Amours magiques
« -Qu’est-ce qui t’a pris d’aller à cette fête ?
-Père, je…
-Tais-toi ! Tu fais honte à toute notre famille ! A notre nom ! Tant que tu ne l’auras pas retrouvée, tu n’es plus mon fils ! Je te déshérite et te bannis de la cité ! Comment oses-tu inventer cette histoire de sorcier !? Hors de ma vue !
-Je la retrouverai, je le jure. »
Promise au mariage avec Berthier de l’Eau, le fils du Comte, Cléa rêve d’un avenir qu’elle aurait décidé. Le jeune homme est beau, certes. Qui plus est, il n’est pas méchant et serait même avenant. Cléa a rencontré la veille un saltimbanque dans la rue. Il lui a demandé de tirer une carte, mais le tour n’est pas allé plus loin car il fallait rentrer. Or, la même carte tombe de la manche de Berthier. Quelle est donc cette sorcellerie ? Le soir, dans sa chambre, Cléa a la surprise de voir apparaître Pierrot, le magicien de la rue, qui lui prouve que la magie existe bel et bien. Il l’invite à sortir des cases pour voir le monde sous un autre angle. C’est si fou et beau. Pour Cléa, c’est la liberté.

Pour la première fois, la jeune femme a des papillons dans le ventre. Elle est en train de tomber sous le charme de Pierrot, qui l’invite le lendemain à la fête de la Lune. Pour y aller, il faut oser, elle demande à Berthier de l’y conduire. C’est masqué que le jeu amoureux va commencer. Pierrot enlève la belle sous les yeux de son rival. Dans la forêt, Cléa découvre Bernard, l’arbre-maison du magicien, et Schrödinger, ni hibou ni chat, à la fois mort et vivant, heureux et triste, silencieux et bruyant. Loin de dire son dernier mot, Berthier file à bride abattue dans la forêt pour tenter de récupérer Cléa. Qu’il prenne garde aux alliances qu’il serait enclin à conclure. La sorcellerie est une maîtresse dangereuse.

Jim Bishop est de ces auteurs comme Gaëlle Genniller dont chaque album est un envoûtement amoureux. Mon ami Pierrot est une réflexion sur la passion amoureuse et le libre-arbitre dans le choix de son destin. A une époque où les mariages dans la noblesse étaient imposés, Cléa fait figure de rebelle. A l’inverse de nombreux contes, les sentiments ne sont pas ici manichéens. Cléa se rend compte que Pierrot joue trouble jeu. Berthier veut récupérer sa promise mais n’endosse jamais le costume de forceur. Il affirme sa présence et son désir de conquête, avec de dangereuses complicités magiques. Au fil du récit, les faux semblants vont laisser place aux véritables émotions. Tout le monde y laissera des plumes. L’adolescence apprend la passion et ses ravages.

Avec ce conte qu’auraient pu écrire Charles Perrault ou les frères Grimm avec la cruauté sous-jacente qui émanait de leurs œuvres, Jim Bishop montre que l’époque du succès de ce type de récits est loin de s’éteindre. La chandelle de Mon ami Pierrot luit ici de toute la splendeur des flammes éternelles.
One shot : Mon ami Pierrot
Genre : Fantastique
Scénario, Dessins & Couleurs : Jim Bishop
Éditeur : Glénat
Collection : BD poches
ISBN : 9782344076057
Nombre de pages : 264
Prix : 10 €



