Entre Jolies ténèbres et Bone
« –Pas de doute, c’est bien toi !
-Reste où tu es ou je te brise le crâne !
-Mais oui, mais oui…
-Et ne t avise pas de me suivre, tu pourrais le regretter !
-Comme tu veux, mais sache que ce monstre voulait te dévorer… Je t’ai sauvé la vie ! Enfin la vie… C’est une façon de parler ! »
Une jeune fille, elfe, fée ou autre être fabuleux, nul ne le sait, est recueillie par le petit peuple de la forêt. Qui est-elle ? Quel est son destin ? Elle en saura plus lorsqu’elle croisera le loup, ce loup ange-gardien qui vient d’empêcher un sanglier de l’attaquer.
Le vieux sage a écouté les vibrations de la pierre. Il ne faut surtout pas que la jeune fille soit attrapée par ses poursuivants. Ailleurs, Brindille, la proie, se réveille échouée et blessée aux abords d’un lac, au cœur d’une forêt inextricable. Elle ne va pas rester longtemps seule. Elle retrouve le loup, le soigne et panse ses plaies. Mais pour sauver son ange-gardien, il faudra affronter les sirènes. Mais vite, la horde arrive…

Brindille est un conte moderne, une quête initiatique. Après une introduction en forme de fuite d’un lieu inconnu, l’histoire commence dans une ambiance bucolique et mignonne. Les personnages semblent tout droit sortis de l’horrifiquement tendre Jolies ténèbres de Vehlmann et Kerascoët. Le récit se poursuit comme un conte d’Hausmann, chantre des histoires de la forêt qui nous manque énormément. Il se conclut sur un champ de bataille où des héros innocents font face à une horde sauvage, sanguinaire et sans pitié. Des contes, des contes, des contes, tout le monde en a lu des milliers. Mais le final de celui-ci, jamais au grand jamais, on ne l’a jamais lu.

Frédéric Brrémaud signe une œuvre forte et personnelle. Le scénariste compile ses influences, ses lectures d’enfance et ses plaisirs de lecteur dans un récit épique. Brrémaud a vu les films de Disney, de Blanche-Neige et les sept nains à Taram et le chaudron magique et a été bercé par les contes de Perrault où l’apparente naïveté cache une cruauté sous-jacente. Il a lu Hector Malot et écouté la voix des conteurs les soirs sans électricité au coin de feux de bois. Et s’il n’a pas fait tout ça, il synthétise dans Brindille tout ce qu’auraient pu être ces réminiscences.
De la même manière, le graphisme de Federico Bertolucci se positionne au centre de confluences. La rondeur des gros nez des petits êtres des bois rencontre le bestiaire qu’il a su créer dans Love, ainsi que les belliqueux guerriers de Jeff Smith dans Bone.

Une première partie magnifique et sauvage, une seconde surprenante et poignante, le diptyque Brindille réunit ici en intégrale forme un récit fantastique dans tous les sens du terme, un récit initiatique qui va jusqu’à redéfinir le sens de la vie.
Titre : Brindille Intégrale
Genre : Fantastique forestier
Scénario : FrédéricBrrémaud
Dessins & Couleurs : FedericoBertolucci
Éditeur : Vents d’Ouest
Collection : Poche
ISBN : 9782344076033
Nombre de pages : 192
Prix : 10 €



