Boxe la vie
« -Oh, t’es dans le bahut aussi.
-Salut.
-Tu connais ma sœur ?
-Tu retournes à la boxe cette année ?
-Ça m’étonnerait.
-Ma mère n’est pas d’accord. »
Colette a quatorze ans. Depuis qu’elle a perdu sa sœur jumelle Lison dans un accident de voiture, elle a cessé de grandir. Ses deux petits frères sont plus grands qu’elle. Sa passion, c’est la boxe, mais pour sa mère, il est hors de question qu’elle en fasse. C’est Elias qui a cafté quand il a eu peur pour son amie après un coup reçu. Lorsque ses coachs de boxe viennent dire bonjour à Colette dans son jardin pour savoir si elle reprenait ce sport cette année, ils se font rembarrer par sa mère. Pour elle, la boxe est un sport violent et dangereux. Elle ne voit pas l’apprentissage de la maîtrise de son corps et de sa force, le respect de soi-même et des autres. Pétrie de préjugés, elle pense protéger sa fille. Elle ne fait que l’enfoncer dans l’incompréhension et la tristesse. Paradoxalement, les frères peuvent pratiquer l’un le surf et l’autre le rugby sans problème. Heureusement, grâce à son père, Colette peut sortir de la prison superprotectrice de la maison et retourner au collège. Mais son temps libre, elle le passera à la maison.

Colette est accompagnée d’une ombre plus grande qu’elle. C’est son moi à la taille qu’elle devrait avoir. La collégienne tente de vivre sa passion en cachette, mais sa mère la poursuit jusqu’à la salle d’entraînement. Comme il paraît impossible de pratiquer, le seul ring possible pour Colette va être la salle de gym du collège. Et si elle veut prendre sa revanche sur Marcus sans que sa mère ne le remarque, il va falloir éviter de prendre des coups. L’ombre la coache, l’encourage, l’incite à vivre sa passion. C’est aussi l’occasion pour Colette de montrer aux élèves qui la harcèlent pour sa petite taille qu’il y a quelqu’un de solide à l’intérieur de l’enveloppe. Alors que l’horizon semble obstrué et impénétrable hors temps scolaire, le bahut va-t-il permettre à Colette de montrer qui elle est ?

Ce deuxième tome de Mi-mouche est l’occasion pour les autrices d’aborder le thème du harcèlement scolaire. Sournois, pernicieux, sadique, il frappe à grand bruit. Sa pire réponse est le silence. Heureusement, depuis quelques années, l’éducation nationale prend le problème à bras le corps. L’ensemble des professeurs des écoles, et en principe des collèges, a été formé au programme pHARe, un plan de prévention du harcèlement à destination des établissements scolaires fondé autour de 5 piliers : éduquer pour prévenir les phénomènes de harcèlement; former une communauté protectrice autour des élèves; intervenir efficacement sur les situations de harcèlement; associer les parents et les partenaires de l’école au déploiement du programme; mobiliser les instances de démocratie scolaire (conseils de vie collégienne et lycéenne) et le comité d’éducation à la santé, à la citoyenneté et à l’environnement. Si une série comme Mi-mouche peut apporter sa pierre à l’édifice, en incitant les lecteurs dans une situation similaire à celle de Colette à communiquer, que demander de plus ?

Avec Mi-mouche, Véro Cazot et Carole Maurel signent une série générationnelle qui aborde des thèmes de société qui nous touchent tous. Même si elle en utilise le décor, ce n’est pas une histoire de boxe, c’est une histoire d’affirmation, c’est l’histoire du placement de soi au sein de sa propre famille et de la société. Mi-mouche aide à monter sur le ring de la vie et à se sentir plus fort.
Série : Mi-mouche
Tome : 2 – Duels au collège
Genre : Emotion
Scénario : Véro Cazot
Dessins & Couleurs : Carole Maurel
Éditeur : Dupuis
ISBN : 9782808506823
Nombre de pages : 64
Prix : 13,90 €



