Bluette pour Arabesque
« -$£¤%… de bourrique nordiste ! Elle se croit tout permis !… Fricoter avec la monture du général Lee ! Beuark !
-Bah ! Un peu d’amour dans ce monde de brutes… Ça ne fait pas vibrer ta fibre sentimentale ?
-Du sentiment chez Cancrelat ? Autant chercher un planqué galonné sur un champ de bataille !
-Navré ma jolie, mais en temps de guerre, il n’y a pas de place pour les bluettes ! Allez, ouste ! »
Alors que Chesterfield cherche dans l’infirmerie si son camarade Blutch ne ferait pas partie des blessés ramenés de la dernière charge, ce dernier et son cheval Arabesque font les morts au milieu des cadavres sur le champ de bataille. Pendant que les confédérés inspectent les lieux de l’assaut, Arabesque se relève et tombe en pamoison devant Traveller, le cheval du Général Lee. Après avoir tenté de la chasser, le gradé, n’ayant pas le cœur de séparer les tourtereaux, décide de la ramener au camp avec eux. Ça fera toujours une monture de plus pour la cavalerie. Observant discrètement la manigance, Blutch, fusionnel avec sa bête, n’a pas l’intention de laisser faire. En pleine nuit, il la récupère. Mais, deux problèmes : Traveller, cheval amoureux, file avec eux, et Cancrelat tente de les rattraper.

Si chez les Confédérés, le Général Lee déprime de la disparition de son canasson (Un seul être lui manque et tout est dépeuplé), chez les Yankees, on se réjouit de cette prise de guerre. L’Etat-Major se félicite de l’avantage psychologique que cela donne à l’armée nordiste, Lee vouant une adoration sans borne à la bête. Le priver de son cheval est une tactique qui pourrait payer. Pour une fois que Blutch est félicité pour quelque chose. La contre-offensive va pouvoir être lancée. Sera-t-elle à la hauteur pour le Capitaine Stark ? Les Confédérés resteront-ils abattus ou reprendront-ils du poil de la bête ?

Fred Neidhardt est pour la troisième fois au scénario de cette mythique série qu’est Les Tuniques Bleues. Dans le plus pur respect du travail de l’immense et regretté Raoul Cauvin, il mêle le grand contexte historique à la comédie de boulevard tant les dialogues relèvent de cet art théâtral. C’est toujours avec la même émotion que l’on lit les planches dessinées par Willy Lambil, avec une pointe de nostalgie pour la période où il était au meilleur de sa forme. Ce serait bien qu’il prenne un assistant pour l’épauler et le former à son style d’une ligne presque claire, symbole de ce que l’on appelait l’école de Marcinelle. M’enfin, à plus de 90 ans, le dessinateur a le mérite de tenir la barre et, comme les meilleurs soldats, de partir au front.

Les bleus sont sur la corde raide et Arabesque est sur la rose. Love Story équine, ce soixante-dixième album des Tuniques Bleues est lancé au triple galop.
Série : Les Tuniques Bleues
Tome : 70 – Les bleus sur la corde raide
Genre : Aventure humoristique
Scénario : Fred Neidhardt
Dessins : WillyLambil
Couleurs : Leonardo
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808513616
Nombre de pages : 48
Prix : 12,95 €



