Steampunk race
« -Monsieur Carver, j’ai une proposition à vous faire.
-Dans ce cas, ma petite dame, vous pouvez m’appeler Lew.
-Ne prenez pas ce ton-là avec moi, « Lew ». Je ne suis pas une de ces donzelles que vous pouvez facilement impressionner.
-Vraiment… ?
-J’ai besoin d’un pilote.
-Maddie, ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour discuter avec Monsieur Carver.
-Je ne fais pas de courses privées, Mam’zelle Maddie.
-Oh, ce que je vous propose est tout sauf privé. »
Début du XXème siècle. Paris, concours Lépine. Une ingénieure présente une lampe révolutionnaire qu’elle vient d’inventer. Le prototype que montre Maddie Clarke est le « gear », un générateur d’électricité aérobique récursif. Ce dispositif portable est capable de produire de l’électricité pendant plusieurs jours. De l’électricité en bouteille ? Le public est dubitatif. La démonstration est un fiasco. L’invention explose. Il en faut plus pour décourager Maddie. Dans un article de journal, elle apprend qu’une course est organisée aux Etats-Unis, une course automobile dont le vainqueur bénéficiera d’énormes subventions publiques pour développer sa technologie. Voilà le moyen de montrer au monde l’intérêt de son invention. Maddie embarque aussitôt sur un paquebot avec son père. Les Etats-Unis seront-ils la terre de ses opportunités ?

En assistant à un spectacle de voltige à moto, Maddie Clarke fait la connaissance de Lewis Carver, alias le trompe-la-mort. L’homme défie les lois de la gravité dans des figures dangereusement impressionnantes. L’ingénieure lui propose de participer avec elle à ce qui s’annonce être la course la plus médiatisée de tous les temps, celle qui déterminera quelle solution de mobilité sera soutenue par le gouvernement des Etats-Unis. Moyennant finances, Carver accepte le défi, lui qui prétend toujours gagner. En quelques jours de mécanique, la bécane du motard est équipée du « gear ». Le ministre des transports en personne arbitre la compétition. Plusieurs compagnies sont en lice pour remporter le challenge. Le fair-play sera-t-il au rendez-vous ?

L’équipée du siècle est l’aventure steampunk d’un monde en pleine mutation. A l’heure où les ressources naturelles mettent la planète à feu et à sang, au moment où l’on se demande qu’elle est l’énergie la moins coûteuse et la plus judicieuse pour les automobiles, l’histoire déplace le problème dans un univers rétro-futuriste qui permet de prendre un certain recul sur la question. Mais avant tout, Dominique Latil écrit une course motorisée à la manière des Fous du volant, sans le côté déjanté de la série. Il met en scène un duo improbable, le genre de personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer et qui font l’originalité de l’histoire. Dans un style semi-réaliste dynamique, Romain Sordet mène l’action tambour battant, allant jusqu’à jouer avec les onomatopées qui font partie prenante du graphisme.

L’équipée du siècle est un one shot qui a tout pour devenir le premier tome d’une future série. Maintenant que l’univers est en place, même si l’histoire est complètement auto-suffisante, on attend de nouveaux défis courso-technologiques pour Lew et Maddie.
Titre : L’équipée du siècle
Genre : Aventure
Scénario : Dominique Latil
Dessins & Couleurs : Romain Sordet
Éditeur : Bamboo
Collection : Drakoo
ISBN : 9782382331897
Nombre de pages : 64
Prix : 16,90 €



