3 days of peace and music
« -Allez, Leslie ! Grouille-toi ! J’veux pas louper Dylan !
-J’te l’ai dit ! Il ne vient pas, Bob Dylan… Et les concerts ne commencent que demain.
-En tous cas, il y aura de la musique… Et je veux que mon bébé soit bercé par du bon son. C’est toi la mélomane… Tu devrais être d’accord.
-Ouais, ouais… Allons-y alors… Allons retrouver les autres et écouter du bon son !
-Et trouver un père à mon bébé.
-T’as dit quoi ?
-Bah, retrouver nos amis et célébrer tout ça… »
Demain, débutent trois jours de musique dans un coin de campagne américaine où va se retrouver une véritable marée humaine. Nous sommes en août 1969. Leslie et Gaby se rendent à Woodstock, plus exactement à quelques kilomètres de là, à Bethel, Sullivan County, là où les organisateurs ont trouvé un agriculteur disposé à leur louer un champ pour accueillir les 500 000 festivaliers et les artistes qui vont se produire sur scène. Tout va bien se passer. Ça va être merveilleux. Ulysse, un GI, est de retour du Vietnam. Il vient moins pour la musique que pour retrouver Leslie, qui lui reproche de s’être engagé et compte épouser quelqu’un d’autre, ici, à Woodstock.

Ce qui sera appelé plus tard le concert du siècle débute le 15 août 1969. Des haut-parleurs gigantesques permettent que tout le monde entende la musique. Richie Havens ouvre le bal avec Freedom, tandis que le groupe Sweetwater se fait attendre. Alors que l’alcool et les substances psychotropes font de l’endroit un lieu de libertés où tous les désirs sont permis, les futurs grands profitent de cet inestimable tremplin pour exposer leurs talents sur scène : Joan Baez et son folk qui n’appartient qu’à elle, Joe Cocker et sa voix rauque, Carlos Santana, Jimi Hendrix, The Who, pour ne citer que les plus iconiques. Même le mauvais temps ne gâchera pas la fête.

Après La course du siècle, racontant le marathon des Jeux Olympiques en 1904, le duo Munuera/Kid Toussaint propose une nouvelle immersion historique romancée. On va suivre Leslie d’un côté et Ulysse de l’autre, avant que leurs histoires ne se concluent, de façon totalement inattendue. Kid Toussaint propose un final particulièrement imprévisible. Jose-Luis Munuera, dessinateur aussi rapide qu’excellent, ne néglige aucun détail avec des scènes de foule, de guerre et de concert toutes aussi soignées les unes que les autres. Les couleurs de Sedyas sont ici particulièrement immersives. Plus que jamais, le coloriste attitré du dessinateur est un auteur aussi important que les autres. L’absence de son nom en couverture est incompréhensible. La composition de cette dernière est justement remarquable, tant au niveau de la mise en scène, du dessin, que de l’éclairage.

Histoire de musique, histoire d’amour, même si les aficionados entendront la bande son de l’époque tout au long des planches, pas besoin d’être nécessairement fans du son de Woodstock pour être embarqué dans cette aventure grandiose. Les notes des artistes résonnent encore une fois l’album refermé.
One shot : Woodstock 69 Le concert du siècle
Genre : Comédie dramatique
Dessins : José-Luis Munuera
Scénario : Kid Toussaint
Couleurs : Sedyas
Éditeur : Le Lombard
ISBN : 9782808216081
Nombre de pages : 128
Prix : 21,95 €



