Mission spatiale
« -Enregistrement sur image fixe… Khâny !…
-Yoko… Visite secrète cette nuit… Veillez à protection mentale maximale… »
Alors que le père d’Emilia arrive en hydravion à Glasgow et repart avec sa fille, en fin d’après-midi, Yoko reçoit un message codé de Khâny sur son ordinateur annonçant sa visite secrète et demandant une protection mentale maximale. Quelques heures plus tard, une navette vinéenne se pose sur l’esplanade du cottage. En sortent Poky et Khâny. Cette dernière apprend à Yoko qu’un vaisseau, moteurs coupés, ne contenant que de l’énergie et quelques robots de service, se dirige vers l’orbite terrestre. Khâny a voulu l’examiner de près avec Myna, mais la petite robot s’y refuse sans la présence de Yoko. C’est pour cela qu’elles sont venues la chercher. Les fantômes qui hantent l’Ecosse ont leur histoire, mais ceux qui sillonnent l’espace ne livrent leurs secrets que si on les séduit.

Pour cette trente-deuxième aventure de sa fille plus qu’adoptive, Leloup convoque de nombreux personnages qui ont fait l’histoire de la série. Le casting est cinq étoiles. Pour cela, et conformément à son habitude d’alternance avec les péripéties terrestres, il fallait partir dans l’espace pour profiter de toute la technologie vinéenne. Si, n’ayant aucune raison de partir, Emilia est envoyée épauler son père en mission dès le début, ce n’est pas de la compagnie qui va manquer à Yoko. Khâny va déclencher les hostilités en voulant explorer un vaisseau caché derrière la lune. Myna, la petite robot, a un rôle déterminant. Les afficionados ne cacheront pas leur plaisir de retrouver Akina, Poky, Syrby, Yvâ et surtout… surtout… Vic et Pol. Comme un écho aux Titans et ses mantes géantes, ce sont des fourmis démesurées qui sont ici mises en scène. Et lorsque Yoko passe devant la lune, on pense à un certain reporter à la houpette sur lequel Roger Leloup a travaillé.

On ne mène pas une série depuis plus de cinquante ans par hasard. Leloup a toujours l’intelligence (naturelle) de ne pas laisser sa série dans la naphtaline. Le créateur avance avec son temps. Aujourd’hui, il s’inquiète de l’utilisation de l’intelligence artificielle. Pouvant être utilisée autant pour faire le bien que le mal, Leloup la compare aux drones, jouets innocents employés sur les champs de bataille. Il voit en ces dérives la maladie humaine de la domination.
Chez Dupuis, il reste peu de séries de plus de 30 ans. Cédric, L’agent 212, Jérôme K.Jérôme Bloche en font partie. En remontant encore le temps, Les Tuniques Bleues et Yoko Tsuno sont les derniers dinosaures. Alors, lorsque l’on ouvre un nouvel album de Willy Lambil ou de Roger Leloup, même si graphiquement l’âge entraîne quelques petites imperfections, on ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au cœur en pensant à tout ce qu’ils nous ont offert.

A 92 ans, Roger Leloup démarre un trente-troisième album de Yoko Tsuno. Il déclare : « La vie a été généreuse avec moi. Ne serait-ce que parce qu’elle m’a offert la grande chance de croiser Yoko… » Et nous, lecteurs, en plus, de croiser Roger.
Série : Yoko Tsuno
Tome : 32 – L’intelligence intemporelle
Genre : Aventure
Scénario & Dessins : Roger Leloup
Couleurs : Leonardo
Éditeur : Dupuis
ISBN : 978280850…
Nombre de pages : 48
Prix : 12,50 €



