La mère assassinée
« -Notre mère s’appelait Pacifica Brandani… Une jeune noble d’Urbino oubliée de tous. Elle est morte très jeune. Elle était l’amante de notre père, Julien de Médicis. Nous sommes donc des bâtards…
-Pour la première fois, ma mère n’est ni reine, ni princesse. Mon frère, je serais tenté de te croire ! »
1532. A Rome, au Vatican, commandée par sa Sainteté, une statue de l’Apollon printanier destinée à la bibliothèque papale vient d’être livrée. C’est une supercherie. Il s’agit de Cinq Avril soigneusement maquillé qui cherchait à s’infiltrer afin de trouver le livre de Copernic, ce savant polonais qui prétend que le Soleil est au centre de l’univers. Il est repéré mais parvient à s’enfuir. Le livre est en fait sa monnaie d’échange auprès de Sordi pour pouvoir récupérer Ariane, détenue en otage. Pendant que Sordi découvre les théories saugrenues de Copernic, Cinq Avril apprend qu’il a un frère en la personne du cardinal Ippolito de Médicis. Personnellement et mondialement, de grands bouleversements sont à l’ordre du jour.

Pendant ce temps, à la cour du Roi de France à Amboise, le monarque apprend que la bulle papale offre de nouvelles terres au Portugal et à l’Espagne, et rien à la France ! Il faut négocier avec Clément VII. Le Cardinal Ippolito serait le médiateur idéal, surtout si on lui propose en échange un portrait de sa mère Mona Lisa. C’est donc aussi celle de Cinq Avril ?! En tous cas, le tableau révèlerait où le corps de leur mère assassinée repose. Direction le pont de Laterina pour tout savoir. Elle serait noyée au fond de l’Arno. Pour Ariane, le grand destin promis à Cinq Avril est celui de l’épouser après avoir récupéré le livre échangé à Sordi, déchiffré le codex de Léonard de Vinci et pacifié l’Europe. Facile ! En vérité, ça va être encore plus compliqué, au rythme des révélations.

Fin de la série Cinq Avril, Le berceau des nations dévoile les origines du héros dans un partage du monde sans précédent dans lequel Donald Trump à l’époque aurait mis tout le monde d’accord. Géographie et théologie sont remises en cause. Cinq Avril-XIII même combat, plus les révélations approchent plus l’intrigue se complexifie. Heureusement, toutes les énigmes seront résolues. Michel Bussi et Fred Duval auront co-construit un récit que ne renierait pas Dan Brown. Le graphisme réaliste souple de Noë Monin a enfin pu trouver l’écrin qu’il mérite depuis plusieurs années. L’album se clôt par un court récit paru dans Spirou, prequel à toute l’aventure qui donne envie de se replonger dans l’ensemble depuis le début.

Le fabuleux destin de Cinq Avril est un polar en costumes à lire d’une traite. On ne peut pas dire que la série ait bénéficié d’une publicité importante, malgré le nom de Michel Bussi. Pourtant, par la minutie de son scénario, intelligent et dynamique, et un dessin franco-belge aux frontières du manga, ça vaut le coup de bloquer la date.
Série : Cinq Avril
Tome : 4 – Le berceau des nations
Genre : Cape & Epée
Scénario : Fred Duval & Michel Bussi
Dessins : Noë Monin
Couleurs : Antoine Lapasset
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808509121
Nombre de pages : 96
Prix : 16,50 €



