Journal original d’un tournage
« -Guillaume ?
-Julien ?
-Prêt pour l’aventure ?
-A l’aise !
-Tu es déjà allé sur un tournage ?
-Tu t’y connais un peu en cinéma ?
-Pas du tout. Mais c’est ça qui est intéressant ! Je vais pouvoir observer tout ça avec un œil neuf ! Peut-être l’œil qui vous manque ! »
Un chien discute avec un type en train de gribouiller sur un carnet sous l’ombre de la devanture d’une maison dans une région désertique. Ce chien, c’est Rantanplan. Ce dessinateur, c’est Guillaume Bouzard. Il est venu faire un reportage sur le tournage de la série télévisée Lucky Luke. Quelques mois plus tôt, il se préparait en s’équipant tel un cow-boy et en s’inscrivant à un stage pour devenir le roi du Far West. Il pensait ensuite partir pour Hollywood. C’est à Almeira en Espagne que les choses vont se passer. C’est là que se font la plupart des westerns, depuis Sergio Leone déjà.

Sur place, Guillaume est accueilli par Julien Vallespi, l’un des producteurs de la série. Il l’amène sur les lieux du tournage, sur ces terres qu’ont foulé les pieds de Clint Eastwood, Terence Hill, Bud Spencer, Lauren Bacall, Lino Ventura et des tas d’autres stars. Comme le dit le dessinateur, c’est sûr, ça fout les poils. Accompagné d’un chien qui joue le rôle de Rantanplan, sauf qu’il n’est pas dans le scénario, Guillaume découvre les coulisses de la création, croise tout un aéropage de personnes qui travaillent là, du réalisateur Benjamin Rocher au rôle-titre Alban Lenoir, en passant par la maquilleuse qui va lui refaire le portrait dans une séquence inoubliable.

Après le succès de Jolly Jumper ne répond plus et ses 40 000 exemplaires, Guillaume Bouzard revient dans l’univers Morris par une autre porte à l’occasion de la série télévisée qui débarque sur Disney + et France Télévision. Plutôt que de réaliser un banal journal de tournage conventionnel, il choisit l’immersion comédie. Bouzard-auteur se transforme en Bouzard-acteur. Ne vous attendez donc pas à un reportage Médiapart. Le seul passage artificiellement réaliste est lorsque l’auteur confie son journal à Chatgpt. Le concept est poilant. On va même croiser les célèbres Fabrice (Erre et Fabcaro) de L’édito de Spirou. Le problème après avoir lu cet album, c’est qu’on risque de trouver la série bien fade.

Récent lauréat du prix Schlingo 2026 au Grand Off d’Angoulême avec Les Vacances chez Pépé-Mémé paru chez Fluide Glacial, Bouzard prouve une nouvelle fois avec L’homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre qu’il est l’un des auteurs les plus drôles du moment, comme l’ont été jadis Gotlib, Franquin ou Goscinny.
Titre : L’homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre
Genre : Humour
Scénario, Dessins & Couleurs : Guillaume Bouzard
Éditeur : Dargaud
ISBN : 9782205214383
Nombre de pages : 80
Prix : 17,50 €



