Qui sont les plus sauvages ?
« -Les sauvages n’ont pas tort : la « Belle Rivière » est vraiment belle… Mais elle est bien moins belle que…
-Ce cri ! L’avez-vous entendu, Pierre-Hugues-Marie ?
-Ne tremblez plus ! Je suis là pour vous protéger. Entre ces murs, vous êtes à l’abri des bêtes de la forêt… et des sauvages ! »
Mai 1754, là où se rejoignent les cours d’eau pour former la « Belle Rivière », Fort Duquesne empêche les anglais d’étendre leurs colonies dans la Belle Province. Un soir, alors qu’elle regarde la forêt, Mademoiselle d’Archambaud voit une flèche se ficher non loin d’elle avec un message. C’est un mot d’amour de Mitewile’un. Alors que c’est le branle-bas de combat pour les soldats français qui pensent à une attaque de Peaux-Rouges, la demoiselle regagne sa chambre le cœur épris. Elle vient juste d’être arrachée des ravisseurs qui l’avaient capturée, mais, elle, ne rêve que de retrouver son amoureux iroquois dans les mains de qui elle se trouvait.

Redoutant d’avoir à subir un siège, le commandant du Fort décide de dépêcher au plus vite les civils hébergés au Fort auprès du gouverneur de Nouvelle-France à Québec, à commencer par la fille du Marquis d’Archambaud et le chevalier de Saint-Sauveur. Parallèlement, Monsieur de Jumonville est envoyé au devant de la troupe ennemie, porteur d’une missive, courtoise mais ferme, lui intimant l’ordre de rebrousser chemin. La guerre peut encore être évitée. Pendant trois jours, tout ce petit monde va voyager de concert avant que leurs chemins ne divergent. Ils ne vont pas tarder à se faire attaquer par des soldats anglais épaulés par des iroquois.

Les choses se compliquent pour les colons français. Dans cette ambiance déjà fin de règne pour eux, le chevalier de Saint-Sauveur est bien plus préoccupé par ses amours et sa survie que par la conquête de territoires. Dans ce cycle qui se clôt, certains acteurs rentreront en France tandis que d’autres resteront faire leur vie, ou leur mort, dans le Nouveau Monde. Un cycle se clôt, mais un autre s’ouvre aussitôt puisque le scénariste épistolaire Alain Ayroles met en place un cliffhanger augurant de nouvelles liaisons dangereuses. Au dessin et aux couleurs, Richard Guérineau navigue de somptueux paysages à de dramatiques scènes de guerre, de scènes d’amour en tractations politiques, chaque fois avec la même minutie.

« J’ai entendu siffler les balles, et croyez-moi, ce son a quelque chose de charmant. » George Washington, premier président des Etats-Unis, se serait senti comme un poisson dans l’eau aux côtés du Chevalier de Saint-Sauveur. Pas sûr que ce dernier soit du même avis. Avec tragédie, libertinage et un petit peu d’humour aussi, L’ombre des lumières apporte un sombre éclairage sur le début de la colonisation par les européens.
Série : L’ombre des lumières
Tome : 3 – Le démon des grands lacs
Genre : Histoire
Scénario : Alain Ayroles
Dessins & Couleurs : Richard Guérineau
Éditeur : Delcourt
ISBN : 9782413087816
Nombre de pages : 72
Prix : 23,75 €



