Marvel et DC n’ont qu’à bien se tenir !
« -Chut !… J’aperçois deux ombres près de l’Epargne Raminagrovilaine !
-A cette heure tardive, ce ne sont sûrement pas des facteurs !
-Tu as raison… Je vais les cueillir en piqué et sans sommation ! »
Dans une ferme des environs de Raminagroville, par un soir sans lune, un couple âgé se prépare à aller se coucher, encore effrayé par le film d’épouvante qu’ils viennent de regarder. C’est un ectoplasme qui se présente alors à eux, exigeant leur ferme pour une bouchée de pain sous peine de venir chatouiller leurs pieds tous les soirs. Chacune des nuits suivantes, le fantôme terrorise et fait main basse sur une exploitation du coin. Un par un, tous les paysans quittent leurs fermes sous les yeux interloqués de Supermatou et de son chien. En se rendant sur place, le justicier découvre le responsable de l’exode. Il s’agit d’Agagax, le bébé malfrat, qui s’est emparé de toutes les exploitations pour avoir à sa disposition tout le lait nécessaire à sa consommation. Supermatou parviendra-t-il à remettre chacun à sa place ?

Le facteur sonne au domicile des Minet. Il apporte un paquet. Une fois déballé, les parents Minet découvrent le portrait d’un gentilhomme du siècle dernier dans un décor au romantisme échevelé. Il y a une place libre sur le buffet. Le tableau y sera du plus bel effet. C’est en début de soirée que la mère de Modeste Minet, alias Supermatou (mais ça ils ne le savent pas), se rend compte que le personnage a cligné de l’œil. Robert, le chien, n’est pas sans remarquer l’atmosphère étrange régnant sur la maison. Dans la nuit, le personnage disparaît du tableau. Le lendemain matin, il y est de retour et les parents retrouvent le salon tout en désordre. Pendant ce temps, Modeste et Robert, sortis avec leurs costumes de justiciers dans la nuit, sont cloués au lit par le rhume. Le promoteur immobilier qui veut racheter la maison de la famille aurait-il un lien avec ces événements mystérieux ?

Ces histoires sont la première et la dernière des quarante-cinq récits qui composent cette deuxième et dernière partie de l’intégrale des aventures de Supermatou, héros mythique s’il en est de la grande époque de Pif Gadget, signées de l’incomparable et regretté Jean-Claude Poirier, et dont la fille Bilitis réhabilite la mémoire. Cette intégrale n’est pas une pépite mais une mine d’or. Tout est rond chez Poirier, le trait, le lettrage, le scénario même. Son trait n’a pas fait école. Il n’appartient qu’à lui ce qui lui incombe quelque chose de magique, à la fois rassurant et énigmatique, incroyable, comme quand il dessine une télévision. Inatteignable.

Les éditions Revival font là un travail patrimonial inestimable, remettant en lumière un auteur injustement oublié. Il n’y a plus qu’à espérer qu’après les intégrales de Supermatou et de Horace cheval de l’Ouest (dont il reste un tome à paraître), les autres œuvres de Poirier comme Colinet et Dragono, ainsi que Charlotte Poireau, viendront parfaire l’anthologie.
Série : Supermatou
Tome : Intégrale 2
Genre : Humour superhéroïque
Scénario & Dessins : Jean-Claude Poirier
Couleurs : Bilitis Poirier et son équipe
Éditeur : Revival
ISBN : 9782494687356
Nombre de pages : 296
Prix : 39 €



