Deux frères métis et la guerre…
« -George ! Charley ! Dieu soit loué !
-Bonjour, père.
-…Père.
-La guerre est donc finie pour qu’elle me rende mes fils ?
-La guerre continue, père. Nous avons été faits prisonniers. Des mois que nous croupissons dans une prison yankee à Saint-Louis…(…)
-Leur foutue guerre, je m’en fiche. Bienvenue à la maison, les gars ! »
Ce jour-là, Charley et George Bent rentrent chez eux, dans le Colorado. Old John n’espérait plus voir revenir ses fils de la guerre. Elle n’est pas finie. Ils ont été faits prisonniers et ont croupi pendant des mois dans une prison yankee, à Saint-Louis. Ils ont été libérés parce qu’ils ont signé une promesse de ne plus jamais prendre les armes contre l’armée de l’union. Le problème est que l’état du Colorado vient de faire allégeance à l’union. Les frères Bent seront toujours considérés comme des salopards de confédérés. Ils sont métis. Leur mère, Owl Woman, est une Cheyenne. Alors que les relations entre les colons et les indiens sont plus que tendues, ils décident d’aller la rejoindre, à Sand Creek, le campement de Black Kettle, le seul village Cheyenne encore Pacifique.

Nous sommes en septembre 1864. Seul George va finalement aller retrouver la tribu. Pour Little Fox, il est Oncle Black Bird. Sa mère l’accueille à bras ouverts. Il promet de rester avec elle. Il est prêt à défendre les intérêts des indiens, à tout prix, contrairement à Charley, alias Funny Mole pour les cheyennes, qui ne voulait plus tenir d’arme. Du côté de l’armée Yankee, on s’apprête à proposer un accord de protection à la tribu. Les autochtones ne sont pas dupes. Ils savent que le gouverneur du Colorado a levé un régiment de volontaires pour tuer les indiens. Alors que Charley est arrivé à demi-inconscient sur son cheval, le groupe de Sand Creek ne sait plus s’il peut faire confiance aux blancs. Les cheyennes restent sur leurs gardes.

Patrick Prugne raconte un nouveau pan de l’Histoire douloureuse de la colonisation de l’Amérique. Alors qu’à cause de la série Les Tuniques Bleues ont a toujours pris la guerre de Sécession comme une division manichéenne entre les gentils yankees du Nord et les méchants confédérés du Sud, on se rend compte que la réalité est bien plus complexe que cela. Même dans le camp des soi-disant gentils, il y avait des bourreaux. Le colonel John Milton Chivington était de ceux-là. Dans les pages complémentaires, Patrick Prugne dresse le portrait de tous les protagonistes du drame raconté dans cet album.

Cheyenne est le huitième récit que Patrick Prugne consacre aux indiens d’Amérique du Nord. Il confirme ses performances de dessinateur et de coloriste dans un récit que l’on aurait préféré qu’il ne soit qu’une fiction. Dramatiquement historique.
Titre : Cheyenne
Genre : Histoire
Scénario, Dessins & Couleurs : Patrick Prugne
Éditeur : Daniel Maghen
ISBN : 9782356742599
Nombre de pages : 96
Prix : 19,50 €



