Pas d’Interruption Volontaire de Gachette
« -Siegneur… Que ta volonté soit faite.
-Et la mienne aussi ! Cinq par terre, sister. On s’amuse avec la sixième ? Et Dieu dit au zélote : « Si tu veux jouer au con, tu trouveras toujours pire que toi !
-Vous n’oserez pas.
-Ah oui ? »
Jonas Crow, le croque-mort, l’undertaker, se mesure à une adversaire de taille : Madeleine Esther Oz, alias Sister Oz, membre de la ligue pour la suppression du vice au Texas, farouche combattante anti-avortement, pour qui tuer des embryons innocents est bien plus grave que de se débarrasser de pêcheurs. Oratrice hors pair, elle a convaincu toute une population du bien fondé de son combat. Oz tient en joue le docteur Randolph Prairie lorsque Jonas lui propose une partie de roulette russe entre le médecin et Eleanor Winthorp, enceinte, et qui souhaite avorter. Par chance pour tous, Dieu va se mêler au jeu, mais le duel entre le fossoyeur et la soi-disant justicière est loin d’être terminé.

Sister Oz tient un otage en la personne du docteur Prairie à qui elle tente de faire expier ses péchés et de renoncer à pratiquer des interruptions de grossesses. L’undertaker va parvenir à l’extraire des griffes de sa geôlière et prendre à son tour une personne en otage. Mais la foule a déjà été endoctrinée. Le gourou a déjà fait son œuvre. Jonas et les siens vont devoir faire à une justice autoproclamée. Au milieu de tout ça, Rose, mariée au Docteur Prairie, va-t-elle se contenter d’une vie de « femme de… » ou décidera-t-elle de suivre l’homme au chapeau et au vautour ?

Si le western est l’un des genres le plus bédégénique, Undertaker a le mérite de traiter dans le diptyque qui se clôt ici d’un sujet toujours d’actualité avec l’IVG à laquelle s’opposent encore quelques conservateurs hors du temps. La série fête déjà ses dix ans. Xavier Dorison a créé un personnage à la frontière entre le héros et l’anti-héros pour qui la notion de violence et de mort n’est pas la même que pour le commun des mortels. C’est peut-être pour cela qu’il ne réagit pas comme ça semblerait évident pour quelqu’un d’ordinaire. Ralph Meyer marche sur les pas de Jean Giraud et de Christian Rossi dont il égale le talent, avec notamment des scènes d’actions parfaites. S’il voyait ses chevaux, Jijé serait fier de lui. Caroline Delabie l’accompagne aux couleurs dans un ensemble uniforme avec des tons beige-orangés dont la luminosité varie selon les moments de la journée.

Il ne faudrait pas que Dorothy vienne se promener dans ce monde d’Oz ci. Elle serait bien surprise. Elle n’y trouverait pas de magicien et quelqu’un de bien pire qu’une sorcière. Avec Undertaker, l’âge d’or du western est toujours d’actualité.
Série : Undertaker
Tome : 8 – Le monde selon Oz
Genre : Western
Scénario : Xavier Dorison
Dessins : Ralph Meyer
Couleurs : Caroline Delabie & Ralph Meyer
Éditeur : Dargaud
ISBN : 9782505127451
Nombre de pages : 64
Prix : 17,95 €



