Le bandit, la belle, le nain et la bête
« -Je veux bien être votre shérif.
-Et je, ahem… A qui avons-nous donc l’honneur ?
-McBride. Kentucky T. McBride. Je me suis laissé dire que vous aviez quelques soucis dans votre jolie p’tite ville… »
Far west, Yellow Fork. L’attaque de la petite banque locale tourne au bain de sang. Parmi les victimes, il y a le shérif. Donc, ben, il n’y a plus de shérif ! Alors que personne ne semble disposé à prendre sa succession, un étranger se présente au village. Il s’agit de Kentucky T. McBride, un ancien soldat, ancien convoyeur de fonds et ancien chasseur de primes. Il promet qu’en deux jours, il aura tordu le cou aux bandits. Epaulé par deux crétins, McBride part à leur recherche. Les deux débiles ne réalisent pas qu’ils sont roulés dans la farine par le nouvel homme de loi qui est en fait l’un des bandits. Celui-ci élimine ses anciens complices, puis prétend ne pas avoir retrouvé l’argent. Ça ne l’empêche pas de réclamer une récompense.

Plus loin, une autre chasseuse de primes tient la dragée haute à des hors-la-loi mexicains. Dolorès Cordora de Sandoval, c’est son nom, vient d’en livrer un à la justice. Aujourd’hui, elle est à la recherche d’un yankee du nom de Cleveland Kirtley, une demi-portion plus toute jeune dont la tête est mise à prix 2000 dollars. McBride, qui vient de débarquer, pourrait bien lui être d’un grand secours car, si l’individu recherché n’est en soi qu’un gnome, les tueurs qui sont à ses trousses sont loin d’être des enfants de chœur. Contre toute attente, c’est une chèvre en bordure de falaise qui va les mettre sur la voie. Y’a du pognon à s’faire !

Son of a gun ! Comme le dit lui-même le scénariste Philippe Pelaez, c’est un euphémisme de l’expression « Son of a bitch ». Pastiche ou parodie ? Les deux, shérif ! L’histoire est à la fois un pastiche des westerns, dans le sens où elle assimile le genre et le régurgite, mais c’est aussi une parodie des films de Sergio Leone. Bref, on se marre bien dans ce western décalé. Pelaez fait du western spaghetti en BD en quelques sortes. On verrait bien Terence Hill dans la gabardine de Kentucky T. McBride. Sébastien Corbet dessine et colorise l’aventure dans un réalisme souple, de la même famille que celui de Jérôme Jouvray avec Lincoln. Le dessinateur n’hésite pas à exagérer les expressions, de façon très théâtrale, comme si on était dans de la commedia dell’arte.

Qui est le héros ou l’héroïne de cette tragi-comédie western ? Tout le monde et personne à la fois. Ha, si ! Ce ne serait pas la fourberie ? Et si Son of a gun ! donnait le ton d’une année BD où l’on casserait les codes ? Vivifiant ! (Et en espérant que ce one shot se transforme en tome 1 d’une nouvelle série.)
One shot : Son of a gun !
Genre : Western humoristique
Scénario : Philippe Pelaez
Dessins & Couleurs : Sébastien Corbet
Éditeur : Bamboo
Collection : Grand Angle
ISBN : 9791041107766
Nombre de pages : 120
Prix : 19,90 €



