Retrouvailles inattendues
« -Vous êtes nouvelle sur Monde Rouge, n’est-ce pas ? Une visite touristique ? Attirée par les jeux ?
-Ça fait b… beaucoup de questions.
-Désolé, je suis un irrécupérable curieux. (…) Je suis un voleur très honnête. D’ailleurs, je vous ai rendu vos pierres. Par contre, si vous avez deux ou trois petites pièces en trop, je veux bien.
-Mhhh… J’ai peut-être un travail pour toi : il me faut quelqu’un qui connaisse bien ce m… monde… »
En soif de vengeance, Sangre poursuit son voyage interplanétaire à la poursuite de celles et ceux qui ont assassiné son frère et son père, et enlevé sa mère. La voici arrivée sur Monde Rouge, une lune orbitant parmi d’autres autour d’une géante gazeuse. Dans ce monde du jeu, on y exploite des minerais métalliques. La surface est inhospitalière. La vie s’est développée dans les failles et anfractuosités de la roche, à l’abri du vent. Sur cette planète, malheur à qui fait montre de violences. Il se trouverait immédiatement dévoré par un essaim d’insectes voraces ne laissant que les os de leur cible. C’est donc sur Monde Rouge que Sangre, accompagnée de Loup, rencontre Lorne, un pickpocket à qui elle demande un coup de main.

La cible de Sangre est Rugleïs l’ogre. Tout lui appartient ici. L’ancien mineur a fait fortune. Il l’a décuplée en investissant dans les casinos et en rachetant les mines. Il ne fréquente pas les lieux de gagne-petit. Si on veut le trouver, c’est au palais des magnificences. Pour l’aborder, la jeune femme joue, et triche pour gagner, ce qui attire l’attention. Elle se retrouve captive du bourreau de sa famille. Elle ne s’attend pas encore à la rencontre inattendue qu’elle va faire, une retrouvaille qu’elle ne pouvait imaginer faire dans de telles conditions et lui démontrant que l’on ne connaît jamais assez les gens, mêmes les plus proches de soi.

Plus rude que les séries d’heroïc-fantasy plus classiques de l’univers Arleston, plus sérieuse aussi, exit les calembours habituels du scénariste, Sangre est un récit à la Kill Bill. Même si l’on sait que l’héroïne s’en sortira toujours et anéantira ses ennemis, la problématique reste toujours de savoir comment. Pour cet épisode, Arleston rivalise d’ingéniosité en imaginant un piège diabolique. Au dessin, Stefano Vergani fait le job. Si les décors étaient un peu plus présents ce serait parfait. Les cases manquent trop souvent de seconds plans, mais, heureusement, peuvent se reposer sur l’assurance de la mise en couleurs de Hugo Poupelin qui les habille.

« Même centenaire, la vengeance garde ses dents de lait. » Sangre a du bien se les brosser parce que la blonde a bien du mordant. Implacable.
Série : Sangre
Tome : 5 – Rugleïs l’ogre
Genre : Héroïc-Fantasy
Scénario : Christophe Arleston
Dessins : Stefano Vergani
Couleurs : Hugo Poupelin
Éditeur : Soleil
ISBN : 9782302102798
Nombre de pages : 60
Prix : 16,50 €



