Des petits égyptiens
« -Gloire à Imhotep !!! Gloire à Ptah qui t’a ramené parmi nous !!!
-Comme il est bon de vous revoir ! Et toi, Renisenb, ma fille bien-aimée revenue parmi les siens… Quelle beauté ! Mes chers fils, ma chère fille, mes amis… j’ai une grande nouvelle à vous annoncer… Je vous demande d’accueillir ma nouvelle concubine, Nofret ! Elle est venue avec moi de Memphis dans le Nord. Je suis sûr que vous l’aimerez autant que vous m’aimez ! »
2000 ans avant Jésus-Christ, une felouque accoste sur les berges de Thèbes. A son bord, Imhotep est de retour avec Nofret, une nouvelle concubine, pour laquelle il demande le meilleur accueil. Ses fils et ses filles ne sont pas franchement réjouis. Leur père l’a déjà couverte de bijoux et de vêtements. Voilà où passent leurs revenus. Ce n’est pas l’attitude hautaine de la nouvelle venue qui va apaiser les choses. Seule Hénet se réjouit pour Imhotep. Sa défunte femme serait heureuse qu’il ait choisi une telle concubine pour ensoleiller ses jours. Sa mère, Esa, ne pense pas que cette belle femme de 19 ans ramène l’harmonie dans la maison. Il n’en a cure. Il est celui qui nourrit tout le monde et n’a de comptes à rendre à personne.

Tout le monde connaît Agatha Christie pour les british polars contemporains de son époque qui ont fait sa gloire. On savait moins que la passionnée d’archéologie avait écrit un whodunit égyptien antique. Isabelle Bottier l’adapte en transposant tout le suspense et la tension du roman. L’ambiance est rapidement anxiogène. Nofret est détestable à souhait. Sera-t-elle victime ? Sera-t-elle l’instigatrice d’un crime ? Le climax arrivant en milieu d’album, laissons le mystère à son comble. Emmanuel Despujols nous offre un voyage dans le temps dans un graphisme parfait pour les grandes étendues sablonneuses et les intérieurs peu meublés et finement décorés, avec en point d’orgue la résolution de l’énigme en forme de fresque égyptienne.

Avec soixante-six romans et une centaine de nouvelles au compteur, Agatha Christie est l’une des romancières les plus célèbres à travers le monde, et aussi l’une des plus adaptées à la télévision, au cinéma et bien sûr en bande dessinée. Depuis des années, plusieurs éditeurs ont lancé des collections : Claude Lefrancq, Emmanuel Proust, et maintenant Paquet. Certains titres ont été adaptés plusieurs fois, permettant d’intéressantes comparaisons. La mort n’est pas une fin, peut-être parce qu’il est « hors-série », ne l’avait jamais été. Cette affaire de famille hors du commun est ici réhabilitée. Bien malin qui devinerait la clef de l’énigme avant son dernier rebondissement.

Les morts sur le Nil ne datent pas que du XXème siècle. Près de 4000 ans plus tôt, on aurait bien eu besoin d’Hercule Poirot pour ce polar dont les meurtres se succèdent comme dans les thrillers de tueurs en série.
Série : Agatha Christie
Titre : La mort n’est pas une fin
Genre : Polar
Scénario : Isabelle Bottier
Dessin : Emmanuel Despujols
Couleurs : Juliette & Emmanuel Despujols
D’après : Agatha Christie
Éditeur : Paquet
ISBN : 9782889325689
Pages : 64
Prix : 16,90 €



