Une journaliste à la campagne
« -Bonjour ! C’est pour…
-Et s’ils viennent chez moi, ces abrutis, je m’en fous, je sors la carabine !
-Il me faut un carnet de timbres.
-Tu leur achètes bien des granules, hein, aux abrutis !
-Et alors ? Ça ne les autorise pas…
-Des timbres, s’il vous plaît !
-Pas de conneries, les gars, le GSC fait des rondes tous les soirs. Demandez à Alfred pour les rejoindre…
-UN CARNET DE TIMBRES ! NOM DE NOM !
-Faut pas vous énerver comme ça, ma p’tite dame, c’est un endroit tranquille ici… »
Un camion de déménagement arrive près d’une maison isolée de Champignac. La nouvelle locataire des lieux l’attendait avec impatience. Elle va pouvoir poursuivre son installation avec les cartons amenés. Cette impatiente, nous la connaissons bien, elle s’appelle Seccotine et est journaliste pour le Moustique. Elle ne restera pas longtemps seule. Un chat noir s’incruste dans la maison. Le lendemain, la jeune femme blonde part faire quelques emplettes à vélo dans le bourg. Sur Radio Champignac, le journal annonce que des bêtes ont disparu dans plusieurs fermes du canton. Au bar, on ne parle que de ça. Seul Dupilon, ce poivrot, ne semble pas préoccupé par l’affaire. A la boulangerie, le sujet divise les clients. Une vieille dame se sent plus en sécurité grâce au GSC, le groupe pour la sécurité de Champignac, que d’autres jugent fasciste. Seccotine apprend que ce fameux GSC est constitué de fermiers et de chasseurs de Champignac se relayant pour surveiller les fermes la nuit. Ils ne sont pas très copains avec les employés hippies vegans d’Arthur Nature, fabricant des granulés bio, accusés de libérer les bêtes.

De retour chez elle, Seccotine reçoit un appel de Spirou qui lui propose de réaliser un reportage sur ce sujet pour la semaine suivante, ce qu’elle accepte évidemment. Elle commence par aller visiter l’usine de granulés. Pour Colette qui la guide, les fermiers du GSC enlèvent leurs propres bêtes pour toucher l’argent des assurances. Pour Alfred, l’épicier, le GSC n’a rien à voir avec ça. Il invite Seccotine à l’accompagner pour une ronde le soir-même. La journaliste va remarquer ce soir-là que c’est peut-être sur une toute autre piste qu’il allait falloir partir. Le lendemain, en se rendant au château de Champignac afin de récupérer l’ordinateur qu’elle a laissé chez le comte après l’affaire Korallion, elle se trouve aux prises avec un mystérieux cambrioleur.

Après Zorglub et le Comte de Champignac, c’est au tour de Seccotine d’avoir sa propre série. Elric connaît bien l’univers de Spirou puisqu’il a dessiné La baie des cochons, et en prépare actuellement un autre. Quant à Sophie Guerrive, elle est déjà au co-scénario de la série principale avec Benjamin Abitan pour Olivier Schwartz. Des échos y sont d’ailleurs faits puisque l’action se passe après l’affaire Korallion racontée dans La mort de Spirou et La mémoire du futur. Les lecteurs fidèles apprécieront la relation. Guerrive aborde des thèmes d’actualité, comme l’auto-justice ou le « terrorisme » vegan, bien que le sujet soit traité ici de manière beaucoup moins violente que dans un manga comme Darwin’s incident. Elric dépouille un brin son trait. On aurait aimé parfois un peu plus de densité dans les décors. Ce n’est pas gênant en soi. La part belle est faite à l’intrigue.

Après être apparue dans La corne de rhinocéros et avoir connu la gloire grâce à son reportage du Nid des Marsupilamis, Seccotine est enfin l’héroïne de sa série. Avec cet angle plutôt polar, le Spirou-verse se développe encore un peu plus.
Série : Seccotine
Tome : 1 – Mystère à Champignac
Genre : Aventure
Scénario : Sophie Guerrive
Dessins & Couleurs : Elric
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808506830
Nombre de pages : 64
Prix : 13,50 €



