Gauloiquatiques
« -Merci beaucoup de nous avoir menés en bateau.
-Tiens ? Ça c’est drôle ce que tu viens de dire là, Astérix ! »
Lorsqu’Uderzo et Goscinny ont commencé à réfléchir à la nouvelle série de bande dessinée qu’ils allaient lancer pour le premier numéro du journal Pilote, le scénariste a demandé à son dessinateur de placer le décor n’importe où il voulait, mais au bord de la mer. Uderzo a choisi la Bretagne. Astérix est une série tournée vers le monde, vers l’océan. Il était légitime de consacrer une étude à la mer dans l’une des plus mythiques séries de bande dessinée du monde. Une magnifique carte montre les trajets effectués en mer par Astérix et Obélix. Bateaux, voiles, ports, pêcheurs, marins, pirates,… Bienvenue pour un voyage dans la mer de l’Antiquité.

Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2025 Hachette Livre / Goscinny-Uderzo
Après un préambule, trois grands chapitres composent le recueil. Le premier est consacré aux peuples de la mer. Les gaulois (et leurs lecteurs) vont croiser des phéniciens, dont le plus célèbre vient de Tyr et s’appelle Epidemaïs. Il revient, d’ailleurs, dans Astérix en Lusitanie, avec ses bijoux, tissus, meubles et autres breloques. Les vikings, peuple du nord, voyagent en drakkars. On apprend à l’occasion de cet ouvrage que le mot drakkar est français. Il a été inventé au XIXème siècle sur une base de vieux langage scandinave et dérive d’un mot signifiant dragon. Avec un architecte et archéologue, on découvre comment étaient conçus les ports dans l’Antiquité grâce à la géomorphologie. Question technique, on apprend que les rames étaient bien plus efficaces que les voiles de l’époque. Interlude gastronomique : les gaulois et les romains cuisinaient de diverses manières les poissons.

Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2025 Hachette Livre / Goscinny-Uderzo
La vie au large. Les aventures d’Astérix et Obélix les ont souvent emmenés loin des côtes. Les pirates savent de quoi l’on parle. César aussi. L’empereur, le vrai, a raconté dans ses mémoires la fois où il a été enlevé et retenu en otage par des forbans des mers. Astérix a de nombreuses fois navigué en Méditerranée, et a aussi effectué la grande traversée de l’Atlantique. Mers et océans sont des cimetières d’épaves pour le plaisir des archéologues. Dans ses dessins, Uderzo s’est beaucoup amusé avec les figures de proue, de la plus réaliste à la plus fantaisiste, pendant que Goscinny se régalait avec les citations latines des pages roses du Petit Larousse illustré. « O tempora ! O mores ! » Historiquement, on apprend, presqu’avec déception, que les tambours scandant les coups de rames n’existaient pas sur les galères romaines.

Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2025 Hachette Livre / Goscinny-Uderzo
Le dernier grand chapitre est consacré aux grands voyages antiques. Il va y être question de routes commerciales, de taxation, mais aussi de plaisirs de la table grâce aux saveurs du monde, avec entre autres la livèche, plante qui permettait d’assaisonner les plats. Une recette de sauce à la romaine nous invite à découvrir les saveurs d’antan. Voyages antiques célèbres et marins de l’époque précèdent la question finale : scandinaves et romains se sont-ils oui ou non rencontrés ?
On pourrait penser à l’opportunité commerciale. Loin de là, Astérix et la mer est une pépite d’informations historiques en liens très étroits avec l’univers du gaulois. C’est fluide et ça va directement à l’essentiel. Une bonne surprise.
Titre : Astérix et la mer
Genre : Ouvrage d’étude
Coordonné par : Bertrand Bonenfant
D’après : Uderzo & Goscinny
Éditeur : Ouest France
ISBN : 9782737392283
Nombre de pages : 96
Prix : 12,90 €



