L’îlemagination
« -Et nous… Tu crois qu’on va pouvoir rentrer…?
-On va trouver la pierre de vœu et tout va rentrer dans l’ordre.
-Faut retrouver Noisette et les autres. C’est ma faute si tout le monde est séparé.
-Trésor, passe-moi la carte. »
Depuis que Trésor, dit Trez’, et ses amis ont débarqué sur l’île mystérieuse, on ne peut pas dire que l’aventure qu’ils vivent soit de tout repos. Trez’ a retrouvé ses parents, qui le reconnaissent enfin. Son père est un pirate. Sa mère lui promet d’être avec lui chaque fois qu’il mettra les pieds dans l’eau. Appelée par l’aventure, elle aimait les tempêtes, le vent dans les voiles, les légendes de pirates et les îles imaginaires. Elle fait partie de l’océan. Ils doivent maintenant retrouver les camarades de Trez, qui sont dispersés. Heureusement, il y a la carte de l’île que le petit garçon a dessiné et qu’il a signé William Vague Rouge à l’encre de framboise. Noé, dit Noisette, et Mollu le robot avancent dans la jungle luxuriante en semant, pour qu’on les retrouve, des cailloux… plus gros que ceux que le petit Poucet laissait derrière lui. Juliette, accompagnée de l’antiquaire Pivoleux avec qui elle a fait un pacte, sont à la recherche de la Pierre de Vœu. Restent Dico et Yavannah qui explorent des galeries souterraines. L’objectif commun de tout ce petit monde est de mettre la main sur cette fameuse Pierre, parce qu’elle leur permettrait de rentrer chez eux. Objectif commun ? Pivoleux n’a pas forcément le même…

Trésor n’est pas une énième série mettant en vedette une bande de gamins. Elle entre évidemment dans cette catégorie mais a une particularité spécifique. L’histoire de Trésor est un récit sur le pouvoir de l’imagination. Le scénariste Jean-Baptiste Saurel voit en l’imagination une échappatoire quotidienne et une source d’énergie. La scène des retrouvailles du môme avec sa mère laisse un instant dans le doute avant qu’on ne réalise sa plausible réalité. La carte dessinée par Trez’ lui permet de concrétiser l’imaginaire qui devient alors réel. L’imaginaire est salvateur. C’est pour ça que des enfants supportent beaucoup mieux certaines situations que des adultes. Ils ont de la spontanéité en même temps que du recul. Ils rassurent, alors que l’on craindrait de leur apprendre, quand il le faut, de mauvaises nouvelles. Le problème, c’est quand un enfant devient adulte. Dans la plupart des cas, il perd cette magie. C’est le traumatisme que vit Pivoleux à la recherche d’une quête de jouvence.

Pauline de la Provôté est mise au défi de diversifier les décors et les ambiances. Après la mer et la jungle, les profondeurs souterraines vont être le cœur de ce troisième épisode et épisode final du premier cycle de Trésor. En effet, le jeune héros et ses compagnons vont explorer plusieurs grottes dangereuses et différentes. Quelques accents japonisant dans certaines attitudes et actions séduiront un lectorat qui pourrait être injustement réticent à passer du manga au franco-belge. Avec les progrès acquis depuis le premier tome, la dessinatrice est devenue une créatrice d’ambiances. Comme Trez’, elle laisse aller son imagination pour proposer aux lecteurs le meilleur environnement possible, aidée en cela par les couleurs de Charlotte Cousquer qui donnent une dimension relief aux images par des éclairages orientés.

Trésor est de ces séries qui donnent envie de ne plus grandir car elle fait prendre conscience que le plus grand cadeau de la vie n’est pas celui d’une improbable Pierre de Vœu, c’est celui de l’enfance. Si les adultes comprendront la double lecture, les enfants, eux, s’imagineront Goonies, pour ceux qui ont la réf, au milieu des personnages.
Série : Trésor
Tome : 3 – La pierre de voeu
Genre : Aventure
Scénario : Jean-Baptiste Saurel
Dessins : Pauline de la Provôté
Couleurs : Charlotte Cousquer
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808505109
Nombre de pages : 72
Prix : 15,50 €