La mort vous va si bien
« -Bonjour. Je… J’ai besoin d’un détective.
-Ah, j’ai cru que vous étiez… Ok, pas de problème. Entrez ! Vous attendiez quelqu’un d’autre ?
-Absolument pas. Je suis tout à toi, bébé.
-Je suis… Marylin. Du moins, je crois. »
Comté de Los Angeles, 1963. Un homme est attaché aux rails d’un chemin de fer. C’est un règlement de comptes comme il en arrive quelquefois. « Los Angeles est une ville où les scènes de nuit se tournent le jour, et les scènes de jour la nuit. Ici, tout se confond. » Dans son bureau, Sam Spade, un détective privé qui se prend pour Philip Marlowe, et que tout le monde appelle Bogie parce qu’il est le sosie d’Humphrey Bogart, reçoit la visite d’une starlette. Elle dit s’appeler Marylin, enfin, elle pense. Son ami George qui jouait le rôle de Superman est mort. On dit qu’il s’est suicidé mais elle est persuadée qu’il a été tué. Là où elle est intrigante, c’est qu’elle ne cherche pas à savoir qui a fait cela, mais qui l’a tuée à elle.

Sam commence son enquête à The Castle, une résidence qui accueille les stars déchues, celles qui meurent, celles qui ressuscitent, parce que « The Castle » fait revivre les acteurs décédés à la demande de certains commanditaires. On peut y croiser Ollie, alias Oliver Hardy, qui déprime sur un banc. Agressé à la sortie, Sam est conduit à l’hôpital. L’enquête semble en gêner plus d’un. Peut-être qu’Alfred Hitchcock, l’anglais Bibendum, a une piste ? Toujours est-il que le repas organisé chez lui est plus que cocasse. Le maître du mystère n’est pas du genre à suivre les protocoles. L’enquête de Spade-Marlowe-Bogie va l’amener au-delà de ce qu’il pouvait imaginer.

Hommage au cinéma hollywoodien de l’âge d’or, Frankenwood est une comédie noire, une parodie en cinémascope et en technicolor. Humphrey Bogart, Marylin Monroe, JFK et son frère Bobby, Laurel et Hardy, Clark Gable et George Reeves ne sont que quelques-uns des acteurs de ce film, car Frankenwood a tout d’un film. Frankenwood, le titre mélange Hollywood et Frankestein. Ce professeur a donné vie à un monstre à qui l’on attribue par erreur son nom. Ça aurait pu être lui le directeur de « The Castle » qui ressuscite les acteurs morts. Le scénariste Darko Macan est parti d’une anecdote véridique, même si la mise en scène est différente. En effet, George Reeves, acteur qui a incarné Superman (à ne pas confondre avec Christopher Reeves), aurait peut-être vu sa mort maquillée en suicide. Le trait hachuré d’Igor Kordey fait des idoles du cinéma des personnages de BD semblant sortis tout droit de leurs films. Entre morts et résurrections, le scénario atypique reste parfois complexe à suivre, mais on se prend au jeu des faux-semblants avec quand même une certaine délectation.

Qui est vivant ? Qui est mort ? Tout simplement, qui est qui ? Les acteurs ne le savent pas toujours C’est un métier schizophrénique, non ? Polar, comédie, drame, Frankenwood est tout cela à la fois.
Titre : Frankenwood
Genre : Comédie noire
Scénario : Darco Macan
Dessin : Igor Kordey
Couleurs : Anubis
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808505864
Pages : 112
Prix : 23 €
© Macan, Kordey, Anubis – Dupuis



