Meurtres antiques : On « tuerait » le Sud
« -Ce qu’il faudrait pour trouver l’assassin, c’est un bon détective privé, quelqu’un d’efficace ??… Vous voyez ?!
-Mmh… Je comprends… Vous me laissez passer un coup de fil ?!
-Je vous en prie !!
-Tu es en vacances ?! Alors pourquoi ne pas les passer à Arles ?!… Eh bien, Monsieur Bonnefille, je crois que j’ai trouvé l’homme de la situation !! »
Arles 1963, en faisant visiter les soubassements des arènes, Gédéon Bonnefille, adjoint du conservateur des musées de la ville, ne se doutait pas qu’il allait découvrir le cadavre de son supérieur. Eléazar Broutechoux, le conservateur en chef, git au sol un pilum romain dans le ventre et le cœur enlevé. D’après son collègue, la victime n’était pas dans son assiette depuis quelques semaines, depuis la découverte d’un coffret en métal dans le Rhône. Lui seul l’a ouvert. Il a confié que son contenu était en rapport avec un secret ancestral caché dans les arènes. Tout cela, Bonnefille le raconte à Jérôme Durandeu, un journaliste de la ville, et pas à la police. Ils sont justes bons à parler à tort et à travers et à boire des jaunes. Durandeu connaît l’homme de la situation pour dénouer l’intrigue : son ami détective privé Jeff Mistral.

Après la capitale, direction le Sud pour Jeff Mistral. A peine arrivé, Durandeu lui raconte tout, mais il ne pourra pas interroger Bonnefille. Lui aussi vient d’être assassiné dans les mêmes conditions, dans les thermes de Constantin, le cœur ôté, pas de pilum mais une flèche plombée dans le front. Tout converge vers l’Antiquité dans Arles, Arelate comme on appelait la petite Rome des Gaules. Chez Broutechoux, Jeff et Jérôme empêchent in extremis un individu cagoulé de s’emparer du fameux coffret en métal. A l’intérieur, une pierre sculptée. Un spécialiste leur en dira certainement plus. La splendeur, l’immortalité et la puissance ancestrale de Rome sont au cœur de l’enquête qui va mener le détective et le journaliste au cœur, c’est le cas de le dire, d’une société secrète de fanatiques nostalgiques des heures les plus sombres de temps plus récents qu’ils voudraient remettre d’actualité.

Intelligente, enlevée, dynamique, cette deuxième aventure de Jeff Mistral réunira les amateurs de polar, d’Histoire et de vieilles cylindrées. On va s’instruire, pour le bien de l’enquête. On va chercher les coupables. On va casser de la bagnole, on est aussi là pour ça, à l’époque où elles étaient encore en métal et sans électronique. Ce que l’on aimait aussi à l’époque des séries tous publics des années 60 à 80, c’est quand on retrouvait des personnages des aventures précédentes, avec la petite astérisque « Voir Tome… ». Ici, un personnage inattendu fait son retour. Le dessinateur Alain Julié, le scénariste Olivier Andrieu et la coloriste Claire Dumas jouent évidemment dans la nostalgie, mais sans naphtaline. C’est en cela qu’ils ont tout compris.

De nombreuses interviews composent le cahier bonus. L’historien Alain Charron, conservateur en chef au Musée départemental de l’Arles Antique, qui par bonheur n’a pas subi le même sort que Eléazar Broutechoux, montre l’importance de la cité il y a 2000 ans. L’historien Frédéric Le Moal revient sur une autre époque troublée. Après un article sur la Facel Véga, les trois auteurs sont interrogés sur leurs méthodes de travail, avant que l’on ne termine sur quelques anecdotes.
Hommage appuyé à Gil Jourdan et à son créateur Maurice Tillieux, avec un petit clin d’œil au regretté Didier Savard, Jeff Mistral démontre qu’un âge d’or, et bien en fait, c’est éternel.
Série : Une aventure de Jeff Mistral
Tome : 2 – Les 3 symboles d’Arelate
Genre : Polar
Scénario : Olivier Andrieu
Dessins : Alain Julié
Couleurs : Claire Dumas
Éditeur : Klev
ISBN : 9782959206665
Nombre de pages : 64
Prix : 16 €



