L’œil de l’avenir
« -Attends. Tu en as rêvé ? Comment ça, « rêvé » ?
-Je ne sais pas, mais… Ecoute, je voudrais juste savoir quel était le rapport entre papi et cet hôtel.
-Ça, je n’en ai aucune idée.
-Pourquoi tu ne veux jamais parler de lui ?! Et qu’est-ce qui s’est passé entre vous, d’ailleurs, merde ? »
Quand elle était petite, Theresa et son grand-père étaient inséparables, pendant que sa mère préférait les soirées entre amis. Aujourd’hui, la jeune femme, qui n’arrête pas de rêver d’un hôtel, tombe sur une photo de son grand-père devant ce bâtiment, l’Edgewater, qui a été détruit il y a déjà vingt ans. Elle questionne sa mère Vickie à ce sujet. Cette dernière reste muette. Pour elle, c’est de l’histoire ancienne. Pas la peine de remuer le passé. Entre la voyante atteinte d’un cancer et sa fille le torchon brûle. « Si c’est si horrible de vivre avec moi, tu devrais peut-être rentrer chez toi. » Avant de quitter Limberlost, Theresa se rend chez Alex, son ex. En touchant la main de son fils Henry, Theresa a la vision d’un donjon, dans lequel elle se voit, enfant, avec son grand-père. Tout ça va décider Theresa à arrêter de fuir à la poursuite d’elle-ne-sait-quoi. Elle reste pour attendre qu’« il » vienne à elle.

Dans l’attente, Theresa propose des séances de voyance gratuites. Alors que le Lieutenant Brad lui demande de l’aider dans une affaire, Vickie fait la connaissance de Miles Oakley, un gars qui fait du porte-à-porte. Il est membre du comité qui essaie d’empêcher l’implantation d’une centrale électrique. Il faisait partie du groupe les Hardknockers dont il était bassiste. Elle l’a vu une douzaine de fois en concert dans les années 90. Tandis qu’ils vont fricoter ensemble, le flic montre à Theresa un symbole taggué sur un mur : un œil dans un triangle inversé. Ce signe fleurit dans tout le Comté depuis deux ou trois ans, bien avant que la jeune femme ne revienne.

Après un premier volume où il était seul aux manettes, Jeff Lemire s’adjoint les services d’une dessinatrice Letizia Carbonici et d’un coloriste Patricio Delpeche, afin d’assurer le rythme mensuel de parution. Très attaché au graphisme et à la colorisation aquarelle, l’auteur a tenu à trouver des artistes qui respecteraient son cahier des charges. Rencontrée dans une convention, Carbonici était son premier choix. Lemire reste seul scénariste et directeur artistique, tout en co-dessinant. On peut remarquer dans les croquis de l’autrice que son style était légèrement différent. On mesure ainsi les efforts faits pour entrer dans les chaussons du créateur.

A Limberlost, on est presque perdu dans les limbes. Le nom de la ville n’est pas anodin. Les arcanes mineurs de Jeff Lemire en font une série majeure. Alors qu’on s’apprête à en apprendre vraiment plus sur son grand-père Budd, les visions de Theresa n’ont pas fini de soulever des questions.
Série : Minor Arcana
Tome : 2 – La roue de la fortune
Genre : Fantastique
Scénario : Jeff Lemire
Dessins : Jeff Lemire & Letizia Carbonici
Couleurs : Patricio Delpeche & Jeff Lemire
Éditeur : Delcourt
Collection : Contrebande
ISBN : 9782413091424
Nombre de pages : 144
Prix : 17,50 €



