Trop de monde dans l’arène ?
« -Bonjour, je suis le professeur Drake. Vous avez demandé à me voir avec insistance. Rappelez-moi votre nom ?
-Ne joue pas à ça avec moi, Darwin… Tu n’as certainement pas oublié qui je suis.
-Alors c’est vraiment toi… Je te pensais mort et enterré depuis bien longtemps, Noah. »
Une voiture passe en force le pont pour se rendre à New-Eden. Son conducteur est rapidement arrêté par les agents de sécurité. A son bord, Noah Willis, ancienne star de l’UWC, disparu pendant les Green Griots, ne fait aucune résistance. Le mentor de Beck, malade, demande à parler au professeur en biogénétique Darwin Drake. Il semble avoir des choses à régler avec lui. Le médecin a pris la succession de son père qui rêvait d’immuniser l’espèce humaine contre toute forme de virus, une quête d’immortalité en somme. Pour le fils, une civilisation immortelle aurait des conséquences dramatiques pour la planète. C’est pour cela que, grâce à la Seed, il contrôle et régule l’espèce humaine. Entre les mains de Darwin Drake, l’être humain serait-il devenu une souris de laboratoire ?

A la Nesa, académie des sports de New-Eden, Beck, dix-huit ans ou tout comme, a intégré la section des combattants d’élite. Adepte des sports de combat, elle a fait ses preuves dans l’octogone de Bajara. Ici, à l’issue des sélections, elle peut prétendre à obtenir une White Card afin d’intégrer le circuit professionnel de la ligue des combattants pour participer au prochain tournoi de l’UWC. Sinon, rien n’est perdu, elle pourra toujours suivre un cursus au sein de l’école. Les places sont chères. Les camarades de promotion ne vont pas lui faire de cadeau. Assez effrontée face aux encadrants, dans l’arène, Beck maîtrise l’intensité de ses coups et anticipe ceux de l’adversaire. Sera-ce suffisant pour gagner ?

Moins pour surfer sur la mode du MMA que pour traiter de génétique, Mathieu Reynès brouille les pistes avec La théorie du K.O., série foncièrement post-Covid qui dénonce l’exploitation de l’homme par l’homme. L’intelligence artificielle s’ajoute à la problématique. Dans un format inédit à la frontière du manga et du comics, l’auteur questionne sur l’avenir de l’humanité. Sommes-nous trop sur Terre ? Qui peut décider du futur de chacun ? En quoi médecine et politique entretiennent-elles des liaisons dangereuses ? Et en façade de tout ça, il y a le sport, nécessaire opium du peuple. Comme toute bonne fiction, La théorie du K.O., c’est une histoire de destins, ici l’histoire de deux écorchés vifs, Beck d’un côté et Noah de l’autre. Reynès manga-ise légèrement son trait, y apportant du dynamisme, mais aussi de l’humour, dans un récit se voulant rassembleur aussi bien dans le fond que dans la forme.

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » Le moins que l’on puisse dire, quand il a écrit ces vers, c’est que Charles Baudelaire n’avait pas dû aller à New-Eden.
Série : La théorie du K.O.
Tome : 2 – Bienvenue à New-Eden
Genre : Thriller
Scénario & Dessins : Mathieu Reynès
Éditeur : Vega
ISBN : 9782379503061
Nombre de pages : 200
Prix : 12,50 €



