Classique éternel
« -Bonsoir ! Je ne dérange pas ?!
-Ha, aaah ! Que voilà un costume rouge que je connais ! J’espère que vous n’avez pas à vous plaindre de ce costume de magicien que je vous ai vendu avec tous ses pouvoirs et sa baguette magique ! ? Que puis-je pour vous à cette heure tardive, mon cher ami ? Ah, je vois. Je vois que cette jolie poupée a très mal à la tête ! N’est-ce pas, Docteur !
-Oui, je… C’est bien ça ! »
Alors qu’il rentre chez lui et que la nuit est déjà tombée, le Docteur Poche rencontre un bossu qu’il connaît depuis sa toute première aventure. La créature tient une poupée dans les mains. Elle a eu un accident qui lui a fracassé le crâne. Il faut la soigner mais on ne doit pas savoir d’où elle vient, ni qui elle est. La poupée implore le médecin de l’aider. Il l’amène chez un marchand de poupées, celui même qui lui avait vendu son costume de magicien. Le vendeur connaît bien ce modèle fabriqué dans les Carpates pour des clientes anglaises. Une fois la tête pansée, le Docteur Poche ramène la poupée chez lui, mais elle le supplie de la ramener en Angleterre afin de retrouver Alice, sa propriétaire.

Quelques jours plus tard, le Docteur et la poupée embarquent pour l’autre côté de la Manche. Rendez-vous chez Sir Darwin qui a convié quelques amis, Einstein, Proust et un certain Lewis Carroll, poète, écrivain, photographe. Ce dernier connaît bien la fameuse Alice qu’il a maintes fois photographiée. Elle vit chez sa tutrice Lady Harper, une vieille dame acariâtre, jalouse de tout et en particulier de sa nièce, destinée à hériter de son domaine. Lewis conduit les deux voyageurs sur place avant de s’éclipser. La vieille Harper le déteste à cause de l’amitié qu’Alice lui porte. L’accueil est très froid, voire moqueur. Conduit au donjon, le Docteur Poche rencontre Alice et une autre petite fille qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau physiquement mais qui a un caractère exécrable. Demain soir, c’est le bal des sorcières. Qui de Alice ou de son double en sera la reine ?

Ce dix-septième album du Docteur Poche est le commencement d’une quatrième vie pour lui. Après 9 albums chez Dupuis, 5 chez Casterman, 2 chez Mosquito, le voici chez Anspach pour un hommage à Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Marc Wasterlain, l’un des derniers géants de la fin d’un âge d’or pour la bande dessinée franco-belge, en profite pour jeter un regard en arrière sur son œuvre. Les allusions sont nombreuses aux albums de ses débuts. Outre sa petite souris Tanenbaum, on retrouve Albert, le majordome de Il est minuit, Docteur Poche, qui dort dans son horloge. Dans un rêve, le héros revoit Robert, son frère de lait, et Ti-Hué, qui vit dans ses pensées depuis Karabouilla. Un vol d’hommes-papillons passe au-dessus de l’homme en rouge dans la forêt de crayons. Un singe ne fait pas des manières mais éteint des feux. Mademoiselle Zoé et son chat sont invitées au bal.

Docteur Poche est l’une des plus merveilleuses séries qui n’ont jamais été créées. Ses premiers albums sont mythiques. Espérons que ce renouveau ne reste pas éphémère car même les enfants des années 2020 ont le droit de rêver.
Série : Docteur Poche
Tome : 17 – Les jardins d’Alice
Genre : Aventure fantastique
Scénario & Dessins : Marc Wasterlain
Couleurs : Oriana Wasterlain-Esposito
Éditeur : Anspach
ISBN : 9782931105535
Nombre de pages : 48
Prix : 15,50 €
© Wasterlain – Anspach



