Chérie, j’ai rétréci la schtroumpfie !
« -Bouton d’Or ? Tu es là ? C’est moi, Fleur de Lys ! On dirait bien qu’il n’y a personne…
-Tu cherches Bouton d’or ? Elle n’est pas encore rentrée chez elle.
-C’est pour ça qu’il fait si calme dans le quartier…
-Je l’ai vue schtroumpfer vers la forêt tout à l’heure. Elle semblait fort énervée… »
Au village des filles, appelées les schtroumpfies, on se prépare à la Grande Fête de l’Arbre, en souvenir de leur village disparu. On installe des guirlandes, on tisse des colliers de fleurs,… Bouton d’Or arrive soudainement toute affolée. Elle ne sait pas quel bracelet mettre pour la fête. Alors que tout le monde s’affaire, elle ne fait que jacasser ce qui a le don d’agacer les autres. Remballée par Saule, la grande schtroumpfette, Bouton d’Or part bougonner dans la forêt avant de s’endormir au pied d’un arbre. Au réveil, elle se rend compte qu’elle est devenue minuscule. Alors que ses camarades se mettent à sa recherche, elle ne parvient pas à se faire remarquer.

Falzar transpose le principe de « Chérie, j’ai rétréci les gosses ! » au monde des Schtroumpfs filles, dorénavant dénommées schtroumpfies. Le laboratoire du professeur Wayne Szalinski laisse place à la nature sauvage où chaque herbe semble être un arbre, où chaque insecte est un danger ou un allié potentiel. Les gouttes de pluie sont des uppercuts qui peuvent assommer. Heureusement, la coquille vide d’un escargot est un refuge salutaire. Il n’empêche que la disparition de Bouton d’Or inquiète grandement ses camarades. Pour la retrouver, Saule fait appel au Schtroumpf à lunettes et au Schtroumpf costaud. Hey, les filles, après huit albums, il serait temps d’être autonomes ! Les gars sont plus là pour le rappel à la série mère que pour l’intrigue en elle-même.

Laurent Cagniat profite de la « réduction » pour changer de dimension. Ver de terre, coccinelle, papillon sont les nouveaux compagnons de fortune ou d’infortune de la minuscule lutine bleue pour qui les écureuils font figures de monstres gigantesques. Le bestiaire se développe également avec le Nimbu, un oiseau chanteur chatoyant à la voix plus proche de celle de la Castafiore que de la Callas. N’oublions pas Gargamel et Azraël qui sont aussi de la partie. Enfin, les puristes de l’œuvre de Peyo remarqueront qu’une scène est un clin d’œil appuyé au mythique L’œuf et les Schtroumpfs.

Moins moralisatrices et parfois plus aventurières que les histoires de leurs homologues masculins, les péripéties du village des filles ont à présent une structure qui a de quoi rendre leurs personnages indépendants. Il suffirait de remplacer le titre de la série « Les Schtroumpfs et le village des filles » par « Le village des Schtroumpfies ».
Série : Les Schtroumpfs et le village des filles
Tome : 8 – L’étrange sortilège de Ténéfée Falibula
Genre : Aventure schtroumpfante
Scénario : Falzar & Thierry Culliford
Dessins : Laurent Cagniat
D’après : Peyo
Couleurs : Paolo Maddaleni
Éditeur : Le Lombard
ISBN : 9782808214964
Nombre de pages : 48
Prix : 12,95 €



