Incursion dans le scientifique fantastique
« -Quelle nuit magnifique !…
-Mais quelle chaleur !… On se croirait en plein été !
-Une étoile filante !… Vite, Milou, un vœu !
-Au lieu de faire des vœux, tu ferais mieux de regarder devant toi !
-Ry voilà la Grande Ourse… Oh ! Dis donc, Milou ! Regarde cette grosse étoile !…
-Laquelle ?…
-C’est extraordinaire !… Voilà qu’il y a une étoile de plus dans la Grande Ourse ! »
Octobre 1941. Le premier strip en noir et blanc de L’étoile mystérieuse paraît dans le Soir, et non pas le Soir Jeunesse qui a disparu. Si l’aventure est publiée là et sous cette forme, c’est à cause de la pénurie de papier due à la guerre. Six strips par semaine pendant sept mois, soit 176 strips au total, seront remontés et complétés pour constituer l’histoire qui aurait pu s’appeler L’aérolithe mystérieux. Ce sera finalement L’étoile mystérieuse, première aventure de Tintin publiée en album directement en couleurs avec l’aide d’Edgar-P. Jacobs et de la coloriste Alice Devos. Dans le thème du merveilleux scientifique, c’est aussi la première histoire de Tintin aux frontières du réel. Apportant ce souffle nouveau, Jacques Van Melkebeke, lecteur assidu de Jules Verne, et Bernard Heuvelmans ont contribué à l’intrigue.

Dans les coulisses de L’étoile mystérieuse, on découvre le professeur Calys, dont le nom vient du bruxellois « caliche » signifiant réglisse. Il aurait pu être Tournesol à la place de Tournesol. Directeur de l’observatoire, le scientifique est un visionnaire cartésien, pas comme Philippulus, astronome et prophète halluciné, caricature d’un ami d’enfance de Hergé avec qui l’auteur est brouillé parce qu’il publie dans Le Soir « volé ». Le départ de l’expédition à bord du navire L’Aurore marque le retour du Capitaine Haddock. On ne sait pas encore que ce retour sera récurrent et définitif. Ce voyage est financé par le F.E.R.S., fonds européen de recherches scientifiques. Pour cela, Hergé s’est inspiré du F.E.R.S., le fonds national de la recherche scientifique, lancée par le roi Albert 1er.

En cette période de guerre, Hergé glisse ce qui pourrait être des critiques des Etats-Unis. Tintin se fait tirer dessus par un membre du Peary, expédition concurrente, lorsqu’il saute en parachute sur l’aérolithe. Ce sera peine perdu puisque le reporter plantera son drapeau avant la bannière étoilée. Le calystène qui fait grandir de façon démesurée la faune et la flore est inspiré de l’Hérakléophorbia dans le roman Place aux géants d’H.G.Wells où il se passe une incohérence similaire.
Pendant ce temps, Quick balance des boules de neige en faisant accuser Flupke. Hergé poursuit la refonte de leurs gags.

Après parution en album, L’étoile mystérieuse est déclinée en divers produits dérivés : puzzles, cubes, albums à colorier amuseront les enfants tout autant que les très originaux films fixes, pellicules 35 mm en noir et blanc projetant le film de l’histoire image par image avec un Camerafix.A part se distraire avec tous ces amusements, quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.
Série : Tintin Hergé Les coulisses d’une œuvre
Tome : 10 – L’étoile mystérieuse
Genre : Aventure
Auteur : Philippe Goddin
Avec la participation de : Dominique Maricq
Scénario & Dessins : Hergé
Éditeur : Moulinsart
ISBN : 9782810443482
Nombre de pages : 92
Prix : 19,95 €



