénérationnelle ont donc généré un véritable business. Ça valait bien un CAC3D.

    © Mallet – Côte-à-cas éditions

    Au risque de le répéter, mais c’est indispensable pour tous ceux qui découvriraient le concept avec cette chronique, pour chacune des figurines, il y a une photo de l’objet, avec le nom du fabricant, accompagnée de sa licence et de son copyright. A côté, on trouve les informations détaillées : référence, société, sculpteurs, matière, aspect, dimensions, année de production, tirage, certificat d’authenticité, prix d’origine, estimation de la côte ,provenance et, éventuellement, particularité et contenant. Plus de 1160 objets venus de 25 fabricants différents sont ainsi référencés. On retrouve bien sûr les classiques et fidèles maisons Attakus ou Leblon Delienne. Elles sont ici accompagnées de fabricants plus proches du jeu vidéo et du manga que de la BD franco-belge. C’est sur eux que l’on choisit de s’attarder avec quelques exemples.

    © Mallet – Côte-à-cas éditions

                    Qu’il est beau le dragon Spyro de chez First 4 Figures. Tirée du jeu vidéo Spyro Reignited Trilogy, la résine polychrome de 38 cm est estimée de 190 à 220 euros selon son édition. Existe aussi en 70 cm mais la côte n’est pas communiquée. Chez Hot Toys, la figurine Astro Boy, inspirée par le film éponyme, avec 22 points d’articulation sortie en 2010 pour à peu près 80 € est désormais côtée 480 €. Tirée du jeu Assassins Creed II, Ezio Auditore da Firenze, en version Deluxe devant un vitrail, est côté 220 €. Chez Oniri Créations, il faudra débourser 579 € pour acquérir l’un des 999 exemplaires du diorama Levi vs Female Titan de 52 cm, échelle 1/6ème, issu évidemment de L’attaque des Titans. Les fans du jeu culte Street fighters se régaleront chez Pop Culture Schock où ils pourront trouver de nombreux personnages en ¼, autour de 50 cm, à des tarifs très divers allant de 230 à 1100 €.

    © Mallet – Côte-à-cas éditions

                    Batman, Mortal Kombat, The Witcher, God of war, Resident Evil, Berserk, DragonBall Z, Star Wars, World of Warcraft, Naruto, One Piece, Tomb Raider,… ne sont que quelques exemples de licences exploitées dans ce livre-objet, catalogue argus inestimable que l’on feuillette avec autant d’envie que de nostalgie. Toutes ces figurines, grâceau CAC3D, on les a un peu chez soi.


    Série : CAC 3D – Encyclopédie des figurines de collection

    Tome : Jeux vidéo & Manga

    Genre : Argus

    Auteur : Christian Mallet

    Éditeur : Côte-à-cas éditions

    ISBN : 9782491066369

    Nombre de pages : 290

    Prix : 49 € 


  • Hero Organization 1 & 2
    par Laurent Lafourcade

    Mecha Mania

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    « -Qu’est-ce qui t’a inspiré ce rêve, Leo ?

    -Eh bien… Mon papa construit des Aigis à son travail. Alors je rêve de monter un jour dans l’un des Mecha qu’il a fabriqués et de devenir un formidable héros ! »

    En ce XXIIème siècle, les humains, qui ont pris possession de l’espace pour cause de diverses problématiques écologiques, voient leur nouvel horizon perturbé par des « star beats », de mystérieuses et colossales créatures belliqueuses. Pour y faire face, les terriens ont créé les « Aigis », pour Armor for Intergalactic Guardian and Interstellar Survival, des armures motorisées destinées à lutter contre les envahisseurs. Leurs pilotes sont de véritables héros. Sur Terre, Leonidas, un jeune garçon d’une dizaine d’années, gagne des compétitions virtuelles. Son rêve est de devenir plus tard l’un de ces héros. En attendant, peut-être que Ryu, son père, le deviendra. Constructeur de ce type de Mecha, Ryu se voit effectivement proposer d’intégrer Hero Organization et de devenir l’un de ces anges gardiens de l’espace.

    © 2024 by Kei Saikawa, Akira Takahashi All rights reserved
    © 2026, éditions Glénat

    Ryu hésite à accepter le défi car pour cela, lui qui a perdu sa femme, doit laisser son fils chez son oncle et sa tante. Tellement fier de son père, Leonidas l’incite à partir. Dans ses yeux, Ryu est un héros. Le fils ne sait pas encore que dans quelques années, c’est lui qui pilotera un « Aigis ». On découvrira avec lui que les méandres de Hero Organization sont bien plus sombres que l’apparence dorée qui est sa vitrine. Leo va trouver des alliés avec Yuri Muratov, qui va l’aider à enquêter sur les dessous de l’organisation, et Millenia Blackwell, qui estime avoir une dette envers sa famille. Il va aussi devoir se méfier d’une personne qui joue double jeu. Pour l’instant, il est loin de s’en douter.

    © 2024 by Kei Saikawa, Akira Takahashi All rights reserved
    © 2026, éditions Glénat

    Hero Organization est certainement la meilleure histoire de Mecha depuis Transformers. C’est aussi une aventure de SF, avec des monstres fantastiques, mais c’est avant tout une histoire d’accomplissement, celle de Leonidas qui, comme de plus en plus de jeunes, cherche à être plutôt qu’à avoir. Kei Saikama délivre tout un tas de messages qui sont venus naturellement, sans qu’il n’en prenne réellement conscience. En particulier, il donne une importance certaine aux concepts de famille et de transmission. Au dessin, Akira Takahashi s’est nourri de Neon Genesis Evangelion, Eureka Seven et Code Geas. Il discute avec son scénariste et son équipe de collaborateurs de chaque design de Mecha.

    Afin que l’on entre de plain-pied dans l’aventure, les éditions Glénat ont l’excellente idée de publier les deux premiers tomes de Hero Organization simultanément : la mission du père, l’initiation du fils, voici l’argument de chacun de ces volumes qui annoncent le démarrage d’un nouveau blockbuster.



    Série : Hero Organization

    Tomes : 1 & 2

    Genre : Mecha

    Scénario : Kei Saikawa

    Dessins : Akira Takahashi

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344073-186/-230

    Nombre de pages : 208

    Prix : 7,20 €


  • Goetz
    par Laurent Lafourcade

    Le guerrier maudit

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    « -Sire ! Le Seigneur Slom Feg demande audience !

    -Qu’il entre !

    -Il eût été de meilleur augure que ce fût Conrad…

    -Attends…

    -Sire ! Roi des rois !… Les terriens nous ont balayés. Un déluge de feu s’est abattu sur nos rangs avant même que leurs murs ne soient à portée de nos flèches… Malgré nos fumées, leurs vaisseaux semblaient nous voir. Leurs canons pulvérisaient sur nous une lave ardente sans fin !… De mon armée et de celle de Conrad, il ne reste plus rien.

    -Conrad ?…

    -Mort, Sire.

    -Et Goetz ?…

    -Il n’est jamais venu.

    -Maudit bâtard !! Cette attaque simultanée était notre dernière chance. Pourquoi ne s’est-il pas exécuté ?! »

    Croyant apporter leur civilisation sur une planète nouvelle et en faire leur nouveau lieu de vie, un groupe de terriens s’est installé pour un second départ. Ils y ont découvert des humains comme eux, toujours dans une époque barbare et belliqueuse. Si les trente premières années se passèrent sans encombres, la suite s’annonçait plus compliquée. Erlendur, auto-proclamé roi des rois, souleva des tribus pour affronter les colons. Les envahisseurs pourront déployer toute la diplomatie nécessaire, ça sera en vain. Alors que des familles entières de colons se font massacrer, certains hauts responsables envisagent de balancer un virus dont le vaccin sera leur moyen de négociation. Mais la stratégie n’est pas de l’avis de tous.

    © ‘Fane, Cassegrain – Glénat

    Parmi les assaillants, plusieurs groupes se distinguent. Comme chez les terriens, tous les chefs barbares ne comptent pas utiliser la même tactique. L’armée de Conrad a été décimée. Erlendur veut reculer et demande à Goetz de le rejoindre pour entrer en pourparlers. Celui-ci n’en a pas du tout l’intention. Pourtant, s’il veut venger son frère Conrad et prendre le pouvoir, il lui faudrait un peu de magie. Eithme, la déesse de la fertilité et surtout fille de Delbaeth, le dieu du chaos, devrait être l’alliée qu’il manque à Goetz pour semer la pagaille sur la planète. C’est un retournement de situation tout autant inédit qu’inattendu qui s’annonce.

    © ‘Fane, Cassegrain – Glénat

    L’histoire de Goetz le barbare est une inspiration libre de la pièce de Jean-Paul Sartre Le diable et le bon Dieu. L’Allemagne du XVIème siècle laisse place à une nouvelle Terre. Si la pièce traite des rapports de l’homme à Dieu, ‘Fane a tout fait pour mettre de côté l’aspect religieux du texte, grâce à l’idée de génie de remplacer le Dieu par la technologie, avec en prime la force de possession d’un virus dont des dirigeants pourraient se servir pour contrôler le monde. Si Goetz à la rage d’un Conan, il devient un jouet des Dieux à la manière d’un Thorgal. Dessinateur lui-même, on le voit dans les bonus, ‘Fane a storyboardé l’album que Didier Cassegrain s’est réapproprié. Il fait glisser son trait vers un côté à la fois crasseux et sensuel d’un Liberatore.

    © ‘Fane, Cassegrain – Glénat

    Goetz est une superproduction épique. Dense, lyrique, brutale, l’épopée de Goetz est une réflexion sur le pouvoir et le vivre ensemble dans la condition humaine.


    Titre : Goetz

    Genre : Rétro-anticipation

    Scénario : ‘Fane

    Mise en scène : ‘Fane & Didier Cassegrain

    Dessins & Couleurs : Didier Cassegrain

    Éditeur : Glénat

    Collection : Comix Buro

    ISBN : 9782344059487

    Nombre de pages : 184

    Prix : 29 €


  • L’heure H 4 – On a volé la coupe du monde 1966
    par Laurent Lafourcade

    Du football et un fin limier

    Ecouter
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    « -Ladies and gentlemen, aujourd’hui est un grand jour…

    -Pourquoi le président Mears nous convoque-t-il ?

    -Hum ! Vous êtes au courant que la coupe du monde, c’est chez nous, dans 4 mois ?! »

                    20 mars 1966, à Londres, au milieu de timbres rares, le Central Hall Stampex expose la coupe Jules Rimet qui sera remise à l’équipe qui remportera la Coupe du monde de football accueillie en Angleterre. Ce jour-là, peu avant la fermeture de la mi-journée, le trophée est volé par un visiteur. Quelques jours plus tôt, David Corbett promène son chien Pickles dans le quartier de South Norwood. Dans les terrains vagues, le foot est l’activité exclusive des bandes de gamins. Dans les bars, on attend la composition de l’équipe nationale. Au siège de la fédération, on accueille avec fierté la coupe venue d’Amérique du Sud et jusqu’alors détenue par le Brésil.

    © Bazile, Magne – Editions du Tiroir

                    Le jour crucial du 20 mars, le symbole de la victoire est donc subtilisé. Où est passé le trophée Jules Rimet ? La police est sur les dents. Le pays risque d’être la risée du monde entier. Le président du Brésil assure qu’un tel événement n’aurait jamais pu arriver dans son pays. Scotland Yard ne tarde pas à recevoir une demande de rançon de 15 000 livres sterling. Le butin doit être récupéré dans un parc de la ville où se baladent David et Pickles. En s’enfuyant, le ravisseur va commettre une erreur. Le héros du jour pourrait bien être inattendu.

    © Bazile, Magne – Editions du Tiroir

                    Après L’espion qui a piégé Hitler, Le miracle de Noël et Le procès de la ministresse, On a volé la coupe du monde 1966 est la quatrième adaptation de L’heure H, un podcast sur l’histoire de la RTBF dans lequel Jean-Louis Lahaye raconte des histoires criminelles, des affaires mystérieuses, des grandes découvertes et des exploits humains dans cette heure H. L’heure H, c’est l’heure cruciale. C’est aussi des destins et des vies racontées. En quatrième de couverture de l’album, un QR code renvoie sur la page du podcast. Le lien suivant vous y envoie également : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/lheure-h/id1641700349. Le solide et vintage Bruno Bazile adapte cette histoire avec toute l’élégance de son trait à qui le côté british va très bien.

    © Bazile, Magne – Editions du Tiroir

                    Alors que le monde a les yeux tournés vers la coupe du monde de football 2026, il y a 60 ans, l’Histoire de ce sport a connu une anecdote au dénouement bien cocasse qui est racontée dans cette Heure H.


    Série : L’heure H

    Tome : 4 – On a volé la coupe du monde 1966

    Genre : Histoire

    Scénario & Dessins : Bruno Bazile

    Couleurs : Yves Magne

    Éditeur : Editions du Tiroir

    ISBN :  9782931251447

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16 €


  • Le buveur d’encre
    par Laurent Lafourcade

    Aux p’tits bouquins…qui désaltèrent

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    « -Tu m’as suivi, petit. Pourquoi ?

    -Vous avez bu un livre. Je vous ai vu !

    -Voilà donc la raison de ta présence. Tu es bien imprudent. Sais-tu qui je suis ? »

    Le fils du libraire s’ennuie à cent sous de l’heure dans la librairie de son papa. Aux p’tits bouquins est pour lui la boutique des journées qui n’en finissent pas. Son père adore les livres. Il passe son temps à lire. Il en ramène des piles et des piles à la maison. Il leur parle comme à des humains et leur invente des prénoms. Alors que son fils, lui, on ne sait même pas comment il s’appelle. Tout semble les différencier. Ne sachant comment s’occuper pendant les grandes vacances, l’enfant passe donc son temps à la librairie. Il s’est fabriqué une cachette au fond de la boutique depuis laquelle il observe les clients. Voir sans être vu. Quel privilège ! Mais tout est-il bon à être découvert ?

    © Baker, Sanvoisin – Nathan

    Parmi les habitués, il y a la lectrice compulsive, le sniffeur de papier, l’indécise qui reste très longtemps et repart sans rien -pas grave, elle reviendra-, celui qui confond librairie et bibliothèque, celui qui tente de chaparder un bouquin, et puis il y a ce drôle de nouveau client dont papa ne remarque même pas l’entrée. Echarpe rouge, grand manteau bleu marine, ses pieds ne touchent pas le sol. Il semble voler. Il choisit un livre, sort une paille de son veston, la glisse entre deux pages et se met à siroter avec délectation. Il repose ensuite l’ouvrage et s’en va. Une fois parti, le petit garçon ouvre le bouquin qu’il trouve bien léger, l’observe et remarque qu’il ne reste plus un mot, comme si toute l’encre avait été bue.

    © Baker, Sanvoisin – Nathan

    Steve Baker adapte le premier des petits romans de la collection Le buveur d’encre d’Eric Sanvoisin. Baker garde son style. Les admirateurs de Martin Matje, illustrateur des sept premiers romans, ne seront pas déçus. On reste dans la même veine. Pour une histoire vampirique, c’est pas mal. Si les vampires boivent du sang, celui-ci se nourrit d’autre chose. Mais, autre qu’une histoire de vampire, Le buveur d’encre est l’un des plus beaux hommages à la lecture et aux livres qui soit. Ce n’est pas demain la veille qu’on boira l’encre des livres numériques. Invitation au rêve, l’histoire a tout pour faire aimer la lecture aux plus réfractaires. Le découpage de Baker propose de grandes, de très grandes cases, aussi grandes que les lunettes du petit garçon, narrateur autodiégétique que l’on accompagne de la première à la dernière case.

    © Baker, Sanvoisin – Nathan

    Histoire avec laquelle on aime frissonner, ce premier épisode met en place les personnages. Jusqu’à présent, Eric Sanvoisin en a écrit dix-neuf, de quoi assurer des années de travail à Steve Baker si le succès en BD est au rendez-vous.


    Titre : Le buveur d’encre

    Genre : Fantastique

    Scénario, Dessins & Couleurs : Steve Baker

    D’après : Eric Sanvoisin

    Éditeur : Nathan

    ISBN : 9782095030148

    Nombre de pages : 72

    Prix : 13,95 €


  • Boulevard Tintin – Les coulisses d’une œuvre 10 – L’étoile mystérieuse
    par Laurent Lafourcade

    Incursion dans le scientifique fantastique

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    « -Quelle nuit magnifique !…

    -Mais quelle chaleur !… On se croirait en plein été !

    -Une étoile filante !… Vite, Milou, un vœu !

    -Au lieu de faire des vœux, tu ferais mieux de regarder devant toi !

    -Ry voilà la Grande Ourse… Oh ! Dis donc, Milou ! Regarde cette grosse étoile !…

    -Laquelle ?…

    -C’est extraordinaire !… Voilà qu’il y a une étoile de plus dans la Grande Ourse ! »

    Octobre 1941. Le premier strip en noir et blanc de L’étoile mystérieuse paraît dans le Soir, et non pas le Soir Jeunesse qui a disparu. Si l’aventure est publiée là et sous cette forme, c’est à cause de la pénurie de papier due à la guerre. Six strips par semaine pendant sept mois, soit 176 strips au total, seront remontés et complétés pour constituer l’histoire qui aurait pu s’appeler L’aérolithe mystérieux. Ce sera finalement L’étoile mystérieuse, première aventure de Tintin publiée en album directement en couleurs avec l’aide d’Edgar-P. Jacobs et de la coloriste Alice Devos. Dans le thème du merveilleux scientifique, c’est aussi la première histoire de Tintin aux frontières du réel. Apportant ce souffle nouveau, Jacques Van Melkebeke, lecteur assidu de Jules Verne, et Bernard Heuvelmans ont contribué à l’intrigue.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    Dans les coulisses de L’étoile mystérieuse, on découvre le professeur Calys, dont le nom vient du bruxellois « caliche » signifiant réglisse. Il aurait pu être Tournesol à la place de Tournesol. Directeur de l’observatoire, le scientifique est un visionnaire cartésien, pas comme Philippulus, astronome et prophète halluciné, caricature d’un ami d’enfance de Hergé avec qui l’auteur est brouillé parce qu’il publie dans Le Soir « volé ». Le départ de l’expédition à bord du navire L’Aurore marque le retour du Capitaine Haddock. On ne sait pas encore que ce retour sera récurrent et définitif. Ce voyage est financé par le F.E.R.S., fonds européen de recherches scientifiques. Pour cela, Hergé s’est inspiré du F.E.R.S., le fonds national de la recherche scientifique, lancée par le roi Albert 1er.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    En cette période de guerre, Hergé glisse ce qui pourrait être des critiques des Etats-Unis. Tintin se fait tirer dessus par un membre du Peary, expédition concurrente, lorsqu’il saute en parachute sur l’aérolithe. Ce sera peine perdu puisque le reporter plantera son drapeau avant la bannière étoilée. Le calystène qui fait grandir de façon démesurée la faune et la flore est inspiré de l’Hérakléophorbia dans le roman Place aux géants d’H.G.Wells où il se passe une incohérence similaire.

    Pendant ce temps, Quick balance des boules de neige en faisant accuser Flupke. Hergé poursuit la refonte de leurs gags.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    Après parution en album, L’étoile mystérieuse est déclinée en divers produits dérivés : puzzles, cubes, albums à colorier amuseront les enfants tout autant que les très originaux films fixes, pellicules 35 mm en noir et blanc projetant le film de l’histoire image par image avec un Camerafix.A part se distraire avec tous ces amusements, quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.


    Série : Tintin Hergé Les coulisses d’une œuvre

    Tome : 10 – L’étoile mystérieuse

    Genre : Aventure

    Auteur : Philippe Goddin

    Avec la participation de : Dominique Maricq

    Scénario & Dessins : Hergé

    Éditeur : Moulinsart

    ISBN : 9782810443482

    Nombre de pages : 92

    Prix : 19,95 €


  • L’équipée du bosquet 1 – Sale bête de chat !
    par Laurent Lafourcade

    Pas de danger pour l’amitié

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    « -Alors ? Que choisis-tu ? Partir à l’aventure avec moi, ou rester ici et mourir de faim ? L’aventure. La mort. L’aventure. La mort. L’aventure. La mo…

    -Ok ! L’aventure ! Mais d’abord, il faut soigner ton aile blessée. »

    Quelle magnifique journée pour virevolter ! Un oiseau jaune slalome entre les arbres dans une bonne humeur que rien ne semble pouvoir ébranler. Il salue Madame Porc-épic et Monsieur Poisson. C’est vraiment un jour merveilleux. Pendant qu’il batifole, un écureuil bleu brave tous les dangers afin de compléter sa collection de glands pour l’hiver. Il a peur du chat. Les chats sont responsables de la mort de 47 % des écureuils chaque année. L’oiseau, complètement insouciant, n’est pas parti migrer vers le sud avec les autres volatiles de son espèce. Il s’amuse trop dans ce bosquet.

    © Burks – Bamboo

    Alors, quand il aperçoit le chat prêt à bondir sur lui, il le provoque dans une course poursuite qui aurait pu très mal se terminer sans l’intervention de l’écureuil. Le chat finit dans la rivière et les provisions de l’écureuil à la baille. L’oiseau lui propose de partir ensemble vers le Sud. Mais avec une aile froissée, impossible de voler. L’écureuil charge un triporteur des quelques affaires qu’il possède, embarque l’oiseau dans la remorque et enfourche l’attelage. Le retour du chat va rapidement calmer leurs ardeurs. Le voyage s’annonce plus compliqué et périlleux que prévu. Entre météo capricieuse et rencontres sympathiques ou horrifiques, l’oiseau et l’écureuil ne sont pas au bout de leurs surprises.

    © Burks – Bamboo

    L’équipée du bosquet est en réalité la réédition d’un album publié en 2015 chez Scholastic sous le titre Plumo et Phobie. Pour ce retour, les éditions Bamboo lui offrent une place de choix dans la collection Aventuriers d’Ailleurs. Les personnages n’ont plus de nom et s’appellent tout simplement l’oiseau et l’écureuil. Leur auteur James Burks a publié outre-Manche sept tomes de leurs aventures. Illustrateur connu, depuis l’année dernière, L’équipée du bosquet est la troisième série de son auteur lancée en France. Entre Chuck Jones et Raymond Macherot, James Burks propose une BD animalière survoltée avec un duo attachant modernisant le mythe de la cigale et la fourmi.

    © Burks – Bamboo

    Un oiseau et un écureuil, un écureuil et un oiseau, ce sont les deux meilleurs amis du monde qui n’attendent plus que l’on chante avec eux. Drôle et aventureux, en un mot : universel.



    Série : L’équipée du bosquet

    Tome : 1 – Sale bête de chat !

    Genre : Aventure animalière

    Scénario, Dessins & Couleurs : James Burks

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Aventuriers d’Ailleurs

    ISBN : 9782386041099

    Nombre de pages : 128

    Prix : 14,90 €


  • Gunnar le vampire
    par Laurent Lafourcade

    Simple immortel

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    « -C’est… C’est le château du suédois ?…

    -Le château du suédois !

    -Tu as raison Mopse, on est presque arrivés.

    -C’est le château du suédois… Le fils du chevalier. Le fils du croisé ! Celui qui est et qui n’est pas… On est presque arrivés.

    -Oui Mopse…

    -Le fils de Evald le roisé… Evald… Celui qui est celui qui n’est pas… Gunnar Gunnarson, den vampyr… »

    1910, quelque part en Bourgogne. Le suédois Gunnar Gunnarson et son épouse Marthe vivent dans une vaste demeure, une grande aile de château qu’ils louent. Ils confectionnent de magnifiques tenues pour des aristocrates, comme cette princesse prussienne qui vit en Suisse. Gunnar est celui qui est et celui qui n’est pas. C’est ainsi que le définit le géant Mopse, un tzigane qui arrive avec les siens dans la région. Gunnar est un vampire. Il a traversé les générations. Il a 36 ans depuis 650 ans. Marthe, elle, est une simple mortelle. Le village est frappé d’un mystère qui affole la population. De nombreuses bêtes sont retrouvées mortes, leurs têtes coupées ayant disparues. Pour Monsieur le curé, il est impossible que Gunnar soit responsable. Il a mis trop de temps à se faire accepter. Un prêtre qui fraye avec un vampire. Ça a de quoi mettre en pétard la mère de l’ecclésiastique.

    © Dumontheuil, Merlet – Dupuis

    Gunnar est un vampire à l’apparence tout ce qu’il y a de plus humaine. Lorsqu’on le croise le jour, nul ne peut soupçonner sa condition. Mais quand vient la nuit, nu sur les chemins de campagne, Gunnar se métamorphose. Il survole les champs et le village, et se nourrit du sang de victimes animales. La jeune Evelyne aimerait bien qu’il se délecte du sien, mais Gunnar est si bien au contact des mortels qu’il ne voudrait pas gâcher leurs relations. Ce n’est pas le cas de Gunnel, sa sœur jumelle, qui débarque et n’a pas le même rapport avec eux. Le frère et la sœur ne se sont pas vus depuis trois ou quatre siècles. Deux petites filles de ferme tout droit sorties de chez Marcel Aymé, une prostituée, un néandertalien, une sorcière ressuscitée, un chasseur colonial et son boy ramené de Guinée, entre autres, complètent les villageois.

    © Dumontheuil, Merlet – Dupuis

    Nombreux sont les auteurs de bandes dessinées qui ont tâté du mythe du vampire. D’Alberto Breccia à Joann Sfar en passant par Philippe Druillet, Bruno Maïorana ou Enrico Marini, tous ont apporté leur vision, fidèle ou réinventant la légende. Nicolas Dumontheuil a ceci d’original qu’il raconte l’histoire d’un vampire qui veut conjurer son sort. Alors qu’il est éternel, Gunnar veut redevenir humain. Un album de Dumontheuil, c’est un tableau de Bruegel. L’auteur aime les ambiances de village qu’il retranscrit à merveille comme dans Qui a tué l’idiot ou plus récemment Le meunier hurlant. Il met à l’honneur les gens qui marchent non pas forcément à contre sens mais à côté de la foule. Au niveau des couleurs, à la demande du dessinateur, Isabelle Merlet opte pour des camaïeux : jaune le jour, bleu la nuit, rouge pour la violence et vert pour le mystère.

    © Dumontheuil, Merlet – Dupuis

    Aucun album de Nicolas Dumontheuil ne ressemble au précédent. Cette revisite du mythe du vampire en dandy repenti, amoureux, ne déroge pas à la règle. Gunnar le vampire est une incroyable chronique villageoise… vraiment pas comme les autres. 1897, Bram Stocker écrit Dracula. 2026, Dumontheuil écrit Gunnar. Deux époques, deux ambiances, deux monuments.  


    One shot : Gunnar le vampire

    Genre : Vampire

    Scénario & Dessins : Nicolas Dumontheuil

    Couleurs : Isabelle Merlet

    Éditeur : Dupuis

    Collection : Aire Libre

    ISBN : 9782808507585

    Nombre de pages : 272

    Prix : 29,95 €


  • Boulevard Tintin – Les coulisses d’une œuvre 9 – Le crabe aux pinces d’or
    par Laurent Lafourcade

    Une rencontre décisive

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    « -Ouvrez votre sac !…

    -Non, elle ne s’y trouve pas…

    -Bizarre autant qu’étrange…

    -Je dirais même plus étrange…

    -Que s’est-il passé ?…

    -Des types complètement timbrés !… Ils sont à la recherche d’une boîte de conserve vide !… Une boîte de crabe…

    -Une boîte de crabe… Tiens, tiens ?… »

    Octobre 1940. Une nouvelle aventure de Tintin et Milou démarre dans le supplément du quotidien bruxellois Le Soir. Elle ne sera baptisée Le crabe aux pinces d’or que l’année d’après. Pour la première fois de son existence, l’histoire n’est pas publiée dans Le Petit Vingtième, et pour cause, il a disparu des kiosques quelques mois plus tôt en raison de la guerre. Pour ce dernier épisode en noir et blanc, mais ça, Hergé ne le sait pas encore, l’évasion est au rendez-vous. Les personnages ne sont pas préoccupés par le conflit qui ravage l’Europe. Tintin va faire une rencontre décisive, celle avec un marin plein comme une outre : le Capitaine Haddock. Petit à petit, après la Castafiore dans l’album précédent, presque sans s’en rendre compte, Hergé construit son petit théâtre de papier.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    Après l’interruption de l’aventure en cours Tintin au pays de l’or noir qui avait commencé dans Le Petit Vingtième, Hergé préfère mettre de côté le thème de la crise pétrolière inadapté en temps de guerre (tiens, on se croirait aujourd’hui) et jette sur un cahier de projets de scénarios les premières notes d’une nouvelle aventure dans un premier temps intitulée Crabe Extra. On est au cœur de la création. Les pages sont en photo dans ce livre.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    Dans les coulisses du Crabe aux pinces d’or, on apprend que le mot crabe aurait un sens caché. Les CRAB étaient les Centres de Recrutement de l’Armée Belge que plus de 100 000 belges ont fréquenté. Il y en avait en France, près de Toulouse. Au début de l’invasion, de nombreux hommes les ont rejoints puis ont été livrés à leur sort après l’armistice de Pétain, étant faits prisonniers ou devant rejoindre la Belgique par leurs propres moyens. Hergé aurait croisé leur route.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    S’il est un nom qui résonne de façon particulière aux oreilles des tintinophiles, c’est bien le nom du paquebot le Karaboudjan. Il pourrait être un clin d’œil au « carabouya », bonbon à l’anis populaire à l’époque. Son aspect est inspiré du navire le Glengarry de Glasgow. C’est donc à son bord que Tintin rencontre Haddock, tout le monde le sait, mais aussi quelqu’un qui deviendra l’un des « méchants » emblématiques de l’univers : le lieutenant Allan Thompson, bras droit d’Omar Ben Salaad. A noter que l’individu apparaîtra a posteriori par anticipation dans la seconde version des Cigares du Pharaon.

    Pendant ce temps, Quick occulte ses fenêtres et se met tant bien que mal à l’abri des bombardements et Hergé entreprend de retravailler les dessins des anciens gags.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2026

    Comme dans chaque volume de cette inestimable collection, les anecdotes fourmillent. Allez donc découvrir une couverture non retenue ainsi que ce qui aurait inspiré à Hergé le nom de Haddock. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.


    Série : Tintin Hergé Les coulisses d’une œuvre

    Tome : 9 – Le crabe aux pinces d’or

    Genre : Aventure

    Auteur : Philippe Goddin

    Avec la participation de : Dominique Maricq

    Scénario & Dessins : Hergé

    Éditeur : Moulinsart

    ISBN : 9782810442966

    Nombre de pages : 92

    Prix : 19,95 €


  • Levez l’ancre
    par Laurent Lafourcade

    Angoisses ordinaires

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    « -Bah, tu es souriante, c’est que ça va mieux, non ?

    -C’est quand même lourd ton histoire !

    -On a des priorités, tu comprends ? On a une vie !

    -Mais on te trouve quand même vachement courageuse ! »

    C’est l’histoire ordinaire d’une femme ordinaire et de ses angoisses ordinaires. En pleine expansion des réseaux sociaux, comme tant d’autres, Sarah est confrontée à l’image parfaite de gens débordants de bonheur et de perfection. Tout cela fait ressortir en elle sa part d’ombre qui en dit long sur notre humanité. Sarah raconte comment la bête noire l’a envahie, elle qui vivait avec elle depuis toute petite déjà. Après ses cauchemars d’enfant, la bête s’est installée dans ses peurs, ses incertitudes et son manque de confiance. Elle a essayé de la maîtriser, de la repousser… Sans cesse elle revient, quand ça lui chante.

    © Belmas – Côte-à-cas 

    La vie envoie des challenges à Sarah : une rupture inexpliquée, la perte dramatique de sa mère, la difficile gestion du deuil, le diktat des règles sociales, les vraies crises d’angoisse, l’oppression du monde. Les épreuves succèdent aux épreuves. Alors, cette ancre qui la fait couler au fond de l’océan, parviendra-t-elle à la remonter ? Ce ne sont pas des muscles qui lui seront nécessaires, mais une force mentale incommensurable qu’il va aller falloir chercher au plus profond de soi. Si elle réussit son défi, alors elle aura prouvé à d’autres que tout est possible.

    © Belmas – Côte-à-cas 

    Retour sur un album paru juste avant la pandémie de Covid-19 en janvier 2020 et qui n’a pas eu le temps de s’installer. Dans cette bande dessinée, l’autrice Sarah Belmas se met à nue dans tous les sens du terme. Ce livre est une catharsis. Belmas veut se sauver, mais aussi sauver toutes celles et ceux victimes de souffrances similaires, les pires, celles qui ne se voient pas. Elle met des images sur la dépression. Elle la personnalise. Elle lui donne une consistance pour mieux l’affronter. Pas de couleurs : du noir, du blanc, du gris. C’est percutant. Ça l’aurait été encore plus avec une touche de couleurs à la fin.

    © Belmas – Côte-à-cas 

    En dompteuse, Sarah Belmas montre comment elle a traversé une à une les étapes d’angoisses et de deuils de sa vie. Levez l’ancre n’est pas qu’une histoire de dépression, c’est avant tout une histoire d’espoir.


    Titre : Levez l’ancre 

    Genre : Autobiographie

    Scénario & Dessins : Sarah Belmas

    Éditeur : Côte-à-cas 

    ISBN : 9782491066055

    Nombre de pages : 108

    Prix : 14,50 €


  • Boulevard Tintin – Bob de Moor La ligne claire d’Hergé
    par Laurent Lafourcade

    Réhabilitation d’un homme de l’ombre

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    « Je n’ai jamais rencontré une telle conscience professionnelle et une telle puissance de travail. » (Hergé)

    « J’ai toujours dessiné : je ne me souviens ni quand ni comment j’ai pu commencer. Il m’a fallu pourtant d’abord naître, à Anvers, le 20 décembre 1925, l’année du Charleston. » Cette phrase de Bob de Moor en personne ouvre le premier des dix-huit chapitres que lui consacre Gilles Ratier dans une imposante, minutieuse et passionnante biographie comme on en lit rarement. Plus proche collaborateur de Hergé, créateur de Barelli et Cori le moussaillon pour ne citer que les plus célèbres, père de cinq enfants, dont l’un d’eux Johan de Moor est lui-aussi auteur de bandes dessinées, Bob de Moor fait partie des piliers ayant solidifié la ligne claire. Bienvenue au cœur de l’œuvre d’un grand Monsieur.

    © De Moor – BD Must

    Habitant dans une ville portuaire, dès trois-quatre ans, Bob de Moor rêve devant les bateaux à voile qu’il se met rapidement à dessiner. Ses parents l’ont toujours encouragé, lui rappelant parfois qu’il y avait aussi des devoirs à faire. Plus tard, vers onze-douze ans, Bob découvre au cinéma des films Michael Curtiz et Victor Fleming qui vont le marquer, le confortant dans sa passion pour la mer. Ses dessins de jeunesse sont déjà d’une qualité exceptionnelle. Plus tard, il fera ses études à l’Académie des beaux-arts d’Anvers. Son premier dessin est publié en 1942. L’année suivante, il travaille dans une société de films pour des dessins animés. Blessé par des bombardements dans les derniers mois de la guerre, après sa convalescence, Bob est embauché dans un hebdomadaire lancé par des collègues animateurs. Il devient dessinateur professionnel de bandes dessinées.

    © De Moor – BD Must

    En 1948, Bob de Moor épouse Joanna de Belder. L’institutrice ne se doutait pas qu’en confisquant un album intitulé Le crabe aux pinces d’or à un élève qui le lisait en classe son mari allait tomber dessus, puis s’inspirer du style Hergé. En 1949, Bob entre au Lombard, mais ne travaillera pas tout de suite pour le journal Tintin. Patience, ça viendra. Ami de Vandersteen et Cuvelier, Bob est présenté à Hergé, qui a dix-huit ans de plus que lui mais avec qui le courant passe instantanément. En 1950, il créé le professeur Tric où l’auteur développe sa fantaisie. La même année, le comédien-détective Barelli fait son apparition dans des enquêtes d’une pure ligne claire, sur l’idée de Raymond Leblanc, rédacteur en chef de l’hebdomadaire, d’une histoire se déroulant à Paris. Le récit suivant l’emmènera en Indonésie. Il faudra attendre pour la suite car Hergé embauche Bob de Moor dans ses studios. Avant cela, l’auteur aura également fait ses preuves dans un graphisme réaliste et des histoires médiévales flamandes.

    © De Moor, Ratier – BD Must

    Le 6 mars 1951, Bob devient assistant extérieur de Hergé sur Objectif Lune. Il alternera son travail pour Hergé avec ses propres productions comme Oncle Zigomar et Cori le moussaillon. Aux studios, Bob de Moor travaille avec Jacques Martin, Jo-El Azara ou encore Roger Leloup. Il est plus particulièrement responsable des décors. Il travaille sur des chromos maritimes. Hergé le définit comme merveilleux, généreux, fidèle, talentueux, exigeant et bienveillant. Aux refontes d’anciens albums et à la création de nouveaux, viennent s’ajouter les dessins animés pour lesquels Hergé demande à ce que ce soit Bob de Moor qui les supervise. Au fil des années, l’effervescence du studio se calmera, Hergé espaçant de plus en plus la création des nouvelles aventures de Tintin. Cela permettra à Bob de revenir à ses propres productions. Avec Balthazar, il adopte un style plus relâché. Barelli revient, puis Cori. De Moor accompagne Hergé jusqu’au bout. L’après sera plus douloureux. Dans un premier temps, Fanny accorde à Bob de terminer L’Alph’Art, avant un revirement de situation. L’anversois se remet à ses travaux en se consacrant à L’expédition maudite, une aventure de Cori le moussaillon. Plus tard, il termine la seconde partie de Blake et Mortimer Les Trois formules du professeur Satô, après le décès de Jacobs et moultes hésitations de part et d’autre, album qu’il devra réaliser dans la précipitation. Son dernier album, Dali Capitan, le tome 5 de Cori le moussaillon, terminé par son fils Johan, sort à titre posthume en 1993. Bob de Moor décède l’année d’avant.

    © De Moor – BD Must

    A l’exception de tous les ouvrages d’étude dédiés à Hergé, Gilles Ratier signe la plus impressionnante biographie jamais consacrée à un auteur. Il alterne anecdote connues (comme la fausse planche de Tintin signée De Moor et Martin qui mit Hergé hors de lui) et d’autres plus confidentielles (comme son dernier mot d’humour alors que ses enfants le conduisent à la clinique).

    © De Moor, Ratier – BD Must

    Réhabilitation d’un homme de l’ombre ou réhabilitation de l’homme de l’ombre ? Si Hergé a compté de nombreux collaborateurs, celui qui fut le plus fidèle et loyal, celui sans qui Tintin n’aurait peut-être pas été autant Tintin, c’est incontestablement Bob de Moor. Ce livre démontre qu’on ne peut pas le réduire à ce rôle car Bob de Moor a eu sa propre carrière, ses propres héros. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau. Quand on a fini de lire Bob de Moor, on peut recommencer à lire Bob de Moor. On y trouvera toujours quelque chose de Tintin.


    Titre : Bob de Moor La ligne claire d’Hergé

    Genre : Ouvrage d’étude

    Auteur : Gilles Ratier

    Éditeur : BD Must

    ISBN : 9782875359476

    Nombre de pages : 320

    Prix : 99 €


  • Bob Morane 3 – Ozymandias le grand
    par Laurent Lafourcade

    Voyage égyptien dans l’espace-temps

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    « -Donc, si je résume, au lieu de siroter des rhums-coco sur des transats au bord d’une piscine en charmante compagnie, vous voulez nous envoyer en Anatolie en pleine guerre de l’Antiquité à la recherche d’une princesse lunatique ?

    -Oui, Ballantine ! Au seul détail près que je ne vous envoie pas… Nous y sommes déjà ! »

    An 1274 avant Jésus-Christ, en Syrie, les officiers du Roi Muwatalli cherchent une stratégie pour repousser les armées de l’envahisseur égyptien. Ramsès II en personne a pris la tête d’une division. Lors de la grande bataille de Kadesh entre les hittites et les égyptiens, alors que ces derniers sont sur le point de se rendre, un objet venant de l’espace met les troupes syriennes en déroute. Pour Ramsès, c’est un acte divin. Il s’agit en fait d’une énième fourberie de Ming, alias l’Ombre Jaune, et du docteur Xhatan, afin d’obtenir le soutien d’un allié de poids pour leurs actions futures dans ce tumultueux passé. Pendant ce temps, en 1957, Bob Morane et Bill Ballantine prennent du bon temps au bord de la piscine d’un hôtel sur une île des Caraïbes. Leur villégiature sera de courte durée.

    © Bec, Corbeyran, Rodrigues, Facio – Soleil

    Téléportés par le colonel Craigh dans son vaisseau, les deux hommes apprennent qu’un dysfonctionnement temporel a eu lieu lors de cette grande bataille. Soldée historiquement par un match nul, il s’avère à présent que Ramsès II, alias Ozymandias le grand, l’aurait largement emportée. Cette anomalie a déclenché une alerte rouge pour la section Eon. A Morane et Ballantine d’en trouver la cause. Seul indice, la princesse Hittite Maathé, promise au Pharaon pour assurer la paix entre les peuples, a disparu peu avant leurs noces, mais il n’y a aucune trace de ce fait dans les archives. Si le mariage n’a pas lieu, Ramsès II ripostera et risque de perdre. Les conséquences seraient dramatiques sur le cours de l’Histoire. Le temps pour le colonel Craigh de raconter tout ça au duo, et les voilà déjà en -1274 !

    © Bec, Corbeyran, Rodrigues, Facio – Soleil

    Troisième épisode du revival Bob Morane par Corbeyran et Christophe Bec, Ozymandias le grand entre dans la plus pure tradition des meilleurs épisodes signées du créateur Henri Vernes. On y retrouve le français Bob Morane et l’écossais Bill Ballantine face à leur meilleur ennemi l’Ombre Jaune. On va même découvrir la raison d’un « handicap » physique de Ming. Autre méchant iconique mort et ressuscité par Vernes, le Docteur Xhatan complète les rivaux. Les scénaristes prennent un plaisir communicatif à jouer avec les personnages de ce théâtre fantastique. Le concept du voyage dans le temps étant l’un des poncifs de la série, ils ne pouvaient pas y couper. L’énigme est bien menée, les dialogues sont parfois drôles et décalés, pas toujours #MeToo, surtout dans la bouche de Bill, comme savait si bien les écrire Henri Vernes.

    Après la défection de Paolo Grella, Ivan Rodrigues prend le relais au dessin dans un pur style réaliste propre et net, avec des décors ambitieux et soignés.

    © Bec, Corbeyran, Rodrigues, Facio – Soleil

    Ozymandias : Puissante est la justice de Rê, le dieu solaire. Ozymandias est un poème de Percy Shelley sur la fragilité du pouvoir et la disparition des empires, comme le si glorieux empire égyptien. Ozymandias est non seulement un nom de Ramsès, mais aussi celui d’un personnage des Watchmen. Avec Bob Morane, le pont était tout trouvé entre l’Histoire et le fantastique. Christophe Bec a annoncé qu’il ne poursuivrait pas la série. Que feront ses collègues ? La machine mériterait tellement d’être définitivement relancée, la difficulté étant de faire d’un univers plutôt marqué macho une série XXIème siècle compatible permettant de gagner de nouveaux lecteurs, autres que les nostalgiques.


    Série : Bob Morane

    Tome : 3 – Ozymandias le grand

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario : Christophe Bec & Corbeyran

    Dessins : Ivan Rodrigues

    Couleurs : Hugo Sebastian Facio

    Couverture : Michel Borderie

    D’après : Henri Vernes

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302095212

    Nombre de pages : 56

    Prix : 15,95 €


  • Miss Tattoo 2 – La chèvre et le Tigre / Kathy Malone 1 – Premières fouilles
    par Laurent Lafourcade

    Deux spin-off signés Taymans

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    « -Dites-moi que ce n’est pas vrai… Il est mort ?

    -Aucune idée, Monsieur ! Nous n’avons pas pu vérifier ! Quelqu’un a commencé à nous canarder ! Quels sont les ordres ?

    -Vous êtes vraiment trop cons !… Liquidez-les tous ! Grant, la fille, le flic s’il est toujours vivant ! Nettoyage par le vide ! Bon dieu, quel merdier ! »

                    Qui veut faire chanter Bill Grant, le patron de la plus grande chaîne de montage de Denver ? Une vieille photo de lui en pleins ébats avec une gamine mineure depuis décédée dans un suicide collectif a été envoyée à l’inspecteur Philips par Gary Scott. Alors que Philips et Vanina, alias Miss Tattoo, interrogent l’industriel qui a tous les politiciens à sa botte, ils sont pris pour cibles par des tueurs rapidement mis en déroute. Persuadé que le gouverneur Duck, candidat à la présidentielle, est dans le coup, Grant le menace : « Si je tombe, tu tombes ! ». C’est bien plus haut qu’il faut pourtant chercher les responsables. Le scandale pourrait bien éclabousser la Maison Blanche. Prise pour sa demi-sœur Caroline Baldwin par des espions ignorant son décès, Miss Tattoo se rend compte qu’elle a servi d’appât. Elle est maintenant dans un guêpier aux conspirations politiques duquel il va être bien complexe de s’extraire.

    © Barletta, Taymans, Callixte – Le Tiroir

    Juillet 1967, Kathy Malone atterrit à Madagascar. La jeune archéologue vient y retrouver le professeur Mulligan qu’elle n’a pas vu depuis qu’elle avait dix ans. L’arrière-petite-fille du professeur Challenger a été invitée pour participer à des fouilles permettant de retrouver des ossements préhistoriques. Datant de 1908, le carnet de bord du Professeur Olsen affirme qu’il y aurait un énorme gisement sur l’île. Des cyclones ayant ravagé l’île au fil du temps, les changements de paysages ont rendus les plans de l’époque inexploitables. Il ne va pas falloir longtemps à Kathy pour découvrir un fémur de dinosaure. Le lendemain, les scientifiques découvrent que le chantier a été pillé. Qui veut faire main basse sur les fouilles ? Truelles et pinceaux feront-ils le poids face aux revolvers ? Les dinosaures ont disparu mais d’autres personnes ont des crocs bien acérés.

    © De Salvo, Taymans – Le Tiroir

                     Pilier des éditions du Tiroir, André Taymans signe deux spin-off dont il a confié le graphisme à deux dessinatrices italiennes. Dérivée de Caroline Baldwin, Miss Tattoo est dessinée par Elisabetta Barletta qui fait de fulgurants progrès depuis Singleton. La série relève du thriller politique. Taymans, qui réalise également le story-board, mêle fiction et réalité avec ce gouverneur véreux qui se nomme Duck et ressemble comme deux gouttes d’eau à Donald Trump, casquette rouge en preuve. La scène finale reprend même un moment clé de sa campagne. Préquel de la série Eden, Kathy Malone est dessinée par Giogia De Salvo. Le trait est plus frais. On aurait aimé un peu plus de densité dans les décors pour que les fonds de cases se distinguent plus des premiers plans. L’intrigue quant à elle est bien ficelée.

                    L’auteur développe ses univers et l’on prend un réel plaisir à tous les échos aux albums et séries précédentes qu’il n’est pas forcément nécessaire d’avoir lus pour autant. Avec André Taymans, on est assuré de lire du polar classique et maîtrisé.



    Série : Miss Tattoo

    Tome : 2 – La chèvre et le Tigre

    Genre : Polar

    Scénario : André Taymans

    Dessins : Elisabetta Barletta

    Couleurs : Damien Callixte

    Éditeur : Le Tiroir

    ISBN : 9782931251430

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16 €


    Série : Kathy Malone

    Tome : 1 – Premières fouilles

    Genre : Polar archéologique

    Scénario : André Taymans

    Dessins & Couleurs : Giorgia De Salvo

    Éditeur : Le Tiroir

    ISBN : 9782931251386

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16 €


  • Lili, toujours debout, jusqu’au bout !
    par Laurent Lafourcade

    De Ravensbrück à Bergen-Belsen

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    « -Debout ! Habillez-vous et préparez quelques affaires !

    -Schnell !! Schnell !!

    -Habille-toi, Lili, et prends des affaires, vite !

    -Schnell !

    -Robert, André, il faut vous habiller, vite !

    -Mais j’ai encore sommeil, Papa…

    -Moi aussi, mais nous n’avons pas le choix.

    -Schnell !

    -Schnell !

    -Je suis prêt, Maman…

    -Oh ! Mes chéris… Tout va bien se passer ! »

                    2015. Une dame se rend au commissariat de son quartier afin de déposer plainte pour vol par ruse. Au bout de quelques instants, l’officier qui recueille son dépôt reconnaît sa voix. Quelques années plus tôt, elle est venue dans son lycée pour témoigner de la guerre, de la déportation qu’elle a vécue. Ce combat contre la haine, le racisme et la discrimination, il ne l’a jamais oublié. C’est pour ça qu’il est devenu gardien de la paix aujourd’hui. Son histoire, Lili la raconte maintenant dans ce livre. Le cauchemar commence en 1943 lorsque sa famille est raflée, à Roubaix. Papa va être séparé du reste de la famille qui est déportée à Ravensbrück. Ils ne le reverront jamais. On va vivre avec Lili, sa mère et ses frères un voyage dans l’antre de l’indicible, toujours debout, jusqu’au bout.

    © Golzio, Keller Rosenberg – Glénat

                    Glaçants, certains passages sont glaçants. Chaque livre sur le sujet raconte une nouvelle barbarie nazie. Celui-ci ne fait pas exception à la règle. Prisonnière pendant deux ans dans des conditions cauchemardesques d’horreur et d’insalubrité, Lili a été témoin des pires exactions. L’album est divisé en deux parties distinctes de tailles comparables, ce qui est assez rare. Souvent, dans ce genre de bouquins, le récit s’arrête au moment ou bien quelques jours après la libération des camps. Celui-ci accorde autant d’importance à la difficile gestion de la libération des camps et au retour à la vie de la famille Rosenberg jusqu’à nos jours, avec cet instant charnière où, entendant à la radio une ineptie débittée par le négationniste Robert Faurisson en 1980, Lili s’est sentie le devoir de témoigner, de raconter aux nouvelles générations ce qu’il s’est passé, la vérité, pour qu’à leur tour ses auditeurs puissent la transmettre aux générations futures.

    © Golzio, Keller Rosenberg – Glénat

                    Après Chroniques de Francine R., résistante et déportée, Boris Golzio raconte la vie d’une autre déportée. D’abord réticente à voir son récit adapté en bande dessinée, un format pour les enfants (!), Lili Rosenberg s’est rendue compte de la puissance du média. Dans un semi-réalisme en niveaux de gris et des touches de rouges pour les scènes violentes, Golzio met des images poignantes sur les paroles de Lili. Les yeux des déportés sont souvent cachés, comme s’ils portaient parfois un bandeau, symbole de l’anonymat dans lequel les nazis les ont plongés, remplaçant leurs noms par des numéros. Parce qu’il n’était pas possible de voir ces scènes de mort avec les couleurs de la vie, les véritables couleurs n’apparaissent que dans les séquences contemporaines.

    En fin d’album, des historiens, dont André, le plus petit frère de Lili, étayent le propos avec leurs analyses de la situation.

    © Golzio, Keller Rosenberg – Glénat

                    Survivre et réapprendre à vivre, rester debout et témoigner pour que l’oubli ne prenne pas de place, pour que l’Histoire ne recommence pas : voilà tout le sens du témoignage de Lili Keller Rosenberg. Un album indispensable au devoir de mémoire.


    Titre : Lili, toujours debout, jusqu’au bout !

    Genre : Drame historique

    Scénario : Boris Golzio & Lili Keller Rosenberg

    Dessins & Couleurs : Boris Golzio

    Éditeur : Glénat

    Collection : 1000 feuilles

    ISBN : 9782344058800

    Nombre de pages : 240

    Prix : 25 €


  • Caledonia 3 – Les Fomôrés
    par Laurent Lafourcade

    Trois peuples et un territoire

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    « -Je croyais que les dieux se querellaient souvent !

    -Et tu as raison ! Leurs histoires débordent de malveillance, de cruauté, de jalousie et de vengeance ! Mais n’en va-t-il pas aussi ainsi des hommes qui les adorent et remettent leur destin entre leurs mains ?

    -Je suppose que si…

    -La guerre et la violence sont inévitables, Lucius, mais tu ne dois pas oublier une chose, la tolérance est le plus court chemin vers la compréhension ! »

    Traversant l’espace-temps, un vaisseau spatial s’abime sur Terre. Si une partie des occupants n’a pas survécu au choc, l’autre s’extrait des décombres. Ils sont observés par les autochtones qui voient en eux comme des divinités. Un géant de l’espace offre à l’humain qui semble être le chef une boîte noire renfermant une boule lumineuse. Depuis, les générations se sont succédées. Nous sommes au deuxième siècle de notre ère, en Caledonia. Lucius et Leta suivent un alien, un Fomôrés, jusqu’à la carcasse du char céleste qui les a conduits ici.  C’est en ce lieu que Leta reconnaît son frère Mil, en état de léthargie dans une colonne de liquide. C’est comme ça que les humains sont transformés en Bugul-Noz, les enfants de la nuit.

     © Despujol, Corbeyran, Despujol – Soleil

    Leta et Lucius comprennent que les géants ne sacrifiaient pas les humains mais les modifiaient. Pendant ce temps, à Rome, le légat Deodatus Faustus reçoit la visite du centurion Octavius Tiberius, lui annonçant n’avoir trouvé aucune trace de Lucius. Persuadé que le centurion ment en accusant Lucius d’être un meurtrier et un traître, le légat le prie de disparaître. De son côté, Leta parvient à sortir Mil de sa gangue. De retour dans sa tribu, elle apprend à son père tout ce qu’elle sait, tout ce qu’elle a vu. Elle veut que les hommes se rebellent mais ce n’est pas l’avis du patriarche. Au sein des Scots, le torchon brûle. Qui des Fomôrés ou des Romains sont leurs pires ennemis ?

     © Despujol, Corbeyran, Despujol – Soleil

     Avec Caledonia, Corbeyran démontre au niveau scénaristique l’intérêt de ce qu’est une série, même si comme ici elle ne comporte que trois épisodes. Le récit n’est pas découpé n’importe comment. Les morceaux du puzzle sont scientifiquement placés les uns après les autres. Comme dans un puzzle où on ne découvre l’image entière qu’une fois la dernière pièce posée, on ne va comprendre le but de cette histoire que dans les toutes dernières pages, quand le récit d’extra-terrestres s’invitant dans la grande Histoire devient la genèse de toutes les légendes du monde. Emmanuel Despujol prend le parti de l’émotion, avec des gros plans de visages en guerre où tout passe par les regards. Les décors sont relativement dépouillés. C’est Juliette Despujol qui assure l’habillage des fonds avec ses couleurs sombres comme les relations entre les différents peuples, de Terre ou de l’espace.

     © Despujol, Corbeyran, Despujol – Soleil

    Historique, fantastique, philosophique, Caledonia est certainement la série la plus inclassable de l’univers Corbeyran. Le scénariste réussit une fois de plus un coup de maître en surprenant le lecteur à chaque étape de ce conte tout autant antique et futuriste que fondateur.


    Série : Caledonia

    Tome : 3 – Les Fomôrés

    Genre : Péplum fantastique

    Scénario : Corbeyran

    Dessins : Emmanuel Despujol

    Couleurs : Juliette Despujol

    ISBN : 9782302106697

    Éditeur : Soleil

    Nombre de pages : 56

    Prix : 15,95 €


  • Tabary – Monographie
    par Laurent Lafourcade

    Iznogoud, Totoche et compagnie

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    « Avec son graphisme nerveux et efficace, avec son humour et son sens du gag, Jean Tabary allait très rapidement se placer parmi les meilleurs dessinateurs-auteurs français (je pense qu’il est peut-être le meilleur, mais je ne voudrais pas lui lancer trop de fleurs !) » (Roger Lécureux)

    C’est l’histoire d’un raconteur d’histoires. Au départ, il le faisait pour ses frères et sœurs. Plus tard, il s’est mis à en dessiner. Totoche, Corinne et Jeannot, Richard et Charlie, Valentin le vagabond, puis un certain grand vizir avec Goscinny au scénario. Incisif, nerveux et percutant, le trait de Tabary est d’une vivacité rare. Ce qu’il dépeint le mieux, ce sont les brutes, les demeurés, les vilains et les malfaisants, en bref, les crétins. Les personnages de Tabary n’auraient même pas besoin de parler. On les voit et on rit déjà. Pour Gotlib, Tabary est un artiste, un créateur, un conteur et un gagman. Il était une fois, dans Bagdad la somptueuse, un bon, un excellent calife, qui avait un méchant, un ignoble grand vizir… Il était une fois un auteur de bandes dessinées aussi excellent que ce calife : Tabary. Bienvenue dans une bien belle monographie.

    © Tabary, Duchêne – Klev

    Plutôt qu’une biographie linéaire, au fil du temps, Alain Duchêne prend le parti de chapitres thématiques. Les deux premiers sont consacrés à l’enfant et à l’adolescent. Jean Tabary nait à Stockholm en 1930. Son père est violoniste, sa mère s’occupe de leurs neuf enfants. Il a cinq ans lorsque la famille rentre en France. A 14 ans, il décroche le certificat d’études. Il est passionné de dessin, mais il faut apprendre un vrai métier. Ce sera staffeur architecturier ornementiste. Ça l’amènera sur les plateaux de cinéma à la fabrication de décors. Il ne renonce pas au dessin. A 16 ans, les éditions Vaillant refusent ses planches. Il part au service militaire. Ça ne l’enchante pas, mais il dessine encore et toujours. Ensuite, il devient figurant à la Comédie-Française. A 26 ans, Jean retente sa chance chez Vaillant. Cette fois sera la bonne.

    © Tabary, Duchêne – Klev

    Fin août 1956, Tabary présente à Roger Lécureux La pêche au jambon, une histoire des clochards Richard et Charlie. Le scénariste lui dit qu’il arrive à point nommé. Le succès du journal le fait passer de 16 à 32 planches. Jean doit repasser la semaine suivante avec un synopsis et une planche dessinée. En novembre de la même année, Richard et Charlie à la chasse aux voleurs paraît dans le journal Vaillant. Deux ans plus tard, débarquent pour combler un trou Grabadu et Gabalioutchou, les deux z’héros les plus cons de la bande dessinée. Tabary croit faire n’importe quoi et contre toute attente ça marche. C’est absurde, c’est décalé, c’est hilarant. Juste avant, c’est la bande à Totoche qui faisait son apparition, parce qu’il manquait une histoire de gosses dans le journal. Ce sera la plus grande série de Tabary en solitaire. Dans les personnages du groupe, Corinne et Jeannot tirent leur épingle du jeu. La chipie et le souffre-douleur voleront de leurs propres ailes dans une série de gags. En 63, Tabary voit enfin sa série publiée en albums…mais de très mauvaise qualité. L’auteur a beau avoir l’admiration de tous les responsables éditoriaux de Vaillant, qui deviendra Pif Gadget en 1969, il n’a pas la reconnaissance éditoriale qu’il mérite.

    © Tabary, Duchêne – Klev

    En 1962, fruit de la collaboration de Tabary et Goscinny, Iznogoud naît dans les pages du tout nouveau magazine Record, dans la série des Aventures du Calife Haroun El Poussah. Le méchant vizir va très rapidement voler la vedette au pacha. La suite appartient à la grande histoire de la bande dessinée. Chaque histoire est basée sur le même principe. Iznogoud échoue à devenir calife à la place du calife. On connaît la fin de chaque histoire avant qu’elle ne débute, et pourtant ça marche. Pour la sortie en albums aux éditions Dargaud en 1966, Tabary redessina les deux premières histoires. Le succès mettra du temps à se concrétiser, la politique de l’éditeur étant concentrée sur Astérix et Lucky Luke.

    En 1962 également, Valentin le vagabond apparaît dans Pilote. Goscinny signe les premières histoires avant de confier les rênes du scénario à Tabary. Les aventures du clochard fleur bleue sont aussi drôles que poétiques. Le dessinateur-scénariste est un bourreau de travail. On le voit aussi dans le chapitre consacré à tous ses travaux intermédiaires, puis plus tard dans les contributions publicitaires.

    © Tabary, Duchêne – Klev

    Fin 1977, Goscinny meurt de façon inattendue. De tous les dessinateurs avec qui il travaillait, Tabary sera certainement celui qui gérera le mieux son héritage, certainement parce qu’il était lui-même scénariste à la base. Tabary quitte Dargaud pour fonder sa propre maison d’éditions. Aux histoires courtes métronomées par Goscinny, Tabary préfère les récits plus longs. Les ventes d’albums explosent. Iznogoud est adapté en dessin animé pour la télévision et en film live pour le cinéma. En 2011, Tabary meurt, mais Iznogoud lui survit, d’abord sous les crayons de son fils Nicolas. Son témoignage, celui de son frère et celui de sa sœur concluent avec émotion la monographie.

    Bruno Surgot-Meulien a réalisé un méticuleux travail de fourmi pour rédiger la bibliographie détaillée de l’auteur sur quatre-vingt pages. C’est dire la riche carrière de cet auteur inestimable.

    © Tabary, Duchêne – Klev

    Les éditions Klev réhabilitent un artiste majeur. On n’a plus qu’une envie, se replonger dans ses bandes dessinées, et que l’on puisse retrouver en intégrale les nombreuses histoires restées inédites en album jusqu’ici, comme les aventures de Richard et Charlie. Tout, tout, tout, vous saurez tout sur Tabary dans ce somptueux album richement illustré, et en plus pas cher du tout (25 € pour des heures et des heures de lecture, ça ne vaut pas le coup de s’en priver). Si son personnage le plus célèbre est Iznogoud, Tabary, lui, is very very good.


    Titre : Tabary

    Genre : Ouvrage d’étude

    Auteur : Alain Duchêne

    Bibliographie : Bruno Surgot-Meulien

    Éditeur : Klev

    Collection : Raconteurs d’Histoires

    ISBN : 9782959206672

    Nombre de pages : 304

    Prix : 25 €


  • Mia – Haut les mains, peau de bovin !
    par Laurent Lafourcade

    Dalton en culottes courtes

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    « -Bon, il va falloir cracher le morceau, petite. Qui t’envoie m’espionner ? Le marshal ? Un gang rival ? T’avais rien de mieux à faire ? Jouer à la poupée, par exemple ?

    -A qui tu crois parler, vieux schnock ? Je suis Mia, la pire gangster de l’Ouest ! »

                    La boutique d’un antiquaire est braquée par une gamine de neuf ans. Loin d’être effrayé, le propriétaire des lieux est charmé par la petite. Le hold-up tourne court. Ce n’est pas cette fois-ci que Mia fera la une de Wild West Mag aux côtés des plus grands braqueurs de l’Ouest. Parmi ses idoles, il y a ce fichu Villain Farmer. Lui, au moins, on le prend au sérieux. Avec sa troupe de vaches masquées, il est le roi des braquages les plus spectaculaires. Les potes de Mia peuvent bien se marrer. Ils verront bien. Un jour, elle aussi sera dans le journal. Pour faire les gros titres, Mia décide de frapper fort avec le coup du siècle : voler le trésor personnel du shérif, à savoir son fer à cheval en or massif.

    © Puls – Auzou BD

                    Bien évidemment, le plan ne va pas se dérouler comme prévu. Croyant avoir réussi son larcin pendant la pause goûter à la boulangerie de l’homme de loi, Mia découvre qu’elle a été doublée par la bande de Villain Farmer qui a carrément déménagé le shérif office. Mia se rend alors vraiment compte de la dimension des actions de ces voleurs, pas franchement ravis de la découvrir sortant du bureau. Voyant en elle une espionne, ils la retiennent tout d’abord prisonnière avant de se laisser convaincre de la faire participer à leurs méfaits. Mia tirera-t-elle son épingle du jeu afin de devenir la nouvelle terreur de l’Ouest ?

    © Puls – Auzou BD

                    Haut les mains, peau de bovin ! est la première BD de David Puls, jusqu’ici illustrateur de jeux de société. L’auteur a également travaillé pour la Webtoon Factory de Dupuis. Ça se ressent dans ce livre qui a le punch et le dynamisme des lectures numériques. Quand on scrolle, on n’a pas le droit de s’ennuyer. C’est exactement ce qu’il se passe ici. Puls, ça pulse. Les braquages du gang Farmer sont grandioses, à la manière de ceux de la série de films Insaisissables. Les vaches aux figures d’as sont à mourir de rire, avec des gags poilants comme la scène où l’une d’entre elles se travesti en vraie vache. Si, si, c’est possible.

    © Puls – Auzou BD

    Les éditeurs sont frileux à l’idée de lancer des séries. Dommage. Ça reviendra. L’album est présenté comme un one shot. Espérons qu’il portera bientôt le n°1 car du western humoristique dès huit ans ça fait bien longtemps que ça avait disparu, hormis Lucky Luke bien sûr et Gary C.Neel de Gorobei et Ced dans Spirou.

    Haut les mains, peau de bovin ! Rangez vos colts, vous ne pourrez rien contre la prochaine future pire gangster de l’Ouest. Drôle et terriblement efficace.


    Titre : Mia – Haut les mains, peau de bovin !

    Genre : Western humoristique

    Scénario, Dessins & Couleurs : David Puls

    Éditeur : Auzou BD

    ISBN : 9791039563529

    Nombre de pages : 56

    Prix : 12,95 €


  • Le piéton de Bordeaux / Le piéton de Lyon
    par Laurent Lafourcade

    Du Port de la Lune à la Ville des Lumières

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    « Le piéton est une collection de bande dessinée qui vous invite à la redécouverte d’une ville par un dessinateur qui la connaît et qui l’aime. A Bordeaux et à Lyon, le piéton propose de redécouvrir le plaisir d’une promenade en solitaire mais accompagnée dans la ville comme un récit à ciel ouvert. »

                    A travers onze parcours, accompagné de son chien avec lequel il discute, le piéton de Bordeaux déambule au cœur de la ville. Ce piéton y vit, il est auteur de BD et s’appelle François Ayroles. Le chemin démarre gare Saint-Jean, au point kilométrique zéro, au niveau du quai n°2. Direction le quartier de Sainte-Croix, puis la Place Saint-Michel et son marché aux puces. Plus loin, à la célèbre Place de la Victoire, à côté de la Porte d’Aquitaine, une colonne honore le vin et les vignobles. On apprend qu’elle devait être accompagnée d’une statue de vigneron à son pied, mais de peur qu’il ne soit vandalisé, elle a été remplacée par des tortues. Moment d’Histoire avec la maison où habita Etienne de la Boétie, ami d’un des plus célèbres bordelais en la personne de Michel de Montaigne.

    © Ayroles – Glénat

    Entre monuments historiques et constructions contemporaines, François Ayroles arpente les rues. Le palais des sports est une intrusion choc de la modernité au cœur de la ville. Dans des rues voisine à la célèbre rue piétonne Sainte-Catherine longue de ses 1250 mètres de magasins en tous genres, des petites boutiques semblent avoir survécu au temps qui passe. Les ruelles les plus petites alternent avec les lieux les plus emblématiques. On passe devant le palais Rohan, qui abrite la Mairie, la cathédrale Saint-André, la tour Pey-Berland, le Grand Théâtre. On remonte le temps jusqu’au Colisée, restes d’un amphithéâtre datant du deuxième siècle. Ça contraste avec les terrasses de Mériadeck qui vieillissent mal. On se balade entre autres Place des Quiconces, aux bassins à flots et au jardin public où une séance de l’emblématique Guignol Guérin nous attend. Un petit tour sur l’autre rive de la Garonne et on revient par le pont de Pierre. Voilà, la promenade est terminée.

    © Ayroles – Glénat

    Sur le même principe, Didier Tronchet nous fait visiter sa ville d’adoption : Lyon. Envoûté par la cité, le dessinateur voit en elle un tableau de maître, avec ses tensions et ses équilibres subtils. Dans sa propre préface, Tronchet définit la magie de Lyon comme un glissement permanent et vertigineux de l’Antiquité au Moyen Âge, de la Renaissance au XXIème siècle triomphant. Alors, à ses côtés, parcourons ses rues en changeant d’univers de l’une à l’autre dans huit itinéraires. Comme Ayroles à Bordeaux, Tronchet fait la promenade avec son chien. L’aventure, car une visite de la ville est une aventure, peut commencer. Comme Ayroles à Bordeaux, Tronchet démarre à Saint-Jean, sauf qu’à Lyon, ce n’est pas une gare mais une Cathédrale âgée de six siècles. Puis, c’est la montée de la colline de Fourvière par la rue Mourguet, du nom du créateur de Guignol. Décidément, encore un point commun entre Lyon et Bordeaux où les spectacles historiques de la marionnette enchantent les enfants. Arrivé au sommet, l’auteur admire la ville qu’il surplombe.

    © Tronchet – Glénat

    Tronchet suit les berges du Rhône pour se rendre à la Cité internationale en passant par le parc de la Tête d’Or et sa légende sur une statue de Christ ramenée par les Croisés. En suivant l’ancien trajet du funiculaire, on monte et on descend de nombreux escaliers, on passe devant une fausse Tour Eiffel érigée pour l’exposition universelle de 1894 comme un pôle républicain et moderne face à la religion. Outre le Rhône, la Saône traverse Lyon. C’est sur elle que se trouve l’Île Barbe où sont dissimulées des lanternes scintillantes en écho aux contes païens et chrétiens. Tronchet traverse les étroites ruelles que sont les traboules et escalade la colline de la Croix-Rousse. Il remonte le temps pour une échappée gallo-romaine jusqu’au théâtre antique, avant de se tourner vers l’avenir avec le futuriste musée des Confluences, que l’auteur ne goûte guère. Entre chaque balade, Tronchet se livre en montrant ce qu’il aime.

    © Tronchet – Glénat

    De lieux connus en coins secrets, la toute nouvelle collection Le piéton des éditions Glénat renouvelle le concept du guide touristique. Plus besoin de passer par un office de tourisme pour visiter le Port de la Lune ou la Ville des Lumières. Munissez-vous de ces piétons et le programme est tout fait. Il n’y a plus qu’à marcher en tournant les pages.



    Série : Le piéton

    Tomes : Le piéton de Bordeaux / Le piéton de Lyon

    Genre : Visites touristiques

    Scénario, Dessins & couleurs : François Ayroles / Didier Tronchet

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344071-601/-113

    Nombre de pages : 152 / 136

    Prix : 20 €


  • Red 3 – Le secret d’Atouvent
    par Laurent Lafourcade

    Secrets de famille

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    « -Une sauveteuse trouve mon médaillon sur la plage et me le renvoie avec un morceau de tissu de mon doudou dedans. Doudou que j’ai perdu quand j’étais bébé !

    -Tu as raison. C’est trop bizarre…

    -En plus, cette Régine habite à Atouvent, l’île où ma mère vivait quand elle était petite ! »

    Convaincu d’avoir reçu un signal de sa mère avec un morceau de tissu du doudou de quand il était bébé, le petit prince Reginald-Edouard, alias Red, se rend avec Dina sur l’île d’Atouvent, d’où elle était originaire. L’île où il fait bon vivre ne ressemble plus du tout à ce que ses parents ont connu. Celle qui s’appelle Régine mais qui serait en fait la princesse Eden est absente mais un voisin leur fait visiter sa maison, trouvant que Red ressemble fort à la propriétaire des lieux. Sur le buffet, une photo de bébé ne lui laisse aucun doute : c’est lui quand il était petit. Pendant ce temps, en Pilanésie, Barnum, le garde du corps de Red qui ignore que l’enfant est en escapade, apprend qu’il n’est pas à l’école.

    © Dalena, Falzar, Ferrari – La Gouttière

    De retour à Pilaville, Barnum sermonne Red pour les risques qu’il a pris. Le petit prince n’en a que faire. Il veut retourner à Terrelande demander à son père ce qu’il sait sur l’affaire. Barnum l’en dissuade. Le lendemain, pour avoir séché les cours, le directeur demande à Red et Dina une rédaction sur le thème du mensonge et, pire, les prive de participer au match de basket inter-écoles. Ils vont cependant y assister et tout ne va pas se passer comme prévu. Qui gagnera la partie ? C’est bien dérisoire par rapport au fait de savoir si Red retrouvera enfin sa mère.

    © Dalena, Falzar, Ferrari – La Gouttière

    En trois tomes, les aventures de Red forment une histoire complète émouvante sur la recherche de ses origines. Ce n’est pas parce qu’on est né avec une cuillère d’argent dans la bouche qu’on a tout pour être heureux. Rien ne remplace une maman, un papa non plus d’ailleurs. Red a grandi avec un manque affectif et une femme a vieilli avec un manque de maternité. Voilà l’argument de la série de Falzar et Dalena. Annalisa Ferrari colorise cette quête dans des tons tièdes violacés, invitant au voyage dans ces pays imaginaires. Plus bavard que les précédents, explications finales obligent, cet épisode clôture ce conte avec émotion, émotion pour les personnages, mais aussi émotion des lecteurs pour les quitter déjà, trop tôt…

    © Dalena, Falzar, Ferrari – La Gouttière

    Red est une belle série familiale, une histoire à partager entre parents et enfants pour montrer l’importance qu’ont les uns pour les autres. Fédérateur.


    Série : Red

    Tome : 3 – Le secret d’Atouvent

    Genre : Aventure

    Scénario : Falzar

    Dessins : Antonello Dalena

    Couleurs : Annalisa Ferrari

    Éditeur : La Gouttière

    ISBN : 9782357961524

    Nombre de pages : 32

    Prix : 11,70 € 


  • La légende des Stryges – Les eaux du chaos 2/2
    par Laurent Lafourcade

    Bain noir

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    « -Laissez-moi vous montrer quelque chose… Lorsque j’ai hérité de cette demeure, j’ai hérité en même temps de la fabuleuse bibliothèque qu’elle abrite… Et j’ai découvert ceci. Le grimoire de Venoncius. Ce livre est une véritable bible pour tout ce qui touche à l’histoire des Stryges… Il décrit précisément la nature de l’emprise de ces démons sur les hommes…

    -Les Stryges ? A part l’immonde gargouille perchée sur la cathédrale Notre-Dame, je n’ai jamais entendu parler de ces créatures ! »

    Bavière 1869. Quelques mois après avoir découvert en Egypte un corps géant momifié avec ses organes à l’intérieur, les archéologues Bernat et Sardin sont dans un train pour aller rencontrer Kaspar Von Harbow. L’aristocrate munichois est adepte de démonolâtrie. Il possède l’une des bibliothèques occultes les mieux fournies d’Europe. En outre, il est un farouche opposant à la dissolution du royaume de Bavière dans le futur empire allemand qui se profile. Sardin ne comprend pas bien pourquoi Bernat mêle l’ésotérisme à ses recherches scientifiques. Pour ce dernier, une porte a été ouverte vers des savoirs interdits et ils ont besoin d’un guide.

    © Bègue, Corbeyran, Fabbro – Delcourt

    Von Harbow est convaincu que toutes les divinités de tous les panthéons et de toutes les civilisations du monde ont existé un jour et côtoyé les hommes. Il montre à ses hôtes qui viennent de débarquer le grimoire de Venoncius, une véritable bible pour tout ce qui touche à l’histoire des Stryges. Bernat et Sardin pourront le consulter, mais il ne doit pas sortir de la bibliothèque. Son étude leur révèlera sans doute la nature du mystérieux liquide noir dans lequel baignait la momie qu’ils ont rapatriée. Quelques jours plus tard, à Potsdam, Sandor Weltman a rendez-vous au palais afin de négocier des fonds pour créer un laboratoire permettant de produire la substance à grande échelle. Si la matière se mêle à la guerre, la face du monde pourrait en être changée.

    © Bègue, Corbeyran, Fabbro – Delcourt

    Fin du diptyque des Eaux du chaos marquant le retour des Stryges, cet album est loin d’être une fin en soi. Nul doute que la machine est relancée. Corbeyran est remonté loin dans la mythologie qu’il a créée. Le scénariste repousse les origines des Stryges. Leurs apparitions au Moyen-âge du Clan des chimères et du Siècle des ombres n’étaient pas leurs premières immersions dans le monde des hommes. La légende des Stryges montre qu’en Egypte antique elles jouaient déjà un rôle. Au fil des cycles et des séries, on découvre que, plus qu’une série fantastique, l’univers des Stryges est une histoire de politique. Jusqu’à quel point nos dirigeants nous mentent-ils ? Corbeyran nous renvoie la question. Avec quelles forces occultes se sont-ils acoquinés pour nous manipuler ? Le scénariste pousse le curseur aux confins de l’imaginaire pour nous faire comprendre la problématique.

    Nicolas Bègue prouve qu’il est le meilleur successeur possible de Richard Guérineau. Sera-t-il le dessinateur de la prochaine Légende ? Ce serait décevant que ce ne soit pas le cas. La coloriste Lucie Fabbro est également parfaite quand il s’agit de dépayser ou d’effrayer avec des tons ombrés.

    Pour couronner le tout, un cahier graphique réservé à la première édition est composé de huit illustrations d’auteurs présentant leur vision des Stryges, de Ledroit à Bec en passant par Dellac et Chabbert.

    © Bègue, Corbeyran, Fabbro – Delcourt

    Pour tous ceux qui ont pris une claque avec Ombres, un album format classique sorti en 1997, et qui s’annonçait comme le tome 1 d’un « simple » polar fantastique aux relents de comics à l’américaine, La légende des Stryges les mettra dans le même état d’émotion. Quant aux nouveaux lecteurs, ils découvriront la sensation. Après Contact and Inducement, le Grimoire de Venoncius est le nouveau bouquin à dénicher.


    Série : La légende des Stryges

    Tome : Les eaux du chaos 2/2

    Genre : Fantastique

    Scénario : Corbeyran

    Dessins : Nicolas Bègue

    Couleurs : Lucie Fabbro

    Couverture : Richard Guérineau

    Éditeur : Delcourt

    ISBN : 9782413082279

    Nombre de pages : 56

    Prix : 15,50 €


  • Miaou ! / Ouaf !
    par Laurent Lafourcade

    En compagnie des animaux

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    Une journée de classe en ville, une journée de vacances à la campagne. Deux chats, un chien. Entre miaulements et aboiements, Miaou ! et Ouaf ! réveillent la lecture.

                    Deux chats sont lovés l’un contre l’autre sur le lit de leur maîtresse. L’un est noir, l’autre blanc. Des Mious et des Romroms tentent de réveiller la fille endormie. On baille, on s’étire. Il est l’heure d’aller nourrir les fauves. Chacun a sa gamelle mais c’est toujours meilleur dans celle du voisin. Après le petit déj’ pour tout le monde, direction salle de bains. Les gouttes échappées de la douche sur le carrelage sont les meilleures à laper. Une fois prête, cartable au dos, la Miss part à l’école. Les chats, eux, vont en profiter pour vivre leurs vies. Une mouche à chasser, un toit à escalader, un chien à narguer : on ne va pas s’ennuyer.

    © Estrela – Eidola

                    Un jour de vacances, tout le monde en voiture pour un séjour à la campagne, chats compris. On va y retrouver un chien. Le coffre qui claque alerte l’animal. Il vient accueillir les arrivants avec des aboiements tonitruants, effrayant la volaille de la ferme. Si le chien fait la fête aux humains, il n’apprécie guère qu’ils soient venus avec leurs félins. A la campagne, il y a toujours un truc à faire : s’occuper du potager, de la basse-cour. Heureusement qu’il reste un peu de temps pour jouer à la baballe.

    © Estrela – Eidola

                    Miaou ! et Ouaf !, c’est ville versus campagne, c’est bleu versus vert, c’est chat versus chien. Dans un trait épais, rond, enfantin et des couleurs uniformes, Joana Estrela propose deux petits albums sans textes dont les jeunes lecteurs peuvent s’emparer pour se raconter les histoires en autonomie. Dans l’introduction, l’autrice se met en scène et invite les enfants à choisir les noms des chats et du chien avant de commencer à tourner les pages.

    © Estrela – Eidola

                    Sur le site des éditions Eidola, une fiche pédagogique sur Miaou ! est à disposition des enseignants de la Moyenne Section au CP. Elle propose quatre séances : découvrir et raconter l’histoire, observer et comprendre les comportements, un jeu de cubes et fabriquer sa propre bande dessinée.

    © Estrela – Eidola

                    Il n’y a pas d’âge pour commencer à appréhender le medium BD. Avec leurs personnages fédérateurs et un trait universel, Miaou ! et Ouaf ! sont deux portes d’entrée efficaces.



    Titres : Miaou ! / Ouaf !

    Genre : Animaux

    Scénario, Dessins & Tons : Joana Estrela

    Éditeur : Eidola

    ISBN : 97910900935-46/-77

    Nombre de pages : 56

    Prix : 14 €


  • Kagurabachi 8 – Aurore
    par Laurent Lafourcade

    La fille de son père

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    « -Cette personne… Qui est-ce par rapport à moi ? Ce Seiichi Samura-là…

    -C’est ton père. »

    Chihiro Rokuhira apprend à Iori qu’elle est la fille de Samura. Alors que son père, qui pense que les manieurs de sabres ensorcelés sont à éliminer, croyait que ses souvenirs étaient scellés, le sceau qui les dissimulait s’affaiblit. Grâce à Chihiro, elle va à présent remonter à l’origine de la guerre Seitei, il y a 22 ans, lorsqu’apparu en pleine mer du Sud-Est un « petit pays ». C’est de là qu’est originaire le Datenseki, matériau de base des sabres ensorcelés. Les habitants de cette île pouvaient utiliser le Datenseki à leur convenance. Ce fût au début de l’invasion que Kunishige Rokuhira, le père assassiné de Chihiro, réussit à vaincre l’ennemi grâce aux sabres ensorcelés qu’il forgea. Samura était le sabreur le plus rapide. C’est pour éviter que sa fille ne puisse être un otage de l’ennemi qu’il avait fait sceller sa mémoire. Elle voudrait à présent le retrouver, mais s’il s’est battu pour le peuple, il est aussi un meurtrier.

    Kagurabachi © 2023 by Takeru Hokazono 
    First published in Japan in 2023 by SHUEISHA Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    Pendant qu’Iori s’endort, au 34ème étage de l’hôtel Massacre à Kyoto, sur le toît, Chihiro se prépare à une nuit blanche. Il est interdit de pratiquer la sorcellerie à l’intérieur de l’établissement rempli de mafieux où l’atmosphère est tendue. Au rez-de-chaussée, Hiruhiko cherche à savoir si Iori est dans les lieux. Il compte bien faire cracher aux employés ce qu’ils savent. Ça ne va pas être simple : ils ont tous été initiés aux techniques de l’école du sabre unique Reigen Ittô-Ryû. L’hôtel Massacre risque plus que jamais de bien porter son nom.

    Kagurabachi © 2023 by Takeru Hokazono 
    First published in Japan in 2023 by SHUEISHA Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? Ou plus précisément, a-t-on toujours intérêt à tout savoir de son passé ? N’est-ce pas parfois nous protéger de certaines douleurs que de nous le cacher ? C’est la question que pose le mangaka Takeru Hokazono par le truchement du personnage de Iori. D’une part, le poids des actes de ses ancêtres peut être lourd à porter. Par ailleurs, ignorer, c’est aussi éviter, dans le cas de Iori, de se mettre en péril. A partir du moment où elle va apprendre ou ré-apprendre qui est son père, elle devient un danger pour elle-même. Hokazono développe encore plus les chorégraphies de combats au sabre avec notamment une scène vue par le judas d’une porte offrant un point de vue inhabituel.

    Kagurabachi © 2023 by Takeru Hokazono 
    First published in Japan in 2023 by SHUEISHA Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    « Les sabres sont faits pour ceux qui désirent éradiquer le mal et protéger les plus faibles. » Cette sentence en quatrième de couverture est bien trop simple pour résumer l’univers de Kagurabachi. Pour savoir à quoi va servir un sabre, encore faut-il savoir dans quel clan se situe celui qui le brandit.


    Série : Kagurabachi

    Tome : 8 – Aurore

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario & Dessins : Takeru Hokazono

    Éditeur : Kana 

    ISBN : 9782505140597

    Nombre de pages : 192

    Prix : 7,30 €


  • La légende de Bonnie & Clyde 1 – Selon Blanche Barrow
    par Laurent Lafourcade

    Une belle-sœur, une vérité

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    « -Cette charmante Blanche Barrow ! Tout se passe bien ici ? On n’a entendu que du bon à votre sujet ! Votre comportement est exemplaire entre ces murs… Frank et moi tenions à vous féliciter, une remise de peine sera peut-être envisageable ?

    -Cessez de tourner autour du pot, M. Maney Gault ! Quoi que vous me demandiez, je n’dirai rien !

    -Le gang Barrow continue encore et toujours à sévir, des innocents meurent chaque jour qui passe, je vous connais Blanche, ça ne peut pas vous laisser indifférente ! Vous n’êtes pas une tueuse ! Désolé de vous rappeler des souvenirs douloureux mais l’enquête piétine et nous aurions besoin de vos lumières ! »

                    Hiver 1934, dans une prison du Missouri, Blanche Barrow est appelée pour répondre à un interrogatoire de deux policiers. Le gang Barrow, dont elle faisait partie avant d’être arrêtée, continue à sévir. L’enquête piétine. Les flics ont besoin de ses lumières. C’est l’occasion pour elle de remonter aux sources de ce qui l’a amené à fréquenter la bande, son mariage avec Buck, le frère de Clyde Barrow. La grande dépression de 29 ne lui avait pas laissé le choix. C’était la misère ou les ordres. Alors, lorsqu’elle croisa la route de Buck, ce fut la chance de sa vie d’échapper à un destin morose. C’était sans compter sur l’emprise de Clyde sur son frère. Les journaux ont raconté un tissu de mensonges sur Bonnie & Clyde. La vérité est tout autre. Blanche s’apprête à livrer la sienne.

    © Vieillard – Editions du Tiroir

                    Un an auparavant, en 1933, Buck présente Blanche au gang Barrow. La jeune femme prend conscience que son mari, fraichement sorti de prison, n’a pas l’intention de rentrer dans le droit chemin. Il tient cependant à la rassurer. Ces armes, c’est pour de la simple self-défense, et rien d’autre. Pour Bonnie, le nouveau couple a des états d’âme incompatibles au mode de vie du groupe. Dans la soirée, un assaut de la police va mettre tout le monde dans le même panier. En fuite avec le gang Barrow, la vie de Blanche bascule dans l’illégalité et la violence. Braquages de banques et de commerces, n’hésitant pas à tuer, le groupe est en cavale, ne restant jamais plus de deux jours au même endroit. Blanche se trouve au cœur d’une série de hold-ups dans un road trip mortel à travers l’Amérique.

    © Vieillard – Editions du Tiroir

                    La légende de Bonnie & Clyde selon Blanche Barrow est le premier tome d’une trilogie dont chaque épisode proposera le point de vue sur le couple de truands par une personne différente. La belle-sœur inaugure la collection, suivront Henry Methvin, un membre du gang, puis Frank Hammer, le flic à l’origine de la traque. Benoît Vieillard propose ainsi trois vérités dans une esthétique superbe. Chaque séquence est dans un ton de couleurs qui lui est spécifique. La carte de la cavale scande les événements. Le graphisme semi-réaliste permet d’accentuer le côté caricatural de personnages bien réels tout en permettant de supporter la violence, si tant est que ce soit possible. Dans un cahier complémentaire, l’auteur expose son plan de travail et propose un début et une fin alternative qu’il avait imaginées.

    © Vieillard – Editions du Tiroir

                    Ne prétendant pas décrire la vérité, mais trois vérités au sein d’une pure fiction, la trilogie La légende de Bonnie & Clyde commence fort, tant au niveau scénaristique que visuel. A son terme, elle pourrait bien être l’événement éditorial du catalogue des Editions du Tiroir.


    Série : La légende de Bonnie & Clyde

    Tome : 1 – Selon Blanche Barrow

    Genre : Polar historique

    Scénario, Dessins & Couleurs : Benoît Vieillard

    Éditeur : Editions du Tiroir

    ISBN : 9782931251362

    Nombre de pages : 64

    Prix : 19,50 €


  • Starlight 1
    par Laurent Lafourcade

    Cyrius téléphone maison

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    « -Une navette, dans notre atmosphère, et pile au-dessus de nous ! Le jour où je teste mon commu… mon analyseur de vents. C’est un signe du destin ! Alors… On dirait un modèle a-r-long… Il doit utiliser une fréquence basique…. Mais au cas où… Je règle tout à fond !

    -Cyrius ! Pitié, non ! Pauvre fou, qu’est-ce que tu as fait ?!

    -Je leur ai souhaité la bienvenue. Y a pas d’mal à être un peu poli. Du coup, on deviendra potes et je repartirai avec… eux ? »

                    Existe-t-il un moyen de régner en maître sur l’univers ? Le pouvoir, l’argent et les conquêtes ne sont que des outils. Ce qui importe, c’est la force immuable qui permet de les contrôler : la connaissance ! Au fin fond de l’univers, sur la planète Lehnnon, vivent les paisibles Tibbles. Ces êtres rocailleux ont vu leur quiétude bouleversée par la machine de Cyrius Castor Lux, un jeune inventeur terrien de 15 ans. Cyrius n’aspire qu’à une chose : rentrer chez lui. Les Tibbles n’aspirent qu’à une chose : préserver leur tranquillité. Si l’un cherche à envoyer des signaux de contact pour qu’on vienne le chercher, les autres déplorent les catastrophes que provoquent ses inventions.

    © Cardona, Torta – Dupuis

    C’est en testant son nouveau lecteur analytique neuronal gérant les ondes unilatérales et stimulus typiquement éoliens, autrement dit le l.a.ng.o.u.s.t.e. que Cyrius va toucher un vaisseau spatial en approche qui s’écrase sur la planète. Alors que les Tibbles craignent que l’événement ne déclenche une nouvelle guerre, le terrien est tout excité. Près de l’appareil échoué, il fait la rencontre de Valentine Chantilly, une alien enlevée par des pirates de l’espace qui commandaient l’appareil. Ils voulaient l’échanger contre une rançon. Les affreux mis hors d’état de nuire, Cyrius compte bien présenter sa nouvelle amie aux Tibbles, dans leur village d’Abby Rocks.

    © Cardona, Torta – Dupuis

    Elevé avec Ulysse 31, Les mystérieuses cités d’or et One Piece, Philippe Cardona a créé les personnages de Cyrius et Valentine alors qu’il n’était encore qu’au collège. Bien sûr, leurs caractères et caractéristiques ont évolué. Celui qui était un chevalier de l’espace est devenu un héros à la recherche de ses origines, quête qui a fait le succès de nombreuses fictions. Avec Valentine, il lui colle une alter ego qui va contrebalancer son caractère impulsif. Planète Lehnnon, Tibbles, Abby Rocks, autrement dit, John Lennon, les Beattles, Abbey Road, Cardona est fan du groupe britannique et ça se voit dans ces nombreux clins d’œil. Il n’aurait plus manqué que Valentine s’appelle Lucy et elle aurait été dans le ciel avec des diamants. Aux couleurs, Florence Torta assure le changement de planète. C’est vraiment dépaysant tout en restant cohérent.

    © Cardona, Torta – Dupuis

    De la SF jeunesse aux influences mangas, des références pour les parents, de l’action, de l’humour, bref, Starlight a tout pour débuter une carrière populaire. Gamins, il n’y a pas que les mangas dans la vie, lisez Starlight, vous allez tout autant aimer.


    Série : Starlight

    Tome : 1

    Genre : Science-fiction

    Scénario & Dessins : Philippe Cardona

    Couleurs : Florence Torta

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808515351

    Nombre de pages : 128

    Prix : 15,50 €


  • The strange house 3
    par Laurent Lafourcade

    L’autel de la mort

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    « -Votre cousin ?

    -Oui… Il est mort dans la maison de mes grands-parents paternels.

    -Est-ce qu’il a été tué ?

    -Non, c’était un accident. Ou, du moins, c’est ce qu’on dit. »

    A Tokyo et à Saitama, deux maisons, deux mystères. Ce n’était pas assez pour occuper Yanaoka, auteur web spécialisé dans l’horreur et les phénomènes paranormaux. S’appuyant sur l’expertise et les hypothèses de Kurihara, architecte et amateur de romans policiers, il cherche à percer le secret de l’architecture de maisons dans lesquelles des crimes se seraient produits. Yanaoka vient de rencontrer Yuzuki Miyae, sœur de la femme qui habitait la maison de Tokyo. Rapidement, la conversation rebondit sur une autre maison, celle de ses grands-parents paternels, une vieille bâtisse isolée construite sur un terrain dégagé à flanc de montagne, dans laquelle la famille se rendait tous les ans pendant les vacances d’été.

    © 2024 Uketsu, Kyo Ayano. All rights reserved 
    First published in Japan in 2024 by Ichijinsha Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    Dans cette grande maison lugubre, un couloir sans fin desservait des pièces à droite et à gauche. Il se terminait par un grand autel bouddhique. C’est au pied de celui-ci qu’au mois d’août 2006 le cousin de Yuzuki a été retrouvé mort. Yoichi serait décédé accidentellement en tentant de monter sur l’autel. Yuzuki amène Yanaoka sur place. Les grands-parents sont absents. De retour chez Kurihara, après avoir visité la maison et analysé les plans, les enquêteurs se rendent compte que le décès de l’enfant ne serait pas si accidentel que cela. Encore une maison qui cache probablement quelque chose.

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    First published in Japan in 2024 by Ichijinsha Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    Comment fait donc Uketsu pour nous garder en haleine ? Alors que les précédents ne sont pas encore résolus, voici un troisième mystère mis en place. La série est complètement addictive. Le scénariste se renouvèle. Il chope le lecteur. Il l’empêche de refermer le livre avant la fin. C’est incroyablement fascinant. Trois personnages, un décor, rien que ça et on est scotché. Aux dessins, le mangaka Kyo Ayano joue encore plus avec les noirs dans cette maison sombre, restes d’une plus grande bâtisse, dans un environnement angoissant. Ça ne donne pas envie d’avoir un grand couloir chez soi. Il ne manquerait plus que des petites filles à vélo. Et pourtant, pas de fantastique, on reste dans tout ce qu’il y a de plus rationnel.

    © 2024 Uketsu, Kyo Ayano. All rights reserved 
    First published in Japan in 2024 by Ichijinsha Inc., Tokyo
    © Kana 2026

    The strange house pose les bases d’une narration nouvelle. Gōshō Aoyama et Agatha Christie ont trouvé en la personne d’Uketsu un nouveau maître du mystère qui pourrait bien, non pas leur faire de l’ombre, mais les rejoindre dans la maîtrise de leur art.


    Série : The strange house

    Tome : 3

    Genre : Thriller

    Scénario : Uketsu

    Dessins : Kyo Ayano

    Éditeur : Kana 

    ISBN : 9782505143567

    Nombre de pages : 174

    Prix : 7,90 €


  • Graine de vaurien
    par Laurent Lafourcade

    Destination finale

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    « -Bon… Tout le monde en place. On va tendre une embuscade au shérif Nine et ses hommes.

    -Tous à vos postes !

    -Qu… Quoi ?! Ne… Ne… Ne me laissez pas !

    -Hank ! Sur le surplomb, Ice, dans les fourrés. Bulle ! Derrière ce rocher !

    -N… Non ! J… J… J’veux pas ! J’a… J’a… J’arrête de jouer !

    -Mais de quoi t’as peur, Jonas ? On va te libérer après, c’est juste un jeu. Y a même pas de trains aujourd’hui.

    -J’m’en fiche ! J’veux plus jouer ! Je… Je… Je vais le dire à maman.

    -Les gars ! J’échange de rôle avec Jonas. C’est moi le fils du Maire, maintenant. »

    Attaché à des rails de chemin de fer par ses camarades de jeu, Jonas est mort de frousse. Pas de quoi avoir peur, on est jeudi, et le jeudi, il n’y a pas de train. Quand bien même, son frère Bulle propose de prendre sa place. C’est un jeu de rôles. Bulle est donc le fils du Maire pris en otage. Le shérif Nine et ses hommes sont disposés en triangle. Hank est sur le surplomb, Ice derrière le buisson et Fifty donne les ordres. Jonas, vexé, rentre chez lui. Hank, tenaillé par la faim, est parti chaparder une pomme en ville. Les autres, venant d’apprendre qu’il y allait avoir une exécution en ville, filent y assister, laissant Bulle ligoté. Pour que plus de monde puisse venir s’amuser à la pendaison de Warlock, Monsieur le Maire a fait affréter un train spécial. Mais ?… Nous sommes jeudi… Et normalement il n’y a pas de train le jeudi…

    © Toussaint, Prickly – Bamboo

    On imagine le drame inéluctable. La sentence de Warlock est suspendue car un gosse est mort. Terrassés par la culpabilité et craignant d’être considérés comme responsables, les enfants échafaudent un plan machiavélique. Une lettre signée du clan Warlock aurait été retrouvée trop tard, menaçant de tuer le fils du chef de gare si le hors-la-loi n’était pas libéré. La famille est ainsi pointée du doigt. La justice des hommes n’attend pas celle de la loi pour se venger. Entretemps, celui qui devait être pendu en a profité pour s’évader. Quelques années plus tard, un corps ligoté d’enfant est retrouvé sur les rails, puis d’autres, au même endroit. John Warlock serait-il de retour pour se venger ?

    © Toussaint, Prickly – Bamboo

    Tout commence comme un jeu… Tout se poursuit comme un drame. Après Mort Blanche, Kid Toussaint signe une nouvelle histoire sombre chez Grand Angle. Qu’est-ce qui est le plus tragique ? Le destin d’un sniper condamné à abattre l’ennemi ou celui d’enfants qui devront faire leurs vies d’adultes avec la responsabilité de la mort de l’un des leurs sur la conscience ? On ne compare pas les morts. Il n’y a pas d’échelle, il n’y a pas d’excusabilité. Coupables, Fifty et ses compagnons le sont. Devenus adultes, ils ne peuvent effacer le passé. Ils sont dans une « Destination finale ». On comprendra même pourquoi le titre est au singulier et non pas au pluriel. Ça a toute son importance. Le scénariste bâtit le scénario parfait, montant crescendo jusqu’à un final… historique.

    Loin d’Animal Jack et de Mortelle Adèle dont elle a dessiné les premiers albums, Miss Prickly change de public et dramatise son trait, ne faisant aucune concession à la rudesse de l’Ouest américain en ce temps-là. Si graphiquement on peut ranger un album comme celui-ci à côté de ceux d’Alain Henriet, et en particulier La vallée des oubliées paru au Lombard, Miss Prickly se distingue avec ses cases en ombres chinoises qui cassent la structure de la planche en mettant une action en valeur. Elle utilise le procédé sans en abuser, donnant une tension inédite aux événements.

    © Toussaint, Prickly – Bamboo

    Histoire de secret, histoire de culpabilité, histoire de vengeance, Graine de vaurien est un western qui invite à se questionner sur la conséquence de ses actes. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à cacher.


    Titre : Graine de vaurien

    Genre : Western

    Scénario : Kid Toussaint

    Dessin & couleurs : Miss Prickly

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Grand Angle

    ISBN : 9791041115884

    Pages : 128

    Prix : 19,90 €


  • Sophia Stromboli 2 – Knock-out !
    par Laurent Lafourcade

    Chantage sur le ring

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    « -Allo ?

    -Ecoute-moi, tocard ! Si tu veux revoir ta petite Julia vivante, tu as intérêt à te coucher, samedi, compris ?…

    -Ne vous avisez pas de toucher à un seul de ses…

    -Boucle-là ! Contente-toi de faire ce que je dis, et tout ira bien… Mais essaye de nous la faire à l’envers ou de prévenir les flics et on te renverra ta princesse en brochettes saté ! »

    Sur le ring de boxe, Enzo Bambini vient de terrasser son adversaire. Le poulain de Don Pecorino est en pleine forme. Mais en rentrant dans sa chambre d’hôtel le soir même, c’est une drôle de surprise qui l’attend. Tout a été retourné et sa chère Julia a disparu. Il apprend rapidement par un coup de fil anonyme que s’il veut la revoir vivante il lui faudra perdre son prochain match. Dépêché sur les lieux, la Capitaine Sophia Stromboli constate les faits. Mais que fait donc Lino sur place ? Ce margoulin lui explique que c’est le boxeur lui-même qui a pété un câble et que c’est le mobilier qui a trinqué. La policière n’est pas dupe. Si l’hôtel a accepté un chèque pour préserver sa réputation, Sophia compte bien éclaircir la situation.

    © Van De Walle, Walthéry, Taymans, Taymans – Editions du Tiroir

    Pendant ce temps, sa copine la journaliste Sandra Ricci rencontre un indicateur qui lui dit ce qu’il sait sur l’affaire. Déguisée en soubrette, elle s’introduit dans le Palazzio pour fouiller la chambre de Bambini de fond en comble. Le lendemain, le scandale est à la une de son magazine Diva. Sandra en sait plus que Sophia sur ce qu’il s’est passé ce qui met un peu d’eau dans le gaz dans le couple. Sophia part interroger Don Pecorino pour savoir si le richissime mafieux y est pour quelque chose dans le chantage. Sandra, de son côté, va découvrir qu’ils sont tous en train de se fourvoyer.

    © Van De Walle, Walthéry, Taymans, Taymans – Editions du Tiroir

    Taymans père et fille écrivent un scénario policier drôle et inattendu. On se fait tous prendre dans un piège. L’idée est géniale. Sandra Ricci tire son épingle du jeu en volant un peu la vedette à Sophia. Si François Walthéry supervise l’album, c’est Nico Van De Walle qui est au dessin. L’auteur a ceci de particulier que les expressions de ces personnages sont impeccables. Il les anime comme des Muppets, avec une exagération vraiment marrante quand il le faut. Il se fond dans le « Walthéry Style » en gardant son ADN. Comme quoi, c’est possible. Van De Walle modernise le classique. Il y a à voir dans tous ses coins de cases et le dessinateur n’a pas peur des scènes de foule, comme ce match où l’on peut reconnaître dans le public son éditeur et ses copains auteurs des éditions du Tiroir.

    © Van De Walle, Walthéry, Taymans, Taymans – Editions du Tiroir

    Bienvenue en Sardaigne ! Avec les enquêtes de Sophia…et Sandra, on ne peut plus dire qu’on est dans du classique car le ton est vraiment nouveau. Ne changez rien à l’équipe de ce tome 2. En poursuivant sur cette voie, on tient là une série qui mérite d’être longue.



    Série : Sophia Stromboli

    Tome : 2 – Knock-out !

    Genre : Thriller

    Scénario : Johanna & André Taymans

    Dessins : Nico Van De Walle &François Walthéry

    Éditeur : Editions du Tiroir

    ISBN : 9782931251409

    Nombre de pages : 48

    Prix : 16 €


  • Les Foot furieux 30 – Let Derby Love !
    par Laurent Lafourcade

    Match retour !

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    « -M.Lataupe, vous n’êtes pas sans savoir que nous avons perdu le premier derby de l’année…. Mais un second aura lieu dans un mois et celui-là, nous devons le gagner à tout prix… Et par tous les moyens ! »

    Après la victoire de Ville-Haute sur Ville-Basse grâce au but de Baptiste, M. Fontaine l’a mis dehors pour être aller jouer pour l’ennemi. Victime collatérale de l’éviction, Lily pleure le départ de celui qu’elle aime. Devant le fait accompli, Baptiste fait de l’auto-stop direction Marseille afin d’aller à la rencontre d’une fille qui a retrouvé sa trace sur les réseaux sociaux. Dans la cité phocéenne, une équipe de football féminine est en plein entraînement. L’une d’entre elles, Camille, surclasse les autres. Camille, c’est la sœur jumelle de Baptiste. La vie les a séparés. Ils se retrouvent autour de leur passion du ballon rond. Pendant ce temps, à Ville-Basse, on prépare le match retour du Derby. La présence de Roberto suffira-t-elle pour décrocher la victoire ?

    © Bultreys, Gürsel, Manhaes – Kennes

    Après Let Derby Rock, Let Derby Love est la seconde partie de cette nouvelle vie de Foot furieux avec Daniel Bultreys au scénario. Gürcan Gürsel trouve avec lui un souffle nouveau après tant d’albums, les gags laissant place à un long récit. La transition se fait en douceur avec le séquençage des scènes, qu’il sera peut-être judicieux de laisser tomber pour la suite afin de ne pas créer de confusion chez le lecteur qui pourrait croire ouvrir le livre dans une page presque au hasard et lire une histoire courte. Non, il y a bien un début, un milieu et une fin.

    © Bultreys, Gürsel, Manhaes – Kennes

    Le diptyque tournant autour d’un transfert d’équipe inattendu, à l’heure du démarrage très prochain de la nouvelle coupe du monde, revenons sur quelques faits marquants dans l’Histoire du mercato. Souvenez-vous. Tel Baptiste « trahissant » Ville-Basse pour Ville-Haute, en 2000, El Pesetero Luis Figo quitte le FC Barcelone pour le club rival du Real Madrid. En 2009, Carlos Tevez quitte Manchester United pour l’autre bout de la ville en rejoignant Manchester City. En 2017, le PSG signe un chèque record de 222 millions pour débaucher Neymar. Quatre ans plus tard, c’est Messi qui quitte le Barça et ses problèmes financiers pour regagner Paris gratuitement. Dans le foot, tout est question de pognon, et quand il n’y en a pas, ou pas assez, il faut des filles pour séduire les joueurs. N’est-ce pas, Rose ?

    © Bultreys, Gürsel, Manhaes – Kennes

    Qui sortira vainqueur du grand derby Ville-Basse versus Ville-Haute ? Amateurs de foot et de love stories, vous le saurez à l’issu du match retour !


    Série : Les Foot furieux

    Tome : 30 – Let Derby Love !

    Genre : Aventure humoristique footballistique

    Scénario : Daniel Bultreys

    Dessins : Gürcan Gürsel

    Couleurs : Gürcan Gürsel & Manhaes

    Éditeur : Kennes

    ISBN : 9782931300510

    Nombre de pages : 48

    Prix : 11,95 €


  • Nini Cordy 1949
    par Laurent Lafourcade

    Partition pour une meneuse de revue

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    « -Vous dites avoir trouvé le corps en arrivant ici il y a à peine une heure ?!

    -Oui, inspecteur. Je suis Jean Omer, le directeur de ce cabaret, c’est moi qui vous ai appelé.

    -Et vous savez qui c’est ?

    -Bien sûr, c’est un trompettiste de mon orchestre Sergueï Drugayatserkov, un dissident russe.

    -Monsieur Omer a toujours aimé aider les gens en détresse. Déjà pendant la guerre, avec les juifs…

    -Z’êtes qui, vous ?

    -Nini Cordy, notre meneuse de revue. »

    Bruxelles 1949. Un homme court dans la nuit. Poursuivi, il se réfugie au cabaret Le bœuf sur le toit. Ce n’est pas par hasard. Il a juste le temps de laisser un message dans une partition à destination d’une certaine Nini avant d’être abattu par ses chasseurs. La victime, Sergueï, un trompettiste de l’établissement, dissident russe, a pu dissimuler la page arrachée du cahier mais l’empreinte de son écriture permet aux tueurs de comprendre que cette fameuse Nini va tout savoir. Un coup d’œil sur l’affiche leur permet de découvrir que Nini, c’est Nini Cordy, la meneuse de revue du cabaret où ils se trouvent. Le lendemain, la police arrive sur les lieux pour mener son enquête. Malgré le drame et le mystère, au cabaret, « The show must go on ! ».

    © Alvès, Swysen, Drac – Anspach

    A la faveur d’une gamelle comme elle le dit, Nini Cordy tombe, c’est le cas de le dire, sur le message de Sergueï. Au-dessus de la page de partition, ces mots : « Pour Nini Ne montrer à personne !! », juste au-dessus des notes de musique. Pourquoi cette partition ci et pas une autre ? Que cherchait à lui faire savoir le malheureux ? Voilà de quoi exciter la curiosité de l’artiste qui va rapidement devenir gênante pour les deux agents soviétiques qui ont assassiné le trompettiste. Nini habite encore chez ses parents. Entre sa vie de famille et son métier de chanteuse et danseuse de cabaret, la future grande star du Music-Hall mène l’enquête.

    © Alvès, Swysen, Drac – Anspach

    On connaît tous la carrière de la talentueuse Annie Cordy. Un cahier complémentaire revient sur ses débuts. Chanteuse, comédienne, un sourire incomparable, elle symbolisait la joie de vivre. En étroite collaboration avec sa nièce Michèle Lebon-Cooreman, le scénariste Bernard Swysen a la géniale idée de la transformer en héroïne de fiction, en Tintin en jupons. D’ailleurs, cet album ne serait-ce pas le meilleur album de Tintin depuis la mort de Hergé ? Trêve de plaisanterie, Nini Cordy 1949 entre dans la plus pure tradition de l’immortelle BD franco-belge. En pleine guerre froide, le récit mêle polar basé sur une anecdote historique, à savoir les engagements idéologiques du compositeur Dmitri Chostakovitch, et moments véridiques de la vie d’Annie Cordy. Héritier de l’école Martin, ayant déjà montré ses compétences sur cinq albums de Lefranc, le dessinateur Christophe Alvès prouve sa solidité. La maison dans laquelle Nini est retenue prisonnière ressemble énormément à celle du Professeur Bergamote dans Les 7 boules de cristal. Clin d’œil également aux Aventures de Rabbi Jacob lors d’un arrêt à la pompe. Aux couleurs, Drac accentue l’ambiance d’époque avec des tons tirant légèrement sur l’ocre.

    © Alvès, Swysen, Drac – Anspach

    Comédie de Gérard Oury, film d’espionnage de Jean-Pierre Melville, Nini Cordy 1949 est un hommage non seulement à une artiste populaire avec un P majuscule mais aussi à toute une culture du divertissement de l’après-guerre. On souhaite à Swysen et Alvès le même succès que Weber et Deville, et que, à l’instar de Kathleen, Nini Cordy devienne une héroïne de série.


    Titre : Nini Cordy 1949

    Genre : Polar

    Scénario : Bernard Swysen

    Dessins : Christophe Alvès

    Couleurs : Drac

    Éditeur : Anspach

    ISBN : 9782931105559

    Nombre de pages : 56

    Prix : 16,50 €


  • Boulevard Tintin – Tintin dans tous ses états
    par Laurent Lafourcade

    Le surenfant et son univers

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    « Je crois qu’il y a moyen à propos de Tintin d’aller plus loin qu’on ne l’a fait jusquà présent. (…) Quand une chose comme ça a du succès pendant si longtemps, c’est qu’il y a une raison. Laquelle ? » (Hergé)

    Jean-Marie Apostolidès a été l’un des premiers et des plus éminents hergéologues. Disparu en 2023, il a laissé des ouvrages d’étude qui ont fait date ainsi que de nombreux articles dans diverses revues consacrées à l’univers Tintin. Sous la houlette de Benoît Peeters qui signe la préface, c’est l’un de ses livres aujourd’hui épuisé et un large panel d’articles qui sont réunis dans cet ouvrage. Tintin dans tous ses états s’ouvre donc par la réédition de Tintin et le mythe du surenfant qui retrouve pour l’occasion le titre que lui avait donné originellement son auteur, à savoir Hergé et le mythe du surenfant, avant de découvrir en deuxième partie un ensemble de textes essentiellement issus des revues Doryphores et Les Amis de Hergé.

    © Aspotolidès – Les impressions nouvelles

    Tintin n’est pas un surhomme. Tintin est un surenfant, terme qu’il emprunte à Olivier Todd pour son côté débonnaire en culottes de golf. Jean-Marie Apostolidès le démontre. Il faut être costaud pour affronter la mafia américaine et les magnats de la drogue. Il ressoude entre deux générations une confiance brisée en 1918 qui a vu la jeunesse sacrifiée sur le front. Juste après la Première Guerre Mondiale, Hergé crée un personnage d’actualité et invente la plupart des codes d’un art encore nouveau, celui de la bande dessinée. Au fil du temps, Tintin et ses partenaires de jeu ne vieillissent pas alors que le monde évolue. Le héros partage son éternité. Apostolidès nous entraîne dans les méandres du monde de Hergé, non seulement chez Tintin, mais aussi chez Jo et Zette. Ni famille, ni temps qui passe, en résumé, le mythe du surenfant, c’est cela. Le secret de la Licorne sera le seul épisode où il est question de passé. Jo et Zette, eux, ont une famille. Les aspects refoulés dans Tintin se trouvent là. Apostolidès en fait l’analyse avant de montrer comment les aventures de Tintin sont passées d’histoires manichéennes à d’autres plus complexes. De Rouletabille à Harry Potter, des influences aux successeurs, le surenfant a eu des prédécesseurs tout autant qu’il a fait des émules. Réussira-t-il à prendre le virage du siècle ?

    © Aspotolidès – Les impressions nouvelles

    La seconde partie du livre est donc consacrée à des articles rédigés par Jean-Marie Apostolidès. Le premier s’attarde sur Hergé lecteur qui, enfant, a lu Roi et Paysan d’Emile Moreau et surtout le célèbre Sans famille d’Hector Malot, l’histoire de Rémi. Tiens ? Presque Remi. Après avoir parlé de costumes d’animaux puis de chasse, le texte suivant est issu d’une conférence de 2010 sur le corps de Tintin ou masculin et féminin dans l’univers d’Hergé. Refoulement, androgynie, rivalité avec le monde masculin, relation avec la mère, le scoutisme, Hergé/Tintin, Tintin/Hergé, l’auteur a nourri sa création. C’est nous lecteur qui prolongeons sa vie et en faisons un mythe.

    © Aspotolidès – Les impressions nouvelles

    Le texte suivant est inédit : Tintin et le mystère de la Trinité traite de manière philosophique du trio Tintin-Haddock-Tournesol. Le secret de la Licorne et Le temple du Soleil sont au programme des deux analyses suivantes, avant un portrait de Jacques Legrand, le père de Jo et Zette. En guise de postface, un texte inédit est présenté comme un autoportrait kaléidoscopique, comme si plusieurs personnages des aventures de Tintin n’était qu’une seule et même personne.

    © Aspotolidès – Les impressions nouvelles

    Jean-Marie Apostolidès fut un essayiste particulièrement pointu de l’œuvre d’Hergé. Cet ouvrage rend hommage à son analyse, en remettant sur le devant de la scène des clefs qu’il a donné pour mieux comprendre le monde de Tintin et y replonger encore et encore. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.


    Titre : Tintin dans tous ses états

    Genre : Ouvrage d’étude

    Auteur : Jean-Marie Apostolidès

    Éditeur : Les impressions nouvelles

    ISBN : 9782390702894

    Nombre de pages : 256

    Prix : 22 €


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