La vie de quartier
« -Tu dois être la nouvelle voisine, je suis Colin !
-Moi, c’est Ginger.
-Bienvenue à Bougainvillier, Ginger ! Tu viens de loin, je me trompe ?
-De l’autre côté de la ville.
-Je me disais bien que tu avais un drôle d’accent. »
Ginger est venue des Mimosas pour s’installer avec sa mère et son petit frère dans le quartier de Bougainvillier. Partie explorer les alentours, elle ne tarde pas à faire des rencontres et à se constituer une bande de copains. Colin lui présente ses potes. Loup porte tout le temps un sac sur la tête, par timidité. Issa est le costaud de la bande. Il n’est pas très rassurant quand il parle de Monsieur Doberman, alias le tueur de Père Noël. En béquilles ou en fauteuil roulant, Amy est plus scientifique. Elle cherche à comprendre le pourquoi du comment des choses. Dorian, c’est le grand-frère de Colin. Il n’est pas très adroit pour draguer Nouria pour qui il a un p’tit crush.

Tout va changer dans la vie de Ginger le soir d’Halloween. Elle adore Halloween parce que c’est la période des sorcières. Elle ne savait pas qu’en remplaçant une pincée de crotte de chauve-souris et un soupçon de musc de rat par du lait et de la cannelle dans sa potion de magie noire elle allait créer un petit bonhomme en pain d’épices vivant ! Elle pensait tout simplement préparer un gâteau pour sa mère. Loin d’être diabolique, la créature est baptisée Bread. Comme ça, avec Ginger, ça fera Gingerbread, ce qui veut dire pain d’épices en anglais. Bread tente de s’intégrer au petit groupe d’enfants mais n’insiste pas plus que ça, surtout quand Issa se demande quel goût il pourrait bien avoir. Bread va préférer passer son temps sur le divan, à soulever ses questions existentielles à une poupée de chiffon assise à côté.

Le Comic Strip américain peut numéroter ses abattis. Les Peanuts ont enfin trouvé leurs concurrents francophones avec la bande de Bougainvillier. A la fois hommage à l’art dessiné de la presse quotidienne et renouveau dans le genre, Bougainvillier dresse le portrait d’une communauté drôle et attachante, à la manière de Charlie Brown et ses camarades. Petit clin d’œil à Calvin et Hobbes également avec ici aussi un personnage qui ne devrait pas parler : ce n’est pas un tigre en peluche mais un bonhomme-gâteau en pain d’épices. Les demi-planches colorisées alternant avec les strips font écho aux planches dominicales où l’on retrouvait les mêmes personnages dans un plus long format. Le seul problème de Bougainvillier c’est qu’on n’ait pas le bonheur, époque oblige, de le découvrir jour après jour dans la presse.

Marc Dubuisson est le scénariste d’humour du moment à suivre. Il a signé plusieurs albums dans la poilante collection Pataquès chez Delcourt, dont fait partie celui-ci. Il est aux commandes de la prometteuse série Working Dead dans Spirou. Il a écrit le scénario du dernier album des Schtroumpfs, et surtout, il a scénarisé le triptyque complètement barré Camp Coyote. Issu de l’animation, Sylvain Bec a le feeling idéal pour rendre le petit monde de Ginger aussi drôle qu’attachant. Bougainvillier est le quartier où tout le monde voudrait maintenant habiter. Impossible d’en rester là.
Titre : Bougainvillier
Genre : Humour
Scénario : Marc Dubuisson
Dessins & Couleurs : Sylvain Bec
Éditeur : Delcourt
Collection : Pataquès
ISBN : 9782413088981
Nombre de pages : 80
Prix : 16,50 €



