L’usurpateur augmente d’un cran
« -Tu es venue dans l’espoir de te faire du fric… Ça, ok, je comprends… Et peut-être que je peux t’aider. Mais dis-moi : pourquoi je le ferais ? Tu crois pouvoir me faire chanter ? Raconter que je ne suis pas Eddie Pump ? Mais qui te croirait ? Tu n’as aucune preuve, et ici tous me connaissent et m’apprécient. Toi, tu es une étrangère tout juste débarquée… Compte tes chances, cousine ! En fait, tu as tout intérêt à ce qu’on fasse alliance… Reste à savoir ce que moi, j’aurais à y gagner…
-Tu veux que je reparte ?
-Pas sûr… Tu peux m’être utile. Laisse-moi le temps de réfléchir… »
Après s’être appropriés les papiers d’un cadavre, Eddie a fait son trou dans cette petite ville où il est à la fois le pote du shérif, le proprio du saloon et le patron d’un bordel. Il bénéficie d’une côte de popularité exceptionnelle. Il s’appelle donc dorénavant Eddie Pump et est censé être le neveu de feu-Clémentine Pump. Venue de Chicago, Elisabeth, alias Betty, elle, est vraiment la nièce de la défunte. Mais elle se fout de sa tante. Ce qui l’intéresse, c’est le pognon. Elle a donc trouvé en Eddie l’acolyte qu’il lui fallait. Va-t-elle le faire chanter ? Peu probable. Pourquoi la population croirait une étrangère ? Eddie lui propose donc une alliance.

Pour un cadavre à cacher et un innocent à faire accuser, les deux font la paire. La dame n’avait qu’à pas se montrer trop dubitative sur l’identité d’Eddie. Rapidement, les complices deviennent amants et leur terrain de jeu va aller au-delà de la ville. En effet, la tante morte était propriétaire d’un hôtel en ruines isolé dans la Vallée des Serpents, aux côtés duquel coule une rivière. Les escrocs de l’Ouest ne vont pas tarder à y voir un nouveau moyen de développer leur business. Pump serait-il en passe de devenir un homme d’affaires ? De Pump à Trump, il n’y a que quelques lettres de différences. Pour ceux qui l’ignoreraient, il y a bel et bien un rapport entre eux.

D’origine allemande, le grand-père de Donald Trump a débarqué aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle alors qu’il n’avait que seize ans. Il ouvre un hôtel-restaurant puis un saloon, avec bordel, pour les chercheurs d’or canadiens du Klondike. C’est Nicolas Anspach, l’éditeur, qui a eu l’idée de suggérer à Rodolphe de s’emparer de cette anecdote pour écrire une fiction totale dans laquelle on retrouverait les mythes fondateurs de la grande histoire de l’Ouest. Le scénariste s’est affranchi de toute contrainte historique par rapport à la famille du président pour signer le destin d’un bonimenteur sans scrupules. Le pas qu’il y a de Trump à Pump vient de Jo, Zette et Jocko, l’autre série de Hergé où les enfants ont eu à faire avec le testament d’un milliardaire nommé M.Pump. Avec son trait entre Mezzomo et Léo, et ses couleurs jaunies par les nuages de poussière sèche, Laurent Gnoni parvient à susciter de l’empathie pour un héros, ou plutôt un personnage principal, qui a tout pour qu’on le déteste.

Une si belle histoire pour un si gentil garçon… Il ne va pas y avoir à beaucoup creuser pour qu’Eddie Pump montre, en cachette, son véritable visage. Le personnage pousse les limites. Pump est un western mâtiné d’escroquerie où tous les coups sont permis, du moment qu’ils ne sont pas faits en surface. Machiavélique.
Série : Pump
Tome : 2 – Une si belle histoire…
Genre : Western
Scénario : Rodolphe
Dessins & Couleurs : Laurent Gnoni
Éditeur : Anspach
ISBN : 9782931105573
Nombre de pages : 48
Prix : 15,50 €



