« Préparez-vous à mourir demain ! »
« -Ils sont bien nourris, ceux-là, chef ! Ils sont même mignons pour une fois.
-Grum ?
-Le maître et ses amis vont les adorer ! »
Rome, an 8 avant notre ère, dans un théâtre de la ville, Apollon est célébré devant Mécène, le propriétaire des lieux. Horace déclame une ode à la gloire de César Auguste, qui est dans le public tout comme le sénateur Alix, qui est le seul à ne pas avoir applaudi. Il n’apprécie pas qu’on exalte ainsi l’empereur. Aucun chef ne devrait être comparé à un dieu. Pour Mécène, il en deviendra un, comme son grand-oncle César. Pendant ce temps, dans le port d’Ostie, Titus, le fils d’Alix, festoie avec ses amis. L’alcool coule à flots. Dans la nuit, saoulés, Titus et ses trois compagnons sont enlevés et emprisonnés dans une geôle. Ont-ils été capturés pour obtenir une rançon d’Alix ? C’est alors que l’on toque à la porte de la cellule et qu’une trappe s’ouvre. Apparaît le visage d’un homme masqué assénant la sentence : « Préparez-vous à mourir demain ! ».

Le lendemain, le quatuor est amené dans une arène. On a habillé les prisonniers et peint leurs visages en blancs. On leur a donné des arcs, des flèches et des gourdins. Charge à eux de survivre parmi les lions devant un public entièrement masqué. Parmi eux, Mécène reconnaît en un archer le fils d’Alix. Celui-ci est extrait du chaudron. On lui propose de lui bander les yeux et de le renvoyer à Rome s’il jure de ne rien raconter de ce qu’il s’est passé. Il exige en sus la libération de ses camarades. Le marché n’est pas conclu. Le jeune homme va alors tenter de s’évader. Il est retrouvé plus tard inanimé dans la capitale, Via Appia, une épée fichée dans le flan. Qui a voulu s’en prendre au fils du sénateur ?

Alix pensait être tranquille quelques jours chez lui pendant qu’Enak était en Afrique et son fils engagé dans les légions de Tibère. Il a même commencé l’écriture de ses mémoires, les aventures de sa jeunesse, de ses affrontements avec la Griffe Noire à l’affaire des aigles dressés en passant par les tombeaux étrusques. Le repos allait être de courte durée. L’affaire va le mener au cœur d’un « cercle privé », une société mystérieusement masquée, dans des coulisses politiques comme il en existe peut-être encore de nos jours sous une autre forme. Dans cet épisode qui se suffit presque à lui-même, Valérie Mangin etThierry Démarez redonnent à Alix une véritable place de héros. Il mène l’enquête et prend tous les risques pour infiltrer les rangs ennemis et tenter de faire tomber les masques. A part ça, avec les soucis de santé de Mécène, comme un écho à l’actualité, les auteurs montrent que le débat sur la fin de vie n’est pas une préoccupation d’aujourd’hui.

Tel Hamlet face au crâne, en couverture de l’album, Alix regarde un masque comme s’il se questionnait. Impossible qu’il reste sans agir. Les héros ne sont jamais fatigués, c’est la leçon d’Alix Senator.
Série : Alix Senator
Tome : 17 – Le maître des masques
Genre : Aventure historique
Scénario : Valérie Mangin
Dessins : Thierry Démarez
Couleurs : Jean-Jacques Chagnaud
D’après : Jacques Martin
Éditeur : Casterman
ISBN : 9782203289987
Nombre de pages : 48
Prix : 15,50 €



