De cape et de sorcellerie
« -Tu peux m’apprendre d’autres secrets sur les plantes ? Comment elle s’appelle, celle qui fait pousser de beaux cheveux ?
-C’est le romarin, mon cœur.
-Et celle qui fait passer la nausée ?
-Le gingembre.
-Ça pique, le gingembre !
-C’est vrai, tu as raison.
-C’est dans ce livre que tu as appris tout ça ?
-Dans celui-là… et tous les autres ! Nous nous les transmettons de mère en fille depuis des générations.
-Mais ceux-là, tout en haut, tu ne les lis jamais.
-Ah… Ceux-là renferment des textes puissants… Mais aussi dangereux. Il ne faut pas y toucher !
-Pourquoi on les garde, alors ?
-Parce qu’il peut y avoir du bon là où on ne l’attend pas, ma chérie. Et on ne sait jamais d’où l’aide peut venir. »
Automne 1630, la petite Avila et sa mère Anis vivent à l’écart du village, dans leur maison adossée à la falaise. Anis connaît les secrets des plantes et les inculque à sa fille. Douze ans plus tard, à l’été 1642, on retrouve Avila qui a bien grandi. Elle vend ses préparations à la troupe d’un Illustre Théâtre qui donne une représentation de leur pièce L’Avare sur la place publique. Elle habite toujours la maison familiale, seule depuis que sa mère a disparu. Seule ? Pas tout à fait. Elle dialogue avec son ombre, Astor, qu’elle accuse de lui avoir causé des ennuis ces dernières années. Au même moment, dans les bois, Timothée, un jeune homme, compte les pièces de la bourse qu’il vient de dérober. Il est surpris par une bande de malandrins qui lui propose de les rejoindre.

Le Cardinal de Richelieu reçoit la visite de Bellarmin, une éminence grise, le prévenant qu’il rôde dans les campagnes une étrange jeune fille qui hante les bois la nuit, prépare des breuvages d’herbes empoisonnées, parle avec les ombres, fouille dans le feu à mains nues et bien d’autres choses. Elle est dangereuse. Ce serait une sorcière. Sur la rive d’un ruisseau, les destins d’Avila et de Timothée vont se croiser pour ne plus se quitter. Vendus tous les deux par les brigands au Comte de Langeac, ils trouvent en lui un homme d’une grande bonté, au destin brisé. En Avila, il reconnaît le visage de l’un de ses amours passés. Très vite, la jeune femme va comprendre qu’il s’agit de sa mère. Serait-elle encore vivante ?

Après l’excellent Le beau parleur, Teresa Radice et Stefano Turconi sont de retour pour un conte moyenâgeux qui pourrait devenir un classique au-même titre qu’une Blanche-Neige ou une Belle au Bois Dormant. Seulement, voilà, les temps ont changé. Heureusement qu’il reste des passeurs de rêves comme les auteurs de cet album pour nous en offrir de nouveaux, aidés en cela par un narrateur vagabond qui a un petit quelque chose de Léonard Langue-Agile des 7 vies de l’épervier. Dans un réalisme souple et des couleurs doucereuses, Radice et Turconi dédicacent le livre à leur fille de 17 ans, le même âge qu’Avila. Elle ne pouvait avoir plus beau cadeau. En fin d’album, une liste de musiques à écouter pour rester dans l’ambiance est proposée. Regardez-là avant de commencer pour une illustration sonore.

Encombrée par son ombre bavarde avec qui elle a scellé un pacte, Avila cherche sa mère en fuyant le chasseur à ses trousses. Conte ensorcelé, conte ensorcelant, Avila est une histoire d’amours avec plusieurs « s » au bout.
Titre : Avila
Genre : Aventure moyenâgeuse
Scénario : Teresa Radice
Dessins & Couleurs : Stefano Turconi
Collection : Treize étrange
Éditeur : Glénat
ISBN : 9782344065044
Nombre de pages : 208
Prix : 25 €



