Le troisième Bonhomme
« -Jetez un œil là-dessus Johnson. Le bébé a une tache de naissance sur le haut du front. Il semblerait qu’il s’agisse du garçon blanc que vous avez vu récemment dans la tribu des Pieds-Bleus.
-La tache, hein ? P’têt’ben qu’oui, p’têt’ben qu’non.
-Je suis envoyé parMister Cramp lui-même. Il tient absolument à retrouver le petit. Il est fort probable que cet enfant soit son neveu. Je voudrais que vous me guidiez jusqu’au campement des Pieds-Bleus.
-T’as le feu sous ton scalp, garçon ? On ne va pas chez les Pieds-Bleus en ce moment. On les évite comme la vérole. Ils sont à cran ! »
Un cow-boy solitaire et son cheval avancent péniblement dans un paysage enneigé. Ils atteignent un village. Le cow-boy, Lucky Luke, entre dans ce qui ressemble plus à une taverne qu’à un saloon. Il cherche un certain Jeremiah Johnson. C’est le trappeur que le gérant vient de mettre dehors. Lucky le rattrape et, après avoir calmé l’individu, lui montre un médaillon avec une photo : celle d’une femme et d’un bébé avec une tache de naissance sur le haut du front. Ce bébé est maintenant un jeune garçon. Jeremiah l’aurait vu récemment dans la tribu des pieds-bleus. Il est fort probable que le petit soit le neveu de Mister Ronald Cramp, l’employeur de l’homme qui tire plus vite que son ombre.

En échange d’un fusil flambant neuf, le trappeur accepte d’accompagner Lucky Luke. Après avoir manqué de se faire scalper par Puma-Noir, le duo fait la connaissance d’Antilope, alias Jane Cramp, la femme de la photo, épouse de Robert Cramp, disparu en mer, qui leur apprend comment elle et son fils en sont arrivés là, une sombre histoire d’héritage convoité, comment ils ont été adoptés et protégés par la tribu indienne, jusqu’à ce que Jeremiah Johnson n’apprenne leur existence et diffuse la nouvelle, au grand dam de Ronald Cramp. Cet oncle véreux lorgnant sur l’héritage a donc embobiné Lucky Luke pour ramener le gamin afin de mieux le faire re-disparaître. Le nouvel objectif de Lucky va être de le protéger, mais il va falloir faire avec un quatuor bien connu, qui lui, ne se préoccupe pas des sentiments.

Voici la troisième aventure semi-réaliste de Lucky Luke réalisée par Matthieu Bonhomme. Blueberry a eu sa longue marche, c’est au tour de Lucky Luke d’accomplir la sienne, dans les étendues enneigées du Minnesota. Pour la première fois, l’auteur met les Dalton en scène. On pensait l’entreprise impossible car immerger des personnages hautement humoristiques dans un univers qui se veut plus proche de la réalité, ou tout du moins de la plausibilité, de ce qu’ont fait Morris et Goscinny, semblait incongru. C’était impossible, donc Bonhomme l’a fait. Et avec quel talent. Joe et Averell gardent leurs caractéristiques tout en restant crédibles dans ce nouveau cadre. Au niveau de la colorisation, le challenge était tout aussi complexe à relever. Le dessinateur-coloriste maîtrise complètement la technique Morris des aplats chocs. Lucky Luke sans ces codes couleurs, ce ne serait plus Lucky Luke.

Avec cette trilogie, Matthieu Bonhomme signe plus qu’une relecture de l’univers de Lucky Luke. C’est tout simplement ne reprise complète qui ne demande qu’à se poursuivre.
Série : Lucky Luke
Tome : La longue marche de Lucky Luke
Genre : Western humoristique
Scénario, Dessins & Couleurs : Matthieu Bonhomme
Éditeur : Dargaud
ISBN : 9782884715102
Nombre de pages : 48
Prix : 16,50 €



