La dernière plongée d’une saga culte
« -C’est bien réel ? C’est bien toi, Kane ? je me noyais… L’eau glacée avait envahi mes poumons…
-Oui, et nous t’avons sauvé !
-Autour de toi, ces créatures, c’est ce que je crois ?… Ce que Feiersinger a cherché toute sa vie ?!
-Oui, ceux qu’il appelait les tritons antiques ! Qui vivaient sur Terre, ou plutôt dans les océans, bien avant les hommes. »
2009, dans les sous-sols du Nid d’aigle de Vatra Dornei dans les Carpates, la petite Lou fait une découverte étrange. Dans des box entassés les uns sur les autres, il y a des hommes-poissons, avec des branchies, comme elle. C’est certain, c’est Monsieur Feiersinger, alias le centenaire des Carpates, qui a fait ça. Elle le déteste et décide de fuguer dans la forêt en pleine nuit. Ce ne sont pas les loups qui vont l’impressionner le plus, mais une effrayante créature ailée qui lui passe au-dessus de la tête. Ça ne peut être qu’un Zmeu. Il ne faut pas qu’elle traîne là.
2027, dans les profondeurs de la mer de Beaufort, après avoir échappé à la noyade, London Donovan se réveille, entouré de ses sauveurs, Kane et les tritons antiques, qui vivent dans les océans depuis bien plus longtemps que l’avènement de l’Homme, et que Feiersinger a cherché toute sa vie.

Dix-huit années séparent les deux scènes mais les connections vont bientôt se faire. Le diabolique Wolfgang Feiersinger est cryogénisé au fond de la crypte de son château des Carpates en attendant d’être sorti de sa léthargie par le progrés. Après s’être échangé l’un et l’autre sur tout ce qu’ils ont vécu, Kane et Donovan partent à la recherche de Lou. Dans le sanctuaire du Kamtchaka, la petite fille est à présent devenue adulte. L’hybride, à la fois femme et triton, mais ni femme ni triton, Lou pour l’air, Dakhan pour l’eau, a-t-elle trouvé sa place ?

La saga Carthago aura duré près de vingt ans. Lancée en 2007 par Christophe Bec avec Eric Henninot aux dessins pour les deux premiers tomes, puis Milan Jovanovic pour les trois suivants, elle se termine sous les crayons de Ennio Buffi qui se sera taillé la part du lion, ou plutôt du requin, avec onze volumes sur les seize. Si on ajoute les six one shot Carthago Adventures et le hors-série Mégalodon, Carthago, c’est au total vingt-trois épisodes. On a trop souvent réduit Carthago à une série de requins. C’est bien plus que ça. C’est une fable écologique, une réflexion sur le futur de l’humanité. Dans ce dernier tour de piste qui est une vraie conclusion, Christophe Bec comble toutes les dernières interrogations qui subsistaient. Excellent dessinateur réaliste dont on entend trop peu souvent le nom, peut-être parce qu’il n’a été sur cette série qu’un repreneur, mais avec quelle élégance, Ennio Buffi est une nouvelle fois impeccable.

Carthago se clôt, mais Carthago est de ces univers qui ne se referment jamais. La dernière planche invite à ouvrir de nouvelles portes. Chaque lecteur devra-t-il imaginer sa propre suite ou bien cela augure-t-il d’une probable future nouvelle série ? L’avenir le dira, mais dans un cas comme dans l’autre Carthago est et restera une série culte.
Série : Carthago
Titre : 16 – Dakhan
Genre : Aventure sous-marine
Scénario : Christophe Bec
Dessins : Ennio Bufi
Couleurs : Andrea Meloni
Éditeur : Les Humanoïdes Associés
ISBN : 9782731648911
Nombre de pages : 56
Prix : 15,50 €



