Le miroir de l’humanité
« -Tu crois vraiment que je ne t’ai pas vu faire le beau toute la soirée devant cette petite pimbêche ?
-Hein ? Quoi ? Moi faire le beau ? Mais absolument pas, Louloute ! Où vas-tu chercher une idée pareille ? »
Un couple court dans les eaux d’une plage paradisiaque, s’embrasse et s’enlace, avant de, quelques semaines plus tard, rejoindre la civilisation. Le reportage « humanier » n’a pas l’air de passionner Monsieur tortue marine qui ferait mieux, selon les conseils de sa femme qui fait la vaisselle, d’aller se coucher. Les voyages en classe business, ce n’est plus ce que c’était. Les castors voyageant dans l’avion vont s’en rendre compte quand on va leur servir du sapin au lieu du chêne. Ça a beaucoup baissé. Une pieuvre joue de la guitare devant une foule en délire. Jimmy Hendrix peut aller se rhabiller. Elle maîtrise. Pas comme ce serpent dépité de ne pas posséder autant de membres.

Quand on fait partie du monde escargot, il faut faire preuve de patience, de beaucoup de patience. M’enfin, l’échelle du temps ne semble pas être la même chez eux et chez les autres. Sur la table d’opération, ce patient gastéropode doit se faire intuber. Vite, il faut aller chercher le matériel nécessaire ! Attraper une mouche avec des baguettes, pour un escargot, il va lui falloir de la complicité. Le plan sera parfait pour donner l’illusion au prof de karaté que la situation est maîtrisée. On va même assister au tournage d’un film olé olé pour bestioles à coquilles. Le réalisateur va mettre plusieurs jours à tourner la scène. L’ouverture des soldes vaut son pesant de bave. Il n’y aura pas besoin de repasser la scène au ralenti. Quant à l’incendie à New-York, pas de panique, Supersnail est en route.

Couronné du prix Gotlib 2024, Mo/CDM est de retour avec des animaux à la place des jeunes et des vieux de Gen War. Nos amis à poil, à plumes et à écailles en prennent pour leur grade, ou plutôt, on observe à travers eux ce que nous sommes. Quelques cartoons alternent avec les gags en une planche. Ça pulse et ça percute. Assistez à un repas chez les chauves-souris, à une séance de yoga bovine, à un baptême de plongée pour poissons, à des vacances au soleil pour ours polaires, ou encore à un retour de soirée de requin marteau éméché. Mo/CDM aligne les albums plus marrants les uns que les autres. Celui-ci ne déroge pas à la règle.

Bêtes comme nous, tout est dit dans le titre. On dit que les animaux sont intelligents. En fait, ils sont aussi couillons que les humains. A mi-chemin entre le reportage animalier et le précis sociologique, l’album n’a au final qu’un seul but : nous faire marrer dans un miroir de ce que nous sommes.
Titre : Bêtes comme nous
Genre : Humour
Scénario, Dessins & Couleurs : Mo/CDM
Éditeur : Fluide glacial
ISBN : 9791038209657
Nombre de pages : 56
Prix : 13,90 €



