Le guerrier maudit
« -Sire ! Le Seigneur Slom Feg demande audience !
-Qu’il entre !
-Il eût été de meilleur augure que ce fût Conrad…
-Attends…
-Sire ! Roi des rois !… Les terriens nous ont balayés. Un déluge de feu s’est abattu sur nos rangs avant même que leurs murs ne soient à portée de nos flèches… Malgré nos fumées, leurs vaisseaux semblaient nous voir. Leurs canons pulvérisaient sur nous une lave ardente sans fin !… De mon armée et de celle de Conrad, il ne reste plus rien.
-Conrad ?…
-Mort, Sire.
-Et Goetz ?…
-Il n’est jamais venu.
-Maudit bâtard !! Cette attaque simultanée était notre dernière chance. Pourquoi ne s’est-il pas exécuté ?! »
Croyant apporter leur civilisation sur une planète nouvelle et en faire leur nouveau lieu de vie, un groupe de terriens s’est installé pour un second départ. Ils y ont découvert des humains comme eux, toujours dans une époque barbare et belliqueuse. Si les trente premières années se passèrent sans encombres, la suite s’annonçait plus compliquée. Erlendur, auto-proclamé roi des rois, souleva des tribus pour affronter les colons. Les envahisseurs pourront déployer toute la diplomatie nécessaire, ça sera en vain. Alors que des familles entières de colons se font massacrer, certains hauts responsables envisagent de balancer un virus dont le vaccin sera leur moyen de négociation. Mais la stratégie n’est pas de l’avis de tous.

Parmi les assaillants, plusieurs groupes se distinguent. Comme chez les terriens, tous les chefs barbares ne comptent pas utiliser la même tactique. L’armée de Conrad a été décimée. Erlendur veut reculer et demande à Goetz de le rejoindre pour entrer en pourparlers. Celui-ci n’en a pas du tout l’intention. Pourtant, s’il veut venger son frère Conrad et prendre le pouvoir, il lui faudrait un peu de magie. Eithme, la déesse de la fertilité et surtout fille de Delbaeth, le dieu du chaos, devrait être l’alliée qu’il manque à Goetz pour semer la pagaille sur la planète. C’est un retournement de situation tout autant inédit qu’inattendu qui s’annonce.

L’histoire de Goetz le barbare est une inspiration libre de la pièce de Jean-Paul Sartre Le diable et le bon Dieu. L’Allemagne du XVIème siècle laisse place à une nouvelle Terre. Si la pièce traite des rapports de l’homme à Dieu, ‘Fane a tout fait pour mettre de côté l’aspect religieux du texte, grâce à l’idée de génie de remplacer le Dieu par la technologie, avec en prime la force de possession d’un virus dont des dirigeants pourraient se servir pour contrôler le monde. Si Goetz à la rage d’un Conan, il devient un jouet des Dieux à la manière d’un Thorgal. Dessinateur lui-même, on le voit dans les bonus, ‘Fane a storyboardé l’album que Didier Cassegrain s’est réapproprié. Il fait glisser son trait vers un côté à la fois crasseux et sensuel d’un Liberatore.

Goetz est une superproduction épique. Dense, lyrique, brutale, l’épopée de Goetz est une réflexion sur le pouvoir et le vivre ensemble dans la condition humaine.
Titre : Goetz
Genre : Rétro-anticipation
Scénario : ‘Fane
Mise en scène : ‘Fane & Didier Cassegrain
Dessins & Couleurs : Didier Cassegrain
Éditeur : Glénat
Collection : Comix Buro
ISBN : 9782344059487
Nombre de pages : 184
Prix : 29 €



