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Boulevard BD

L'adresse de toutes les bandes dessinées

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Avenue des CHRONIQUES

  • Cath et son chat 11
    par Laurent Lafourcade

    Les 4 saisons de Sushi

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    « -En l’écoutant, t’as des frissons comme en décembre, des boutons qui bourgeonnent comme en mars, la tension qui chute comme les feuilles en octobre, et t’as pris un coup de chaud comme en août !

    -Hein ! « Les quatre saisons » de Vivaldi !

    -Les cats saisons plutôt… »

                    Sushi est au piano. Un chat virtuose, on a rarement vu ça. Les émotions de Vivaldi se dégagent du piano félin. Ça, c’est l’avis de Cath, parce que Papa y entend un son moins mélodieux. C’est parti pour, non pas « Les quatre saisons de Vivaldi », mais les cats saisons. Hiver, printemps, été, automne, puis retour en hiver pour boucler la boucle d’une année. Bienvenue dans la vie d’un chat au milieu des flocons, des bourgeons, des rayons de soleil et des feuilles mortes.

    © Richez, Cazenove, Ramon – Bamboo

                    Dès que le froid de l’hiver arrive, Sushi ne sort plus. Il passe son temps à l’intérieur, vautré sur le canapé ou sur le fauteuil, ne pensant qu’à manger, dormir, oubliant même de faire sa toilette. Il n’est pas le seul. Pour Papa, c’est le même programme. Et quand Sushi a quand même envie de sortir pour attraper les flocons de neige, il demande à rentrer encore plus vite. Ça fait froid aux coussinets ! A partir du 21 mars, ce n’est plus la même chanson. Ce ne sont pas quelques gouttes de pluie qui vont empêcher Cath et son chat de mettre leurs museaux dehors. Les fleurs sortent du sol et les fruits commencent à pousser sur les branches. Les oiseaux et les insectes, dont les puces, font la fête.

    © Richez, Cazenove, Ramon – Bamboo

                    Avez-vous déjà vu un chat à la plage en plein été ? Parce que Sushi, il y va ! Si vous voyez passer devant vous une boule de sable à pattes, c’est simplement un chat qui a été tartiné de crème solaire. Forcément, ça colle. Et si Papa refuse que le félin mette une seule patte sur le sable, il y a toujours une solution pour l’y amener. L’option pneumatique, c’est pour tout le monde : une licorne pour Cath, un chatamarran pour Virgile et un canapé pour Sushi. A l’automne, l’animal a quand même plus d’occasions de se défouler. Les sauts dans les tas de feuilles, ramassées de préférence, c’est un vrai kif ! Du moment qu’on ne glisse pas… N’est-ce pas, Papa ? Opération citrouille d’Halloween juste avant la déco du sapin et l’année est passée !

    © Richez, Cazenove, Ramon – Bamboo

                    A part le hors-série cuisine, il n’y avait pas eu d’album de gags de Cath et son chat depuis presque quatre ans. Quel bonheur de retrouver ces personnages et leurs auteurs, et en particulier la dessinatrice Yrgane Ramon, qui était occupée comme designer sur Moi, moche et méchant 4 et Tous en scène 2. La couverture multi-saisons résume à elle seule le bonheur coloré dans lequel on va être plongé pendant 44 planches. Feel-goodissime.


    Série : Cath et son chat

    Tome : 11

    Genre : Humour félin

    Scénario : Hervé Richez & Christophe Cazenove

    Dessins & Couleurs : Yrgane Ramon

    Éditeur : Bamboo

    ISBN : 9791041113880

    Nombre de pages : 48

    Prix : 10,90 €


  • One Piece 111 – Aventure à Erbaf 
    par Laurent Lafourcade

    Doyens vs Pirates

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    « -Le monde va tomber entre les mains des pirates ?!

    -Attends… Qu’est-ce que tu nous racontes, Végapunk ?!

    -Oh non !! Ce pays aussi va sombrer dans l’océan ?!

    -La marine doit intervenir !!

    -Le plus grand génie de la planète vient de nous le confirmer !!

    -Le One Piece existe bel et bien !!

    -Partons nous en emparer !! »

    Le message posthume de Végapunk a bouleversé le monde. Le pays va-t-il sombrer dans l’océan ? Le plus grand génie de la planète vient de le confirmer. Le One Piece existe bel et bien. Tous les pirates, jusqu’aux fins fonds des prisons, veulent s’en emparer pour dominer la planète. Le gouvernement mondial peut faire ses prières. Parmi les prétendants, Luffy n’a pas l’intention de laisser son titre de futur roi des pirates. Pour cela, Chapeau de paille et son équipage peuvent compter sur les géants, et Emeth, un robot d’acier, dont le corps enferme un fluide puissant. Rendus furieux par la diffusion du message de Végapunk, les cinq Doyens préparent la riposte.

    ONE PIECE © 1997 by Eiichiro Oda / SHUEISHA Inc.
    © 2025, éditions Glénat

    Avec York, les punk records et le réacteur à fusion, les Doyens ont tout ce qu’il faut pour reproduire le Mother Flame. Couverts de honte parce qu’ils ont laissé filer Jewelry Bonney et l’équipage de Chapeau de paille, les vice-amiraux veulent partir immédiatement pour Erbaf afin de réparer cet échec. C’est une autre proposition qui va séduire le conseil des sages. Saint Figarland Garling, Dieu guerrier de la science et de la défense, propose à ses collègues d’œuvrer ensemble à rendre le monde meilleur. Lol !

    Il y en a du monde, dans ce tome 111 de One Piece. C’est pire que l’invasion des « 1 (Huns) ». Eiichiro Oda met tous ses héros, anti-héros, ennemis en plein dans l’action. Et ce qu’il y a de chouette, c’est que, après plusieurs tomes où il était en retrait, Luffy est de retour au premier plan.

    ONE PIECE © 1997 by Eiichiro Oda / SHUEISHA Inc.
    © 2025, éditions Glénat

    Alors que les mangakas, surtout les plus célèbres comme Monsieur Oda, sont souvent perçus comme des gens inaccessibles, l’auteur de One Piece reste au plus proche de ses lecteurs en répondant à leurs questions dans les inter-chapitres. Les interrogations portent aussi bien sur le déroulement et les arcanes du récit que sur les goûts personnels du créateur. En fin de tome, Oda donne en plus des informations top secrètes sur dix personnages clés de la nouvelle ère, dix mystères à l’origine des « remous d’une époque ».

    ONE PIECE © 1997 by Eiichiro Oda / SHUEISHA Inc.
    © 2025, éditions Glénat

    Pour les dernières fêtes, les deux derniers tomes de One Piece ont trusté le sommet des ventes de mangas, sans compter que le tome 1 se vend chaque année à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires en France. Le one Piece n’est pas encore découvert. Le succès n’est pas près de se démentir.


    Série : One Piece

    Tome : 111 – Aventure à Erbaf 

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario & Dessins : Eiichiro Oda

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344065662

    Nombre de pages : 192

    Prix : 7,20 €


  • L’île de minuit 2 – La femme aux singes
    par Laurent Lafourcade

    Monkey Island

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     « -Tu penses que c’est une bonne idée ?

    -La tempête a fait rage pendant trois jours. Nous devons retrouver Maya.

    -Pourquoi tu t’en fais pour elle ? Maya est bien plus capable de survivre ici que toi et moi.

    -Ce n’est pas pour elle que j’ai peur mais pour nous. Sans Maya, on ne quittera pas cette île. Et puis, il y a le message de l’automate.

    -Celui qui demande à Maya d’entrer dans le phare. Cette machine me fait froid dans le dos. »

    Dans un océan déchaîné, un jeune navigateur tente de maintenir son embarcation à flots. L’orage gronde et les vagues submergent le frêle esquif. Le vent déchire la voile. L’occupant tombe à l’eau. Réussissant à se débattre contre les éléments, le garçon échoue sur une île, près de ce qui semble être les vestiges d’un temple oublié.

    Plus loin, en pleine jungle, Elijah et Elena sont à la recherche de Maya. L’automate, contrôlé par on ne sait qui, lui a demandé d’entrer dans le phare. D’après Elena, il est peu probable qu’elle y soit. Elle a dû partir à la recherche de gens qui vivraient cachés. Leur avancée les fait traverser une rivière et les amène au milieu de ruines, avec un singe et un dragon gravés sur des pierres, dans un style précolombien. Quel est donc ce territoire mystérieux ? La nuit tombe et le duo a encore la trahison d’Hector en travers de la gorge. C’est alors qu’ils sont assaillis par une bande de singes belliqueux.

    © Grebil, Lylian – Dupuis

    Elijah et Elena sont sortis de ce bien mauvais pas par Maya et Charlie, dont elle vient de faire la connaissance. Pour Elijah, elle lui accorde trop de confiance. Ils viennent de sortir d’une traîtrise, ce n’est pas pour en risquer une autre. Mais il y a une différence notable. Charlie n’est ni en quête d’explication, ni en recherche d’évasion de l’île. Alors que, la nuit, le phare éclairé intrigue la petite bande, au moins ceux qui ne dorment pas, en pleine jungle, un garçon est à son tour confronté aux singes. C’est celui qui vient d’échouer sur l’île et que nos amis vont retrouver le lendemain coincé au fond d’un piège. Charlie, qui a déjà rencontré une femme qui semble diriger les singes, ne pense pas qu’il soit complice d’elle. Il serait donc de mèche avec ceux du phare ? Toujours est-il que l’individu n’est pas accueilli de la plus sympathique des façons.

    © Grebil, Lylian – Dupuis

    Lyllian et Grebil poursuivent les aventures des enfants arrivés indépendamment et amnésiques sur cette île pas si déserte que ça. Contrairement à la plupart des séries où les personnages sont définis dès le départ par une personnalité spécifique, avec Lyllian, on n’est jamais sûr des revirements qui pourraient arriver. Pour preuve, Hector ne s’est pas comporté comme on l’attendait. Il fait en réalité partie d’une bande d’enfants masqués. Robin arrive comme un cheveu dans la soupe. Comble pour un naufragé, il va devoir ramer pour gagner la confiance de ses nouveaux amis. La femme aux singes est aussi un personnage ambigu. La scientifique travaille-t-elle pour la recherche ou a-t-elle des intérêts personnels ? En élargissant le périmètre d’action sur l’île, le scénariste offre à son dessinateur la possibilité de diversifier les décors et les ambiances, lui permettant de montrer toute l’étendue de ses capacités.

    © Grebil, Lylian – Dupuis

    Il n’est pas forcément Minuit sur l’île du même nom. Il est en tous cas l’heure de tous les mystères. Les enfants perdus n’ont pas de Peter Pan pour les aider dans leur quête et vont avoir besoin de courage et de détermination pour éclaircir les secrets des lieux.


    Série : L’île de minuit

    Tome : 2 – La femme aux singes

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario : Lylian

    Dessins & Couleurs : Nicolas Grebil

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808510899

    Nombre de pages : 56

    Prix : 12,95 €


  • Daniel Fuchs Mes années Hara-Kiri
    par Laurent Lafourcade

    Choron agitateur d’idées

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    « -Tout se passe bien, professeur Choron ?

    -Comme toujours, madame Yvonne, comme toujours !

    -Dites-donc, c’est pas une sinécure de bosser pour Hara-Kiri ! »

                    Joub et Nicoby, auteurs de bandes dessinées, chinent sur le stand d’un bouquiniste dans un salon de BD. Ils trouvent du Reiser aux éditions du Square, et même des Hara-Kiri de la belle époque. Sur la couverture d’un numéro, ils croient reconnaître le vendeur du stand. Pas loin, c’est son frère. Mais lui aussi a bien connu toute l’équipe. Ce bouquiniste, c’est Daniel Fuchs. Les plus belles années de sa vie, c’est quand il bossait pour le groupe de presse qui publiait entre autres Hara-Kiri et Charlie Hebdo. Dès lors, le bonhomme va devenir intarissable. Le voyage dans le temps commence en 1970 avec une séance photo pour la couverture du Hara-Kiri n°101 prouvant que la grippe n’est pas contagieuse.

    © Joub, Nicoby – Glénat

                    Au fil des ans, Daniel Fuchs emmène Joub et Nicoby, et tous les lecteurs avec, dans les coulisses du journal bête et méchant, et de son successeur Charlie Hebdo lorsque Hara-Kiri sera interdit de publication. On va rencontrer tous les participants à cette aventure éditoriale, avec en tête le Professeur Choron, qui créa le journal en 1960 avec Cavanna et Fred. Ils seront rejoints par Cabu, Gébé, Reiser, Topor, Wolinski, Pierre Fournier, Willem, Delfeil de Ton, pour ne citer que les plus célèbres. Tant de noms qui résonnent comme le souvenir d’une époque bénie où tout semblait permis. Tout ? Enfin presque, puisque les publications tomberont plusieurs fois sous les coups de la censure. Fuchs témoigne d’une époque libertaire et libertine définitivement révolue.

    © Joub, Nicoby – Glénat

                    L’histoire n’aurait jamais été la même sans la personnalité de l’iconoclaste professeur Choron, sans limite apparente, n’hésitant ni à tremper devant tout le monde son zizi dans sa coupe de champagne pour le faire boire, ni à transformer une conférence de rédaction en lupanar géant. Daniel Fuchs aura été à la fois le compagnon et le témoin de l’aventure en tant que modèle photo, comptable ou vendeur pour le groupe dont le chant du cygne sera l’émission Droit de réponse de Michel Polac, débat télévisé très animé avec toute l’équipe du journal, témoignant d’un changement de génération, au début des années 80.

    © Joub, Nicoby – Glénat

                    Joub et Nicoby mettent ici à jour leur album Mes années bêtes et méchantes publié chez feu les éditions Drugstore en 2010. Le livre est complété par un minutieux dossier documentaire signé Stéphane Mazurier et un entretien avec les auteurs mené par Christelle Pissavy-Yvernault à l’occasion de l’intégration du récit à la formidable collection Les cahiers de la bande dessinée. Historique et passionnant, Mes années Hara-Kiri montre que la vie c’est aussi une aventure.


    Titre : Daniel Fuchs Mes années Hara-Kiri

    Genre : Témoignage

    Scénario : Joub & Nicoby

    Dessins & Couleurs : Nicoby

    Dossier : Stéphane Mazurier

    Entretiens : Christelle Pissavy-Yvernault

    Éditeur : Glénat

    Collection : Les cahiers de la bande dessinée

    ISBN : 9782344071380

    Nombre de pages : 240

    Prix : 25 €


  • Undertaker  8 – Le monde selon Oz
    par Laurent Lafourcade

    Pas d’Interruption Volontaire de Gachette

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    « -Siegneur… Que ta volonté soit faite.

    -Et la mienne aussi ! Cinq par terre, sister. On s’amuse avec la sixième ? Et Dieu dit au zélote : « Si tu veux jouer au con, tu trouveras toujours pire que toi !

    -Vous n’oserez pas.

    -Ah oui ? »

                    Jonas Crow, le croque-mort, l’undertaker, se mesure à une adversaire de taille : Madeleine Esther Oz, alias Sister Oz, membre de la ligue pour la suppression du vice au Texas, farouche combattante anti-avortement, pour qui tuer des embryons innocents est bien plus grave que de se débarrasser de pêcheurs. Oratrice hors pair, elle a convaincu toute une population du bien fondé de son combat. Oz tient en joue le docteur Randolph Prairie lorsque Jonas lui propose une partie de roulette russe entre le médecin et Eleanor Winthorp, enceinte, et qui souhaite avorter. Par chance pour tous, Dieu va se mêler au jeu, mais le duel entre le fossoyeur et la soi-disant justicière est loin d’être terminé.

    © Meyer, Dorison, Delabie – Dargaud

                    Sister Oz tient un otage en la personne du docteur Prairie à qui elle tente de faire expier ses péchés et de renoncer à pratiquer des interruptions de grossesses. L’undertaker va parvenir à l’extraire des griffes de sa geôlière et prendre à son tour une personne en otage. Mais la foule a déjà été endoctrinée. Le gourou a déjà fait son œuvre. Jonas et les siens vont devoir faire à une justice autoproclamée. Au milieu de tout ça, Rose, mariée au Docteur Prairie, va-t-elle se contenter d’une vie de « femme de… » ou décidera-t-elle de suivre l’homme au chapeau et au vautour ?

    © Meyer, Dorison, Delabie – Dargaud

                    Si le western est l’un des genres le plus bédégénique, Undertaker a le mérite de traiter dans le diptyque qui se clôt ici d’un sujet toujours d’actualité avec l’IVG à laquelle s’opposent encore quelques conservateurs hors du temps. La série fête déjà ses dix ans. Xavier Dorison a créé un personnage à la frontière entre le héros et l’anti-héros pour qui la notion de violence et de mort n’est pas la même que pour le commun des mortels. C’est peut-être pour cela qu’il ne réagit pas comme ça semblerait évident pour quelqu’un d’ordinaire. Ralph Meyer marche sur les pas de Jean Giraud et de Christian Rossi dont il égale le talent, avec notamment des scènes d’actions parfaites. S’il voyait ses chevaux, Jijé serait fier de lui. Caroline Delabie l’accompagne aux couleurs dans un ensemble uniforme avec des tons beige-orangés dont la luminosité varie selon les moments de la journée.

    © Meyer, Dorison, Delabie – Dargaud

                    Il ne faudrait pas que Dorothy vienne se promener dans ce monde d’Oz ci. Elle serait bien surprise. Elle n’y trouverait pas de magicien et quelqu’un de bien pire qu’une sorcière. Avec Undertaker, l’âge d’or du western est toujours d’actualité.


    Série : Undertaker

    Tome : 8 – Le monde selon Oz

    Genre : Western

    Scénario : Xavier Dorison

    Dessins : Ralph Meyer

    Couleurs : Caroline Delabie & Ralph Meyer

    Éditeur : Dargaud

    ISBN : 9782505127451

    Nombre de pages : 64

    Prix : 17,95 €


  • Tokyo Cannabis 6
    par Laurent Lafourcade

    Le nouveau business du e-liquide

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    « -Je… Je dois partir ! J’ai du travail !!

    _Le maître ! N’oublie pas ça ! Si tu bosses dans la beuh avec les Omega, je pourrai te filer un coup de main !! Je t’ai mis un petit cadeau à l’intérieur !! Ma spécialité, ce sont les e-liquides !! Hnah Ha…

    -Les e-liquides ?

    -Ouais !! Ça cartonne de ouf !! »

    Il se fait dorénavant appeler King. C’est un surnom qui marque son importance. Morio, face à Gaoh, chef du gang des Omega, improvise ce pseudonyme pour asseoir son statut. Considérant Morio comme un génie du cannabis, même s’il ne se doute pas qu’il en est le cultivateur, Gaoh lui offre un nouveau conditionnement qui se développe : le e-liquide. Ça rapporte un fric fou. Kagayama, qui ne pense que business, voit là un nouveau marché potentiel. Kimura en est déjà accro. Si les Omega en fabriquent, ils peuvent en produire eux aussi. Morio a étudié la chimie à la fac. Si l’on produit du e-liquide de Mick X, les consommateurs vont se jeter dessus au lieu d’importer. Entre les différents gangs et la police, le clan Morio doit tout faire pour ne pas brûler dans les flammes vertes.

    © 2022 by Yuto Inai / Coamix
    © Inai – Kana 2025

    En préambule, sous le sommaire, figure cet avertissement : « Cette œuvre est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes, des organisations ou des événements ayant existé est purement fortuite. Cette œuvre n’est pas une incitation à reproduire les actes illégaux qu’elle décrit. L’éditeur décline toute responsabilité le cas échéant. ». Ça va sans dire mais ça va mieux en le disant. Il faudrait n’avoir rien compris aux intentions de l’auteur pour croire que la série ferait l’apologie de cette drogue. Yûto Inai dénonce l’engrenage infernal qu’elle suscite, que ce soit pour les consommateurs, les producteurs ou les vendeurs. Chaque étape du marché savamment pensée ne vise qu’à enfermer la victime soi-disant consentante dans un cercle vicieux dont elle ne peut plus sortir. Les jeunes, souvent en détresse psychologique, fument au départ du cannabis pour un trip permettant d’oublier ses soucis. Ça ne fait qu’en créer de nouveaux, beaucoup plus graves.

    © 2022 by Yuto Inai / Coamix
    © Inai – Kana 2025

    Morio ne cultive du cannabis que pour sortir sa famille de la situation inextricable dans laquelle elle se trouve après un accident. Cet épisode montre comment le fléau gangrène la population en attaquant les consommateurs à la source, alors qu’ils sont lycéens, comme Saki, la fille de Morio, qui va être victime d’une tentative d’enlèvement. C’est pourquoi ce dernier veut mettre à néant le trafic des Kurobe. Tous ceux qui entravent leurs affaires le paient très chers, et il est impossible de rebrousser chemin.

    © 2022 by Yuto Inai / Coamix
    © Inai – Kana 2025

    S’il y a quelque chose d’addictif dans Tokyo Cannabis, c’est la façon dont le mangaka a construit son scénario, avec suspens et tension. Un des meilleurs thrillers du moment.


    Série : Tokyo Cannabis

    Tome : 6

    Genre : Seinen Thriller

    Scénario & Dessins : Yûto Inai

    Éditeur : Kana

    ISBN : 9782505133193

    Nombre de pages : 160

    Prix : 7,90 €


  • Les Schtroumpfs et le village des filles 8 – L’étrange sortilège de Ténéfée Falibula
    par Laurent Lafourcade

    Chérie, j’ai rétréci la schtroumpfie !

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    « -Bouton d’Or ? Tu es là ? C’est moi, Fleur de Lys ! On dirait bien qu’il n’y a personne…

    -Tu cherches Bouton d’or ? Elle n’est pas encore rentrée chez elle.

    -C’est pour ça qu’il fait si calme dans le quartier…

    -Je l’ai vue schtroumpfer vers la forêt tout à l’heure. Elle semblait fort énervée… »

                    Au village des filles, appelées les schtroumpfies, on se prépare à la Grande Fête de l’Arbre, en souvenir de leur village disparu. On installe des guirlandes, on tisse des colliers de fleurs,… Bouton d’Or arrive soudainement toute affolée. Elle ne sait pas quel bracelet mettre pour la fête. Alors que tout le monde s’affaire, elle ne fait que jacasser ce qui a le don d’agacer les autres. Remballée par Saule, la grande schtroumpfette, Bouton d’Or part bougonner dans la forêt avant de s’endormir au pied d’un arbre. Au réveil, elle se rend compte qu’elle est devenue minuscule. Alors que ses camarades se mettent à sa recherche, elle ne parvient pas à se faire remarquer.

    © Cagniat, Falzar, Culliford, Maddaleni – Le Lombard

                    Falzar transpose le principe de « Chérie, j’ai rétréci les gosses ! » au monde des Schtroumpfs filles, dorénavant dénommées schtroumpfies. Le laboratoire du professeur Wayne Szalinski laisse place à la nature sauvage où chaque herbe semble être un arbre, où chaque insecte est un danger ou un allié potentiel. Les gouttes de pluie sont des uppercuts qui peuvent assommer. Heureusement, la coquille vide d’un escargot est un refuge salutaire. Il n’empêche que la disparition de Bouton d’Or inquiète grandement ses camarades. Pour la retrouver, Saule fait appel au Schtroumpf à lunettes et au Schtroumpf costaud. Hey, les filles, après huit albums, il serait temps d’être autonomes ! Les gars sont plus là pour le rappel à la série mère que pour l’intrigue en elle-même.

    © Cagniat, Falzar, Culliford, Maddaleni – Le Lombard

                    Laurent Cagniat profite de la « réduction » pour changer de dimension. Ver de terre, coccinelle, papillon sont les nouveaux compagnons de fortune ou d’infortune de la minuscule lutine bleue pour qui les écureuils font figures de monstres gigantesques. Le bestiaire se développe également avec le Nimbu, un oiseau chanteur chatoyant à la voix plus proche de celle de la Castafiore que de la Callas. N’oublions pas Gargamel et Azraël qui sont aussi de la partie. Enfin, les puristes de l’œuvre de Peyo remarqueront qu’une scène est un clin d’œil appuyé au mythique L’œuf et les Schtroumpfs.

    © Cagniat, Falzar, Culliford, Maddaleni – Le Lombard

                    Moins moralisatrices et parfois plus aventurières que les histoires de leurs homologues masculins, les péripéties du village des filles ont à présent une structure qui a de quoi rendre leurs personnages indépendants. Il suffirait de remplacer le titre de la série « Les Schtroumpfs et le village des filles » par « Le village des Schtroumpfies ».


    Série : Les Schtroumpfs et le village des filles

    Tome : 8 – L’étrange sortilège de Ténéfée Falibula

    Genre : Aventure schtroumpfante

    Scénario : Falzar & Thierry Culliford

    Dessins : Laurent Cagniat

    D’après : Peyo

    Couleurs : Paolo Maddaleni

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808214964

    Nombre de pages : 48

    Prix : 12,95 €


  • SuperBeasts 4 / SuperBeasts Toy(e) Art File Rapport n°3 ultra confidentiel
    par Laurent Lafourcade

    Chymer en plein cœur

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    « -Escouade Kisaragi. Précisez votre position.

    -Nous venons de passer le kilomètre 15 de la voie de droite. Nous ne nous retrouverons pas tout de suite. »

    Les humains vont-ils enfin parvenir à nettoyer l’île des Chymers qui la peuplent ? Le Docteur Kisaragi et son équipe en affrontent une dans les canalisations. C’est un Shamisen. Il est seul. Pourtant, ce type de Chymer évolue habituellement par groupes de trois. Elle est puissante et ses attaques coordonnées la rendent particulièrement coriace. Malgré les coups étonnants, même touchée en son point de concentration, elle est capable de se régénérer. En fait, pour s’en débarrasser, il faut attaquer les trois membres d’un même groupe en même temps, même s’ils ne sont pas ensemble. Affronter cette entité ne sera rien à côté de ce qui attend les chasseurs par la suite.

    © Toy(e) 2024 © Nykken 2024
    © 2025, Vega SAS, pour l’édition française

    C’est un Yubishabi qui va leur faire face ensuite. Cette Chymer est capable de créer des illusions visuelles et auditives. Déclenchant ses pouvoirs en montrant ses victimes du doigt, ce pointeur est capable d’employer et de comprendre le langage humain. Elle peut utiliser la mémoire, le savoir et les émotions de ses victimes. Il va falloir que d’autres unités viennent à la rescousse.La Mairie, qui est l’organisation de la résistance contre les Chymer, est en effervescence. La section 4 va être repoussée dans ses retranchements. Kazuki Kisaragi pourrait en sortir… transformé.

    © Toy(e) 2024 © Nykken 2024
    © 2025, Vega SAS, pour l’édition française

    En parallèle à ce quatrième volume, les éditions Vega publient le troisième Art book. Intitulé Rapport n°3 Ultra confidentiel, il identifie plusieurs types de Chymers à partir des comptes-rendus d’opérations de plusieurs zones géographiques : sur l’eau, dans la nature et dans les zones urbaines. Toy(e) présente quatre-vingt-six Chymers incroyables, sur de magnifiques illustrations dont certaines ont inspiré Nykken. En effet, les artbooks sont à la source du manga et non pas l’inverse comme on aurait pu le penser.

    © Toy(e) 2024
    © 2025, Vega SAS, pour l’édition française

    Superbeasts s’achève déjà ? Ce n’est pas possible ?! Bien que Nykken présente le dernier chapitre comme une conclusion, l’univers créé par Toy(e) est si riche qu’il est inconcevable qu’on en reste là. Un quatrième Artbook est à paraître prochainement. Espérons qu’un nouveau cycle de mangas suivra.



    Série : SuperBeasts

    Tome : 4

    Genre : Shonen Survival

    Œuvre originale : Toy(e)

    Scénario & Dessins : Nykken

    Éditeur : Vega

    ISBN : 9782379503832

    Nombre de pages : 244

    Prix : 8,35 €


    Série : SuperBeasts Toy(e) Art File

    Tome : 3 – Rapport n°3 ultra confidential

    Genre : ArtBook

    Scénario & Dessins : Toy(e)

    Éditeur : Vega

    Collection : Alpha

    ISBN : 9782379503795

    Nombre de pages : 144

    Prix : 20 €


  • Mickey et le roi des pirates 
    par Laurent Lafourcade

    Le sou fétiche de Picsou a disparu !

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    « -Qu’est-ce c’est que ça ?! Patron ! C’est quoi, cette une ? D’où tenez-vous l’info ?

    -D’un voisin qui connaît la voisine de palier du frère d’un laveur de carreaux qui a vu la vitrine du sou grande ouverte… et vide ! Sûr à cent pour cent ! Toute la City va se l’arracher !

    -Si vous le publiez, ça va être la panique en ville ! »

    Février 1859. Le sou fétiche a disparu ! En apprenant cela, éberlué, Mickey file chez Picsou pour comprendre ce qu’il s’est passé. Il trouve le milliardaire dans une colère noire. L’inventeur Géo Trouvetou, qui a mis en place le système de protection, a tout revérifié plusieurs fois. Ce n’est qu’un as du cambriolage qui a pu subtiliser la pièce. Toute la ville s’écroule sur Picsou qui, ne se laissant pas abattre pour autant, part faire le tour de ses ennemis. Direction le « Billion’s club » pendant que Mickey se rend au commissariat glaner quelques informations pour démarrer son enquête. Il fera chou blanc. Une semaine plus tard, alors qu’il discute au port avec Donald, Mickey voit Picsou revenir en bateau, semblant avoir fait une croix sur son sou fétiche et décidé à prendre un nouveau départ. Ce n’est pas l’agression par un vagabond qui l’arrêtera. Comportement bien étrange.

    © Chamblain, Dav – Glénat
    © Disney Enterprises, Inc

    Au fil des jours, Picsou se montre dépensier. L’usine de sidérurgie lui appartenant ferme à cause de problèmes de gestion. Un navire abandonné vient s’échouer sur le port. Pour certains, c’est le bateau de feu, une malédiction. Intrigué, Mickey décide de retracer le parcours de Picsou entre son départ du coffre et son retour. Mais la police lui met des bâtons dans les roues. Avec Dingo et Donald, il se retrouve à bord d’un bateau qui va les mener d’une île servant d’escale pour les richesses de Picsou jusqu’à Santa Cruz da Flores, dans l’archipel des Açores, dans des eaux infestées de boucaniers. Trouveront-ils la pièce manquante et la raison du revirement de pensées du canard le plus riche du monde ?

    © Chamblain, Dav – Glénat
    © Disney Enterprises, Inc

    Pour son second scénario dans la collection Créations originales Disney aux éditions Glénat, Joris Chamblain signe une histoire quasi-parfaite, à la croisée des mondes d’Oliver Twist et de Pirates des Caraïbes, convoquant un nombre impressionnant de héros emblématiques de l’univers Disney. Comme à la grande époque des meilleurs dessins animés comme Nettoyeurs de pendules ou autres revenants solitaires, le trio Mickey-Donald-Dingo est reconstitué pour une grande aventure épique. L’intrigue est palpitante et magique, idéale pour réunir les nostalgiques et les nouveaux lecteurs grâce à son souffle dynamique. Bien sûr, les adultes possèdent plus de clefs pour profiter au mieux des acteurs, de premier plan ou figurants. Pluto, Oscar Rapace, Miss Frappe, Génius, Flagada Jones, Gripsou, Flairsou, les Rapetou, le commissaire Finot, Pat Hibulaire, Lafouine, Horace, Clarabelle et bien d’autres dont certains dont on ne peut pas citer le nom sans dévoiler une partie de l’intrigue côtoient des guests issus des meilleurs dessins animés : Rufus, le chat dans Bernard et Bianca, le crapaud et la taupe du Vent dans les saules, Ratino, Lucifer de Cendrillon, José Carioca et Panchito Pistoles des Trois Caballeros,… On peut s’amuser à en trouver de nouveaux à chaque relecture. Le plus bel hommage est certainement celui rendu à Claude Marin qui fut l’un des, si ce n’est « le » plus grand dessinateur Disney avant Dav. Il joue ici le rôle d’un matelot qui va amener Mickey et ses amis chez les pirates.

    © Chamblain, Dav – Glénat
    © Disney Enterprises, Inc

    Mickey et le roi des pirates est l’un des événements qui débutent l’année. C’est dans les mains d’auteurs si talentueux que les héros sont éternels. Espérons vivement que l’album ne soit que le premier d’une longue série que signera le duo Dav-Chamblain. La magie Disney est plus que jamais au rendez-vous.


    Titre : Mickey et le roi des pirates

    Genre : Aventure

    Scénario : Joris Chamblain

    Dessins & Couleurs : Dav

    Éditeur : Glénat

    Collection : Walt Disney Créations originales

    Nombre de pages : 80

    Prix : 19 €

    ISBN : 9782344051115


  • Supermatou Intégrale 2
    par Laurent Lafourcade

    Marvel et DC n’ont qu’à bien se tenir !

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    « -Chut !… J’aperçois deux ombres près de l’Epargne Raminagrovilaine !

    -A cette heure tardive, ce ne sont sûrement pas des facteurs !

    -Tu as raison… Je vais les cueillir en piqué et sans sommation ! »

                    Dans une ferme des environs de Raminagroville, par un soir sans lune, un couple âgé se prépare à aller se coucher, encore effrayé par le film d’épouvante qu’ils viennent de regarder. C’est un ectoplasme qui se présente alors à eux, exigeant leur ferme pour une bouchée de pain sous peine de venir chatouiller leurs pieds tous les soirs. Chacune des nuits suivantes, le fantôme terrorise et fait main basse sur une exploitation du coin. Un par un, tous les paysans quittent leurs fermes sous les yeux interloqués de Supermatou et de son chien. En se rendant sur place, le justicier découvre le responsable de l’exode. Il s’agit d’Agagax, le bébé malfrat, qui s’est emparé de toutes les exploitations pour avoir à sa disposition tout le lait nécessaire à sa consommation. Supermatou parviendra-t-il à remettre chacun à sa place ?

    © Poirier – Revival

                    Le facteur sonne au domicile des Minet. Il apporte un paquet. Une fois déballé, les parents Minet découvrent le portrait d’un gentilhomme du siècle dernier dans un décor au romantisme échevelé. Il y a une place libre sur le buffet. Le tableau y sera du plus bel effet. C’est en début de soirée que la mère de Modeste Minet, alias Supermatou (mais ça ils ne le savent pas), se rend compte que le personnage a cligné de l’œil. Robert, le chien, n’est pas sans remarquer l’atmosphère étrange régnant sur la maison. Dans la nuit, le personnage disparaît du tableau. Le lendemain matin, il y est de retour et les parents retrouvent le salon tout en désordre. Pendant ce temps, Modeste et Robert, sortis avec leurs costumes de justiciers dans la nuit, sont cloués au lit par le rhume. Le promoteur immobilier qui veut racheter la maison de la famille aurait-il un lien avec ces événements mystérieux ?

    © Poirier – Revival

                    Ces histoires sont la première et la dernière des quarante-cinq récits qui composent cette deuxième et dernière partie de l’intégrale des aventures de Supermatou, héros mythique s’il en est de la grande époque de Pif Gadget, signées de l’incomparable et regretté Jean-Claude Poirier, et dont la fille Bilitis réhabilite la mémoire. Cette intégrale n’est pas une pépite mais une mine d’or. Tout est rond chez Poirier, le trait, le lettrage, le scénario même. Son trait n’a pas fait école. Il n’appartient qu’à lui ce qui lui incombe quelque chose de magique, à la fois rassurant et énigmatique, incroyable, comme quand il dessine une télévision. Inatteignable.

    © Poirier – Revival

                    Les éditions Revival font là un travail patrimonial inestimable, remettant en lumière un auteur injustement oublié. Il n’y a plus qu’à espérer qu’après les intégrales de Supermatou et de Horace cheval de l’Ouest (dont il reste un tome à paraître), les autres œuvres de Poirier comme Colinet et Dragono, ainsi que Charlotte Poireau, viendront parfaire l’anthologie.


    Série : Supermatou

    Tome : Intégrale 2

    Genre : Humour superhéroïque

    Scénario & Dessins : Jean-Claude Poirier

    Couleurs : Bilitis Poirier et son équipe

    Éditeur : Revival

    ISBN : 9782494687356

    Nombre de pages : 296

    Prix : 39 €


  • Odr 1
    par Laurent Lafourcade

    La rage au ventre

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    « -Fulbert ? Tu sais où est ta fille ?

    -Elle est partie aider à la ferme. Elle ne devrait pas tarder.

    -Et tu l’as crue ? Ces sales gosses, je te parie qu’ils sont retournés dans la forêt. Je te l’ai déjà dit : si on est trop indulgents avec eux, ils finiront par nous ramener des…

    -Fulbert !! On a un problème.

    -Lars ?!

    -Un gros problème. »

    En plein cœur d’une forêt germanique, un groupe de jeunes gens repère des traces. Sont-ce celles d’un troll ? En ce IXème siècle, les croyances sont encore fortes. En fait de troll, ils aperçoivent une force de la nature qui est en train de couper du bois avec une épée gigantesque. Alors que tous fuient lorsque le gaillard remarque qu’il est observé, Syn reste pétrifiée sur place, avant d’être happée par l’un de ses camarades. A l’arrivée au village, la consigne est claire : on ne dira rien aux parents. Syn ne risque pas d’en parler ; elle est sourde et muette. Par contre, elle a un lien avec les animaux. Elle voit leurs âmes. Le lendemain, Syn retourne en forêt avec son frère Dag, afin de revoir cet homme des bois en qui elle voit un ours blessé. On ne peut pas dire que l’ermite les accueille à bras ouverts.

    © Locass, Truc – Kana

    Pendant ce temps, au village, débarque une troupe de guerriers, avec à leur tête Sigvard, capitaine de l’armée de Horik, roi du Danemark, qui a déclaré la guerre à la Germanie. Ils font le tour des villages à proximité de leur campement pour récolter toutes les ressources. Ça va être compliqué pour les villageois dont celles de l’année sont déjà bien maigres. Mais Sigvard va demander encore plus à Fulbert : offrir à son fils une nuit dans la chaleur d’une femme, en l’occurrence Syn, la propre fille de Fulbert. Cette dernière n’ayant pas l’intention de se laisser faire, c’est là que la situation va dégénérer. Le sang et le feu règlent les comptes mais déchaînent les vengeances. L’arbitrage risque bien d’être assuré par Gudbjörn, l’homme des bois.

    © Locass, Truc – Kana

    Odr est un seinen français en deux parties, deux pavés dont voici le premier. D’apparence contemplative, au tout début, le bruit et la fureur vont rapidement s’installer dans un tourbillon de violence justifié par la barbarie du siècle. Gudbiörn est un berserker, un guerrier d’exception doté d’aptitudes physiques surhumaines, habité par l’esprit d’un animal féroce qui déchaîne ses forces au combat. Il va jouer un rôle déterminant avant que l’on ne découvre ses failles et que l’on ne comprenne ses raisons d’agir. Maxime Truc démontre que l’on peut produire chez nous un manga puissant, dessiné par un Locass qui n’a pas de limite, qui semble pouvoir tout représenter, de la féérie d’une forêt bucolique aux giclées de sang trashs. Les auteurs visitent l’histoire moyenâgeuse scandinave dans tout ce qu’elle a de plus rude.

    © Locass, Truc – Kana

    Odr signifie rage. Truc et Locass ont lu tout autant Berserk que Thorgal pour créer une histoire qui traite non seulement de famille et de guerre mais aussi de tout ce qu’un conflit peut laisser comme traces chez ceux qui ont été meurtris au plus profond. On attend la suite et la fin avec impatience.


    Série : Odr

    Tome : 1

    Genre : Drame historique

    Scénario : Maxime Truc

    Dessins : Locass

    Éditeur : Kana

    Collection : Big Kana

    ISBN : 9782505125938

    Nombre de pages : 336

    Prix : 13,95 €


  • Nights with a cat 7
    par Laurent Lafourcade

    J’habite chez mon chat

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    « -Un nouveau jouet dans un endroit pareil… Viens, Kyuruga, on joue… »

    Kyuruga est un chat d’appartement. Il n’habite pas chez ses humains. Ce sont ses humains qui habitent chez lui : Futa et sa sœur Pi. Le félin se faufile d’une pièce à l’autre, ondulant entre les portes entrouvertes. Quand il se gratouille, les poils volent partout. Qu’est-ce que c’est drôle d’essayer de les rattraper ! Peloter les habits de Futa, avec des griffes qui rentrent parfois plus que d’autres, quel kif ! Ça dépend pour qui. Les écrans sont aussi des lieux d’attraction. C’est pour ça qu’il y a tant de vidéos dans le mobile. Et se coucher sur le clavier de l’ordinateur portable ou refermer l’écran en se vautrant derrière, il n’y a rien de plus réjouissant.

    © KyuruZ 2025
    © Glénat 2025

    Quand il est à fond, Kyuruga peut jouer pendant des heures. Le bibelot de fermeture éclair de sac en prend pour son grade. Quand Futa veut faire la sieste, une main qui bouge sous la couverture peut rapidement énerver un chat excité. Pas forcément besoin de jouet pour s’amuser avec lui. Parfois, une attaque à mains nues, ça lui fait son jeu. Le félin sait se faire comprendre, comme quand il veut qu’on le suive à l’étage, où l’on sait qu’il n’y a rien mais on le suit quand même pour lui faire plaisir.

    © KyuruZ 2025
    © Glénat 2025

    Kyuryu Z poursuit les micros tranches de vie félines de Kyuruga. Nights with a cat est un manga feel good. Une fois n’est pas coutume, la série est en niveaux de gris avec quelques pointes de couleurs ça et là, minimalistes. Toutes les scènes représentées, tous ceux qui ont un chat les ont vécues. Tous ceux qui n’en ont pas rêveront de les vivre. Mais attention, un animal n’est pas un objet et adopter a des conséquences pour de longues années. Il ne faudrait pas que le livre kawaï donne envie de prendre un animal qu’on ne pourra pas garder. Alors, profitez plutôt de Kyuruga, Chi et autres chats de mangas.

    © KyuruZ 2025
    © Glénat 2025

    Nights with a cat, c’est doux comme une pelote de laine, chaud comme une tasse de thé quand on est recouvert d’un plaid, c’est une pincée de bonheur dans notre monde de brutes. Zenissime.


    Série : Nights with a cat

    Tome : 7

    Genre : Feel good

    Scénario, Dessins & Couleurs : Kyuryu Z

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344070949

    Nombre de pages : 128

    Prix : 10,95 €


  • La patrouille du Faucon 5 – Raid au Haut-Koenigsbourg
    par Laurent Lafourcade

    Les scouts en Alsace

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    « -J’espère que la visite du château vous a plu. Vous allez maintenant partir en raid. Nous allons rompre le rasso, puis vous recevrez vos carnets de raid individuels.

    -Alors, avec qui pars-tu ?

    -Avec Augustin et Maxence. Je suis content, ce sont de chouettes scouts.

    -Bon raid. Et à mardi soir. »

                    Charlie et ses camarades scouts de la patrouille du Faucon sont en visite au Haut-Koenigsbourg. Ce château d’Alsace a été rénové au début du XXème siècle par l’Empereur Guillaume II. Il a été le dernier empereur d’Allemagne avant d’abdiquer à la fin de la Première Guerre Mondiale. Si depuis 1918 la région est française, ça n’a pas toujours été le cas. Elle a navigué entre ce qui est aujourd’hui la France et l’Allemagne selon les époques. Il existe un château sur les lieux depuis au moins le XIIIème siècle. Laissé à l’abandon depuis 1633, Guillaume II organise sa restauration de 1901 à 1908. Il le rénove pour en faire un symbole de puissance. Aujourd’hui, les scouts admirent l’architecture et le décorum du monument.

    © Vivier, Vinci, Costes – Plein vent

                    Après la visite, le chef de patrouille annonce le démarrage des raids. Chez les scouts, ils font partie de la progression. En fonction de l’ancienneté, un raid se réalise seul ou en groupe et peut durer de un à trois jours. Chaque groupe reçoit donc un carnet de raid, un téléphone à neuf touches à n’utiliser qu’en cas d’urgence, une carte, une boussole et des provisions pour 36 heures. Charlie, Augustin et Maxence partent ensemble. Très vite, il faut revêtir les ponchos car le temps se gâte. Maxence chute sur le sol humide et se blesse à la jambe. Il est dans l’impossibilité de marcher et, comble du comble, le téléphone de secours ne fonctionne pas. Charlie tente d’aller chercher de l’aide mais doit vite abandonner.

    © Vivier, Vinci, Costes – Plein vent

    Recueillis par un vieil homme vivant en ermite dans une grotte, les trois scouts se requinquent avant de pouvoir repartir. Mais qui est ce type qui prend soin d’eux ? Le solide gaillard semble ne pas vouloir que sa cachette soit découverte. Quel est donc son secret ?

    Après un bref incipit historique, les auteurs Jean-François Vivier et Jean Claudio Vinci mettent tout de suite leurs scouts dans une situation problématique. Depuis deux tomes, la série bénéficie de réelles intrigues dessinées dans une ligne claire dynamique sous les couleurs de Joël Costes. Même si elle n’est pas révolutionnaire, cette histoire d’homme des bois est bien ficelée

    © Vivier, Vinci, Costes – Plein vent

                    Scouts, toujours prêts ! En tous cas, après le massif de la Grande Chartreuse, les grottes de Rocamadour, le Château de Versailles, le Mont Saint-Michel et à présent le Haut-Koenigsbourg, les lecteurs sont prêts à les suivre dans leur tour des sites remarquables de France.


    Série : La patrouille du Faucon

    Tome : 5 – Raid au Haut-Koenigsbourg

    Genre : Aventure scoute

    Scénario : Jean-François Vivier

    Dessins : Jean-Claudio Vinci

    Couleurs : Joël Costes

    Éditeur : Plein vent

    ISBN : 9782384881314

    Nombre de pages : 48

    Prix : 15,90 €


  • Dix secondes
    par Thierry Ligot & Axelle Coenen

    Adolescence belge

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    « – Pourquoi tu traînes tout le temps avec le Schmet et les autres ?

    – Bah. Ils sont sympas.

    – Pff … C »est pas pour ça … Ils sont pas sympas ! Tu peux aimer leur côté sans limite ou être fasciné par leur confiance en eux qui est presque indécente … mais pas les trouver sympas.

    – Je sais pas. Avec eux, c’est simple. On se met la tête, c’est tout. Ça fait du bien.

    – Oublie pas tes vrais copains … »

    Marco, un ado dans toute sa « splendeur » ! Ni pire, ni meilleur que la grande majorité des gars de son âge. Une famille aussi absente que dépassée par un père constamment en déplacement et une mère qui a toutes les peines du monde à maintenir le bateau à flot … enfin le ménage !

    Marco n’est pas plus méchant qu’il en a l’air. Il est juste « paumé » entre son enfance qui s’envole et son âge adulte qui n’a pas encore atterri. Alors oui, il picole un brin, il fumette un coup, il « draguenette » sans trop savoir comment faire, … En gros, il se cherche. La famille, laquelle ? L’école … bof ! Il réussit sans trop se forcer … ou il pourrait bien réussir en se donnant un peu de peine ! Mais pourquoi ? Il n’en voit pas l’intérêt ! Les copains de virée … plus rien de fort excitant ! Toujours la même chose. Mais ce sont ses potes, alors … Les balades en scooter, oui … surtout lorsque pour rentrer il s’offre son « défi héroïque » : rouler à l’aveugle en comptant jusqu’à 10 ! Inconscient ? Plus que certain et à la longue, le risque d’un crash … La loi des probabilités en somme et surtout de la route ! Et pour lui, c’est quasi à chaque fois ! Cependant, il se relève sans trop de casse. Dès lors, pourquoi s’arrêter ? La copine ? Zoé, la fille avec qui il aimerait bien … Mais aimerait bien faire quoi ? Et comment ? Il est tellement « maladroit et gauche » quand il est avec elle ! D’autant plus, qu’elle n’est peut-être pas « libre » ! Déception et désappointement … pour ne pas dire désespoir ! L’amour est loin d’être toujours réciproque !

    © Max de Radiguès – Casterman 2025

    Alors il ne lui reste plus grand chose si ce n’est Oli « Schmet ». Ce dernier et sa bande semblent plus « speedés » avec leurs pilules ! Ainsi entre bitures, tests de toutes les substances et mixtures (surtout si alcoolisées) qu’il peut s’offrir, Marco est borderline ! Un malaise malsain, qu’il ne peut contrôler ni contenir et qui le pousse vers de plus en plus d’excès … par rapport à lui-même. En effet, Marco est un « gentil » qui ne ferait de mal à personne, donc il ne s’en prend qu’à lui-même ! Quitte à s’autodétruire … jusqu’à … Le récit pourrait, vu ses thèmes, apparaître comme dérangeant, oppressant pour le lecteur. Pourtant, il n’en est rien. Max de Radiguès réussit à le rendre sensible et humain pour tous. Un style où le ton et l’humour masquent les effluves et autres vapeurs d’excès.  Autobiographique ? Oui probablement en partie par son cadre spatiotemporel … En Belgique, le BW (Brabant wallon) chic, voire aux alentours Genval ou dans le genre, « petite classe moyenne », dans un quartier gentiment résidentiel des années ’80-’90. Les jeunes y jouent à la console en attendant le nouveau « Zelda », sans connaître le gsm, roulent en scooter sans avoir de trottinette électrique ni d’Aixam, vont à la MJ pour voir un concert, sortent au Palla (le Palladium, ancienne boîte de nuit à Genappes aujourd’hui rasée, pour les trop jeunes qui n’ont pas connu) et écoutent de la musique via leur disc-man ! Bref, la fin des eighties forever BCBG !

    © Max de Radiguès – Casterman 2025

                    L’adolescence n’est pas un thème innovant chez Max de Radiguès. Il nous y avait déjà replongé dans « Un été en apnée ». « To be or not to be ? » … « to became or not to became a future adult ? Tels pourraient être les leitmotivs de ses récits de vie si percutants et intimistes à la fois. Parlant à chacun, chacune des adultes, impossible de ne pas s’y retrouver un peu. Sous ce titre plus qu’évocateur, un morceau de vie, dix malheureuses petites secondes … un fragment d’instant pour une éternité où tout basculera ou se perpétuera dans la joie … ou la douleur. Le temps de compter jusqu’à 10 et tout sera fini … Mais pour qui ? Chacun devra y trouver sa propre réponse, son propre espoir, son ultime souhait avant de refermer un album plus profond qu’imaginé au début ! Cette introspection dans un vécu d’adulte en devenir est renforcée par un dessin simple tout en étant efficace. Un graphisme clair, net, soigneux sur les détails d’ambiance et de décors facilite cette immersion dans une adolescence qui tangue au gré des jours.

    © Max de Radiguès – Casterman 2025

    Avec Dix secondes, Max de Radiguès offre ici une madeleine de Proust ado-belgicaine.


    Titre : Dix secondes

    Scénario, dessin & couleurs : Max de Radiguès

    Genre : Récit de vie

    Éditeur : Casterman

    ISBN : 9782203290372

    Pages : 120

    Prix : 22 €


  • Les Justes – Carl Lutz
    par Thierry Ligot & Axelle Coenen

    Qui sauve une vie, sauve l’humanité.

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    « C’était un petit homme. Rien qu’un petit homme face à la mécanique de l’extermination nazie. »

    « Les Lois de la vie sont plus fortes que les lois des hommes. » Carl Lutz »

    Le 2 janvier 1942, Carl Lutz arrive à Budapest, avec sa femme, pour prendre ses fonctions de Vice-Consul de Suisse dans la capitale hongroise. Lui que rien ne prédestine, à l’origine à devenir un « héros » va le devenir par « obligation » … non … par conviction morale personnelle.

    Représentant les intérêts britanniques, américains et d’une dizaine d’autres pays en guerre avec la Hongrie, alliée de l’Allemagne, le diplomate Carl Lutz va rapidement se rendre compte que l’être en temps de guerre n’a pas la même importance qu’en temps de paix … Face à cette situation exceptionnelle, il prend conscience de son rôle et de son importance afin de tenter d’améliorer … de sauver celles et ceux qu’il est chargé de protéger. Au début, il obtiendra légalement des visas de sortie d’Hongrie vers la Palestine. Pourquoi des enfants et des jeunes ?  » Pour sauver l’avenir ! » Mais à partir du 17 mars 1944, tout va empirer … Hitler impose à l’amiral Horthy, régent du royaume de Hongrie, de régler la question des Juifs installés dans son pays. Pour cela, il lui impose un nouveau gouvernement qui lui soit plus favorable … et qui renforcera drastiquement la législation antijuive. Il y envoie également le SS Obersturmbannführer Adolf Eichmann pour organiser la déportation massive des Juifs hongrois. De mai à juillet 1944, ils seront près de 400.000 à être déportés vers le camp d’Auschwitz pour y être généralement immédiatement gazés !

    © Le Naour – Goepfert – Wenisch – Grand Angle 2025

    Devant cette situation, Carl Lutz, catholique pratiquant convaincu, ne peut rester indifférent. Usant de tous les moyens diplomatiques et administratifs à sa disposition, il réussira à soustraire à l’impitoyable machine d’extermination nazie entre 20 et 25.000 Juifs, hommes, femmes, enfants. Il sera l’instigateur, « l’initiateur » de multiples procédés et procédures, « illégales » ou non, afin d’offrir une protection juridique aux Juifs de Budapest. Ces derniers seront ensuite imités et reproduits par d’autres diplomates étrangers, tels que Raoul Wallenberg (secrétaire à la légation suédoise), le nonce apostolique, les représentants de l’Espagne, du Portugal, … N’hésitant pas à outrepasser son mandat officiel, désobéissant volontairement aux directives de Berne, il offrit la protection de la Suisse en faisant émettre, par ses services, des milliers de lettres officielles, modifiant les libellés officiels de ces documents, jouant sur les termes, les nuances, …

    © Le Naour – Goepfert – Wenisch – Grand Angle 2025

    Carl Lutz sera déclaré « Juste parmi les nations » en 1964 … alors que son pays n’avait toujours pas reconnu son action …  Ce scénario émouvant décrit le courage d’un homme face à l’implacable machine de déportation nazie. S’arrêtant également sur ses états d’âme, ses hésitations, ses doutes, ses inquiétudes et ses cauchemars, nous suivons sa quête d’humanité dans un monde plongé dans l’horreur de la « solution finale ». Une biographie poignante, scénarisée par Jean-Yves Le Naour, spécialiste des récits historiques. L’album est enrichi par un fort intéressant dossier documentaire sur Carl Lutz. Rédigé par la société « Carl Lutz », il éclaire intelligemment certains aspects de l’extraordinaire parcours de ce diplomate suisse trop longtemps ignoré et non reconnu … par son propre pays ! Brice Goepfert, par son graphisme réaliste, apporte un côté d’authenticité frappant à cette biographie historique.  

    © Le Naour – Goepfert – Wenisch – Grand Angle 2025

    Premier tome de la collection « Les Justes », cet album rend plus qu’un simple hommage à une grande figure méconnue de la lutte contre l’antisémitisme et le nazisme lors de la Seconde Guerre mondiale. Il met en lumière le courage d’un homme décidant, contre toute logique diplomatique, de refuser les ordres de sa hiérarchie et de résister, de lutter en fonction de ses convictions humanistes personnelles. 


    Série : Les Justes

    Titre : Carl Lutz

    Scénario : Jean-Yves Le Naour

    Dessin : Brice Goepfert

    Couleurs : Tanja Wenisch

    Genre : biographie, histoire, témoignage

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Grand Angle

    ISBN : 9791041107346

    Pages : 80

    Prix : 16,90 €


  • L’incroyable histoire de l’automobile
    par Thierry Ligot & Axelle Coenen

    De la naissance à la désacralisation d’un « dieu mécanique »

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    « Vrombissante ou laborieuse, l’automobile a bouleversé le XXe siècle. Elle est le totem de l’aventure industrielle, un art de vivre … »

    1770, le monde va changer de visage. L’homme va désormais imaginer ses déplacements différemment … La plus grosse révolution dans les transports va ouvrir des horizons nouveaux à tout-un-chacun ! L’automobile naît … D’abord dans un certain chaos et une indifférence populaire. Mais très rapidement ses développements et progrès vont en faire un quasi « dieu moderne ».

    Tous les secteurs de la société vont être profondément influencés par l’invention de l’automobile. De l’économie à la culture, de l’industriel à l’imaginaire, qui pourrait nier que l’automobile a modifié nos modes de pensée, nos habitudes, … et que sa propre réflexion sur elle-même continue à le faire. L’extraordinaire épopée de l’automobile de ses prémices à aujourd’hui. Abordant chronologiquement ses différentes époques, cette brique nous présente de façon claire et visuelle les grandes étapes de sa naissance, de ses débuts parfois chaotiques, de son développement au point de devenir indispensable à ses défis actuels. Les aspects aussi bien techniques que mécaniques, les rebondissements socio-culturels, des conflits sociaux aux aspirations écologiques, des enjeux économiques aux simples jeux politiques, rien n’est oublié, tout comme ses récents scandales. Si aujourd’hui, l’automobile en est à un tournant crucial de son existence, la mettant parfois carrément en sursis, les auteurs lancent des pistes et n’hésitent pas à s’interroger sur son futur.

    © Bollée, Loubet, Merlin – Les Arènes BD

    Pour nous piloter dans les virages et lignes droites de ce voyage-réflexion à travers le temps, trois passionnés : l’ingénieur-concepteur, l’historien Jean-Louis Loubet, qui voit ici son livre « Une autre histoire de l’automobile » (paru en 2017 aux Presses Universitaires de Rennes), le metteur au point scénariste Laurent-Frédéric Bollée et le designer au crayon et aux couleurs vives, Christophe Merlin. Un dessin agréable, coulant, faisant la part belle aux mécaniques et lignes de ces bolides (ou non) qui ont traversé les siècles et marqués leur époque. Les personnages, malgré un trait léger semi-caricatural, se fondent dans une mise en page éclatée. Jouant sur l’ensemble, ses décors, acteurs, scènes et véhicules se l’approprient librement, créant ainsi à chaque fois des tableaux mettant clairement en valeur le sujet traité : l’automobile ! L’épopée mécanique est grandiose. 

    © Bollée, Loubet, Merlin – Les Arènes BD

    Ça se lit avec passion et simplicité entre l’euphorie des progrès, inventions, les chamboulements et scandales voire retournements de domination, une course sans fin où le vainqueur du marché mondial d’aujourd’hui sera clairement le perdant de demain tant le marché évolue vite et sans pit stop ! La saga n’est pas près de s’achever, tant les révolutions technologiques futures font de l’automobile un phénix qui ne cesse de se réinventer !

    © Bollée, Loubet, Merlin – Les Arènes BD

                    La collection L’histoire incroyable est une véritable petite pléiade documentaire. L’Incroyable histoire de l’automobile réjouira tout autant les amateurs de voitures que de bande dessinée.


    Série : L’incroyable histoire …

    Tome : 16 – L’Incroyable histoire de l’automobile

    Genre : Documentaire, histoire

    Scénario : Laurent-Frédéric Bollée & Jean-Louis Loubet

    Dessin & couleurs : Christophe Merlin

    Éditeur : Les Arènes BD

    ISBN : 9791037514271

    Pages : 400

    Prix : 32 €


  • Les chroniques de Saint-Roustan 1 – Lundi Gras
    par Laurent Lafourcade

    Bienvenue chez les fous

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    « -Vous écoutez SR FM, la radio de Saint-Roustan… Saint-Roustan qui, ce week-end, comme chaque deuxième samedi du mois de novembre, s’est mise aux couleurs du raisin, puisque l’on fête l’arrivée du Beaujoliot nouveau. Beaujoliot nouveau qui, cette année, a un petit goût de banane… mais pas que… Y a … un petit truc en plus… Une particularité propre à la cuvée du seul vigneron du village, Renaud Tarlu, que nous recevons aujourd’hui sur notre antenne… Renaud, bonjour !

    -Bonjour, Diego !

    -Alors, Renaud, quel est votre secret ? C’est quoi cette saveur qui caractérise votre vin ?

    -C’est de la merde… Je presse mon raisin grain par grain, à l’aide de mon sphincter anal… »

                    Saint-Roustan et ses citoyens gagnent à être connus. Diego, animateur sur SR FM, reçoit la crème de la crème comme ce vigneron du village qui presse les raisins avec le cul, tradition familiale de père en fils depuis 250 ans. Et il développe son business en plus. Il ne fait pas que du vin. Diego mouille sa chemise en ne restant pas tout le temps en studio. Il part parfois en reportage dans la ville comme cette nuit où il s’est approché de la « pierre des âmes » à qui les anciens prêtent des pouvoirs occultes. Ça va être l’occasion pour lui de rencontrer des vieux complètement ravagés. De toute façon, à Saint-Roustan, tout le monde est plus ou moins ravagé. Allez faire un tour au club de poney et vous comprendrez.

    © Barré, Arsen, Relom, Geffroy, Le Roux, Chevallier – Delcourt

                    Le Maire de Saint-Roustan s’appelle Guilhem Meurice. Pour le bonheur des petits et des grands rassilariens, les habitants de la commune, il n’hésite pas à y mettre le prix pour les événements. En février, c’est Saint-Roustan plage sur le fleuve. Il fait un peu froid mais les cache-oreilles sont gratuits. Le seul problème, c’est quand le cours d’eau gèle. Mais tant pis, on y est, on y est, on plonge quand même. On y va, tout comme en plein été pour la grande course de patin à glace sur l’eau…pas gelée.

                    Pour s’informer de toute l’actualité chaude de la région, il faut lire la gazette de Saint-Roustan, 3 €, tous les dimanches. C’est Muriel Verbruggen qui rédige tous les articles : réchauffement climatique, handicap, fin de vie, féminisme, éducation,… Tous les sujets préoccupent la commune.

    © Barré, Arsen, Relom, Geffroy, Le Roux, Chevallier – Delcourt

                    L’humoriste Pierre-Emmanuel Barré adapte avec Philippe Arsen et Relom ses chroniques radiophoniques diffusées dans l’émission Le dernière de Guillaume Meurice sur Radio Nova. D’ailleurs, le maire de Saint-Roustan a comme un p’tit air de l’animateur en chef. Leur compère Aymeric Lompré est également de la partie avec son avatar Eric Lanpré, un petit peu obsédé du zizi. L’ensemble est amusant, vulgaire parfois. La première histoire est hilarante. C’est dommage de l’avoir mise au début parce qu’on ne va pas crescendo dans un ensemble inégal. Les barréphiles passeront un bon moment. Heureusement, l’équipe de dessinateur assure. Sous les couleurs de Drac, Geffroy, Le Roux, Chevallier et Relom sauvent l’album. Il est inadmissible que leurs noms ne figurent pas en couverture.

    © Barré, Arsen, Relom, Geffroy, Le Roux, Chevallier – Delcourt

                    Coup marketing réservé aux fans de l’humoriste Pierre-Emmanuel Barré, les chroniques de Saint-Roustan ont au moins le mérite de faire oublier l’actualité anxiogène. Amusant mais loin d’être inoubliable.


    Série : Les chroniques de Saint-Roustan

    Tome : 1 – Lundi Gras

    Genre : Humour

    Scénario : Pierre-Emmanuel Barré, Arsen & Relom

    Dessins : Daùien Geffroy, Etienne Le Roux, Loïc Chevallier & Relom

    Couleurs : Drac

    Éditeur : Delcourt

    ISBN : 9782413092742

    Nombre de pages : 56

    Prix : 15,50 €


  • La Dernière CroiZAD
    par Thierry Ligot & Axelle Coenen

    Zone à défendre

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    « -Votre heaume masque le visage de la forfaiture, messire, vous m’avez insulté. Apprêtez-vous à choir ! Je suis votre chevalier servant, ma reine. Mes armes vermeilles et mon destrier vous appartiennent. Nul, dans cette noble assemblée, ne pourra dire qu’aujourd’hui un Godefroi Valence de Terney d’Argence a failli. »

    Godefroi Valence de Terney d’Argence surprend une étonnante conversation à la limite de sa propriété. Deux hommes observent avidement le terrain de 70 hectares de friche de feu le père Fournier, jouxtant le domaine des Valence de Terney d’Argence ! Leur idée ? Y construire des logements sociaux … puis y adjoindre à terme une zone commerciale !

    Désemparé, paniqué, le comte rentre essoufflé annoncer la mauvaise nouvelle à son épouse, Jeanne-Baptiste ! Quoi ? Rejetant cette idée, elle décide de se battre pour empêcher la réalisation de ce projet immobilier ! Mais devant le refus de soutien de la municipalité, de l’avocat de la bourgade, de la presse locale n’y voyant aucun intérêt, comment se faire entendre et résister ? Charlotte et Côme, les deux enfants du couple, sont prêts à tout pour mener ce combat avec leurs parents. Pourtant, cela pourrait ne pas être suffisant ! La solution viendra de leur locataire, monsieur Vermandois ! Pour cela, ils devront faire appel à une véritable légende de la lutte urbaine et sociale : de mai 68 à la Sorbonne, à mars 96 pour les sans-papiers, en passant par juillet 75 sur le plateau du Larzac et novembre 86 avec les étudiants ! Son nom … Tancrède ! Apprenant le nom du promoteur immobilier, Gérard de Ridefort, ce dernier accepte d’aider les Valence. Il va même plus loin, lui proposant d’appeler à la rescousse quelques amis … Ainsi va débuter le combat pour la « zone à défendre » … la ZAD … la CroiZAD !

    © Pelaez, Séjourné – Bamboo 

    Une fois de plus, Philippe Pelaez nous surprend avec un scénario original, plein de rebondissements. Parfaitement charpentée, cette quête pour la sauvegarde d’un bout de terrain nous conduit à une comédie de mœurs assez désopilante. Mêlant cette fois petite noblesse de province à des « zadistes », contestataires pacifistes dans l’âme, il confronte plusieurs univers dans un « joyeux » combat écolo-sentimental … Car oui ! Ce fameux champ du père Fournier n’aurait-il pas quelques secrets à révéler ? Toute cette lutte ne cacherait-elle pas un terrible et émouvant mystère familial, enterré depuis longtemps mais toujours vivace dans les cœurs et les esprits de certains ?

    © Pelaez, Séjourné – Bamboo 

    Après « Le Gigot du dimanche » et « Les Fesses à Bardot », voici un nouveau truculent choc des générations, de milieux sociaux, de cultures, de mentalités … teinté de problèmes sociétaux actuels. En effet, derrière la bonhomie apparente de ce scénario, Philippe Pelaez n’hésite pas à aborder quelque peu (comme dans les titres cités plus haut) certains thèmes bien précis : le rôle des médias, le rapport de force entre grosses immobilières et petits propriétaires, la corruption, … On s’amuse des protagonistes, portraits égratignant allègrement certains stéréotypes. Ceci tout en restant raffinés, teintés d’humour et de sarcasmes à haute volée ! Des dialogues succulents à souhait, d’une autre époque où la langue chantait aux notes du passé antérieur et du subjonctif imparfait ! Un art linguistique que Godefroi manipule avec dextérité tout au long de cette extraordinaire épopée moderne … une chanson de geste digne de celles de Chrétien de Troyes ! Philippe Peleaz joue ici dans la satire grinçante de notre monde cruel où les intérêts financiers tentent si souvent d’écraser l’humain. Gaël Séjourné garde ce trait souple et dynamique qui offre à ce scénario une touche graphique d’humour supplémentaire. Le « si » artistocrate Godefroi n’a-t-il pas une certaine ressemblance avec le « très » artistocrate Jean Rochefort … ou plutôt Guy Delorme ? Comme à chaque fois, ce subtil dosage rend la narration attachante et passionnante à la fois.

    © Pelaez, Séjourné – Bamboo 

    La dernière croiZad est un combat d’une bande disparate et improbable de noblio-zadistes pour laquelle le lecteur ne peut pas ne pas prendre parti ! 


    Titre : La Dernière CroiZAD

    Scénario : Philippe Pelaez

    Dessin & couleurs : Gaël Séjourné

    Genre : Comédie satirique

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Grand Angle

    ISBN : 9791041111503

    Pages : 152

    Prix : 22,90 €


  • Boulevard Tintin – Les coulisses d’une œuvre 8 – Le sceptre d’Ottokar
    par Laurent Lafourcade

    Complot au Royaume

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    « -Ne tirez pas, Sire ! … Ecoutez-moi ! … Je ne suis pas un anarchiste ! … Je voulais vous mettre en garde… Sire, en ce moment peut-être, des misérables essayent de voler votre sceptre ! »

    Août 1938. Les aventures de Tintin en Syldavie démarrent dans le Petit Vingtième. Elles seront rebaptisées Les nouvelles aventures de Tintin en Syldavie, puis Le sceptre d’Ottokar. La Syldavie est un pays royaliste voisin de son ennemie la Bordurie. Ces pays imaginaires se situent aux alentours des Balkans. Depuis Le Lotus Bleu, Hergé ne cesse de progresser dans la précision des histoires, les détails, la plausibilité des événements. Tout dans Le sceptre va dans cette logique de crédibilité. Moyens de transports, progrès, décors, paysages, Hergé veut de la précision dans les détails. Après la recherche du fétiche Arumbaya dans L’oreille cassée, Tintin se lance à la poursuite d’un nouvel objet : le sceptre symbole de la monarchie syldave. Si l’album est remarquable dans la liste des aventures de Tintin, c’est aussi parce qu’y apparaît un personnage emblématique de toute l’Histoire du Neuvième Art : La cantatrice Bianca Castafiore, qui prend Tintin en auto-stop en pleine campagne et qui, pour lui faire plaisir, va lui interpréter un petit air célèbre.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2025

    Dans les coulisses du Sceptre d’Ottokar, on apprend qu’un point de départ d’Hergé pour imaginer le récit a été l’accession au trône du Roi George VI en Angleterre. D’une lutte dynastique, l’aventure va dévier vers un complot politique inspiré par l’annexion de l’Autriche par les nazis, aidés par les italiens. C’est de Mussolini et Hitler que Müsstler tient son nom. En décembre 1938, un lecteur félicite l’auteur pour le rythme de l’histoire : « Les accelerandi et les ralentendi sont mieux dosés que jamais. » Les rebondissements sont nombreux. Les lecteurs ont même parfois un coup d’avance. Ils savent avant Tintin par exemple que la rencontre arrangée avec sa Majesté Muskar XII est en réalité un guet-apens.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2025

    Pour la version couleurs, Hergé recevra l’aide précieuse de Jacobs. Ensemble, ils retravailleront entre autres l’arrivée de Tintin dans la salle du trône, décentrant le point de fuite. La case, où l’on peut reconnaître des visages connus des tintinophiles dans la foule, en devient mythique. Avec Jacobs, Hergé corrige également les costumes. Ils les précisent, ôtent des invraisemblances.

    Au fil des éditions, la couverture passe par plusieurs transformations. Si dans la première édition en noir et blanc, Tintin et Milou sont devant les emblèmes royaux, la version couleur les montre quittant stoïquement le château, puis d’un pas assuré dans une nouvelle mouture.

    Pendant ce temps, Jo et Zette veillent à la destinée du Stratoneff H-22 dans Cœurs Vaillants, et Quick et Flupke, avec l’Agent 15, sont aux côtés de Tintin pour faire honneur au jubilaire, les dix ans du Petit Vingtième.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2025

    Avant de rencontrer le Capitaine Haddock dans le prochain volume de la collection à paraître fin janvier, visitez l’Europe de l’Est vue par Hergé dans Le sceptre d’Ottokar. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.


    Série : Tintin Hergé Les coulisses d’une œuvre

    Tome : 8 – Le sceptre d’Ottokar

    Genre : Aventure

    Auteur : Philippe Goddin

    Avec la participation de : Dominique Maricq

    Scénario & Dessins : Hergé

    Éditeur : Moulinsart

    ISBN : 9782810442515

    Nombre de pages : 108

    Prix : 19,95 €


  • Au chant des grenouilles 4 – Le mystère de l’étang
    par Laurent Lafourcade

    L’art, le très grand art, du camouflage

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     « -Je me souviens ! C’est sur cet arbre que la mousse a sauté.

    -Mais vous voyez bien qu’elle n’est pas là !

    -Qu’est-ce qui vous arrive, Madame ?

    -Ma Lime, si petite ! Bouhou ! Ma petite a disparu ! C’était sa première sortie depuis qu’elle sait marcher. Elle devait m’attendre mais… Snif sniif… »

    Dans leur maison perchée sur un arbre de la forêt vit une famille d’araignées. Caché sous un plaid, Shadow, le fils, écrit une histoire effrayante. Surexcité, papa joue au Rubik’s cube. Il a encore mangé du sucre ! Maman trouve la cuisine sens dessus dessous. Alors qu’avec son fiston, elle nettoie tout et s’apprête à faire un gâteau à la betterave, une chouette s’écrase contre la fenêtre. C’est Vanille. Elle vient chercher Shadow. Ils ont rendez-vous au lac avec Moon, la chauve-souris, et Basil, le grillon. Un peu plus loin, aussi sur le lac, une grenouille apprend à Lime, sa petite, comment se camoufler pour se protéger. Ça marche bien. Les fourmis la prennent pour de la mousse. Et pas qu’elles… Vanille aussi…qui va la gober. Et là, c’est le drame.

    © Canepa, Halard, Kerascoët, Rigano – Oxymore

    Mais que se passe-t-il dans la forêt de Greenwood ? Les Kerascoët y ont-ils amené l’horreur de Jolies ténèbres ? les diableries de Satanie ? Qu’on se rassure tout de suite, comme le dit Anaxagore, « Rien ne naît, rien ne périt mais plutôt les êtres se mêlent et se séparent. » Le club du samedi va devoir tout mettre en œuvre pour que la famille grenouille puisse être à nouveau réunie. Urania ne va pas pouvoir dormir tranquille puisque nos amis vont devoir aller la déranger à une heure indue. La lapine connaît tous les secrets des animaux, comment ils vivent, comment ils fonctionnent. Aura-t-elle la réponse à leur problématique ?

    © Canepa, Halard, Kerascoët, Rigano – Oxymore

    Après le triptyque qui a inauguré la collection Au chant des grenouilles, les conceptrices scénaristes Barbara Canepa et Anaïs Halard poursuivent avec des one shot. Le mystère de l’étang est donc le premier et peut même être lu sans avoir lu les précédents. Ceux qui connaissent la série prendront cependant encore plus de plaisir à retrouver ce petit monde bucolique comme nos aînés le ressentaient en lisant les albums de Macherot. Comme dans les tomes précédents, des pages encyclopédiques ponctuent le livre. Dessinées par Giovanni Rigano, on y apprend l’art du camouflage chez les animaux et autres secrets.

    © Canepa, Halard, Kerascoët, Rigano – Oxymore

    On pourrait prendre Au chant des grenouilles pour de la BD pour enfants lue par les adultes. Ça peut. Mais ça doit surtout être découvert par les plus jeunes qui pourront ainsi être envoutés comme on l’a été avant eux, à l’époque où il n’y avait pas d’écrans à gogo. Ils comprendront ainsi ce qu’est une bande dessinée aussi belle que bien.


    Série : Au chant des grenouilles

    Tome : 4 – Le mystère de l’étang

    Genre : Bucolisme

    Scénario : Barbara Canepa et Anaïs Halard

    Dessins & Couleurs : Kerascoët

    Dessins des pages encyclopédies : Giovanni Rigano

    Éditeur : Oxymore

    Collection : Métamorphose

    ISBN : 9782385611187

    Nombre de pages : 48

    Prix : 14,95 €


  • Survival 4 – Guna Yala
    par Laurent Lafourcade

    Histoire sans héros

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    « -Mayday ! Mayday !

    -On va se crasher !!

    -Je crois qu’on tombe !!!

    -Ecoutez-moi bien, Sandra… Essayez de garder votre calme, il va vous falloir amerrir ! Heureusement, vous n’aurez pas besoin de sortir le train d’atterrissage…

    -Je… Je ne sais pas… J’y comprends rien !

    -Essayez de réveiller le copilote, mademoiselle…

    -Joder de mierda ! Je vous dit qu’il est mort ! »

                    Aéroport Manuel Crescencio Rejon, Mérida, Yucatan. Un avion décolle avec à son bord son lot d’inconnus, touristes ou voyageurs d’affaires, un pilote et son co-pilote qui se racontent leurs histoires d’adultères et l’équipage du vol, dont Sandra, hôtesse de l’air. Tous s’apprêtent à rejoindre Bogota en survolant le bouchon Darién, notamment Guna Yala, une province côtière indigène du Nord-Est du Panama, habitée par les Kunas. C’est une jungle hostile et impénétrable, l’un des derniers points noirs de la planète. Les pires animaux sauvages ou venimeux s’y côtoient dans une atmosphère suffocante et humide. Ils ne se sont les seuls à y faire la loi puisque les narcotraficants contrôlent la zone coupée de tout réseau téléphonique.

    © Bec, Chater, Fabiani, Paitreau – Soleil

                    Lorsque Sandra empoisonne le soda du pilote, elle ne se doute pas que le co-pilote allait faire une réaction allergique suite à la piqûre d’un moustique et y passer lui-aussi. En perdition, l’avion se crashe dans une jungle aussi luxuriante qu’hostile. Les quelques survivants, dont fait partie Sandra, s’organisent. Certains fabriquent un camp de fortune avec le reste de la carlingue de l’avion, d’autres tentent leur chance en s’aventurant un peu plus profondément dans les bois. Mais, fallait pas… Non, fallait pas… Armés jusqu’aux dents, les trafiquants de drogue sont à quelques pas, et gare à qui s’immisce sur le territoire des araignées aux piqûres mortelles ou sur celui du puma aux griffes acérées.

    © Bec, Chater, Fabiani, Paitreau – Soleil

                    Après la montagne de Warm Springs, la prison d’Aparecida et la forêt de Palmyra, la jungle de Guna Yala est le décor du quatrième et (pour l’instant ?) dernier tome de la série d’anthologie Survival. Christophe Bec maîtrise le scénario type blockbuster, sauf que dans les films du genre, tout se finit généralement bien pour les héros. Ici, ne vous attachez à personne. Bons comme crapules, bien malin qui pourra dire qui reviendra de l’enfer. Le dessinateur Mack Chater fait le job dans un réalisme à la Luc Brahy. Daniele Fabiani termine les cinq dernières planches de l’album sans qu’on voit la différence. Tous dessinés par des auteurs différents et parus en l’espace d’à peine un peu plus d’un an, les tomes de Survival forment une collection originale. On regrette juste que Stéphane Perger, qui signe les couvertures, n’en ait pas réalisé un complètement.

    © Bec, Chater, Fabiani, Paitreau – Soleil

                    Qui survivra dans la jungle ? Vaut-il mieux tomber dans les pattes des bêtes sauvages ou dans celles des trafiquants de drogues ? Tout ce que l’on peut dévoiler, c’est que les plus grands dangers ne sont pas forcément les plus volumineux. Survival, c’est de la bonne BD pop-corn avec tout le respect du genre.


    Série : Survival

    Tome : 4 – Guna Yala

    Genre : Thriller

    Scénario : Christophe Bec

    Dessins : Mack Chater & Daniele Fabiani

    Couleurs : Stéphane Paitreau

    Couverture : Stéphane Perger

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302090309

    Nombre de pages : 64

    Prix : 16,50 €


  • Mademoiselle J. 4 – 1955. Le bonheur de dire Maman
    par Laurent Lafourcade

    Secret de famille

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    « -Bonjour. Ce sera au nom de Sœur Linh, de la congrégation des amantes de la Croix, au Vietnam. Je ne suis que passagère aux missions étrangères de Paris, mais je serai ravie de lire votre ouvrage pendant mon retour.

    -Je suis flatté de découvrir que j’ai des lectrices jusqu’en Asie !

    -Excusez-moi si je suis indiscrète, mais… Auriez-vous de la famille en Indochine ? Je connais une aidante de la congrégation de Nam Dinh qui vous ressemble… avec quelques années de plus.

    -Ah bon ? C’est toujours étonnant, les ressemblances. J’imagine que nous devons tous avoir un sosie quelque part dans le monde… »

    Ce samedi, Mademoiselle J. est en dédicace exceptionnelle à la librairie Delamain. Une jeune sœur vietnamienne vient se faire signer un livre car elle trouve une ressemblance étonnante entre l’autrice et une aidante qu’elle a connu en Indochine. La conversation ne peut aller plus loin parce que la religieuse s’enfuit par l’arrière-boutique au moment où un homme armé entre pour l’éliminer. Remise de ses émotions, Juliette s’aperçoit qu’une enveloppe a été glissée dans son sac. Il est écrit : « Je vous en prie… Sœur Marthe… En mains propres. ». Elle décide de se rendre à la congrégation d’où venait la nonnette pour y rencontrer cette fameuse Sœur Marthe, qui est la Mère Supérieure. La rencontre sera infructueuse, la dame ne semblant pas inquiète des événements, y voyant là un imbroglio.

    © Sente, Verron, Rabarot – Dupuis

    C’est le docteur De Lannoy, son médecin de famille, qui va donner à Juliette des informations qui vont tisser des liens entre les événements qui viennent de se passer. Il montre à l’écrivaine une carte postale envoyée du Tonkin en Indochine en 1918, et signée Solenn de Jonchère, sa mère, alors qu’elle est censée être morte en 1916. Vrai ou faux ? Le doute subsiste. D’après le médecin, son père aurait maquillé la disparition de sa mère. De la Bretagne à Saïgon, Juliette va partir sur les traces de son passé et d’un secret familial. Elle va même retrouver une ancienne connaissance et se découvrir des liens inattendus.

    © Sente, Verron, Rabarot – Dupuis

    On retrouve Mademoiselle J. dix ans après l’avoir quittée après son voyage au fin fond des steppes sibériennes. C’est dans un autre voyage qu’on l’accompagne à présent. Yves Sente est toujours aussi bavard mais on n’a pourtant jamais l’impression de trop, cela parce qu’on est plongé d’emblée dans l’intrigue, sans perte de temps, avec une efficacité jacobsienne. Laurent Verron maîtrise son trait assuré, glissant de la ligne claire vers un trait plus ombré. Cerise sur le gâteau, les auteurs n’oublient pas que la série est issue de ce qui était au départ un one shot : Il s’appelait Ptirou, et dont le fantôme revient comme ange gardien de temps en temps derrière l’épaule de l’héroïne.

    © Sente, Verron, Rabarot – Dupuis

    Aventureuse, émouvante, énigmatique, Mademoiselle J. s’impose comme une série solide et de référence. Il reste un tome pour clôturer le cycle et on a déjà un petit pincement au cœur à l’idée de terminer le voyage de sa vie. En attendant, accompagnons-la aux sources de celui-ci.


    Série : Mademoiselle J. 

    Tome : 4 – 1955. Le bonheur de dire Maman

    Genre : Aventure historique

    Scénario : Yves Sente

    Dessins : Laurent Verron

    Couleurs : Isabelle Rabarot

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808505857

    Nombre de pages : 64

    Prix : 16,95 €


  • Les nouvelles enquêtes de Ric Hochet 8 – Dead Sugar
    par Laurent Lafourcade

    Eradiquer le crime par le crime

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    « -Et quand vous aurez tué tous les criminels de France et de Navarre, que se passera-t-il, Dead Sugar ?

    -Vous serez au chômage mon cher Ric Hochet ! »

       Interviewé sur un plateau de télévision, Ric Hochet est interpelé par une téléspectatrice qui lui reproche que sa lutte contre le crime ne serve qu’à le faire ressurgir de plus belle à chaque fois. Elle le compare à un stupide jardinier qui dépose en dehors du potager une limace qu’il trouve sur un fraisier, et qui revient le lendemain avec ses copines. L’hystérique prône la mort comme seule solution contre les nuisibles, et donc contre les criminels. Le lendemain, le quotidien La Rafale titre sur le truand Alessandro Sanguinetti retrouvé mort dans son appartement parisien. Ce que Ric et la police ignorent encore c’est qu’il a été envoyé ad patres par Dead Sugar, la téléspectatrice qui s’est adressé à Ric, et qui s’est donc trouvé comme mission d’éradiquer le crime… par le crime.

    © Zidrou, Van Liemt, Cerminaro – Le Lombard

    Ça fait 86 albums (78+8) qu’il lutte contre les assassins et les truands en tous genres. Pour la première fois, il va lutter à la fois avec et contre une femme s’étant investie d’une mission de justice du Talion. Œil pour œil, dent pour dent. Celle qui se fait appeler Dead Sugar supprime sans foi ni loi les hors-la-loi. Le problème est que les dommages collatéraux impliqués par l’engrenage de violence induit risquent d’être graves et plus étendus que prévus. Touché au plus profond, Ric Hochet est poussé dans ses retranchements jusqu’à réagir de façon imprévisible en fin d’album.

    © Zidrou, Van Liemt, Cerminaro – Le Lombard

    Avec Zidrou et Van Liemt, bien qu’ancré dans les années 60, Ric Hochet s’est modernisé. L’emblématique héros de bande dessiné classique créé et dirigé pendant tant d’années par Tibet et Duchâteau semble ne plus être invincible. Des failles, il en avait, avec notamment les rapports compliqués avec son père Richard. Les repreneurs triturent son âme et cherchent à savoir jusqu’où ils peuvent pousser le curseur. Les personnages souffrent, et la Porsche jaune encore plus. Après l’épisode précédent qui était plutôt moyen, un grand bond en avant a été fait avec celui-ci. Dead Sugar est un personnage fort, puissant, peut-être la première création qui pourrait devenir récurrente dans les nouvelles enquêtes de Ric Hochet.

    © Zidrou, Van Liemt, Cerminaro – Le Lombard

    Quand le classique, que les jeunes pouvaient penser réservé à leurs aînés, sort des sentiers battus comme pour se « déclassiquer », il est peut-être temps pour eux de s’en emparer afin de devenir une nouvelle génération de lecteurs. Vous aviez découvert Ric Hochet à 13 ans dans les années 70 ou 80, vous allez adorer. Vous avez 13 ans aujourd’hui, lisez ça, même si ça ne vous paraît pas être votre kif, vous allez adorer.


    Série : Les nouvelles enquêtes de Ric Hochet

    Tome : 8 – Dead Sugar

    Genre : Polar

    Scénario : Zidrou

    Dessins : Simon Van Liemt

    D’après : Tibet & Duchâteau

    Couleurs : François Cerminaro

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808215589

    Nombre de pages : 48

    Prix : 13,95 €


  • Mimésia
    par Laurent Lafourcade

    Demain contre l’Art

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    « -Tin-3.103. Vous êtes en possession d’un objet prohibé par le Canon. En cas de résistance, vous et l’objet serez détruits.

    -Un nettoyage de votre disque interne sera imposé.

    -Mais ? Monsieur Alain me dit que c’est une œuvre d’art. Du vivant.

    -Tin. Ils vont la démolir. Tu dois la sauver.

    -Mais !

    -Un droïde qui n’obtempère pas ?! »

    Ben City. Galaxie Nord-Ouest. Siège du Canon. Population d’environ 350 millions d’habitants, composée principalement d’humanoïdes augmentés et d’humains assistés par ordinateur. Quelques réfractaires tentent de s’opposer à la pensée unique. Parmi eux, trois « insuffisants » ont subtilisé un artefact. Deux opérateurs sont à leur poursuite. Avant d’être repéré, le trio balance son larcin dans un sac-à-dos dans le fleuve.  Le lendemain, l’androïde Tin-3.103 trouve le sac. Il l’ouvre et découvre un buste, une sculpture de la fin du XVème siècle terrien, façonnée à la main, à l’image d’une femme réelle. Monsieur Alain, un professeur, lui apprend que la confection de l’objet est un cas de mimesis, une notion philosophique ancestrale consistant à imiter un objet de la nature. Le sujet n’est pas la beauté mais la façon de représenter le sujet. C’est une véritable création. On appelle ça une œuvre d’art.

    © Micol – Futuropolis

    Pour le Canon, la mimesis est une forme de mensonge, une mauvaise copie de la réalité qui éloigne le peuple du factuel. En bref, c’est une menace pour le pouvoir en place. Heureusement, un groupe secret d’agrestes tente de sécuriser l’héritage humain. Alors que deux agents surgissent pour reprendre possession du buste, Tin-3.103 s’enfuit avec l’œuvre. Il va tenter de rejoindre un groupe de rebelles sur la planète Door Ka Grah qui accumule des ouvrages anciens pour les réunir dans un sanctuaire. Puissance numérique, Canon craint la menace de la matière qui doit rester triviale et utilitaire. Il voit le passé comme une fiction qui s’oppose à sa permanence. Il craint en fait le mystère qui défie sa norme. Tin-3.103 parviendra-t-il à déjouer les plans des sbires du Canon lancés à ses trousses et à mettre l’œuvre en sécurité ?

    © Micol – Futuropolis

    Mimésia aurait dû être le nouvel album de la collection Louvre-Futuropolis. Comme ses camarades auteurs avant lui, Hugues Micol a arpenté les couloirs du Musée pour préparer son livre. Le premier projet de l’auteur n’ayant pas trouvé d’adhésion, ajouté au départ de Fabrice Douar, éditeur au musée du Louvre, Micol et Futuropolis ont repris leur indépendance. Avec moins de contraintes et plus de libertés, l’histoire s’est transformée en dystopie futuriste intergalactique. L’intelligence artificielle veut la peau de l’Art. Micol met en garde sur une uniformisation et une aseptisation de la pensée, débarrassée de l’Art qui fait réfléchir. Enfin, avec ses cheveux châtains et son haut bleu, avec son nom également, Tin-3.103 n’est pas sans rappeler un certain reporter à la houppe. Mimésia ne serait-il le projet Tintin du futur ayant traversé l’espace-temps depuis 2053 ?

    © Micol – Futuropolis

    Réflexion sur l’avenir de l’Art, Mimésia est le nouveau coup de maître d’Hugues Micol, auteur qui, d’album en album, se remet sans cesse en question autant scénaristiquement que graphiquement. Si Le Louvre ne veut plus de bande dessinée, la bande dessinée veut encore du Louvre. Du passé au futur, le Musée n’en finit pas d’étonner.


    One shot : Mimésia

    Genre : Thriller art futuriste

    Scénario, Dessins & Couleurs : Hugues Micol

    Éditeur : Futuropolis

    ISBN : 9782754846394

    Nombre de pages : 72

    Prix : 19 €


  • U.C.C. Dolores 7 – Les ombres d’Okotsha
    par Laurent Lafourcade

    Walking Panic

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    « -Posons-nous ici.

    -Passé ces totems, nous entrons dans la cité d’Otoshka, le territoire des ombres. Souviens-toi, Mony, il faut absolument éviter leur contact. Elles portent la mort au bout de leurs doigts.

    -Tout comme moi, Maok… Tout comme, moi ! Allons-y ! Le Dolores est juste derrière ce tas de pierres. »

                    Chevauchant un mantou, espèce de libellule géante, accompagnée de ses camarades, Mony est à la recherche de son vaisseau, l’U.C.C. Dolores, dérobé par Shakis, et à bord duquel se trouvent encore Shaël et Lune, sa fille. Il va falloir quitter les montures car on approche du territoire des ombres : la cité d’Okotsha. Les ombres portent la mort au bout de leurs doigts. Il faut absolument éviter leur contact. Déterminée, Mony n’en a pas peur. Des cadavres décomposés jonchent les abords de la cité. Les meilleurs guerriers de toutes les tribus Wassaïs figurent parmi les victimes. Très vite, des tensions se font sentir dans la troupe, mais tous décident d’entrer dans la forteresse de pierre. Il n’y a pas d’autre moyen que de traverser ce labyrinthe pour poursuivre la quête. Tous en ressortiront-ils vivants ?

    © Tarquin, Tarquin – Glénat

                    Pendant ce temps, à bord d’un U.C.C. Dolores piloté par une engeance de la pire espèce, dans la soute verrouillée de l’intérieur, Lune tente de reconfigurer le système de visio-caméra pour retrouver où s’est réfugié Shaël, blessé. Il est dans la salle des machines, près du générateur d’air. Il faudrait qu’il rejoigne Lune et Neka. Le problème est que le vaisseau grouille de shakals, mi-chiens-loups mi-androïdes, qui ne feraient qu’une bouchée de lui dans l’état où il est. La petite va bien trouver un moyen de le motiver à la rejoindre. De son poste de commande, Sharkis Sans-peur mène la traque.

    © Tarquin, Tarquin – Glénat

                    Alors que Mony Main-Rouge et sa troupe tentent de s’extraire d’un Walking Dead de tous les dangers, Lune et Shaël la jouent Panic Room. Lyse et Didier Tarquin mènent deux récits parallèles qui, on s’en doute, vont se rejoindre. En fin d’album ou dans le suivant ? Là est pour l’instant la question. Le suspens n’est pas haletant puisqu’un sticker « Fin du cycle des sables de Tishala » orne la couverture. Il y a toujours la problématique du qui sera du grand final, dans quel camp que ce soit. Les Tarquin s’éclatent et happent le lecteur dans cette saga de SF-Fantasy. Mony fait figure d’une Tomb Raider 3.0. Dans cet épisode, la forteresse permet d’explorer de nouveaux décors, sombres à souhait, tandis que la forêt luxuriante avartadise le début et la fin de l’album.

    © Tarquin, Tarquin – Glénat

                    Il en fallait du courage pour quitter, même provisoirement, une poule aux œufs d’or comme Lanfeust. Accompagné de sa femme, Didier Tarquin l’a fait. Et avec quel brio. U.C.C. Dolores est une série valeur sûre.


    Série : U.C.C. Dolores

    Tome : 7 – Les ombres d’Okotsha

    Genre : Space-Opera

    Scénario, Dessins & Couleurs : Didier Tarquin & Lyse Tarquin

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344069059

    Nombre de pages : 56

    Prix : 15,95 €


  • La vallée des oubliées
    par Laurent Lafourcade

    D’autres Women of the west

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    « -Qu’est-ce que j’entends ? Qu’est-ce que c’est que ce cheval sur lequel tu parades ? Pas d’eau ! C’est quoi alors que tu nous ramènes encore… Un chien blessé ? Une marmotte ? Un faon ?

    -Un… Un… Un… jeu… jeune homme.

    -Quoi ?!!

    -Mais très, très blessé… Et si on ne fait rien, il va mourir. Il… Il l’est d’ailleurs peut-être déjà… »

                    Que fait ce cavalier seul dans la vallée ? En poursuit-il un autre ? Suit-il les traces d’un fantôme ? Le voici arrivé à Sabbath City. Un saloon. Un whisky. Clark, c’est ainsi qu’il s’appelle, est de retour après avoir fuit la troupe de miliciens à laquelle il appartenait, avec qui il pataugeait dans le sang des razzias. Il a fui parce qu’il y avait des coups de trop. Ce n’était plus la guerre. Pour ses anciens complices, il joue le couplet du repenti. Pendant ce temps, ces derniers quittent précipitamment la ville après avoir pillé la banque. Clark se lance à leurs trousses et assiste à un guet-apens dans lequel tombent les hommes qui les ont poursuivis. En continuant sa quête, il sauve un indien blessé au milieu d’un feu de forêt et dont la squaw et le papoose ont péri.

    © Henriet, Dubois, Usagi – Le Lombard

    Le lendemain, Clark, laissé pour mort après avoir été atteint par une balle, est recueilli par Dorothy, une jeune femme sortie chercher de l’eau en compagnie de son âne. Elle va l’emmener dans un endroit un peu particulier. Clark se réveille à l’intérieur du fortin isolé de Ladies Valley. L’enclave est composée uniquement de femmes. Toutes ne sont pas réjouies de la venue du mâle. Pourtant, il y a un homme en qui elles ont confiance. C’est le vieux Scurly, un trappeur qui contribue à assurer leur protection. Il va prendre Clark sous son aile. Mais les ennemis vont refaire surface. Entre vengeance, règlement de comptes et trahison, l’apparente quiétude de la vallée des oubliées va voler en éclats.

    © Henriet, Dubois, Usagi – Le Lombard

                    Après deux séries centrées sur l’aviation, Dent d’ours et Black Squaw, Alain Henriet se lance dans le western. Les vastes étendues survolées par les avions sont remplacées par les plaines et vallées franchies par les cow-boys. Le point commun est cette immensité qui s’étale à perte de vue. Henriet aime raconter des histoires qui respirent, et cela se ressent, dans ces décors parfois un peu trop propres. Ça, ce sont les restes de Golden Cup. Aux couleurs, Usagi donne de la dimension et, justement, un peu de cette crasse qui permet de mettre en valeur le trait du dessinateur.

    © Henriet, Dubois, Usagi – Le Lombard

                    Pour l’elficologue Pierre Dubois, ce western est le troisième, après les deux qu’il a écrit dans la même collection pour Dimitri Armand : Sykes et Texas Jack. Avec la contemplation d’un Kevin Costner et la noirceur d’un Sam Peckinpah, Dubois met en avant le rôle des femmes qui se construisent dans une société qui les oublie. Il fait de son héros, Clark, un mercenaire repenti, un ancien bushwhackers comme on appelait ces combattants pro-confédérés qui menaient des guérillas dans les états abolitionnistes. William Quantrill est le plus célèbre d’entre eux. Dubois dirige son histoire à la manière de ce qu’il faisait avec les Lutins et autres créatures fantastiques qu’il a mis en scène (et avec lesquelles on espère le retrouver). La violence n’est jamais gratuite mais elle est là, sanglante, jusqu’au bout.

                    La vallée des oubliées offre une nouvelle vision du Far West. Le duo Dubois/Henriet devrait en principe récidiver.


    One shot : La vallée des oubliées

    Genre : Western

    Scénario : Pierre Dubois

    Dessins : Alain Henriet

    Couleurs : Usagi

    Éditeur : Le Lombard

    Collection : Signé

    ISBN : 9782808211918

    Nombre de pages : 148

    Prix : 24,95 €


  • Boulevard Tintin – Haddock Un capitaine à l’abordage
    par Laurent Lafourcade

    La mer dans Tintin

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    « -Sapajou !… Marchand de tapis !… Paranoïaque !… Moule à gaufres !… Cannibale !… »

    Le Soir Jeunesse, 2 janvier 1941, celui dont on ne sait pas encore qu’il se nomme le Capitaine Haddock apparaît dans la cabine d’un bateau. La semaine suivante, il va rencontrer un jeune reporter et son chien qui vont pénétrer par le hublot entrouvert. Les cales de son bateau son remplies d’opium, mais il l’ignorait jusqu’à ce que Tintin lui en parle. Le crabe aux pinces d’or ne sera que la première des multiples aventures qu’ils vont vivre ensemble. Avec Haddock, ou plutôt grâce à Haddock, Hergé fait entrer la mer dans les aventures de Tintin. Le capitaine Haddock est à l’abordage !

    © Hergé/Tintinimaginatio 2025

    Ce numéro spécial de Géo démontre comment Hergé a montré le monde marin sous toutes ses formes dans un souci documentaire. L’océan est un acteur essentiel des aventures de Tintin. Pour les personnages, il est synonyme d’aventure et de danger. Haddock et Tintin se retrouvent sur un canot retourné. Le Capitaine manque de se faire mordre par un requin. Tintin en scaphandrier explore les fascinants fonds marins dans une inoubliable campagne de fouilles sous-marines. On apprend que le nom du Capitaine vient du film Le Capitaine Craddock, dans lequel on trouve la chanson Les gars de la Marine. L’idée du personnage était venue à Hergé en regardant le film Le capitaine déteste la mer.

    Biodiversité, poissons, trésors, navigateurs, tous les thèmes chers à la mer se croisent dans des articles passionnants. On apprend également des signaux de navigation et on admire des portulans, les plus anciennes cartes maritimes au monde.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2025

    Plusieurs entretiens émaillent l’album. On commence avec Jean-Luc Van Heede, alias VDH, vainqueur de la Golden Globe Race en 2018. Il définit le marin comme celui qui arrive à bon port. Il est question de biodiversité avec Romain Troublé, directeur général de la fondation Tara Ocean, qui a pour ambition la préservation des océans en soutenant la recherche, et en partageant avec un large public, dont notamment les écoles. On apprend que seulement 25 % des fonds marins ont été cartographiés. C’est ensuite Cyrille Coutansais qui prend la parole. Directeur du département recherches du centre d’études stratégiques de la marine, il fait le point sur la géopolitique maritime et ses conséquences. Le comédien Thierry Hancisse qui incarne Haddock dans les adaptations radiophoniques de Radio France explique comment il interprète ce personnage avec l’exigence d’un grand rôle. Enfin, conservatrice au Musée de la Marine, Marianne Tricoire recense quelques pièces remarquables que détient l’établissement.

    © Hergé/Tintinimaginatio 2025

    Haddock n’est pas qu’un prétexte pour parler de la mer. Haddock est la mer dans les aventures de Tintin. On a hâte de s’y replonger pour (re)découvrir toutes ces références. Quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.


    Titre : Haddock Un capitaine à l’abordage

    Genre : Reportage

    Auteur : Christophe Quillien

    Scénario & Dessins : Hergé

    Éditeur : Moulinsart/Géo

    Nombre de pages : 128

    Prix : 29,95 €


  • Les Foot furieux 29 – Let Derby Rock !
    par Laurent Lafourcade

    Un joueur bien convoité

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    « -Prenez place, je vous prie… M.Lataupe est membre du comité de Ville-Basse… Il est en quelques sortes nos yeux et nos oreilles chez notre pire ennemi…

    -Enchanté, Monsieur !

    -Comment va Roberto ? Il est blessé pour longtemps, j’espère ?!

    -Roberto va bien, hélas… En plus, un jeune stagiaire très prometteur va signer à Ville-Basse dans quelques heures… Son train arrive à 18 h !

    -Ville-Basse est en train de prendre de l’avance sur nous, il faut réagir !

    -M.Lataupe, ce jeune stagiaire, il nous le faut ! »

    Si toute la famille Fontaine se rend au stade de foot encourager l’équipe de Ville-Basse, chacun n’a pas la même motivation. En particulier, Lily, 16 ans, est plus intéressée par le physique des joueurs que par l’esthétique du sport. Elle va faire rager ses copines en accompagnant le beau Roberto sur le terrain. Elle ne se doute pas qu’elle va pouvoir côtoyer un autre joueur d’encore plus près. Il s’appelle Baptiste et va être hébergé à la maison à la demande du président du Club qui vient de récupérer ce joueur pour l’équipe de Ville-Basse. Mais voilà que, suite à une entourloupe de dernière minute, Roberto signe un contrat pour Ville-Haute. Pour le père de Lily, plus possible de l’héberger. On ne va pas pactiser avec l’ennemi. Pour Lily, s’il ne vient plus à la maison, elle quitte le foyer. Comment les Fontaine vont-ils gérer cette crise ?

    © Bultreys, Gürsel, Manhaes – Kennes

    Après 21 ans d’existence, les Footfurieux connaissent une nouvelle jeunesse. Exit les gags, même si certaines situations sont à chute, le scénariste Daniel Bultreys, qui a rejoint la série au tome 26, propose une intrigue sportivo-financière mettant en avant les magouilles qui peuvent avoir lieu même dans les plus petits clubs. Avec Lily, il rallie malignement les filles dans un Love Derby. C’est rigolo, mais pas que… Il y a même un final émouvant, clin d’œil à Lucky Luke, avec un clifhanger qui va faire trouver le temps long jusqu’au prochain épisode. Le dessinateur turc installé en Belgique Gürcan Gürsel enchaîne les dribbles et les tirs au but avec une aisance franco-belge traditionnelle.

    © Bultreys, Gürsel, Manhaes – Kennes

    Les bandes dessinées sur le foot sont en règle générale des succès. Le précurseur a été Eric Castel, signé du spécialiste des BD sportives Raymond Reding. Jouant dans les plus grands clubs d’Europe, le footballeur eut une carrière sur 15 albums de 1979 à 1992. Au début des années 80, La vedette, de Malo Louarn, marqua des buts dans le journal de Spirou. Depuis 2013, ce magazine accueille Louca, thriller footballistique qui amène au foot aussi ceux qui ne s’y intéressent pas. Droit au but et Foot 2 rue alignent les albums. Côté manga, Capitaine Tsubasa, plus connu en France sous le nom de Olive et Tom, a fait bien des émules. En humour pur, deux séries se taillent la part du lion : Les Footmaniacs chez Bamboo et Les Footfurieux chez Kennes. Alors, Footmaniacs ou Footfurieux ? Les aficionados du ballon rond ont de quoi se réjouir avec ces séries humoristiques qui ont au moins le mérite de faire lire les sportifs en herbe.

    © Bultreys, Gürsel, Manhaes – Kennes

    Un Derby, ça divise, par définition. Ça peut même diviser une famille. Les Footfurieux se remettent en question dans le fond et dans la forme. Aussi courageux qu’un buteur qui file vers les buts adverses.


    Série : Les Foot furieux

    Tome : 29 – Let Derby Rock !

    Genre : Aventure humoristique footballistique

    Scénario : Daniel Bultreys

    Dessins : Gürcan Gürsel

    Couleurs : Gürcan Gürsel & Manhaes

    Éditeur : Kennes

    ISBN : 9782931300268

    Nombre de pages : 48

    Prix : 11,95 €


  • Dad 12 – Chaos Bang
    par Laurent Lafourcade

    La star de la famille

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    « -Monsieur ?

    -Hmmm… Oui ?

    -Mon fils n’ose pas le dire mais c’est un grand fan ! Ce serait possible de faire une photo ?

    -Mais bien sûr, hé hé ! »

    Etre arrêté par des fans pour un selfie ! Dad n’en croit pas ses yeux. Il va vite déchanter. C’est Mouf qui intéresse le public. La chienne est devenue une vraie influenceuse. C’est même elle qui paye le loyer. Dad a juste peur qu’elle finisse par prendre la grosse tête. Il ne serait pas un brin jaloux ? Panda en est persuadée. Un animal qui fait des milliers de likes en lisant les grands classiques de la littérature, c’est quand même incroyable. D’autant plus que les fans ne sont pas qu’humains. Une promenade au parc, et c’est tout de suite une meute de clébards qui file le train à la star. Comme toute célébrité, Mouf a droit à ses jours de fatigue. On ne peut pas être au top en permanence. C’est là que Dad va devoir sortir le grand jeu.

    © Nob – Dupuis

    Du côté des filles, Bébérénice continue de grandir. Elle entre à l’école. Et pas question d’être en retard. Elle met un coup de boost à son père pour qu’il la prépare le plus vite possible. Roxana apprend à se débrouiller par elle-même. Dad ne peut pas s’occuper de tout, alors, plutôt que de l’embêter à prendre rendez-vous chez le coiffeur, ben, elle se coupe les cheveux toute seule. Ondine s’intéresse à l’Intelligence Artificielle. L’important n’est plus de connaître les réponses. Il faut savoir poser les bonnes questions. Quant à l’aînée, Panda, elle rêve de trouver une coloc pour quitter le foyer. C’est loin d’être le rêve de son père qui voudrait bien se la garder toute petite à la maison.

    © Nob – Dupuis

    C’est vraiment le chaos dans la vie de Dad. Entre une chienne star, une aînée prête à voler de ses propres ailes, les deux du milieu qui s’affirment et la petite dernière qui commence à écrire, ça ne le rajeunit pas. En toute malignité et intelligence, Nob fait micro-évoluer sa série sans brusquer les lecteurs. En guest, l’auteur invite l’une de ses anciennes héroïnes qui nous manque : Mamette. Dad est plus que jamais une série de générations. Le bonhomme voit le temps qui passe. Poussé par la génération suivante qui avance en âge, il ne voit comme seule solution que de se réfugier dans les souvenirs des moments idylliques de quand les filles étaient petites. Qu’elles le veuillent ou non, il les y amène. Dad, c’est des sourires, des rires, mais aussi de l’émotion.

    © Nob – Dupuis

    « La petite fille est une guerrière

    Elle joue à ce qu’il ne faut pas faire

    Contre les dragons, elle frappe les yeux fermés

    Avec son sabre attaque les cavaliers

    Sur un cheval en Mandchourie

    C’est dans la plaine qu’elle y sévit. »

    La Kao-Bang d’Indochine pourrait être une fille de Dad. Elle a la force de chacune d’entre elles. C’est certainement pour ça que ce douzième album s’intitule Chaos Bang.


    Série : Dad

    Tome : 12 – Chaos bang

    Genre : Humour familial

    Scénario & Dessins : Nob

    Couleurs : Nob & Laurence

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808510349

    Nombre de pages : 48

    Prix : 12,95 €


  • Après l’école 1 – Le monde est fou !
    par Laurent Lafourcade

    Sur le chemin de la maison

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    « -Et à chaque fois que je rentre à la maison, mon père me pose la même question. « Comment s’est passée ta journée à l’école ? »

    -Pareil avec ma mère. Toujours la même question.

    -Et le pire, c’était hier. Je rentre à la maison.

    -Ouais.

    -Mon père est là, tranquille. Il travaille à son bureau.

    -Ouais.

    -Et il oublie de me poser la question.

    -Nonnnnnn ! »

    Tous les soirs, Cléo et Léo rentrent ensemble de l’école. Et pour cause, ils sont voisins. C’est l’occasion pour eux de se raconter ce qui leur arrive et de faire des rencontres. Il leur arrive de croiser Bella. Léo a le béguin pour elle. Monsieur Ortiz, souvent sur le trottoir parce qu’il a un chien à promener, est l’un de leurs interlocuteurs privilégiés, qu’ils aiment bien titiller. Et The place to be, c’est le camion de glaces d’Olga. Ses glaces sont faites maison, contrairement à ce que semble penser la mère de Léo. Mais tout ça, c’était juste pour rendre la vendeuse rouge de colère et prouver à Cléo que lorsque l’on rougit, ce n’est pas forcément par amour.

    © Yllya, Frey, Saboten – Jungle

    Les duos de mômes, la BD en a connu des tas. Tom et Nina, les p’tits diables, sont bourrés d’un trop plein d’énergie, la plupart du temps chez eux. Léon et Lena sèment la panique à tout bout de champ. Plus anciens, Corinne fait tourner Jeannot en bourrique. Comme ces deux derniers, Cléo et Léo sont juste amis. Ils ne sont pas amoureux. De ce fait, ils peuvent tout se dire, ce qui est quand même un privilège non négligeable : les chéris, les pas chéris, la famille, … On fait les 400 coups aussi ensemble. Mais qu’est-ce que c’est drôle de faire des blagues à l’interphone ! N’est-ce pas, Monsieur Pigeon ?

    © Yllya, Frey, Saboten – Jungle

    Après l’école a l’originalité de ne pas se passer à l’école. C’est dit dans le titre, et c’est prouvé dans l’album. Le scénariste Julien Frey respecte le cahier des charges qu’il s’est imposé en créant tout un microcosme de trottoir. Les gags sont drôles et tendres. C’est de la philosophie pour 8 ans, pile poil la cible du journal de Mickey où la série est publiée. Yllya dessine les personnages à mi-chemin entre le franco-belge et le manga. Elle en utilise fréquemment les codes, notamment dans l’exagération des expressions. Aux couleurs, Saboten apporte de la modernité aux situations qui restent intemporelles. En effet, pour que ça parle à tout le monde, parents comme enfants, les auteurs ont choisi de ne pas « dater » les événements. Pas de téléphone portable par exemple. Ce qui arrive à Cléo et Léo ne pourra ainsi pas devenir désuet.

    © Yllya, Frey, Saboten – Jungle

    Cléo et Léo rentrent de l’école et on ne sait pas quand est-ce qu’ils vont arriver chez eux. Après l’école, les leçons de vie remplacent les leçons de choses. Que ça fait du bien de prendre le temps. Après l’école, une bonne BD, ça vous plairait ?


    Série : Après l’école

    Tome : 1 – Le monde est fou !

    Genre : Humour

    Scénario : Julien Frey

    Dessins : Yllya

    Couleurs : Saboten

    Éditeur : Jungle

    ISBN : 9782822246439

    Nombre de pages : 48

    Prix : 11,95 €


  • La vie selon Gorce – Les hommes, les femmes et les autres…
    par Laurent Lafourcade

    Indégivrables Party

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    « -Je vous souhaite santé, bonheur, amour, sexe et argent.

    -Tu gaspilles tes vœux… Souhaite-nous d’avoir de l’argent : ça entraîne tout le reste. »

                    Ils vivent sur la banquise mais pas que…  Ils sont animaux mais sont les reflets des humains. Les pingouins de Xavier Gorce nous montrent la société telle qu’elle est. Avec humour, cynisme, et un brin de mauvaise foi, ils ne font que nous refléter ce que nous sommes. « Connais-toi toi-même », disait le philosophe grec Socrate. C’est avec ce petit album qu’on va certainement apprendre à se connaître, nous, notre famille, nos collègues, notre patron, bref, tous les individus de notre race humaine. Quatre chapitres scandent l’ouvrage : Petits sexismes ordinaires, Foulards et vieilles dentelles, A deux c’est mieux ?, et Nouvelles normes.

                    Le pingouin est macho. Pour la journée des droits de la femme, Monsieur lui offre un nouvel aspirateur ultra-silencieux. Si elle se plaint de ses droits, elle n’avait qu’à le faire lors de la journée des droits de la femme. Maintenant, c’est trop tard. Heureusement que les sénateurs veillent au grain pour défendre et préserver le savoir-vivre patrimonial : peloter les gonzesses, picoler du pinard, bouffer gras et fumer ! Le directeur de l’entreprise est lui-aussi loin d’être féministe. Y’a qu’à voir comment il joue de l’interphone avec sa secrétaire Stéphanie.

    © Gorce – Le Cherche-Midi

                    Alors qu’en cette période de Noël, les crèches dans les lieux publics font débat, est-ce cultuel ou culturel ?, les pingouins musulmans s’interrogent sur les lois anti-abayas. Ce n’est pas un vêtement religieux, mais l’interdire est islamophobe. Le débat est posé. Les mollahs en prennent pour leur grade. La religion catholique n’est pas épargnée. Comment rallier les fidèles ?

                    L’harmonie du couple est ensuite en question avant une dernière partie axée théorie du genre et #MeToo.

    © Gorce – Le Cherche-Midi

                    On a connu les pingouins de LL de Mars au début des années 2000 dans des dessins aux situations humoristiques absurdes. Les Givrés du regretté Bruno Madaule ont dégelé pendant des années les pages de Spirou en traitant déjà pas mal d’écologie. Apparus dès 2004 et publiés en album chez Inzemoon depuis 2006, puis chez Buchet-Chastel à partir de 2019, les pingouins de Gorce mettent la barre encore plus haut. Pour leur neuvième coudée, c’est Le Cherche-Midi qui les accueille, avec ce recueil de dessins réalisés pour l’hebdomadaire Le Point.

                    On peut retrouver Les indégivrables sur leur page Facebook avec un dessin par jour. Ils ont aussi été adaptés en dessins animés avec la voie de Jonathan Lambert il y a déjà quelques années. En voici un épisode :  https://www.youtube.com/watch?v=KED3aqqLL0c

    © Gorce – Le Cherche-Midi

                    Le Chat de Philippe Geluck monopolise le devant de la scène. Un peu plus politiques et sociétaux, les pingouins de Xavier Gorce sont tout aussi drôles et méritent la même visibilité.


    Série : La vie selon Gorce

    Tome :  Les hommes, les femmes et les autres… (les indégivrables 9)

    Genre : Humour givré

    Scénario, Dessins & Couleurs : Xavier Gorce

    Éditeur : Le cherche-midi

    ISBN : 9782749184609

    Nombre de pages : 128

    Prix : 16,80 €


  • Largo Winch 25 – Si les dieux t’abandonnent…
    par Laurent Lafourcade

    Drone de vie

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    « -John ?

    -Largo ?! Je vais faire des envieux ! Tout le groupe cherche à vous joindre. Les rumeurs les plus folles courent déjà. On vous dit mort… ou redevenu globe-trotter…

    -Malheureusement, je n’appelle pas pour donner de mes nouvelles. Obi Martins, ça vous dit quelque chose ? »

                    Île de Sarjenave, quelque part dans l’Adriatique. Largo Winch s’offre quelques jours au calme, farniente et pêche au harpon. Calme ? Pour Largo, on sait que ça ne dure jamais longtemps. A quelques mètres de la côte, un yatch semble abandonné. Notre milliardaire monte à bord, découvre un cadavre et une adolescente cachée. Son père, Obi Martins, vient d’être tué. Il était le patron de l’entreprise Aurora Dynamics. Il portait sur lui un badge du groupe W. Il développait des drones humanitaires et devait, le lendemain, se rendre à Lagos pour inaugurer les premiers prototypes. Comme par hasard, sa femme est décédée dans un accident de voiture quinze jours plus tôt. Lui, a été tué parce qu’il cherchait à entrer en contact avec Largo. Leur fille Hope est à présent seule. Pour le milliardaire et l’orpheline, les ennuis ne font que commencer.

    © Francq, Guez, Denoulet, Maya – Dupuis

                    Direction le Nigeria. A Lagos, les drones conçus pas Obi sont présentés. Peu chers, faciles à fabriquer, silencieux, rapides, légers, autonomes, ils peuvent survoler des zones de conflit avec leurs colis sans être repérés. Un outil de reconnaissance faciale, leur permet de reconnaître leur destinataire. Entre de mauvaises mains, la technologie pourrait être détournée à des fins meurtrières. Ça ne va pas tarder. L’enquête de Largo va rapidement mettre le feu aux poudres… de couleurs. Et ce n’est pas le reste de la famille de Hope qui va arranger les choses. Parallèlement, Largo met Simon sur l’affaire. Le séducteur va trouver du répondant.

    © Francq, Guez, Denoulet, Maya – Dupuis

                    Nouveau diptyque, nouveau scénariste. Jérémie Guez succède à Eric Giacometti. Romancier et scénariste de longs métrages, Guez a l’habitude d’explorer les marges de la société avec des tensions dramatiques et de la profondeur psychologique. Pour Largo, il signe une histoire d’actualité, tournée vers les nouvelles technologies, sans prise de tête économique, mais juste ce qu’il faut quand même pour rester dans l’ADN de la série. Le héros voit remonter sa condition d’orphelin par le biais de Hope. La situation le met en introspection. Pas question pour lui de l’abandonner en des mains en qui il n’est pas possible d’avoir confiance. La relation Largo/Hope est un rapport de dualité fort comme on en rencontre dans un autre style dans un film comme celui de Luc Besson entre Léon (Jean Reno) et Mathilda (Nathalie Portman).

                    Au dessin, Philippe Francq est au meilleur de sa forme, s’éclatant dans des scènes d’actions. C’est juste dommage que la couverture, encore une fois, soit simplement une façade moche conçue pour être aisément repérable en grande surface.

    © Francq, Guez, Denoulet, Maya – Dupuis

                    Le renouveau Giacometti était une réussite. Le souffle Guez est un coup de maître. Ce vingt-cinquième album est l’un des meilleurs épisodes de la série. Si les dieux abandonnent Largo, ils n’abandonnent pas ses lecteurs.


    Série : Largo Winch

    Tome : 25 – Si les dieux t’abandonnent…

    Genre : Thriller financier

    Scénario : Jérémie Guez

    Dessins : Philippe Francq

    Couleurs : Philippe Francq, Bertrand Denoulet & Maya

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9791034767830

    Nombre de pages : 48

    Prix : 15,95 €


  • Une année chez les français
    par Laurent Lafourcade

    Bienvenue au lycée de Casablanca

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    « -Où sont tes parents, mon petit ?

    -Sont pas là.

    -On dit « Ils ne sont pas là. »

    -Et comment t’appelles-tu ?

    -Mehdi Khatib.

    -Et les dindons ?

    -J’sais pas comment ils s’appellent.

    -Je ne veux pas leur nom. Je veux savoir ce qu’ils font là.

    -Sont pas à moi.

    -Bon, revenons à nos moutons… Ah oui ! Khatib Mehdi ! Tu es interne en sixième. Bienvenue à Lyautey, jeune homme. Je suis M. Lombard, le directeur. »

    Dernier samedi du mois d’août 1969, venu de Béni-Mellal, Mehdi Khatib arrive au lycée français Lyautey à Casablanca, avec sa petite valise et deux dindons. Issu de la campagne marocaine, au pied des montagnes de l’Atlas, il a obtenu une bourse pour entrer interne en 6ème. M. Lombard, le directeur, l’accueille avant de le diriger vers la lingerie pour que Madame Benarroch lui vérifie son trousseau. Pas franchement aimable, la dame. Monsieur Morel, le surveillant d’internat, est un peu plus cool, enfin, pour l’instant. Au réfectoire, Mehdi fait la connaissance des premiers élèves qui, comme lui, sont arrivés quelques jours avant la rentrée pour des questions de logistique. Au fil des heures, l’internat se remplit. Les cours vont commencer. C’est la rentrée scolaire.

    © BeneDi, Carbone, Alexakis – Steinkis

    Au milieu de petits français et de jeunes marocains de classes aisées, Mehdi va devoir se faire une place. Féru de littérature et d’autres lectures en tout genre, il va s’adapter à ce nouvel environnement dans lequel il se sent parfois comme un intrus. Alors que tous rentrent chez eux le week-end, lui, habitant trop loin, doit rester sur place. Mais le surveillant n’a pas l’intention de rester enfermé avec lui dans l’établissement. Alors, il l’emmène en ville. (Ça reste entre nous.) Le mercredi après-midi, il faut choisir une activité d’éveil. Mehdi se réfugie dans le théâtre. Finalement, entre les cours et l’internat, il trouve son rythme. Voici déjà venues les vacances de Toussaint. Que va faire la direction de lui ? Peut-être que la famille d’un de ses copains peut l’héberger. Ça lui évitera de rester seul au lycée.

    © BeneDi, Carbone, Alexakis – Steinkis

    Carbone adapte ici le roman de Fouad Laroui paru chez Julliard en 2010 basé sur les souvenirs de l’auteur. C’est ce dernier qui signe la préface de cette transposition en BD, préface où il en dévoile trop et qu’il aurait été préférable de lire plutôt en postface. C’est un détail, mais éviter de la lire avant, vous trouverez plus de plaisir et de surprise à la lecture de l’album. Ancienne enseignante, Carbone connaît bien le milieu scolaire. Même si c’est ici dans le secondaire, elle s’attache au point de vue de l’élève parmi ses pairs et dans un monde d’adultes pas toujours compréhensifs. Sous les couleurs chaudes d’Alessandra Alexakis, la dessinatrice italienne BeneDi adopte un semi-réalisme tendre. Elle donne toute l’émotion possible comme dans la scène aussi drôle qu’émouvante du retour éphémère au village pour un mariage, qui va être une réelle prise de conscience pour Mehdi.

    © BeneDi, Carbone, Alexakis – Steinkis

    Une année chez les français se déroule 14 ans après l’indépendance du Maroc. Le pays porte encore des traces de colonisation. Les gens comme Mehdi représentent l’avenir d’un pays encore en construction. Bienvenue en immersion en classe de 6ème pour un an de la vie du petit garçon venu du pied de l’Atlas.


    One shot : Une année chez les français

    Genre : Parcours de vie

    Scénario : Carbone

    D’après : Fouad Laroui

    Dessins : BeneDi

    Couleurs : Alessandra Alexakis

    Éditeur : Steinkis

    ISBN : 9782368467374

    Nombre de pages : 136

    Prix : 23 €


  • Mangashi Histoire de la prépublication du Manga
    par Laurent Lafourcade

    Histoire du Manga et de ses magazines

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    « Les magazines de prépublication -ou mangashi- sont au cœur de l’industrie du manga ua Japon. Pourtnt, en France, ils sont totalement absents. Pas de Shônen Jump, de Ribon ou de Big Comic dans nos kiosques. Cette absence est d’autant plus étonnante que nous sommes le deuxième pays consommateur de mangas après le Japon et que le marché connaît une croissance fulgurante depuis 10 ans. Comment expliquer ce paradoxe ? Pourquoi ces magazines n’ont-ils jamais trouvé leur place en France ? »

    Depuis une dizaine d’années, le marché du manga en France explose, avec des années exceptionnelles au moment du Covid et post-Covid. Depuis 2023, le marché est en baisse, comme tout le secteur du livre, mais il était prévisible que la situation se stabilise après un tel boom. La culture manga a envahi la France avec livres, figurines et animes. Pourtant, il existe un pan de cette culture qui demeure absente : le mangashi, ou magazine de prépublication. Etonnant pour le deuxième pays le plus gros consommateur de mangas après le Japon. En trois chapitres, Maxime Gendron analyse la situation en comparant la prépublication du manga au Japon et celle de la bande dessinée en France, avant de s’intéresser aux tentatives de prépublication du manga en France.

    © Gendron – Bulma éditions

    On remonte le temps aux origines mêmes du manga avec un bond d’une quinzaine de siècles en arrière avec des caricatures sur les murs des temples, puis viendront les rouleaux peints (emaki-mono) et les estampes (ukiyo-e), avant que la vague d’Hokusaï, premier à utiliser le terme manga, ne vienne provoquer un tsunami qui se ressent encore aujourd’hui. A la fin du XIXème siècle, la culture occidentale s’insuffle dans le pays grâce à des artistes ayant amené de nouveaux styles d’illustrations ainsi que leurs techniques. La presse se développe dès le tout début du siècle suivant. Kitazawa et Okamoto sont les innovateurs qui ouvrent la voie de ce qui sera plus tard le manga moderne. Dans la première moitié du XXème siècle, les publications se multiplient, avant que la seconde guerre mondiale ne vienne assombrir le paysage. Pas d’inquiétude, après le conflit, la presse reviendra en force. Dans les années 60, ce sera l’âge d’or des hebdomadaires avec notamment le Shônen Magazine. Shonen, shojo, seinen, le manga se catégorise au fil des ans. Otomo, Tezuka, Urasawa, et bien d’autres, les noms de ces mangakas résonnent aujourd’hui dans le monde entier. Maxime Gendron explique comment certains auteurs travaillent entourés d’assistants, avec les conséquences économiques que cela implique. On découvre ensuite comment le marché a dû se réinventer avec le virage du numérique et les nouvelles générations de lecteurs.

    © Gendron – Bulma éditions

    La deuxième partie du livre s’installe en occident, avec l’avant-gardiste suisse Rodolphe Töpffer qui, dans les années 1830, posa les jalons de ce que l’on appellera plus tard la bande dessinée. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, ou mal, les origines du Neuvième Art, Maxime Gendron écrit une synthèse parfaite de tout ce qu’il faut retenir au fil de l’Histoire. Louis Forton, Alain Saint-Ogan, Hergé : les années 1920 sont déterminantes pour l’avenir du genre. 1934, le journal de Mickey. 1938, Spirou. 1944, Coq Hardi. 1946, le journal de Tintin. Dans les années 50, l’album cartonné se démocratise. Dans les années 60, c’est l’âge d’or. La BD dite adulte va ensuite trouver sa place avec Métal Hurlant et autres (A suivre). Plus tard, ce sera la crise avec l’agonie du système de prépublication. Gendron effectue un parallélisme entre manga et BD franco-belge, entre points communs et divergences quant à leur historique.

    © Gendron – Bulma éditions

    C’est ainsi qu’on arrive au troisième chapitre de l’essai : la prépublication du manga en France. C’est en cela que l’ouvrage se démarque de tout ce qui a pu être écrit avant, et où l’on comprend le pourquoi du comment de l’état des lieux aujourd’hui. C’est de 1969 que date la première tentative de prépublication dans les pages du magazine Budo. C’est en 1978 que naît la première revue entièrement dédiée au manga : Le cri qui tue. En 1983, les Humanoïdes Associés et Artefact tenteront sans succès l’édition d’albums. Après la vague anime à la télévision dans les années 80, il faudra attendre 1990 pour que Jacques Glénat lance réellement le manga en France avec Akira, puis Dragon Ball. Tonkam lui emboîte le pas avec les œuvres d’Osamu Tezuka. Viendront ensuite les tentations et les tentatives de lancement de périodiques : des échecs. Gendron les énumère et en analyse les causes, avec notamment le scantrad. Fin 2024, quatre éditeurs européens, dont Kana en France, lancent le trimestriel Manga Issho, avec des prépublications de mangas de leurs pays. Sera-ce enfin notre magazine vedette ?

    Des annexes chiffrées bouclent le livre qui ne saurait être complet sans son complément en couleurs Le guide des magazines de prépublication, qui les recense en citant les séries que l’on y retrouve.

    © Gendron – Bulma éditions

    Tout, tout, tout, vous saurez tout sur l’histoire de la prépublication du manga grâce à Mangashi. Maxime Gendron, qui a l’habitude de transmettre sa passion dans des conférences, écrit un ouvrage historique et économique axé sur le présent, basé sur le passé et projeté vers le futur. Très instructif, passionnant même pour les non-initiés, et, contrairement à de nombreux ouvrages issus de travaux d’études, le livre se lit avec fluidité. Manga-issime.


    Titre : Mangashi Histoire de la prépublication du Manga

    Genre : Ouvrage d’étude

    Auteur : Maxime Gendron

    Couverture : L’atelier de Kriss

    Éditeur : Bulma éditions

    ISBN : 9791097618117

    Nombre de pages : 312

    Prix : 22 €


  • La dernière maison juste avant la forêt
    par Laurent Lafourcade

    Loisel en roue libre

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    « -T’as prévu quoi pour ce long week-end du 14 juillet ?

    -C’est l’anniversaire de mon paternel, je vais en profiter pour me reposer et oublier le sexe opposé. »

                    Pierrot, le facteur du village, est irrésistiblement beau. Enfin, c’est la façon dont il se voit. Il ne comprend pas pourquoi elles ne tombent pas toutes sous son charme. En réalité, on ne peut pas dire que ce soit un Appolon. Pour le long week-end du 14 juillet, il a prévu d’aller fêter l’anniversaire de son père dans la maison familiale, le manoir des de Cormolan, la dernière maison juste avant la forêt. Dans le tramway qui l’amène à destination, il rencontre une femme, Mademoiselle Mimi, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Lola, le mannequin en vitrine du magasin de lingerie sur lequel il fantasme. Il ne sait pas encore qu’elle se rend au même endroit que lui. Il le découvrira sur place après avoir fait une halte pour acheter un gâteau à offrir à son père.

    © Loisel, Djian, Tatti – Rue de Sèvres

                    La somptueuse baraque se trouve au milieu d’un grand parc fermé par un portail de fer. Ce n’est pas une maison comme les autres, enfin, ce sont surtout ses habitants qui ne sont pas comme les autres. Un groupe de gnomes vit dans les jardins. L’une d’elle, maladivement jalouse, est amoureuse de Pierrot. Ensorcelé par la mère, le père est un colonel à la retraite transformé en buste de pierre trônant dans le hall d’entrée. Gildas Paterne est un grand serviteur noir ramené des colonies. Pierrot adore prendre des bains dans la baignoire occupée par Coin-Coin, un canard gonflable avec lequel il disserte. Ajoutons à cela que le colonel pense que son fils est un avocat réputé du barreau, qu’une serre renferme des plantes carnivores qui sont utiles en cas de visiteurs gênants, que Mimi a été convoquée pour servir de cadeau à Papa et que Maman est une obsédée sexuelle à la magie un brin caractérielle, et bienvenue dans la dernière maison juste avant la forêt.

    © Loisel, Djian, Tatti – Rue de Sèvres

                    C’est le grand retour de Régis Loisel au dessin. Co-scénarisée par Jean-Blaise Djian qui en a eu l’idée originale, la trame est celle d’une pièce de boulevard totalement foutraque à mi-chemin entre La petite boutique des horreurs et Le dîner de cons. L’album inclassable laissera plus d’un lecteur perplexe. Sur le fond, on ne peut pas dire que ce soit raté, mais c’est déconcertant. C’est bizarre, parce que si ça avait été un épisode de Dans les villages de Cabannes, ça serait plus facilement passé. Sur la forme, la couverture, même si elle laisse toute la place au mystère, manque de finesse, et le choix des planches à trois bandes n’est pas justifié. De nombreuses images semblent trop grandes. On est dans de l’exigence, parce qu’on sait que de Loisel, on aurait pu s’y attendre. Les divers dessinateurs repreneurs de la quête savent de quoi on parle.

    © Loisel, Djian, Tatti – Rue de Sèvres

                    La dernière maison juste avant la forêt est un album qui se laisse lire et dont la principale réussite est que l’on ressent l’amusement qu’ont pris les auteurs à le réaliser. C’est la récréation que s’offre Régis Loisel avant de se lancer dans l’ultime tome de La quête de l’oiseau du temps.


    One shot : La dernière maison juste avant la forêt

    Genre : Fantaisie

    Scénario : Jean-Blaise Djian & Régis Loisel

    Dessins : Régis Loisel

    Couleurs : Bruno Tatti

    Éditeur : Rue de Sèvres

    ISBN : 9782810201532

    Nombre de pages : 168

    Prix : 35 € 


  • Sur la piste de Blueberry
    par Laurent Lafourcade

    Les héros sont éternels

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    « -Ah ! V’là les Hic !… gars pour notre poker du Hic !… du soir ! Ça vous a pas suffi de vous faire plumer quinze jours d’affilée ? Hi hi !

    -Moi je joue pas sans Red.

    -Mais… Il est mort !!!

    -C’est pas une raison pour Hic !… pour l’oublier !

    -Bien dit ! Red a été de toutes nos Hic !… de toutes nos parties depuis qu’on est là, et ce sera pareil ce soir ! »

                    Mike Steve Donovan, alias Blueberry. Qui n’a jamais entendu parler du lieutenant le plus célèbre de la bande dessinée ? Certainement pas la dream team des auteurs qui lui rendent hommage dans les quatorze histoires de ce collectif de grande qualité. Chacun dans son style, les auteurs ne se sont pas contentés de reprendre le ou les personnages dans des aventures décrochées. Ils ont imaginé des événements s’intercalant ou se déroulant à des instants précis dans la bibliographie des albums signés Jean-Michel Charlier et Jean Giraud. Blueberry, qui ne devait être qu’un soldat parmi les autres au Fort Navajo, s’est emparé lui-même de la série pour devenir un personnage mythique. Bienvenue sur la piste de Blueberry !

    © Dargaud

                    Olivier Bocquet et Anlor ouvrent le bal en plongeant, non pas dans la jeunesse, mais carrément dans l’enfance du héros. Pour le fidèle Michel Blanc-Dumont, Jean-François Vivier écrit une rencontre avec Jonathan Cartland. Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat organisent une embuscade qui ne va pas se dérouler comme prévu. Il aurait été dommage qu’Enrico Marini ne mette pas en scène Chihuahua Pearl, avec laquelle il joue la carte de l’humour, tout comme Dominique Bertail, mais lui avec Jim Mc Clure. Il n’est pas étonnant que la meilleure histoire soit signée du duo qui a récemment remis le western au pinacle avec Jusqu’au dernier. Jérôme Félix et Paul Gastine nous invitent à une partie de cartes comme on n’a jamais joué. Ils sont en tout vingt-neuf auteurs à participer à l’ouvrage, la plupart avec des histoires courtes, les autres avec des illustrations, comme Blutch et ses magnifiques revisites de couverture.

    © Dargaud

                    Avant chaque récit, les auteurs se souviennent du moment où, jeunes lecteurs pour la plupart, ils ont découvert la série. A 15 ans, Thierry Martin est impressionné par Le spectre aux balles d’or. Lecteur de Pilote, Al Coutelis montre le choc que ça a été à sa parution en 1963, sur les pas de Jijé avant que Giraud ne prenne son autonomie graphique. Ado, Olivier Taduc est subjugué par la couverture d’Angel Face qu’il feuillette, trop tôt peut-être, un rendez-vous manqué qu’il concrétisera plus tard avec Le cheval de fer. Quant à Fred Duval, son album préféré est Nez cassé. Tous ces titres, et les autres, font encore rêver. C’est Corentin Rouge qui clôt le collectif avec un Blueberry vieillissant voyant l’avenir débarquer chez lui avec les conséquences du passé.

    © Dargaud

                    Avec une couverture de Mathieu Lauffray, Sur la piste de Blueberry est une invitation à se replonger dans la série complète. L’album a la saveur d’une madeleine de Proust qui peut aussi donner l’envie à ceux qui ne la connaîtrait pas de la découvrir. Un petit scoop pour terminer : en 2026, sort la suite d’Amertume Apache, le diptyque Blueberry de Christophe Blain et Joann Sfar.


    One shot : Sur la piste de Blueberry

    Genre : Western

    Scénario & Dessins : Anlor, Alberto Belmonte, Dominique Bertail, Michel Blanc-Dumont, Blutch, Olivier Bocquet, Vincent Brugeas, Stefano Carloni, Alexandre Coutelis, Fred Duval, Jérôme Félix, Paul Gastine, Goossens, Mathieu Lauffray, Lu Ming, Jean Mallard, Milo Manara, Enrico Marini, Mathieu Mariolle, Thierry Martin, Matz, Ralph Meyer, Félix Meynet, Vincent Perriot, Corentin Rouge, Olivier Taduc, Ronan Toulhoat, Jean-François Vivier, Philippe Xavier

    Éditeur : Dargaud

    ISBN : 9782205213478

    Nombre de pages : 128

    Prix : 21,50 € 


  • Le Paris des merveilles 3 – L’élixir d’oubli 1/2
    par Laurent Lafourcade

    Willem for ever

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    « -Merci pour ce festin, Isabel ! J’avais besoin d’un dernier bon repas avant ma retraite auvergnate !

    -Je lève mon verre à votre prompt rétablissement, Edmond !

    -Et ce cognac est une merveille, Louis ! J’ose à peine imaginer son âge…

    -Il date de 1720, Edmond ! Une excellente année !

    -Je crois me souvenir que c’est l’année où vous vous êtes rencontrés, n’est-ce pas ? »

                    Ambremer, 1720. La Reine est en plein désarroi. L’élixir d’oubli a été dérobé. Il faut absolument le récupérer avant qu’il ne soit utilisé sur Terre. Seul le cercle de Gélancourt pourrait l’aider, mais elle a du mal à se résoudre à faire confiance en des humains. Paris 1910. Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du cercle Cyan, se remémore avec ses amis ce qu’il s’est passé 190 ans plus tôt et sa rencontre avec Isabel. Il se rappelle de ce soir où son ami Raynaud, un dragon, s’est fait assassiner en rentrant chez lui, tué par une balle de sélénium noir, un métal qui ne se trouve que dans l’outremonde. Rappelons que les êtres du monde parallèle qui viennent sur Terre sont contraints de conserver une apparence humaine. Alors que l’on suit cette enquête dans le passé, deux siècles plus tard, Griffont ne se doute pas encore qu’elle va avoir un sombre écho.

    © Pevel, Willem, Capia, Wenish – Bamboo

                    Au niveau scénaristique, on est sur une enquête militaro-politique où la cape et l’épée se mêlent à la fantasy. On est dans un début de guerre civile où les cercles de mages tirent les ficelles de la diplomatie. On pourrait faire un parallèle avec la franc-maçonnerie. La double époque de l’histoire ne rend pas le récit facile à suivre, d’autant plus que ni Willem ni Capia n’utilisent d’artifices visuels pour les distinguer, si bien que l’on se perd parfois. Même si les personnages que l’on retrouve de l’une à l’autre ne sont pas costumés pareil, il faut de la concentration pour rester dans la bonne époque. C’est une adaptation. Il n’y a pas la fluidité des Artilleuses, série parallèle originale, et c’est dommage. Peut-être aurait-il fallu plus de tomes par épisode.

    © Pevel, Willem, Capia, Wenish – Bamboo

    Quelle émotion ! Mais quelle émotion de tenir entre les mains le dernier album d’Etienne Willem, tragiquement disparu en 2024. Il avait entièrement adapté et story-boardé l’histoire. Il avait finalisé les quinze premières planches. Ça ne pouvait rester inachevé. En accord avec sa famille, l’éditeur s’est mis à la recherche de quelqu’un capable d’assurer la relève. C’est là que Christophe Arleston tombe sur des dessins de l’illustratrice Capia. La jeune femme a chaussé les bottes de Willem pour conclure le livre, et s’attaquera après à la suite de l’adaptation des romans de Pierre Pevel. C’est graphiquement incroyable. Les néophytes n’y verront que du feu.

    En fin d’album, un cahier graphique rend hommage à l’immense talent de Willem avec des croquis, de lui et de Capia, et surtout des images du projet Clans of London sur lequel il travaillait en parallèle. Ça promettait.

    © Pevel, Willem, Capia, Wenish – Bamboo

    La magie du Paris des merveilles fait entrer le fantastique dans la réalité. Etienne Willem nous laisse une transposition fidèle de l’univers de Pevel, que Capia va poursuivre dans le plus pur respect de son prédécesseur. Un récit intriguant, et pour le coup, émouvant.


    Série : Le Paris des merveilles

    Tome : 3 – L’élixir d’oubli 1/2

    Genre : Aventure semi-fantastique

    Scénario : Etienne Willem

    Dessins : Etienne Willem & Capia

    Histoire originale et dialogues : Pierre Pevel

    Couleurs : Tanja Wenish

    Éditeur : Bamboo

    Collection : Drakoo

    ISBN : 9782382332245

    Nombre de pages : 80

    Prix : 15,90 €


  • The doomed Puma / Rei Sen Pacifique 2
    par Laurent Lafourcade

    Depuis les ciels ennemis

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    « -La moitié de Kiev est en flammes. La route de Jytomyr est encombrée de soldats et de véhicules. Nous ne pourrons pas tenir la ville beaucoup plus longtemps.

    -Des avions à midi !

    -Vu !

    -Virons au large derrière eux, puis nous attaquons dans le soleil ! »

                    Budapest, 11 juin 1951. Au moment d’être exécuté par pendaison, Lajos Thot voit défiler sa vie. Accusé de conspiration visant à renverser la république populaire de Hongrie, le pilote d’avion de chasse va mourir. En été 1943, il combattait sur le front de l’Est en tant que membre de l’escadron de chasse 5/2. En octobre de la même année, il goutte l’eau du Dniepr après que son Messerschmitt est touché par un chasseur soviétique. Quelques jours plus tard, il abat cinq oiseaux de fer. Le vent va tourner en août 1944 avec un assaut allié en Hongrie. Les yankees attaquent avec un avantage d’altitude significatif. Les combats vont durer jusqu’à la défaite, et ce ne sont pas les ennemis qui auront raison de Lajos Thot. Comment a-t-il donc pu bien en arriver là ?

    © Pozsgay – Paquet

                    Rei Sen Pacifique nous amène au Japon en avril 1943. Depuis 8 ans, les japonais tentent de repousser l’attaque des alliés sur Guadalcanal. Les pertes sont importantes des deux côtés. Daisuke Tanaka a été affecté à l’aérodrome de Balalae au milieu de l’archipel des Salomon. Il n’a plus de nouvelles de son ami Kenji, envoyé sur une autre base. Depuis son arrivée, Daisuke est l’ailier du premier maître Goro Kusaka. Les victoires faciles font partie du passé. Le problème est que les jeunes pilotes recrutés sont sans aucune expérience. Daisuke est épuisé. Depuis des mois, il n’a pas pu profiter d’une seule permission. Quelques jours à l’infirmerie lui permettront-ils de repartir d’attaque ?

    © Speltens – Paquet

                    The doomed Puma et Rei Sen Pacifique sont deux histoires qui ont l’originalité de raconter la guerre vue d’un camp ennemi. Le puma hongrois et le bombardier-torpilleur Nakajima B5N de la marine impériale japonaise combattent les forces alliées. Gyula Pozsgay, auteur de The doomed Puma, est lui-même hongrois. Son grand-père était artilleur sur un bombardier rapide pendant la Seconde guerre mondiale, et plus tard peintre amateur. C’est de lui qu’il tient son amour pour l’aviation et ses compétences en dessin.

    © Pozsgay – Paquet

    Olivier Speltens est une valeur sûre de la BD historique. Tous deux manient les combats aériens avec la même dextérité. Même les lecteurs non férus de bande dessinée d’aviation ne peuvent qu’être subjugués par leurs planches dans ces ciels de guerre.

    © Speltens – Paquet

                    Equivalent de la collection Calandre pour la bagnole (et non pas la voiture, le terme est précis), la collection cockpit peut s’enorgueillir d’albums historiques finement documentés. Romain Hugault a tracé une voie. Il peut être fier du sillage qu’il a laissé derrière lui.



    One shot : The doomed Puma

    Genre : Aviation

    Scénario, Dessins & Couleurs : Gyula Pozsgay

    Éditeur : Paquet

    Collection : Cockpit

    ISBN : 9782889326686

    Nombre de pages : 48

    Prix : 14,50 €


    Série : Rei Sen Pacifique

    Tome : 2

    Genre : Aviation

    Scénario, Dessins & Couleurs : Olivier Speltens

    Éditeur : Paquet

    Collection : Cockpit

    ISBN : 9782889324866

    Nombre de pages : 48

    Prix : 14,50 €


  • Les écrits les plus visionnaires
    par Laurent Lafourcade

    Ils ont fait l’esprit du monde

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    « -Puissent tous les hommes se souvenirs qu’ils sont frères ! Ne nous haïssons pas. Ne nous déchirons pas les uns les autres. »(Voltaire)

                    De tous temps, le monde a été éclairé par des génies. Ces gens-là l’ont non seulement éclairé, mais l’ont également fait évoluer. Ils ont laissé des écrits qui ont permis de faire évoluer les mentalités, en déclenchant parfois des polémiques, avec une vraie vision de droit, de devoir, de justice et d’avenir. Dans le monde de la politique, de l’écologie et de l’économie, dans les sciences, dans la psychologie, la sociologie et l’éducation, et enfin dans les arts, en quatre domaines, les auteurs vont nous raconter, par le biais d’une vulgarisation sérieuse et drôle, comment dix-sept personnes ont fait que, s’ils n’avaient pas existé, la face du monde en aurait été changée.

                    Dans le domaine politique, économique et écologique, les héros se nomment Voltaire, Olympe de Gouges, Adam Smith et Rachel Carson. Faisons un focus sur Voltaire, dont le traité sur la tolérance découle de l’affaire Calas. Rien à voir avec la cantatrice, qui plus est avait deux « l ». Il s’agit de Jean, accusé d’avoir tué son fils, qui en fait s’était suicidé. Il sera condamné à mort en 1762. L’année suivante, le traité de Voltaire alerte l’opinion publique. Jean Calas est réhabilité en 1765. Si ça ne le fera pas revenir, ça permettra d’éveiller les mentalités pour les suivants.

    © Bravi, Hoge, Zolynski – Le Robert

                    Galilée, Emilie du Châtelet, Diderot, Einstein et Turing composent le chapitre des sciences. Intéressons-nous à Emilie du Châtelet, la pionnière de la physique en France, connue pour avoir traduit les principes mathématiques d’Isaac Newton, en y ajoutant des précisions. Depuis l’Antiquité, la science s’est découverte et construite. Collaboratrice de Voltaire, elle intègre en 1746 l’université de Bologne, la seule ouverte aux femmes en Europe.

    © Bravi, Hoge, Zolynski – Le Robert

                    Avec Freud, Montessori et Bourdieu, la psychologie, l’éducation et la sociologie sont à l’honneur. Au XXème siècle, Pierre Bourdieu propose de nouveaux outils pour expliquer le fonctionnement et le mode de vie des individus. Trouvant ses sources dans les cent cinquante ans d’études de ses prédécesseurs, son ouvrage Questions de sociologie est fondateur. Professeur au Collège de France, Bourdieu conçoit l’« habitus », une démonstration de la prédominance du capital culturel dans les styles de vie de ses contemporains.

                    De Vinci, Zola, Verne, Lumière et Orwell sont les acteurs de la dernière partie consacrée aux arts. Avec Jules Verne, les auteurs mettent l’éclairage sur le côté visionnaire de l’écrivain qui a anticipé de nombreuses inventions techniques tout au long du XIXème siècle, notamment dans Vingt mille lieues sous les mers.

    © Bravi, Hoge, Zolynski – Le Robert

                    Pour chacun des destins racontés dans le livre, on trouve un bref résumé de ce que l’on doit au personnage historique, le contexte du passé et de l’époque, un portrait de sa vie, ainsi qu’un extrait de son texte fondateur, avant que l’on nous explique en quoi l’écrit est visionnaire et pourquoi il résonne encore autant de nos jours. Après Avez-vous les classiques de la littérature ? et Les discours les plus éloquents, accompagnée des meilleurs spécialistes, Soledad Bravi poursuit son œuvre de vulgarisation culturelle avec humour. Apprendre comme ça, c’est beaucoup mieux que de l’éducation Montessori.


    One shot : Les écrits les plus visionnaires

    Genre : Histoire avec humour

    Textes : Vincent Hoge et Candice Zolynski 

    Scénario, Dessins & Couleurs : Soledad Bravi

    Éditeur : Le Robert  

    ISBN : 9782321020981

    Nombre de pages : 288 

    Prix : 19,99 €


  • L’homme à la licorne
    par Laurent Lafourcade

    La réalité de la fiction

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    « -Parrain, on va marcher longtemps ?

    -Oui.

    -C’est ça la chasse à la bécasse, mon petit Christophe.

    -Pourquoi on la voit jamais la bécasse ?

    -C’est l’animal le plus difficile à chasser. Elle se cache, elle attend toujours le dernier moment pour partir. »

                    Au début du printemps, il y a de l’enthousiasme dans l’air. Christophe, un auteur de BD, traverse la place sous les grands arbres. Il a rendez-vous avec la licorne. Il appelle Albert, Albert Lustig, un drôle de loustic. Son histoire est folle. La réalité est parfois si incroyable qu’il faut en faire une fiction. Une visite au musée de la chasse et de la nature fait remonter chez Christophe le souvenir d’une partie de chasse à la bécasse avec son parrain. Celle-ci se cache et fait tourner ses prédateurs humains en bourrique. Au musée, Christophe cherche la vitrine de la licorne avec toute l’histoire d’Albert Lustig. Renseignements pris, elle est en réparation car un visiteur s’est approché trop près. Qui est cet Albert qui semble si important ?

    © Nylso, Dabitch – Futuropolis

                    Avant de s’attarder sur son destin, il est indispensable de passer par l’histoire de son père Victor, un affabulateur, un malin, un escroc. Dans les années 1920, il y a un siècle de cela, il a vendu la Tour Eiffel. L’histoire de Victor est connue. C’est pour cela que Christophe a décidé de raconter l’histoire de son supposé fils Albert, supposé car dans toute histoire d’arnaque, rien n’est jamais sûr. Pourtant, tout est dans l’ADN. L’escroquerie semble être dans les gênes familiaux. Le cheval de bataille d’Albert est une licorne. Le type va tenter de faire croire à Rob O’Hara, un milliardaire américain féru de chasse, qu’il y a une vallée des licornes dans le désert du Kalahari, entre l’Afrique du Sud et la Namibie.

    © Nylso, Dabitch – Futuropolis

                    Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? Albert, Victor,… Le mensonge de l’un est vrai, celui de l’autre est faux, mais pourquoi ne serait-il pas vrai ? En se basant sur un personnage réel, suivant les bases posées par Claude d’Anthenaise qui fut directeur du musée de la chasse et de la nature, Dabitch met en scène un descendant qui va dans la surenchère du mensonge. Cela permettra-t-il au personnage auteur, Christophe, de raconter l’histoire parfaite ? Christophe Dabitch écrit une histoire sur mesure pour Nylso, non dénuée d’humour.  Au dessin, le hachuriste maîtrise sa technique avec des natures fouillées mais jamais fouillis. Les planches avec la licorne dans la forêt sont d’une poésie incroyable. Pilier des éditions FLBLB avec la sublime série Jérôme d’Alphagraph, et des éditions Misma, c’est la première fois que Nylso est édité dans une maison mainstream. Largement grandprixmable, l’auteur n’a pas fini d’être remarqué.

    © Nylso, Dabitch – Futuropolis

                    Avec un sujet original et une narration hors norme, L’homme à la licorne invite à la fois à la méfiance et au rêve. Impossible de ne pas s’imaginer dans la tête des dupés. Et d’ailleurs, les licornes, pourquoi n’existeraient-elles pas ? Un des événements de cette fin d’année.


    One shot : L’homme à la licorne

    Genre : Rêverie

    Scénario : Christophe Dabitch

    Dessins : Nylso

    Éditeur : Futuropolis

    ISBN : 9782754845038

    Nombre de pages : 224

    Prix : 25 € 


  • L’abolition, le combat de Robert Badinter
    par Laurent Lafourcade

    « C’est la mort que vous réclamez. Pas la justice. »

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    « –Accusés, levez-vous !… Existe-t-il des circonstances atténuantes en la faveur de l’accusé Roger Bontems ? La réponse est « Non ». En conséquence, la cour et le jury condamnent, à la majorité et sans désemparer, Buffet Claude et Bontems Roger à la peine de mort. »

                    Une évasion ratée qui tourne mal, des otages exécutés, un procès, et deux accusés sont condamnés à mort. Sauf que voilà, un seul d’entre eux a commis l’acte, mais la sentence est commune. Bien que le coupable ait reconnu la responsabilité des faits, l’innocent ne sauvera pas sa tête. Nous sommes en 1972. Quelques mois plus tard, le président Pompidou ayant refusé la grâce, l’avocat Robert Badinter voit son client Roger Bontems guillotiné. L’abolition de la peine de mort deviendra le combat de sa vie.

                    Marie Bardiaux-Vaïente est historienne. Elle a signé une thèse sur l’abolition de la peine de mort dans les six pays fondateurs de l’Union Européenne. Elle raconte à présent en bande dessinée les tenants et les aboutissants de la carrière de l’avocat Robert Badinter qui deviendra en 1981 Garde des Sceaux dans le gouvernement de Pierre Mauroy sous François Mitterrand.

    © Bardiaux-Vaïente, Kerfriden – Glénat

                    La scénariste a évité tous les pièges dans lesquels tombent fréquemment ce genre de récits historiques. Ni pompeux, ni verbeux, ce récit de l’abolition décrit des faits, rien que des faits, de manière objective. On passe d’une séquence à une autre de manière abrupte mais efficace.

                    Robert Badinter, en différenciant la justice de la peine de mort, a prouvé aux français qu’il était temps de changer de mentalités. Son père n’est jamais rentré de camp de concentration, mais jamais il n’aurait souhaité un tel sort à son bourreau. S’il faut sauver des monstres, il le fera. « La France a peur. » annonçait froidement Roger Gicquel en ouverture du journal de 20 h de TF1 le 18 février 1976 au lendemain de l’arrestation de l’assassin d’enfant Patrick Henry. Il en faudra de la conviction pour convaincre le peuple que la loi du Talion n’est pas une réponse justifiée. Elle est tout sauf une solution.

    © Bardiaux-Vaïente, Kerfriden – Glénat

                    De l’affaire Bontems aux mensonges de Patrick Henry, de l’accession au pouvoir de François Mitterrand au procès de Klaus Barbie, L’abolition balise toutes les étapes qui ont fait de Robert Badinter l’un des plus grands hommes politiques du XXème siècle. En faisant de la plaidoirie du procès de Patrick Henry un procès de la peine capitale, il a prouvé les revers d’une telle sanction dans une société qui se trompe dans ses sentences.

                    Malo Kerfriden réalise un travail de dessinateur exceptionnel faisant de cet album un livre indispensable. Dans des bichromies sombres et poignantes, Kerfriden met en scène avec autant de force les scènes d’actions que les joutes oratoires. Le chapitre sur Patrick Henry propose notamment un épisode complexe dans lequel la police essaye de reconstituer et de lui faire avouer son crime, avant la découverte du corps de sa victime. Le dessinateur met le lecteur en immersion. L’album est réédité à l’occasion de l’entrée de Robert Badinter au Panthéon. La couverture montre l’avocat en pleine plaidoirie. Le quatrième plat reprend l’image de l’éditions précédente sur laquelle l’ombre de Badinter est en forme de guillotine, comme pour mieux « guillotiner » la peine de mort.

    © Bardiaux-Vaïente, Kerfriden – Glénat

                    « L’abolition doit être pure, simple et définitive » prônait Victor Hugo devant l’Assemblée constituante le 15 septembre 1848. Il faudra attendre 131 ans pour que son discours soit entendu. Grâce à un homme comme Robert Badinter qui a fait de cet Etat un pays civilisé en faisant voter l’abolition de la peine de mort, la France n’a plus à avoir peur de se regarder en face.


    One shot : L’abolition, le combat de Robert Badinter

    Genre : Histoire

    Scénario : Marie Bardiaux-Vaïente

    Dessins & Couleurs : Malo Kerfriden

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344072073

    Nombre de pages : 144

    Prix : 23 €


  • Historix Les coulisses de l’Histoire de France
    par Laurent Lafourcade

    Débattre de l’Histoire

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    « -Mesdames, messieurs. Bienvenue au théâtre de l’Histoire ! Merci de bien vouloir éteindre vos portables… et de ne pas oublier l’ouvreuse.

    -Bonjour. Je m’appelle Ernest Lavisse et je suis votre instituteur national… »

                    Ernest Lavisse est un historien français né en 1842 et mort en 1922. Auteur de manuels scolaires, directeur de l’Ecole Normale, secrétaire du Ministre de l’Instruction Publique Victor Duruy, il a accompagné la formation de générations d’enseignants dont les fameux instituteurs que l’on appelait les hussards noirs de la République. A travers vingt-deux chapitres racontant chacun une époque, c’est lui qui va nous guider tout au long de ce livre, du temps des gaulois jusqu’à aujourd’hui, sous la plume de Jean-Yves Le Naour et le crayon de Marko qui vont commenter leur livre en direct comme une mise en abime. Avec eux, le maître d’école survole les siècles avec humour en déboulonnant quelques idées reçues.

    © Le Naour, Marko – Dunod Graphic

                    La leçon ne sera pas toujours aisée à enseigner pour Ernest Lavisse. Les auteurs lui collent une contradictrice en la personne d’une enseignante contemporaine qui va mettre en exergue les échos du passé dans le présent. Si Lavisse commence son histoire au temps des gaulois et non pas des francs, c’est parce qu’il y a une raison. On vous la laisse découvrir dans le livre. On va voir comment l’image faussée de nos ancêtres est utilisée par les politiciens actuels. Avec les invasions barbares, on s’intéresse à Clovis et on verra pourquoi et comment son image a été reléguée au second plan par rapport à celle de Vercingétorix, tout comme les rois carolingiens inspirent beaucoup plus de références que les rois mérovingiens. Au fil des chapitres, on découvre comment la classe politique s’est saisie des moments qu’elle a voulu de l’Histoire. On pense entre autres au Front National qui s’est accaparé l’image de Jeanne d’Arc.

    © Le Naour, Marko – Dunod Graphic

                    Chaque chapitre s’ouvre par une frise historique qui replace les événements auxquels on va assister les uns après les autres. Ernest Lavisse donne ensuite son cours comme sur la scène d’un théâtre, ou plutôt l’estrade d’une salle de classe, avant d’être interrompu, voire recadré par l’enseignante d’aujourd’hui. Jean-Yves Le Naour s’attache aux dialogues, très importants. Chaque mot a son poids lorsqu’on parle d’Histoire. Marko s’intéresse aux personnages et utilise le moins de décor possible. La culture du lecteur fait le reste pour qu’il ne manque rien. On ne va pas retracer ici les époques une par une. On remarque que la problématique des relations franco-allemandes est récurrente au milieu du reste. Après avoir tout lu, au final, on se rend compte que l’on ne tient pas dans les mains un livre sur l’Histoire, mais bel et bien le contenu d’un débat sur l’Histoire.

    © Le Naour, Marko – Dunod Graphic

                    On ne l’avait pas forcément vu venir mais Historix est à lire en réseau avec deux autres ouvrages des mêmes auteurs : A bâbord toute et A tribord toute, histoires respectives de la gauche et de la droite en BD, chez le même éditeur. Au fond, l’Histoire est une question de politique et la politique le lui rend bien en faisant tout un tas d’histoires. Historix, les coulisses de l’histoire de France instruit et vulgarise dans un album pédagogique d’une fluidité exemplaire.


    One shot : Historix Les coulisses de l’Histoire de France

    Genre : Histoire

    Scénario : Jean-Yves Le Naour

    Dessins & Couleurs : Marko

    Éditeur : Dunod Graphic

    ISBN : 9782100873623

    Nombre de pages : 224

    Prix : 22,90 € 


  • Deryn Du
    par Laurent Lafourcade

    Morts mystérieuses en bord de mer

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    « -Monsieur l’agent ! Monsieur l’agent, s’il vous plaît ! La nuit du défenestré, j’ai vu une enfant dans la rue. Elle était seule, cela m’a paru étrange…

    -A cette heure-là, nos enfants sont couchés, jeune homme. »

    Dans un petit village de campagne galloise en bord de mer, l’été commence bien. Une baleine est retrouvée échouée sur la plage, le corps lacéré et les entrailles à demi dévorées. Quelle créature a bien pu lui faire subir ce sort ? Le soir, un homme trouve une poupée devant sa porte. Sa femme lui demande de faire disparaître cette abomination. Il file jusqu’au port et la jette à la mer. Le lendemain, le couple est retrouvé mort dans leur lit, comme s’ils avaient été piétinés par des chevaux. Chose étrange et paradoxale, il n’y a aucune éclaboussure de sang sur les meubles et les rideaux. Les morts se succèdent. Mortimer a été retrouvé comme broyé par un kraken. Le charpentier semble avoir été empoisonné par mille araignées. Depuis quinze jours, le village est devenu un berceau de l’enfer. Pendant ce temps, dans un grenier, une petite fille récite des poèmes morbides au milieu de poupées de porcelaine.

    © Sorel – Dupuis

    L’enquête piétine. Les mises en scène macabres sont dignes du théâtre de Grand-Guignol. La police est sur les dents. Arrivera le jour où un coupable sera trouvé et pendu. Si les forces de l’ordre veulent rester cartésiennes, il semble pourtant bien que le surnaturel pointe le bout de son nez. C’est l’avis de Gwilym, venu de la ville et qui loge à l’auberge. Lecteur d’Arthur Machen, il aime se promener dans les près au-dessus des falaises. C’est là qu’il va rencontrer la jeune Deryn, étrange petite fille qui l’invite à prendre le thé. Elle considère son invité comme un passeur de fées. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Nous, lecteurs, savons que c’est l’occupante du grenier. Mais quelles sont ses intentions ? A-t-elle un rapport avec toutes ces morts ?

    © Sorel – Dupuis

    Avec Deryn Du, le but de Guillaume Sorel était de susciter la peur en bande dessinée, peut-être la sensation la plus complexe à retranscrire par ce média. C’était aussi le défi de Luc Brunschwig quand il a écrit L’esprit de Warren à la fin des années 90 avec Servain chez Delcourt. Chacun dans son genre, l’un comme l’autre a réussi son coup. Lorsque Gwilym s’endort avec son livre au pied d’un arbre, on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour Alice au pays des merveilles, au tout début de l’histoire de Lewis Carroll. La suite n’est pas à mettre entre les mains des disneyphiles. On quitte très rapidement Carroll pour faire un tour chez Lovecraft et Edgar Allan Poe. Deryn Du s’inspire de la littérature et du cinéma britannique fantastique. Sorel en a eu l’idée après avoir regardé le film Opération peur de Mario Bava. Le projet aura mis vingt ans à se concrétiser. Sorel installe des séquences de calme pour mieux surprendre. Un léger doute est fugace sur du rêve. Le surnaturel se concrétise.

    © Sorel – Dupuis

    Avec des coups de maître comme Deryn Du, la collection Aire Libre justifie sa raison d’être. Le scénariste maîtrise, le dessinateur crédibilise. Guillaume Sorel en a parcouru du chemin depuis Le fils du grimacier et L’île des morts. Il est de retour au sommet de son art. En postface, il annonce à présent se diriger vers d’autres pistes. On verra ce qu’il va explorer. On ne peut que le saluer d’essayer de nous surprendre encore, mais on sait ce qu’il sait faire de mieux. Deryn Du en est la preuve.


    One shot : Deryn Du

    Genre : Horreur

    Scénario, Dessins & Couleurs : Guillaume Sorel

    Éditeur : Dupuis

    Collection : Aire Libre

    ISBN : 9791034767557

    Nombre de pages : 136

    Prix : 25 €


  • Goossens – Anthologie de 1977 à 1990
    par Laurent Lafourcade

    Du Fluide majuscule

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    « -Commandant Ledgard, l’ennemi est à nos portes et la situation est critique. Aussi le haut commandement a-t-il décidé, au vu de vos exploits, de vous confier une mission : la mission de la dernière chance. Pour sauver le monde, il vous faudra décoller à 12h exactes, déjouer la chasse ennemie qui nous encercle, sauter en parachute en territoire ennemi, vous procurer par n’importe quel moyen des explosifs, puis enfin atteindre votre cible : l’usine de traitement d’eau lourde, qu’il vous faudra saboter. Bonne chance.

    -Impossible, mon colonel.

    -Impossible ? Comment ça ?

    -Si je bougeais, mon colonel, je détruirais instantanément les beaux plis que font mes manches. »

                    Février 1977. Le messie revient dans Fluide glacial sous la plume de Daniel Goossens qui, lui, y débarque pour la première fois. Jésus passe un entretien d’embauche à l’hôtel de la gare. Plus tard, il sera le héros du premier album de l’auteur dans la maison d’édition de Marcel Gotlib. Ce sera le premier d’une longue série. Depuis, entre personnages éphémères et héros récurrents, Daniel Goossens n’a jamais quitté les pages de Fluide. Entre récits complets et couvertures, cette anthologie propose un survol de son œuvre de ses débuts en 1977 jusqu’en 1990.

    © Goossens – Fluide glacial

                    Les grands anciens présentent leur science mystérieuse, de la lumière des ténèbres au caca dans le pot. L’horreur est au rendez-vous avec les vampires de la grotte et les sortilèges du Comte Karlgraf, chauds, très chauds. Il y a de l’absurde dans les histoires de Goossens. L’auteur met très souvent ses acteurs en décalage. Les habitants de l’immeuble du guardian sont là pour le rappeler, ou plutôt Goossens est là pour le leur rappeler. Le petit Poucet étant décédé, c’est dans une rétrospective qu’on va le retrouver. Le Père Noël, lui, est bien vivant. Il prend un gorgeon au bar avant de reprendre sa tournée. Le cinéma avec Clark Gable, la musique avec les Beatles, la littérature avec San Antonio, Goossens tord et distord toute forme de culture.

    © Goossens – Fluide glacial

                    Des couvertures d’albums et de magazines s’intercalent entre les histoires. L’enfer de la drogue, les plus grands héros peuvent y sombrer. C’est le cas de ce type avec une houppette qui se pique en couverture du Fluide n°21, scène qui fera bien sourire Hergé en personne. Si Goossens est un auteur si reconnu aujourd’hui, c’est aussi grâce à sa maîtrise de l’anatomie et, par conséquent, des plis des vêtements. Il résume ses techniques dans quatre pages de traité d’anatomie artistique se terminant par des disgressions autour de l’homme de Vitruve.

                    L’album fait quelques incartades à Fluide comme avec les « oubliés du progrès » issus de (A suivre) ou les hérissons sortis des pages du Psikopat. On apprend aussi que d’autres éditeurs ont repris des histoires en albums comme les éditions Bédérama avec Ga ou L’Association avec Adieu mélancolie.

    © Goossens – Fluide glacial

                    Daniel Goossens est un auteur très souvent cité en référence par ses pairs, tout en restant quasi-inconnu des profanes. Avec une introduction de Boulet et les textes signés Nicoby et Olivier Monnaye pour une exposition à Quai des Bulles en 2024, cette anthologie est l’occasion de faire (re)découvrir la finesse de son humour et la précision de son trait.


    One shot : Goossens – Anthologie de 1977 à 1990

    Genre : Humour

    Scénario & Dessins : Daniel Goossens

    Éditeur : Fluide glacial

    ISBN : 9791038208872

    Nombre de pages : 112

    Prix : 19,90 €


  • Thorgal 43 – La vengeance de la déesse Skædhi
    par Laurent Lafourcade

    Réunion de famille

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    « -Par tous les démons infernaux ! Que s’est-il passé ici ?

    -Ces deux rôdeurs nous ont attaqués ! Ils ont tué notre chef et massacré six de nos compagnons !

    -Deux rôdeurs capables d’occire sept gaillards de votre trempe ? Voilà qui pourra intéresser Rolf !

    -Je suis Thorgal, père d’Aniel Aegirsson, jarl du castel de cette contrée !

    -Un pouilleux comme toi, le père de notre jarl ?! Ridicule ! Apprends que notre jarl ne se nomme pas Aegirsson, mais Aniel de Valnor ! »

    Thorgal tente de tirer Boréale d’un bien mauvais pas. Tombée dans un piège et capturée par des barbares, la compagne de Jolan était en train de s’évader quand son beau-père est intervenu. Manque de bol, le combat tourne court. L’arrivée de renforts ennemis stoppe la rixe. Thorgal et Boréale sont arrêtés. L’orphelin des étoiles a beau dire qu’il est le père d’Aniel, le jarl de la contrée, rien n’y fait. Ils sont jetés au cachot.

    Aniel, justement, est occupé à analyser avec un instrument grossissant l’épiderme d’une espèce de globe extrait d’un des yeux de la déesse Skædhi. La structure interne de l’entité prouve qu’elle est infiniment complexe. D’origine animale, végétale ou cristalline, nul ne le sait, les sphères incrustées dans les cristaux de la roche seraient vivantes. Pendant que des savants vont tenter de les extraire sans les abîmer, Thorgal n’a pas l’intention de croupir en geôle.

    © Vignaux, Yann, Georges – Le Lombard

    Il ne faut pas oublier que Boréale vient d’un autre monde et d’un autre temps. C’est une astrophysicienne spécialisée dans l’univers quantique. Elle cherche à en savoir plus sur Aniel, qui serait de sang Atlante et aurait hérité de dons prodigieux. Alors qu’il ignore que son père est prisonnier, le jeune homme aux yeux rouges est envoûté par les décoctions de Dame Pallas. La magicienne cherche à le convaincre de l’intégrer au phalanstère scientifique du castel. Pas sûr que les savants orientaux voient cela d’un bon œil (de Skædhi). Et, au fait, Kris de Valnor, est-elle toujours vivante ? Rassurez-vous, elle ne va pas tarder à montrer le bout de son nez.

    Après quelques épisodes plutôt indépendants, le fil rouge de la saga se renoue dans ce quarante-troisième album de la série-mère de Thorgal. C’était nécessaire afin de se démarquer de la série de one-shots Thorgal Saga qui auraient pu risquer de lui donner un petit coup de vieux. C’était sans compter sur Fred Vignaux et Yann qui veillent au grain.

    © Vignaux, Yann, Georges – Le Lombard

    Avec des thèmes contemporains comme les rapports entre science et religion, ainsi que le féminisme, Yann garde la série entre tradition et modernité. Est-ce cela qui n’a pas plu à l’éditeur ou aux ayants-droits ? Toujours est-il qu’au cours de la réalisation de cet album, le scénariste a appris que ce serait son dernier. Après tout ce qu’il a offert à l’univers dans le plus pur respect de son ADN, c’est regrettable. Qu’aurait-il fait de l’incroyable twist final qui ramène l’aventure dans quasiment son berceau ? On ne le saura jamais. A son successeur de s’en emparer. En tous cas, qu’on nous laisse encore longtemps Fred Vignaux qui est de plus en plus solide, réalisant encore une fois un sans faute et mettant en scène un final de haute volée. Un mot enfin sur le troisième auteur, celui qui fait le papier sans qui le cadeau ne serait jamais aussi beau, le coloriste Gaétan Georges. Quand est-ce que les éditeurs vont avoir tous le réflexe d’inscrire leurs noms sur la couverture des albums aux côtés du scénariste et du dessinateur ? Ça rappelle ces temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître où seul le dessinateur trônait parfois devant un scénariste effacé.

    © Vignaux, Yann, Georges – Le Lombard

    Alors que XIII piétine, pendant que Largo Winch se redécouvre, Thorgal avance. Hey, les teenagers, ce n’est pas parce que la série est née en 1977 qu’elle est réservée aux « vieux ». Lâchez vos écrans et venez lire ça. Vous ne le regretterez pas. Et pour aider les nouveaux venus à se repérer dans l’univers, l’excellent site http://www.thorgal.com est là.


    Série : Thorgal

    Tome : 43 – La vengeance de la déesse Skædhi

    Genre : Heroïc Fantasy

    Scénario : Yann 

    Dessins : Fred Vignaux

    D’après : Grzegorz Rosinski & Jean Van Hamme

    Couleurs : Gaëtan Georges

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808214865

    Nombre de pages : 48

    Prix : 13,95 €


  • Brigade Verhoeven 4 – Anne
    par Laurent Lafourcade

    Affaire personnelle

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    « -Bonjour, vous connaissez Anne Forestier ?

    -Oui.

    -Votre numéro était dans les favoris du téléphone de Madame Forestier, et c’est le dernier qu’elle a composé.

    -Il lui est arrivé quelque chose ?! »

                    Le téléphone sonne chez le commandant Camille Verhoeven. Sa compagne Anne Forestier a été agressée à l’occasion d’une attaque dans une bijouterie passage Monier, dans le onzième arrondissement de Paris. Elle est grièvement blessée et trop faible pour parler. Après la mort d’Irène, on s’en prend à sa nouvelle partenaire. Lors des obsèques d’Armand, signifiant aussi la mort de la brigade Verhoeven, Camille demande à sa nouvelle supérieure la commissaire Michard à être saisi de l’affaire. Il a un indic qui pourrait en savoir beaucoup. L’attaque ressemble à une série de braquages d’affilée qui ont eu lieu en janvier en l’espace de six heures. Mêmes méthodes violentes, même Mossberg à canon scié.

    © Corboz, Bertho, Bouët – Rue de Sèvres

    Après Rosie, Irène et Alex, Pascal Bertho termine l’adaptation des romans de Pierre Lemaître consacrés aux enquêtes de Camille Verhoeven, chauve, 1m45, avec la transposition de Sacrifices. Alors qu’on pensait que le petit policier avait été touché au plus profond de son âme avec la mort d’Irène, c’est toute sa reconstruction après le drame qui va être remise en cause. Il est impossible d’en raconter plus sans déflorer le suspens. Tout ce que l’on peut dire c’est que Bertho, via Lemaître, met en scène un coup de théâtre, inattendu sinon ça n’en serait pas un, qui rend le polar puissant. On sort des sentiers battus et rebattus, et des conventions des relations entre personnages.

    © Corboz, Bertho, Bouët – Rue de Sèvres

    Dans la catégorie des dessinateurs réalistes, Yannick Corboz a un trait qui n’appartient qu’à lui. Son graphisme est d’un dynamisme rare. Le mouvement des personnages est accentué par l’encrage jeté. Corboz joue tout sur les personnages qui prennent beaucoup de place dans les cases. On est ainsi en immersion avec eux. Les décors n’en sont pas négligés pour autant. Indissociable de la série, un troisième auteur est primordial dans l’adaptation, c’est Sébastien Bouët. Il ne fait pas les couleurs, il fait la mise en couleurs. Une fois n’est pas coutume, la nuance est ici significative. Bouët pose les ambiances scènes par scènes, avec ombres et lumières. Son nom aurait dû se retrouver en couverture aux côtés de Bertho et Corboz.

    © Corboz, Bertho, Bouët – Rue de Sèvres

    La brigade Verhoeven ferme ses bureaux dans une enquête qui va atteindre son principal protagoniste au premier plan. En puisant l’essentiel dans les romans de Pierre Lemaître, les auteurs ont su transposer l’esprit de la série des quatre romans. Un rebond ne serait pas impossible. Pourquoi ne pas imaginer de nouvelles intrigues originales pour la BD ?


    Série : Brigade Verhoeven

    Titre : 4 – Anne

    Genre : Polar

    Scénario : Pascal Bertho

    Adapté de : Pierre Lemaître

    Dessins : Yannick Corboz

    Couleurs : Sébastien Bouët

    Éditeur : Rue de Sèvres

    ISBN : 9782369812883

    Nombre de pages : 76

    Prix : 16 €


  • Seven
    par Laurent Lafourcade

    Juste une question de survie

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    « -Rappelle-moi ce qu’on fait si on tombe sur un nouveau village ?

    -Qu’est-ce que tu me dis, là ? Tu sais très bien ce qu’on doit faire. Si on tombe sur quelque chose de nouveau… on fuit ! Et on va vite chercher ta mère. Elle a déjà fouillé toutes les maisons voisines et n’a toujours rien trouvé ! »

    Au cœur d’une forêt touffue, Seven, une jeune chasseuse, tire une flèche sur un sanglier et son petit. Le marcassin est blessé, mais s’enfuit. Seven descend de l’arbre dans lequel elle était à l’affût et poursuit sa route dans la forêt. A l’orée de celle-ci, elle retrouve l’animal touché et découvre toute excitée un nouveau village. Elle souffle dans un sifflet d’urgence et son père accourt aussitôt. Il ne peut pas prendre sa fille en photo avec son trophée de chasse pour cause de chargeur cassé. Seven est dégoûtée. Il y a toute sa vie dans son smartphone. Si elle avait eu un carnet, elle n’aurait pas eu besoin de chargeur. Qu’elle ne s’inquiète pas ! Sa mère lui en trouvera bien un nouveau. Mais attention. Dans ce monde postapocalyptique, l’homme est un danger et il faut éviter d’en croiser.

    © Seven – Ung

    Le but de Seven et de sa famille est de survivre. Au fil de ses pérégrinations et de ses rencontres, elle va explorer ce qu’il reste de civilisation dans des villes détruites où la nature a repris ses droits, et en particulier Dinopedia Park. Plus qu’une aventure, l’odyssée de Seven est une chronique, un carnet de survie qui nous donne tout un tas d’astuces. Bref, pour les plus anciens, un manuel de Castors Juniors. On va ainsi apprendre à tirer à l’arc, soigner les coupures, rendre l’eau potable, voir si un aliment est comestible, fabriquer des collets, siphonner un réservoir d’essence, s’échapper d’une voiture et s’orienter dans l’espace et dans le temps.

    Graphiste et directeur artistique, fondateur du magazine Geek en 2009, Christian Ung se lance dans la bande dessinée et le projet Seven au moment du confinement. Le scénario en porte les stigmates. Conçu au départ pour intéresser ses filles à la survie, c’est tout un tas de lecteurs qui vont pouvoir en profiter. Certainement à cause, ou plutôt grâce au cursus de l’auteur, le livre sort graphiquement des sentiers battus : influences manga, dynamisme de l’animation, effets colorimétriques pour faire percuter certaines cases, effets photographiques, sans compter les incrustations didactiques.

    © Seven – Ung

    Pour tous les conseils de survie, Christian Ung s’est attaché les services de Denis Tribaudeau, un formateur d’aventuriers. Sur son site, il est défini ainsi : Fort de 30 ans de voyages et d’expériences dans les coins les plus improbables de la planète, il a effectué le tour de l’Europe à pied. Formé à l’école de la nature, il encadre depuis plus de 18 ans les stages de survie partout sur la planète. Il est capable de coacher les plus grands aventuriers comme les enfants. Plus de 10 000 personnes sont passées entre ses mains ! Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Avec son approche de la survie basée sur la compréhension de l’environnement pour mieux en faire partie, il partage ses astuces et tout son savoir pour survivre « dans la bonne humeur ». 

    © Seven – Ung

    Avec Seven, Christian Ung propose un OVNI d’une richesse technique incroyable mettant en garde tout en apprenant à dompter un monde qu’on ne voudrait pas habiter demain.


    One shot : Seven

    Genre : Aventure

    Scénario, Dessins & Couleurs : Christian Ung

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 97823440449884

    Nombre de pages : 104

    Prix : 20 €


  • Satanie
    par Laurent Lafourcade

    Jolies ténèbres

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    « -Si je m’attendais ! Qu’est-ce que vous faites ici, mon père ?

    -C’est à vous que je pose la question : qu’est-ce que vous foutez ici ? Vous êtes complètement con ou quoi ?

    -Mais… C’est que… On nous a dit d’attendre que…

    -Faites votre paquetage : vous ne restez pas une seconde de plus ici. Où est Monsieur Lavergne ?

    -Euh, tout au fond de cette galerie en fait… avec les autres…

    -Ben voyons. »

                    Dans un gouffre profond, l’Abbé Montsouris, un prêtre spéléologue, rejoint un groupe descendu depuis quelques jours. Ils sont à la recherche de Constantin, le frère de Charlotte, qu’on appelle Charlie, qui fait partie de l’expédition. Celui-ci a disparu lors d’une équipée précédente qu’accompagnait l’homme d’Eglise, visant à prouver concrètement l’existence de l’enfer. S’il est redescendu aujourd’hui, c’est pour convaincre la troupe de remonter. On annonce un orage d’ici quelques jours. Les explorateurs pourraient être surpris par la crue. Charlie a du caractère. Pas question de remonter tant qu’on n’a pas retrouvé son frère. Elle est persuadée qu’il est toujours vivant.

    © Vehlmann, Kerascoët – Soleil

                    Entre les rivières souterraines à explorer en canots pneumatiques et les boyaux à traverser en rampant, la petite troupe va avancer vers un monde qu’ils ne soupçonnaient pas. Avec deux ou trois jours de vivres réussiront-ils leur mission ? Le voyage sera jusqu’au bout de l’enfer ou ne sera pas. La dernière découverte concrète est celle de fresques pariétales dans une grotte préservée. Au moins aussi beau qu’à Lascaux.  Dernière étape avant la rencontre avec le peuple d’Ultima Thulé, avant que tout ne dégénère : la folie des uns, la survie des autres, dans une chaleur de plus en plus prégnante. La réalité va-t-elle rattraper la légende ? L’enfer, la satanie, mythe ou réalité ?

    © Vehlmann, Kerascoët – Soleil

                    Après l’intriguant coup de maître Jolies ténèbres en 2009 chez Dupuis, le duo Kerascoët et Fabien Vehlmann ont enchaîné avec Voyage en Satanie, premier tome d’un diptyque qui paraît en août 2011. Le second tome ne paraîtra jamais. Les lecteurs devront attendre 2016 pour lire la fin du récit dans une intégrale, titrée Satanie, dans la collection Métamorphose aux éditions Soleil. C’est celle-ci qui est rééditée cette année. Les auteurs convoquent Jules Verne et Tim Burton pour une quête souterraine aux sources, non pas de la vie, mais de la mort. C’est aussi pour Charlie, au-delà de la recherche de son frère, une quête de soi. Quand on avance dans la vie, à quel moment atteint-on un point de non-retour ? Si graphiquement les Kerascoët restent sages dans la première partie du récit, ils donnent libre cours à leur imagination dans la seconde moitié aux décorx hors du commun.

    © Vehlmann, Kerascoët – Soleil

                    Chronique des enfers, Satanie est un one shot étonnant, étrange, qui questionne aussi. A lire avec Volage signé Desberg et Sandoval paru chez Daniel Maghen en 2022, l’album signé Vehlmann/ Kerascoët ne vous laissera pas mourir dans le même état d’esprit qu’avant.


    One shot : Satanie

    Genre : Fantastique

    Scénario : Fabien Vehlmann

    Dessins & Couleurs : Kerascoët

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302106093

    Nombre de pages : 128

    Prix : 23,75 €


  • Nécromickey Le livre des destins maudits
    par Laurent Lafourcade

    Le diable s’habille en Foerster

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    « -Faut que j’aille au boulot moi aussi ! A une autre fois peut-être, Yogshototte !!

    -Oui, on s’appelle un de ces quatre, hein, promis !?!

    -Oui, oui, sans faute !!… C’est que j’ai pas que ça à faire, moi ! C’est que j’ai des destins à narrer, moi !… Et d’autres à tisser !!… Comme le sien ! Hu ! Hu ! Je lui en ai concocté un beau moi de destin !!… »

                    Nyalarpoupeth est un peu démiurge. La créature vient de sortir de son cocon, un petit garçon tout mignon qui marchait dans la rue avec une copine à lui. C’est l’anniversaire de ses dix ans. A cette occasion, il va narrer des histoires de vies, grâce au Nécromickey, le livre des destins maudits. Alors, prêts pour frissonner d’effroi dans douze chapitres racontant chacun comment le fantastique et le surnaturel sont rentrés à tout jamais dans le quotidien de gens qui n’en reviendront pas vivants ? Et pour une fois, ce n’est pas papa ou maman, ce n’est ni mamie ni tonton qui vont vous les lire. C’est Nyalarpoupeth en personne.

    © Foerster – Fluide glacial

                    La mer est devenue la nuit, la nuit est devenue la mer. Si la lune sort de l’eau, ce n’est pas très bon signe pour les pauvres baigneurs et les simples promeneurs. Une oreille suinte, c’est parce qu’elle cache une conque. Gare au kraken ! Un cauchemar récurrent peut cacher bien des raisons. Si solution il y a pour ne plus le faire, encore faudrait-il que le remède soit moins pire que la cause. C’est à croire que la famille Faramine porte en elle une malédiction. En effet, Anselme, Putiphon, Nosféran, plusieurs fois, Oscar, Horace, ainsi que le nain et son frère, vont tous connaître des issues tragiques. Les démons prennent possessions des corps. Les monstres pompent la chair des êtres humains. Le diable s’habille en Faramine.

    © Foerster – Fluide glacial

                    Mais quel plaisir de retrouver Philippe Foerster dans ce qu’il sait faire de mieux, des récits d’horreurs décalés à côté desquels Beetlejuice c’est un conte à lire en crèche. Pilier de Fluide glacial dans les années 80 et 90, l’auteur compile ici une série d’histoires courtes avec un fil rouge, celui du narrateur Nyalarpoupeth. Foerster s’inspire de Lovecraft et du Necromicon, ouvrage fictif dont on parle dans le mythe de Cthulhu. C’est le livre maudit par définition. Ne croyez pas que parce que Foerster l’a transformé en Nécromickey vous allez passer un bon moment de loisir avec une souris à grandes oreilles. Le narrateur lui-même pourrait se laisser prendre.

                    On loue toujours le Foerster scénariste, le raconteur d’histoires, de tragédies macabres. On ne parle pas assez du Foerster dessinateur, qui n’a jamais cédé à la couleur pour ce type de récits. Foerster manie le noir avec dextérité, dans des décors inquiétants et sur des trognes improbables.

    © Foerster – Fluide glacial

                     « N’est pas mort ce qui à jamais dort, et dans les ères peut mourir même la Mort » C’est soi-disant écrit dans le Necromicon. C’est confirmé dans les histoires de Foerster pour ce retour que l’on espère pérenne.


    One shot : Nécromickey Le livre des destins maudits

    Genre : Fantastique

    Scénario & Dessins : Philippe Foerster

    Éditeur : Fluide glacial

    ISBN : 9791038208117

    Nombre de pages : 96

    Prix : 19,90 €


  • Le joli monde de Finette 2 – N’aie pas peur du noir, Philibert !
    par Laurent Lafourcade

    La nuit, tous les chats sont froussards

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    « -Allez hop, un gâteau pour faire plaisir à Philibert ! Il est si courageux et tellement drôle… Avec lui, on ne s’ennuie jamais ! (…)

    -Philibert promet toujours de passer et, finalement, il n’a jamais le temps !

    -C’est un aventurier, tu sais… Il a tellement de trucs à faire ! Et même si c’est en coup de vent, ça me fera toujours plaisir de le voir ! »

    Philibert est un chat. C’est un aventurier de la forêt. Il franchit le ruisseau accroché à une branche de lierre, tout comme Tarzan avec ses lianes. Il joue, s’amuse sans prendre garde du temps qui passe. Pendant ce temps, Finette et Chifoumi préparent des gourmandises pour faire plaisir aux copains. La petite fille improvise une recette de gâteau. C’est sa botte secrète. Philibert a promis de passer mais il n’a jamais le temps. Les souriceaux Félicie et Sidonie débarquent, puis la grenouille Bertille, ainsi que Tom le chien. Bien bien plus tard, le félin toque à la porte. Autour du goûter, le bavard raconte ses exploits aux copains, avant que chacun ne rentre chez soi. Ayant un peu tardé, Philibert est surpris par l’orage. A contre cœur, il reste dormir chez Finette. Mais pourquoi n’est-il pas content de rester ?

    © Nesme, Berkane – Oxymore

    C’est au moment de se coucher que Finette va comprendre la problématique. Philibert, l’aventurier de la forêt, symbole de vaillance et de courage, lui demande de laisser une lumière allumée et la porte entrouverte. Le chat a peur du noir. C’est donc pour ça qu’il ne venait pas aux soirées pyjama. C’est plus fort que lui. Il n’y arrive pas. Après l’histoire du soir, il va quand même bien falloir se coucher. Les terreurs de Philibert vont empêcher la nuit d’être calme. C’est quand Chifoumi va vérifier qu’il n’y a aucun monstre dans le placard et rien sous le canapé qu’il va éternuer et se transformer en Chichifoumi. Le grand lapin résoudra-t-il les phobies du trouillard ?

    © Nesme, Berkane – Oxymore

    Nadia Berkane et Alexis Nesme signent la BD la plus Kawaï du moment. Après Bébé Koala, série d’albums illustrés pour les tous petits, Le joli monde de Finette est une collection idéale pour appréhender la bande dessinée avec ses parents. On les lit ensemble. On se replongera tous seuls dedans dès qu’on saura lire tout seul.

    Pour les vieux qui ont été biberonnés aux marionnettes de Jim Henson, sachez que Finette et ses amis auraient pu faire partie des marionnettes de Sésame Street. Ils ont le même état d’esprit et procurent la même émotion doudou. Si le joli monde de Finette était un jour adapté à la télévision, il faudrait que ce ne soit pas en numérique, bien que le graphisme s’y prête, mais avec des marionnettes. Ce serait tellement plus puissant.

    © Nesme, Berkane – Oxymore

    Le joli monde de Finette est un émerveillement grâce à qui les enfants le resteront et les adultes le redeviendront. Quand la BD jeunesse ne se moque pas des mômes en leur donnant des albums de la même qualité que ceux pour adulte, ça donne ça.


    Série : Le joli monde de Finette

    Tome : 2 – N’aie pas peur du noir, Philibert !

    Genre : Kawaï

    Scénario : Nadia Berkane

    Dessins & Couleurs : Alexis Nesme

    Éditeur : Oxymore

    Collection : P’tite Luciole

    ISBN : 9782385611224

    Nombre de pages : 32

    Prix : 14,95 €


  • Léo Loden 30 – Bubonic et vieilles dentelles
    par Laurent Lafourcade

    Marseille 1720

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    « -Je m’appelle Bernard de Gonzague de Legout… Je fais du négoce avec les Antilles où j’ai rencontré Emma… Emma, la plus belle femme du monde. L’amour de ma vie. Il y a trois jours, elle a succombé à cette fièvre orientale dont tout le monde parle.

    -Vous voulez que j’arrête son médecin ?

    -Non ! Je veux que vous trouviez d’où vient cette maladie et qui l’a fait entrer dans Marseille. Ils paieront cher, très très cher ! »

    1720, sous la régence, Marseille compte 100.000 habitants. Le port n’est pas encore vieux et une petite chapelle est le lieu de culte, bien avant Notre-Dame-de-la-Garde. Léo Loden est un commissaire de quartier, dont l’oncle Tonton Loco est un marin. Marlène est un sergent de police. On les connaissait avec 300 ans de plus. Comme des acteurs que l’on retrouve dans divers films, après avoir été dans l’époque d’occupation romaine avec Massilia Aeterna, les voici dans le siècle des Lumières pour une enquête dans le plus pur style de celles qu’ils ont coutume de résoudre. Après un incipit angoissant dans lequel Léo et Tonton débarquent dans la ville incendiée, on remonte quelques jours auparavant pour découvrir ce qu’il s’est passé.

    © Carrère, Nicoloff, Cerise – Soleil

    Le commissaire de quartier Loden est convoqué Place des Moulins (qui deviendra Le panier). Bernard de Gonzague de Legout, un notable, lui prie d’enquêter sur le décès de sa femme. Elle est morte de la peste bubonique. L’homme souhaite savoir d’où vient cette maladie et qui l’a faite entrer dans Marseille. Pour le médecin de la défunte, elle est décédée d’une fièvre pestilentielle foudroyante, mais en aucun cas de la peste. Les décès s’accumulent. Les politiciens nient mais le peuple s’inquiète. Le chevalier Nicolas Roze, chef de la garnison militaire de Marseille, n’a pas l’intention de laisser mourir la ville. L’échevin ne peut le faire arrêter sans risquer l’insurrection. Au service de la ville, Loden parviendra-t-il à trouver l’origine de l’épidémie et empêcher sa prolifération ?

    © Carrère, Nicoloff, Cerise – Soleil

    C’est déjà le cinquième scénario solo de Loïc Nicoloff pour Léo Loden. Arleston peut-être fier de son successeur, qu’il a accompagné par la main pendant dix albums. Pour ce déjà tome 30, le scénariste joue la carte du transfert dans une autre époque. Le comble, c’est que cela semble tellement naturel pour nous lecteurs qu’on ne se pose même pas de question. C’est d’un naturel déconcertant. Fidèle aux titres jeux de mot, celui-ci, Bubonic et vieilles dentelles, est un clin d’œil au film Arsenic et vieilles dentelles. A part qu’il y est question de cadavres, c’est le seul point commun entre les deux histoires.

    Serge Carrère s’est énormément documenté pour crédibiliser Marseille d’antan. Le dessinateur offre plusieurs très belles vues en demi-planches, que ce soit en ville ou dans les paysages alentours. Carrère est l’un des derniers porte-crayons de la BD franco-belge classique, celle qui a posé les bases de cet art, celle qui est si forte et si salvatrice, et trop souvent injustement délaissée par certains lecteurs qui ont pourtant été élevés avec.

    © Carrère, Nicoloff, Cerise – Soleil

    En introduisant quelques enquêtes des temps jadis avec des récits contemporains, les auteurs tiennent là un procédé quasi inépuisable. Comme quoi, on peut faire du neuf avec de vieilles dentelles.


    Série : Léo Loden

    Tome : 30 – Bubonic et vieilles dentelles

    Genre : Policier/Humour

    Scénario : Loïc Nicoloff

    Dessins : Serge Carrère

    Couleurs : Cerise

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302091245

    Nombre de pages : 48

    Prix : 10,95 €


  • Astérix et la mer
    par Laurent Lafourcade

    Gauloiquatiques

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    « -Merci beaucoup de nous avoir menés en bateau.

    -Tiens ? Ça c’est drôle ce que tu viens de dire là, Astérix ! »

    Lorsqu’Uderzo et Goscinny ont commencé à réfléchir à la nouvelle série de bande dessinée qu’ils allaient lancer pour le premier numéro du journal Pilote, le scénariste a demandé à son dessinateur de placer le décor n’importe où il voulait, mais au bord de la mer. Uderzo a choisi la Bretagne. Astérix est une série tournée vers le monde, vers l’océan. Il était légitime de consacrer une étude à la mer dans l’une des plus mythiques séries de bande dessinée du monde. Une magnifique carte montre les trajets effectués en mer par Astérix et Obélix. Bateaux, voiles, ports, pêcheurs, marins, pirates,… Bienvenue pour un voyage dans la mer de l’Antiquité.

    © Ouest France
    Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2025 Hachette Livre / Goscinny-Uderzo

    Après un préambule, trois grands chapitres composent le recueil. Le premier est consacré aux peuples de la mer. Les gaulois (et leurs lecteurs) vont croiser des phéniciens, dont le plus célèbre vient de Tyr et s’appelle Epidemaïs. Il revient, d’ailleurs, dans Astérix en Lusitanie, avec ses bijoux, tissus, meubles et autres breloques. Les vikings, peuple du nord, voyagent en drakkars. On apprend à l’occasion de cet ouvrage que le mot drakkar est français. Il a été inventé au XIXème siècle sur une base de vieux langage scandinave et dérive d’un mot signifiant dragon. Avec un architecte et archéologue, on découvre comment étaient conçus les ports dans l’Antiquité grâce à la géomorphologie. Question technique, on apprend que les rames étaient bien plus efficaces que les voiles de l’époque. Interlude gastronomique : les gaulois et les romains cuisinaient de diverses manières les poissons.

    © Ouest France
    Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2025 Hachette Livre / Goscinny-Uderzo

    La vie au large. Les aventures d’Astérix et Obélix les ont souvent emmenés loin des côtes. Les pirates savent de quoi l’on parle. César aussi. L’empereur, le vrai, a raconté dans ses mémoires la fois où il a été enlevé et retenu en otage par des forbans des mers. Astérix a de nombreuses fois navigué en Méditerranée, et a aussi effectué la grande traversée de l’Atlantique. Mers et océans sont des cimetières d’épaves pour le plaisir des archéologues. Dans ses dessins, Uderzo s’est beaucoup amusé avec les figures de proue, de la plus réaliste à la plus fantaisiste, pendant que Goscinny se régalait avec les citations latines des pages roses du Petit Larousse illustré. « O tempora ! O mores ! » Historiquement, on apprend, presqu’avec déception, que les tambours scandant les coups de rames n’existaient pas sur les galères romaines.

    © Ouest France
    Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2025 Hachette Livre / Goscinny-Uderzo

    Le dernier grand chapitre est consacré aux grands voyages antiques. Il va y être question de routes commerciales, de taxation, mais aussi de plaisirs de la table grâce aux saveurs du monde, avec entre autres la livèche, plante qui permettait d’assaisonner les plats. Une recette de sauce à la romaine nous invite à découvrir les saveurs d’antan. Voyages antiques célèbres et marins de l’époque précèdent la question finale : scandinaves et romains se sont-ils oui ou non rencontrés ?

    On pourrait penser à l’opportunité commerciale. Loin de là, Astérix et la mer est une pépite d’informations historiques en liens très étroits avec l’univers du gaulois. C’est fluide et ça va directement à l’essentiel. Une bonne surprise.


    Titre : Astérix et la mer

    Genre : Ouvrage d’étude

    Coordonné par : Bertrand Bonenfant

    D’après : Uderzo & Goscinny

    Éditeur : Ouest France

    ISBN : 9782737392283

    Nombre de pages : 96

    Prix : 12,90 €


  • Grott & Brott 2 – Cosmic troupiers
    par Laurent Lafourcade

    Space supérette

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    « -Grott ? Nous sommes ouverts depuis six heures et je n’ai pas vu un seul client…

    -Brott ?

    -Oui, Grott ?

    -Je ne suis pas fâché, Brott, mais tu as encore oublié d’éteindre l’antigravitron ! »

    Ils sont deux, plutôt crétins mais pas terriens. Ce sont Grott et Brott. Les deux malfrats intergalactiques en cavale ont trouvé refuge sur Terre où, pour échapper à la police Kroutonienne, ils tiennent une supérette. Au fil des gags, tentant à la fois de s’intégrer à la population humaine et d’échapper à leurs poursuivants, le duo fait son job. Shop’in jour et nuit est ouvert sans interruption. Le client est roi mais les vendeurs sont les papes du quartier, n’en déplaise au patron du magasin d’en face. Si ce dernier déploie des trésors d’ingéniosité pour attirer le chaland, il trouvera toujours plus fort en face.

    © Tanco, Janry, Gihef, Cerise – Kamiti

    Les mercenaires canins sont aux trousses de Grott et Brott. Les chasseurs de prime sakapussiens ont retrouvé leurs traces. Mais il faut dire que ces derniers ont mis leurs pattes gauches dans la crotte. Les clébards spatiaux ont une guigne sévère. A chaque fois, l’histoire se répète. A deux doigts de faire main basse sur le duo expatrié, ils font preuve d’une déveine pire que celle de Vito. (Remember le mafioso du même Janry dans Spirou). Que ce soit à cause d’un laboratoire de vivisection médicale ou d’une mamie recueillant les pauvres bêtes abandonnées, ils ne vont jamais réussir leur mission. Quand, en plus, le naturel revient au galop -Va chercher la baballe !-, ils n’ont plus aucune chance de réussite.

    © Tanco, Janry, Gihef, Cerise – Kamiti

    On connaissait plus Morgann Tanco pour ses albums plus réalistes comme les Souvenirs d’enfance de Pagnol ou Monsieur Vadim. On savait qu’il avait fait un crochet par Fluide glacial avec Super Vilains. Le voici aux dessins d’une série de gags d’apparence classiques signés Gihef et Janry. Oui, oui, le Janry du grand et du Petit Spirou et de Passe-moi l’ciel. Editée chez Kamiti, la série de gags Grott et Brott est un brin plus adulte, mais allez, à part un ou deux gags, ça passe pour tout le monde. C’est vraiment très rigolo. Plus que Star Wars en tous cas… sauf pour les deux énergumènes eux-mêmes. Cet album est malheureusement le second et donc dernier de la série, qui n’a pas bénéficié de la visibilité qu’elle aurait dû avoir. On retrouvera bientôt Tanco avec une nouvelle série d’Heroïc-Fantasy chez Oxymore.

    © Tanco, Janry, Gihef, Cerise – Kamiti

    Décidément, entre Grott et Brott et Monsieur Sakamoto, les supérettes sont à la mode. Ce qui a de bien avec les deux zinzins de l’espace, c’est que c’est débile à souhait. De la grande BD d’humour qui passe malheureusement sous les radars.


    Série : Grott & Brott

    Tome : 2 – Cosmic troupiers

    Genre : Humour

    Scénario : Janry & Gihef

    Dessins : Morgann Tanco

    Couleurs : Cerise

    Éditeur : Kamiti

    ISBN : 9791097477424

    Nombre de pages : 48

    Prix : 12,90 €


  • On a perdu Titeuf
    par Laurent Lafourcade

    A vos yeux de lynx !

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    Etes-vous prêts à chercher Titeuf dans ses univers préférés ? Dans neuf endroits qu’il fréquente, le gamin à la mèche nous invite à dénicher tout un tas de personnages et d’indices aussi classiques que saugrenus.

                    Des indices à chercher, et ce n’est pas tout. Il y a aussi des énigmes à résoudre, des simples parfois, mais surtout des méga compliqués. Les pages de garde montrent tous les personnages principaux. Dans chaque image géante s’étalant sur une double page mieux imprimée que la réédition de L’affaire Tournesol, il va falloir chercher et trouver, avec des défis pour les vieux cerveaux de dinosaure comme la maîtresse, d’autres pour les yeux de lynx, et d’autres encore pour les ceintures noires de la vision détaillée dans tous les coins à fouiller. Après chaque énigme, une page réponse montre les solutions.

    © Buche, Zep – Glénat

                    Sobrement (!?) et simplement, l’aventure commence dans la chambre, avec des peluches et des figurines de dessins animés, des slips et de la bouffe alors qu’il ne devrait pas y en avoir dans cet endroit. Un fois prêt, c’est parti pour l’école, l’occasion de retrouver Hugo, Manu, Nadia et tous les autres. Rassurez-vous, on ne fera pas de maths. La page est l’occasion de faire un cross-over avec la série Dad. Ski, luge, surf des neiges : non, on n’est pas dans Franky Snow, mais il y aura du remonte-pentes aux sports d’hiver. Il faudra mieux se tenir au Musée. Tout regarder et ne rien toucher. C’est nul ! Bon, pendant la visite libre, il y a moins de surveillance… Il y a des squelettes plus vieux que la maîtresse.

    © Buche, Zep – Glénat

                    Il ne fallait qu’un bond pour transporter Titeuf et sa bande dans une ville préhistorique. Ils se prennent pour « Il était une fois l’homme » ou quoi ? Les défis deviennent jurassiques avec des yeux de T-Rex. Retour à l’époque contemporaine. Tout le monde est passé par le pédiluve avant d’entrer dans la piscine. C’est l’été, on s’amuse, on fait des pets dans l’eau. Le salon cosplay sera l’occasion de croiser tout un tas de personnages de mangas et de cinoche. On termine par deux soirées grosse détente : l’une à la fête foraine, l’autre à la colo.

    © Buche, Zep – Glénat

                    On a perdu Titeuf mais ça ne va pas durer ! Vous allez bien nous aider à le retrouver. C’est marrant, c’est chouette, c’est la garantie de bons moments que l’on peut faire seul ou en famille. Hey, les amis de Glénat, vous savez quoi ? Ces images, qu’est-ce que ce serait bien de pouvoir les retrouver en puzzles 1000 pièces. Titeuf, on n’est pas près de te lâcher le slip !


    One shot : On a perdu Titeuf

    Genre : Livre-jeu

    Dessins : Eric Buche & Zep

    Couleurs : Eric Buche, Anne-Lise Lambert, Nello

    Conception graphique et maquette : Judicaëlle Ménard

    Éditeur : Glénat

    Collection : Tchô !

    ISBN : 9782344068496

    Nombre de pages : 40

    Prix : 12 €


  • La BD de l’Avent
    par Laurent Lafourcade

    De nouvelles histoires à déballer chaque jour avant Noël

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    « -Vous restez ici bien sagement ! C’est mon dernier cadeau à livrer et après, à moi les 364 jours de vacances bien mérités ! Pff ! Elle est où, cette fichue cabane au fond des bois ? Grr ! Et mon GPS qui ne marche pas ! Y a pas de réseau dans ce trou paumé ! Mais je trouverai cette cabane ! Le Père Noël n’a qu’une parole… Je livre tous les cadeaux en temps et en heure ! »

                    Le Père Noël a garé son traîneau à l’orée d’une forêt. Il continue à pied pour livrer le dernier cadeau qu’il lui reste. Il y a juste un problème. La forêt est habitée par une créature à grands yeux, grandes oreilles et grandes dents. Faudrait pas que la bête prenne le livreur pour le petit chaperon rouge. Pas de risque, cette créature, ce n’est pas le loup. Qui plus est, elle l’a bouffé ! M’enfin, toujours est-il que le monstre poursuit le Père Noël qui, lui, va tout faire pour réussir sa mission : déposer le cadeau dans la cabane, au pied du sapin du petit Raphaël. Cette speedante histoire signée Tebo est la première des vingt-quatre qui composent cet album.

    © Avril – Le Lombard

    Après un premier album sorti l’année dernière, les éditions du Lombard proposent une toute nouvelle BD de l’Avent. Ne vous y trompez pas : même titre, même ton, mais l’album est bel et bien 100 % inédit. Tel un calendrier dont on ouvre une case chaque jour de décembre pour avoir un petit cadeau ou un délicieux chocolat, le lecteur va devoir détacher les pages prédécoupées pour découvrir chaque jour l’une des histoires en quatre planches servies par les meilleurs artistes du moment et de jeunes auteurs n’étant pas encore sur le devant de la scène. Sous une couverture de Carine Hinder et Jérôme Pelissier, un Père Noël ours lit en conte à trois oursons dont un est déjà endormi. Au dos, un renardeau et un oisillon postent leurs lettres. Ils ont certainement mérité les cadeaux dont ils rêvent. Nous aussi d’ailleurs, et le premier, c’est ce livre.

    © Domecq – Le Lombard

                    Entre émotion et tendresse, entre humour et émerveillement, les vingt-quatre histoires de quatre planches accompagneront une par une chacune des soirées de décembre jusqu’au jour J. Plutôt que de s’attarder sur les valeurs sûres (Parme, Dav, Kid Toussaint, Crisse, Dutto, Dalena, Feroumont, Chamblain,…), intéressons-nous un peu au hasard à quelques autres, nouvelles venues dans l’aventure. Alix Garin nous emmène dans l’étable d’une ferme où une vache se rêve renne. Mathilde Domecq raconte comment un vieille chamane prépare une décoction permettant de réussir la magie de la fête. Lou Lubie montre que ce n’est pas parce que c’est l’été en décembre à la Réunion que l’homme au traîneau ne va pas venir. Les diablotins de Marianne Alexandre espionnent avec jalousie les humains préparer les festivités et le Père Noël d’Adeline Avril en a marre de la couleur rouge.

    © Parme – Le Lombard

                    Comme l’année dernière, laissez-vous embarquer par la magie de Noël. Avant le 1er décembre, courez vous procurer cet album indispensable pour un décembre enchanté et un Noël avant Noël. Merveilleux.


    One shot : La BD de l’Avent

    Genre : Fantastique

    Scénario, Dessins & Couleurs : Marianne Alexandre, Adeline Avril, Marie Avril, BenBK, Tom Booth, Pierre Breton, Joris Chamblain, Marjorie Chamblain, Alexandre Cochez, Amparo Crespo Cardenete, Didier Crisse, Antonello Dalena, Dav, Carlotta Ditacaldo, Mathilde Domecq, Olivier Dutto, Benoît Feroumont, Alix Garin, Aurélie Guarino, Mateo Guerrero, Carine Hinder, Julie Koerner, Thomas Le Petit-Corps, Lou Lubie, Paolo Maddaleni, Irene Marchesini, Annette Marnat, Lucy Mazel, Noiry, Fabrice Parme, Jérôme Pélissier, Bastien Quignon, Mathieu Salvia, Tebo, Kid Toussaint, Valérie Vernay

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808215152

    Nombre de pages : 200

    Prix : 22,95 €


  • L’école d’aujourd’hui… d’hier… et d’avant-hier !
    par Laurent Lafourcade

    De mon temps…

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    « -Maîtresse, je suis plus connectée !

    -Moi non plus !

    -C’est normal. J’ai coupé le wifi à cause de l’orage.

    -Hum. Je crois que je vais écrire l’intitulé du problème sur le tableau. Tu as de la craie ?

    -Oui. Tu n’es pas allergique à la poussière de craie, j’espère ? De mon temps… »

                    Si le monde et la société évoluent d’années en années, il est une institution qui a connu pas mal de bouleversements, voire de chambardements depuis au moins un siècle. Cette institution, c’est l’école. A travers sept chapitres thématiques, Bruno Heitz compare l’école d’aujourd’hui à celle qu’il a connu et à celle que ses parents ont vécu.

                    On commence avec ce qui se fait traditionnellement en début d’année : la photo de classe. Si aujourd’hui le numérique permet à des enseignants de se débrouiller tout seuls pour la prendre, autorisation des parents signée évidemment, ça n’était pas le cas autrefois. Un photographe de la ville venait avec tout son barda pour prendre une photo argentique dans laquelle l’image se fixait sur des négatifs. Pour les grands-parents, c’était un événement. Il fallait poser sans bouger sinon c’était tout flou.

    © Heitz – Le Genévrier

                    Le tableau noir, puis vert, du siècle dernier a souvent laissé place à des TBI (tableaux blancs interactifs) pour projeter la leçon…quand ce n’est pas en panne. Ainsi, le Velleda et le stylet numérique ont mis les craies à la retraite. Avant, pour projeter, on utilisait un épicospe ou un appareil à diapo et il fallait fermer les volets pour y voir quelque chose. Et où sont passées ces bonnes vieilles cartes de France à œillets que l’on suspendait au tableau ?

                    Si aujourd’hui filles et garçons sont mélangés, même que certaines jouent au foot, ça n’a pas toujours été comme ça. Il y avait l’école des filles et l’école des garçons. Autant dire que pour conter fleurette, il fallait développer des stratégies plus complexes. Les garçons avaient droit à des cours de mécanique tandis que les filles apprenaient à coudre et à cuisiner. Ça apparaît tellement comme un cliché.

    © Heitz – Le Genévrier

                    Les méthodes de lecture ont évolué dans le fond et dans la forme. Chaque enseignant choisit sa méthode en restant dans le cadre des préconisations du guide orange du conseil scientifique de l’éducation nationale. La méthode syllabique a fait ses preuves. Les textes se sont modernisés. Papa ne fume plus la pipe. Côté matériel, les photocopies ont remplacé les ronéos et leurs polycopiés à l’alcool qui nous shootaient.

                    Les différents modes d’alimentation et les allergies modernes pourrissent la vie du personnel de cantine. Il n’y avait pas tant de chichis autrefois, quand on apprenait à goûter à tout et quand on découvrait le self-service. Bien avant encore, la cantinière s’occupait de tout, des courses jusqu’au nettoyage complet des locaux.

                    Après l’évolution des activités sportives, on termine avec la fête de fin d’année de l’école que personne n’avait peur d’appeler kermesse.

    © Heitz – Le Genévrier

                    Avec son graphisme universel qui parle à toutes les générations, Bruno Heitz signe l’un des plus beaux livres d’Histoire sur l’école. Un brin nostalgique mais avec la conscience qu’il faut évoluer avec la société, l’album démontre comment l’institution a été, est et sera toujours la base de la formation du citoyen, comment on y a appris, comment on apprend et comment on apprendra à vivre ensemble et… à apprendre.


    One shot : L’école d’aujourd’hui… d’hier… et d’avant-hier !

    Genre : Documentaire

    Scénario, Dessins & Couleurs : Bruno Heitz

    Éditeur : Le Genévrier

    Collection : Carte blanche

    Nombre de pages : 48

    Prix : 14 €


  • Iles 1 – Petite chose
    par Thierry Ligot & Axelle Coenen

    Les aventuriers des nuages-terres

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    Mêlant adroitement histoire de pirates dans un monde plutôt steampunk, saupoudré de teintes écologiques, après « Sixtine », le duo « Maupomé – Soleilhac » se lance dans cette nouvelle série d’aventures.

    A bord de la Mouette Bleue, voilier volant, chargé d’escorter et de protéger des récolteurs, Ienisseï, le second, veille au grain. Ces récolteurs ont pour mission de charger des batteries en pompant l’énergie électrique des nuages. Le capitaine de la Mouette, comme à chaque fois, couve au fond de sa cabine, laissant à son acolyte le soin de tenir la barre. Et il fait bien car sitôt après avoir observé au loin un croiseur de l’Amirauté, voilà que le récolteur est attaqué par un cyréen, sorte de gros monstre serpent rose sorti des nuages pour avaler le traînard. Ce dernier cherchait probablement à charger également des batteries de contrebande cachées dans ses soutes.

    © Maupomé – Soleilhac – Éditions de la Gouttière 2025

    Le combat est intense, bref et victorieux ! Toute la gloire reviendra naturellement au capitaine, sorti de sa torpeur par les soubresauts de l’affrontement. Seul Alban, le mousse, ne semble pas l’avoir apprécié … pendu à une amarre par-dessus bord ! Le retour au port sera l’occasion d’une belle fête à l’auberge pour le capitaine victorieux. Fuyant la capitale de l’Amirauté, Alie, une jeune ingénieure, cherche à tout prix à rencontrer Ienisseï. Sans le vouloir, elle va provoquer bien des remous et bouleversements aussi bien dans la vie de Ienisseï que de la petite ville portuaire.

    Trois mois plus tôt, dans la capitale, une décision scandaleuse a été prise. Le Premier Amiral Dero étant parti en expédition depuis un an sans laisser de trace, sa femme gère la « régence » et elle décide de réautoriser l’exploitation massive de l’éthérite. Ce minerai permet aux navires, et aux îles, de flotter au-dessus de la mer de nuages. Néanmoins une extraction trop importante entraînerait la chute de ses territoires lévitant !

    © Maupomé – Soleilhac – Éditions de la Gouttière 2025

    Qu’importe donc les risques écologiques ou autres, les intérêts financiers sont trop importants pour les principales familles pour faire perdurer ce gel ! Dès lors, Alie doit tout faire afin de sauver la situation. Elle sait que Ienisseï est en fait la fille du Premier Amiral Dero. Grâce à un carnet en sa possession, elle serait le seul être capable de retrouver son père ! Mais Ienisseï, désireuse de vivre sa vie, loin de l’agitation de la capitale, acceptera-t-elle cette quête ? Ses origines ne cacheraient-elles pas également quelques secrets ? Pourchassée par les agents de la Régente, une course contre la montre jusqu’aux confins des territoires de l’Amirauté s’engage … Une quête vers l’inconnu … aussi bien territorial que personnel, intime pour Ienisseï.

    © Maupomé – Soleilhac – Éditions de la Gouttière 2025

    Sur un scénario somme toute en apparence assez « classique », Frédéric Maupomé en profite pour y insérer des réflexions sur la surexploitation, le respect des ressources naturelles, des thèmes bien d’actualité aujourd’hui. Mais il ne faudrait pas pour autant taire l’aspect aventurier de ce récit. Exploration, découvertes de nouvelles îles, de nouveaux territoires avec ses inconnues ou ses dangers, chasses et traques à travers le ciel, … Tous les ingrédients y sont pour faire de cette nouvelle série une saga passionnante. Les péripéties, retournements de situation et surprises narratives en font une lecture prenante. Les personnages sont attachants. Que ce soit Alban, Alie, Ienisseï, voire le capitaine, chacun à ses atouts pour faire craquer le lecteur.

    Les thèmes abordés, outre ceux déjà cités, sont aussi intéressants : quête de ses origines, lien père-fille, espoirs de l’une par rapport à l’autre, … Cet album présente bien plus d’humanité et de réflexions qu’il n’y paraît aux premiers abords. Dès les premières pages, on est absorbé par cet univers et entraîné dans le feu de l’action. Ceci est également dû au grand soin apporté au dessin par Aude Soleilhac. Que ce soient les décors, les vaisseaux, les morphologies des protagonistes, leurs expressions faciales, leurs attitudes comme leurs gestes, les ambiances variées, la faune somptueuse, nous pourrions aisément nous revoir dans certains albums de « Valérian », série mythique des regrettés Christin et Mezières.

    © Maupomé – Soleilhac – Éditions de la Gouttière 2025

    Pour la petite histoire, c’est Aude Soleilhac qui a imaginé l’univers de ce qu’elle désirait dessiner. Ensuite, avec ses croquis et dessins, Frédéric Maupomé les a placés dans un scénario. Scénario fait donc sur mesure pour la dessinatrice en fonction de ses propres envies ! Le résultat est bluffant et l’histoire captivante. Avec une grande question : finalement qu’y a-t-il sous ces nuages ?

    Un scénario bien charpenté, un graphisme et des couleurs soignés, tout pour plaire à un lectorat dès 10 ans, adultes compris, ce premier tome est palpitant à souhait, prometteur dans ses développements possibles, mêlant fantasy – question familiale et sociale, … sans oublier ici et là une touche d’humour bien récréative.


    Série : Îles

    Tome : 1 – Petite Chose

    Scénario : Frédéric Maupomé

    Dessin & couleurs : Aude Soleilhac

    Éditeur : Les Éditions de la Gouttière

    ISBN : 9782357961364

    Pages : 72

    Prix : 14,70 €


  • Périmée
    par Laurent Lafourcade

    Procréation confinée

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    « -Mais qu’est-ce que j’ai foutu pour merder à ce point… Où dans ma vie j’ai merdé pour en arriver là ? Quel échec… C’est fini… Je peux donc faire une croix avec mes propres gènes… Embryon mort-né avant même l’implantation, je suis périmée. »

    2020. Alors que le monde lutte contre un virus qui décime la population, à 46 ans, Juliette lutte contre son corps qui refuse obstinément qu’elle devienne maman. Tentant d’avoir un enfant par insémination avec un ami gay, elle a appris il y a quelques semaines que l’embryon prélevé n’est pas transférable. Il présentait des anomalies chromosomiques multiples. La FIV est annulée. L’embryon est mort-né avant même l’implantation. Une nouvelle tentative n’est pas envisageable. Il n’y a plus aucune possibilité avec ses ovocytes. Qu’a-t-elle fait pour mériter ça ? Juliette se sent périmée. Elle est sidérée, ne trouve plus de sens à sa vie. Pire, elle ne parvient même plus à pleurer. Qui voudra entamer une relation amoureuse sérieuse avec elle si elle ne peut pas tomber enceinte ?

    © Alessandra, Gandner – Des ronds dans l’O

    En marchant toute seule sur la plage déserte, Juliette revient sur sa vie, les choix qu’elle a fait au fil des ans. Pour autant, elle ne pense pas avoir loupé le coche. Tout ce qu’elle a fait, toutes les décisions qu’elle a prises, c’était ce qu’il fallait décider à ces moments-là. Ça fait deux ans qu’elle a entamé le protocole PMA. Comme une synchronicité, les podcasts sur lesquels elle tombe parlent de ce sujet. C’est un SMS de sa maman qui va lui faire enfin couler des larmes, un SMS anodin à propos de crêpes qu’elle ne pourra pas manger parce qu’elle est à Honfleur et ses parents à Paris, un immense message d’amour dans des mots du quotidien, comme pour dire « on est là ». C’est l’amour d’une maman pour sa fille, celui qu’elle ne pourra pas donner. Impossible. Juliette s’intéresse à l’épigénétique. Il reste peut-être une piste…

    © Alessandra, Gandner – Des ronds dans l’O

    Juliette est un personnage de fiction, mais Juliette existe. C’est simplement l’identité qu’a prise Céline Gandner pour raconter ce combat qui s’inspire de sa vie. L’autrice dévoile son intimité, ses ressentis, ses échecs, ses doutes, ses espoirs dont cet article sur l’influence in utero grâce auquel elle se trouve relégitimisée. Son parcours est un combat, on l’a dit, mais c’est aussi un voyage, un voyage au cœur de l’âme d’une femme dont la vocation, tout autant que l’objectif, est de devenir maman. Alors, pour raconter un voyage, qu’elle qu’en soit le type, quoi de mieux qu’un voyageur ? Le dessinateur aquarelliste vagabond, dans le sens noble du terme bien entendu, Joël Alessandra, était l’homme idéal. Tel Socrate, le maïeuticien a fait naître le témoignage de sa scénariste, avec délicatesse et émotion.

    © Alessandra, Gandner – Des ronds dans l’O

    Même si l’horloge biologique tourne, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Ne jamais baisser les bras et croire. Qu’elle sera l’issue pour Juliette-Céline ? L’intérêt n’est pas le résultat mais le cheminement. C’est ce que raconte ce bouleversant témoignage de vie.


    One shot : Périmée

    Genre : Reportage

    Scénario : Céline Gandner

    Dessins & Couleurs : Joël Alessandra

    Éditeur : Des ronds dans l’O

    ISBN : 9782374181660

    Nombre de pages : 104

    Prix : 24 €


  • Les sœurs Grémillet 8 – Le gardien de la forêt
    par Laurent Lafourcade

    Gare au Liéchi

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    « -Victor ! Tu n’as pas changé du tout !

    -A part une trentaine d’années en plus, un petit ventre et une cervicalgie ! Je suis déjà un vieux décrépit ! Toi, par contre, tu t’es multipliée par trois ! Voyons si je me souviens…. Sarah, la plus combattive ! Cassiopée, l’artiste de la famille…

    -Ecrivaine, merci !

    -Et la petite dernière, c’est Lucille, l’amie des animaux, c’est bien ça ? »

                    Alors que leur père est en partance pour Hawaï afin d’observer le ciel du Pacifique depuis un observatoire situé au pied d’un volcan, les sœurs Grémillet vont passer quelques jours d’automne avec leur mère Magda sur les lieux de l’enfance de cette dernière. Ses parents louaient une maison dans un village de campagne, en pleine forêt. Magda passait le plus clair de son temps chez un ami, Victor, qui habitait dans un bâtiment très spécial. Et pour cause, son père était cheminot. Il habitait dans la gare qui est aujourd’hui désaffectée. Trente ans plus tard, les deux amis se retrouvent et ils n’ont presque pas changé. Pendant que Magda va aider Victor à trier et ranger l’intérieur comme l’extérieur de sa vie restée en l’état depuis la mort de son père, les trois sœurs vont explorer la gare abandonnée et s’intéresser aux esprits de la forêt.

    © Di Gregorio, Barbucci – Dupuis

                    Il y a au moins un demi-siècle que personne n’a dû entrer dans la gare. Le bureau du chef est comme s’il l’avait quitté la veille. Seul un corbeau, que les sœurs pensaient au début empaillé, rend le lieu encore vivant. L’oiseau affolé volète dans des cris : Liéchi ! Liéchi ! Même Sarah ne parvient pas à le calmer. Derrière le bureau, une porte est cachée sous un épais rideau. Un train électrique est installé sur une imposante maquette de la région. Au mur, une fresque représente un étrange personnage à tête en crâne de cerf. On dirait un esprit de la nature. C’est le Liéchi. On dit qu’il est le gardien de la forêt et que les animaux lui obéissent. Couvert d’écorces et de mousse, il peut se camoufler aisément et même changer d’apparence. Tout cela, c’est Victor qui va l’apprendre au trio. Il peut être tout aussi bienveillant que terrible avec ceux qui ont de mauvaises intentions. Peut-être qu’il existe vraiment.

    © Di Gregorio, Barbucci – Dupuis

                    Enfant, Victor jouait avec son père au Liéchi malicieux, une sorte de chasse au trésor à l’envers dans laquelle il fallait remettre à leur place des objets, les uns après les autres, pour au final dénicher des bonbons. La légende disait que c’était le Liéchi qui organisait le jeu de piste. Le morceau de carrelage trouvé par Sarah au milieu de la maquette serait peut-être le début d’un jeu, une dernière piste laissée par l’homme de gare. Pendant que les adultes vont s’occuper de remettre de l’ordre dans la maison, voilà une nouvelle mission pour les sœurs Grémillet. Alessandro Barbucci et Giovanni Di Gregorio emmènent leurs lecteurs dans une ambiance automnale proposant autre chose que ce que l’on peut lire habituellement en période d’Halloween. Ils en gardent certains codes, comme la créature mystérieuse ou les lieux désaffectés, tout en y apportant leur touche qui caractérise la série. Barbucci s’est inspiré des décors des films Ghibli mêlés à une touche un peu creepy. La forêt est tout aussi inquiétante qu’accueillante. On y pénètre avec curiosité et une légère pointe de peur. Les auteurs inventent l’inquiétude rassurante. On sent même l’odeur des champignons des sous-bois.

    © Di Gregorio, Barbucci – Dupuis

                    Série inclassable, Les sœurs Grémillet vole sur la nostalgie heureuse tout en s’ouvrant vers l’époque actuelle. Aussi belle sur le fond que dans la forme, elle s’inscrit dans une bande dessinée tous publics qui invite à prendre le temps, à observer autour de soi, à titiller sa curiosité, à se déconnecter. Le feel good n’a jamais si bien porté son nom.


    Série : Les sœurs Grémillet

    Tome : 8 – Le gardien de la forêt

    Genre : Aventure émotion

    Scénario : Giovanni Di Gregorio & Alessandro Barbucci

    Dessins & Couleurs : Alessandro Barbucci

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808510462

    Nombre de pages : 72

    Prix : 15,50 €


  • One Piece 110 – Les remous d’une époque 
    par Laurent Lafourcade

    Végapunk, pour votre souvenir

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    « -Avez-vous fini de préparer vos escargophones ? Plus que 30 secondes, Stella. Quand je pense que ce message est diffusé dans le monde entier, ça me fait rougir.

    -Même mort, tu continues de vivre, c’est donc toi que j’ai devant les yeux, Végapunk ? »

    Après la mort du Docteur Végapunk, un message de celui-ci est retransmis à l’ensemble de la planète. Pour empêcher que sa diffusion ne reprenne, les doyens ont débarqué sur l’île d’Egg Head, donnant ainsi le coup d’envoi d’un chaos sans nom. Est-ce que ça permettra à Luffy et ses compagnons de s’échapper de l’île ? Toujours est-il que la vidéo de Végapunk redémarre par visioescargophones. Ce qu’il s’apprête à révéler est difficile à croire et risque même d’en faire rire certains. Il prévoit l’engloutissement du monde avec un séisme d’une violence inouïe. Entre cette sombre prédiction et ceux qui se tapent dessus sans interruption, on n’est pas sortis de la taverne !

    ONE PIECE © 1997 by Eiichiro Oda / SHUEISHA Inc.
    © 2025, éditions Glénat

    Plus on s’approche de ce qui semble être la fin de la série avec la découverte du One Piece, plus on a l’impression que l’on piétine. C’est certainement dû à la frustration car on ne s’ennuie pas une seconde dans cet épisode surréaliste où l’on écoute le message d’un défunt. On regrette la quasi-absence de Luffy dont on peut compter les apparitions sur les doigts, mais on se débat avec tous ceux qui se débattent pour leur survie pendant que le mort, bien bavard, déroule son discours interminable.

    ONE PIECE © 1997 by Eiichiro Oda / SHUEISHA Inc.
    © 2025, éditions Glénat

    On ne va pas se mentir, si les aficionados y trouveront leur compte, les potentiels nouveaux lecteurs auront bien du mal à constituer un puzzle pour comprendre l’univers, à moins qu’il ne recherchent de l’action, de l’action, de l’action. Parce que ça défouraille. Ah, ça, oui. Les planches d’Eiichiro Oda sont tellement minutieuses qu’on regrette qu’elles ne soient pas imprimées en plus grand pour pouvoir mieux profiter de tous les détails minutieux qu’il pose. Voilà le type même de mangas qui gagne à être acquis en version numérique afin de pouvoir zoomer sur les images.

    ONE PIECE © 1997 by Eiichiro Oda / SHUEISHA Inc.
    © 2025, éditions Glénat

    Si évidemment le manga se poursuit, 2026 verra arriver la saison 2 de l’excellente série live sur Netflix. L’affiche montre Luffy dans un territoire enneigé. On a hâte de la découvrir.


    Série : One Piece

    Tome : 110 – Les remous d’une époque

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario & Dessins : Eiichiro Oda

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344062814

    Nombre de pages : 192

    Prix : 7,20 €


  • Lucky Luke – Dakota 1880
    par Laurent Lafourcade

    Le réalisme d’un mythe

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    « -Je te reconnais, toi, tu es Baldwin, le gamin de Grandma Gumbo.

    -Oui, m’sieur Luke, c’est moi.

    -Tu vas où comme ça ?

    -En Californie.

    -Ok, monte fiston, je te prends avec moi. »

    On connaît tous la carrière du cow-boy qui tire plus vite que son ombre. On connaît sa petite enfance avec Kid Lucky. Entre les deux, le mystère demeurait. Avec une veine réaliste à classer à côté des albums de Matthieu Bonhomme, Brunö et Appollo explorent la jeunesse de Lucky Luke dans une série d’histoires courtes, au Dakota, en 1880. Lucky Luke escorte une diligence en tant que shotgun, vers la Californie.

     Dans Le maître d’école, en route, ils embarquent Louis Riel, un instituteur métis rejoignant le Canada pour les vacances scolaires. Un prof avec un flingue, Lucky aurait dû se méfier. Mais le voyageur avait une bonne raison de protéger ses arrières.

    © Brunö, Appollo – Dargaud

    Dans 40 acres et une mule, le jeune Baldwin sauve Luke d’un bien mauvais pas. Le garçon avait quitté la Nouvelle-Orléans avec sa grand-mère après la guerre afin d’obtenir les 40 acres et la mule promis par le genéral Sherman après des années d’esclavage. Un petit peu de chamanisme et Grangma Gumbo ramène le cow-boy à la vie. Quelques années plus tard, Baldwin embarque dans la diligence escortée par celui qu’il a sauvé.

    Plus vite que son ombre est presque une histoire de passation de relais, sauf que Lucky Luke n’est pas encore à l’heure où il doit passer la main. Il n’empêche que le cow-boy solitaire va trouver en la petite Annie Oakley, 13 ans, une digne émule.

    © Brunö, Appollo – Dargaud

    Querelle commence par un pugilat digne d’animaux sauvages. Lucky Luke recueille les deux ennemis dans la diligence qu’il escorte. Contre toute attente, c’est la chose la plus improbable qui soit qui va bouleverser les relations entre deux types que tout oppose. Ce récit est encadré par Averse et Brasier, deux histoires sur la condition féminine dans ces temps et ces lieux où la place des femmes était loin d’être évidente.

    Enfin, L’avenir montre comment l’avènement de la photographie a permis de garder des traces de la conquête de l’Ouest.

    La première aventure de Lucky Luke s’intitule Arizona 1880. Avec Dakota 1880, les auteurs racontent le Lucky Luke d’avant. C’est le jeune Baldwin qui racontera les exploits du cow-boy solitaire dans des romans populaires à la fin du XIXème siècle, contribuant à la légende de l’Ouest. Vu la date de l’action, Jolly Jumper, Rantanplan et les Dalton sont fatalement absents. Leur absence contribue au côté réaliste voulu par le ton.  Brunö et Appollo ont gardé le côté aventure mais écarte sciemment la face burlesque de la série. Comme Goscinny le faisait, ils injectent un pan historique avec ici l’histoire de la communauté afro-américaine aux Etats-Unis. Louis Riel a réellement existé. Côté dessin, Brunö ne fait pas de concession et garde son trait caractéristique qui fait sa patte, et c’est tant mieux. Le dessinateur apporte une vision contemplative à la Hugo Pratt. Il ne se prive pas de références cinématographiques comme avec le film La première balle tue, de Russell Rouse, en 1956, qui se passe à Cross Creek, comme l’une des histoires de l’album.

    © Brunö, Appollo – Dargaud

    Terminons sur deux séquences émotions. La première est celle par la page de titre : 7 histoires de Lucky Luke. La locution est un clin d’œil au titre éponyme d’un album paru en 1974 compilant sept courts récits signés Morris et Goscinny. La seconde est l’épilogue, deux planches sublimes et la complainte qui rappelle que, oui, c’est bel et bien le vrai Lucky Luke que nous avons suivi durant tout cet album. Un entretien avec Gustav Frankenbaum le confirme en postface.

    Après Jolly Jumper ne répond plus, par Bouzard, Lucky Luke se recycle, par Nawil, Choco-Boys, par Ralf König, Les indomptés, par Blutch, ainsi que les deux albums de Mathieu Bonhomme, Dakota 1880, par Brunö et Appollo, montre que Lucky Luke peut s’aborder et se lire sous toutes les facettes.


    Série : Lucky Luke

    Tome : Dakota 1880

    Genre : Western

    Scénario : Appollo

    Dessins: Brunö

    Couleurs : Laurence Croix

    D’après : Morris

    Éditeur : Dargaud

    ISBN : 9782884715072

    Nombre de pages : 64

    Prix : 16 €


  • Iznogoud 33 – Iznogoud et la sœur du calife 
    par Laurent Lafourcade

    La place est bonne

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    « -Il faut que je me rende à l’évidence, Dilat Larath, mon fidèle homme de main… J’ai tout essayé. Je n’y arriverai jamais ! L’heure est venue pour moi de jeter définitivement le gant !

    -Que ?!? Bien vrai, patron ? Vous… Vous renoncez ?!

    -Je renonce. Plus jamais tu ne m’entendras prononcer ces mots qui ont fait mon malheur…

    -JE VEUX ÊTRE CALIFE À LA PLACE DU CALIFE !!

    -Qui ose ?! « Je veux être calife à la place du calife », c’est mon texte ! Ma réplique ! »

                    Bagdad la somptueuse coule des jours aussi paisibles que les eaux du Tigre, le fleuve qui la traverse. Paisibles ? Pas tant que ça. Ça aurait pu vu qu’Iznogoud semble avoir renoncé à devenir calife à la place du calife. Mais quand quelqu’un a l’ambition de le devenir à sa place, ça va réveiller son courroux. Une femme énervée pénètre dans le palais. C’est Nourah El Poussah, la sœur aînée du calife Haroun. Ce dernier lui avait promis le siège avant qu’elle ne soit éloignée par un mariage de convenance. Aujourd’hui veuve, elle souhaite gouverner. Sera-ce la volonté d’Haroun et comment Iznogoud le prendrait-il ? Poussah-toi de là que je m’y mette est la première des cinq histoires traditionnelles en huit planches qui composent ce trente-troisième opus des tentatives de putsch du grand vizir.

    © Elric, Andrieu, Falzar, Zidrou, Lemoine, Baril – Imav

                    Dans Le Noël d’Iznogoud, de passage à Bagdad, le sultan Pullmankar fait le récit de ses plus belles découvertes aux soixante-et-onze enfants du calife. Il leur apprend que dans certains pays un génie barbu appelé Père Noël qui vit dans une cabane au pôle Nord apporte des cadeaux aux enfants. L’événement a lieu dans vingt-cinq jours. Voici l’occasion de fêter Noël au palais. Peut-être que si Iznogoud est gentil il deviendra calife à la place du calife.

                    Par le biais de la magie, les technologies modernes arrivent dans l’époque. Ainsi, la boutique Magie 2.0 a reçu des casques de réalité magique. Ils plongent leurs utilisateurs dans un univers imaginaire. L’article a énormément de succès mais a un très léger inconvénient : c’est si l’utilisateur ne veut plus sortir du monde qu’il découvre. Serait-ce un moyen pour envoyer le calife ailleurs et prendre sa place ?

    © Elric, Andrieu, Falzar, Zidrou, Lemoine, Baril – Imav

                    Pour que le calife s’endorme, Iznogoud lui lit l’histoire d’une licorne bleue. Si le conte est véridique, Iznogoud pourrait bien assouvir ses désirs. Avec son fidèle homme de main Dilat Laraht, il part à sa quête. Enfin, dans Le massage trop relaxant, le fourbe propose au Commandeur des croyants un soin spécial avec pétrissages miraculeux. Pétrira bien qui sera pétri le dernier !

                    De toutes les séries de René Goscinny, Iznogoud est incontestablement celle qui en a le mieux préservé l’héritage. Jean Tabary savait écrire des histoires aussi drôles que celles du maître. Après sa disparition et une légère période de flottement, il faut reconnaître que depuis trois albums le grand vizir est au meilleur de sa forme. S’il est à l’aise sur Spirou, Elric fait des merveilles sur Iznogoud. Au scénario, un pull de scénaristes se partage les histoires. Deux duos (Zidrou/Falzar et Lemoine/Baril) et un solo (Andrieu) ont tout compris du sens et de l’essence de la série. Les jeux de mot fusent dans des situations improbables et anachroniques. On connaît la fin de chaque histoire, débile à souhait, et on en redemande. Merveilleux comme un conte des mille et une nuit.

    © Elric, Andrieu, Falzar, Zidrou, Lemoine, Baril – Imav

                    Il veut être calife à la place du calife et on espère vivement qu’il n’y arrivera jamais, pour que, encore et encore, l’on mate ses échecs. Iznogoud est de retour pour une nouvelle salve de ratages monumentaux. Il ne faut absolument pas réduire Iznogoud à une série à Papa. C’est une madeleine pour les anciens, c’est à découvrir pour les plus jeunes, pour qu’ils se rendent compte comment on savait se marrer et comment on sait se marrer encore.


    Série : Iznogoud

    Tome : 33 – Iznogoud et la sœur du calife

    Genre : Humour

    Scénario : Olivier Andrieu, Falzar & Zidrou, Clément Lemoine & Mickaël Baril

    Dessins : Elric 

    D’après : Goscinny & Tabary

    Couleurs : Anya Amosova & Elric

    Éditeur : Imav

    ISBN : 9782365901734

    Nombre de pages : 48

    Prix : 12,95 €


  • Kaïju n°8 T.15
    par Laurent Lafourcade

    Inside ennemy

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    « -N°9…

    -Aaah… Quand tu es apparu devant moi, j’ai dabord cru à un simple hasard. Mais tout à l’heure, en percevant cette chose en toi, j’ai compris qu’il s’agissait en fait d’une fatalité de longue date…

    -Qu’est-ce sur tu racontes ?

    -Ce paysage ne te rappelle rien ? » 

    En plein combat contre le n°9, Kafka est envoyé avec son adversaire dans un monde parallèle. Il serait à l’intérieur de son ennemi. Le n°9 avoue son échec. Pour n°8, c’est du bluff. 9 est en train de se métamorphoser. Le phénomène est indépendant de sa volonté. La destruction de son noyau a rompu l’équilibre. Il va devenir un monstre sauvage dévastant tout aveuglément, comme s’il y avait une multitude de Kaïju à l’intérieur de lui. Il se mue en grand Kaïju de Meireki et frappe puissamment Kafka. Le noyau du n°8 est endommagé. Ses signes vitaux s’éteignent. Il va grandement avoir besoin d’aide.

    KAIJU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto All rights reserved
    © Matsumoto – Crunchyroll

    Le vice commandant Hoshina est le premier à arriver sur place. Seul, il ne parviendra pas à bout du monstre. Son meilleur ennemi d’unité débarque à son tour : le commandant Narumi vient lui prêter main forte. Sous l’œil de Mina Ashiro, le triel s’annonce sans merci. Le sang va couler. Parviendront-ils à bout du Kaïju n°9 et sauveront-ils le Kaïju n°8 de la mort ?

    KAIJU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto All rights reserved
    © Matsumoto – Crunchyroll

    Naoya Matsumoto parvient à capter l’attention du lecteur dans 190 planches presqu’exclusivement de combats. On est accroché au sort de Kafka. Le passage dans une dimension parallèle rappelle les belles heures de X-Or, quand le shérif de l’espace se retrouvait dans des situations similaires dans quasiment chaque épisode.

    Pour ce quinzième tome, saluons le joli travail éditorial de Crunchyroll. L’éditeur-plateforme propose une magnifique jaquette semi-transparente où les personnages se détachent en couleurs. En dessous, le livre montre une jolie couverture argentée représentant les mêmes protagonistes.

    KAIJU 8 GO © 2020 by Naoya Matsumoto All rights reserved
    © Matsumoto – Crunchyroll

    Kafka est un héros. Il ne peut pas mourir. M’enfin, on aimerait bien être rassurés quand même. Kaïju n°8 est un manga d’action et de combats de monstres haletant.


    Série : Kaïju n°8

    Tome : 15

    Genre : Shonen

    Scénario & Dessins : Naoya Matsumoto

    Éditeur : Crunchyroll

    ISBN : 9782820353481

    Nombre de pages : 192

    Prix : 7,20 €


  • Plus jamais je ne visiterai Auschwitz
    par Laurent Lafourcade

    Mémoire et trauma

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    « -Les onze personnes tuées à Pittsburgh font de cet événement le crime haineux le plus meurtrier jamais commis contre des juifs sur le sol américain. Le shérif du comté d’Allegheny va tenir une conférence de presse dans quelques instants…

    -Pourquoi c’est toujours à nous que ça arrive ? Peut-être qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez nous ? »

                    Etats-Unis, une fusillade dans une synagogue fait onze victimes. En voyant ça à la télévision, Jacob, rescapé de la Shoah, se demande pourquoi la communauté juive est une fois de plus victime. Y a-t-il quelque chose qui cloche ? A compter de ce jour, Ari Richter, son petit-fils, ne se sent plus en sécurité, comme si une menace était tapie dans l’ombre. Depuis des années, les juifs américains se sont intégrés, prospérant dans l’american way of life. A présent, l’antisémitisme semble être une obsession visant les privilèges et les gens d’influence. Richter glisse dans la dépression. L’artiste n’a plus d’inspiration. Il réalise que les manifestations d’antisémitisme dans le monde sont légions. En découvrant que ses deux grands-pères avaient beaucoup écrit sur leur histoire, eux, familles allemandes juives au XXème siècle, Ari Richter entre dans l’arbre généalogique de sa famille, au cœur des traumatismes physiques et psychologiques, au centre de l’holocauste et de ses conséquences.

    © Richter – Delcourt

                    Avec Ari, nous allons voyager dans le temps, sur les traces de ses aïeux qui témoignent de l’innommable, des horreurs qu’ils ont vécues. On connaît tous les camps de concentration et les tragédies qui s’y déroulaient. On connaît moins les jeux sadiques des nazis, tabassant les juifs à coups de massues cloutées et lâchant sur eux dans une cour fermée des chiens enragés. On entend les lamentations dans les baraquements et les exécutions des plaintifs. On apprend que certains prisonniers tombaient dans les fossés des latrines et mourraient suffoqués. Depuis petit, les grands-parents d’Ari l’ont préservé de ces traumatismes tout en lui racontant ce qu’ils avaient vécu. Avant de disparaître, papy Karl a enregistré des heures de témoignages. C’est dur, mais pour Ari, il est nécessaire de les écouter afin de ranger ces souvenirs dans un coin de son cerveau. Les anecdotes se multiplient. Le devoir de mémoire va amener Ari sur les lieux de l’enfer.

    © Richter – Delcourt

                    Plus jamais je ne visiterai Auschwitz est non seulement un témoignage historique mais est aussi un ouvrage de reconstruction. Il en a fallu du courage et de la chance aux ancêtres de Ari pour survivre à la déportation. Par miracle, Jack pu embarquer de Hollande jusqu’en Angleterre en juillet 1939, puis aux Etats-Unis, en 1940. Richter égraine le temps entre l’Amérique et l’Europe au fil de l’Histoire, jusqu’à remarquer la dégradation récente des liens entre passé et présent, constatant la vulnérabilité de son peuple. Dans un traitement graphique semi-réaliste hachuré, l’auteur propose une mise en garde basée sur des faits inadmissibles afin que l’Histoire ne se répète pas.

    © Richter – Delcourt

                    Plus jamais je ne visiterai Auschwitz est une histoire de familles, avec un « s ». L’œuvre, car plus qu’un album, c’est une œuvre, montre comment le traumatisme s’est incrusté dans la mémoire non seulement des acteurs de drame, mais aussi de leurs descendants qui l’ont reçu en héritage.


    One shot : Plus jamais je ne visiterai Auschwitz

    Genre : Histoire

    Scénario, Dessins & Couleurs : Ari Richter

    Éditeur : Delcourt

    Collection : Outsider

    Nombre de pages : 264

    Prix : 29,95 €


  • Les Tuniques Bleues 69 – Lincoln dans la ligne de mire
    par Laurent Lafourcade

    Peine de mort pour Blutch

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    « -J’ai tout vu ! Bien joué, Sergent ! Ce lâche individu est la honte du 22ème de cavalerie ! Il sera traduit en cour martiale !

    -Bah… Est-ce vraiment nécessaire, mon Capitaine ? Juste un moment d’égarement…

    -Qui lui vaudra le peloton d’exécution ! Désolé, mais le règlement, c’est le règlement ! »

                    Pour une fois que Stilman s’aventure sur un champ de bataille, le Caporal Blutch n’a pas de chance. Le haut gradé a vu le Sergent Chesterfield rappeler son subordonné à l’ordre alors qu’il tentait une énième fois de plus de déserter. Cela va lui valoir la punition suprême : la cour martiale. Attendu son insubordination, Blutch est condamné à la peine capitale. La sentence sera exécutée le lendemain à l’aube. Son supérieur va tout faire pour le sortir de ce mauvais pas, mais ce n’est pas de lui que viendra son salut. Dans la cellule à côté de la sienne, se trouve Isabella Boyd, condamnée à mort pour intelligence avec l’ennemi. Avec sa complicité, ils vont parvenir à s’évader dans la nuit.

    © Lambil, Neidhardt, Leonardo – Dupuis

                    Isabella Boyd a une dent contre les yankees depuis qu’ils ont brûlé et saccagé sa plantation familiale en Géorgie. Elle a juré sur les ruines de son foyer de consacrer le reste de son existence à se venger des nordistes. Elle a rallié un réseau secret piloté par la confédération et qui organise des attentats ciblés. Elle propose à Blutch de les rejoindre. A Baltimore, ses complices proposent de tester la loyauté de Blutch en lui confiant une mission : éliminer une cible nordiste qu’ils allaient lui désigner. Belle s’en porte garante. Depuis la chambre 212 du Rail Road Hotel, il va falloir abattre le général Scott, responsable yankee d’un blocus qui affame les confédérés.

    © Lambil, Neidhardt, Leonardo – Dupuis

                    Deuxième scénario de Fred Neidhardt et deuxième coup de maître. En mettant Blutch dans une situation inextricable, il repousse les limites atteintes par Raoul Cauvin dans le même genre de situation. Ce n’est pas que l’élève dépasse le maître, mais il se sert des expériences de son mentor comme rampe de lancement pour pousser le curseur plus loin. Isabella Boyd, dite Belle, a vraiment existé. C’est incroyable de trouver des anecdotes véridiques de la guerre de Sécession après 69 albums. Alors que Cauvin critiquait la guerre, Neidhardt raille la peine de mort. Au dessin, on pardonne au vétéran Willy Lambil les quelques fautes de proportions. Le tôlier reste maître de sa série. Il fait partie de ces auteurs comme Roger Leloup qui ne quiteront jamais leur table à dessin. Ce sont les Michel Drucker du Neuvième Art.

    © Lambil, Neidhardt, Leonardo – Dupuis

    Soixante-neuvième chevauchée et les bleus sont toujours aussi frais. Quand un classique a encore une telle force après tant d’années, c’est qu’il y a quelque chose de magique.


    Série : Les Tuniques Bleues

    Tome : 69 – Lincoln dans la ligne de mire

    Genre : Aventure/Histoire/Humour

    Scénario : Fred Neidhardt

    Dessins : WillyLambil

    Couleurs : Leonardo

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808507660

    Nombre de pages : 48

    Prix : 12,50 €


  • Astérix 41 – Astérix en Lusitanie
    par Laurent Lafourcade

    Qui veut empoisonner César ?

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    « -Mes amis ! C’est toujours un plaisir pour moi de revenir ici…

    -Un plaisir pour ta bourse, oui !

    -Je vous ai rapporté de la pourpre de Tyr, de la soie de Luoyang, de la myrrhe de Thèbes et spécialement pour vous, mesdames, le clou du spectacle qui va vous faire rêver… »

                    Ah, ça, il en a des choses Epidemaïs dans sa felouque. Tout le village est venu l’accueillir sur la plage pour voir ce qu’il a rapporté cette fois-ci. Il n’a pas fini d’énumérer le contenu de sa cargaison qu’un petit bonhomme débarque de son bateau. C’est Boulquiès, un lusitanien qui a profité du voyage pour demander de l’aide aux gaulois. Son visage n’était pas inconnu d’Astérix parce que l’ex-esclave a participé au chantier du « Domaine des Dieux ». Boulquiès sait que les villageois ont une potion magique qui fait des merveilles et sont aptes à lui venir en secours, ou plutôt au secours de Mavubès, l’un de ses bons amis. Ce dernier, producteur d’une sauce à base de poisson, est accusé d’avoir voulu empoisonner César. C’est une « aberraçao ». Il va être jeté aux lions. Abraracourcix ne va pas laisser faire une telle injustice. Il demande à Astérix et Obélix d’aller remettre les choses en ordre. Les voici donc partis en Lusitanie, avec pour mission de sauver Mavubès, et accessoirement de trouver qui a bien pu vouloir empoisonner l’Empereur à sa place.

    © Conrad, Fabcaro – Hachette
    Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2025 Hachette Livre / Goscinny-Uderzo

                    Après l’Hispanie, l’Helvétie, la Belgique et tout un tas d’autres pays, voici nos gaulois préférés en partance pour un endroit où ils n’ont jamais encore mis les pieds : la Lusitanie, autrement dit aujourd’hui le Portugal. Ça va être l’occasion pour les auteurs de recenser tout un tas de coutumes et de produits locaux. On va manger du bacalau (morue), on va tailler des pierres blanches destinées à paver, avec des pierres noires, les rues d’Olisipo, on va chanter du Fado, mais on ne va pas croiser d’ancêtre de Linda de Suza. On va même rencontrer, coutume très à la mode de nos jours, des gaulois en charavane venus passer quelques mois au soleil. On sait pertinemment qu’Astérix et Obélix vont réussir leur mission, mais, comme dans toute aventure, le chemin est plus intéressant que la conclusion.

    © Conrad, Fabcaro – Hachette
    Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2025 Hachette Livre / Goscinny-Uderzo

                    Deuxième épisode scénarisé par Fabcaro, Astérix en Lusitanie est d’un clacissisme assumé. Le scénariste est rentré dans les chaussons de Goscinny pour amener les personnages en voyage. Nul ne peut égaler le génie qu’était Goscinny, mais on peut dire que Fabcaro s’en sort très bien… à une exception près. La scène est fugace, un poil wokiste. Il aurait mieux valu se passer de faire intervenir les pirates. Le pirate Baba, qui ne ressemble d’ailleurs pas du tout à Baba, prononce les « R ». Autres temps, autres mœurs, comme le dit en latin le vieux pirate. Mais alors, pourquoi user de l’accent portugais tout au long de l’album ?

    © Conrad, Fabcaro – Hachette
    Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2025 Hachette Livre / Goscinny-Uderzo

                    Pourquoi, quand on chronique un album, on est plus exigeant avec les blockbusters comme Astérix, Lucky Luke ou Blake et Mortimer ? Peut-être parce qu’on sait que les repreneurs sont largement capables de produire un album impeccable. Il ne faut pas s’endormir sur ses lauriers (de César). Conrad fait le job. Attention au ventre d’Obélix qui a tendance à fluctuer d’une case à l’autre. C’est pour pinailler. M’enfin, déjà aux commandes d’Idéfix et les irréductibles, Philippe Fenech et Jean Bastide sont tout aussi capables que Conrad de prendre en main le dessin et le destin d’Astérix.

    © Conrad, Fabcaro – Hachette
    Astérix®-Obélix®-Idéfix® / © 2025 Hachette Livre / Goscinny-Uderzo

                    Il ne faut pas se mentir, Astérix en Lusitanie est un bon album de bande dessinée. Ce qui est juste dommage c’est qu’il y a des milliers de lecteurs qui ne vont lire qu’une BD dans l’année et que ce sera celle-ci, alors qu’il y a des tas d’autres choses à découvrir. A noter : la radio RTL a sorti La saga Astérix, un chouette podcast en quatre épisodes.



    Série : Astérix

    Tome : 41 – Astérix en Lusitanie

    Genre : Aventure humoristique

    Scénario : Fabcaro

    Dessins : Didier Conrad

    Couleurs : Thierry Mébarki

    D’après les personnages de : René Goscinny & Albert Uderzo

    Éditeur : Hachette

    ISBN : 9782017253709

    Nombre de pages : 48

    Prix : 10,90 €


  • Bon vent !
    par Laurent Lafourcade

    Poetic Bretagne

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    Sur une berge en mi-saison, un enfant met un bateau en papier dans l’eau. Des cercles concentriques se forment autour de la petite embarcation. Les couleurs tièdes donnent le ton. Bienvenue dans un recueil poétique d’illustrations signé François Ravard.

    Une joggeuse court sur l’herbe avec son chien. Une lampe frontale lui permet d’être visible et repérable par d’éventuels automobilistes ou cyclistes qu’elle pourrait croiser. Il faut dire qu’il est très tôt. Le jour pointe à peine. Le soleil n’a pas encore montré le bout de son nez. Sur la plage, un baigneur vient de se changer dans une cabine. De l’intérieur, on l’aperçoit sur la plage, faisant des étirements avant de rentrer dans le grand bain. Du haut d’un plongeoir, une jeune femme n’a pas l’intention de se jeter tout de suite dans l’eau. Elle plonge, oui, effectivement, mais dans un livre qui l’a déjà emmené ailleurs, en voyage. D’autres vont commencer la journée par une partie de pêche, comme cet homme en ciré jaune qui sert de taxi à un trio de mouettes.

    © Ravard – Glénat

    Dans Bon vent, François Ravard dresse les portraits graphiques de philanthropes qui ont décidé de profiter de la vie au bord de l’eau en bretagne. Chaque image est une poésie. Chaque dessin résonne comme un sonnet, comme un quatrain. L’enfant n’est pas que ce petit garçon avec son maillot, ses palmes, sa bouée, ses brassards, son masque et son tuba. L’enfant, c’est aussi le lecteur qui, grâce à Ravard, garde son âme de gamin. L’amoureux n’est pas que ce vieil homme qui embrasse sa femme sur son petit bateau en se remémorant leur jeunesse. L’amoureux, c’est aussi le lecteur qui, grâce à Ravard, ressent de nouveau les papillons dans son ventre. La lectrice, ce n’est pas que cette femme qui lit un roman sur son smartphone, espionnée par une mouette curieuse. La lectrice, c’est aussi celle qui, grâce à Ravard, prend le temps de se poser et d’arrêter de regarder le monde fou qui tourne autour. Même les grincheux, le frileux en doudoune ou le textile chez les nudistes, vont se rallier à la cause, c’est certain.

    Les dessins ne sont pas alignés innocemment. L’histoire, si histoire il y a, se déroule du petit matin jusqu’au soir, jusqu’à la nuit même. Si l’on feuillette les pages à la manière d’un flipbook, les couleurs à l’aquarelle permettent de nous en rendre compte. On suit la journée mais on mélange les saisons. L’été, on fait du pédalo, l’hiver, on dessine une maison sur le sable. Ravard invoque Sempé tout autant que ces images de puzzles aux multiples personnages et saynètes. L’auteur réhabilite la Bretagne en lui offrant un écrin de tendresse. Si vous traînez du côté de Dinard, rendez-vous Galerie Alfred. Vous y admirerez ces illustrations…en vrai.

    La poésie, ce n’est pas que des mots. La poésie, c’est aussi des images, celles que l’on nous montre et celles qui gravitent tout autour. La poésie, c’est la vraie vie, ou la vie qui devrait, que nous montre François Ravard dans les embruns de son « Bon vent !».


    One shot : Bon vent !

    Genre : Tendresse et humour

    Scénario, Dessins & Couleurs : François Ravard

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344055403

    Nombre de pages : 96

    Prix : 16,50 €


  • Spirou et Fantasio – Seltzmann
    par Laurent Lafourcade

    L’alchimie d’un héros

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    « -Il sera unique en son genre. Et maintenant… Vas-y petit… Nos lecteurs attendent tes aventures…

    -Spirou ! Pour vous servir ! »

                    Un dessinateur asperge son œuvre qui prend vie. Spirou en jaillit et démarre sa carrière de groom. Rêve ou réalité ? Aujourd’hui, il se réveille au château de Champignac. Il vient encore une fois de rêver cette scène. Fantasio est dans le lit à côté. Ils ont promis au Comte de Champignac qu’ils auraient nettoyé le château avant son retour du congrès de mycologie auquel il s’est rendu. Il y a encore du boulot. Il reste les rosiers à tailler, les volets à repeindre et la bibliothèque à dépoussiérer. C’est dans ce lieu, pendant que Spirou récupère de sa nuit agitée, que Fantasio va trouver un livre qu’il va tenter de détruire. Spirou l’en empêche in extremis. Fantasio lui fait alors un aveu. Pour cela, il lui raconte leur première rencontre.

    © 2025 Manapany
    Spirou, Fantasio & Spip appartiennent à Dupuis

    Tout le monde connaît la scène. C’est une scène en couverture du premier numéro du journal Spirou en 1938. Rob-Vel arrose le dessin de son groom qui prend vie. Ainsi naquit Spirou, avant qu’il n’entame sa carrière au Moustic Hôtel. Le garçon n’aurait donc pas été génétiquement conçu ? On peut en douter. Et dans cette histoire, Spirou lui-même va aussi s’en douter, et plus qu’en douter, puisqu’il va en avoir la preuve. Changer le plomb en or, c’est le secret de la pierre philosophale, mais ce n’est pas le but ultime de l’alchimie. Non, l’objectif suprême est de créer un être humain, avec la méthode baptisée « homonculus à eau-de-vie » ou Seltzmann. C’est ce qui est raconté dans le grimoire trouvé par Fantasio dans la bibliothèque du Comte. Y en aurait-il eu un exemplaire jadis dans l’atelier de Rob-Vel ? Et pourquoi, en cette période d’Occupation, tout a failli très mal finir avant que sa carrière ne commence pour Spirou ?

    © 2025 Manapany
    Spirou, Fantasio & Spip appartiennent à Dupuis

    Manapany est une mangaka indépendante. C’est dans une convention manga que j’ai déniché ce petit manga auto-édité. De ¾ dos, Spirou dégouline de rouge. La quatrième de couverture intrigue : « Hé, petit ! Tu saignes ! Non, c’est… c’est… de l’aquarelle. » L’intérieur est en noir et blanc. Quel est donc cet ovni ? Seltzmann est tout simplement le plus bel hommage qui n’a jamais été fait à Spirou. La lecture ne trompe pas. Manapany connaît très bien le personnage et son histoire, rebondissant sur ses origines. Elle met Spirou en abime, l’abime même, le psychanalyse, lui fait prendre conscience de sa condition réelle. Seltzmann est plus qu’une histoire de Spirou, c’est une prise de conscience de la différence, c’est une invitation à la tolérance, un récit qui donne envie de se connaître et de s’assumer.

    © 2025 Manapany
    Spirou, Fantasio & Spip appartiennent à Dupuis

    Seltzmann, Fan Manga signé Manapany, est un petit bijou. Le livre n’est disponible qu’auprès de l’autrice. N’hésitez pas à la contacter sur son compte Instagram. Après Seltzmann, vous ne lirez plus jamais les aventures de Spirou comme avant. Dupuis devrait s’en emparer. Indispensable.


    One shot : Spirou et Fantasio – Seltzmann

    Genre : Hommage

    Scénario & Dessins : Manapany

    Éditeur : Fanzine autoédité

    Nombre de pages : 68

    Prix : 20 €


  • Kujô l’implacable 11
    par Laurent Lafourcade

    Fin de partie et scandale médical

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    « -Qu’est-ce qui t’a poussé à me vendre, Mibu ? Tu t’es servi de moi pour négocier ta peine ?

    -C’était pour vous protéger. Je vous ai libéré de l’emprise de Kyôgoku avant que vous ne soyez sacrifié comme un simple pion. »

    Explication sérieuse entre Mibu et Kujô. Ce dernier, qui vient de sortir de prison cherche à comprendre comment son « camarade » l’y avait conduit. L’ennemi juré, Kyôgoku, croupi encore derrière les barreaux, abandonné par les siens. Le clan Fushimi l’a tout bonnement exclu, définitivement, pour mettre à sa place Uji. Son truc, ce sont les Dex, une plateforme d’échange décentralisée pour les cryptomonnaies. Derrière une société écran, des hackers travaillent pour lui. Il espère récupérer les hommes de Mibu, dont la tête est mise à prix et qui a intérêt à se faire discret.

    © 2025 Shohei MANABE All rights reserved
    © KANA 2025

    Un chapitre émouvant à l’occasion de l’anniversaire du décès de la mère de Kujô fait office de pivot dans la série, avant de repartir sur une toute autre affaire. L’avocat revient sur les relations difficiles avec son père. Il en profite pour faire le point sur sa vie et se rend compte, depuis son incarcération, de l’importance du métier qu’il exerce. Il a encore plus envie de s’y adonner corps et âme.

    L’affaire suivante plonge au cœur du milieu hospitalier nippon. Le directeur de l’hôpital général Shirasu démissionne au profit de son fils. L’établissement est accusé d’avoir détourné des aides de l’Etat après s’être engagé à soigner des patients atteints du coronavirus, tout en refusant leur prise en charge. C’est l’affaire des « patients fantômes ». Deux milliards de yens envolés. Et ce n’est pas le seul scandale dans lequel est empêtré le chef démissionnaire. On est chez Manabe. Il va donc y avoir du glauque. Qui donc va se pencher sur le dossier ? On vous laisse deviner.

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    © KANA 2025

    Si les aventures de Kujô l’implacable étaient jusqu’à présent uniquement disons judiciaires, avec Le prix de la vie, elles prennent un virage politique. Le mangaka Shôhei Manabe s’engage, dénonce et accable un système en déliquescence, celui de la gestion hospitalière. On pénètre au cœur d’une procédure spécifique au Japon où, épaulé par un avocat, des excuses publiques peuvent éviter un procès. Mais les intérêts des uns et des autres pèsent lourds dans la balance, notamment au sein même de la famille Shirasu. Une bataille d’avocats s’annonce. Manabe prépare une joute oratoire qui devrait se dérouler dans le prochain volume.

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    Sur la jaquette, Manabe synthétise l’époque : « Les smartphones, qui servent à dire n’importe quoi au reste du monde, sont salis par les traces de gras des chips bon marché. » Qui a le pouvoir dans la société aujourd’hui ? Les politiques ? Les truands ? La justice ? La rue ? Cette préoccupation est en fait la toile de fond de cette série : Kujô l’implacable.


    Série : Kujô l’implacable

    Tome : 11

    Genre : Thriller/Polar

    Scénario & Dessins : Shôhei Manabe

    Éditeur : Kana

    Collection : Big Kana

    ISBN : 9782505133216

    Nombre de pages : 192

    Prix : 8,10 €


  • Boule & Bill 46 – Peinture à l’os
    par Laurent Lafourcade

    Un chien tête de l’Art

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    « -Il y a quelqu’un au portail ?

    -Non Bill, ni à la boîte aux lettres !

    -Rien à signaler derrière la maison !

    -Tout est calme sur le toit !

    -Pas un chat vers le potager !

    -La rue est déserte !

    -Bref, tout va bien !

    -On y retourne !

    -Merci les copains ! Les humains ne réalisent pas le stress que ça représente pour un chien de garder la maison ! »

                    Bill peut se reposer sur ses deux oreilles. Pas besoin d’avoir un œil sur les alentours de la maison, les oiseaux veillent pour lui. Bill a de plus en plus des comportements d’humain. Il sifflote, prend du café dans une tasse, lit le journal, … Il en oublierait presque qu’il est un animal, sauvage comme le convainc la tortue Caroline. Mais s’il se frotte les pattes sur le paillasson devant la porte d’entrée, ce n’est pas pour avoir les pattes propres dans la maison, c’est parce qu’il tente d’extraire les croquettes coincées dedans. Tout ce qui a goût de viande, comme les os, c’est bien meilleur que les brocolis. Si on lui demande ce qu’il souhaite qu’on lui cuisine, on devine aisément la réponse.

    © Bastide, Cazenove – Dargaud

                    Boule pose en costume de pirate, bandeau sur l’œil droit et sabre au clair. Bill peint la scène… enfin… une petite partie. Ce que le cocker représente, ce sont uniquement les os qui sont sur le drapeau noir. Le ton est donné, l’art est le thème émergent de ce nouvel album. Sous le regard admiratif du directeur de Papa, Boule s’exprime dans une œuvre post-tachisme avec un choix très audacieux de couleur. Effet conscient ? Non, c’est juste parce que Bill est excité et qu’il n’y a pas moyen de le ralentir. Comme quoi, la sérendipité, dans l’art, ça existe ! On apprend également que l’art ne se limite pas à la toile. Bill le prouve dans un tableau original avec ses empreintes de pattes… qu’il ne s’est pas laissé nettoyer après.

    © Bastide, Cazenove – Dargaud

                    Cazenove et Bastide n’ont maintenant plus rien à prouver. Le thème de l’art est exploité sur à peu près un quart des gags. C’est presque dommage que ce ne soit pas plus. Mais c’est aussi malin, parce qu’il faut qu’aucun album de Boule et Bill ne se particularise par rapport aux autres (à part la grande aventure Boule et Bill globe-trotters). Bref, l’art contemporain en prend quand même une claque (voir la visite de l’exposition « taches » pendant qu’il pleut), ainsi que l’art « classique ». Le gag 1904 est d’une ingéniosité incroyable. C’est Boule qui peint et Bill qui pose. Chaque case se titre toute seule : Le jeune Bill à la perle, Bill XIV, Bill guidant le peuple, Bill dans le cri de Munch, Bill de Vitruve, Monna Billa, la chapelle Billtine, la naissance de Bill de BotticeBill. Comparez avec les œuvres originales, ça paye ! N’oublions pas le Street Art. Bill va s’y mettre aussi.

    © Bastide, Cazenove – Dargaud

                    Peinture à l’huile ou peinture à l’eau ? S’il faut choisir son camp, ce ne sera ni l’un ni l’autre. Ce sera peinture à l’os. Boule et Bill ne prennent pas une ride. Magique.


    Série : Boule & Bill

    Tome : 46 – Peinture à l’os

    Genre : Humour

    Scénario : Christophe Cazenove

    Dessins : Jean Bastide

    Couleurs : Luc Perdriset &Jean Bastide

    Éditeur : Dargaud

    ISBN : 9782505134404

    Nombre de pages : 48

    Prix : 12,95 €


  • Picsou et les bit-coincoins
    par Laurent Lafourcade

    Cryptomonnaie à Donaldville

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    « -Do… Donald… Regarde ça !

    -Le classement annuel des plus grandes fortunes du pays. (Ho ho, je comprends…) Tu n’es plus le canrd le plus riche du monde, c’est ça ?

    -C’est horrible. Et en plus, je suis doublé par un parfait inconnu ! »

    La journée commençait bien calmement à Donaldville, mais ça n’allait pas durer. Un cri d’effroi jaillit de chez Oncle Picsou. Il doit être arrivé quelque chose de terrible. Donald se précipite et trouve son tonton en plein désarroi. Le classement annuel des plus grandes fortunes du pays a été publié. Picsou n’est plus le plus riche canard du monde. Il a été doublé par un parfait inconnu qui a fait fortune dans les nouvelles technologies. C’est Carsten Duck, un palmipède qui a construit un empire en bousculant toutes les vieilles habitudes en vigueur. Il a bâti sa richesse grâce aux cryptomonnaies. Les cryptomonnaies ? Picsou n’y connaît rien là-dedans. Géo Trouvetou va lui expliquer tout ça. Les bit-coincoins, comme d’autres, sont des monnaies imaginaires sur lesquelles on peut spéculer à l’infini. Le milliardaire est convaincu. Il va se lancer dans le business.

    © Keramidas, Jul – Glénat
    © Disney Enterprises, Inc

    Sur Positive Island, Carsten Duck apprend la contre-attaque de Picsou. Il n’a pas l’intention de se laisser reprendre le leadership. Pour cela, il fait appel… aux Rapetou, et paye une caution faramineuse pour les libérer. Il leur demande de hacker le système bancaire informatique pour pénétrer dans le coffre de Balthazar Picsou. L’ingéniosité de Géo, le flegme de Donald, la malice de Riri, Fifi et Loulou, et le glamour de Daisy permettront-ils à Picsou de gérer le passage de la monnaie physique à la monnaie virtuelle ? Epaulés par le nouveau pape de l’argent volatile, leurs meilleurs ennemis, les Rapetou, parviendront-ils à leurs fins ?

    Jul invite le réel à Donaldville. Le scénariste connecte l’héritage Disney avec le monde d’aujourd’hui. Les personnages, si connus, se retrouvent donc avec les mêmes préoccupations que nous, lecteurs et habitants du monde du XXIème siècle. Avec des jeux de mot dans l’air du temps et des dialogues savoureux, Jul insuffle l’esprit Goscinny dans l’univers Disney, comme il a appris à le maîtriser dans Lucky Luke.

    © Keramidas, Jul – Glénat
    © Disney Enterprises, Inc

    Après Mickey’s Craziest Adventures en 2016 et Donald’s Happiest Adventures en 2018, Nicolas Keramidas revient pour la troisième fois aux affaires chez Disney… en BD. En effet, l’auteur connaît la famille car il a travaillé dix ans aux studios d’animation de Disney France à Montreuil. Plus jeté que dans ses albums précédents, son trait est un brin moins fin que d’habitude, mais ça apporte un dynamisme certain à l’histoire.

    On espère vivement qu’on retrouvera ces deux auteurs aux commandes d’un nouvel épisode. On retiendra leur création du personnage de Carsten Duck qui rejoint Flairsou et Gripsou dans le groupe des plus grandes fortunes mondiales.

    © Keramidas, Jul – Glénat
    © Disney Enterprises, Inc

    Picsou et les Bit-coincoins est une leçon d’économie pour les adultes, une aventure des canards de Donaldville pour les enfants, et une assurance de qualité Disney pour tous. Les auteurs ont réussi un album à multiniveaux de lecture réjouissant tout autant les aficionados que les curieux. On en redemande.


    Série : Picsou

    Tome : Picsou et les bit-coincoins

    Genre : Aventure

    Scénario : Jul

    Dessins & Couleurs : Keramidas

    Éditeur : Glénat

    Collection : Walt Disney 

    ISBN : 9782344071304

    Nombre de pages : 48

    Prix : 11,50 €


  • L’homme qui pouvait accomplir des miracles
    par Laurent Lafourcade

    George Tout-puissant

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    « -Les miracles sont, par définition, impossibles. C’est pour cette raison que je n’y crois pas.

    -C’est vous qui le dites, Fotheringay.

    -Penchons-nous sur la notion de « miracle ». Un miracle est un phénomène contraire aux lois de la nature. Accompli par la seule force de la volonté. »

                    Dans un pub de la paisible localité d’Immering, George McWhirter Fotheringay tente de démontrer que les miracles n’existent pas. Par la force de l’esprit, il est par exemple impossible de renverser une lampe à pétrole et lui demander de continuer de brûler sans la toucher. Contre toute attente et au grand dam du cartésien, ça se produit. La lampe suspendue au plafond se retourne et s’écrase au sol. Le public est médusé mais pense à la supercherie. Alerté par le vacarme, l’agent Winch exfiltre le supposé poivrot de l’établissement. Pris dans un cyclone de perplexité, Fotheringay remet ses théories en doute. Et si les miracles existaient vraiment ? Seul, dans la rue, sur le chemin de sa maison, il fait un test. « Qu’une allumette apparaisse dans cette main ! » « Qu’une cigarette apparaisse dans mon autre main ! » Tout ça se produit. Dommage qu’il ne fume pas.

    © Munuera, Sedyas – Dargaud

                    Ce jour-là, ou plutôt cette nuit-là, la vue de George McWhirter Fotheringay allait prendre un tournant décisif. Quelques œufs au petit-déjeuner ne feraient pas de tort. Qu’à cela ne tienne ! En voici une plâtrée supplémentaire. Les actes notariaux à rédiger représentent un travail long et fastidieux. Qu’à cela ne tienne ! Le travail va se faire tout seul. L’agent Winch prend George pour un abruti et veut l’amener au poste. Qu’à cela ne tienne ! Qu’il aille au diable ! Ha, mince, ha ben non, qu’à cela ne tienne pas… A quoi ressemble l’enfer ? Le policier y a vraiment été envoyé… Bon, ben, George verra ça plus tard. Dans une surenchère d’accomplissements, le fortuné, ou l’infortuné parce que son don n’est pas forcément un cadeau, va aller jusqu’à un événement ultime. Sera-t-il encore temps de faire machine arrière ?

    © Munuera, Sedyas – Dargaud

    Après Bartleby le scribe, d’Herman Melville, Un chant de Noël, de Charles Dickens, Peter Pan de Kensington, de James Matthew Barrie, et Son odeur après la pluie, de Cédric Sapin-Defour, José-Luis Munuera adapte Herbert George Wells avec L’homme qui pouvait accomplir des miracles, publiée en 1898. On connaît tous l’auteur pour ses œuvres majeures : La Machine à explorer le temps, L’Homme invisible, L’Île du docteur Moreau ou encore La Guerre des mondes. On connaît moins cette nouvelle satirique et absurde, dans laquelle l’écrivain règle ses comptes avec la religion. Munuera s’empare de l’histoire en insufflant de l’humour dans la tragédie, accentuant le côté burlesque. Le twist, final, magistral fait du récit un excellent épisode type Quatrième Dimension.

                    Comme d’habitude, saluons la sublime maquette de Philippe Ghielmetti pour cette collection. Sous une magnifique jaquette en quatre pans, on trouve un livre ciel marine étoilé. Le contenant est aussi beau que le contenu.

    © Munuera, Sedyas – Dargaud

                    Chaque adaptation de Munuera est un coup de maître. L’auteur a pris là un créneau qui est devenu en peu de temps l’une des pierres majeures de sa bibliographie. Fantastique dans tous les sens du terme.


    One shot : L’homme qui pouvait accomplir des miracles

    Genre : Conte

    Scénario & Dessins : José-Luis Munuera

    D’après : H.G.Wells

    Couleurs : Sedyas

    Éditeur : Dargaud

    Nombre de pages : 72

    Prix : 17,95 €


  • Dehors
    par Laurent Lafourcade

    La grande évasion

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    « -Alors ça y est, t’as atteint l’âge de raison ?

    -Allez, raconte !

    -C’est vrai que la glace est occupée à fondre ?

    -Et le soleil, tu l’as vu ?

    -Si vous ne vous taisez pas, je dirai rien.

    -Qu’est-ce qu’il dit ?

    -Il te dit de la fermer.

    -J’ai vu un soleil blanc, aveuglant, qui surplombait une île paradisiaque perdue au milieu d’un lagon dont l’eau était si chaude qu’un glaçon y aurait fondu en quelques secondes. »

    Dehors, il paraît que c’est un enfer de glace. La population vit dans les entrailles d’une ville sans nom, sous un océan mutagène et toxique, à la faune et à la flore empoisonnée. La cité dans laquelle vivent les humains se nomme Maman. C’est le nom que lui ont donné les orphelins. Tous les jours, ils quittent son cœur pour rapporter de quoi se nourrir, une substance qui sera transformée en pâte comestible : la blanche. Indispensable à la survie de la cité, elle sert non seulement à se sustenter, mais a des vertus thérapeutiques et apporte bonheur et sérénité à ceux qui la consomment quotidiennement. Zac n’est pas dupe, c’est une drogue. Lui, qui est enfin parvenu à sortir de l’orphelinat, n’a pas l’intention de rester prisonnier du système.

    © Dan, Hemberg – Kennes

    Zac retrouve Silo et les jumeaux. « Barrons-nous d’ici et faisons le tour du monde ! ». Facile à dire. Personne n’est jamais arrivé à entrer ou sortir de la cité sans autorisation. Zac compte devenir pilote d’hydronef pour obtenir une autorisation de sortie par la mairie. Confirmant la prédiction d’une voyante, il a fait le rêve prémonitoire qu’il réussirait à atteindre une île entre l’Equateur et le premier méridien. La route va être longue et les embûches nombreuses. Nos héros vont pouvoir compter sur des aides précieuses dans leur voyage. Mais arriveront-ils seulement à destination ?

    © Dan, Hemberg – Kennes

    Joël Hemberg signe un one shot puissant. Le scénariste revisite le mythe des enfants perdus de Peter Pan dans une version plus spirituelle et futuriste. A la fois sombre et plein d’espoir, Dehors est une histoire post-pandémie. On y décèle les cicatrices qu’elle a laissées. On étouffe dans cette cité close et on cherche la respiration, comme Zac et les siens cherchent leur liberté. On a envie d’en sortir, on a envie qu’ils s’en sortent.

    Dan signe ici son album le plus abouti. L’ex-assistant de Tome et Janry s’affranchit de ses maîtres tout en restant dans leur école. Dans un graphisme puissant, il signe des planches grandioses. Les décors et l’ambiance sont nourris de cinéma américain, de Blade Runner à Dark City, de Rollerball à Abyss. Le dessinateur étonne et détonne.

    © Dan, Hemberg – Kennes

    Dehors est une quête de liberté, un regard vers un futur compliqué mais qui montre qu’il y a toujours une lueur quelque part quand on garde la force de se battre. L’histoire se suffit en elle-même, mais pourrait tout autant être le préquel d’une saga d’anticipation.


    One shot : Dehors

    Genre : Anticipation

    Scénario : Joël Hemberg

    Dessins & Couleurs : Dan

    Éditeur : Kennes

    ISBN : 9782931300268

    Nombre de pages : 112

    Prix : 19,95 €


  • Le monstre au violon / Linette 7 – Opération peau de banane
    par Laurent Lafourcade

    Jaune monstre & jaune banane

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    Un monstre va apprendre la musique. Une gamine va être initiée à un geste écologique. Bienvenue en forêt, bienvenue au jardin.

                    La cloche sonne signalant la fin de la journée de travail. Les petits monstres se précipitent hors de classe pour rentrer chez eux. Pour cela, il faut traverser la forêt. On grimpe aux arbres. On se régale de quelques baies. Soudain, une musique se fait entendre. Intrigué par cette douce mélopée, Bertie, le petit monstre, cherche à savoir d’où elle vient. Il atteint une jolie chaumière. Il se met à la fenêtre pour profiter du concert donné par une violoniste en train de s’entraîner. Elle propose au petit monstre d’essayer. C’est une cacophonie. Elle lui prête un instrument pour qu’il essaye chez lui. Sera-ce du goût de sa famille, et en particulier de son père ? Déjà rouge, il risquerait de l’être de colère. La musique adoucira-t-elle les mœurs ?

    © Supiot, Petitsigne – La Gouttière

                    Il fait beau dans le jardin de Linette. Elle termine son repas avec sa maman et, pressée d’aller jouer, jette sa peau de banane. Celle-ci la rappelle à l’ordre et lui demande d’aller la mettre dans le compost. Linette ne veut pas. Elle a trop peur qu’il y ait un loup dedans. Sa maman la rassure et, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, la petite se décide à y aller, jusqu’à ce que le gamin voisin ne lui dise qu’il y avait une araignée géante. Mais comment va donc pouvoir faire Linette pour se débarrasser de la peau de banane ?

    © Peyraud, Romat – La Gouttière

                    Le monstre au violon est un album musical. Quatrième volume de la collection Do Ré Mi Chat, un QR code permet d’écouter son accompagnement, la symphonie numéro 4 de Mendelssohn, interprétée par l’Orchestre de Picardie. C’est ce morceau musical qui a inspiré les auteurs de l’album. Richard Petitsigne découpe son récit en suivant les quatre mouvements du morceau : Allegro vivace, Andante con moto, Con moto moderato et Satarello-Presto. Le monstre jaune suit son aventure au rythme de la composition. Prenez soin d’écouter en lisant. C’est puissant et ça aide à prendre son temps. Spécialiste des monstres pour tous depuis Marie Frisson, l’une des séries emblématiques des débuts de la collection Tchô, Olivier Supiot ne peut cacher le plaisir qu’il a eu à dessiner cette histoire. Ça se ressent dans chacune des cases. Bonus en pages de garde : vous saurez tout sur Mendelssohn et sa quatrième symphonie.

    © Supiot, Petitsigne – La Gouttière

                    Valeur sûre de la BD muette, Linette revient pour un déjà septième album. Avec malice et drôlerie, les auteurs Catherine Romat et Jean-Philippe Peyraud initient au tri sélectif. Que contient cette boîte mystérieuse au fond du jardin qui sert à faire du compost ? Comment la nourriture se transforme-t-elle en matière organique si utile pour nos plantations ? Si elle ne s’envole pas, Linette va certainement le découvrir. Et attention à elle, l’histoire pourrait être un éternel recommencement. Bonus en pages de garde : un labyrinthe au début, un cherche et trouve à la fin.

    © Peyraud, Romat – La Gouttière

                    Les éditions de la Gouttière proposent deux bandes dessinées sans paroles, qui aident à grandir et qui se partagent émotion et humour.



    One shot : Le monstre au violon

    Collection : Do Ré Mi Chat

    Genre : Conte

    Scénario : Richard Petitsigne

    Dessins & Couleurs : Olivier Supiot

    Éditeur : La Gouttière

    ISBN : 9782357961326

    Nombre de pages : 48

    Prix : 13,70 €


    Série : Linette

    Tome : 7 – Opération peau de banane

    Genre : Humour écolo

    Scénario : Catherine Romat

    Dessins & Couleurs : Jean-Philippe Peyraud

    Éditeur : La Gouttière

    ISBN : 9782357961371

    Nombre de pages : 32

    Prix : 10,70 €


  • Armelle & Mirko 4 – Le cœur en mousse
    par Laurent Lafourcade

    Dire les sentiments

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    « -Je suis une mauvaise amie…

    -Elle a pas l’air d’aller fort…

    -Puisque je les aime, je devrais peut-être les accepter avec leurs défauts ? »

                    Dans la forêt des Petits Bâtons, et plus particulièrement dans la clairière aux Trois Mésanges, une petite troupe d’amis a élu domicile dans un vieux tank abandonné recouvert de mousse, un habitat dont personne ne se doute de l’usage d’antan. Cette troupe, on la connaît bien. Il y a Mirko la luciole, Fabienne la renarde, Pépin le lapin, ainsi qu’Armelle la tortue. Au printemps, la maison se recouvre de fleurs. Les quatre compères y vivent en colocation, mais ce n’est pas toujours évident. Entre le tintamarre de l’un, la collectionnite d’un autre et le désordre de la dernière, Armelle a l’impression d’être la seule à se préoccuper du bien-être collectif. Trop fatiguée pour dormir, elle craque.

    © Clément, Montel, Arnal – Delcourt

                    Mirko, Fabienne et Pépin n’ont rien vu venir. Ils ne comprennent pas pourquoi Armelle a l’air si triste et si sombre. Elle, elle se sent tellement en marge et culpabilise. Le problème vient peut-être d’elle ? C’est en tout cas ce qu’elle se dit, ce dont elle se persuade. Si elle aime ses amis, elle doit se forcer à aimer leurs défauts. Le mal-être de la tortue se transforme peu à peu en colère, puis en crise de larmes dont elle est en train de se noyer dans l’océan. C’est en sortant prendre l’air qu’Armelle va faire une rencontre qui va changer sa façon de voir les choses, et par ricochet sa vie.

    © Clément, Montel, Arnal – Delcourt

                    Il n’est jamais facile de communiquer avec ceux qui nous sont le plus proche. On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime, par peur de les gêner, qu’on les aime. On ne leur dit jamais assez que sans eux, sans elles, on ne serait même pas la moitié de nous-mêmes. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Louis Chedid dans une superbe chanson. Et quand on les aime, ce n’est pas qu’on peut, c’est qu’on doit, tout leur dire. Ce que l’on apprend dans ce livre, c’est qu’il ne faut pas confondre reproches et discussion. Tout est dans l’art d’amener les choses. Armelle, notre petite tortue se construit au fil des albums. Elle apprend à vivre avec son état hypersensible, dépressif, à le dompter. Et les autres apprennent à vivre avec elle. Elle est comme ça, c’est sa nature. Il n’y a pas à en avoir honte.

    © Clément, Montel, Arnal – Delcourt

    En quatre albums, Loïc Clément, Julien Arnal et Anne Montel ont montré aux enfants, et aux plus grands, que les problèmes de santé mentale ne sont pas inéluctables. Il ne faut pas se renfermer sur soi-même. Il faut parler. Il faut écouter. C’est difficile. Ça prend du temps. Il faut être patient et avoir en point de mire la lumière au bout du chemin, celle qui est aussi belle que les couleurs aquarelles de Julien Arnal. Si un seul lecteur en prend conscience, grâce à Armelle et Mirko, le pari aura été gagné. Mais il y en a plus d’un qui sera sauvé, c’est certain. Alors, pour tout cela, pour tous cela, comme on ne dit jamais assez aux gens qu’on aime, on ne leur dit jamais assez qu’on les aime, Anne, Loïc, Julien, … je vous aime.


    Série : Armelle & Mirko

    Tome : 4 – Le cœur en mousse

    Genre : Fable poétique

    Idée & Histoire originale : Anne Montel

    Scénario : Loïc Clément

    Dessins & Couleurs : Julien Arnal

    Éditeur : Delcourt

    Collection : Jeunesse

    ISBN : 9782413087809

    Nombre de pages : 32

    Prix : 16,50 €


  • Furies 1 – Le facteur humain
    par Laurent Lafourcade

    Corbeyran 451

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    « -Depuis combien…

    -Ça fait 20 ans… Tu étais en train de travailler ?

    -Plus ou moins… Je rédigeais une sorte de… conclusion… Et toi ? Que fais-tu là ? Pourquoi avoir mis tout ce temps à venir me voir ?

    -Tu ne vas pas aimer les réponses, papa… »

    Alors qu’il s’apprête à mettre fin à ses jours, on frappe à la porte du philosophe Sergueï Pankow. C’est sa fille Rain qu’il n’a pas vu depuis 20 ans. Alors qu’elle servait en tant que Bienveillante au sein d’une patrouille dans l’une des grandes métropoles du System afin de faire régner l’ordre, elle a été accusée d’avoir participé à des réunions clandestines et reconnue coupable de sédition, puis internée dans un camp de reconditionnement. Elle vient d’être libérée pour bonne conduite…au bout de 20 ans. Elle reproche à son père, l’un des initiateurs du programme portant son nom, de n’avoir jamais cherché à savoir où elle était. Il le savait, mais n’a rien pu faire parce que personne n’est au-dessus du programme. Sergueï a fini par voir le monde tel qu’il est : un théâtre de misère avec des gens sans cervelle dirigés par une élite sans cœur. Aujourd’hui à la retraite, il a été convoqué il y a quelques semaines à un séminaire de réflexion sur la « suppression du facteur humain ». C’est ça qu’il n’a pas supporté, mais à présent, avec le retour de sa fille, les cartes sont rebattues.

    © Munch, Corbeyran, Sayago – Kalopsia

    Dans ce monde futuriste, les instances gouvernantes souhaitent éliminer complètement les risques d’erreur et d’approximation de l’individu lorsque celui-ci est lié à certaines fonctions du « System ». C’est cela la suppression du facteur humain. Rain apprend à son père qu’elle a eu un enfant qu’elle n’a jamais vu. Dans un premier temps, afin qu’elle retrouve une place dans la société, il la présente à Sorj, un ami à lui du service des insertions. Elle est affectée à la surveillance d’un camp. Un comble pour elle qui passe ainsi de détenue à geôlière. Elle n’a pas le choix. De son côté, Nahia, qui a dit au revoir à sa mère avant d’intégrer une unité de Bienveillantes, effectue sa première patrouille. Lorsqu’elle se retrouve à son tour en reconditionnement, c’est Rain qui est chargée de son admission. Alors qu’elle compatit de la situation de Nahia qu’elle a vécue elle-même quelques années plus tôt, Rain ne se doute pas qu’elle se met face à de nouveaux ennuis.

    © Munch, Corbeyran, Sayago – Kalopsia

    Les Furies sont des personnages de la mythologie grecque chargées de faire respecter la loi et d’appliquer les sanctions. Ici, ce sont des Bienveillantes. Sergueï Pankow, l’un des hommes à l’origine du système, vient de se rendre compte qu’il a été dépassé par le phénomène. Alors qu’il avait imaginé son concept pour faire de l’homme un être d’exception doté d’un esprit supérieur, il a compris que le pouvoir vicieux s’en est emparé pour agir sur la pensée comme un rouleau compresseur. Il broie et annihile la conscience faisant de l’individu un robot agissant. Aucune place n’est accordée à la poésie dans le programme Pankow. C’est donc par son truchement que s’organise la rébellion. Les poèmes de Percy Shelley permettront-ils à l’humain de retrouver sa condition ?

    Après Ray Bradbury et son Farenheit 451, Corbeyran livre une vision pessimiste du monde de demain. Mais rien n’est jamais complètement noir dans les récits de Corbeyran. Il y a toujours une lumière à l’horizon, mais il est parfois bien difficile d’en percevoir la lueur. On l’a vu l’année dernière dans Les yeux doux. Dans un style plus réaliste, on le voit ici dans Furies. Le dessin sérieux et volontairement rigide de Munch apporte une implacabilité aux événements. La perception aurait été très différente mais tout aussi puissante avec le dessin d’un Michel Colline. Dans un monde idéal, qu’est-ce qu’il aurait été intéressant de lire la même histoire dans deux traitements graphiques opposés. Dans ce premier volume, l’embourbement de la situation est confirmé par le ciel sans soleil et les couleurs sombres de Sayago.

    © Munch, Corbeyran, Sayago – Kalopsia

    Avec Furies, Corbeyran porte un regard acerbe sur la politique du monde. Fable futuriste et teintée d’espoir, la série donne à réfléchir sur la notion de libre arbitre et de connaissance de soi, et paradoxalement sans prise de tête dans une BD d’aventure et d’action.


    Série : Furies

    Tome : 1 – Le facteur humain

    Genre : Anticipation

    Scénario : Corbeyran

    Dessins : Munch

    Couleurs : Sayago

    Éditeur : Kalopsia

    ISBN : 9782931205211

    Nombre de pages : 64

    Prix : 16,90 €


  • Kid Paddle 21 – Zombie or not to be
    par Laurent Lafourcade

    L’arcade dépasse les bornes

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    « -Paraît qu’ils ont reçu une nouvelle borne d’arcade !

    -Laisse, je connais. C’est Escalatur, l’épée du Roi Soleil ! Celui qui retirera l’épée du rocher deviendra le roi. Gnnnn. C’est bloqué.

    -Attends. Je crois qu’il faut mettre une pièce dans le monnayeur pour démarrer le jeu… »

    Quand on essaye une nouvelle borne d’arcade dans la salle de jeu de Mirador, il vaut mieux regarder comment elle marche avant. N’est-ce pas Horace ? Le pote de Kid aurait ainsi pu éviter un passage par l’hôpital. Bon, il n’est pas à une fracture du crâne près. Mais que serait Kid Paddle sans lui ? Les deux complices s’entendent bien, ou pas, pour tenter de rentrer au cinéma afin de voir des films interdits aux moins de 18 ans. Parviendront-ils à profiter de La boucherie de Jack l’éventreur, Le sommelier fou, Human sushi ou Intestins en cavale ? On connaît la réponse, comme dans chaque gag de Game over, mais c’est tordant. Tout l’art des gagmen scénaristes est là.

    © Midam, Dairin, Patelin, Gof, Angèle – Dupuis

    L’autre pilier de l’humour Paddle, c’est son père. Son fils l’imagine incroyable. Incroyable, il l’est, mais dans sa banalité. Un colis arrive. C’est certainement un exosquelette qui permettra de frimer devant les amis de Kid. Ben, non, c’est une pince télescopique pour ne pas se baisser pour ramasser les détritus. Quand il sort un petit mélange de sa composition, est-ce pour dissoudre des cadavres dans la baignoire ? On verra bien. Le crâne ouvert, est-il lui-même passé de vie à trépas ? Est-il devenu un zombie ? N’affolons pas Carole ! En tous cas, le chauve est parvenu à échapper à l’attaque des Poilax, ces extraterrestres fourbes qui prennent le contrôle des cerveaux.

    © Midam, Dairin, Patelin, Gof, Angèle – Dupuis

    Une fois n’est pas coutume, l’album se termine avec Tchernobyl, une histoire de cinq planches co-scénarisée par Jacques Louis, l’auteur de Family Life qui file aussi des coups de main à Janry sur Le Petit Spirou. Boris, un enfant ukrainien, est accueilli pendant quelques semaines dans la famille. Il vient de Tchernobyl. Calme-toi, Kid, il n’a pas été irradié. La zone de la centrale est inaccessible depuis bien longtemps. Bref, Boris n’a pas six bras, son enveloppe humaine ne cache pas un monstre difforme, et il va bien calmer la Kid team quand il va leur montrer les archives Tchernobyl de ses grands-parents.

    Ian Dairin épaule une nouvelle fois Midam aux dessins. Si le boss parvient à conserver Kid Paddle au sommet de l’humour, c’est qu’il a su s’entourer d’une équipe de scénaristes. Les gags sont co-signés Patelin, Benz et Pujol. Gof est-il un autre larron ou bien est-ce le nom d’un collectif ? Sa signature n’apparaît jamais sur les planches mais le nom est crédité en page de titre. Angèle pulse le tout aux couleurs.

    © Midam, Dairin, Patelin, Gof, Angèle – Dupuis

    Alors, Zombie or not zombie ? Peu importe, du moment qu’on est Kid, Kid, Kid ! Le Paddle est définitivement à la mode. Planche flottante ou raquette ? Non, joystick !


    Série : Kid Paddle

    Tome : 21 – Zombie or not to be

    Genre : Humour geek

    Scénario : Midam, Patelin & Gof

    Dessins : Midam & Dairin

    Couleurs : Angèle

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808510363

    Nombre de pages : 48

    Prix : 12,95 €


  • La brigade des cauchemars 9 – Elisa
    par Laurent Lafourcade

    Primum non nocere

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    « -Est-elle prête à recevoir l’implant ?

    -Oui, monsieur.

    -Alors ne perdez pas de temps. Elle doit retourner à la clinique du sommeil dès demain matin.

    -Ce sera fait, monsieur. Nous avons ajouté un dispositif de brouillage mémoriel. Ainsi, nous pourrons choisir ce dont elle se souviendra.

    -Parfait. Ouvrez-lui le crâne ! »

    Il y a deux ans déjà, un implant a été greffé dans le cerveau d’Elisa pour qu’elle espionne à son insu le laboratoire d’Angus. Elle vient d’en être libérée. Aussitôt ôtée, la puce s’auto-détruit. Pas moyen de l’analyser. Maintenant que Mordicus et ses sbires savent qu’elle ne l’a plus, ils vont certainement tenter autre chose. La brigade des cauchemars est en danger. Le dévolu est jeté sur Alice. Tristan et ses amis ne se doutent pas que c’est sa mère qui est la nouvelle taupe. Parallèlement, pour que les malfrats payent, Elisa accepte que les membres de la brigade pénètrent dans son cerveau, pour dénicher où se trouve la base de Mordicus. Ils vont y aller, avec un nouveau pouvoir qui vient d’être mis au point : le métamorphe. Il suffit d’observer quelqu’un pour prendre son apparence physiquement, afin de mieux se fondre dans le souvenir.

    © Dumont, Thilliez, Drac – Jungle

    Ce deuxième arc, que l’on pourrait appeler celui de la brigade des souvenirs (si le titre n’avait pas déjà été pris), tient toutes ses promesses. Après l’épisode western, voici l’aventure viking. En pénétrant dans l’esprit de la laborantine, Esteban, Sarah, Ariane et Tristan vont devoir résoudre un problème bien plus personnel d’Elisa. Après une attaque de walkyries, en suivant la voiture d’Elisa, ils vont remonter aux origines familiales de la patiente et devoir calmer les ardeurs d’un devin qui prend un malin plaisir à exacerber les velléités de violence des guerriers vikings.

    © Dumont, Thilliez, Drac – Jungle

    Heureusement qu’il y a les bordures de planches noires parce qu’il est parfois difficile de se rappeler dans quel monde on se trouve. Entre flashbacks dans le réel et allers-retours dans les esprits, Frank Thilliez fait parfois des raccourcis où il faut s’accrocher. Les aficionados de la série n’auront pas de soucis mais les nouveaux lecteurs devront prendre le temps de se poser pour ne pas perdre le fil. Drac et ses assistants sont toujours impeccables aux couleurs. Au dessin, Yomgui Dumont fait des merveilles, avec notamment un hommage plus qu’appuyé à l’un des personnages secondaires emblématiques d’Astérix, et surtout un kraken qui laisse bouche bée quand on tourne la page et qu’on le découvre. La couverture, très cinématographique, est une composition exceptionnelle. Yomgui fait partie de ses dessinateurs dont on ne parle pas car, honte à eux, ils font du tous publics ! Il est de ces auteurs dont les planches ne peuvent appartenir qu’à lui, et est tout aussi récompensable que d’autres dessinateurs dont le travail a déjà été reconnu.

    © Dumont, Thilliez, Drac – Jungle

                    On le répète :La brigade des cauchemars est la meilleure série des éditions Jungle. C’est du tous publics comme on n’en fait presque plus, avec l’intelligence scénaristique d’un maître du thriller et la maîtrise d’un dessinateur qui propose de nouvelles pistes graphiques à son lectorat.


    Série : La brigade des cauchemars

    Tome : 9 – Elisa

    Genre : Aventure fantastique

    Scénario : Franck Thilliez

    Dessins : Yomgui Dumont

    Couleurs : Drac, assistée de Reiko Takaku & Julien Langlais

    Éditeur : Jungle

    Collection : Jungle frissons

    ISBN : 9782822246422

    Nombre de pages : 64

    Prix : 13,95 €


  • XIII Trilogy Jones 3 – La danse du soleil
    par Laurent Lafourcade

    Du noir, du rouge, du Jones

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    « -C’est ignoble !

    -Karkajou ne ment pas… Pour certains d’entre nous, c’est un honneur d’affronter les tourments de l’Okipa !… Melvin, mon père, l’a subi volontairement !

    -Et… Combien de temps dure cette horreur ?

    -La danse du soleil peut durer plusieurs heures… Le temps que la peau cède sous le poids et le libère des crochets.

    -La plupart des warriors sont réunis pour assister à cette épreuve… C’est le moment d’agir ! »

    Du haut d’un mirador, Jones et Lakota observent les activistes amérindiens d’Alcatraz en train de torturer le général Carrington, suspendu par le torse à deux crochets de bouchers jusqu’à ce que sa peau cède. Les Red Power Warriors revendiquent le respect des droits civiques de leur communauté. La sous-lieutenant Jones fait partie de la brigade militaire des SPADS chargée de débloquer la situation. Problème : Marcus, le propre frère de Jones, fait partie des rebelles. Pendant que Lakota va faire diversion dans une zone proche, Jones va tenter de libérer Carrington. Parviendront-ils ensuite à s’extirper de l’île-prison ?

    © Yann, Taduc, Tatti – Dargaud

    La danse du soleil, dernier tome de la trilogie XIII consacrée au pas encore Major Jones débute par une scène de torture comme on en voit rarement dans une bande dessinée censée être mainstream. Franchement, il faut avoir le cœur bien accroché, et ce, sans répit, dès la première planche. Paradoxalement, Jones tire sur les rebelles avec des fléchettes hypodermiques. Est-ce que dans une situation comme ça on fait tant de sentiments ? Des morts, il va pourtant y en avoir, et dans tous les camps. Ne vous attachez à personne, ça pourrait faire aussi mal que les crochets du général.

    © Yann, Taduc, Tatti – Dargaud

    Yann écrit un scénario à cent à l’heure. Pas une seconde de respiration. On lui pardonne les quelques incongruités qui feraient parfois passer l’histoire pour une aventure des Innommables, comme une scène de vengeance… d’un pélican ! Yann fait du Yann, quoi. Olivier Taduc joue le jeu à fond. On se croirait parfois dans un bon vieil album des Casseurs, dessinés jadis par Denayer. L’ensemble de la trilogie forme un blockbuster comme sait si bien le faire Hollywood. Tiens, on rêverait d’une adaptation avec Hale Berry dans le rôle principal. Après James Bond et Jason Bourne, pourquoi pas une franchise XIII. Le XIII-verse est déjà si riche.

    © Yann, Taduc, Tatti – Dargaud

    Véritable reboot de The Rock en bande dessinée, Jones est à lire entre Little Jones (XIII Mystery) et la saga d’origine. Une seconde trilogie est déjà annoncée. Dessinée par Colin Wilson sur scénario de Jean-Pierre Pécau, elle sera consacrée au président Sheridan.


    Série : XIII Trilogy Jones

    Tome : 3 – La danse du soleil

    Genre : Thriller 

    Scénario : Yann

    Dessins : Olivier Taduc

    D’après : William Vance & Jean Van Hamme

    Couleurs : Bruno Tatti

    Éditeur : Dargaud

    ISBN : 9782505130741

    Nombre de pages : 48

    Prix : 13,95 €


  • Les Schtroumpfs 43 – Le trophée des Schtroumpfs
    par Laurent Lafourcade

    Compétischtroumpf !

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    « -Aujourd’hui est un grand jour !

    -Moi, je n’aime pas les grands jours.

    -Pour la première fois depuis 433 ans, l’Anemonus Schtroumpfae a éclos ! Dans l’ancienne tradition des Schtroumpfs, cela annonce le lancement d’un événement très rare… Le trophée des Schtroumpfs !!! »

    Très déçu de ne pas avoir été retenu par le Grand Schtroumpf pour partir en forêt cueillir de l’aigremoine, le Schtroumpf discret décide d’y aller seul pour épater le patriarche. Il va se retrouver aux prises avec une Anemonus Schtroumpfae, une fleur très rare qui n’éclot qu’occasionnellement. De retour au village, le Grand Schtroumpf annonce que cette floraison signe le lancement d’un événement rarissime : le trophée des Schtroumpfs. Tous ceux qui le désirent seront invités à participer à une série d’épreuves éliminatoires mêlant agilité, créativité et exploits sportifs. Le Schtroumpf qui aura passé toutes les épreuves et remporté la finale sera désigné champion des Schtroumpfs.

    © Borecki, Dubuisson, Culliford – Le Lombard

    Pour le Schtroumpf discret, c’est l’occasion de se faire remarquer pour que le Grand Schtroumpf le choisisse enfin pour des missions. La concurrence va s’avérer rude. Une épreuve de chaises musicales va faire un premier tri dans ce quatorzième trophée. Au fil des challenges, il ne va rester rapidement que quatre Schtroumpfs à départager, et pas des moindres. Aux côtés du Schtroumpf discret, le Schtroumpf costaud, le Schtroumpf grognon et la Schtroumpfette ne comptent pas laisser leur place. Qui le premier dénichera en pleine forêt la coupe du vainqueur ?

    © Borecki, Dubuisson, Culliford – Le Lombard

    Aventure sur le dépassement et la confiance en soi, ce quarante-troisième album des petits lutins bleus propose une fois de plus une morale qui fait grandir. Si le scénario linéaire semble prévisible, le final apporte un twist inattendu, qui montre que les choix que l’on fait, les sacrifices que l’on consent, apportent bien plus que n’importe quelle victoire.

    Ludo Borecki n’avait pas dessiné de Schtroumpfs depuis 2006. Le voici de retour avec cette compétition qui n’est pas sans rappeler celle des Schtroumpfs olympiques. Au scénario, Thierry Culliford s’adjoint les services d’un nouveau venu dans l’univers, le très prometteur Marc Dubuisson. En mettant le lecteur dans la peau du Schtroumpf discret, les auteurs font de lui le cent-unième habitant du village.

    © Borecki, Dubuisson, Culliford – Le Lombard

    Il y a quelque chose d’inexplicablement rassurant chez les Schtroumpfs. Ils ont un effet doudou dont tous ceux qui les ont lus dans leur jeunesse ne peuvent se passer. Cet album, classique, ne déroge pas à la règle.


    Série : Les Schtroumpfs

    Tome : 43 – Le trophée des Schtroumpfs

    Genre : Aventure

    Scénario : Marc Dubuisson & Thierry Culliford

    Dessins : Ludo Borecki

    D’après : Peyo

    Couleurs : Studio Nine Culliford

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808214957

    Nombre de pages : 48

    Prix : 12,95 €


  • 60 ans déjà ?
    par Laurent Lafourcade

    Hey, vieux toi-même !

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    « -Ah oui, Antoine ! C’est ton anniversaire dans 3 jours ! Eh eh ! Pas trop dur ?

    -Dur ? Mais pas du tout ! J’suis hyper positif ! J’en profite ! 60 ans, c’est le nouveau 40 ans ! je suis en forme. Je m’entretiens, et puis en vrai, j’ai une super espérance de vie, 79,2 ans pour les hommes ! Quasi encore 20 ans de vie ! Et 20 ans, c’est le bel âge, ah ah ! »

    Peu importe son âge. L’important est de rester jeune dans sa tête, au grand dam des autres et de ce qu’il y a marqué sur sa carte d’identité. Et puis, il faut savoir rester fier. Ce monsieur au guichet de la SNCF, la réduction senior, il n’en veut pas. Alors, si le guichetier ne veut pas lui refiler la carte jeune, il préfère payer plein pot. Aux yeux des petits-enfants, 60 ans, c’est vieux. Tu vas bientôt mourir, papy ? Ben, non, il fume des pétards, il boit, il roule sans casque et s’éclate avec des filles. C’est finalement pas si mal d’être grand-père. La retraite, c’est le début de tout. Plus de taf, la thune qui tombe, du temps pour soi. Pourquoi ne pas lancer une carrière d’artiste ? Quelques années de repos et ça va tout déchirer. Pas le temps de garder les petits-enfants…surtout gratos.

    © Jim, Delphine – Anspach

    Côté femmes, ces dames sont aussi invitées. L’âge n’est pas l’apanage des hommes. Les sénioritas se retournent sur les années de sexe. Avec la vue qui baisse, le maquillage est plus long à appliquer. Va falloir prévoir un time delay. Elles font tout pour rester jeunes et donnent même l’exemple en venant au boulot en vélo non électrique. C’est top…pour leur âge. Au moins, les enfants sont plus indulgents que les partenaires de gym. Avoir une mamie qui a un emploi du temps de ministre, c’est fou. Ben, non, c’est parce que sinon elle ne sait pas quoi faire de ses journées.

    © Jim, Delphine – Anspach

    Vieillir en tant qu’homme. Vieillir en tant que femme. Vieillir en couple. Jim regarde ses pairs par le petit bout de la lorgnette. L’auteur, qui n’a jamais quitté les trente ans dans sa tête, montre comment il est impossible d’échapper à l’âge de ses artères. Et puis, vieillir, ça ne veut pas dire qu’on est encore vivant ? Avec l’évolution de la société, 60 ans en 2025, ce n’est pas 60 ans comme il y a soixante ans. Jim porte un regard amusé, incisif, caustique parfois, mais jamais méchant, sur les tragédies du quotidien qui touchent les boomers. Les vêtements et les attitudes ne freineront pas l’avancée du temps. Va falloir faire des bilans sanguins. Avec cet album, Jim réconcilie le sexagénaire avec ce qu’il était, parce qu’il n’a jamais cessé d’être lui-même en fait. On ne peut éviter de vieillir, mais on peut éviter de devenir vieux. La nuance est là.

    © Jim, Delphine – Anspach

    Après Le chant du cygne, 60 ans déjà ? est le deuxième album d’humour sociétal de Jim chez Anspach. 60 ans, ce n’est plus l’âge d’oraison. Jim nous le prouve, dans un traitement graphique à cases quasi-fixes qui laisse la part belle aux dialogues, très théâtraux. A la manière des Brèves de comptoir, l’album pourrait être adapté sur scène. Plus frais que des gardons, les sexagénaires ont encore des beaux jours à venir et d’avenir. Corrosif, drôle et optimiste !


    One shot : 60 ans déjà ?

    Genre : Humour

    Scénario & Dessins : Jim

    Couleurs : Delphine

    Éditeur : Anspach

    ISBN : 9782931105283

    Nombre de pages : 56

    Prix : 15,50 €


  • Ekhö monde miroir 13 – Les chimères de Venise 
    par Laurent Lafourcade

    Laisse les gondoles !

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    « -Quelque chose de très mauvais se prépare. Des forces maléfiques sont à l’œuvre. Quelque chose qui vient d’au-delà de la mort…

    -Tu crois aux fantômes, maintenant, Hugo ?

    -Il y a pire que les fantômes. Oui, il y a Venise… Et cette ville est la mienne. Je la protégerai à tout prix.

    -Je t’aiderai.

    -Nous allons avoir besoin de toutes les forces possibles… »

                    La Sérenissime est menacée. Une démente aigrie nommée Lucrèce, descendante des Da Vinci, menace de détruire Venise. La fourbe a bien l’intention, une fois la rançon obtenue, d’engloutir la cité sous les flots. Lucrèce a préparé une mixture capable d’attirer dans la lagune de terribles prédateurs, des dragacudas de l’Adriatique. Manque de bol, ça tourne mal pour elle et la folle se fait dévorer par les bestioles qu’elle a attirées. A Venise pour signer la célèbre diva Jessye, Fourmille Gratule voit son corps possédé par l’esprit de Lucrèce, qui trouve là l’occasion de finaliser ses plans machiavéliques. Sigisbert de Motafiume, le preshaun chargé de veiller à l’équilibre du monde miroir, raconte l’histoire à la sérenissime pontife. Cleto Farnese et Hugo ont-ils accepté de l’aider à résoudre le problème ?

    © Arleston, Barbucci, Lebreton – Soleil

                    On le redit, Ekhö monde miroir, c’est la Terre, mais en fait non. Chaque épisode amène Fourmille et Yuri dans une ville, comme si elle était de notre monde, mais qui est en fait dans le monde miroir. Chaque histoire est indépendante et dans chacune d’entre elles l’esprit de Fourmille est occupé par un ectoplasme dont il faut résoudre le problème afin que l’héroïne soit libérée de son hôte. Dans cet épisode, Fourmille est seule. Seule ? Pas vraiment. Si Yuri est absent, Sigisbert veille sur elle, bien que ça ne l’arrange pas forcément parce qu’il va être contraint de faire appel à un ex à lui, un marin, accompagné d’un humain, Hugo, marin lui aussi. Les deux personnages sont les avatars de Corto Maltese et Hugo Pratt. Ça permet de lire une histoire intéressante avec le célèbre marin.

    © Arleston, Barbucci, Lebreton – Soleil

                    Ekhö monde miroir est une série d’héroïc-fantasy drôle, originale, intelligente et subversive. La marque Christophe Arleston y trouve toute sa spécificité. L’auteur développe son savoir-faire dans des histoires finement menées, avec humour et aventure dans un équilibre parfait. Le scénariste montre son petit côté provocateur, posant les pieds hors des sentiers battus. Là où, dans Astérix, faire parler le pirate Baba avec des « R », c’est du wokisme pur et dur, quand Arleston psychanalyse un personnage homosexuel, c’est rigolo, respectueux, et ça fait avancer les mentalités. Sous les couleurs merveilleuses (comme Venise) de Nolwenn Lebreton, Alessandro Barbucci fait encore une fois des merveilles (comme Venise…du temps de sa splendeur).   

    © Arleston, Barbucci, Lebreton – Soleil

    Fourmille Gratule parcourt le monde à la merci d’esprits qui la possèdent. Nous, lecteurs, sommes possédés par le sien. Ekhö monde miroir est bien plus fantastique que notre monde à nous.


    Série : Ekhö monde miroir

    Tome : 13 – Les chimères de Venise

    Genre : Heroïc-Fantasy

    Scénario : Christophe Arleston

    Dessins : Alessandro Barbucci

    Couleurs : Nolwenn Lebreton

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302102439

    Nombre de pages : 52

    Prix : 15,95 €


  • The strange house 1
    par Laurent Lafourcade

    Un plan bien mystérieux

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    « -On va bientôt avoir un bébé.

    -Oh ! Toutes mes félicitations !

    -Et donc on pense acheter une maison. On a trouvé cette jolie maisonnette de deux étages dans un quartier calme proche de la gare et de la forêt. C’est pas du neuf mais elle a été construite très récemment. Elle est lumineuse et spacieuse. Ma femme et moi avons tout de suite eu un coup de cœur ! Mais… Regarde ici… Il y a un étrange espace. « 

    Un futur papa présente à un ami, Yanaoka, les plans d’une maison qu’il prévoit d’acquérir, mais il a décelé une anomalie qui le retient dans son achat. Un étrange espace intérieur sans porte sans fenêtre est situé entre la cuisine et la salle à manger. Yanaoka est un auteur spécialisé dans l’occultisme. Il s’y connaît en phénomènes étranges et entend beaucoup d’histoires de fantômes et un tas de trucs étranges dans le cadre de son travail. Certaines maisons sont hantées, mais le cas de celle-ci semble différent. Yanaoka appelle Kurihara, un architecte passionné de polars. En analysant les plans des deux étages de la maison, il remarque tout un tas d’ambiguïtés qui laissent penser que celle-ci pourrait être le théâtre de meurtres sordides.

    © 2023 Uketsu, Kyo Ayano. All rights reserved 
    First published in Japan in 2023 by Ichijinsha Inc., Tokyo
    © Kana 2025

    Entre conjectures et suppositions, Yanaoka et Kurihara imaginent ce qui a pu se passer. Une pièce est infranchissable, sauf peut-être d’un étage à l’autre. Une autre salle, sans fenêtre fatalement, se trouve au beau milieu de l’étage. Tout est conçu pour que des choses puissent se passer alors que les voisins pensent qu’ils ont vision sur tous les lieux. Alors, réalité ? Spéculations ? On ne sait pas trop si les deux analystes savent ou fantasment sur d’éventuels crimes. Ce qui est certain, c’est qu’un corps découpé en morceaux a été retrouvé dans un bois près de cette maison, qui a été construite il y a à peine un an.

    © 2023 Uketsu, Kyo Ayano. All rights reserved 
    First published in Japan in 2023 by Ichijinsha Inc., Tokyo
    © Kana 2025

    The strange house est l’adaptation d’un roman du youtubeur Uketsu. Derrière un masque blanc et dans une combinaison noire, le vidéaste mystérieux est une star du web au Japon. On ne connaît ni son âge, ni sa voix. Uketsu signifie « trou de pluie ». Il raconte des récits effrayants, dont celui de cette maison aux plans étranges. L’histoire est devenue un manga et un film. L’auteur est l’un des leaders de la nouvelle vague nippone et a déjà rebondi avec Strange pictures basé sur des dessins d’enfants. Son histoire de maison date à peine de 2023 et fait déjà figure de phénomène mondial. Détective Conan aurait adoré résoudre l’énigme de ce manga.

    © 2023 Uketsu, Kyo Ayano. All rights reserved 
    First published in Japan in 2023 by Ichijinsha Inc., Tokyo
    © Kana 2025

    Quand on ne peut pas refermer un livre avant de l’avoir terminé, c’est qu’il se passe quelque chose de fascinant. The strange house est l’événement manga de cette fin d’année. Indispensable.


    Série : The strange house

    Tome : 1

    Genre : Thriller

    Scénario : Uketsu

    Dessins : Kyo Ayano

    Éditeur : Kana 

    ISBN : 9782505129028

    Nombre de pages : 178

    Prix : 7,90 €


  • L’agent Jean ! Saison 2 – Tome 5 – La grande fusion
    par Laurent Lafourcade

    L’agent vous salue bien !

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    « -Hmm, tu sais quoi, J-C ? Je crois que j’ai vécu assez longtemps. J’ai fait le tour de ma vie de superméchant. Il est temps d’en finir avec cette histoire.

    -En finir ? »

    ALERTE Attaque de l’édifice

    « -Hmm ? Qu’est-ce que… Ils… Ils sont vivants ! »

    Vingt-deux mois après la destruction de l’agence, Castor se morfond d’ennui. Le superméchant est en manque d’ennemis. Il va vite pouvoir se rassurer. Martha et ses troupes sont parées pour l’assaut. Tout cela, la vache va le rappeler à l’agent Jean, bien installé dans un fauteuil, un casque vissé sur la tête raccordé à un ordinateur. Une disquette contenant les souvenirs numérisés de tous les membres de l’équipe dans la machine, et voilà introduits dans le cerveau de l’agent les événements des deux années qu’il a manquées. Ça va être incroyable ! Comme si on était dans un tome 9 de la saison 1, re-bienvenue dans l’ère du Castor !

    © Alex A. – Presses aventure

    En faisant le pont entre la saison 1 et la saison 2, c’est bien la conclusion de la série L’agent Jean, saison 2 tome 5, que l’on tient en mains. On assiste à un combat sans pitié entre les membres de l’agence et leurs ennemis. Le Castor va s’annoncer plus redoutable que jamais. Avec les membres de l’équipe, on va apprendre que l’agent Jean d’aujourd’hui n’est plus vraiment celui que l’on connaissait. C’est fou, c’est surréaliste, c’est cybernétique. Prenez une grande inspiration avant de démarrer car une fois dans l’action, pris dans une spirale infernale, on ne peut plus s’arrêter.

    © Alex A. – Presses aventure

    Après quinze volumes, le dessinateur québécois Alex A. apporte la conclusion des aventures sidérales et sidérantes d’un agent secret à côté de qui James Bond c’est de la gnognotte. Cette « grande fusion » répond à de nombreuses questions laissées en suspens, mais en laisse d’autres irrésolues. Une saison 3 pourrait-elle donc être envisageable ? L’auteur ne l’exclut pas, après d’autres projets. L’histoire elle-même le décidera. En attendant, il offre aux lecteurs la possibilité de prendre le relais avec leur créativité. Ce qui laisse vraiment penser qu’il va un jour reprendre la main, c’est une scène post-générique, comme chez Marvel.

    © Alex A. – Presses aventure

    L’heure de vérité a sonné. Les personnages semblent avoir pris le pouvoir sur leur auteur dans ce grand final complètement dé-« jean »-té. La BD québécoise est survoltée.


    Série : L’agent Jean !

    Tome : Saison 2 – Tome 5 – La grande fusion

    Genre : Aventure humoristique déjantée

    Scénario & Dessins : Alex A.

    Éditeur : Presses aventure

    ISBN : 9782898451744

    Nombre de pages : 112

    Prix : 9,90 €


  • Un flic sous l’occupation 1 – Profit garanti
    par Laurent Lafourcade

    PJ sous pression

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    « -Marsac !… Pas trop tôt ! Faut t’acheter un réveille-matin…

    -J’avais un rendez-vous médical…

    -Ah oui !… Deux macchabées. Les propriétaires. Emile Borel, 63 ans, et sa femme Yvonne. Ils ont reçu chacun deux balles, dont une dans la tête.

    -Pas de témoin ?

    -Une bonniche à demeure, Angèle Carradec. Elle a eu la présence d’esprit de se planquer dans sa penderie. Mercadier est en train de la réconforter. »

                    Une villa cossue de région parisienne, pendant l’occupation. Un couple de retraité est assassiné après que le mari a été invité par des malfrats à vider son coffre de la banque. Dépêché sur les lieux, l’inspecteur Marsac retrouve ses collègues Brunet et Mercadier qui ont recueilli les informations qu’ils ont pu auprès de la bonne qui s’était cachée dans une penderie. Le modus operandi rappelle celui d’un meurtre attribué en 1935 à Lucien Grenier. Emprisonné à Fresnes, il a été libéré ainsi que deux autres détenus à la demande d’un officier supérieur allemand. Si les boches se mettent à libérer les prisonniers de droit commun, c’est pour les épauler dans leur travail de police. Aujourd’hui, Marsac retrouve Grenier dans une villa de Neuilly. Loin d’en vouloir au policier, l’ex-taulard répond à ses questions, mettant en avant un alibi. Le flic n’est pas dupe.

    © Beuriot, Richelle, Ralenti – Glénat

                    Dans une France occupée gangrénée par l’occupant et la corruption, il n’est pas évident de trouver sa place. Refusant son affectation au service anti-juifs, Rouget a quitté les RG pour se retrouver au contrôle économique. Il s’occupe de marché noir. Dans chaque situation, il y a ceux qui en profitent et ceux qui la subissent. C’est le cas des services de police. Alors que Grenier est placé en garde à vue, un officier allemand ordonne sa libération. En toute impunité, le meurtrier va pouvoir poursuivre son trafic de marchandises de luxe. L’inspecteur Marsac parviendra-t-il à conserver son intégrité ou cèdera-t-il aux sirènes de la corruption ?

    © Beuriot, Richelle, Ralenti – Glénat

                    Quand on parle d’occupation et de résistance, on pense tous qu’on aurait eu un comportement héroïque ou discret, mais que l’on serait resté sur un chemin pavé de morale. N’ayant pas vécu l’époque de l’intérieur, il est impossible de savoir comment on aurait réagi, d’autant plus que personne ne pouvait prédire quand et comment la période s’arrêterait. Avec Un flic sous l’occupation, Philippe Richelle montre comment les cartes ont été rebattues entre police et hors-la-loi, comment la corruption et le trafic étaient à portée de main pour tout un chacun. Alors que policier était un métier objectif et manichéen, les circonstances ont transformé la profession, avec le risque de glisser du jour au lendemain du côté obscur. Au dessin, le scénariste retrouve son complice d’Amours fragiles Jean-Michel Beuriot. Trente-trois ans après la trop vite arrêtée série Rebelle, voici le duo de retour chez Glénat pour une nouvelle immersion dans la Seconde guerre mondiale, non pas au cœur des combats, mais dans la vie parisienne de tous les jours, où aucun lendemain ne ressemble à sa veille.

    © Beuriot, Richelle, Ralenti – Glénat

                    A qui profite le crime ? Dans un jeu trouble, le bruit des bottes rebat les cartes et il est bien compliqué de rester droit dans les siennes. Enième histoire dans ce décor historique, Un flic sous l’occupation démontre que le sujet est inépuisable.


    Série : Un flic sous l’occupation

    Tome : 1 – Profit garanti

    Genre : Polar historique

    Scénario : Philippe Richelle

    Dessins : Jean-Michel Beuriot

    Couleurs : Albertine Ralenti

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344058565

    Nombre de pages : 56

    Prix : 17,50 €


  • Boulevard Tintin – Que sais-je ? Hergé
    par Laurent Lafourcade

    Une œuvre qui traverse le temps

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    « Auteur d’une œuvre entièrement publiée dans des journaux pour enfants, à une époque où la bande dessinée ne jouissait d’aucune reconnaissance, quand elle n’était pas accusée de pervertir la jeunesse, Georges Remi, dit Hergé, est pourtant considéré comme l’un des créateurs majeurs du XXème siècle. Dès 1963, l’écrivain Pierre Ajame proclamait que ses albums « fontdésormais partie du patrimoine occidental ». »(Thierry Groensteen)

    On ne compte plus les ouvrages consacrés à Tintin et à Hergé. A une époque, il y avait plus de livres traitant du sujet que de toutes les autres bandes dessinées réunies. De Tintinolatrie d’Albert Algoud à la biographie minutieuse de Philippe Goddin, du Monde d’Hergé de Benoît Peeters au Mystère Tintin de Renaud Nattiez, en passant par les excellents bouquins de la collection Zoom sur Hergé rebaptisée 1000 sabords chez Sépia, il y a de quoi constituer une véritable bibliothèque. La Bibliographie d’un mythe d’Olivier Roche les recense. Il manquait peut-être un résumé concis et précis de la carrière du créateur Hergé et de sa créature Tintin. C’est chose faite dans l’emblématique collection Que sais-je ? et c’est signé par l’exégète Thierry Groensteen.

    © Que sais-je ?/Humensis

    L’histoire, ou plutôt l’Aventure, avec un A majuscule, commence en 1929, quand un jeune autodidacte à l’esprit très boy-scout du nom de George Remi publie dans le Petit Vingtième les premières pages de Tintin au pays des Soviets. Sous la coupe de l’abbé Wallez, Hergé fait voyager son reporter à travers le monde. Thierry Groensteen retrace en 33 pages la carrière de l’auteur. On assiste à sa rencontre avec Tchang, à la scission avec Wallez, écarté par Casterman, à la naissance du journal Tintin, à la vie des studios, tout en participant à sa vie privée.

    Le deuxième chapitre montre comment l’œuvre d’Hergé s’inscrit dans l’histoire de la bande dessinée. La majeure partie des précurseurs du papa de Tintin sont d’illustres inconnus des profanes. Benjamin Rabier, Alain Saint-Ogan, George McManus sont les rares à avoir traversé les générations. Groensteen raconte comment Hergé a bâti les bases de la ligne claire, entouré de collaborateurs comme Jacobs, et est devenu un chef de file de la bande dessinée franco-belge au milieu de la rivalité des hebdomadaires Tintin et Spirou. L’auteur de l’essai pose ensuite deux questions. Hergé était-il un précurseur du « roman graphique », appellation qui ne veut rien dire et d’un snobisme destiné à faire lire de la BD à ceux pour qui cet art est trop populaire ? La seconde interrogation est plus judicieuse : l’œuvre est-elle intemporelle ? L’éternité se gagne avec conditions. La réponse viendra du journaliste Gérard Lefort. On vous la laisse découvrir dans l’essai.

    © Que sais-je ?/Humensis

    Le chapitre 3 analyse les ressorts du classique. Thierry Groensteen définit quatre qualités éminentes qui font la grandeur du monde de Tintin. Hergé a écrit une comédie humaine aux personnages secondaires puissants. L’humour et l’aventure cohabitent dans une harmonie hors du commun. L’œuvre contient une part obscure qui va au-delà de la réputation aseptisée que peuvent lui faire ses détracteurs. Hergé y exprime ses obsessions et ses angoisses. Qui ne le sait pas n’a jamais lu L’étoile mystérieuse ou Tintin au Tibet. Enfin, les aventures de Tintin sont un miroir du siècle qui s’inspirent du réel en s’autorisant toutes transpositions. Hergé joue avec le « vrai-faux réel ». Tintin a bien marché sur la lune avant Neil Armstrong.

    Dans le dernier chapitre, Groensteen montre comment l’œuvre est passée au statut de mythe. Hergé est passé par des accusations de colonialisme et de collaborationnisme avant d’être réhabilité après sa mort. On poursuit avec les différentes adaptations, les parodies, puis la place des originaux sur le marché de l’art, dont le point d’orgue a été la vente d’une esquisse pour la couverture du Lotus bleu qui a atteint 3,2 millions d’euros en 2021. Après un état des lieux de la tintinologie, Groensteen ne se pose des questions mais fait un état des lieux objectif de la gestion de l’héritage.

    © Que sais-je ?/Humensis

    Quatre millions d’albums de Hergé sont vendus chaque année à travers le monde. Qu’on le veuille ou non, l’œuvre est fondatrice. Reste à savoir ce qu’il se passera le 1er janvier 1954 lorsqueTintin tombera dans le domaine public. En attendant, quand on a fini de lire Tintin, on peut recommencer à lire Tintin. On y trouvera toujours quelque chose de nouveau.


    Série : Que sais-je ?

    Tome : 4297 -Hergé

    Genre : Reportage

    Auteur : Thierry Groensteen

    Éditeur : Que sais-je ?/Humensis

    Nombre de pages : 128

    Prix : 10 €


  • 100 bucket list of the dead 16 & 17
    par Laurent Lafourcade

    La mort est dans le manoir et dans l’espace

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    « -L’ambiance fait vraiment film d’horreur…

    -Il… Il y a quelqu’un ?

    -S’il vous plaît … ?

    -On dirait bien qu’il n’y a personne…

    -Pourquoi c’est allumé, alors ?

    -Ils ont peut-être des panneaux solaires ?

    -Ceci expliquerait cela.

    -C’est vraiment trop nul s’il n’y a pas de meurtrier.

    -… Dépêchons-nous de prendre de l’essence et de repartir. »

    Avec le groupe qui les a pris en stop, Takemina et Izuna arrivent dans un sombre manoir qui semble abandonné. Le duo s’est séparé d’Akira et ses camarades pour aller chercher de l’essence, le camion étant tombé en panne sèche. Ce manoir, c’est la maisonnée Yamagami, demeure d’une famille de notables qui a fortement contribué au redressement des finances de la Province à la fin de l’époquee d’Edo, et qui a exercé sa mainmise sur tous les villages des environs. Dans le coin, les histoires de disparitions mystérieuses imputées à la « colère divine » sont particulièrement nombreuses. Depuis des générations, il paraît que les descendants se seraient mis à chasser les humains. Bien évidemment, les loisirs de cette famille vont toujours être d’actualité, zombies aidant.

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    © KANA 2025

    Nos héros vont se retrouver dans un slasher à la Vendredi 13 mixé de Massacre à la tronçonneuse. Pendant que des intrépides explorent les lieux, Kazuki et Serina choisissent de rester dans le van pour s’adonner avidement aux plaisirs de la chair ce qui donne une scène plus qu’érotique qui va se transformer en bain de sang, rangeant l’épisode dans la catégorie Seinen, l’ambiance horrifico-humoristique faisant passer la pilule. Dans la maison, comme dans toute histoire du genre, les personnages vont évidemment se séparer et découvrir la famille de dégénérés qui l’habite, ravie de voir arriver chez eux des gens susceptibles de nourrir mamie, attachée à une chaise, transformée en zombie depuis quelques temps. Si on vous dit que tout va partir en live, vous nous croyez ?

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    Ensuite, direction l’espace, l’espace de la mort. Dans la bucket list d’Akira, il y a « Expérimenter l’apesanteur ». Hirotaka Ukaji, PDG de Développement Spatial Co. Ltd. « Star Westler », va certainement pouvoir réaliser ce vœu. A la tête d’une base de lancement de fusée, va-t-il permettre à nos voyageurs de partir pour un petit voyage dans l’espace ? En réalité, l’espace est très proche, mais les zombies aussi. Il y en a plein la zone. Et puis, vous souvenez-vous du slogan du film Alien ? « Dans l’espace, personne ne vous entendra crier. » Si le réalisateur Ridley Scott avait pu lire 100 bucket list of the dead, il aurait compris que ce n’est pas une vérité.

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    Haro Aso et Kotaro Takata poussent le curseur aussi loin qu’ils le peuvent, et dans l’horreur, et dans le sexe, dans cette série à la frontière entre le Shonen et le Seinen. 100 bucket list of the dead fait partie des mangas que les ados peuvent faire acheter à leurs parents en leur faisant croire que c’est une simple et drôle histoire humoristique de zombies et qu’ils liront en cachette dans leur chambre.

    Dans Le manoir de la mort, pour la première fois, Akira n’est que figurant, apparaissant en début et en fin d’histoire. Takemina est le héros de l’arc autour du manoir, peut-être parce qu’on ne peut pas faire vivre à un héros auquel les jeunes s’assimilent des choses aussi terrifiantes. Le manga se clôt par un tendre chapitre sur la jeunesse de Béa et par une scène romantique entre Akira et Shizuka, faisant redescendre la tension.

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    Dans L’espace de la mort, retour à l’aventure collective classique. Classique ? M’enfin, on est dans Bucket list quand même.

    Venez rayer de nouveaux vœux dans la liste d’Akira, en évitant de vous faire mordre. Ça pourrait être fatalement grave.



    Série : 100 bucket list of the dead

    Tomes : 16 & 17

    Genre : Zombies

    Scénario : Haro Aso

    Dessins : Kotaro Takata

    Éditeur : Kana

    Collection : Big Kana

    ISBN : 978250513-2844/-3773

    Nombre de pages : 160

    Prix : 7,90 €


  • La légende des Stryges – Les eaux du chaos 1/2
    par Laurent Lafourcade

    Louvre boîtes

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    « -Alors ? Que dites-vous de ça ? C’est extraordinaire, non ?!

    -A tous points de vue ! Je n’avais encore jamais vu sept sarcophages réunis dans une même chambre ! Sans parler de leur dimension !

    -Et observez un peu la façon dont la pierre est taillée !

    -Vous avez raison… On pourrait presque qualifier cet ouvrage de « primitif » !

    -Et ces écritures ! Rien à voir avec des hiéroglyphes ! D’après vous ? Qu’est-ce que c’est ? Des runes ?

    -Ce sont des symboles cunéiformes…

    -Vous pouvez les déchiffrer ?

    -Avec un peu de temps, sans doute… Je vais les recopier…

    -Vous prendrez des notes plus tard, Sardin ! Le plus urgent, c’est de savoir ce que contiennent ces cercueils ! Salim ! Appelle tes gars… Au travail ! »

    Egypte, 1869. Lors de fouilles archéologiques, sept sarcophages sont mis à jour. La découverte risque d’avoir un retentissement mondial. A l’intérieur, dans une puanteur épouvantable, une pâte visqueuse et noirâtre laisse place à un liquide épais et gluant. Une fois le premier tombeau siphonné, les explorateurs, Bernat et Sardin, découvrent un corps momifié de près de 3 mètres 50 de haut. Il va falloir le ramener à Marseille afin de l’autopsier dans les règles de l’art. Evidemment, la momie va susciter bien des convoitises. Pour les égyptiens antiques, la mort n’est pas une fin en soi, mais un passage, un trépas. C’est pour cela qu’ils préparaient les corps à leur rencontre avec Osiris, avec l’embaumement. Ce qui est bizarre dans le cas de la momie autopsiée par le duo de scientifiques, c’est que les organes n’ont pas été retirés, ni placés dans des vases canopes près du mort.

    © Bègue, Corbeyran, Fabbro – Delcourt

    Quelques semaines plus tard, la première des sept momies est exposée à l’Académie des Sciences. Pour Monsieur Sardin, c’est le corps même de la déesse Isis. Les autres momies semblent confirmer que les sépultures renfermaient l’élite du panthéon égyptien. Dans le public de l’Académie, se trouve un certain Sandor G. Weltman. L’industriel cultive dans son jardin secret une attirance presque maladive pour les trésors archaïques. Il se présente comme un mécène auprès de Sardin et lui propose une bourse illimitée, un financement total de tous ses futurs travaux, en échange… de rien. Etonnamment, ce ne sont pas les dieux de l’Egypte ancienne qui le passionnent, mais le liquide noir dans lequel il baignait. Que cherche-t-il ? Quel est son intérêt ? Et qui est cette mystérieuse Maria qui l’accompagne ?

    © Bègue, Corbeyran, Fabbro – Delcourt

    Si l’album commence comme une série fantastique comme une autre, c’est lorsqu’à la planche 23 Sandor G. Weltman prononce son nom que des frissons parcourent les corps de tous les lecteurs bercés par Le chant des Stryges et ses séries dérivées. Il n’y a pas de doute. L’univers est bel et bien de retour pour un diptyque qui, on l’espère, n’est que le premier d’une nouvelle salve de récits consacrés à la mythologie des Stryges. Contact and Inducement, ce fameux vrai-faux livre rédigé par Peter McKenzie, continue à entretenir le mystère.

    Corbeyran remonte aux sources des Stryges dans la mythologie égyptienne, jouant des hommes et des dieux. Nicolas Bègue représente l’Egypte et le Paris de la fin du XIXème siècle dans une immersion totale. Lucie Fabbro lie les deux endroits dans des tons de couleurs qui glissent de l’un à l’autre des lieux sans rupture. C’est presque étonnant comme ça passe. Comme pour rassurer les lecteurs, c’est Richard Guérineau qui signe la couverture. Bègue aurait très bien pu la réaliser lui-même. Enfin, dans un sublime cahier graphique, les dessinateurs partenaires du scénariste montrent leurs représentations des créatures.

    © Bègue, Corbeyran, Fabbro – Delcourt

    Il était inconcevable que le monde des Stryges ne revienne pas. Corbeyran signe un retour gagnant pour cette série qui a construit toute une galaxie traversant les siècles. La légende n’a pas fini de nous faire rêver. Et si les Stryges existaient vraiment ? Mais oui, j’en ai déjà vu.


    Série : La légende des Stryges

    Tome : Les eaux du chaos 1/2

    Genre : Fantastique

    Scénario : Corbeyran

    Dessins : Nicolas Bègue

    Couleurs : Lucie Fabbro

    Couverture : Richard Guérineau

    Éditeur : Delcourt

    ISBN : 9782413082262

    Nombre de pages : 48

    Prix : 15,50 €


  • Thorgal Saga 5 – La cité mouvante
    par Laurent Lafourcade

    Le retour d’une ombre de l’au-delà

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    « -Toi… Pourquoi avez-vous attaqué cette femme ? La connais-tu ?

    -Nous sommes tombés dessus par hasard… Mais qui va vers la cité de Prokleta transporte quelque chose de précieux…

    -Comment sais-tu que cette femme allait dans cette cité ?

    -Nous sommes des bandits… Nous savons où se trouve la cité… Toute personne que nous rencontrons aujourd’hui va forcément à Prokleta… C’est bien ton cas aussi, n’est-ce pas ?

    -Ce matin, je t’aurai répondu par la négative… Mais maintenant, tu as raison… Indique-moi le chemin et je te laisserai la vie sauve.

    -Attention étranger. Si tu ne connais pas la cité, je te déconseille de t’y aventurer… Sauf si tu dois te cacher d’un ennemi puissant…

    -Ha ! Ha ! Ha ! Tu viens de finir de me convaincre. »

    Afin de protéger sa famille des dangers qui pourraient arriver, Thorgal décide une fois de plus de quitter son village pour aller il ne sait où mais loin. Il reviendra. Il le promet à son fils Jolan en lui demandant de prendre soin des autres. Pendant ce temps, au-delà des ombres, où le temps n’a pas d’emprise, une jeune femme que l’on connaît bien est libérée de sa geôle. C’est Shaniah, que Thorgal trouve sur son chemin et qu’il sort d’un bien mauvais pas alors qu’elle est attaquée par des brigands. Il n’aura pas le temps de lui demander ce qu’elle fait là qu’elle s’enfuit. D’après les bandits de grand chemin, elle allait à Prokleta, une cité où il vaut mieux ne pas mettre les pieds sauf si l’on doit se cacher d’un ennemi puissant. Il n’en faut pas moins pour inciter Thorgal à s’y rendre.

    © Aouamri, Ozanam, Tatti – Le Lombard

    Arrivé sur place, Thorgal apprend que Prokleta n’est pas une ville comme les autres. Apparemment, on ne peut pas sortir de la forteresse quand on le désire, parce qu’elle est magique. Si on l’appelle la cité mouvante, c’est parce que lorsque l’on ferme ses portes, elle change d’emplacement. Un jour dans les montagnes, un autre dans le désert ou au milieu des glaces. Si l’on tente de la quitter par ses propres moyens, une puissante magie ramène l’éventuel fuyard en son sein. Thorgal va tenter l’expérience et constatera les faits. Y est-il enfermé à tout jamais ? Quel est le rôle de Shaniah dans l’affaire ? De son côté, au village, Aaricia reçoit la visite d’une de ses connaissances qui a bien changé, Vigrid, un compagnon de route de Thorgal, un dieu étonnamment serviable, qui compte bien profiter de l’absence de l’enfant des étoiles et dont il n’est pas étranger à son sort actuel.

    © Aouamri, Ozanam, Tatti – Le Lombard

    C’est déjà le cinquième one shot Thorgal Saga. La série parallèle est toujours aussi fidèle à ses origines, mais attention de ne pas en faire trop. Tant que ce sont des albums de la qualité de celui-ci, on peut y aller. Antoine Ozanam ne s’embarrasse pas à trouver un prétexte au départ de Thorgal du village. « Je doute qu’il existe une seule terre où je puisse me cacher des dieux. Mais peut-être pourrais-je au moins me faire oublier. » Il quitte sa famille parce qu’il les aime. C’est sûr, on fait tous ça… Bah, lui, il est héros de bande dessinée. C’est pour ça qu’il agit ainsi dans ce démarrage à la limite du parodique. Les choses sérieuses arrivent rapidement. Le scénariste rebondit sur deux albums : « Aaricia » et le mythique « Au-delà des ombres », épisode majeur de la Saga. Quel plaisir de retrouver Shaniah que l’on pensait perdue à jamais. Ozanam joue à fond la carte de la mythologie Thorgal dans un scénario taillé au cordeau. Au dessin, on retrouve le talentueux Mohamed Aouamri, qui rosinskise légèrement son trait, même si quelques cases ont l’empreinte de La quête de l’oiseau du temps, expérience dont on ne peut ressortir graphiquement le même qu’avant d’y avoir participé.

    © Aouamri, Ozanam, Tatti – Le Lombard

    Cette cité mouvante ne prend pas l’eau (Remember Valérian). Ozanam et Aouamri laissent une empreinte précieuse dans l’univers Thorgal Saga, avant de laisser leur place pour dans quelques mois à Christophe Bec et Valérie Mangin.


    Série : Thorgal Saga

    Tome : 5 – La cité mouvante

    Genre : Heroïc Fantasy 

    Scénario : Antoine Ozanam

    Dessins : Mohamed Aouamri

    Couleurs : Bruno Tatti

    D’après : Rosinski & Van Hamme

    Éditeur : Le Lombard

    ISBN : 9782808211475

    Nombre de pages : 88

    Prix : 21,95 €


  • Un léger bruit dans le moteur / Un léger goût sous le palais
    par Laurent Lafourcade

    La douce innocence de l’enfance

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    « -Ohééé ! Y a quelqu’un ici ? J’ai comme un léger bruit dans le moteur. Et je n’aimerais pas tomber en panne sous ce déluge. Eh ! Oh ! Quelqu’un m’entend ? »

                    Par une nuit pluvieuse, un automobiliste appelle de l’aide. Il a un léger bruit dans le moteur et n’aimerait pas tomber en panne sous le déluge. Seul un enfant l’entend. Dans sa parka jaune, une main derrière le dos, il s’avance vers le véhicule. Tout a commencé quelques jours plus tout dans ce petit village de campagne, un endroit où personne ne s’arrête. Un enfant explose froidement par terre la tête de son demi-frère avant de faire passer sa mort pour un accident de balançoire. Serial killer en puissance, le môme a bien l’intention de faire subir le même sort à tous les habitants du hameau, à commencer par Madame Esplonde qui fait office de maîtresse dans une caravane toute pourrie sans chauffage qui sert d’école. Dans cet endroit qui pue la mort, il y a quand même une lueur de soleil, c’est Laurie Gandriale, une jolie fille.

    © Munoz, Gaet’s – Petit à petit

                    Autre lieu, même mœurs, en pleine ville, il était une fois une petite fille de la ville, la plus jolie qu’on eût su voir. Sa mère était folle, et sa grand-mère plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire une petite robe de fée qui lui seyait si bien que, partout, on l’appelait la petite « Fée pas chier ». Ha, c’est sûr que celle-là, faut pas l’embêter. Elle dégomme les pigeons au caillou et organise des tea-parties avec leurs cadavres. Elle déteste son grand-frère, mais aime jouer à cache-cache avec lui. Dans l’immeuble où elle habite, elle déteste à peu près tous les résidents, comme cette vieille sorcière de bonne-sœur qui n’a même pas d’ailes pour voler. Plus dure sera la chute. Dans son univers, il y a aussi une lueur. C’est Pierre, qui fait pousser tout plein de plantes et de fleurs dans son jardin.

    © Friess, Gaet’s – Petit à petit

                    Ce sont des enfants qui tuent les gens. Ce sont des enfants sans sentiments qui assassinent avec un sang froid indescriptible. Ce sont des histoires sans morales, implacables et fatales. « Un léger bruit sans moteur » est l’adaptation d’un roman de Jean-Luc Luciani. Publié pour la première fois en 2012 chez Physalis, l’album est réédité chez Petit à petit à l’occasion de la sortie de « Un léger goût sous le palais », qui, bien qu’il y ait une transition entre les deux tomes, n’est pas une suite mais le développement d’un univers similaire.

    © Munoz, Gaet’s – Petit à petit

    Avec ces enfants narrateurs, Gaet’s utilise de nombreux récitatifs et peu de dialogues, comme pour préserver le lecteur, dans une position décalée d’observateur, peut-être pour mieux supporter les meurtres, si tant est que ce soit supportable. Rassurez-vous, ça l’est, grâce aux graphismes des dessinateurs. Futur pilier de Fluide glacial, Jonathan Munoz est aux dessins du tome 1, dans un style Tirabosco. Plus proche de Prado, Etienne Friess illustre le tome 2. Leurs traits acides associés aux cadres morbides des histoires s’inscrivent dans un héritage Foerster, bien que l’on soit ici dans une veine scénaristiquement totalement réaliste.

    © Friess, Gaet’s – Petit à petit

                    A la manière d’American Horror Story, Un léger… pourrait devenir une collection horrifique d’anthologie. Ces deux tomes s’inscrivent dans des univers machiavéliques plus sombres que sombres. Tiens, et si Julien Monier, dessinateur de RIP, s’attelait à un troisième épisode ?



    Série : Un léger…

    Tomes : 1 -Un léger bruit dans le moteur / 2 – Un léger goût sous le palais

    Genre : Horreur

    Scénario & Couleurs : Gaet’s

    Dessins : Jonathan Munoz / Etienne Friess

    D’après : Jean-Luc Luciani (T1)

    Éditeur : Petit à petit

    ISBN : 97823804622-89/-72

    Nombre de pages : 120/112

    Prix : 19,90 €


  • Alix origines 5 – Corsica
    par Laurent Lafourcade

    Île de beauté, île de dangers

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    « -La lueur que j’ai vue n’était pas celle du phare d’Aléria.

    -C’est un incendie de maquis, sûrement avivé par le vent venu du large.

    -Ça sent le brûlé jusqu’ici.

    -On va longer la côte, jusqu’à ce qu’on atteigne Aléria ou qu’on trouve un abri. L’ouragan peut tourner et revenir sur nous. Et puis, il faut réparer les dégâts qu’on a subis… »

                    A Caralis, en Sardaigne, le gouverneur Calenus décide d’envoyer son fils Marius, 10 ans, à Genoa pour qu’il y fasse ses études. Il demande à Astorix de l’accompagner afin de veiller à sa sécurité, avec un détachement de quatre soldats. Marius ajoute une condition : que son ami Alix, le fils d’Astorix, soit du voyage.

                    L’équipe remonte la Sardaigne en bateau avant de longer les côtes de la Corse, Corsica. L’île a une réputation exécrable mais Marcus rêve d’y aller. Il ne se doute pas qu’il va fouler les pieds de ces terres sauvages plus vite que prévu. Pris dans un ouragan, le navire va devoir accoster alors qu’un incendie ravage le maquis. Réfugiée sur la plage, la jeune Catalina, son chien Petru et les chèvres qu’ils gardent, voient débarquer les occupants de l’embarcation, Alix en tête.

    © Bourgne, Libessart, Torta, Martin – Casterman

                    Bien qu’elle ait demandé de l’aide pour retrouver son clan dont elle a été coupée par les flammes, on ne peut pas dire que la fille soit ravie d’accueillir des romains. Elle descend des grecs, fondateurs d’Aléria. Elle fait partie des Syrbi, l’une des douze nations corses. Ensemble, ils vont tenter de rejoindre le village de Talavellu. En apprenant que le rejeton de Calenus est sur l’île, le prêteur d’Aléria voit là l’occasion de se venger de l’homme qui l’a puni de soi-disant malversations financières, l’a dépouillé de sa fortune et l’a expatrié en Corsica. Parviendra-t-il avec ce moyen de pression à obtenir ainsi un poste à la hauteur de ses compétences ?

    © Bourgne, Libessart, Torta, Martin – Casterman

                    Sur son site, Marc Bourgne rend à César ce qui lui appartient. C’est Benoît Mouchard, directeur éditorial chez Casterman, qui a eu l’idée de raconter l’enfance d’Alix, a convaincu le comité Martin, et a mis en place les grandes thématiques de la série. Connaissant sa passion pour le jeune gaulois, c’est lui qui a sollicité Marc Bourgne pour s’atteler au scénario, mais c’est ce dernier qui a proposé Laurent Libessart pour les dessins, qui est de retour pour ce cinquième tome après avoir laissé les crayons à Olivier Weinberg pour les tomes 3 et 4.

                    Cette jeunesse d’Alix se veut comme une nouvelle série destinée plus à séduire un nouveau lectorat que les aficionados d’Alix et de Jacques Martin. Exit le trait réaliste et les blocs de récitatifs. Alix origines lorgne même vers quelques influences mangas, légères. Les auteurs n’en oublient pas une certaine rigueur. On reste dans de l’aventure historique documentée et sans anachronisme.

    © Bourgne, Libessart, Torta, Martin – Casterman

                    A la frontière entre classicisme et modernité, Alix origines dépoussière et élargit un univers scientifiquement conçu par un des précurseurs de la bande dessinée du XXème siècle. Cet épisode corse montre la culture d’un peuple dans son époque. Tout aussi aventureux qu’instructif.


    Série : Alix origines

    Tome : 5 – Corsica

    Genre : Aventure historique

    Scénario : Marc Bourgne

    Dessins : Laurent Libessart

    D’après : Jacques Martin

    Couleurs : Florence Torta

    Éditeur : Casterman

    ISBN : 9782203241510

    Nombre de pages : 48

    Prix : 13,50 €


  • Anya 3 – L’autre monde / Trappeurs de rien 6 – Le faux ami / Le monde sauvage 1 – Le renard roux
    par Laurent Lafourcade

    Magie, supercherie et animalerie

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    « -Tiens ?… Regarde qui vient nous rendre visite…

    -Dame Petrovna !!!

    -Dans mes bras petite crevette !

    -Dame Petrovna, je suis trop contente de vous revoir ! Vous allez passer la soirée avec nous ?

    -Oui !

    -Wouiii… On va faire plein de jeux !

    -Ahahah… Bien sûr. Mais surtout, j’arrive avec de bonnes nouvelles. Il y a de nouveaux arrivants en ville. Ils m’ont passé une grosse commande de jouets pour leurs enfants. » 

                    Bien dissimulés derrière une butte, Anya et Papouchka observent une harde de cerfs batifolant en famille dans une clairière enneigée. Les animaux ne sont pas des jouets. On trouve le bonheur en les observant. Kozak, lui, ce n’est pas pareil. C’est un chien domestique ; il fait partie de la famille. Dame Petrovna vient alors leur annoncer qu’elle a une grande commande de jouets à honorer. Ils vont aller fêter ça tous ensemble autour de friandises. Pendant que les anciens rentrent dans la maison, Anya part installer le poney à l’étable. Elle va y trouver un petit poulain blanc avec une bosse sur le front. Ce n’est pas un poulain, non, mais une licorne, qui va l’amener, comme par magie, dans son monde merveilleux.

    © Crisse, Besson – La Gouttière

                    Changement d’ambiance pour les trappeurs américains. A l’étage du saloon, Croquette se réveille et épingle son étoile de shérif.  Après un bon p’tit déj’, il part patrouiller avec Mike, dans une ville qui se modernise petit à petit : rues pavées, trottoirs aménagés, … L’or des frères Mackinetoche a été utilisé à bon escient. Pourtant, une menace plane sur la cité et personne ne s’en doute. Le terrible bandit Norman Nobody s’apprête à arriver en ville. A une cicatrice près, il ressemble comme deux gouttes d’eau à Mike. Et que va faire le fourbe ? Subtiliser son identité bien sûr. L’or de la banque est en danger.

    © Pog, Priou, Cantreau – La Gouttière

                    Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le renard roux en lisant Le monde sauvage et sans parole. L’aventure, car pour un animal sauvage chaque jour est une aventure, commence en lisière de forêt. Aux côtés de sa maman, un renardeau découvre et explore le monde. Elle lui enseigne ce que l’on peut manger. Elle lui apprend ce dont il faut se méfier. Piégée dans une cage laissée par un chasseur, elle laisse sa progéniture livrée à la nature. Première nuit seul, premières grandes frayeurs. L’animal s’immisce même dans le village. Si les chats ne laissent pas approcher des poubelles, il est plus facile de se faufiler dans le poulailler. Les poules sont un peu grosses pour un renardeau, mais les œufs, c’est bien bon ! En fin d’album, un complément didactique nous aide à apprendre et à comprendre la vie de cet animal indispensable à l’écosystème.

    © Bauduret – La Gouttière

                    La collection d’albums jeunesse demi-formats des éditions de La Gouttière est un gage de qualité, à la manière d’une collection comme Aire Libre pour les plus grands chez Dupuis. Pourquoi la BD jeunesse n’aurait-elle pas elle-aussi son écrin ? Ici, chaque série a la poésie, l’humour ou l’émotion qui lui est propre. Venez rire dans le monde des trappeurs, observez la nature dans le monde sauvage et découvrez un splendide conte de Noël dans le monde d’Anya.



    Série : Anya

    Tome : 3 – L’autre monde

    Genre : Conte russe

    Scénario & Dessins : Didier Crisse

    Couleurs : Fred Besson

    Éditeur : La Gouttière

    ISBN : 9782357961395

    Nombre de pages : 32

    Prix : 10,70 €


    Série : Trappeurs de rien

    Tome : 6 – Le faux ami

    Genre : Western humoristique

    Scénario : Pog

    Dessins : Thomas Priou

    Couleurs : Maëlys Cantreau

    Éditeur : La Gouttière

    ISBN : 9782357960961

    Nombre de pages : 32

    Prix : 10,70 €


    Série : Le monde sauvage

    Tome : 1 – Le renard roux

    Genre : Reportage animalier

    Scénario, Dessins & Couleurs : Sylvain Bauduret

    Avec la participation du naturaliste : Yoann Thionnet

    Éditeur : La Gouttière

    ISBN : 9782357961258

    Nombre de pages : 32

    Prix : 10,70 €


  • Les profs 28 – Carnet de potes
    par Laurent Lafourcade

    Tous petits déjà…

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    « -Ah ! Ecoutez ça… Une nouvelle enquête sur nous, les jeunes… Selon l’institut Ifloup, 27 % des lycéens sont fatigués, 34 % sont inquiets et 16 % n’ont pas d’amis.

    -Pfff ! Y en a marre des études, des sondages et de tous ces trucs-là ! On nous épie, on nous ausculte, on nous dissèque… On nous met dans des petites cases…. Masi lâchez-les un peu, les jeunes ! Je ne suis pas un pourcentage ! »

                    Les sondages sont formels : les jeunes sont fatigués, inquiets et souffrent de solitude. Ça, Boulard, ça l’énerve, mais ça peut parfois aussi l’arranger. Ça lui fait une excuse facile pour arriver en retard en cours. Pour faire tourner les profs en bourrique, il n’est jamais épuisé. Il est même capable de développer des trésors d’ingéniosité pour ne pas apprendre les verbes irréguliers d’anglais… quand on le laisse entrer dans le bahut. Parce que les jours de fouille réglementaire et inopinée des sacs afin de lutter contre les violences au sein et aux abords des établissements scolaires, Boulard n’est pas certains de franchir la grille, à son grand dam pourtant. Heureusement, ou pas, que les gendarmes JP et Leteigneux font bien leur job.

    © Léturgie, Erroc, Sti, Guénard – Bamboo

                    Bref, les véritables héros dans un lycée, ce ne sont pas les élèves, mais les profs. Comme il faut avoir un peu de tenue, Madame la proviseure propose de tester l’uniforme unique pour tous les élèves, et ce sont les profs qui vont montrer l’exemple. Les habits étant plutôt moches, très moches, le styliste Jean-Yves Saint Doux va venir proposer ses créations. L’une d’entre elles trouvera-t-elle grâce aux yeux du corps enseignant et des élèves ? C’est l’histoire qui ouvre l’album. En clôture, Maurice, le prof de philo, sort de sa retraite pour un remplacement exceptionnel. Il va se rendre compte que dans ce métier, comme dans tous les autres, personne n’est irremplaçable. On est vite oublié !

    © Léturgie, Erroc, Sti, Guénard – Bamboo

                    La couverture ne vous aura pas échappé. On y voit dans un photomaton nos profs bien jeunes. On va apprendre dans des gags comment chacun d’entre eux s’est révélé, comment chacun a compris qu’il avait l’enseignement dans le sang. Antoine, futur prof d’histoire, a découvert sa vocation et sa passion napoléonienne grâce à un jeu de petits soldats pour reconstituer la bataille d’Austerlitz. Amina, future prof de français, a toujours été hérissée par les fautes d’orthographe. Eric, futur prof de sport, avait des velléités de Yamakasi. Pisson, futur prof de SVT, est passé pas loin d’un destin à la Spider-man. Les autres, vous les découvrirez dans l’album, entre deux cours filmés et postés sur les réseaux par le nouveau prof d’arts plastiques.

    © Léturgie, Erroc, Sti, Guénard – Bamboo

                    2025 est l’année des 25 ans des profs. Ça fait donc 25 ans que Boulard redouble ! L’éducation nationale étant un sujet inépuisable, il n’est pas près d’avoir son bac et une place avec Parcours Sup. Tant mieux pour nous ! Le lycée Fanfaron va devenir le plus prisé pour les mutations.


    Série : Les profs

    Tome : 28 – Carnet de potes

    Genre : Humour

    Scénario : Erroc & Sti

    Dessins : Simon Léturgie

    Couleurs : Jacqueline Guénard

    Éditeur : Bamboo

    ISBN : 9791041112173

    Nombre de pages : 48

    Prix : 11,90 €


  • Promise Cinderella 5 / Les noces des lucioles 5
    par Laurent Lafourcade

    Love stories : amours impossibles ?

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    « -Hayame ? Pourquoi quand tu dessines ta famille, il n’y a que ton papa et ta maman ?

    -J’avais répondu « Parce qu’ils s’adorent », mais la réalité était tout autre. »

    Dans Promise Cinderella, Hayame est convoquée par Seigo. Il souhaite lui parler de quelques remarques qui la concernent dans la boîte à questions de l’auberge. L’employée serait trop souvent au salon de thé, il n’est pas correct que deux employés de genres opposés sortent ensemble le soir, et d’autres critiques. L’homme lui confie savoir qu’elle a eu des soucis d’intégration, mais l’encourage à s’accrocher, compte tenu de la nature inhabituelle de son embauche. Toutefois, il lui dit pouvoir la recommander à une autre auberge. Elle ne veut pas abandonner son travail. Elle fera des efforts. Quelques jours plus tard, il va la contraindre à partir. En fait, elle n’a pas reconnu l’homme qu’elle a rencontré dix ans plus tôt, à la sortie du lycée, alors qu’elle portait encore la trace des coups donnés par son père, après le décès de sa mère.

    © 2018 Oreco Tachibana
    © 2025, Editions Glénat, pour l’édition française

    Dans Les noces des lucioles, la courtisane la plus prisée de la maison close vient d’arriver. Elle se nomme Asagiri. Elle vient rarement, ayant des amants aux quatre coins de l’île. C’est elle qui dirige l’établissement dans l’ombre, et non pas Mitsueda et sa bande. Sotako va tenter de créer un lien avec elle pour la convaincre de se faire acheter sa propre liberté. Asagiri connaît tout son passé : le fait que Satoko ait été amenée ici de force, qu’un membre de sa famille lui veuille du mal, et que de nombreux clients s’entichent d’elle. Tout cela, aucune autre courtisane ne le sait. Le secret sera bien gardé. A partir de maintenant, elle va confier à Satoko plusieurs tâches à accomplir. Si elle les mène à bien, elle reconsidèrera l’idée de se faire acheter sa liberté. Première mission : se rendre pour elle dans une échoppe de peignes avec Shinpei. Voilà déjà quelque chose que Kotaro, le garde du corps de la première heure de Sotako, ne verra pas d’un bon œil…

    © 2025 Oreco Tachibana All rights reserved
    © 2025, Editions Glénat, pour l’édition française

    La lecture parallèle de ces deux séries d’Oreco Tachibana est pertinente. La réédition de Promise Cinderella est calée sur les tomes de la nouveauté Les noces des lucioles. On peut analyser que l’auteur adopte des déroulés similaires. Dans ces cinquièmes volumes, on revient essentiellement sur des passés. Dans Promise Cinderella, c’est l’histoire entre Hayame et son père, et sa première rencontre avec Seigo.

    © 2018 Oreco Tachibana
    © 2025, Editions Glénat, pour l’édition française

    Dans Les noces des lucioles, c’est la mission confiée au garde du corps Kotaro quelques années auparavant auprès de Shinpei, avant le rapt. Seigo et Kotaro ont des personnalités ayant quelques similitudes. Ce sont des amoureux contrariés par les événements. Les histoires sont bien sûr différentes, mais l’ADN Tachibana ressort de chaque intrigue.

    © 2025 Oreco Tachibana All rights reserved
    © 2025, Editions Glénat, pour l’édition française

    Les noces sont promises, Cinderella est une luciole qui brille dans la vie. Les love stories sont éternelles tant il y a à écrire sur les amours et les jeux de séduction. Il ne manque plus que Julia Roberts et Andie Mac Dowell.



    Série : Promise Cinderella

    Tome : 5

    Genre : Comédie romantique

    Scénario & Dessins : Oreco Tachibana

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344065471

    Nombre de pages : 192

    Prix : 7,90 €


    Série : Les noces des lucioles

    Tome : 5

    Genre : Thriller romantique

    Scénario & Dessins : Oreco Tachibana

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344070253

    Nombre de pages : 192

    Prix : 7,90 €


  • Louca 12 – Phénoménal
    par Laurent Lafourcade

    Une coupe bien convoitée

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    « -Je sais que ça peut être tentant de montrer à tout le monde ce que tu sais faire, mais sois prudent. t’y vas à 60 ou 70 % max, ok ?

    -Ne t’inquiète pas, Nathan. Je ferai juste ce qu’il faut pour gagner ce match !

    -Houlà, tu m’as l’air un peu très-trop motivé, là… On va se contenter de 50 ou 60 % de ton vrai niveau, ok ? »

    Lazaro Piniatre, le journaliste du « Sportif » a failli rater le début de la conférence de presse. Le match opposant les Phoenix aux Tigres s’est joué la veille, avec une victoire de l’équipe de Louca. Ce soir, c’est le staff des Jaguars qui va répondre aux questions des journalistes. Ce seront les prochains adversaires des Phoenix. Pour Piniatre, les Jaguars ne gagneront pas la coupe du Griffon. Mais comment ont donc faits les Phoenix pour vaincre les Tigres ? Louca est arrivé par surprise et a intégré le match peu avant les arrêts de jeu de la demi-finale. Il a déjà égalisé. Il va falloir tenter le tout pour le tout avant les prolongations. Le coach, M.Kikov, est pour le moins tendu. L’arbitre, lui, est à l’affût de la moindre faute.

    © Dequier, Guillo – Dupuis

    Si l’on sait dès le début que l’équipe des Phoenix, transcendée par le retour inattendu de Louca, va gagner sa demi-finale face aux Tigres, ce que l’on ignore, c’est de quelle façon le match s’est déroulé. L’important n’est pas le but, c’est le chemin. En donnant le résultat dès le début, Bruno Dequier doit relever un défi de taille : captiver le lecteur pour une histoire dont il connaît la chute. Là est tout le talent du narrateur. Dans un album en quasi-total flash-back, l’auteur expose les faits, scotchant les lecteurs sur la pelouse du stade pour un match défiant les lois, dans lequel on va déjouer les adversaires, détester l’arbitre, s’accorder avec les commentateurs et vibrer dans les gradins avec le public.

    © Dequier, Guillo – Dupuis

    Shoots puissants, terrain qui semble faire plusieurs kilomètres de long, c’est certain, Bruno Dequier a été biberonné avec Olive et Tom (Captain Tsubasa en VO), anime des années 80 qui remplit les clubs de foot à la grande époque de sa première diffusion. 128 épisodes de 22 minutes diffusés à partir de 1983 au Japon et 1988 en France. Autre réminiscence ou acte manqué, le petit frère de Louca s’appelle Antin et son pote Anto. Tiens, le nom de famille d’Olive c’est Atton. On reste dans la même sonorité.

    L’histoire, on le rappelle, n’est pas qu’une histoire de foot. Il y a bel et bien un thriller sous-jacent. Iceman est là pour nous le rappeler. Le père de Louca n’est pas ravi du retour de son fils qui devait rester caché pour sa sécurité.

    © Dequier, Guillo – Dupuis

    Alors que la série pourrait se dérouler classiquement, avec son graphisme sportivement immersif, Bruno Dequier est un auteur qui remet sans cesse sa narration en question. Si le football décerne ses ballons d’or, la BD pourrait lui décerner un scénar d’or.


    Série : Louca

    Tome : 12 – Phénoménal

    Genre : Aventure sportive

    Scénario & Dessins : Bruno Dequier

    Couleurs : Yoann Guillo

    Éditeur : Dupuis

    ISBN : 9782808510332

    Nombre de pages : 72

    Prix : 13,50 €


  • Simone 3 – Mais un jour dans notre vie le printemps refleurira
    par Laurent Lafourcade

    L’inimaginable retour

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    « -Quand j’ai appris par quelqu’un qui passait dans mon association de déportés que tu étais encore en vie, j’ai battu ciel et terre pour trouver ton numéro !

    -Tu as bien fait, ça fait des années que je n’étais pas venu en France, c’était l’occasion.

    -Je n’ai jamais eu de nouvellesde Sonia, en revanche.

    -Elle m’a sauvé la vie, tu sais. Tiens, j’ai gardé un souvenir d’elle. »

                    1983, Paris, Quatrième arrondissement. Dans la crypte du mémorial du martyr juif inconnu, Simone Lagrange témoigne devant une classe de collégiens de l’horreur qu’elle a vécu pendant la Seconde Guerre Mondiale, en déportation. Dans ce tombeau symbolique des six millions de juifs morts sans sépulture, elle se souvient, afin de contrer la propagande immonde des négationnistes, pour que ça ne recommence pas. En quittant les lieux, la rescapée tombe sur Macha, l’une de ses compagnes d’infortune à Auschwitz, qu’elle a perdu de vue depuis 39 ans.

                    A comme Auschwitz, R comme répression, B comme bannissement, E comme expérience, I comme infanticide, T comme torture : Arbeit, Arbeit macht frei, Le travail rend libre. C’était la devise arborée à l’entrée. Dans le camp de la mort, Simone avait imaginé une comptine, pour se donner du courage, face à l’indicible.

    © Evrard, Morvan, Walter – Glénat

                    Tout allait changer le jour, ou plutôt la nuit, où des avions larguèrent sur le site des tracts de l’armée rouge stipulant que les allemands étaient sur le point de se rendre. Mais dans un ultime baroud d’honneur, les derniers bourreaux boches n’allaient pas laisser les choses se faire dans la simplicité. Ils décidèrent de faire sortir les prisonniers pour une longue marche. Vers où ? Ils l’ignoraient. Ce sera l’occasion pour Simone, Simy comme il l’appelait, de revoir son père, pour une dernière scène tragique, poignante, dans des larmes de sang. Miraculeusement, avec une poignée de camarades, Simone va échapper au pire.

                    Alors qu’en 1987, Simone témoigne au procès de Klaus Barbie, en 1945, la route est encore longue pour la gamine de 13 ans qui vit un long chemin de croix afin de recoller les morceaux qu’il reste de sa famille.

    © Evrard, Morvan, Walter – Glénat

                    La trilogie sur la vie de Simone Lagrange se clôt dans une émotion incroyable. Alors qu’on pouvait penser naïvement de notre XXIème siècle qu’une fois l’armistice signée, tout était rentré rapidement dans l’ordre, on apprend combien le retour fut long et difficile pour les survivants des camps de déportation. Avec son témoignage, Simone Lagrange apporte une pierre majeure au devoir de mémoire, relayé en bande dessinée par Jean-David Morvan et David Evrard. Après Irena Sendlerowa, ils offrent à Simone Lagrange une gravure de sa vie, pour que jamais jamais jamais une telle horreur ne se reproduise. Aux couleurs, Walter nous gèle dans la neige de l’hiver 45, avant de nous réchauffer peu à peu, nous amenant vers la libération, vers le retour à la vie.

                    Présent au procès Barbie, Marek Halter signe une postface poignante, racontant sa rencontre avec Simone Lagrange, née Kadosche, issue d’une famille juive de Mogador immigrée en France en 1920.

    © Evrard, Morvan, Walter – Glénat

                    Il est des blessures qui ne cicatriseront jamais. La Shoah est de celles-ci. « On ne corrige pas celui qu’on prend, on corrige les autres par lui. », disait Simone en paraphrasant Montaigne. David Evrard et Jean-David Morvan participent à cette correction avec cet indispensable biopic de Simone Lagrange.


    Série : Simone

    Tome : 3 – Mais un jour dans notre vie le printemps refleurira

    Genre : Drame historique

    Scénario : Jean-David Morvan

    Dessins : David Evrard

    Couleurs : Walter

    Postface : Marek Halter

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344053140

    Nombre de pages : 72 

    Prix : 15 €


  • Exsangue 2 – La dague
    par Laurent Lafourcade

    L’immortalité n’est pas un cadeau

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    « -Athanasia… Rien n’aurait pu nous laisser croire que nous nous reverrions un jour…

    -J’avais oublié ton existence…

    -Pas moi… Ton souvenir ne s’est jamais effacé…

    -Nous avons besoin de votre aide, Aktor !

    -De quoi s’agit-il ?

    -Cuique suum reddit. »

    Dans une catacombe archaïque, creusée bien avant que les chrétiens ne songent à percer des tunnels funèbres pour ensevelir leurs morts, Marko et Thania ont rendez-vous avec Aktor. Ils ont besoin du vampire car les sicaires sont aux trousses de Thania. Elle doit se défendre. Elle doit savoir comment elle en est arrivée à sa condition. D’après Aktor, pas sûr que l’expérience soit bénéfique pour elle. Elle est déterminée à la faire. Il faut avoir confiance en Marko qui l’a épargnée alors qu’il était missionné par les sicaires pour l’éliminer. Aktor ne partage pas son avis mais consent à aider son amie. Sorti pour laisser Thania et Aktor parlementer, Marko est menacé par Karla qui veut lui faire payer sa trahison.

    © Shibao, Corbeyran, Marques – Soleil

    Deux jours plus tard, à Athènes, un miroir très spécial attend Thania. « Cuique suum reddit. » Il donne à chacun ce qui lui appartient. Ce qu’elle cherche, c’est son passé. Celui qui se contemple dans ce miroir contemple sa propre histoire. Dans ce miroir, un humain n’a pas de reflet mais un vampire peut y voir défiler sa vie. Mais cette connaissance a un prix. Tout le monde ne survit pas à l’expérience. Son intensité peut provoquer de gros dégâts dans les liaisons cérébrales. Qu’importe. Thania est prête à tenter le tout pour le tout. Si elle en revient, ce qu’elle apprendra l’aidera-t-il à affronter ses ennemis ?

    © Shibao, Corbeyran, Marques – Soleil

    Le diptyque Exsangue se clôt de façon magistrale. Corbeyran apporte une nouvelle pierre à l’édifice du vampire. Avec un scénario original, prenant le contrepoint de ce qui peut se faire d’habitude, l’auteur offre, non pas une revisite, mais un abord sous un nouvel angle. Il sort des sentiers battus et surprend ses personnages en même temps que les lecteurs. Quand on se plaint que les scènes de sexe en BD sont souvent d’uniques prétextes de vente, ici, elles justifient le récit tout autant qu’elles sont justifiées par lui. Voilà le parfait exemple du comment être romantique sans être vulgaire.

    Alex Shibao fait lui aussi dans la sobriété. La violence est présente, certes, mais sans exagération de sang quand ce n’est pas nécessaire. Ses plus belles (doubles) planches sont celles du miroir, avec leurs découpages originaux.

    © Shibao, Corbeyran, Marques – Soleil

    Le diptyque Exsangue fait partie du meilleur de Corbeyran. Encore une série que l’on eut aimé pouvoir suivre au long cours. Mais après tout, sa brièveté ne fait-elle pas partie de sa force ?


    Série : Exsangue

    Tome : 2 – La dague

    Genre : Fantastique

    Scénario : Corbeyran

    Dessins : Alex Shibao

    Couleurs : Natalia Marques

    Éditeur : Soleil

    ISBN : 9782302106833

    Nombre de pages : 72

    Prix : 16,50 €


  • Les larmes du Yokai 2 – Histoires de fantômes chez moi
    par Laurent Lafourcade

    Guerre familiale

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    « -Nous avons des prisonniers. Faites soigner leurs blessés et placez les autres en cellule !

    -Ça va ?

    -Il est pas gentil du tout ! Il a dit que j’étais un fils indigne !

    -Et naturellement, vous ne partagez pas cet avis… mon fils ? »

    Sur la route de la province d’Ôji, quatre aventuriers font une halte en lisière de forêt. Caleb a hâte de faire découvrir sa région natale à ses compagnons de voyage. Pendant que John Doglass ramasse le bois nécessaire pour faire chauffer le repas, Caleb initie le jeune Tristan au sabre, afin qu’il parvienne à voir distinctement son Yôkaï. Beryle, la mère de Tristan, n’a qu’une idée en tête : obtenir des informations sur l’assassin de son mari. Dès le lendemain matin, il faut repartir. En arrivant au château familial, ils le trouvent assiégé par des guerriers ennemis qu’ils parviennent à faire fuir. Accueilli assez froidement par sa belle-mère, seconde épouse de son père, Caleb Inari se rend au chevet de ce dernier. Alors qu’il lui demande pardon pour lui avoir volé une larme sans en connaître tous les pouvoirs, le patriarche se réveille.

    © Clément, Renard, Grelin, Benoît – Glénat

    La province d’Ôji était jadis l’une des plus prospères d’Onogoro. Le Seigneur Murami était populaire, aimé. La perte de sa femme l’a anéanti. Submergé de tristesse, le père de Caleb va vivre sous l’emprise de sa seconde épouse tandis que Caleb va partir avec l’héritage des Inari. Ha, le perfide ingrat ! Entre une maîtresse de maison intransigeante et des assiégeurs déterminés, entre combat féministe et brutalité masculine, Caleb et ses compagnons d’infortune vont être les acteurs fortuits d’une rixe dans laquelle ils n’étaient pas prévus. Amis comme ennemis, tout le monde va devoir s’y faire. Rédemption, pardon, exclusion : les relations entre Caleb et son fils vont-elles finir par s’arranger ?

    © Clément, Renard, Grelin, Benoît – Glénat

    Histoires de fantômes chinois est un film hongkongais de Ching Siu-Tung sorti en 1987. Histoires de fantômes chez moi est un album de bande dessinée français de Loïc Clément et Margo Renard sorti en 2025. La comparaison s’arrête au décor et au titre, bien que l’un comme l’autre ait un petit côté parodique décalé. Si la quête de Caleb va s’étaler sur au moins quatre volumes, avec un fil rouge, chaque album a sa préoccupation principale résolue ce qui est fort louable. On est ici au cœur de relations familiales gangrénées. Dans la tourmente, il y aura des sacrifices. Loïc Clément a lu On a marché sur la lune quand il était petit. C’est un album dont on ne ressort pas indemne. On peut y voir dans le final comme un hommage. Les auteurs de BD sont tous, qu’ils le veuillent ou non, des fils d’Hergé. Les couleurs aquarelle de Grelin sont beaucoup plus maîtrisés que sur le tome 1 et on en ressent tout de suite les bénéfices. Après avoir storyboardé le tome 1 et les quinze premières planches de celui-ci, Stéphane Benoît lâche la main de Margo Renard qui se débrouille très bien toute seule. Comme Tristan, on la voit grandir et prendre de l’assurance. Bien joué, autant pour elle que pour ses acteurs de papier.

    © Clément, Renard, Grelin, Benoît – Glénat

    « La tradition prétend qu’on les appelle « Larmes » car elles sont transmises à un fils par son père, sur son lit de mort. Moi, je crois qu’on les appelle ainsi car en brandir une sur le champ de bataille équivaut à fabriquer des veuves et des orphelins. » Chacun pense ce qu’il veut, mais en tous cas, entre les mains de Margo Renard et Loïc Clément, ce sont des Larmes d’action, d’humour et aussi d’émotion. De l’aventure comme il y en a finalement trop peu.


    Série : Les larmes du Yokai

    Tome : 2 – Histoires de fantômes chez moi

    Genre : Aventure

    Scénario : Loïc Clément

    Dessins : Margo Renard

    Couleurs : Grelin

    Début du storyboard : Stéphane Benoît

    Éditeur : Glénat

    ISBN : 9782344053324

    Nombre de pages : 88

    Prix : 16,50 €


  • La vape Derrière le goût, le mensonge
    par Laurent Lafourcade

    La mort au bout des lèvres

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    « -Monsieur le maire, je vous attendais !

    -Salut Daniel. Oublie le « vous », tu es ici chez toi. La commune manque de commerces, ton bar-tabac va apporter une bouffée d’oxygène. »

    « Chez Daniel » est une nouvelle enseigne dans ce petit port de la côte normande. Ça ouvre dans quelques jours. On pourra y acheter la presse, valider les bulletins de loto, et surtout se procurer des paquets de cigarettes et des cigarettes électroniques avec leurs parfums aguichant les plus jeunes. Avant, il fallait faire quinze bornes pour trouver des clopes. Les soirs de match, tout le village pourra se retrouver autour d’un grand écran, de bonnes bières en main. Daniel n’arrive pas seul dans la région. Fraîchement divorcé, il est accompagné de son fils Jérémie, un lycéen de quinze ans. S’il ne voit pas d’un très bon œil le commerce de son père, c’est parce que la maman de sa nouvelle amie Maëlys est morte à cause du tabac.

    © Dambreville, Coudray – Des ronds dans l’O

    Que l’on vende de la vape goût fraise Tagada, melon ou fruit du dragon, c’est clairement pour cibler les jeunes. Daniel ne voit pas le mal. « De toute façon, tabac et vape sont interdits aux mineurs. » De plus, il en est certain, le vapotage est une alternative à la cigarette pour aider les gens à ne plus fumer. En soirée, Jérémie découvre que la plupart des ados commencent en fait par cela. Il se laisse tenter à essayer ce qui met Maëlys dans une colère noire. La situation est plus dramatique qu’il n’en a l’air. Tout est fait pour inciter les jeunes à s’y mettre. Les influenceurs, sponsorisés par les fabricants, font la promotion des cigarettes électroniques. Ces derniers n’hésitent à utiliser l’iconographie manga pour faire tomber des victimes naïves ou faibles dans leurs filets.

    © Dambreville, Coudray – Des ronds dans l’O

    Maëlys et Jérémie vont mener une enquête aux sources de la vape. Il y a trois éléments principaux dans une vape : une résistance, un réservoir à liquide et une batterie. La batterie transmet de l’énergie à la résistance qui chauffe le liquide pour produire un aérosol. Le premier brevet de vapoteuse a été déposé en 2004 à Shenyang, en Chine, avant d’être vendu en 2013 à une société hollandaise qui appartient à… un fabricant de tabac, appartenant lui-même à l’un des cinq plus grands groupes de cigarettiers du monde. Loin d’être ennemis, les vendeurs de cigarettes classiques et de cigarettes électroniques sont les mêmes. Les deux jeunes gens vont creuser leurs recherches et expliquer le programme d’empoisonnement contrôlé par l’industrie, jusqu’au scandale des Puffs.

    © Dambreville, Coudray – Des ronds dans l’O

    Journaliste d’investigation, le scénariste Guillaume Coudray est spécialisé dans les questions santé. Il se met ici dans la peau d’un duo d’ados pour raconter le scandale des vapoteuses. Il raconte tout le côté économique de l’arnaque. Dommage qu’il ne creuse pas un peu plus le côté médical, mais peut-être n’y a-t-il pas encore assez de recul pour ça. Aux dessins, Emilie Dambreville représente le tout en niveaux de gris ajoutant à l’ambiance fumées/vapeurs du récit. Si l’album invite au moins un jeune à ne pas fumer, quoi que ce soit, il aura atteint son but, mais espérons que beaucoup plus seront touchés. Instructivement inquiétant.


    One shot : La vape Derrière le goût, le mensonge

    Genre : Reportage

    Scénario : Guillaume Coudray

    Dessins & Couleurs : Emilie Dambreville

    Éditeur : Des ronds dans l’O

    ISBN : 9782374181653

    Nombre de pages : 104

    Prix : 24 €


  • La confrérie des tempêtes 1 – Thoorak / 2 – Orvann
    par Laurent Lafourcade

    Pirates d’Arathéon

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    « -Ces porcs ont tué toute ma famille !!! J’ai plus personne… Plus personne…

    -Thoorak ???

    -Ce ruffian et moi, on appartient à la Confrérie des Tempêtes. On fait partie des matelots de La Lanterne. Si tu veux, tu peux venir avec nous. Des orphelins, y’en a quelques-uns sur notre rafiot. (…) Seulement, décide-toi maintenant. Le bateau quitte le port dans l’heure. Et on a tué quatre gard. Faut pas qu’on traîne. »

    A douze ans, elle ignorait tout des vérités crasseuses de la vie en mer. Elle, ce qui l’intéressait, c’était servir à bord d’un navire de la confrérie des tempêtes pour partir à l’aventure et remplir les cales d’or. Y parviendra-t-elle ? En attendant, la vie va forger Agora, comme ce jour où elle échappera de peu au massacre de sa famille après que son père lui a offert un médaillon pas comme les autres, qui se confie de génération en génération. La gamine est sauvée in extremis par Thoorak, un orc imposant (pléonasme), qui met en déroute les assassins. Tout de suite, il la prend sous son aile et lui propose de rejoindre la confrérie des tempêtes, et en particulier les matelots de la lanterne, sur leur rafiot. Ce qu’Agora ignore encore, c’est que Thoorak ne se trouvait pas là par hasard. Agora n’a que sa vengeance en tête. Elle ne compte pas laisser impuni les crimes des siens.

    © Lorusso, Cordurié, Istin, Héban – Oxymore

    En attendant de retrouver les personnages de ce premier épisode au volume 6, le deuxième tome de la confrérie démarre dans une auberge de Port-Aube, sur l’île d’Atennfeld. Orvann boit comme un puits sans fond. Tant qu’il paye, que peut lui reprocher le tavernier ? Bref, après une bonne bagarre, le soulard est jeté dehors. Depuis quelques temps, il est devenu une épave, lui, un ancien cador de la confrérie. L’alcool l’a transformé en loque. Il traîne aujourd’hui sa misère telle une coquille vide. Devenu gardien de phare, tout va dégénérer pour lui le soir où trois navires vont s’échouer et leurs équipages périr corps et âmes. Tenu pour responsable, il est mis au cachot. Il ne va pas tarder à apprendre que tout cela était un coup monté pour que ces navires n’accostent jamais. Reste à savoir à qui profite le crime.

    © Créty, Cordurié, Istin, Nanjan – Oxymore

    Qui arrêtera Jean-Luc Istin ? Personne, on l’espère. Après avoir dépoussiéré l’héroïc-fantasy dite « classique » avec les séries du Monde d’Aquilon, après avoir donné un coup de vieux à ce clacissisme avec l’improbable et impeccable mixage avec le Western dans West Fantasy, voici qu’il renvoie Jack Sparrow dans les filets en réinventant la piraterie dans une Héroïc-piraterie, ou une Pirate Fantasy si vous préférez, magistrale. Sylvain Cordurié co-scénarise le premier épisode et prend en charge tout seul le deuxième.

    © Lorusso, Cordurié, Istin, Héban – Oxymore

    Dans le monde d’Arathéon, entre les océans d’Atiama, d’Oséïm et celui des tumultes, les îles de Monterock, Vinterland, Hortenborg, Warclaw ou autres Atennfeld offrent aux loups de mer des décors aussi féériques que crasseux. Les dessinateurs de ces deux premiers tomes, Giovanni Lorusso et Stéphane Créty ne se moquent pas des lecteurs. Dans leurs dessins minutieux, il y a de quoi voir dans tous les coins. Dans le tome 1, l’arrivée à la cascade de la Banque du Gouffre est inoubliable. Dans le tome 2, l’attaque du Kraken restera dans les annales.

    © Créty, Cordurié, Istin, Nanjan – Oxymore

    Thoorak, ou La vengeance est un plat qui se mange froid, Orvann, ou La tête de turc, inaugurent La confrérie des tempêtes. Embarquez à bord. Vous n’aurez plus envie de toucher terre… sauf pour trouver un trésor.



    Série : La confrérie des tempêtes

    Tomes : 1 – Thoorak/ 2 – Orvann

    Genre : Héroïc-Fantasy Pirate

    Scénario : Sylvain Cordurié & Jean-Luc Istin / Sylvain Cordurié

    Dessins : Giovanni Lorusso / Stéphane Créty

    Couleurs : Olivier Héban / Nanjan

    Éditeur : Oxymore

    ISBN : 978238561-0975/-1071

    Nombre de pages : 72 / 56

    Prix : 17,95 € / 16,50 €


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