Britannique mélodie animalière
« -Et sinon, qu’as-tu vu de beau sur la rivière ?
-J’ai vu Crapaud. En canot. C’est nouveau.
-En canot ? Crapaud ?
-Qui c’est ce Crapaud ?
-Quand on parle du loup… Regardez donc qui voilà qui s’amène…
-Crapaud ? C’est…. Mais observez plutôt. »
C’est le début du printemps. Taupe fait le ménage chez elle avant de partir se promener dans la chaleur doucereuse de l’après-midi. Assis sur une berge, il fait la connaissance de Rat, un gentilhomme qui lui propose de partager un pique-nique au bord de la rivière. Les voilà partis en barque jusqu’à un merveilleux endroit ombragé. Ils sont interpelés par Loutre, déçue de ne pas avoir été invitée, qui s’invite à la nappe. Alors, quand Blaireau passe à côté, ils lui proposent de se joindre à eux, ce que le rustre refuse. Mais… Qui s’amène sur un canot ? C’est Crapaud, qui se débat avec ses rames. L’animal est propriétaire du Manoir Tétard, une vaste demeure à l’image de sa discrétion.

De 1996 à 2001, le talentueux et regretté Michel Plessix a mis en image le classique de la littérature anglaise signé Kenneth Grahame paru en 1908. Comme beaucoup, Plessix l’a découvert grâce au dessin animé La mare aux grenouilles dans le film d’animation Le crapaud et le maître d’école des Studios Disney. L’histoire bucolique met en scène des animaux vivant sur les bords de la Tamise. Le personnage de Crapaud se distingue des autres protagonistes par sa mégalomanie et son incapacité à gérer ses émotions lorsqu’il voit une automobile. C’est un fou du volant qui n’hésite pas à s’enfuir avec un véhicule qui serait resté sans surveillance. Ça va lui jouer des tours puisque ça lui vaudra la prison. Mais des tours, il en sera aussi victime puisque sa vaste demeure va être squattée par une bande de belettes, furets et hermines.

Michel Plessix a découpé le récit en quatre albums de trois chapitres d’une dizaine de planches. Ils sont regroupés dans cette intégrale qui reprend la couverture du tome 1. On y (re-)découvre la finesse du trait de Michel Plessix, ne lésinant pas sur les détails. Si Le vent dans les saules est une histoire pour enfants, l’auteur s’adresse à tous. Il a su séduire un jeune public en préservant les lecteurs de la série plus adulte qui l’a fait connaître : Julien Boisvert. Plessix a gardé le côté littéraire de l’histoire (« littéraire » ! Quel gros mot aujourd’hui !) avec des récitatifs rappelant que l’aventure était avant tout un roman. Loïc Jouannigot apporte sa participation à la série en illustrant les carnets de Taupe.

Si la bande dessinée animalière a rencontré le succès grâce à Raymond Macherot, avec Le vent dans les saules, Michel Plessix lui a donné ses lettres de noblesse.
Titre : Le vent dans les saules
Genre : Histoire
Scénario, Dessins & Couleurs : Michel Plessix
Avec la participation de : Loïc Jouannigot
D’après : Kenneth Grahame
Éditeur : Delcourt
ISBN : 9782413095156
Nombre de pages : 128
Prix : 22,50 €



